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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 12:15

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http://www.lemonde.fr/m/article/2011/11/18/javier-bardem-l-infant-terrible_1605157_1575563.html

 

 

Spécial Espagne. – En Espagne, le nom de Bardem était connu bien avant que Javier ne devienne une star internationale. Sa mère, son oncle, son frère sont des artistes, et des figures de la gauche radicale. Dans un pays où les clivages politiques restent très marqués, le clan fascine mais agace aussi. De la lutte contre le franquisme à la cérémonie des Oscars, histoire d'une tribu hors-norme. Par Sandrine Morel

 


"Maman, [cet oscar] est pour toi, il est pour tes grands-parents, pour tes parents, Rafael et Mathilde, il est pour les comédiens d'Espagne qui ont apporté, comme toi, la dignité et la fierté dans notre profession." Ces mots, Javier Bardem les prononçait le 24 février 2008, en brandissant bien haut la statue de l'Oscar du meilleur second rôle masculin qu'il venait de remporter pour son impressionnante interprétation dans le film des frères Coen No Country for Old Men.

Devant des millions de téléspectateurs et surtout devant le Tout-Hollywwod, le plus célèbre des acteurs espagnols rendait hommage aux siens. A sa famille. A son clan. En quelques phrases, il résumait la saga des Bardem, une véritable tribu de comédiens et de cinéastes qui anime depuis près de cinquante ans la vie culturelle, mais aussi la vie politique espagnole. Pour les cinéphiles, le nom de Bardem évoque Javier, l'acteur devenu par la grâce de Woody Allen, des frères Coen et d'Alejandro Iñárritu, une des étoiles du cinéma indépendant américain et donc l'un des comédiens les plus respectés au monde. Mais les Espagnols, eux, n'ont pas attendu Javier pour connaître ce nom. D'ailleurs il sonne différemment à leurs oreilles selon le prénom qui le précède. Et surtout le préfixe qu'on lui accole. Les Bardem, c'est une histoire espagnole...

Comme dans toutes les familles, les présentations commen-cent chez eux par la mère, Pilar. Pour les Espagnols, c'est "la Bardem". Cheveux blonds courts, voix grave et verbe haut, cette actrice de théâtre, de télévision et de cinéma, présidente de la société des acteurs (AISGE), est la chef du clan. Ses coups de gueule, ses prises de positions politiques radicales et certains excès de langage proférés souvent sous le coup de la colère lui ont valu tout au long de sa carrière autant d'amis que d'ennemis. Dans une Espagne très divisée politiquement, la droite la plus conservatrice ne lui a jamais pardonné, par exemple, sa position contre l'engagement espagnol dans la guerre en Irak. C'était en 2003. Au printemps dernier, elle en payait encore les frais : le nouveau maire de Séville, le conservateur Juan Ignacio Zoido, affirmait son intention de débaptiser une rue de la ville qui portait son nom car, disait-il, "son unique mérite est d'avoir insulté tout le monde, y compris le chef du gouvernement".

Entre-temps, cet ancien mannequin chez Balenciaga et Loewe, deux grandes maisons de mode espagnoles, devenue une pasionaria de la gauche la plus engagée, a participé à une multitude de manifestations et lancé de nombreuses campagnes de protestation. Dans le tableau de chasse de ses engagements, on trouve, entre autres, la défense des droits du peuple sahraoui, la mobilisation contre les violences faites aux femmes ou le soutien au juge Garzón, suspendu de ses fonctions pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme... Il est rare que "la Bardem" ne s'invite pas dans le débat public. Femme à poigne, elle a dû élever seule ses trois enfants après s'être séparée tôt de son mari, dans une Espagne qui n'autorisait pas encore le divorce. Pilar est "une combattante née", soutient Miguel Bardem, son neveu, cinéaste. "Elle a repris le flambeau à la mort de mon père. "

Le père de Miguel, Juan Antonio Bardem, est donc le frère de Pilar et l'oncle de Javier. Pour tous, il est le patriarche du clan. C'est aussi l'un des plus grands réalisateurs du cinéma espagnol des années 1950 : il formait, avec Luis Berlanga et Luis Buñuel, le groupe des " trois B, " comme on surnommait ici les trois cinéastes antifranquistes. Avec sa moustache fournie et ses lunettes carrées, il fut membre du Parti communiste espagnol (PCE) de ses 20 ans jusqu'à sa mort, en octobre 2002. Militant véhément, "indigné" de la première heure, il a fréquenté plus d'une fois les geôles de la dictature. "Comme il était impossible de faire un cinéma politique sous Franco, Juan Antonio Bardem faisait des films avec une critique morale, qui dénonçaient le système capitaliste, l'hypocrisie et la mesquinerie de la bourgeoisie, l'Espagne machiste, conservatrice et catholique", explique Roman Guber, historien du cinéma espagnol.

Dans Cómicos (1953), il rendait hommage à ses parents et notamment à son père, Rafael Bardem, acteur barcelonais de théâtre et de cinéma, qui dirigeait sa propre troupe dans les années 1940. Mais aussi à sa mère, Mathilde Muñoz, actrice madrilène, elle aussi issue d'une famille d'artistes. Tandis que dans ses films Grand-rue (1956) et Mort d'un cycliste (1955), il brossait des tableaux sans concession de l'Espagne franquiste. Puis il présidera l'Uninci, une boîte de production contrôlée par le PCE, qui produira Viridiana (1961) de Buñuel avant de s'attirer les foudres du régime et de subir la censure. Pour nourrir ses quatre enfants, il accepta alors des films de comman-de, qui eurent raison de son talent. Mais fidèle à lui-même, le "clan" et l'engagement sont restés les deux piliers de la vie de cet "ouvrier du cinéma", comme il se définissait.

C'EST DONC TOUT NATURELLEMENT DEBOUT, LE POING LEVÉ et en chantant l'Internationale que, en novembre 2002, ses proches ont dit adieu au patriarche, dont le cercueil était recouvert des drapeaux communiste et républicain et exposé sur la scène du Cine Doré, la cinémathèque espagnole. "Dans la famille, nous partageons tous l'esprit de lutte pour la justice et les valeurs de la République. Et nous avons tous un côté bagarreur dès qu'il s'agit de défendre les idées auxquelles nous croyons", souligne Miguel, son fils. Affable et souriant, il porte sur son visage les traits des Bardem : un visage long et brut, comme taillé dans la pierre, mais aussi des yeux plissés et brillants, prêts à rire. Réalisateur d'une adaptation de la bande dessinée espagnole Mortadelo y Filemón, Miguel prépare aujourd'hui un film politique... Mais il n'en dira pas plus : "C'est encore secret." Pas de secret en revanche pour Carlos, le frère aîné de Javier. Aux prochaines élections, l'écrivain et comédien votera à coup sûr pour les écolo-communistes de Izquierda Unida (IU, Gauche unie). Très engagé, il ne manque pas une occasion d'affirmer son adhésion aux idées du parti et il est même apparu dans une vidéo de campagne. Nominé en 2010 pour le Goya du meilleur acteur dans un second rôle pour le film Cellule 211, de Daniel Monzón, il poursuit doucement mais sûrement sa carrière. Et se fait un nom, ou plutôt un prénom, à l'ombre de son frère.

Tous les membres de la famille ne sont pas des artistes... Mais ceux qui ne le sont pas mettent à profit d'une manière ou d'une autre leur appartenance au clan. Ainsi, Monica, la soeur de Javier et Carlos, tient à Madrid, dans le quartier de Chueca, un restaurant au nom évocateur, La Bardemcilla. C'est un véritable temple dédié à la familla : les plats portent des titres de films et les murs des portraits de famille. Au menú, on trouve notamment les "croquettes Jamón, Jamón", en référence au film de Bigas Luna qui a marqué le début de la carrière de Javier.

Voici donc le tour de Javier, le fils prodigue... En Espagne, "Bardem" suffit. Marié en juillet 2010 à l'actrice Penélope Cruz, qui est depuis longtemps installée à Hollywood, et désormais au faîte de la gloire et de la célébrité sur papier glacé, Bardem met un point d'honneur à ne pas oublier d'où il vient : la famille, comme une mêlée de rugby, ce sport que Javier pratiqua dans sa jeunesse ; l'engagement comme philosophie de jeu. Ainsi, après le succès de Jambon, Jambon, qui fit de lui une icône de la virilité, puis d'En chair et en os, de Pedro Almodovar, Hollywood lui proposa soit des rôles de latin lover, soit des rôles de narcotrafiquant latino que l'acteur refusa. A l'époque, Juan Antonio, son oncle, déclarait dans la presse : "Ce qui me remplit de fierté, c'est qu'il ne s'est pas laissé corrompre par l'industrie américaine. A Hollywood, ils sont restés stupéfaits de voir qu'il refusait des offres. Javier sait que, s'il rentre dans ce système, il ira mal."

