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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:31

Agent-Orange-dioxin-skin-damage-Vietnam.jpgLe 3 mai 2011, par l’intermédiaire de la radio vietnamienne La Voix du Viêt Nam  (VOV), le Vice-président de l’Association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange / dioxine (VAVA), TRAN Xuan Thu, annonce que davantage de preuves ont été collectées sur les victimes de la dioxine et qu’elles permettaient d’emprunter une voie juridique différente de celle utilisée il y a sept ans dans le but d’ouvrir une nouvelle procédure contre les États-Unis :


VOV: Est-ce que VAVA a l’intention de poursuivre les compagnies chimiques américaines et lutter pour la justice d’une façon différente de celle entreprise il y a sept ans et qui n’a pas atteint ses objectifs?

M. TRAN: Malgré le temps qui passe, l’association continuera à rechercher la justice par tous les moyens juridiques possibles. Nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire. D’abord, nous exhortons la Chambre des représentants des États-Unis à compenser les victimes américaines et vietnamiennes de AO / dioxine. Et nous demandons au Congrès et à l’Administration américaine d’attribuer des subventions pour l’aide aux victimes. Le verdict de la Cour de New York n’est effectif que dans cet État. Même si ce tribunal a rejeté la plainte déposée par les victimes vietnamiennes, le Viêt Nam peut encore poursuivre dans un autre État des États-Unis. Les préparatifs sont en cours pour la phase finale. Le procès est prévu pour démarrer à la fin de 2011 ou au début 2012.


VOV: Les tribunaux américains ont rejeté une grande partie les preuves fournies par le Viêt Nam dans les procès précédents. Quelles sont les nouvelles preuves avancées?

M. TRAN: Nous avons rassemblé un large éventail de nouvelles preuves pour ce procès. Il ne fait aucun doute que les États-Unis veulent se dérober à leur responsabilité juridique et confiner le procès dans un État qui bloque. Les résultats finaux ne dépendent pas seulement de la défense des accusés, mais aussi du gouvernement étasunien.


VOV: Les maladies liées à la dioxine reconnues par les États-Unis sont très exactement celles que l’on peut constater au Viêt Nam. Sont-elles considérées comme faisant partie d’une nouvelle preuve convaincante pour une autre procédure judiciaire intentée par VAVA?

M. TRAN: Oui, c’est une preuve importante. Les États-Unis ont identifié 15 maladies, le Viêt Nam, 17. Ces maladies sont communes aux victimes des deux pays. Toutefois, les listes fournies par les deux parties ne comprennent pas de nombreuses autres maladies importantes causées par la dioxine, comme par exemple l’immunodéficience, très largement répandue mais qui passe inaperçue car elle n’est pas aussi aigue [et spectaculaire] que les autres pathologies. En attendant, le gouvernement américain a subventionné toutes les victimes américaines qui souffrent d’une maladie figurant sur liste, y compris ceux qui ont perdu 10 pour cent de leur capacité de travail. Cette pratique montre clairement que les États-Unis échappent délibérément à leur responsabilité pour les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange.


VOV: Les États-Unis se sont coordonnés avec le Viêt Nam pour un traitement des questions liées à l’Agent Orange. Toutefois, le versement des moyens financiers est lent. Combien la partie américaine a débloqué jusqu’à présent?

M. TRAN: La partie américaine a réalisé [sans la reconnaître] sa responsabilité sous la forte pression des deux communautés nationales, et celles internationales. Ils reconnaissent les effets néfastes de l’Agent Orange [pour les leurs]. Ceci est considéré comme une première étape dans la lutte pour la justice des victimes vietnamiennes. Les États-Unis ont augmenté l’aide financière d’année en année, passant de 3 millions de dollars en 2007-2009 à environ 15 millions à l’heure actuelle. Mais, autant que je sache, les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars pour soutenir leurs milliers de vétérans victimes de l’Agent Orange, quelle somme devraient-ils allouer aux 4 millions de victimes vietnamiennes… ? c’est encore trop peu en rapport à leurs souffrances. En outre, cet argent promis est alloué à une décontamination partielle de « points chauds » sur l’environnement, mais les États-Unis doivent aussi prendre en charge les victimes…


VOV: Dans une récente interview vous avez dit qu’il y aurait un large éventail d’activités visant à soutenir les victimes, y compris la construction de centres dans les provinces et les villes. Comment avancent ces projets?

M. TRAN: Le 10 août 2009, Journée des victimes vietnamiennes de l’Agent Orange, nous lanceront un programme de collecte de fonds dans le but de mobiliser 64 milliards de Dongs [un peu plus de 2 millions d’euros] en cinq ans. Ainsi, nous aurons assez d’argent pour construire 58 centres d’un coût de 500 millions de Dongs chacun [18 500 euros]. Nous avons déjà construit 12 centres sans compter les 10 autres financés par l’État. Notre projet de construction de ces centres dans toutes les provinces et les villes seront achevés d’ici 2013. Initialement, chaque centre doit prendre en charge des dizaines d’enfants de dernière génération victimes de l’Agent Orange. Nous venons de soumettre un plan au Vice-premier ministre, Nguyen Thien Nhan, pour construire trois grands centres à Hanoi, Da Nang et Ho Chi Minh-Ville pour dispenser des soins aux victimes solitaires et parents des victimes sans soutien familial.


VOV: Quelles sont les activités qui marqueront ce 50e anniversaire du premier épandage d’Agent Orange sur le Viêt Nam ?

M. TRAN. Une conférence nationale est prévue le 10 août pour marquer cet anniversaire. L’événement sera l’occasion pour nous de remercier deux communautés nationales, ainsi que d’autres, internationales, qui aident nos victimes de l’Agent Orange et tiennent les États-Unis pour responsables des conséquences de la guerre. Un large éventail d’activités sera organisé à travers le pays. Une première conférence nationale, début juillet, rendra hommage aux victimes. Une autre, du 6 au 9 août, concernera les premiers soins à donner aux victimes de l’Agent Orange, des visites et des cadeaux seront rendues et données aux victimes. Actuellement VAVA se prépare à ces activités. À partir d’aujourd’hui jusqu’au 10 Août, Hanoi organisera une série d’activités, comme un requiem pour les victimes, une visite au cimetière de Truong Son à Quang Tri, une commémoration à l’occasion du 50e anniversaire de la propagation de l’Agent Orange sur le Viêt Nam (10 août) et des soins médicaux gratuits pour 10.000 victimes.

 

 

 


VOV: Merci beaucoup.

 

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Vue aérienne au Centre du Viêt Nam, mars 1968. La fin de cette guerre visant l’anéantissement total du pays est encore très loin… Défoliations et bombardements aveugles à perte de vue afin que le Viêt Nam “retourne à l’Âge de pierre”, selon le général Curtis E. LeMay, fervent partisan de l’utilisation de la bombe atomique sur ce pays.

Par ailleurs, ajoute VOV, la Fondation Ford et l’Institut américain Aspen ont réaffirmé la nécessité du plan d’aide qu’ils préconisent pour le règlement des conséquences de l’Agent Orange au Viêt Nam. Selon un communiqué de presse de ces deux organisations daté de lundi, une subvention de 1,6 million de dollars de la Fondation Ford permettra à l’Institut Aspen de poursuivre ses activités de soutien au programme consacré à l’Agent Orange au Viêt Nam lancé par le Groupe de dialogue États-Unis/Viêt Nam. Ces activités se concentreront sur la recherche de fonds publics et privés pour régler les effets persistants de l’Agent Orange, ainsi que sur l’appel aux spécialistes afin que les projets au Viêt Nam puissent répondre aux besoins des victimes. En juin 2010, ce Groupe de dialogue avait préconisé un plan de mobilisation de 300 millions de dollars pendant dix ans pour aider le Viêt Nam à régler les conséquences de l’Agent Orange. Ces derniers temps, la Fondation Ford et l’Institut Aspen ont joué un rôle central dans l’élaboration d’un programme caritatif bipartite, afin d’améliorer les connaissances des décideurs politiques américains en la matière. Lancé en 2007 et co-présidé par Walter Isaacson, l’Institut Aspen et le Groupe de dialogue a appelé au soutien des efforts visant à régler les séquelles sur l’homme et l’environnement provoqué par ce poison utilisé durant la guerre au Viêt Nam. En 12 ans, la Fondation Ford a octroyé 17 millions de dollars pour appuyer les efforts de règlement des conséquences de l’Agent Orange au Viêt Nam.

Le 16 mai, vietnamplus informe qu’une étude du Centre médical chargé des problèmes que connaissent les vétérans de l’État de Louisiane (États-Unis) établissait une relation entre l’Agent Orange et le cancer du rein. Il y aurait donc un lien entre le défoliant et le cancer du rein chez les anciens combattants américains exposés à l’Agent Orange au Viêt Nam. Les chercheurs ont examiné les données de 297 patients souffrant d’un cancer du rein pour la période 1987-2009 et constaté que des patients, âgés de 39 à 63 ans quand ils avaient été diagnostiqués, avaient été exposés à l’Agent Orange. Lors d’une conférence de presse tenue le 13 mai 2011 suite à la réunion annuelle de l’Association d’urologie des États-Unis à Washington, le docteur Anthony Y. Smith a déclaré: “Nous savons que l’Agent Orange contient des produits chimiques extrêmement toxiques, et ceux-ci sont connus pour être hautement cancérigènes. Les chercheurs continuent leur travaux pour pouvoir affirmer avec certitude que l’exposition à ces produits chimiques constitue un facteur de risque de cancer du rein”, a-t-il ajouté. Ces dernières années, l’Institut de Médecine relevant de l’Académie nationale des sciences des États-Unis a confirmé qu’il y avait un lien entre l’Agent Orange et plusieurs maladies, dont les leucémies lymphoïdes ou les sarcomes des tissus mous.

Le 29, world.kbs.co.kr relate la vive polémique autour de la révélation sur l’enfouissement de défoliants par l’armée américaine dans le sol sud-coréen. L’affaire a éclaté après la diffusion, le 16 mai, par KPHO-TV, une chaîne américaine, et les témoignages de trois anciens soldats américains qui ont servi dans les années 1970 dans la base de Camp Carroll, à Chilgok, au sud-est du pays. Steve House, l’un des témoins, a affirmé qu’il avait enseveli des barils de 200 litres sur lesquels étaient inscrits Composé Orange Vietnam. Robert Travis, se souvient, quant à lui, de 250 containers qu’il avait fait rouler un par un pour les enterrer. KPHO-TV qui a diffusé ces témoignages a évoqué le risque de l’éventuelle contamination des eaux souterraines. Depuis, la société sud-coréenne est sous le choc et s’inquiète que les autres bases militaires américaines connaissent le même problème. Les défoliants étaient utilisés comme arme chimique quand l’armée voulait faciliter le combat en zone forestière ou priver son ennemi de nourriture. L’usage de cet herbicide hautement toxique provoquant cancers ou dérèglements du système nerveux, entre autres. De nombreux vétérans qui ont participé à la guerre du Viêt Nam souffrent aujourd’hui encore des effets secondaires. La récente enquête épidémiologique menée auprès des habitants de Chilgok qui montre une mortalité due aux cancers et maladies neurologiques relativement élevée vient renchérir la préoccupation des Sud-Coréens sur la contamination des sols et nappes phréatiques par l’Agent Orange. Ainsi, les autorités sud-coréennes se sont empressées d’entamer une évaluation environnementale urgente dans cette région. Et les gouvernements sud-coréen et étasunien se sont mis d’accord pour mener une enquête conjointe. Ils vont ainsi créer une équipe d’investigation officielle qui sera opérationnelle dès la semaine prochaine, lorsque des experts américains arriveront en Corée du Sud. Par ailleurs, l’Institut national de recherche environnementale (NIER) a relevé, le 27 mai, des échantillons d’eaux souterraines dans dix endroits différents aux environs de Camp Carroll [lire sur Mondialisation.ca. l’article du 8 juin 2011 http://www.mondialisation.ca/50-me-anniversaire-du-premier-pandage-d-agent-orange-au-vi-t-nam/25180 ]. Les investigations conjointes sont donc bien entamées. En tout cas, la coopération des autorités américaines est inhabituellement prompte, si on considère qu’elles se montraient jusqu’à maintenant plutôt réticentes à coopérer lorsque surgissait un problème qui impliquait un GI ou une base. Selon certains, c’est parce que les Américains redoutent que l’affaire de l’Agent Orange provoque une fois de plus un ressentiment anti-américain chez les Sud-Coréens. En effet, dans le passé, l’image des États-Unis a été mise à mal par certaines affaires. La mort de deux collégiennes percutées par un char américain avait été en 2002 à l’origine de grandes manifestations anti-américaines. La transparence des autorités des deux pays dans les investigations décidera du sentiment du peuple sud-coréen.

Le dernier jour de ce mois de mai 2011, vietnamplus rapelle qu’il y a bien eu épandage d’ « Agent Orange » par l’armée américaine en Corée dans la zone démilitarisée (DMZ) au milieu des années 1950 [« Agent Orange » est ici employé en terme générique: à cette époque il s’agissait des Agents Pourpre, Vert et Rose, contenant davantage de dioxine que n’en renfermera l’Agent Orange lui-même], affirmation constaté par un sergent-chef de l’armée sud-coréenne, rapporte lundi l’Agence de presse sud-coréenne Yonhap. Eum Do-nam, militaire sud-coréen à la retraite âgé de 77 ans, a déclaré que des avions de l’armée américaine ont répandu trois ou quatre fois par mois de l’ « Agent Orange » dans la DMZ en 1955 [et aussi en juillet 1968, lire le livre Agent Orange-Apocalypse Viêt Nam, p. 152] alors qu’il était en poste à proximité de cette dernière. Il a affirmé que ces épandages n’ont été effectués que par l’armée américaine sans aucune participation de l’armée de son pays. De fait, cet ancien militaire dont les doigts sont déformés et la jambe gauche paralysée depuis 20 ans a été reconnu, en 2007, victime de l’ « Agent Orange ». Ce rappel d’information a été communiquée alors que l’enquête conjointe entre la République de Corée et les États-Unis dans le cadre d’une plainte sur l’enfouissement d’ Agent Orange par l’armée américaine sur le territoire sud-coréen il y a de plus de trois décennies est accélérée. Le même jour, la République de Corée et les États-Unis ont prélevé des échantillons d’eau et de terre en 15 endroits différents à proximité de la base militaire américaine de Carroll (Chilgok, environ 216 km de Séoul) pour analyse. Auparavant, les enquêteurs des deux pays ont analysé plusieurs autres échantillons de terre prélevés sur quatre autres sites. Pour les besoins de cette enquête, le ministère sud-coréen de la Défense a créé un groupe spécial pour étudier l’environnement de 85 anciens sites militaires américains. L’information que des barils d’Agent Orange sont enfouis sur le territoire sud-coréen depuis plus de 30 ans a inquiété l’opinion sud-coréenne. De nombreuses études scientifiques ont démontré que les militaires comme la population civile qui ont été en contact avec ce défoliant toxique sont atteints de maladies – dont divers types de cancer – et que leur descendance est frappée de malformations congénitales et de troubles fonctionnels.

 André Bouny

p.-s. actualité : http://roadsmag.com/187958676565/

André Bouny, pt du Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange, auteur de « Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam », Éditions Demi-Lune, 2010, Paris :http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html#Description-du-livre

 

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Published by valenton rouge - dans Monde
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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 09:57

usa.png"La servitude consiste à dépendre de lois injustes ; la liberté de lois raisonnables." - Antoine de Saint-Just - 1767-1794 - Théorie politique

 


Actuellement, nous pouvons constater une précipitation formidable concernant la détérioration de la situation mondiale que ce soit au niveau économique, culturel, social et même sécuritaire. La communauté internationale se défait, c’est du nouveau déjà , alors que pour la première fois dans l’humanité et à travers l’ histoire, nous avons actuellement, la possibilité de répondre aux besoins matériels de toute l’humanité , par contre, seules environs quelques multinationales contrôlent plus que la moitié en % du PIB (1) mondial, ils ordonnent, ils donnent et ils dictent leurs lois aux Etats mais ceci n’est qu’un bref aperçu plutôt matériel mais ce qui nous importe le plus ce sont les valeurs humaines qui sont en train de subir les contre coups de ces nouveaux maitres du monde.

Que sont devenues les valeurs universelles et les principes démocratiques que les USA et l’Europe sensés représenter la communauté internationale, fredonnent et se font très souvent honorer et valoir d’avoir fait émerger ces valeurs et principes universels. Pour un simple petit exemple, Comment peut-on arriver à un tel degré d’horreur et de bestialité ?! Comment les psittacismes peuvent-ils accepter les atrocités de ces bourreaux( chouchou des anti Assad) assoiffés de sang, ces dépeceurs, ces égorgeurs, ces génocidaires, ces pillards de l’ASL qui ont enfanté Al Nosra (branche d’El qaida), les sionistes, les occidentaux, les orbanes, les USA les qualifient de « révolutionnaires, résistants, opposition démocratique, libérateurs et je ne sais quoi encore » ?

C’est de l’immoral. C’est du criminel … .De cet état de fait, le monde occidental pharisien, n’a pas tardé de mettre sur pied des organismes qui veillent à la conformité de ces sacro-principes, tels les ONG du droit de l’homme-les médecins sans frontières- Reporters sans frontières -T.P.I (2) pour que la liberté et la justice soient le parrain principal de tout pays en les bafouant bien sur et de plus près Messieurs !

Un peu partout dans ce monde occidental qui se dit civilisé, et qui s’est fait enraciner et porteur de valeurs humaines, c’est un monde devenu hautain et arrogant, il assiste à autant de dénégation démocratique et de responsabilité.

Il ne se passe pas un jour sans que ces pays dit civilisés ne commettent des actes contraires aux dites valeurs universelles. C’est lorsque leurs intérêts propres se trouvent mis en jeu , Ils n’ hésitent pas d’ engager pour leur propre et unique profit des mesures d’exceptions qui deviennent règles systématiques comme le cas du « terrorisme », la « xénophobie » « les deux poids deux mesures » « le mensonge » « l’ ingérence humanitaire » « le racisme », ….et de justifier que leur état de droit et de loi devient plus exceptionnalisme. ’Ce qui paralyse le travail de la communauté internationale en l’occurrence l’ONU et ses structures en plus du double langage que pratique l’Occident aujourd’hui. Les Etats-Unis se posent en garants de valeurs humanistes et c’est bien sa force matérielle qui se métamorphose en un droit plus que divin comme une « épée de Damoclès » pour le reste du monde, alors les USA se permettent la pratique de la torture ( Guantanamo-prisons secrètes- abou Gharib- Afghanistan….) au nom de sa propre conscience qui lui tolère de statuer que le « bien » (valeur) est son propre et principal intérêt ,même si cet intérêt représente un mal. L’Union européenne s’exalte également d’être le berceau des droits de l’homme, mais affame la planète en soutenant la production de biocarburants (3). Tout cela débouche sur le fait que le Sud refuse aujourd’hui toute crédibilité à l’Occident.

L’ONU mène par le biais de la première puissance (USA) une politique d’échecs en échecs puisqu’elle est au service des Grands. Ses principales missions non accomplies sont :

- d’assurer la sécurité collective de la planète,

- d’aider au développement de tout pays

- de promouvoir les droits de l’homme dans l’ensemble des quatre coins de la planète.

« Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les Etats-Unis ». - Ernesto Che Guevara - 1928-1967

Les USA déclenchent des guerres préventives au nom d’une intention et ils pratiquent d’un côté la torture ,de l’autre côté la misère qui ne cesse d’ augmenter et ce sont désormais des centaines de milliers de personnes qui meurent tous les jours de faim et de maladies ou de ses suites immédiates à cause, entre autres, de la spéculation boursière sur uniquement les aliments et les agrocarburants sans mentionner les autres secteurs de production. Ce n’est plus une valeur humaine mais une haine de l’Occident ; en dehors évidemment de la haine pathologique propre aux terroristes, mais à la haine raisonnée de ces pays dit civilisés.

Il n’y a pas bien longtemps, les êtres humains du Sud mouraient sous l’esclavage, la colonisation, l’exploitation et l’oppression ; aujourd’hui, ils meurent sous le capitalisme et l’ultra libéralisme ou la globalisation ; alors que l ONU fait semblant d’accepter ou enfin d’entendre les plaintes du Sud, les valets de pied de ce monde ne font qu’enjoliver l’éléphant et piétinent la fourmi et le maitre (USA) impose sa nouvelle règle qui est : « faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais ».

« Ceux qui cherchent à imposer leurs vérités, comme dans bien des textes européens, sans aucunement se soucier des réactions qu’elles entraînent ou entraîneront, portent à la démocratie des coups sévères. » - Anne-Cécile Robert - Manière de voir, Le Monde Diplomatique, octobre - novembre 2005

La démocratie, les élections et le terrorisme ou l’art nouveau de la surpuissance permettent dans un sens d’intérêt égoïste de provoquer des peurs(valeur paternaliste) dans le but de se maintenir au pouvoir et de mettre des laquais à sa disposition comme gardes chiourmes ; qu’ils soient dictateurs. autocrates, despotes, dominateurs, oppresseurs, tyrans, l’Amérique n’a pas d’amis, elle a que des vassaux… et c’est de deux choses l’une :

- soit on regarde ou on analyse le terrorisme comme une espèce de puissance du mal, venu d’ailleurs et utilisé à des fins politiques, Ben Laden était un mauvais Moudjahid lors de la libération de l’Afghanistan des Soviétiques (anticommunisme), après le mur de Berlin et le 11 septembre ; ensuite il est redevenu un bon terroriste, idem pour Abel Hakim Belhadj un terroriste reconverti en un super djihadiste en Libye , toute explication s’escamote devant un jugement de valeur, d’ailleurs tous les pays du monde après la compassion et l’apitoiement de l’événement du 11septembre, ont donné le feu vert aux USA au nom de la dialectique de la paix et de la démocratie : « celui qui n’est pas avec nous est contre nous » , l’occasion recherchée pour se déchainer yeux fermés et bouche ouverte sur un petit pays qui est l’Afghanistan…

- soit on va voir un peu au-delà de l’axe du bien et du mal (théorie de jugements et des mensonges des ultra conservateurs) pour punir l’Irak, suite à 15 ans d’embargo sauvage pour mieux et bien l’affaiblir .

Le terrorisme est considéré comme une réponse tant recherchée pour mieux exécuter la loi du talion (4) c’est-à-dire d’agir sur l’axe du mal par le mal, c’est comme l’ombre d’un système de domination, ce qui veut dire un système hégémonique prônant ses propres principes démocratiques, c’est a dire totalement contraire à ses actes( cas de l’Irak). N’est-ce pas au nom de la lutte contre la terreur que les pays occidentaux + USA imposent une forme de terreur sécuritaire ? C’est cela qui me fait dire que le terrorisme est une méchante bête bien confectionnée par les USA, donc il faut soit la tuer soit mettre des mesures de préventions draconiennes limitatives de liberté. Des mesures discriminatoires et autoritaires prises à l’encontre des ROMS (5) en Italie et en France au nom de la CEE ainsi que les sans logis ou les demandeurs d’asiles, des scanner qui transpercent l’intimité des personnes aux postes des frontières…. Ils ne se privent pas de piétiner l’esprit et la lettre de ces valeurs et principes contenus dans les textes les plus fondamentaux : textes sacrés,constitution, loi fondamentale, conventions, protocole international, chartes des Nations Unies...

Au début du millénaire, les responsables politiques européens avaient eu le courage et la loyauté politique de sanctionner le gouvernement autrichien de « Jorg haider » pour avoir violé ces mêmes principes et valeurs conformément aux dispositions idoines du traité de l’U.E (6).

Les sociétés dites civilisées au siècle passé, durant les années 50 ;leurs sociétés misaient sur la stabilité, la conformité aux rôles, l’obéissance et le respect de l’ autorité . Avec l’évolution de la société durant les années 60 ; une poussée extraordinaire se faisant sentir pour une meilleure confiance en l’avenir, la liberté et la démocratie étaient des étalons mesures de valeurs sociales. Pendant la décennie 70 ; déjà les valeurs traditionnelles des sociétés européennes commençaient à faire apparaitre des fissures pour un éventuel éclatement ,le bonheur matériel,la libération sexuelle et une forte demande de plus de liberté ceci s’est manifesté très vite à un réalisme absolue des membres de la société européenne qui s’est exprimé par un individualisme exceptionnel . La décennie 90 c’était déjà la mondialisation, la compétitivité féroce sur tout ce qui se présentait sur le marché, ainsi que l’émergence d’une société multiethnique.