 

 

Prompt à défendre ses idées et ses idéaux, tout en refusant d'adhérer à un parti, il choisit ses rôles avec soin et pose volontiers en acteur-citoyen. Incarnant un poète cubain malade du sida dans Avant la nuit de Julian Schnable ; un chômeur dans une ville industrielle victime de la fermeture de ses chantiers navals dans Les Lundis au soleil de Fernando León ; un marin devenu tétraplégique qui, après trente ans passés allongé dans un lit, demande le droit de mourir dignement, dans Mar adentro d'Alejandro Amenabar ou, plus récemment, un père de famille en quête de rédemption dans le drame social Biutiful d'Alejandro Gonzalez Iñarritu. Mais toute règle a ses exceptions et on a pu le voir l'année dernière dans l'oubliable Mange, prie, aime avec Julia Roberts. Il se prépare aussi à jouer le rôle du méchant dans le prochain James Bond. Hollywood aurait-il eu raison des convictions de la star rebelle du cinéma indépendant ? Aussitôt, Bardem s'applique à démentir les soupçons tout juste naissants.

Costume-cravate noir, lunettes fines sur le bout de son nez cassé et regard inquiet, il a pris la parole, le 4 octobre dernier, à la tribune du comité de la décolonisation de l'ONU à New York. "En tant que citoyen", précise-t-il. Son combat n'est ni glamour ni politiquement correct. Il ne venait pas parler, comme tant de stars de cinéma avant lui, de la faim en Afrique ou de la déforestation en Amazonie. Il défendait une cause dont il a fait un de ses chevaux de bataille : le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui au Sahara occidental, annexé par le Maroc après la décolonisation espagnole. Il dénonce les camps de réfugiés où vivent des gens "oubliés depuis des décennies". Et s'en prend aux gouvernements marocain, espagnol, français et américain qui font la sourde oreille à leurs revendications. Ainsi, il travaille depuis deux ans à un documentaire portant sur le conflit du Sahara occidental, Hijos de las nubes ("Enfants des nuages"). Et il est apparu ce jour-là, aux yeux du monde, en acteur engagé. Mais en Espagne, cette facette est au moins aussi connue que celle de comédien.

LORS DE LA CÉRÉMONIE DES GOYAS 2003, il profite déjà des minutes de gloire que lui confère le Prix du meilleur acteur pour son rôle dans Les Lundis au soleil pour s'adresser au gouvernement de José Maria Aznar : "Gagner les élections ne vous donne pas un chèque en blanc pour faire tout ce que vous voulez. Vous avez l'obligation d'écouter le peuple. Nous sommes la majorité et nous vous disons : Non à la guerre." L'acteur devient alors l'un des fers de lance du mouvement d'opposition à la guerre en Irak. Et sa mère prend la présidence de la plate-forme "La culture contre la guerre."

En 2007, Javier Bardem devient ambassadeur de Médecins sans frontières, ONG avec laquelle il produit des courts-métrages pour dénoncer les conflits et les " épidémies invisibles " qui frappent le tiers-monde. En juin 2010, alors que Pilar, sa mère, s'est enfermée dans une faculté avec Pedro Almodovar, Almudena Grandes et d'autres artistes pour défendre le travail du juge Garzón, Javier Bardem apparaît dans une vidéo contre la loi d'impunité de 1977, qui empêche toute enquête sur les crimes du franquisme.

Son mariage avec Penélope Cruz et sa reconnaissance internationale auraient pu faire de lui une star consensuelle, et même un héros national dans une Espagne en crise qui a perdu confiance en elle. Cruz et Bardem avaient tout pour devenir des équivalents ibériques des "Brangelina" (le couple Brad Pitt et Angelina Jolie) et susciter l'admiration et la fierté du pays qui les a vus naître. Mais le comédien, dont personne ne nie le talent, agace, voire divise. Il est autant aimé qu'il est détesté. Et il ne se prive pas de critiquer son pays – qui le lui rend bien. Une page Facebook a même été créée par ses détracteurs. Un site Internet "Tu blog de cine" l'a classé en deux-ième position des acteurs les plus haïs d'Espagne pour ses prises de positions politiques et le secret dont il entoure sa vie privée, une pudeur mal perçue dans un pays où la "presse rose" et les "programmes du cœur" battent des records d'audience. Alors qu'il joue sans doute davantage le jeu avec la presse populaire américaine...

"Les Bardem forment une tribu clairement à gauche. Or, dans ce pays qui n'a pas su régler les divisions idéologiques passées, le secteur le plus conservateur de la société les considère comme des rouges dangereux", avance l'historien du cinéma Roman Guber. Dans ses Mémoires, publiés en 2005, Pilar Bardem avoue qu'elle a pleuré, en février 2003, quand elle a vu son fils, manifestant contre la guerre en Irak, faire la une du journal conservateur La Razón qui accusait le jeune acteur de ne pas faire preuve d'autant de zèle pour dénoncer les attentats terroristes du groupe séparatiste basque ETA. "Pourquoi, entre tous ceux qui étaient là, avaient-ils choisi mon fils, le criminalisant ? J'ai beaucoup pleuré. J'ai parlé avec ma mère et je me suis souvenue de l'arrestation de mon frère... " " Javier représente un modèle, un idéal à l'extérieur. Mais pas ici, à cause d'une fracture de notre société qui vient de très loin", conclut le cousin Miguel.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:42

Communiqué du Parti communiste syrien (unifié)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le gouvernement Syrien et le comité de l'initiative Arabe, formé par la Ligue arabe, ont signé un accord sur la crise Syrienne le 2 novembre dernier après modification de la proposition qui avait déjà présentée au gouvernement Syrien.

 

Le nouvel accord stipule les éléments suivants :

 

  • Mettre fin à tous les actes de violence de toutes les parties afin de protéger les citoyens Syriens ;

 

  • Libérer toutes les personnes arrêtées durant les incidents ;

 

  • Libérer toutes les villes et les quartiers résidentielle de toute présence armée ;

 

  • Donner la possibilité aux organisations de la Ligue arabe chargées de la question, et aux médias Arabes et internationaux de se déplacer librement en Syrie, et de collecter des informations sur l'état réel de la situation, et de pouvoir observer les événements qui se produisent ;

 

Les deux camps sont aussi tombés d'accord sur le fait que le comité ministériel Arabe contactera le gouvernement Syrien et tous les camps de l'opposition Syrienne afin de se préparer à l'organisation d'une conférence de dialogue national d'ici deux semaines.

 

Cette initiative sera sujette à diverses tentatives d'explication et d'interprétation, car elle ne contient pas de procédures pratiques visant à mettre en œuvre certaines de ces dispositions. Elle ne définit pas non plus un lieu pour l'organisation de la conférence de dialogue national, et elle ne contient aucun appel à mettre fin aux campagnes de désinformation. Même si cette initiative a répandu un climat d'optimisme au sein du peuple Syrien et des forces patriotiques, pour les raisons suivantes :

 

1 – Elle se donne une chance d'arrêter les violences et le bain de sang en Syrie, laisse la situation politique l'emporter sur la question sécuritaire, et contribue à retrouver la stabilité et le calme dans les rues des villes Syriennes, en particulier si elle s'accompagne de la libération des prisonniers politiques ;

 

2 – Elle bloque la voie aux interventions étrangères, que les forces de l'Occident impérialiste menacent de lancer contre la Syrie ;

 

3 – Elle confirme le principe du dialogue national comme unique moyen de gérer la crise en lieu et place du langage des armes, ce qui accélérera le processus de réformes démocratiques et sociales en Syrie ;

 

Il n'y a aucun doute que la mise en place de cet accord sera confrontée à des obstacles importants. Ces obstacles sont :

 

  • La position des troupes armées, qui refusent fondamentalement le principe du dialogue ;

 

  • L'opposition à l'étranger qui a commencé à avancer l'idée d'un appel aux forces étrangères sous différentes formes, alors que le camp de l'opposition patriotique Syrienne se félicite de cet accord ;

 

La position adoptée par les États-Unis, provocatrice et éhontée, est tout sauf une surprise. Elle incite les troupes armées à continuer à lutter contre l’État, et refuse leur désarmement comme contre-partie aux engagements du gouvernement Syrien, tandis qu'elle pousse les pays Arabes à boycotter la Syrie politiquement, diplomatiquement et économiquement.

 

Cette position est une nouvelle affirmation de l'implication de l'administration Américaine dans l'exploitation des incidents qui se déroulent actuellement en Syrie, pour mener à bien le projet Américano-sioniste, qui vise à fragmenter notre région, et à la dominer.

 

Le Parti communiste syrien (unifié) et le peuple Syrien, y compris toutes les forces patriotiques, soutiennent tout effort Arabe pour mettre un terme au bain de sang Syrien, pour réaffirmer le principe du dialogue national, et ils ne souhaitent pas faire obstacle à cette initiative, afin de priver un appel à une intervention étrangère de tout prétexte, ce à quoi le peuple Syrien s'opposera par tous les moyens à sa disposition.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:37

chavez_figuera.jpgTraduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste du Vénézuéla (PCV), rejoint l'affirmation du président Chavez la semaine dernière lorsqu'il déclare: « Qu'il ne peut y avoir de révolution sans Parti révolutionnaire », soulignant combien celui-ci correspond historiquement au Parti marxiste-léniniste qu'est le PCV.