Enfin pour ce qui est de l’actuelle décennie 2000, la liberté, l’autonomie, le respect, la société de l’information et la socialisation sont ces nouvelles valeurs et principes qui font la une du listing de la demande de l’ensemble des pays de la planète.

C’est une brève rétrospective des sociétés dites civilisées ,actuellement les valeurs sont des choses importantes, essentielles et bonnes pour l’homme et pour la société universelle et que partage tous les êtres humains, tous les peuples les valeurs sont nécessaires, universelles, raisonnables et morales et sont composées de croyances, d’aspirations, d’options, d’idées ,de sentiments de principes dans lequel se reconnaisse par principe et par lequel s’exprime une collectivité humaine et inter culturelle. Les sociétés dites civilisées qui respectaient les valeurs étaient prospères, celles d’aujourd’hui, refusent catégoriquement la société interculturelle, ou, le racisme, islamophobie (7) ,arabo phobie,…et bien d’autres phobies qui prennent naissances et se formes et se nourrissent aux USA et dans les pays européens.

« Je crois, juridiquement parlant, qu’il y aurait des motifs sérieux pour inculper à chaque président des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. Ils ont tous été soit de véritables criminels de guerre, soit impliqués dans de graves crimes de guerre. » Noam Chomsky - né en 1928

C’est une image frauduleuse et trompeuse de ce qui est appelé démocratie occidentale ces actes contraires aux valeurs et aux principes sont effectivement médiatisés en tant que cas isolé mais leurs répétitions ne dérangent guère les medias pour ne pas responsabiliser le système , des cas de l’une des institutions les plus ségrégationnistes où les tortures et sévices s’avèrent être des pratiques systématiques de l’armée américaine et les révélations à ce sujet auront un effet dévastateur, et à long-terme les exemples datent depuis la seconde guerre mondiale :

-"les GI’S ou la face cachée des libérateurs (8)" pour dénoncer les exactions, meurtres et viols commis par les GI’S en Europe de 1942 à 1945, loin des films de propagande officielle des armées montrant les GI’S accueillis partout comme des libérateurs. Les archives des tribunaux militaires américains (archives inexploitées depuis plus de soixante ans), des témoignages poignants de survivants et des documents d’époque marqués "confidential", "restricted" ou "classified", à partir d’archives il en ressort que des dizaines de milliers de femmes et enfants auraient ainsi été victimes des viols commis par les GI’s en Angleterre, en France et en Allemagne. Sans compter les meurtres, les mutilations, les enlèvements, le chantage, le pillage, le grand banditisme...

« L’affaire du Coran profané Mai 2005 » :

Fin 2001, les premiers prisonniers de Guantanamo ont été fait en fin 2001, (centre de détention américain le plus contesté). C’est l’affaire du Coran profané qui suscitera la plus importante réaction à travers le monde musulman, un article de Newsweek de l’époque (9) révélant que des interrogateurs de Guantanamo « pour chercher à faire craquer des suspects, ont jeté un Coran dans les toilettes ». Des rumeurs qui se sont avérées exactes, de mauvais traitements et de tortures ont été régulièrement enregistrés.

Les USA ont détruit leur image et leur stature de pays de la « première "démocratie de la planète »" ou sa rationalité était universelle et sa morale indispensable, pour apparaitre avec leurs nouveaux actes contraires aux valeurs et aux principes universels ,et devenir en fin de compte, un empire totalitaire, méprisant le droit international, et dont les méthodes sont comparables en bien des points à celles des nazis : invasions, guerres préventives, et occupation illégale de pays souverains, politique de la terreur et de la domination absolue, mépris des conventions de Genève, assassinat de journalistes, arrestations arbitraires, camps de concentration (Guantanamo), et pratique systématique de la torture... retour à la loi de la jungle…le plus fort impose sans aucune restriction sa loi et le plus faible ne fait que se soumettre et se résigner devant cette partialité devenue obligation et se prononcer en devoir .

Pour retrouver les valeurs et principes universels, et le statut de démocratie ou de « gouverne bien et juste », les Etats-Unis devront juger W.W.Bush pour crimes de guerres et crimes contre l’humanité, ainsi que les concepteurs de ces atrocités (Rumsfeld, Wolfowitz, Cheney...) . L’ancien président américain Jimmy Carter a accusé l’administration Bush pour ce qui concerne les prisons secrètes américaines, de saper les références morales sur lesquelles se fondent la politique étrangère des Etats-Unis depuis des décennies. Un changement profond et radical dans les mesures ou dans les valeurs morales se sont opérées dans l’administration US. La chaine américaine CBS (10) annonçait la couleur du crime le 28 Avril par la diffusion d une série de photos prises sur des prisonniers irakiens par GI’S US. Le peuple américain avait découvert des scènes d’humiliation contraires aux valeurs de l’Amérique, avec une grande méprise sur une photo qui montre des prisonniers irakiens, nus la tête encagoulée, empilés pour former une pyramide inhumaine, et dont l’un des GI’S ayant une injure en anglais inscrite sur sa peau.

D’autres clichés montrent des irakiens nus contraints de simuler des actes sexuels enfin des scènes incroyables mesurant le dégout ; les horreurs, l’abomination,les atrocités, les cochonneries,les crimes, la cruauté, la haine, la honte, la méchanceté, la monstruosité, la répugnance. Les maitres US et les faiseurs GI’S d’actes odieux croyant bien faire se sont démasqués aux yeux de l’opinion mondiale les plus méprisés.

Un homme nu que l’on a obligé à se tenir pendant plusieurs heures debout sur un tabouret, la tête cagoulée noire pointue ;des fils électriques attachés aux membres. Selon CBS, c’est un pari de GI’S, ils avaient misé (pari) par suite à son électrocution s’il tombait ou bien rester debout sur son tabouret. C’est en 2003 dans la prison d’Abou Ghraib des photos montrant des humiliations à caractère sexuel infligées à des prisonniers irakiens par leurs geôliers américains, humilier son ennemi, le rabaisser, le déshumaniser c’est le paroxysme de ces actions immorales et dégoutantes.

Les justifications se manifestaient après ses horreurs pour blanchir l’institution "Les actes honteux de quelques-uns ne représentent pas les 99% de nos hommes et femmes en uniformes qui servent superbement", a souligné le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan pour justifier l’injustifiable, les photos ont pu être vues dans tous les pays musulmans, notamment sur la chaîne Al-Jazira et autres qui les ont diffusé en ouverture de leurs bulletins d’information tout au long de la journée pour mieux nous instruire que les USA sont les maitres du monde et sont capables de faire l’impensable donc une et une seule leçon à retenir que le reste du monde sache et doit être « au garde à vous » ,à la disposition US.

« Des doigts tranchés en guise de trophées Novembre 2011 »

Un GIS a été condamné pour avoir tué sauvagement des civils afghans désarmés et avait tranché des doigts sur leurs dépouilles en guise de souvenir ou autres faits bizarres et inhumains. Sur des photographies montrées, on voit l’officier et d’autres soldats poser, l’air je m’en foutiste, autour de cadavres ensanglantés d’Afghans.

« Des soldats US qui urinent sur des cadavres humains »

Après Guantanamo, Bagram, Black Water voilà ce nouveau scandale des attitudes condamnables de la part des hommes qui la font. Mais chaque fois, l’image choque,sur Internet une vidéo montrant quatre militaires américains en train d’uriner sur trois corps inertes, ensanglantés présentés comme des insurgés talibans, La scène se déroule en Afghanistan.

Une puissance mondiale qui pour avoir piétiné allègrement les valeurs universelles dont elle se réclame a perdu toute légitimité et le bien-fondé,le mensonge est devenu pour elle sa vérité,la corruption est devenue une valeur marchande pour soudoyer tout adversaire. Comme elle n’a plus d’ennemis clairement définis, elle s’en ai créé des virtuels : l’Afghanistan, l’Irak de Saddam et bien sûr le terrorisme, un concept flou, insaisissable, non définissable mais commode, car on peut y voir la puissance du mal par excellence. Le problème c’est qu’aujourd’hui, le mal est en grande partie virtuel, on le voit bien en Irak, dont les armes de destruction massive n’ont après tout jamais été retrouvées. Le pire c’est qu’en prétendant combattre ce mal, on crée des foyers d’infection partout : Afghanistan, Irak, … Comme si le système créait sa propre fuite en avant… Les réactions ont continué à se multiplier à travers le monde. A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé que des sanctions pénales soient prises si et seulement si les sévices étaient avérés exacts, le culot qui a atteint son paroxysme !

Les Etats-Unis sont en train d’attiser la haine dans le monde musulman. Les actions très brutales et inhumaines des soldats américains sont un plan systématique pour humilier les arabes et musulmans, les tuer, les violer. C’est monstrueux. Est-ce la manière de construire la démocratie en Irak ou ailleurs ? Personne ne croit à ça à part les pays du golfe !... La politique américaine provoque la haine dans tous les pays islamiques et même autres. Nous sommes au bord d’arriver à un choc des cultures et c’est très dangereux , aucune suite n’a été entamée, l’absence des ONG veut dire bien des choses, semblable à un Ban Ki-moon du Liban, il se fait des soucis sur une centaine de syriens réfugiés au Liban, mais ne voit pas les centaines de milliers de palestiniens réfugiés, la Syrie abrite également des réfugiés palestiniens et irakiens en dizaine de milliers mais il les ignore, son agenda est tracé par les sionistes, ce double langage (nouvelle valeur) du premier représentant de L’ ONU veut dire que la faillite du monde est pour bientôt.

"Des deux hommes qui ont dominé le dix-huitième siècle, Jean-Jacques a plus fait pour la révolution, Voltaire pour la civilisation." - Victor Hugo - 1802-1885 - Choses vues

Je le dis, je le répète et j’acclame haut et fort au monde entier, la résistance( hommes libres) existe et durera dans le temps, en se renforçant sur le plan du nombre, du matériel et de la préparation et des idées . Elle est de plus en plus convaincue de la justesse de ses choix et de sa cause (valeurs humaines), car elle en a fait l’expérience au Liban, en Palestine et en Irak, ainsi que dans toutes les régions du monde qui ont vécu l’occupation.

La Palestine est sous occupation depuis des décennies. A quoi a servi le fait de miser sur de faux jetons comme la Ligue arabe, les Nations unies, l’Union européenne, le Conseil de sécurité, l’OCI et autres organisations prônant la justice et le bien fondé et faisant le contraire ? Des milliers de Palestiniens croupissent dans les prisons israéliennes, un soldat israélien capturé a fait rejaillir tant de volcans, des millions de réfugiés palestiniens sont éparpillés dans le monde et la Palestine est toujours occupée, alors que la Jérusalem des chrétiens et des musulmans est salie par les sionistes qui la judaïsent. Et personne ne réagit enfin il y a la résistance Dieu merci elle a bien libéré le sud du Liban, Gaza, et l’Irak et demain la Palestine incha Allah !

La démocratie, la justice, les valeurs universelles, la culture politique et bien d’autres principes , je dois dire qu’ aujourd’hui , que ces machins me font penser à des outils d’oppression semblable à l’esclavagisme d’hier de l’époque de la traite négrière .Je pourrais avancer en disant qu’aucun système politique actuel n’est moralement imposable aux autres ,que seul la manière et la façon dont un peuple applique un système peut compter .Les pays les plus démocratiques ne sont donc pas forcément bons comme on nous le dit ou nous le fredonne et les pays non démocratiques ne sont pas forcément mauvais quand la liberté est garantie .La manière de transformer cette « démocratie » en je ne sais quel nouveau système salvateur de l’ humanité car après Bush de nouveaux apôtres occidentaux impérialistes verront le jour, si ce n’est OBAMA...

 

Benallal Mohamed
Ancien Magistrat à la Cour des Comptes

 

http://www.reflexiondz.net/L-ONU-endimanche-l-oncle-Sam-et-l-imperiali...

________________

1 http://www.drmcc.org/IMG/pdf/41b386fb39f0e.pdf
2 Tribunal pénal international http://fr.wikipedia.org/wiki/Tribunal_pénal_international.
3 Les biocarburants c’est bien, mais il faut nourrir les populations ...
http://www.greenetvert.fr/2010/03/23/biocarburants-contre.../994.23 mars 2010 – Mais faut-il pour autant sacrifier l’autosuffisance alimentaire sur l’autel ... L’ équation était simple : biocarburants = développement économique.
4 La Loi du talion, une des plus anciennes lois existantes, consiste en la juste réciprocité du crime et de la peine. Cette loi est souvent symbolisée par l’expression Œil pour œil, dent pour dent.
5 "Une violation aggravée des droits de l’homme." C’est de cette façon que le Conseil de l’Europe a qualifié l’expulsion collective de Roms par la France, à l’été 2010. Ces expulsions étaient "discriminatoires" et "contraires à la dignité humaine" car basées sur l’origine ethnique des personnes concernées, a précisé l’organisation européenne.
6 http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_européenne. L’Union européenne (UE), est une association sui generis de vingt-sept États européens qui délèguent par traité l’exercice de certaines compétences à des…
7 http://fr.wikipedia.org/wiki/Islamophobie.Le terme « islamophobie » est un néologisme qui désigne la peur et les préjugés à l’encontre de l’islam et par la suite la peur et le rejet des personnes de ...
8 GI’s, la face cachée des libérateurs
http://www.program33.com/gis-la-face-cachee-des-liberateurs/GI’s, la face cachée des libérateurs. Soixante ans après la Libération et au risque de ternir l’image heureuse des GI’s, ce documentaire lève le voile sur une face ...
9 "Newsweek" présente ses excuses dans l’affaire du Coran profané ...
www.lemonde.fr › Asie-Pacifique."Newsweek" présente ses excuses dans l’affaire du Coran profané. LEMONDE. FR Avec Reuters et AFP | 16.05.05
10 Etats-Unis : Torture et sévices en Irak, et ailleurs...http://www.syti.net/Kiosque/Kiosque_TortureUSA.html (AP)

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 09:17

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Turquie : Communiqué du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme (PADS)

 


Le 4 juin 2013, exprimant sa solidarité avec le peuple de Turquie en lutte contre la répression et l’autoritarisme du gouvernement de l’AKP, le PADS a publié le communiqué suivant :

"Les communistes algériens condamnent avec force la répression sauvage des manifestants du Parc Gezy Taksim d’Istanbul et de nombreuses autres villes de la Turquie par le gouvernement d’Erdogan, répression qui a fait des centaines de blessés et auxquels de sérieux traumatismes ont été infligés.

"Ils expriment leur solidarité avec le peuple, les jeunes et les travailleurs turcs qui manifestent leur opposition à la politique réactionnaire et les tendances obscurantistes du gouvernement d’Erdogan au service de la grande bourgeoisie turque et de l’impérialisme.

"Ils expriment leur soutien à leurs camarades du parti communiste turc dont le siège central a été violemment attaqué par la police et dont 500 de ses cadres et membres ont été blessés sans compter le nombre important de ceux qui ont été arrêtés ou enlevés. Ils dénoncent avec indignation l’attaque menée contre le centre culturel Nazim Hikmet, symbole très fort de la lutte des masses laborieuses turques pour la démocratie et le progrès social, contre l’exploitation et la soumission à l’impérialisme.

"Ils appellent tous les progressistes algériens à se solidariser par tous les moyens avec le peuple turc, à dénoncer la répression et à dévoiler auprès des citoyens algériens le vrai visage des forces qui camouflent sous le voile de l’Islam leur inféodation aux classes exploiteuses, affairistes, parasitaires, à la botte de l’impérialisme qui a mis la région à feu et à sang avec la complicité de ses féaux de l’AKP.

 

Parti Algérien pour la démocratie et le socialisme

4 juin 2013

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 09:00

arton1348-074e7.jpgCOMMUNIQUE DU PARTI COMMUNISTE GENEVOIS (PCG)

 


Ensemble, stoppons la marche à l’intervention impérialiste contre la Syrie !

 


On se souvient du mensonge concocté par Bush à propos des « armes de destruction massive » prétendument possédées par Saddam Hussein : ce mensonge a permis à l’US Army de pulvériser la nation irakienne en provoquant en outre une guerre civile atroce qui n’a d’ailleurs pas encore cessé.

Voilà maintenant que, « renseignée » par des « journalistes » du « Monde », l’équipe Hollande-Fabius diffuse, de concert avec l’Anglais Cameron, de prétendues « révélations » sur l’utilisation militaire des gaz par « le régime » de B. El Assad. Même Obama affiche ses doutes sur ces « révélations », et cela d’autant plus que des journalistes indépendants ont montré que les rebelles djihadistes sont suspects d’utiliser l’arme chimique contre les populations fidèles au « régime ».

Mais qu’importe, les puissances européennes se souviennent du « bon temps des colonies », quand Londres et Paris parlaient en maîtres à Damas, Beyrouth, Le Caire ou Tripoli. Poussé par le « philosophe » BHL… et par les magnats du pétrole, le boutefeu Fabius prépare une intervention imminente contre un Etat souverain, qui n’a jamais menacé le peuple français, qui s’affirme laïque, proclame l’égalité hommes/femmes et qui a surtout le « tort » d’avoir nationalisé ses ressources minérales.

Cette même Europe officielle si soucieuse des « droits de l’homme » courtise le Qatar et les Emirs du Golfe qui discriminent les femmes, imposent la Charia, écrasent le mouvement ouvrier, financent le terrorisme au Mali… et « sponsorisent » le foot professionnel de plusieurs pays « européens » à la dérive !

Dans ces conditions, • Parce que le « droit d’ingérence humanitaire » inventé par plusieurs pays au Conseil de Sécurité de l’ONU n’est qu’un prétexte visant à justifier des guerres de reconquête néocoloniales • Parce que l’émancipation du peuple syrien ne peut être que l’affaire des Syriens eux-mêmes, spécialement de la classe laborieuse syrienne, et que la révolution sociale en Syrie ne peut provenir ni des bandes djihadistes dirigées depuis Riyad ni des bombardiers dépêchés par l’OTAN • Parce que les communistes Suisses – du moins les vrais - sont naturellement solidaires du PC syrien qui, tout en adressant des critiques à Assad, appelle à défendre la souveraineté de la nation syrienne, dénonce l’intervention étrangère et dénonce les conflits religieux manipulés par les services occidentaux • Parce qu’au-delà de la Syrie, les Etats de l’OTAN veulent faire main basse sur le « Grand Proche Orient », isoler la résistance palestinienne, conforter l’Etat colonialiste d’Israël, préparer l’invasion de l’Iran, provoquer la Russie alliée à Damas au risque de provoquer une troisième guerre mondiale • Parce que les mêmes gouvernants qui, en Europe, sabrent nos retraites, nos services publics, nos salaires au nom de la « rigueur », trouvent aussitôt des milliards quand il s’agit de déstabiliser, de provoquer et de bombarder un pays souverain • Parce que l’expérience a montré que la « libération de la Libye » par Cameron/Sarkozy a plongé ce pays dans le chaos tout en livrant le Mali voisin à la guerre civile et à l’occupation étrangère • Parce que, comme le disait Lénine, « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre » • Parce que les guerres néocoloniales ne font que renforcer ceux qui en Suisse, au nom de l’Europe atlantique, détruisent la souveraineté et les acquis de notre peuple

Le Parti Communiste Genevois « Les Communistes « 

• Condamne avec dégoût les « journalistes » du « Monde » qui, au mépris de toute déontologie, se sont mués en agents de renseignements d’un gouvernement en quête de prétextes guerriers • Appelle à combattre l’orientation social-impérialiste des gouvernements européens qui continuent une politique réactionnaire au détriment des vrais intérêts nationaux et sociaux de nos peuples • Appelle les progressistes à agir ensemble contre la marche à la guerre. Sans renoncer aux appréciations que nos organisations peuvent respectivement porter sur le gouvernement syrien, sans faire des divergences existant sur ce point un préalable à l’action commune, décidons ensemble de soutenir des manifestations unitaires pour la paix et contre l’austérité

NON à l’ « union sacrée » autour des guerres impérialistes à répétition.

Souvenons-nous que l’impérialisme est l’ennemi principal de tous les peuples, y compris du peuple Suisse !

Union, action pour défendre la souveraineté des peuples, la paix, les acquis sociaux !

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 08:19
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Les installations américaines de défense antimissile Patriot à Osan, au sud de Séoul. 
Photo Lee Jae-Won / Reuters
 
 

 

 

On assiste actuellement à une escalade verbale entre la Corée du Nord et les États-Unis. La raison invoquée par la Corée du Nord semble tout à fait légitime : la plus grande puissance militaire au monde, mais maintenant deuxième économie mondiale après la Chine, les États-Unis, effectue des manœuvres militaires à la frontière de la Corée du Nord, avec comme partenaire la Corée du Sud, le voisin immédiat de la Corée du Nord.

Pour comprendre cette situation, imaginez, même si la comparaison est boiteuse, que le Québec est devenu un pays souverain, qu'il s'est séparé du Canada, que ce dernier ne l'accepte pas et qu'il laisse planer une possible invasion de l'armée canadienne en territoire québécois pour ramener le Québec dans la confédération. Les États-Unis appuient le Canada dans ses prétentions car il ne voit pas d'un bon œil l'arrivée d'une République québécoise à sa frontière. Cela lui rappelle trop Cuba, à 90 milles de ses côtes, plus au sud.

Alors, les États-Unis décident d'organiser des manœuvres militaires conjointement avec l'armée canadienne à la frontière de l'Ontario et du Québec. Rien de bien réjouissant et reposant. Je doute fort que le gouvernement souverain du Québec apprécierait la chose. Nous n'irions sans doute pas jusqu'à jouer les matamores ou à menacer les États-Unis de représailles, mais nous tenterions de répliquer de façon diplomatique à tout le moins, en appelant à l'aide nos amis sur la scène internationale.

La première raison qu'invoquent toujours les États-Unis, dans de telles circonstances, c'est la nécessité de se défendre, de défendre leur territoire, de défendre LA liberté, de défendre leur american way of life. «Les États-Unis avertissent la Corée du Nord qu'ils sont disposés à se défendre...» C'est un refrain archiconnu. Comme si la Corée du Nord n'était pas aujourd'hui un pays assiégé.

C'est au nom de ce même principe que les États-Unis ont annexé le Texas en 1846, qu'ils ont envahi le Chili en 1891 et ont occupé Hawaï en 1893. Puis c'est au tour du Nicaragua, de la Chine, de la Corée, du Panama, des Philippines, de Cuba (où les États-Unis établissent leur base navale à Guantanamo), de Porto Rico, de Guam et de Samoa de subir les interventions militaires des États-Unis.

En 1903, les États-Unis envoient des troupes au Honduras pour défendre leur consulat. L'année suivante, ils interviennent en République dominicaine puis, en 1910, ils débarquent au Nicaragua et imposent un gouvernement fantoche dans ce qu'on appelle la guerre de la banane, afin d'empêcher la construction d'un canal. Le Nicaragua devient un protectorat des É.-U. jusqu'en 1933. On les retrouve ensuite au Mexique puis en Haïti qu'ils occupent militairement pour défendre une banque d'affaires américaine. En 1916, ils débarquent juste à côté, en République dominicaine qu'ils occupent jusqu'en 1924, pour revenir plus tard en 1965 afin de renverser le gouvernement légitime de Juan Bosch.

On continue? En 1919, retour au Honduras pour y «rétablir l'ordre». Puis grand départ pour la Yougoslavie où ils interviennent au profit de l'Italie. En 1922, ils combattent les forces nationalistes en Turquie puis en Chine. Retour au Panama en 1925 puis en Chine en 1927. En 1932, au Salvador, ils écrasent dans le sang avec l'aide de l'armée nationale une révolte paysanne dirigée par Farabundo Marti.