« Nous souhaitons également mentionner, pour les saluer et en les trouvant très positives, les récentes déclarations du citoyen Président de la République qui dit, je cite, 'Que l'on ne peut faire de révolution sans parti révolutionnaire, en réalité, vraiment, nous nous en félicitons », a souligné Oscar Figuera en conférence de presse.



Figuera a salué le Président pour ces déclarations qu'il juge « si justes, tellement exactes par rapport aux processus de transformation sociale »ajoutant que « sans un instrument révolutionnaire, forgé par des révolutionnaires, il est impossible de faire une révolution. »



Le dirigeant communiste a affirmé que « Avec des réformistes, il n'y a pas de révolution, avec des réformistes, il n'y a que réformisme et maintien du système capitaliste, domination sur les travailleurs et les travailleurs ; il y n'a que conservation d'un système oppressif ».



Pour le PCV, avec les réformistes continue d'exister à un extrême l'accumulation de capital, tandis qu'à un autre continue de se répandre la misère.



« Nous saluons cette expression du Président Chavez, qu'il a complété par ailleurs par une phrase historique de Vladimir Ilich Lénine, d'où découle notre parti-pris de parti marxiste-léniniste, qui affirme que 'Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire »,a déclaré Figuera.



Figuera a rappelé qu'en mars 2007, le Parti communiste du Vénézuéla a réalisé son XIIIème Congrès extraordinaire autour de l'appel lancé par le Président à dissoudre les partis politiques pour rejoindre le Parti socialiste unifié du Vénézuela (PSUV)



« Lors de ce congrès, le Parti communiste a exposé les Thèses sur la nécessité de forger le Parti de la Révolution, un document que nous avons fait parvenir au citoyen Président et aux partis alliés », a rappelé Figuera.



Soulignant que « en vertu de ce que nous déclarons vouloir construire, nous avons convenu qu'il (le PSUV) ne s'agissait pas du Parti de la Révolution, le Parti communiste a décidé de ne pas se dissoudre car il conserve toujours sa raison d'être ».



Vidéo de la conférence de presse en question : http://www.youtube.com/watch?v=tH809jexDPE

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:31

arton15141-9c2a0.jpgAlors qu’une frénésie aveugle atteignait son paroxysme dans les médias occidentaux, frénésie qui frisait - littéralement - l’hystérie nucléaire, les inspecteurs des Nations-Unies de l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) publiaient un rapport accusant surtout Téhéran d’avoir tenté de concevoir une arme nucléaire pour l’adapter sur une ogive de missile pas plus tard que la fin de l’an dernier.



Selon le rapport, l’Iran a travaillé « sur le développement d’une conception propre d’une arme nucléaire, notamment en testant ses composants. »

En plus de travailler à repenser et miniaturiser l’arme nucléaire pakistanaise, Téhéran est accusé également de mener une opération en secret pour enrichir de l’uranium - le Green Salt Project - qui pourrait être utilisé « dans un programme d’enrichissement non divulgué ».Tout ceci conduit l’AIEA à exprimer « de sérieuses préoccupations » concernant une recherche et un développement « spécifiques à l’arme nucléaire ».

Le rapport veut faire passer l’idée qu’alors que l’AIEA a tout essayé depuis des années pour surveiller les stocks iraniens déclarés de minerai d’uranium et d’uranium traité - actuellement 73,7 kilos d’uranium enrichi à 20 % à Natanz, plus 4 922 kilos d’uranium enrichi à moins de 5 % -, Téhéran, en secret, essaierait de construire l’arme nucléaire.

Renseignements douteux.

L’AIEA répète qu’elle s’appuie sur des renseignements « crédibles » - plus de 1000 pages de documentation - venant de plus de 10 pays, et sur huit années de « preuves ».Pourtant, l’AIEA n’a aucun moyen indépendant pour confirmer l’énorme masse des informations - et désinformations - qu’elle reçoit de la plupart des puissances occidentales. Mohammed El Baradei - qui fut le prédécesseur du Japonais Yukya Amano à la direction de l’AIEA - l’a déclaré également, explicitement, et à plusieurs reprises. Et il a toujours mis en doute ce qui passe pour être les « Renseignements iraniens », sachant qu’ils sont politisés à l’extrême et infiltrés par des vagues de rumeurs et de spéculations.

Pas étonnant que le quotidien iranien [...] Kayhan a saisi l’occasion pour se demander si c’était un rapport de l’AIEA ou un diktat américain sur un Amano docile et facilement impressionnable. Il n’y a rien de particulièrement nouveau, même de loin, dans le rapport - les images satellite et les spéculations des « diplomates » étant vendues comme des « renseignements » irréfutables. Si cela ressemble à la façon dont on a fait monter la pression pour la guerre en Iraq, c’est simplement parce que c’est le cas. Essentiellement, il s’agit de la régurgitation d’une farce vieille de quatre ans, dite du « portable de mort ».

Le scénario le plus proche de la vérité - même en prenant en considération l’existence d’un programme secret, lequel n’est pas avéré - montre clairement qu’une fabrication d’ogive nucléaire est, pour Téhéran, contre-productive.

Pourtant, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) - en charge des programmes militaires de haut niveau - pourrait certainement conserver l’option de construire une ogive nucléaire, rapides comme l’éclair, comme moyen de dissuasion au cas où ils seraient absolument sûrs que les USA vont les envahir, ou même s’engager dans une stratégie d’envergure de « choc et d’effroi ». La vraie conséquence, incontestable, d’une éventuelle possession de l’arme nucléaire par l’Iran est qu’il faut en finir une fois pour toutes avec les éternelles menaces d’une agression américaine. En cas de doute, veuillez consulter le dossier de la Corée du Nord.

Le régime de Téhéran peut être impitoyable, mais ce ne sont pas des amateurs, pour construire une arme nucléaire – que ce soit en secret ou à la vue de l’AIEA - et d’aller s’en servir, ne les mènerait nulle part. Le régime - qui est déjà impliqué dans un cercle vicieux, la bataille interne complexe entre le Guide Suprême Ali Khamenei et la faction du président Mahmoud Ahmadinejad - serait totalement isolé géopolitiquement. La population iranienne est beaucoup plus préoccupée par l’inflation, le chômage, la corruption et le désir de plus de participation politique que d’être plongée dans une controverse mondiale nucléaire. Il y a un grand consensus favorable en Iran à propos d’un programme nucléaire civil. Mais il n’y a aucune garantie, même qu’une minorité soutienne une « bombe islamique ».

Appel de bluff israélien.

Ce qui porte sur les nerfs non seulement d’Israël mais de l’ensemble des intérêts US qui, après 32 ans, n’ont toujours pas digéré la perte de leur gendarme précieux pour le Golfe (le shah d’Iran), c’est que Téhéran les maintient éternellement dans le doute.

Bien entendu, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou en Israël va continuer de glapir à un niveau assourdissant, tout en essayant avec toutes les ruses indispensables de faire bouger le chien (américain). Le même Netanyahu, que ni le Président US Barak Obama ni le Président français Nicolas Sarkozy ne peuvent plus tenir, s’en tient à une stratégie implacable : attirer Washington et quelques sous-fifres, des Britanniques à la Maison des Saoud - et cela n’a rien à voir avec la « communauté internationale - pour exercer le maximum de pressions sur Téhéran. Sinon, Israël attaque.

C’est absurde, parce qu’Israël n’est pas en mesure d’attaquer ne serait-ce qu’un caniche errant. Tout son matériel militaire vital est américain. Il lui faut une autorisation spéciale pour traverser l’espace aérien saoudien ou irakien. Il a besoin d’un feu vert de Washington de A à Z. On peut accuser l’Administration Obama de tout ce que l’on veut, mais pas d’être suicidaire. Seules ces non-entités du Congrès US - méprisées par l’énorme majorité des Américains d’après un certain nombre de sondages - peuvent apporter du crédit aux ordres de marche martiaux qu’ils reçoivent de Netanyahu, via le puissant lobby pro-israélien de l’American Israel Public Affairs Commitee (AIPAC).

Donc, ce qui reste possible, ce sont de nouvelles sanctions. Quatre séries de sanctions sévères du Conseil de sécurité des Nations-Unies ont déjà pris pour cible les importations, la banque et les finances de l’Iran. Mais ils sont au bout.

La Russie n’est pas convaincue par le rapport de l’AIEA, et déjà elle s’en explique clairement. La Chine n’est pas impressionnée ; l’AIEA ne possède simplement pas de preuves suffisantes pour accuser catégoriquement l’Iran de conduire un programme actif d’armement nucléaire. Alors ne croyez pas que la Russie et la Chine puissent accepter une nouvelle série de sanctions imposées par les USA aux Nations-Unies - qui serait littéralement nucléaire ; un boycott de facto des ventes du pétrole et du gaz de l’Iran.