Après la Seconde Guerre mondiale, ils larguent deux bombes nucléaires sur le Japon. Ils interviennent aux Philippines pour mater la rébellion et obtiennent un droit illimité d'exploiter les ressources naturelles du pays, fournissent de l'aide et des conseillers militaires aux colonels en Grèce, puis à Porto Rico pour mater le mouvement indépendantiste (tiens tiens, on n'est pas loin de mon scénario du début). Ils débarquent en Corée pour repousser les Nord-Coréens. Ils fomentent un coup d'État en Iran puis, en 1954, au Guatemala qu'ils bombardent de nouveau en 1960.

On continue encore? Viennent ensuite le Liban et l'Indonésie, en 1958, l'invasion de la baie des Cochons à Cuba, en 1961, le Vietnam, puis le Cambodge, Oman, le Laos, l'Angola, Panama, l'île de Grenade, l'Irak une première fois en 1990, le Nicaragua, Haïti de nouveau, la Bosnie, la Croatie, le Zaïre, le Soudan, la Somalie, le Honduras, et j'en passe.

Plus récemment, ce fut l'Afghanistan et de nouveau l'Irak, aujourd'hui exsangue et à feu et à sang dix ans après l'invasion américaine.

Tous ces faits d'armes, ces millions de morts, d'assassinats sélectifs (aujourd'hui à l'aide de drones et de produits radioactifs ou hautement contaminés comme dans le cas de Hugo Chavez), au nom de la légitime défense?

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 08:15


20130607-104938-g.jpgÀ l'origine de la Commission Charbonneau, il y a des fonctionnaires et des entrepreneurs qui en ont assez des pratiques crapuleuses auxquelles ils participent dans le vaste domaine de la construction. Ils ont accepté de collaborer en dévoilant le système (fausses facturations, extras, prête-nom, etc.) qui a permis ces fraudes et en dénonçant les grands maîtres d'œuvre de la corruption. Deuxièmement, il y a aussi des journalistes qui ont mené des enquêtes sur ce milieu et qui ont rencontré ces délateurs. Sans eux, on n'aurait jamais pu étaler au grand jour toutes ces malversations, ces vols, ces scandales. Sans eux, on n'aurait jamais pu relier ces entrepreneurs et fonctionnaires véreux au milieu de la mafia, et les poursuivre en justice.

Je n'ai jamais aimé les délateurs, pour moi ce sont des gens veules, sans grande conscience politique, qui pourraient vendre leur mère pour une bouchée de pain. Mais lorsque l'entreprise de délation vise le bien commun, cela ne s'appelle plus de la délation, cela s'appelle rendre service à l'humanité au risque de sa vie, et il faut, au contraire, appuyer ces véritables héros qui prennent d'énormes risques pour dénoncer ces crimes.

Il y a quelques jours, a débuté le procès d'un homme qui a joué un grand rôle dans le dévoilement au grand jour d'informations secrètes et de crimes de guerre commis par la plus grande puissance militaire au monde. Le soldat étasunien Bradley Manning, 25 ans, est emprisonné depuis plus de trois ans. Il est détenu dans des conditions indignes et inhumaines, selon le commissaire spécial de l'ONU sur la torture.

Aujourd'hui, il subit son procès pour espionnage devant une cour martiale. Il est accusé d'avoir remis au site web de WikiLeaks quelque 250 000 communications diplomatiques et 500 000 informations classifiées de nature militaire. Ces documents incriminent aussi bien le Pentagone, le FBI et la CIA que le gouvernement étasunien. Mensonges, tractations douteuses, complots, aveux honteux, meurtres, photos et vidéos d'assassinats de civils, comme lorsque des militaires étasuniens, aux commandes d'un hélicoptère Apache, tuent de sang froid des civils et un journaliste de l'agence Reuters en les traitant de «fils de pute», et se réjouissent grossièrement de ce bain de sang.

Ce qu'a dévoilé le soldat Manning, il ne l'a pas inventé, il l'a vécu sur le terrain, alors qu'il fut envoyé comme soldat en Irak. Il a vu comment un corps expéditionnaire peut, sous le couvert d'une cause humanitaire, se transformer en véritables brutes sanguinaires et commettre les pires exactions, appuyées par les hauts gradés de l'armée. Et ces massacres l'ont horripilé, au point de vouloir absolument faire quelque chose pour rendre publics ces crimes.

Bradley Manning n'a pas honte de ses actions. Sur les 22 chefs d'accusation, il s'est reconnu coupable de 10. Mais il réfute les charges les plus lourdes, soit celles de «collaboration avec l'ennemi», c'est-à-dire Al-Qaïda, une organisation terroriste, et de «publication sur Internet de renseignements militaires en sachant qu'ils seront accessibles à l'ennemi». Il pourrait même être condamné à mort pour ce soi-disant acte de haute trahison, même si Obama a promis qu'il ne serait pas exécuté.

Rappelons que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, s'est réfugié dans l'ambassade équatorienne, à Londres, il y a presque an, pour ne pas être extradé en Suède où il est accusé de délits sexuels qu'il affirme ne pas avoir commis. Le président équatorien Rafael Correa lui a accordé l'asile politique mais Londres refuse qu'il sorte de l'ambassade à moins de se livrer à la police. Si jamais il acceptait de le faire, il pourrait être transféré aux États-Unis pour y subir le même procès que le soldat Manning, car il est responsable de la divulgation des 700 000 documents incriminants.

D'après vous, qui est coupable: celui qui dévoile une vérité troublante et fait œuvre d'éducation populaire ou celui qui envoie ses avions et ses drones assassiner des civils?

Comment un prix Nobel de la paix comme Obama, descendant d'esclaves noirs qui ont connu le mépris et la discrimination, peut-il autoriser une telle farce de justice où un soldat est accusé de trahison pour avoir divulgué des faits qui se sont avérés?

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:56

Turquie-400x211.jpg

http://www.mondialisation.ca/mai-68-en-turquie-reel-malvie-et-nostalgie-dempire/5338038

 

 

«L’érudition n’est pas la science, de même que les matériaux ne sont pas l’édifice.»

 Proverbe turc

 

Des émeutes de plus en plus incontrôlables eurent lieu ces derniers jours en Turquie . Mis en cause un projet d’urbanisation et aussi la dureté de la répression par la police. La résistance face aux projets de construction dans le parc Gezi, dans le quartier Taksim à Istanbul, s’est transformée, ce week-end, en une remise en cause globale de la politique du gouvernement turc, et la révolte s’est propagée dans toute la Turquie.

Les médias occidentaux pensaient et pensent  que le dernier «domino» allait tomber. Ils ont présenté cette colère comme celle d’une Turquie ultralaïque qui en a marre de l’AKP et tout est fait pour forcer l’analogie avec les places Tahrir et partant avec les tyrans arabes. Pas un mot d’une analogie avec mai 1968 en Europe au sortir des trente glorieuses bâties sur la sueur des émigrés. Quand Daniel Cohn-Bendit et ses camarades avaient mis à mal le gouvernement de De Gaulle ce n’était pas pour du pain comme la plupart des révoltes dans les pays arabes, mais c’était pour secouer un ordre ancien en interdisant d’interdire…

Les journalistes voulaient ainsi, montrer que ce mouvement «spontané» touchait toutes les couches de la société, toutes sensibilités, jeunes ou vieux, mais en filigrane on sent l’attaque contre l’Islam, avec les allusions à l’alcool à la laïcité, au mode de vie à l’européenne Florilèges de quelques impressions le plus souvent sollicitées par les journalistes occidentaux qui avaient un cap: «Il y avait longtemps que le ´´peuple´´ n’avait pas réagi, malgré les restrictions sur l’alcool, l’annulation de certaines fêtes nationales par le gouvernement, l’impossibilité d’organiser le 1er-Mai… » (1)

 « A croire que tous les esprits s’étaient accordés: dans les rues d’Ankara, jeunes actifs, étudiants, pères et mères de famille, issus des classes moyenne et populaire marchaient ensemble pour soutenir Istanbul sans mauvaises intentions. A la base de toutes les manifestations qui se sont multipliées en Turquie pendant trois jours, il y a une colère irrésistible qui s’est développée pendant le gouvernement de l’AKP (le Parti pour la justice et le développement d’Erdogan). Les citoyens turcs sont confrontés à une attitude et une politique de renoncement par le gouvernement de plusieurs valeurs morales importantes pour les Turcs. Tout d’abord, des attitudes hostiles contre Atatürk et ses valeurs, comme la République, les fêtes nationales, la laïcité. (…) Les hommes dans ces manifestations ont essayé de souligner que nous n’avons pas seulement des valeurs religieuses, mais aussi celles nationales, sociologiques et plus profondément des valeurs réelles. Nous ne voulons pas une Istanbul qui devient un bazar de bâtiments et de shopping centers’. Nous ne voulons pas vivre dans une ville où les arbres sont coupés au nom d’une régularisation de l’environnement sans prendre l’avis des Stambouliotes.»(1)

Il y a cependant d’autres causes objectives . Il est vrai que l’on ne peut pas vivre uniquement pour survivre. Il est nécessaire que les corps exultent et toutes les conditions sont réunies pour que la mayonnaise prenne : «Cette révolte peut être résumée par deux réalités: la jeunesse étudiante, se réclamant de Mustafa Kemal Atatürk, est dans la rue pour dénoncer la pratique trop longue du pouvoir de l’AKP. Mais il y a aussi la réalité alévie, niée par les médias: cette minorité religieuse en Turquie dénonce la politique fondée sur le sunnisme de M.Erdogan, qui se traduit par sa politique contre Bachar Al- Assad et le nom choisi au futur pont à Istanbul: Selim Ier ou Yavuz Sultan Selim, le sultan génocidaire des Alévis… La population veut simplement que le gouvernement respecte leur mode de vie, sans les insulter ni tenter d’islamiser la société. Beaucoup parlent de ´´démocratie à reculons´´, car les droits et les libertés sont de plus en plus limités. Depuis onze ans, nous sommes chaque jour un peu plus pris en étau par Erdogan, qui est le seul acteur dans toutes les lois et les sanctions grâce à son fort pouvoir au Parlement. (…) il insulte Mustafa Kemal Atatürk, notre grand héros et fondateur de la Turquie moderne et laïque, et ses sympathisants. (…) Nous sommes des socialistes, des républicains, des communistes, des libéralistes, des démocrates, des anarchistes. Nous sommes musulmans, athées, chrétiens, juifs. Nous sommes des gens qui nettoient les rues le lendemain de ´´la guerre´´.» (1)

Parti du parc Gezi à Istanbul, le mouvement de contestation en Turquie a surpris, autant par sa soudaineté que par son ampleur et son expansion à plus de quarante villes de province. ´´A Istanbul, comme à Ankara ou Izmir, cela était attendu depuis des mois. Les journaux étaient inondés de signaux alarmants à destination du pouvoir indiquant que les choses ne pouvaient continuer comme cela en matière de contrôle du corps et de l’espace public´´, analyse Hamit Bozarslan, historien à l’Ehess. (…)Parmi ces manifestants, nombreux sont sans affiliation politique mais ont une sensibilité de gauche libérale, écologiste, défendent les droits de l’homme, ´´Ces contre-pouvoirs se sont émoussés ces dernières années´´, indique Jean Marcou »

    « « La dérive autoritaire est très claire depuis 2008-2009. Il y a un culte de puissance. Individuel: Recip Tayyep Erdogan est devenu très puissant et dans son amour-propre, il n’arrive pas à comprendre pourquoi il est défié. National: de la Turquie qui se projette comme une superpuissance mondiale. Du parti: l’AKP est un super-parti avec 50% d’opinions favorables après onze ans au pouvoir. ´´On n’est pas dans un processus de soulèvement, de printemps turc’ comme on a pu le lire ici et là, car le pouvoir est politiquement et électoralement légitime´´, indique Jean Marcou. La société turque est devenue extrêmement conservatrice au cours des vingt dernières années. ´´Elle a été marquée, comme dans le reste du Moyen-Orient, par une crise identitaire violente allant dans le sens d’un conservatisme social face aux transformations socio-économiques considérables. Ce qui explique l’hégémonie de l’AKP´´, explique Hamit Bozarslan» (2).

Pour rappel, samedi 1er juin, tard dans l’après-midi, les forces de police se sont retirées de la place. Les bars de la rue de Pera sont envahis de jeunes gens exprimant leur frustration à grand renfort de bière. Les gens se pressent autour de moi pour me parler, l’air frondeur et déterminé. Ils demandent le départ du gouvernement d’Erdogan et sont résolus à rester sur la place Taksim tant qu’il le faudra. ´´Tous les Turcs ne sont pas pareils, me disent-ils. Il y a des Turcs, des Kurdes, des alévis et d’autres minorités, les gays, les hétéros et tout ça. Nous voulons que tout le monde soit respecté et accepté.» (3)

Pourquoi les manifestations contre un projet d’urbanisme à Istanbul se sont-elles transformées en protestations contre le pouvoir du Premier ministre? Parce que celui-ci s’est isolé dans un refus des critiques et semble avoir choisi la fuite en avant, estime un éditorialiste. Erdogan, qui s’est enfermé dans une tour d’ivoire où aucune critique ne peut plus l’atteindre, ne veut pas voir que les projets qu’il a décidés et qu’il estime utiles à la collectivité suscitent en réalité de sérieuses objections dans de nombreuses franges de la société. Il ne veut pas non plus entendre que cette société n’accepte plus que tous les mécanismes de décision ne se trouvent plus que dans les mains d’un seul homme. (…) Il n’a pas compris que ménager la minorité, même s’il dispose d’une majorité confortable, n’est pas le signe d’un manque de puissance mais bien une preuve de vertu, et que le pouvoir faire montre de souplesse quand il le faut n’est pas un signe de faiblesse mais bien d’une grande intelligence politique.

Par ailleurs à l’international après avoir, littéralement, contribué  à la « fitna » ( le chaos)  dans le Monde arabe, Erdogan se permet de par une ivresse du pouvoir, de donner des leçons çà et là dans le Monde arabe, Erdogan subit lui-même la colère de son peuple. « Erdogan commence à subir l’effet retour de sa politique d’ultralibéralisme défavorable aux pauvres et d’ingérence coûteuse dans les affaires syriennes. Le peuple turc ne veut pas de la politique d’Erdogan qui a coupé ses contacts commerciaux via la Syrie. Il veut la paix, le bon voisinage. Toutes les tendances ont des griefs: les laïcs, les Kurdes, les Alévites, les Arabes, les communistes en ont assez, mais aussi les partis islamistes d’opposition en ont assez de l’alliance entre la Turquie à l’Otan et à Israël. Tout cela sous couvert hypocrite d’islam ». (4).

 

La réalité du « modèle turc »

Pourtant, Erdogan c’est 52% des voix et 70% d’opinions favorables en Turquie, c’est l’homme qui a sorti le pays du tiers-monde et son gouvernement est considéré comme le plus populaire depuis l’avènement de la Turquie. Il y a une réalité: cet ancien empire est en train de revenir sur le devant de la scène. La Turquie de par son histoire, sa profondeur stratégique, son poids démographique, près de 80 millions, est en train de s’affirmer comme un pays émergent qui a toute sa place dans le Bric’s. Pour rappel, la Turquie d’Atatürk avait octroyé le vote aux femmes dès les années 30 bien avant la plupart des pays européens

«Contrairement à l’Union européenne, en plein marasme économique et politique, écrit José Ignacio Torreblanca, c’est un pays sûr de lui et en plein essor économique qui se rend aux urnes le 12 juin. Une puissance émergente érigée en modèle par les démocraties moyen-orientales naissantes et que l’UE n’a pas su garder dans son giron. Cela faisait des années qu’on se demandait si la Turquie était européenne ou asiatique, si elle était tournée vers l’Occident ou vers l’Orient, et on a enfin trouvé la réponse. En fait, la question était mal posée. La Turquie ne va ni vers l’est ni vers l’ouest, elle va vers le haut. En seulement une décennie, la Turquie a vu son PIB multiplié par quatre, passant de 200 à 800 milliards de dollars (550 milliards d’euros); elle a triplé son revenu par habitant, qui est passé de 3000 à 10.000 dollars; elle a réduit sa dette publique de 75% à 40% du PIB et ramené sa prime de risque très en dessous du niveau de la plupart des pays du sud de l’Europe. Entre-temps, l’Union européenne stagne, et beaucoup se demandent si elle n’a pas cessé de progresser, si son avenir n’est pas marqué par le déclin, si les Européens ne sont pas résignés à un recul de leur niveau de vie.(5)

« Poursuivant son plaidoyer, sur le feuilleton de l’adhésion à l’Europe depuis 1959, Ignacio Terreblanca écrit: «Alors même que l’Europe débattait sur l’adhésion de la Turquie, s’offrant le luxe de négliger ce pays, voire de le mépriser ouvertement, les Turcs ont battu en brèche tous les stéréotypes et ont volé de succès en succès. (…) Cette Turquie pauvre et analphabète qu’on nous a si souvent dépeinte, qu’on disait peuplée de paysans anatoliens ignorants, avides de prendre d’assaut la forteresse du bien-être européen, appartient au passé. Dans les rues de Rabat, de Tunis ou du Caire, l’Europe a cessé d’être le modèle à suivre au profit de la Turquie, un pays qui démontre qu’il peut être à la fois musulman, démocratique et prospère, et même avoir une politique extérieure indépendante, non soumise aux diktats de l’Occident. Apparue dans un espace méditerranéen sous le joug de dictatures serviles, la Turquie [du Premier ministre] Recep Tayyip Erdogan laisse présager un avenir où de nombreux régimes indépendants et fiers n’hésiteront plus à montrer du doigt l’Europe quand elle appliquera deux poids, deux mesures face à Israël, à l’ouverture des marchés, aux droits de l’homme, à la prolifération nucléaire ou à l’immigration».(5)

Il est vrai que nous sommes toujours à la promesse d’adhésion en 1999, les négociations durent depuis huit ans et des pays autrefois communistes sont maintenant adoubés, même la partie cypriote grecque fait partie de l’Union. Juste retour des choses, cette partie envie l’autre partie cypriote turque et il n’est pas sûr que les Turcs veulent bien encore d’une adhésion, à moins que cela l’Europe du déclin en fasse la demande.

 

L’ivresse du pouvoir et la nostalgie de l’empire perdue

Cependant tout n’est pas rose ; Au fil du temps Erdogan, devient de plus en plus mégalomane. Hassan Cemal ancien journaliste licencié nous parle de la folie des grandeurs et de la dérive progressive d’Erdogan lui qui a connu la torture. : « Erdogan, lui aussi, a connu la prison, et il y a même été torturé. (…)Dans le cadre du processus d’adhésion à l’Union européenne (UE), il a réalisé des avancées indéniables sur le plan du droit et de la démocratie. Il a ainsi mis un terme à la tutelle que l’armée exerçait sur la société et a fait en sorte que l’autorité militaire dépende désormais de l’autorité civile élue, c’est-à-dire du gouvernement, ce qui était juste. Sauf qu’il s’est ensuite substitué aux militaires qui freinaient le processus démocratique et s’est mis à son tour, considérant qu’il incarnait désormais l’Etat, à bloquer cette évolution démocratique.  Il est ainsi devenu avec le temps l’unique source du pouvoir, à tel point qu’il s’est mis à penser que “l’Etat, c’était lui”. Tout en recourant de plus en plus souvent à la force, il a, peut-être sans s’en rendre compte, été pris par une sorte d’ivresse du pouvoir. Une sorte d’orgueil d’enfant gâté qui ne veut plus lâcher le pouvoir, qui sait tout et qui ne tolère plus aucune critique » (6)

On l’aura compris l’ivresse du pouvoir la nostalgie d’empire a fait que progressivement il en soit amené à vouloir tout contrôler  et particulièrement le quatrième pouvoir des médias qui en vinrent à être tétanisés au point que la couverture de la révolte soit minimisée voire ignorée . Hassen Cema poursuit : «  (…) Il s’est aussi permis de réunir à Ankara les patrons de médias et des rédacteurs en chef pour leur expliquer quelles étaient les lignes rouges à ne pas franchir. C’est encore lui qui a le dernier mot lorsqu’il s’agit de savoir comment les journaux et les chaînes de télévision doivent être répartis entre ces différents patrons. Il décide alors à qui on va ôter un quotidien ou une chaîne et à qui on va les réattribuer. L’ombre d’Erdogan sur les médias s’est fait sentir dans la façon dont ont été couverts les événements du parc Gezi. Nous avons ainsi pu mesurer l’état pitoyable des médias dont la couverture de cette mobilisation a été scandaleuse.  (…) Le nombre de journalistes et d’éditorialistes qui ont perdu leur job à la suite des manœuvres en coulisse n’a cessé d’augmenter. (6)

Enfin parlant des disparités ethniques le journaliste pointe du doigt le peu d’effort d’Erdogan pour régler les problème  des minorités : « La sensibilité des alévis [chiites hétérodoxes anatoliens, minoritaires] pour lesquels aucune solution n’a été apportée durant les mandats d’Erdogan n’a absolument pas été prise en compte lors du choix du nom du troisième pont sur le Bosphore [Yavuz sultan Selim, c'est-à-dire Selim Ier, sultan ottoman connu pour avoir combattu violemment les chiites ; ce pont a été inauguré en présence d'Erdogan le 29 mai].  (…) Souhaitons que les personnes de bonne volonté qui sont dans son entourage puissent freiner ce penchant autoritaire et le ramener à la raison ».(6)

 

Erdogan à Alger malgré le chaos place Taksim

Laissant une situation de chaos, sur de lui, Recep Tayyip Erdogan, se permet de s’absenter quatre jours de Turquie pour un périple en brochette au Maghreb. Il  est arrivé à Alger pour une visite d’une journée dans le cadre d’une tournée maghrébine qui l’a conduit, au Maroc et en Tunisie. A la tête d’une importante délégation comprenant plus de 200 acteurs et chefs d’entreprise.

Pour rappel, écrit Said Rabia décrivant l’ingérence turque dans le printemps arabe: «Aux côtés du Qatar, la Turquie a joué un rôle important dans la chute des régimes dictatoriaux. Dans le cas de la Libye, elle y a participé pleinement. Les Turcs voyaient d’un si bon oeil l’arrivée au pouvoir, au Maghreb et ailleurs dans le Monde arabe, des Frères musulmans prêts à ouvrir les portes aux frères de l’AKP plus qu’à n’importe quel autre. (..) En Algérie, la mayonnaise de l’AKP, bien qu’elle ait ses adeptes, n’a pas pris. C’est donc dans un contexte politique totalement différent de celui d’il y a deux ans que Recep Tayyip Erdogan arrive dans les pays du Maghreb. En Algérie, les Turcs sont depuis longtemps dans le secteur du bâtiment et viennent de mettre le paquet dans le textile avec plusieurs usines. Plus de 200 entreprises turques prendront part, aujourd’hui à Alger, à un forum pour explorer les opportunités de partenariat avec leurs homologues algériennes.» (6)

Le Premier ministre a prononcé, à cette occasion, un discours devant les élus de la nation. Au plan économique, cette visite permettra aux deux responsables de l’exécutif, de passer en revue l’ensemble des volets de la coopération bilatérale, notamment dans d’autres secteurs comme l’énergie, les transports, le commerce, la pêche, l’industrie, la construction des infrastructures économiques et sociales. Le Premier ministre turc, Recep Tayyib Erdogan, a émis mardi à Alger le voeu de supprimer les visas d’entrée entre l’Algérie et la Turquie. ´´Nous avons supprimé les visas d’entrée avec 70 pays, alors pourquoi pas avec l’Algérie´´, a-t-il indiqué La suppression des visas d’entrée entre l’Algérie et la Turquie va encourager les échanges entre les deux pays, notamment dans le domaine touristique.

On peut regretter cependant que l’aspect culture et archives historiques soit absent de ce deal. Les relations de plus de trois siècles ne peuvent et ne doivent pas se résumer à un dialogue de marchands C’est peut être là aussi, l’un des signes de mépris dans lequel  le « sultan » Erdogan croit pouvoir tenir les anciennes régences.

Aux dernières nouvelles, et malgré les excuses la tension ne faiblit pas. La porte-parole de la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navy Pillay, a demandé à la Turquie de mener une enquête ´´rapide, complète, indépendante et impartiale´´ sur ´´les policiers qui auraient violé la loi et les normes internationales des droits de l’homme´´.