Seule une bande de clowns peut supposer que la Chine vote contre ses intérêts sécuritaires nationaux au Conseil de sécurité des Nations-Unies. L’Iran est le troisième fournisseur de pétrole de la Chine, après l’Arabie saoudite et l’Angola. La Chine importe environ 650 000 barils de pétrole chaque jour d’Iran - 50 % de plus que l’année dernière. C’est plus de 25 % du total des exportations de pétrole de l’Iran.

Même l’Administration Obama a dû admettre, publiquement, qu’un boycott était inimaginable ; il priverait l’économie mondiale en crise d’au moins 2,4 millions de barils de pétrole quotidiennement, avec un baril montant probablement à 218€ ou même 290€ Téhéran a trouvé - et continuera de trouver - les moyens de contourner les sanctions financières. L’Inde a payé ses importations de pétrole iranien via une banque turque. Téhéran commence actuellement à passer par une banque russe.

Ceci prouve aussi que le mantra d’Israël d’isoler l’Iran de la « communauté internationale » est un bluff monumental. Les acteurs clés, tels les membres du BRICS comme la Russie, la Chine et l’Inde [le BRICS comprend aussi le Brésil et l’Afrique du Sud], entretiennent des relations commerciales étroites.

Par-dessus tout, au milieu de cette hystérie iranophobe, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), avec la Chine, la Russie et 4 « républiques » du Centre Asie (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan) est engagée dans son dernier sommet à Saint-Pétersbourg [le 7 novembre 2011]. L’Iran - qui y jouit d’un statut d’observateur - était présent avec son ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi. Tôt ou tard, l’Iran y sera admis comme membre à part entière.

Si, même avant que l’Iran ne rentre à l’Organisation de coopération de Shanghai(OCS), la Chine et la Russie considéraient qu’une agression contre l’Iran est une agression contre elles-mêmes - ou contre l’idée d’intégration énergétique en Asie -, il serait très instructif d’observer Israël essayant de convaincre les États-Unis de mener une attaque contre l’Asie.

 

Pepe Escobar

 

 

Traduction IRIB http://french.irib.ir/analyses/articles/item/153226-l%3Firan... avec quelques corrections, compléments et intertitres rajoutés par un lecteur assidu du Grand Soir

ORIGINAL http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/MK10Ak02.html

URL de cet article 15141
http://www.legrandsoir.info/un-mauvais-proces-d-iranophobie-nucleaire-asia-times.html
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:23

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 20:07

arton1675-44305.jpgQuelles sommes sont cachées dans les paradis fiscaux ? Par qui ? Et comment ? A l’aide d’une méthodologie originale et de données jusqu’alors sous-exploitées, Gabriel Zucman apporte une lumière nouvelle et crue sur ces problèmes, en espérant que cela puisse aider à améliorer la lutte contre les paradis fiscaux.

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Gabriel Zucman termine sa thèse à l’Ecole d’économie de Paris. Il s’intéresse aux inégalités de fortune, notamment à l’échelle mondiale. Avec une vingtaine de jeunes chercheurs, il anime la revue Regards croisés sur l’économie.

La Vie des Idées  : Vous avez effectué un important travail sur ce que vous appelez la « richesse manquante des nations », c’est-à-dire le patrimoine des ménages qui n’apparait pas dans les statistiques nationales et mondiales, parce que caché dans les paradis fiscaux. Est-ce que vous pourriez d’abord nous donner quelques ordres de grandeur : quel serait le montant de cette richesse ? Sa structure ? Quels en sont les principaux détenteurs ? Quels sont les principaux paradis fiscaux ?

Gabriel Zucman  : L’étude que j’ai réalisée suggère qu’environ 8 % du patrimoine financier des ménages est détenu dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale. Fin 2008, le patrimoine financier des ménages – c’est-à-dire les dépôts bancaires, les portefeuilles d’action, les placements dans des fonds d’investissement et les contrats d’assurance-vie détenus par les ménages du monde entier – s’élevait à 75 000 milliards de dollars. Les ménages détenaient donc environ 6 000 milliards de dollars dans les paradis fiscaux.

On imagine souvent qu’avoir un compte en Suisse, c’est avoir de l’argent dormant, dans un coffre-fort ou sur un compte courant. En réalité, les ménages fortunés ne vont pas en Suisse pour mettre des millions sur des comptes rapportant 1 % l’an. Depuis leurs comptes suisses, ils font des investissements relativement sophistiqués. La grande majorité des fortunes offshore sont investies dans des titres financiers : actions, parts de fonds d’investissement, obligations. Parmi ces titres financiers, les parts de fonds d’investissement jouent un rôle prépondérant. Cela n’a rien d’étonnant : investir dans un fonds, qui lui même investit ensuite dans des obligations américaines, des actions brésiliennes, etc., rapporte bien plus qu’accumuler des liquidités sur un compte courant.

Il est bien plus dur de savoir à qui appartiennent les fortunes dans les paradis fiscaux que de connaître le montant total des fortunes offshore et leur composition. En fait, on ne dispose de bonnes données que pour la Suisse. Les banques suisses gèrent environ un tiers des fortunes offshore, donc environ 2 000 milliards de dollars fin 2008. Cela fait de la Suisse le plus important paradis fiscal pour la gestion de fortune transfrontalière.

Sur ces 2 000 milliards, plus de 60 % appartiennent à des Européens, notamment à des Italiens, des Allemands, des Français, des Espagnols, des Portugais et des Grecs… En deuxième position viennent les pays du Golfe – les riches familles du Golfe ont été depuis les années 1970 des clients importants des banques Suisses et londoniennes, ce qui n’est guère étonnant au regard du faible développement du système financier des pays du Golfe.

Contrairement à une vision largement répandue, les fortunes des dictateurs africains ou des oligarques russes ne constituent qu’une petite fraction des fortunes gérées par les banques suisses. L’essentiel de l’argent en Suisse appartient encore à des Européens, et plus généralement à des résidents des pays riches – à l’exception du Japon. Il semble cependant que la part des émergents croisse, et que celle des Européens et des Américains décline.

On ne sait pas ce qu’il en est dans les autres paradis fiscaux. Certains rapports réalisés sur la base d’interviews avec des gestionnaires de fortune suggèrent que l’essentiel des fortunes gérées dans les paradis fiscaux européens (Suisse, Luxembourg, Jersey, Guernesey, Liechtenstein, etc.) appartiennent à des Européens, l’essentiel de celles gérées dans les Caraïbes (îles Caïman, Bahamas, Bermudes, etc.) à des Américains (du Nord et du Sud), et l’essentiel de celles gérées dans les paradis fiscaux asiatiques (Singapour et Hong-Kong) à des asiatiques. Mais il n’existe de données solides que pour la Suisse.

Ce qui est clair, c’est qu’une partie substantielle des fortunes offshore appartient nécessairement à des Européens, puisqu’ils possèdent la majorité des fortunes gérées par le plus gros paradis fiscal, la Suisse.

La Vie des Idées  : Pourquoi le Japon se distingue-t-il des autres pays riches, c’est-à-dire pourquoi, contrairement aux européens et aux américains, les ménages aisés japonais ne réfugient-ils pas leur patrimoine dans les paradis fiscaux ?

Gabriel Zucman  : Il faut se montrer prudent, car on ne dispose de données que pour la Suisse. Mais il est vrai que les Japonais ne semblent pas être de gros clients des banques suisses. Les études qui cherchent à savoir ce qui pousse les gens à mettre leur argent dans des paradis fiscaux n’ont pas de conclusion univoque. Il semble fort plausible, néanmoins, que les taux de taxation domestiques jouent un rôle important : au Japon, les dividendes touchés par les ménages ne sont taxés qu’à hauteur de 10 %, contre 21 % aux États-Unis, 24 % en Allemagne, et plus de 30 % en France [1].

Comment patrimoine et revenus sont masqués

La Vie des Idées  : Pourriez-vous également donner une idée d’un montage ou d’un arrangement habituel, par exemple d’un ménage européen, pour masquer son patrimoine et ses revenus aux autorités fiscales ? Comment cela fonctionne-t-il ?

Gabriel Zucman  : Il faut distinguer deux étapes : l’envoi de l’argent en Suisse (par exemple), et la gestion de l’argent qui a été envoyé en Suisse. Commençons par la deuxième étape. Si vous disposez d’un million d’euros sur un compte suisse, le fisc Français n’a aucun moyen de le savoir, car les banques suisses n’échangent quasiment pas d’information avec le fisc français (c’est le principe du secret bancaire). Ce million génère des revenus (intérêts, dividendes) dont le fisc français n’a pas connaissance ; donc avoir un compte en Suisse permet d’éviter à la fois l’impôt sur le revenu, l’impôt de solidarité sur la fortune et l’impôt sur les successions.

En général, les personnes qui mettent de l’argent en Suisse prennent des précautions supplémentaires. Par exemple, très peu de comptes sont détenus directement par des ménages ; la plupart des fortunes offshore sont détenues par l’intermédiaire de sociétés-écrans, de trusts ou de fondations, de façon à rendre plus opaque le lien entre un compte et son bénéficiaire effectif.