Nul doute cependant le croyons-nous -du fait des institutions légitimes-  que la Turquie surmontera cette crise, mais rien ne sera comme avant. L’autoritarisme  d’Erdogan isolé dans Tour d’ivoire plus craint que respecté , devrait laisser la place au dialogue et pourquoi pas à l’alternance après  dix ans de pouvoir sans partage. Le XXIe siècle est celui de la liberté et non celui de la contrainte . Il est vrai que  Les Turcs ne meurent pas de faim. Le chômage n’est pas structurel comme en Europe, mais il est important que toutes les sensibilités se sentent en sécurité, libres de réfléchir et de vivre en harmonie avec un libre arbitre qui respecte les autres sensibilités.

L’agitation des médias occidentaux n’est pas neutre en filigrane, il est demandé aux Turcs de jeter par-dessus bord des siècles d’équilibres sociologiques et d’espérance religieuse pour aller à l’aventure de  l’anomie , celle de la théorie du genre qui dit-on est l’asymptote vers laquelle il faut tendre  Erdogan n’as compris,  le croyons nous, que s’il veut faire aimer l’Islam ce n’est pas par la contrainte –Pas de contrainte en religion lit on dans le Coran-  c’est l’adhésion de chacun qui pourra alors aboutir à une  vision  apaisée d’un Islam en phase avec le monde et qui demeure un repère moral  en ces temps où il devient évident qu’il de plus en plus difficile  interdit d’interdire ..

Professeur Chems Eddine Chitour

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:53

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http://www.ptb.be/index.php?id=1326&tx_ttnews[tt_news]=35167&cHash=e15802cecb865b68cc1af2bdd9978d44

Le rédacteur en chef du quotidien soL et membre du Comité Central du Parti Communiste de Turquie, Kemal Okuyan, répond aux questions sur la révolte du parc Gezi qui connaît un franc succès. Okuyan a apporté des éclaircissements aux questions récemment débattues : Où va la Turquie ?, Peut-on parler de révolution ?, Peut-on qualifier les récents événements de Printemps turc ?

Le Parti communiste de Turquie

 

S’attendait-on à un mouvement social de cette ampleur ?

Kemal Okuyan. Personne n’aurait pu prévoir la tournure qu’allaient prendre les événements. Le gouvernement n’aurait pas pu, l’opposition n’aurait pas pu, ni même la gauche. Il existait certes quelques indices laissant penser que la situation atteindrait un stade critique, mais personne n’aurait pu prévoir ce qui est en train de se produire aujourd’hui. C’est important. Le climat politique et idéologique de la Turquie n’est plus le même qu’il y a 4-5 jours. Il n’est pas totalement différent, toutefois il a changé dans une mesure qu’on ne peut sous-estimer.

Que se cache-t-il derrière le succès et l’ampleur du mouvement ?

Kemal Okuyan. Il s’agit purement et simplement de l’exacerbation à un degré inimaginable du sentiment d’opposition, voire de haine, vis-à-vis du gouvernement de l'AKP et plus particulièrement vis-à-vis d’Erdoğan. Nous pensions tous le savoir, pourtant nous oubliions une chose, c’est que ce sentiment de haine envers Erdoğan s’est renforcé et intensifié au fur et à mesure qu’Erdoğan a développé son arrogance et a commencé à élargir ses prérogatives. Tayyip Erdoğan est devenu un point de mire, comme peu d’autres le sont devenus avant lui.

Est-ce aussi simple que cela ? Je veux dire, toute cette affaire se résume-t-elle à un sentiment de rage envers Erdoğan ?

Kemal Okuyan. Bien sûr que non. Erdoğan n’est qu’un catalyseur avec un effet multiplicateur. Ce que veut le mouvement c’est régler ses comptes avec les tendances et la mentalité qui prévalent au sein de l’AKP… Le premier ministre ne s’est pas rendu compte du sentiment de rage et de haine qu’il a suscité…

La tendance dominante de l’AKP est le marketisme… Où est le lien ?

Kemal Okuyan. On ne peut en effet esquiver le débat en se contentant de répondre que tout cela n’est qu’une réaction de la classe moyenne. Car si la réaction de la classe moyenne a atteint un tel niveau en Turquie, il nous faut nous poser d’autres questions. S’il est vrai que la classe moyenne joue un rôle important, il faut savoir qu’il y a également eu une forte mobilisation dans les quartiers ouvriers, en particulier à Istanbul et à Ankara. Si nous ne tenons pas compte de ce que nous savons et proférons des paroles en l’air, nous commettrons des erreurs. Premièrement, la Gauche a durant des années étiqueté de « Turc blanc » ce secteur… Il faut éviter les simplifications excessives. Deuxièmement, il y a la structure de la classe ouvrière en Turquie. Il n’est pas facile d’organiser sur le lieu de travail une masse laborieuse instable, en perpétuel mouvement, et confrontée au chômage. Il est temps de considérer la situation du travailleur avec une logique nouvelle. Des dizaines de milliers de personnes cataloguées de « classe moyenne » ont protesté d’un point de vue anticapitaliste. La raison est que la plupart de ses personnes sont des personnes dont le travail est exploité.

Est-il approprié de parler de « Printemps turc » ?

Kemal Okuyan. La référence au « Printemps turc » dans les médias impérialistes est un message adressé à Erdoğan. En réalité, ils sont satisfaits d’Erdoğan et ils n’ont pas l’intention de le remplacer, mais ils lui rappellent ainsi où sont ses limites. Il ne fait aucun doute qu’il est question de révolte populaire. Les gens sont en colère. Ceux qui sous-estiment l’opposition à Erdoğan et à l’AKP feraient bien de revoir leur jugement. Ceux qui pensent que la paix et la démocratisation seront possibles avec Erdoğan devraient faire de même. C’est d’un mouvement social qu’il est question et il ne va pas s’arrêter là. Les derniers événements ont contribué à organiser le mouvement populaire.

La Gauche turque était-elle prête ?

Kemal Okuyan. D’une part, il y a le caractère spontané du mouvement. Et d’autre part, le fait qu’en de nombreux endroits les gens réclament la coordination de l’organisation. Si l’on prend en compte l’ampleur des événements, la contribution directe de la gauche organisée est plutôt limitée, toutefois c’est des forces de gauche que dépend la détermination des gens.

Comment pourrait-on définir la situation ? S’agit-il d’une crise révolutionnaire ?

Kemal Okuyan. Non, bien sûr. Nous avons affaire à un déchaînement social d’une incroyable puissance, tant en ce qui concerne son étendue que son effet. Mais pour pouvoir parler de crise révolutionnaire, il faut que certains critères marxistes soient réunis. Et nous sommes loin de les avoir réunis, du moins pour l’instant….

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:31

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http://blog.mondediplo.net/2013-06-05-Vent-de-fronde-en-Turquie

 

 

« Il est assez tentant d’y voir [dans les manifestations en Turquie] un islamisme de gouvernement contesté par une mouvance laïco-républicaine, à l’inverse de la place Tahir au Caire, où un pouvoir laïco-républicain était aux prises avec la révolte d’une nébuleuse islamiste… »

Ainsi questionné par Mediapart le 4 juin 2013, Levent Yilmaz, professeur d’histoire à l’université Bilgi d’Istanbul, répondait :

« La nuit de samedi (1er juin) a donné lieu à des ralliements qui défient ce genre de typologie. On a même vu des supporters de clubs de football ennemis s’entraider, tant l’appel à la fois puissant et unanime des réseaux sociaux avait fait son œuvre : un brassage impressionnant, sans les caractéristiques, les particularismes et les exclusives attachés aux mouvements partisans.

L’opposition institutionnelle renonce, du reste, à tenter de récupérer ce mouvement et son million de Turcs contestataires, qui relève donc de l’événement populaire spontané, sans idéologie préconçue, aux mains d’individus responsables allant jusqu’à nettoyer la place et son square après les charges policières. »

Passons sur la question du journaliste... et la définition de la lutte en Egypte comme opposant une nébuleuse islamiste à un pouvoir laïco-républicain (on croit rêver), mais la réponse de Yilmaz s’inscrit en faux contre les simplifications qui ont cours sur la Turquie, mais aussi sur le monde arabe (Tunisie, Egypte) et qui réduisent la vie politique à un affrontement entre deux blocs.

Pour une bonne revue de ce qui s’écrit sur la Turquie, on peut consulter le site d’Alain Bertho, « Anthropologie du présent », qui suit les événements au jour le jour.

Et aussi le blog d’Etienne Copeaux, « Un pas de côté dans les études turques ».

Oui, le Parti de la justice et du développement (AKP) est issu d’un mouvement islamiste proche des Frères musulmans. Mais il est important de faire un bilan objectif de ce qu’il a réalisé depuis son accession aux affaires en 2002 et qui s’est traduit par deux nouvelles victoires aux élections législatives en 2007 et en 2011 (cette année-là avec près de 50 % des suffrages).

La plus importante avancée réalisée par ce parti a été la mise à l’écart de l’armée, qui est rentrée dans ses casernes (sur cet affrontement, lire « Qui gouverne la Turquie ? »). Jusque-là, cette institution faisait la pluie et le beau temps, et pesait d’un poids politique démesuré, régulièrement dénoncé par l’Union européenne. Car il est clair qu’il ne peut y avoir de progrès démocratique quand l’état-major décide des affaires essentielles. Un des problèmes de l’opposition dite de gauche (le Parti républicain du peuple, CHP) est qu’il est incapable de choisir entre son allégeance à l’armée et la démocratie. Ce parti est traversé par des courants nombreux et a été incapable de représenter une solution de rechange à l’AKP (il a obtenu environ 26 % des suffrages en 2011).

Sur un site passionnant consacré au football et à sa place au Proche-Orient, « The Turbulent World of Middle East Soccer » (avec une place importante accordée aux ultras, les supporteurs des clubs dont on connaît le rôle surtout en Egypte), James Dorsey note, le 2 juin :

« Contrairement aux manifestations de masse qui ont renversé les dirigeants dans les pays d’Afrique du Nord, les protestations en Turquie visent un dirigeant démocratiquement élu qui a remporté trois élections avec une majorité respectable, a présidé une période de croissance économique importante et repositionné son pays comme une puissance régionale avec des ambitions mondiale. Elles ont également eu lieu dans un pays qui, contrairement aux pays arabes, et malgré tous ses défauts, est démocratique et a une société civile remuante et fortement développée. »

Il faudrait ajouter que c’est aussi ce gouvernement qui a eu le courage d’ouvrir des négociations avec les « terroristes » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Alors, que s’est-il passé ? Pourquoi une manifestation écologique au cœur d’Istanbul s’est-elle transformée en fronde ?

Deux facteurs ont joué, au moins de manière indirecte, et provoqué un certain mécontentement : le ralentissement économique (notons que, malgré leur diminution sensible dans les années 2000 (PDF), les inégalités restent importantes en Turquie) ; une hostilité grandissante à l’activisme d’Ankara en Syrie.

Mais la responsabilité principale de la révolte incombe à celui-là même qui fit le succès de l’AKP, Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre. Grisé par ses réalisations, il cherche à tout prix à consolider son pouvoir, à faire rédiger une constitution présidentielle qui lui permettrait de briguer la charge de chef de l’Etat, méprise ses adversaires, multiplie les initiatives brouillonnes.