Dans le schéma-type, un ménage français possède un compte en Suisse via une société-écran domiciliée à Panama (tout ceci est purement formel, il ne se passe rien au Panama : la société-écran est créée directement en Suisse). L’argent est investi, assez largement, dans des fonds d’investissement qui opèrent au Luxembourg (qui sont en fait, pour beaucoup, des filiales des banques suisses). Le Luxembourg ne taxe pas les versements transfrontaliers : notre ménage reçoit sur son compte suisse 100 % des dividendes versés par le fonds. Le fisc français n’a aucun moyen d’avoir connaissance des revenus touchés offshore par les ménages, donc si notre ménage ne déclare pas lui-même ses revenus sur sa feuille d’impôt, il ne paye pas d’impôt en France. Enfin, si jamais le fisc français a un soupçon, il butte assez vite sur le fait qu’en apparence le compte appartient à une société panaméenne, et non pas à un ménage Français avec une adresse à Paris. Quand on sait les interpréter – c’est-à-dire quand on comprend comment elles sont construites –, les données officielles de la Banque centrale Suisse, accessibles à tous, font apparaître très clairement ce schéma-type France-(Panama)-Suisse-Luxembourg. Ce n’est pas un mauvais roman policier.

Venons-en à la première étape : comment l’argent arrive-t-il en Suisse ? Dans l’imaginaire collectif tout passe par des valises de billet ; mais il est difficile de faire voyager beaucoup d’argent comme cela (et c’est très risqué). En réalité, l’essentiel des transferts sont des virements électroniques tout à fait banals. Par exemple, une société contrôlée par un ménage Français va créditer un compte Suisse pour acheter un service fictif. Autre mécanisme : beaucoup d’employés du secteur financier londonien reçoivent aujourd’hui leur salaire directement sur un compte à Jersey. Il est fréquent, également, que des employés de multinationales reçoivent leur salaire sur un compte à Chypre, par exemple. Une fois l’argent dans un paradis fiscal, il peut facilement circuler vers un autre paradis fiscal.

Pourquoi certaines sociétés payent-elles leurs employés sur des comptes offshore ? Parce qu’elles réalisent une grande partie de leur bénéfice dans des paradis fiscaux. Les bénéfices réalisés par une société américaine dans un paradis fiscal ne sont pas taxés aux États-Unis tant qu’ils ne sont pas rapatriés aux États-Unis. Plutôt que de rapatrier leurs profits aux États-Unis, les multinationales ont tout intérêt à payer directement leurs employés à partir des recettes qu’elles accumulent dans les paradis fiscaux.

Comment mesurer l’argent dans les paradis fiscaux ?

La Vie des Idées  : Vu la complexité et l’anonymat de ces dispositifs, choisis justement pour échapper à la surveillance des États, comment faites-vous pour la mesurer et l’étudier, et quelle confiance accordez-vous à vos résultats ?

Gabriel Zucman  : Quand un ménage Français possède sur un compte en Suisse une part de fonds d’investissement luxembourgeois, la France n’enregistre aucun actif (les comptables français n’ont aucun moyen de mesurer cet actif). La Suisse n’enregistre aucun actif ni aucun passif (car tout ceci, du point de vue la comptabilité internationale, ne concerne pas la Suisse : il s’agit d’un investissement réalisé par un Français au Luxembourg). Mais le Luxembourg enregistre bien un passif : plus précisément, les comptables luxembourgeois observent que des étrangers possèdent des parts de fonds d’investissement luxembourgois, ce qui constitue un passif du Luxembourg vis-à-vis du reste du monde. Fatalement, plus de passifs sont enregistrés que d’actifs à l’échelle mondiale ; en particulier, les passifs enregistrés par le Luxembourg sont beaucoup plus importants que le total des actifs enregistrés par tous les pays du monde sur le Luxembourg (en l’occurrence, la différence était de 1 000 milliards de dollars en 2008).

Pour mettre en évidence ces anomalies, j’utilise une enquête harmonisée conduite sous la direction du FMI depuis 2001, le Coordinated Portfolio Investment Survey (CPIS). Cette enquête, d’une qualité exceptionnelle, a été lancée pour résoudre les anomalies observées depuis des décennies par les statisticiens du FMI dans la balance des paiements mondiale – et notamment le déséquilibre aberrant entre actifs et passifs. Cette enquête a permis d’harmoniser les données entre pays, de diffuser les meilleures pratiques de par le monde, etc. Elle a permis de résoudre quasiment tous les problèmes dans les comptes internationaux… sauf un : les comptables Français, malgré toute leur bonne volonté, ne peuvent pas enregistrer, comme ils le devraient, les avoirs détenus par les Français en Suisse. Donc les anomalies qui restent dans le CPIS, après le travail considérable d’harmonisation du FMI et des experts du monde entier, reflètent largement l’usage que font les ménages des paradis fiscaux.

Bien sûr, la méthode que j’utilise est indirecte. Il est impossible de chiffrer au milliard près l’argent dans les paradis fiscaux. Il est impossible de savoir exactement qui sont les détenteurs de comptes offshore. Mon étude ne donne que des ordres de grandeur. Je pense que l’ordre de grandeur de 8 % du patrimoine financier mondial est raisonnable. Toutes les études existantes, qu’elles aient été réalisées par des cabinets de conseil à partir d’interviews ou par des ONG spécialisées dans les paradis fiscaux donnent des chiffres plus importants, parfois beaucoup plus importants. Je ne pense pas exagérer le problème. En outre, je ne m’intéresse qu’à une facette de l’activité des paradis fiscaux – la gestion de fortunes transfrontalière pour le compte de particuliers. Il se passe beaucoup d’autres choses dans les paradis fiscaux, sur lesquelles nous avons encore beaucoup à apprendre.

L’étude que j’ai réalisée repose sur des données qui n’existent que depuis peu, mais qui sont totalement publiques et facilement accessibles. Tous ceux qui le souhaitent peuvent donc refaire les calculs que j’ai réalisés, notamment à partir de l’annexe de mon travail qui décrit étape par étape la façon dont j’ai procédé, les sources utilisées, etc. J’espère que cela permettra d’améliorer mes estimations. Il est certain que l’apparition de nouvelles données permettra d’améliorer le chiffrage.

La Vie des Idées  : Les ordres de grandeur que vous trouvez pour cette richesse cachée apparaissent assez considérables. En quoi peuvent-ils changer l’appréhension que l’on a habituellement des grands équilibres économiques et financiers mondiaux ?

Gabriel Zucman  : La prise en compte des fortunes offshore des ménages affecte de façon notable ce que l’on sait des déséquilibres financiers internationaux. Dans les chiffres officiels, la zone euro a une position négative vis-à-vis du reste du monde : apparemment, le reste du monde possède plus d’actifs sur la zone euro que la zone euro ne possède d’actif sur le reste du monde. C’est assez étonnant au regard de la théorie économique, car l’Europe, comme le Japon, est dans l’ensemble une région à faible croissance, vieillissante, avec un taux d’épargne élevé ; la théorie économique suggère qu’elle devrait donc être créditrice nette vis-à-vis du reste du monde.

La prise en compte du patrimoine non-enregistré des pays européens permet de résoudre ce paradoxe : il est probable qu’une fois incluses les fortunes offshore des Européens, la position extérieure de la zone euro passe dans le vert.

De même, le monde riche dans son ensemble est, d’après les statistiques officielles, endetté vis-à-vis du monde en développement. La théorie économique nous suggère que le monde riche devrait plutôt être créditeur, ou a minima à l’équilibre. Prendre en compte les fortunes non-enregistrées dans les paradis fiscaux permet de réconcilier en partie la théorie et les faits.

Lutter contre les paradis fiscaux

La Vie des Idées  : Ces résultats signifient-ils aussi que les ménages riches sont encore bien plus riches que ce qui apparait dans les statistiques nationales, donc les inégalités, du moins en termes de patrimoine plus élevées ? Cela veut-il aussi dire que ces ménages parviennent effectivement à dissimuler leur patrimoine, et que donc toute tentative d’imposition de la fortune est au mieux inutile, au pire contre-productive ?

Gabriel Zucman  : Les fortunes offshore, pour l’essentiel, échappent à toutes les sources de données disponibles, que ce soit la comptabilité nationale, les données fiscales, les enquêtes… Comme les fortunes des paradis fiscaux appartiennent sans doute à des gens très riches, il est probable que les inégalités de patrimoine soient encore plus fortes que ce que nos instruments de mesure habituels montrent. Mais les paradis fiscaux ne remettent pas fondamentalement en cause notre connaissance de la répartition des richesses à l’intérieur des pays. Les sources disponibles montrent que les patrimoines sont extrêmement concentrés : d’après ce que l’on sait, en France, les 10 % les plus riches possèdent plus de 60 % du patrimoine national. Peut être possèdent-ils en réalité 65 % ou 70 % du patrimoine national – dans tous les cas, les richesses sont très concentrées.

Quant aux conséquences qu’ont les paradis fiscaux sur l’imposition des patrimoines, il faut être clair. Il est parfaitement légal (en France du moins) d’avoir un compte en Suisse ou aux Bahamas. Mais il est parfaitement illégal de ne pas déclarer les revenus qu’on reçoit sur un compte offshore. Les paradis fiscaux permettent aux personnes qui le souhaitent d’enfreindre la loi. Les États-Unis et l’Europe doivent se saisir du problème de façon coordonnée. S’ils en ont la volonté, les grands pays peuvent mettre facilement un terme à la fraude fiscale des particuliers dans les paradis fiscaux. Il leur suffit de contraindre les paradis fiscaux à échanger automatiquement les informations qu’ils détiennent. À chaque fois qu’un ménage Français touche un dividende sur le compte en Suisse qu’il possède via une société-écran panaméenne, la Suisse devrait envoyer cette information à la France. L’Union européenne, si elle parlait d’une seule voix, aurait largement la capacité de contraindre tous les paradis fiscaux à se plier à cet échange automatique d’informations. C’est d’ailleurs le but ultime de la directive épargne qu’applique l’Union européenne depuis 2005. Il est donc tout à fait envisageable que la fraude fiscale dans les paradis fiscaux soit éradiquée d’ici quelques années. Tout dépendra de l’unité des pays européens et de la volonté des États-Unis.

La Vie des Idées  : Si cela n’est pas si difficile, pourquoi les États européens ou les États-Unis ont-ils tant tardé à lutter contre les paradis fiscaux ? Et d’où viennent les capacités de résistance de ceux-ci aux demandes de la communauté internationale ?

Gabriel Zucman  : Malgré des efforts louables de plusieurs ONG et de quelques chercheurs qui se sont saisis très tôt du sujet, il y a un déficit d’informations considérable sur les paradis fiscaux. Ce manque d’informations laisse le champ libre aux groupes de pression qui veulent que rien ne change concrètement. Et il est difficile de mettre en œuvre de bonnes politiques quand on ne comprend pas exactement ce qui se passe ni l’ampleur du problème. Or c’est un sujet très technique, pour lequel les détails comptent énormément. Par exemple, dans sa mouture actuelle, la directive épargne de l’Union européenne ne frappe pas les comptes offshore qui appartiennent à des Européens via des sociétés-écran non européennes. Jusqu’à récemment, personne n’avait conscience à Bruxelles que l’essentiel des comptes offshore étaient détenus à travers de telles structures, du coup la directive épargne fonctionne mal. Les économistes portent leur part de responsabilité : ils se sont très peu intéressés aux paradis fiscaux. Mais les choses sont en train de bouger, et cela va normalement aider les décideurs à mettre en place des outils plus adaptés.

 

http://www.laviedesidees.fr/Les-paradis-fiscaux-visite-guidee.html

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:36

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Pour peu que, dans les jours précédant le scrutin, on ait pris la peine de parcourir les quartiers populaires — à commencer par ceux de la capitale, Managua —, de parler avec leurs habitants et d’y respirer l’atmosphère, il eût fallu être aveugle et sourd pour ne pas prévoir la victoire du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) et la réélection à la présidence du chef de l’Etat sortant, M. Daniel Ortega. D’autant que même les instituts de sondages, quel que soit leur bord, le donnaient largement gagnant.

M. Ortega, l’un des principaux dirigeants de la guérilla christiano-marxiste qui, en 1979, a renversé la dictature d’Anastasio Somoza, a été élu une première fois en 1984. Devenu à son corps défendant l’un des enjeux de la guerre froide, le Nicaragua fut alors soumis à une féroce agression américaine par contre-révolutionnaires interposés — la contra. Le viol du droit international fut tel que, en 1986, la Cour internationale de justice de La Haye condamna Washington à payer 17 milliards de dollars d’indemnisation à Managua pour avoir soutenu les mouvements « terroristes » agissant en territoire nicaraguayen depuis le Honduras — décision que les gouvernements américains successifs ont ignorée et continuent à ignorer avec mépris. C’est donc épuisés et ayant laissé 30 000 morts dans ce combat inégal que les Nicaraguayens, dans une nation ruinée, « mirent les pouces » en 1990, permettant à la droite de revenir au pouvoir en la personne de Mme Violeta Chamorro. S’ensuivirent seize années de politiques néolibérales qui, ravageant à leur tour le pays, ramenèrent M. Ortega à la présidence le 5 novembre 2006.

Cinq ans plus tard, le 6 novembre 2011, avec 62 % des suffrages (1), il devance très largement son plus proche adversaire, l’entrepreneur Fabio Gadea, du Parti libéral indépendant (PLI ; 30 %), et expulse littéralement de la vie politique le candidat du Parti libéral constitutionnaliste (PLC), l’ex-président Arnoldo Alemán (1997-2002), condamné en 2003 pour corruption et crédité de 6 % des voix. Qui plus est, le FSLN s’empare, au Parlement, d’une majorité qualifiée qui lui manquait jusque-là.

Dans la grande tradition droitière de ces dernières années en Amérique latine, l’opposition annonce ne pas reconnaître le triomphe sandiniste. D’après elle — et nombre d’observateurs —, M. Ortega n’avait pas le droit de se représenter à la présidence, l’article 147 de la Constitution interdisant deux mandats successifs. C’est oublier que, en octobre 2009, la Salle constitutionnelle de la Cour suprême de justice (CSJ) a déclaré cet article inapplicable (2) — tout comme les instances similaires l’avaient fait en Colombie, permettant la réélection du « très contesté » Alvaro Uribe (3), et au Costa Rica, sans que nul n’y trouve à redire, en faveur du « très consensuel » Oscar Arias.

Reste donc l’argument battu et rebattu, tel qu’exprimé en première page par le quotidien La Prensa : « Pire qu’une fraude ». On rappellera que, lors des élections municipales de novembre 2008, le candidat libéral à la mairie de Managua, le banquier Eduardo Montealegre, avait, pour le même motif, exigé un recomptage des bulletins. N’ayant pas prévu que le Conseil suprême électoral (CSE) accéderait à cette demande, les libéraux, mis au pied du mur, optèrent pour ne pas assister au recomptage et se gardèrent bien de venir y présenter les « preuves » qu’ils prétendaient détenir.

Il n’en demeure pas moins que, dans ce pays marqué par les années de guerre et politiquement très polarisé, où la culture civique et démocratique n’a eu que très peu de temps pour s’imposer — bien que le sandinisme, lui, ait toujours accepté sa défaite lorsqu’il y a été confronté —, un certain nombre d’irrégularités ont été constatées pendant le scrutin. Tout en les pointant du doigt, le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), M. Miguel Insulza, a salué « le peuple et le gouvernement », insistant sur « la maturité démontrée par les Nicaraguayens pendant le processus ». Très agressif à l’égard des autorités dès son arrivée dans le pays, le chef des observateurs de l’Union européenne, M. Luis Yanez, a dénoncé nombre d’anomalies et une absence de transparence. Toutefois, confronté à l’insistance d’un journaliste, il a dû admettre, le 8 novembre : « Que définit le mot fraude ? Pour les politiques, frauder est donner gagnant celui qui a perdu et nommer perdant celui qui a gagné. Dans ce cas, il n’y a aucun doute : le Front et M. Ortega ont gagné les élections. »

Gagné, et même spectaculairement gagné. En 2006, M. Ortega n’avait remporté le scrutin qu’avec 37,99 % des suffrages — la victoire étant permise au candidat arrivant en tête avec 40 % des voix ou 35 % dans le cas où cinq points le sépareraient de son plus proche rival. En portant son score à 62 %, le FSLN fait un bond phénoménal — ce qui peut permettre, en toute bonne foi, de se poser des questions. Mais celles-ci ont une réponse. Et on la trouve en allant à la rencontre de ceux que le néolibéralisme a jetés dans la misère pendant plus d’une décennie.

Tout en ménageant les intérêts du secteur privé et en gérant le pays d’une façon assez classique, sans se mettre à dos les investisseurs étrangers ou les organismes financiers internationaux (Fonds monétaire international, Banque mondiale, etc.), M. Ortega n’en a pas moins opéré un virage spectaculaire en engageant de fortes dépenses à caractère social en faveur des secteurs les plus pauvres, qui constituent l’immense majorité. C’est cette majorité qui, reconnaissante et rejetant une droite revancharde, sans projet, a explicitement demandé au « comandante Daniel » de continuer dans cette direction ; car beaucoup reste à faire, inutile de le préciser.

Certains objecteront que cette avalanche de projets sociaux — santé, éducation, alimentation, habitat, etc. — n’aurait pu être mise en œuvre, ou en tout cas pas à cette échelle, si M. Ortega n’avait fait entrer le Nicaragua au sein de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), bénéficiant ainsi de l’aide financière du Venezuela et de celle de Cuba en matière de santé. C’est précisément la force de cette gauche latino-américaine qui joue l’intégration à travers la coopération, la solidarité et la complémentarité. Et c’est ce qui la fait gagner.

Maurice Lemoine

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-11-10-Nicaragua

(1) Les résultats officiels définitifs ne sont pas encore connus à l’heure de la rédaction de ces lignes.

(2) Dans un de ses prochains numéros, Le Monde diplomatique reviendra plus en détail sur cette question.

(3) En 2005, la Cour constitutionnelle autorisait le président Alvaro Uribe à effectuer un deuxième mandat. En 2010, elle invalidait toutefois une loi organisant un référendum destiné à lui permettre de se présenter à nouveau.
http://www.legrandsoir.info/le-nicaragua-sandiniste-persiste-et-signe.html







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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:33

a-copie-5.pngEt si l’Iran, qui en est le principal riverain, fermait le détroit d’Ormuz ? La crainte d’un blocage de cette voie d’eau stratégique, par laquelle transite 40 % du pétrole exporté du Proche-Orient, ressurgit à chaque montée de tension à propos de l’Iran : c’est à nouveau le cas après la déclaration du président israélien Shimon Pérès, le 5 novembre dernier, selon laquelle la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapproche. Et après la publication le 8 novembre du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) évoquant de « sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire » de Téhéran, alors que de son côté le président français Nicolas Sarkozy assurait le 9 novembre à une délégation à Paris du Congrès juif mondial vouloir accentuer les pressions sur l’Iran, « Israël n’ayant n’a pas de meilleur partenaire pour sa sécurité que le gouvernement français ».

 

Sur Israël-Infos, Gerard Fredj relève que le numéro un français a reçu mercredi « durant quatre vingt onze minutes »cette délégation du Congrès juif mondial, conduite par son président Ronald Lauder, ainsi que Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF), désireux d’obtenir de M. Sarkozy l’assurance qu’il inciterait les pays occidentaux à agir rapidement pour empêcher l’Iran de parvenir à assembler une bombe nucléaire. Selon Richard Prasquier, Nicolas Sarkozy aurait effectivement assuré qu’il « pousserait »à un renforcement des sanctions internationales contre Téhéran, qui rendraient difficiles les transactions de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. En revanche, le président français aurait insisté sur les « conséquences lourdes »d’une intervention militaire destinée à frapper les sites nucléaires iraniens.

Deux mentions récentes de ce qui pourrait se passer autour de ce passage d’Ormuz, long de 63 km et large de 40 km, avec deux rails de navigation de 3 km de large essentiellement situés dans les eaux omanaises - détroit qui relie la mer d’Oman au Golfe arabo-persique, et voit passer chaque année deux mille quatre cents pétroliers, au long de la côte iranienne [1]. Pour Kaveh L. Afrasiabi, professeur de science politique aux universités de Téhéran et Boston, « l’Iran peut couper le détroit d’Ormuz pratiquement à tout moment, et cela mettrait un coup d’arrêt à l’exportation des quelque 6 millions de barils de pétrole embarqués chaque jour [2».


Comme une éventuelle intervention militaire israélienne contre les implantations nucléaires en Iran « nécessiterait, pour avoir des chances de réussite, d’effectuer des frappes sur une douzaine de sites, certains dans ou autour de secteurs peuplés, avec une forte probabilité de faire de nombreuses victimes civiles », cela déclencherait selon lui « un tsunami de colère populaire » dans le pays, qui conduirait les responsables politiques iraniens à lancer des représailles aussi dures que possible contre les intérêts américains et israéliens, avec notamment un blocage d’Ormuz.

« Rhétorique incendiaire »

Cet intellectuel, réputé proche du président Ahmadinejad, estime – comme d’autres experts de politique étrangère en Iran – que l’exécutif américain ne fait rien pour apaiser ce qu’il appelle la « rhétorique incendiaire » d’Israël : « C’est sans doute parce que le président Barack Obama est trop occupé par d’autres problèmes, mais cela peut constituer une erreur grave et coûteuse. »

« La pose de mines dans le Golfe arabique, surtout dans le détroit d’Ormuz, est la principale menace à prendre en compte », considère de son côté Ahmed Al Attar, un commentateur emirati, spécialiste des questions de défense et d’énergie. Il rappelle qu’en 1988, la frégate américaine Samuel B. Roberts avait heurté une mine iranienne, et avait été presque perdue. « L’installation de champs de mines à grande échelle entraverait considérablement le trafic de pétrole et l’ensemble du commerce maritime dans le Golfe, et serait difficile à contrer, quoique pas impossible, estime-t-il. Mais la pose de mines, ou l’utilisation de missiles, affecterait également le commerce pétrolier de l’Iran, autant sinon davantage que celui de ses ennemis. L’aviation et la marine iraniennes seraient rapidement annihilées ; les forces armées se retrouveraient sans couverture air, aux prises avec des attaques aériennes répétées. Et il serait vite l’heure d’abandonner la partie… »

Durant la guerre Iran-Irak des années 1980, des tankers avaient été bombardés par la chasse iranienne dans le Golfe persique. Les prix du brut avaient explosé, tout comme les tarifs d’assurances. L’Iran peut être tenté d’agiter la menace de sa « marine de guérilla » – constituée notamment d’escadrilles de vedettes rapides – et d’une éventuelle fermeture du détroit, au cas où Israël, les Etats-Unis ou l’Europe iraient trop loin dans les sanctions, ou dans des projets d’attaque de ses installations nucléaires.

Le dernier incident sérieux dans la région remonte au 5 janvier 2008. Des vedettes rapides iraniennes s’étaient faites menaçantes contre une petite escadre de l’US Navy, de passage dans le détroit : des bâtiments américains qui rasaient, semble-t-il, la côte iranienne. L’ancien président George W. Bush était alors attendu dans la région. L’incident, qui n’avait pas débouché sur une poursuite ou un tir, avait permis en revanche à la diplomatie américaine de battre le tam-tam auprès des pays du Golfe en faveur d’une coalition anti-iranienne, et au président lui-même de se poser en garant de la libre circulation dans le golfe et le détroit.

La perspective d’une option militaire

Les présidents américain et français ont profité du récent sommet du G20 à Cannes pour dénoncer le programme nucléaire militaire iranien, et agiter la menace de nouvelles sanctions, tandis qu’en Israël on débattait gravement d’une possible expédition punitive des forces armées, dans la foulée d’une déclaration du président israélien. Shimon Pérès [3] avait estimé le vendredi 5 novembre que la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapprochait, et suscité une avalanche de débats et commentaires dans la presse israélienne.

Il semble admis, une semaine plus tard, que ce nouvel accès de fièvre était essentiellement verbal, à usage politique, dans l’attente de la publication d’un rapport « favorable » de l’AIEA ouvrant la voie à un nouveau train de sanctions internationales.

Au contraire de l’Egyptien Mohamed El Baradei, qui faisait preuve d’une certaine indépendance, même s’il a peut-être eu une tendance pan-islamique à minorer les tentatives iraniennes pour se doter de l’arme atomique, le Japonais Yukiya Amano – son successeur à la tête de l’AIEA – semble parfaitement en phase avec Washington (qu’il a consulté quelques heures avant de sortir son rapport), et avec Israël (qui a aussitôt clamé que ce rapport confirmait et même légitimait ses inquiétudes répétées). Selon Téhéran, qui ne compte pas changer de politique, ce rapport est fabriqué à l’aide d’éléments communiqués opportunément par des services secrets occidentaux, et ne reflète pas la réalité.

Sur un plan technique, on relève dans la lettre confidentielle TTU, spécialisée dans les questions de défense [4], « qu’à partir de la fin de l’année, l’aviation israélienne n’aura plus à demander la permission aux Etats-Unis pour survoler l’Irak et mener d’éventuelles attaques contre les installations nucléaires iraniennes ». La clause dans l’accord militaire entre l’Irak et les Etats-Unis signé en novembre 2008, incluse sous la pression du premier ministre chiite Nouri al-Maliki, qui a institué une zone interdite de vol au-dessus du territoire irakien en vue d’empêcher des raids israéliens contre l’Iran, arrive en effet à expiration à la fin 2011, après le départ officiel des troupes américaines d’Irak. Or, rappelle TTU, le plus court chemin vers l’Iran pour l’aviation israélienne passe par l’Irak. Par ailleurs, les vives tensions de ces derniers mois entre Israël et la Turquie excluent un passage par ce dernier pays [5].

Ne pas délaisser le Golfe

Plus généralement, si l’ex-président Bush rêvait de remodeler le Proche-Orient, c’est ce même Proche-Orient avec ses évolutions politiques récentes qui, en attendant, contraint l’exécutif conduit par Barack Obama à redéfinir la posture stratégique des Etats-Unis dans le Golfe. Dans un dossier de la revue Diplomatie (juin-juillet 2011) sur « la géopolitique des Etats-Unis : la fin d’un empire ? », Anthony Cordesman, titulaire d’une chaire de stratégie au Center for Strategic and international Studies (CSIS), conseille au gouvernement américain - auquel il n’est pas hostile ! - de ne pas délaisser le Golfe, qui doit rester une priorité absolue pour les Etats-Unis (comme pour la plupart des pays dépendants du pétrole proche-oriental), quitte à laisser à l’Inde, la Chine, et la Russie le « grand jeu » dans l’Asie du Sud, et à « oublier » ou presque l’Afghanistan, le Pakistan, etc., en évitant en tout cas d’y contrarier les fragiles équilibres actuels.

Cordesman, qui dresse un tableau inquiétant des failles et zones de fracture au Proche-Orient, dans des pays qui étaient jusqu’ici des partenaires privilégiés des Etats-Unis (Egypte, Tunisie, Yémen, Bahrein), suggère par exemple :

 de traiter l’Iran comme s’il était déjà une puissance nucléaire potentielle, de ne pas compter sur une opération israélienne, ni sur une évolution favorable du régime, et d’examiner avec les pays du sud du Golfe un possible dispositif de défense antimissiles, en leur offrant une garantie globale de sécurité ;
 de s’appuyer sur le nouvel Irak, comme gardien du trublion iranien, en y maintenant dans la mesure du possible une présence militaire significative, en continuant à former son armée à la contre-insurrection et au contre-terrorisme, etc. ;
 de rassurer les petits riverains du sud du Golfe (Koweït, Bahrein, Qatar, Oman) quant au maintien des installations militaires américaines actuelles ;
 de maintenir une présence navale et aérienne forte dans le Golfe, pour dissuader toute action iranienne sur le détroit d’Ormuz, le Golfe persique, le Golfe d’Oman, l’océan Indien ;
 de considérer l’Egypte et la Jordanie comme des « partenaires critiques » pour la sécurité à l’ouest du Golfe, en mer Rouge,etc. ;
 de développer des programmes de formation, équipement, etc. des armées locales, pour éviter aux forces américaines d’apparaître en première ligne (le fameux « leadership from behind » qui fait florès ces temps-ci) ;
 et aussi de maintenir un partenariat stratégique avec les grands alliés extérieurs au théâtre que sont notamment la Grande-Bretagne, la Turquie, ou la France.

Notes

[1] Une base française interarmées permanente a été créée en 2009 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, aux approches du détroit, face à l’Iran.

[2] Voir son autre article dans Asia Times, « False bells on Iran’s nuclear program ».

[3] Le même Shimon Pérès avait contribué à faire d’Israël une puissance nucléaire dans les années 1960, avec l’aide technique de la France.

[4] 9 novembre 2011 – n° 821.

[5] En septembre 2007, lorsqu’elle a attaqué un site nucléaire dans le nord de la Syrie, ses appareils avaient largué accidentellement des réservoirs de carburant sur le territoire turc.

http://blog.mondediplo.net/2011-11-10-Ormuz-detroit-de-la-peur

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:22

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http://www.bastamag.net/article1888.html



Posée dans l’océan Indien, entre Madagascar et le Mozambique, Mayotte est secouée depuis six semaines par une violente révolte sociale : manifestations, barrages routiers, violences contre les personnes, pillage de magasins. Plusieurs personnes ont été blessées, parfois grièvement. Un homme est mort. Si le prétexte de départ est « la vie trop chère », ces émeutes font émerger des problèmes plus profonds.



C’est d’abord contre la vie chère que les Mahorais ont décidé de protester, dans le courant du mois de septembre. Dans cette petite île de 374 km², confetti de l’empire colonial français, les prix sont en moyenne 30 % plus élevés qu’en métropole. Et le Smic local est fixé à 85 % du Smic national. Surnommée « révolte des mabawas » – ailes de poulet en langue shimaoré, aliment très prisé à Mayotte –, la protestation s’est amplifiée et durcie au fil des semaines.

Le 17 octobre, le syndicat FO a signé, avec le Medef local et la grande distribution, un accord sur la baisse des prix des neuf produits de première nécessité, dont le gaz, les mabawas et le riz. Mais cela n’a pas calmé la colère de tous, loin s’en faut. Et les affrontements, musclés, avec la police se sont encore durcis après la mort d’un manifestant, le 19 octobre. Des barrages ont été dressés un peu partout sur l’île. Les batailles à coups de barre de fer et de cocktails Molotov ne sont pas rares. Réprouvés par les syndicats (notamment CGT et CFDT) qui encadrent la grève générale et les manifestations non-violentes, ces barrages sont souvent tenus par des jeunes, dont certains n’ont pas 10 ans.

Expulsés de leurs terres

Menacés de pillage, les commerces ont baissé leurs rideaux. Les stocks ont fondu, l’activité portuaire étant paralysée. L’économie, déjà fragile, de l’île est exsangue. Le secteur du tourisme est quasiment stoppé. Idem pour celui du bâtiment, faute de déplacements possibles vers les chantiers. Plus de 2 000 salariés ont été mis au chômage partiel, sur les 17.000 actifs recensés dans le secteur privé.

Longtemps indifférent, le gouvernement a finalement décidé d’envoyer un négociateur. Comme l’a dit Nicolas Sarkozy en 2010, sous les hourras d’une foule en liesse : « Mayotte, c’est la France. » Opposée à l’indépendance lors du référendum de 1974, tandis que les autres îles comoriennes votaient en faveur de la séparation, Mayotte est devenue en avril dernier, au terme de plusieurs consultations de la population, le 101e département français, et le cinquième département d’outre-mer.

Ardemment souhaitée par une population désirant bénéficier des avantages, notamment sociaux, offerts par la France, la départementalisation pose de nombreux problèmes. La pagaille qui règne désormais en matière de droit foncier est sans doute l’un des plus douloureux. Avec la mise en place du cadastre, de nombreuses personnes dépourvues de titres de propriété formels (et notamment les plus pauvres) se retrouvent expulsées de leurs terres, désormais propriétés de l’État. Pour payer leurs impôts fonciers (inexistants auparavant), beaucoup de Mahorais vont être contraints de vendre des lopins sur lesquels ils vivent, voire cultivent la terre, depuis plusieurs générations. Et pour que les minima sociaux atteignent les niveaux de ceux de la métropole, il faudra patienter vingt-cinq ans. Une éternité quand on a moins de 20 ans, comme 56 % de la population.

La moitié des expulsions françaises ont lieu à Mayotte

Un autre gros souci que la départementalisation n’a pas résolu, et même sans doute accentué, c’est l’immigration. Le statut à part de Mayotte, et son PIB neuf fois supérieur à celui des îles voisines, favorise une forte immigration clandestine. Selon le recensement de l’Insee en 2007, le nombre d’immigrés clandestins – Comoriens pour la plupart – est de 60 000, soit près du tiers des 186 000 habitants de l’île. Pour limiter cet afflux, le gouvernement français a décidé, à partir du milieu des années 1990, de mener une politique musclée de reconduites aux frontières.

Résultat : en 2010, plus de 20 000 personnes ont été expulsées de Mayotte, soit la moitié du nombre d’expulsions opérées par la France cette année-là ! Parmi ces personnes reconduites, des milliers de mineurs. Un droit dérogatoire permet de faire à Mayotte ce qui est interdit en métropole. Denis Robin, conseiller de François Fillon aux affaires intérieures, et négociateur mandaté par le gouvernement pour apaiser la situation, osera-t-il aborder cette question délicate ? Pas sûr. En 2008, alors qu’il était préfet de Mayotte, Denis Robin a encouragé la population à seconder l’État dans sa traque aux clandestins. Ce qui a entraîné une sympathique ambiance de délation…

Vers une économie autonome ?

Les échanges à partir du lundi 7 novembre réuniront Denis Robin, des sénateurs et députés locaux, des maires, le président du conseil général ainsi que des représentants syndicaux. Les négociations n’ont pas pu se tenir lundi : l’intersyndicale a quitté la table car FO, seul signataire de l’accord du 17 octobre, y siégeait aussi. Les négociations risquent en outre de se concentrer sur le volume des aides financières de la métropole, ce qui ne résoudra que partiellement le problème. Puisque, comme l’a souligné le sénateur Thani Mohamed Soilihi, « on a d’un côté des prix élevés et, de l’autre, une insuffisance de ressources » . Parmi les pistes évoquées pour aider Mayotte à relever la tête : le développement d’une agriculture locale, qui permettrait de diminuer le stock des importations. Ou le développement d’un tourisme à haute valeur ajoutée géré par des Mahorais plutôt que par des métropolitains.

La coopération régionale avec les Comores voisines est une autre solution avancée par divers acteurs qui estiment urgent de combler le déséquilibre entre ces confettis frères. Pour mettre fin à la dislocation de l’archipel, d’autres parlent aussi du retour de Mayotte dans le giron des Comores, notamment l’union africaine et... l’ONU ! En 1974, les Nations Unies ont en effet voté une résolution réaffirmant l’intégrité et l’unité de l’Archipel des Comores. Ce que ne manquent pas de rappeler certains manifestants, fatigués par l’attitude de la métropole.

Nolwenn Weiler

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:18

Transcription complète de l’intervention de Noam Chomsky le 2 novembre 2011 à la conférence de Sydney Peace Prize, « Pacifisme Révolutionnaire : Choix et Perspectives », devant 2000 personnes qui lui ont réservé un « standing ovation ».

 

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