Le plus grave est sans doute la dérive autoritaire qui a vu emprisonner des dizaines de journalistes, des centaines d’opposants, notamment kurdes. La brutalité de la répression contre les manifestants de Taksim a uni contre lui un large front, très hétéroclite et qui ne se limite sûrement pas aux « laïcs ». Ainsi que le rappelle James Dorsay, pour la première fois depuis 30 ans, les supporteurs des trois grands clubs de football d’Istanbul, pourtant rivaux, se sont joint aux manifestants, dont la diversité politique et sociologique est très notable, comme le remarquent Didem Collinsworth et Hugh Pope, « The Politics of an Unexpected Movement » (4 juin) :

« Encore plus étonnante est la présence de groupes rivaux agissant côte à côte, y compris ceux qui représentent la communauté alévie (environ 10 % de la population de la Turquie), ultranationalistes, conservateurs de droite, quelques islamistes et les Kurdes de Turquie — certains brandissant le drapeau du PKK. Quelques groupes plus marginaux se sont également joints aux protestations, y compris des gauchistes et des marxistes ainsi que des anarchistes brandissant des drapeaux noirs. »

La grille de lecture qui voudrait voir dans ces actions un mouvement contre la réislamisation de la société ne correspond pas à la réalité. Levent Yilmaz note : « Nous avons bien entendu affaire à un gouvernement conservateur musulman, qui n’a pourtant pas exercé d’oppression confessionnelle. Erdogan présente un profil autoritaire. Il semble en voie de “poutinisation”. Il se mêle de tout et suscite la peur. Cette atmosphère de crainte, étouffante, a gagné des secteurs qui semblaient intellectuellement armés pour y résister : les médias, l’université…

Mais les grilles de lecture, en France ou ailleurs, poussent parfois à surinterpréter certains signes d’autoritarisme en en faisant des signaux religieux. L’exemple des récentes dispositions limitant le marché de l’alcool est symptomatique. L’affaire m’apparaît moins répressive que bien des ordonnances d’outre-Atlantique, par exemple, où la vente est souvent interdite aux moins de 21 ans. En Turquie, se fondant sur une législation déjà existante, le pouvoir veut entraver un tel commerce après 22 heures ou à proximité des écoles. J’y vois davantage la marque du conservatisme que de l’islamisme. »

Notons aussi que la mainmise du pouvoir sur les grands moyens de télévision audiovisuels a joué aussi un rôle dans la fureur des manifestants (lire « Dans la rue, la colère monte contre “CNN-Pingouins” et les médias turcs acquis au pouvoir », LeMonde.fr, 4 juin).

Que va-t-il se passer maintenant, alors que le premier ministre a quitté la Turquie pour l’Afrique du Nord, que le syndicat de la fonction publique a appelé à une grève de 48 heures (peu suivie) et que la Confédération syndicale des ouvriers révolutionnaires (DISK), qui revendique 420 000 membres, appelle à une grève mercredi 5 juin ?

En l’absence d’Erdogan, le vice-premier ministre Bülent Arinç a, selon l’AFP, reconnu les « légitimes » revendications des écologistes à l’origine de la fronde. Il a aussi présenté ses « excuses » aux très nombreux blessés civils, et a regretté l’usage abusif des gaz lacrymogènes par la police, « qui a fait déraper les choses ».

Existe-t-il des divisions dans l’AKP ? Sans aucun doute, et les propos du président Gul ont été aussi apaisants que ceux du vice-premier ministre. Mais il serait hâtif de tirer un trait sur Erdogan, qui dispose encore de vastes appuis, y compris dans une partie notable de la population.

Sur le mouvement de Fethullah Gülen, lire Wendy Kristianasen, « Ces visages multiples de l’islamisme », Le Monde diplomatique, juillet 1997. Un autre facteur pèsera, que relève Dorsey : « Le rival islamiste de M. Erdogan, Fethullah Gülen, un religieux puissant auto-exilé, basé en Pennsylvanie, qui exerce une influence dans la police, peut très bien avoir vu les protestations comme une occasion d’affaiblir le premier ministre. Le collègue de parti de M. Erdogan, le président Abdullah Gul, est considéré comme proche de M. Gülen. Dans une allusion voilée à M. Erdogan, M. Gülen a récemment prêché contre l’orgueil. Par ailleurs, des rapports circulant à Istanbul disent que l’armée, qui partage les suspicions des laïcs à l’égard du gouvernement, a refusé les demandes d’aide de la police, et qu’un hôpital militaire a même distribué des masques à gaz aux manifestants. »

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Published by valenton rouge - dans Monde
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:51

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http://millebabords.org/spip.php?article23546

 

Contre-histoire du libéralisme
Domenico LOSURDO


Le libéralisme continue aujourd’hui d’exercer une influence décisive sur la politique mondiale et de jouir d’un crédit rarement remis en cause. Or c’est une tout autre histoire que nous raconte ici Domenico Losurdo, une histoire de sang et de larmes, de meurtres et d’exploitation. Selon lui, le libéralisme est, depuis ses origines, une idéologie de classe au service d’un petit groupe d’hommes blancs, intimement liée aux politiques les plus illibérales qui soient : l’esclavage, le colonialisme, le génocide, le racisme et le mépris du peuple.
Dans cette enquête historique magistrale qui couvre trois siècles, du XVIIe au XXe siècle, Losurdo analyse de manière incisive l’oeuvre des principaux penseurs libéraux, tels que Locke, Burke, Tocqueville, Constant, Bentham ou Sieyès, et en révèle les contradictions internes. L’un était possesseur d’esclaves, l’autre défendait l’extermination des Indiens, un autre prônait l’enfermement et l’exploitation des pauvres, un quatrième s’enthousiasmait de l’écrasement des peuples colonisés...


Domenico Losurdo est un philosophe communiste italien.
Solidaire l’a rencontré juste avant une conférence sur le sujet de son dernier livre, Contre-histoire du libéralisme. Interview en rouge vif.

Jonathan Lefèvre et Daniel Zamora

Avez-vous voulu faire un « Livre noir du libéralisme » ?

Domenico Losurdo. Non. Des gens font la comparaison avec Le Livre noir du communisme (livre de propagande anti-communiste écrit en 1997 qui a reçu un écho retentissant avant d’être discrédité par les historiens et la moitié de ses contributeurs, NdlR). Mais cette Contre-histoire du libéralisme, à la fin, contient un paragraphe final qui parle d’héritage permanent du libéralisme. Si le Livre noir publiait une nouvelle édition avec un paragraphe final sur l’héritage permanent du communisme, là, la comparaison tiendrait.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Domenico Losurdo. L’idéologie dominante a plusieurs aspects. D’un côté, elle décrit une hagiographie de la tradition libérale. Et, de l’autre, toute la tradition révolutionnaire, pas seulement le communisme mais même les courants les plus radicaux de la Révolution française, même la grande révolution des esclaves noirs à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), est soit ignorée, soit diffamée.

J’ai décrit dans plusieurs livres la contribution fondamentale du mouvement révolutionnaire, du mouvement communiste à l’avènement de la démocratie en Occident. De l’autre côté, je devais expliquer pourquoi ce n’est pas le libéralisme en tant que tel qui a produit la démocratie en Occident. A la fin du livre, par exemple, je cite des auteurs américains qui expliquent très clairement que, même après la Seconde Guerre mondiale, même après l’écrasement du IIIe Reich, les États-Unis étaient un État raciste. Par exemple, dans beaucoup d’États des États-Unis, des lois très sévères punissaient très sévèrement les rapports sexuels et les mariages entre les Blancs et les autres «  races  ». Même sur le plan le plus intime de la vie privée, cet État interférait très lourdement.

Je décris un épisode très emblématique : en 1952, la discrimination raciale dans les écoles, les moyens de transports, les cinémas, etc. existe toujours, et la Cour suprême doit décider si ces discriminations raciales sont constitutionnelles ou non. Avant de décider, la Cour reçoit une lettre du ministère de la Justice qui notifie : «  Si vous décidez que les normes qui régissent la discrimination sont légitimes sur le plan constitutionnel, ce sera une grande victoire pour le mouvement communiste, pour les mouvements des peuples du Tiers monde, dans le sens où ils peuvent discréditer la démocratie aux États-Unis. Nous pouvons conquérir une légitimité aux yeux du Tiers monde seulement si nous décidons que les normes pour la discrimination raciale sont inconstitutionnelles. » Donc, la fin, ou presque la fin, de l’état racial aux États-Unis ne peut être compris sans le défi provenant du mouvement communiste et du mouvement révolutionnaire des peuples colonisés du Tiers monde. Il n’y a pas une endogenèse (formation de cellules à l’intérieur d’autres cellules, NdlR), une évolution spontanée grâce à laquelle le libéralisme dépasse ces clauses d’exclusions. Non, les causes d’exclusion ont été dépassées seulement grâce aux mouvements de protestation.

Vous dites que le libéralisme est une démocratie uniquement valable pour le «  peuple des seigneurs  ». Qu’est-ce que ce « peuple  » ?

Domenico Losurdo. Dans mon livre, j’évoque le périple aux États-Unis de deux voyageurs, Alexis de Tocqueville, grand penseur libéral, et Victor Schœlcher, qui a été ministre après la révolution française de 1848 et a décidé l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Ces deux personnalités ont voyagé aux États-Unis indépendamment l’un de l’autre dans les années 1830. Ils font à peu près la même description. Tocqueville décrit combien l’esclavage des Noirs est terrible. Il relate que les Indiens sont exterminés. Mais sa conclusion est que les États-Unis sont la plus grande démocratie du monde. Le destin des peuples colonisés ne joue aucun rôle dans la définition que donne Tocqueville des États-Unis en tant que démocratie.

Schœlcher, lui, reconnaît que, pour ce qui concerne la communauté blanche, il y a la Rule of law, la Constitution des lois, l’indépendance de la magistrature, le président est élu par le peuple, etc. Mais il prend la destinée des Indiens et des Noirs comme preuve que les États-Unis sont un des pires systèmes despotiques que l’on puisse concevoir.

Il y a cette « race  » des seigneurs, presque tous propriétaires d’esclaves, et ce sens de supériorité infinie que les Blancs éprouvent par rapport aux autres établit des rapports de respect sur le plan du gouvernement, de la loi. Cette démocratie du « peuple des seigneurs  » existe encore aujourd’hui. Tout le monde connaît la propagande occidentale au Moyen Orient : Israël est l’unique démocratie. Nous ne devons pas sous-estimer le fait que, pour les citoyens israéliens, il y a le gouvernement des lois.

Toute le monde sait que les Palestiniens sont condamnés sans procès, sans savoir quel crime on leur reproche… C’est une « démocratie pour le peuple des seigneurs  », qui nous explique la chose la plus terrible : cette démocratie pour le peuple des seigneurs peut se transformer sans trop de difficultés dans la dictature du peuple des seigneurs. C’est le nazisme, le fascisme. Des chercheurs ont parlé de « Herrenvolk democracy » (système politique où les ethnies différentes n’ont pas les mêmes droits, comme en Afrique du Sud durant l’Apartheid ou Israël, NdlR).

Est-ce toujours le cas en Europe et aux États-Unis aujourd’hui ?

Domenico Losurdo. Aux États-Unis, regardons Guantanamo, Abu Grahib ou ce genre de prisons en Afghanistan. Dans ce cas, le gouvernement de la loi n’est pas valable. Mais, si nous ne considérons pas seulement les rapports entre individus mais les rapports entre États, c’est clair que l’impérialisme américain ou européen ne veut pas reconnaître l’égalité entre les États. Quelle est l’idéologie que l’Occident représente ? Il avance que « le Conseil de sécurité de l’ONU nous donne l’autorisation de faire une guerre  ». Bien. Mais si le Conseil refuse de donner cette autorisation, je vais m’attribuer à moi-même le droit de faire la guerre, par exemple en Yougoslavie, en Irak ou en Syrie. En ce qui concerne les rapports entre l’Occident et le reste du monde, l’Occident fonctionne encore comme une démocratie pour le peuple des seigneurs.

Je cite un historien américain, George Fredrickson, qui explique que, dans l’État racial qu’étaient les États-Unis des années 1930, les discriminations raciales ne sont pas différentes de l’attitude du IIIe Reich par rapport aux juifs. A la fin du 19e siècle et au début du 20e, aux États-Unis, le lynchage contre les Noirs est organisé comme un spectacle de masse. C’est une torture qui dure plusieurs heures. Les écoliers ont un jour de congé pour assister à ce spectacle. L’historien décrit comment la Herrenvolk Democracy peut se transformer en dictature pour le peuple des seigneurs. A la moitié du 19e siècle, en Caroline du Sud, la peine de mort n’est pas réservée à l’esclave fugueur mais aussi à toute personne qui l’a aidé dans son évasion. Chaque Américain était obligé de devenir un chasseur d’hommes, la mobilisation était en faveur de l’esclavage, il régnait une atmosphère totalitaire. Dans les conditions d’une crise historique comme celle qui s’est vérifiée dans les années 1930, cette démocratie n’a pas de difficulté à se transformer dans une dictature. Si nous lisons l’histoire des États-Unis, nous voyons la grande validité de la thèse de Marx et Engels selon laquelle « ne peut être libre un peuple qui opprime un autre peuple ».

Et cette logique continue encore aujourd’hui. J’ai parlé de Guantanamo. Là-bas, les prisonniers sont torturés. Ils sont considérés comme des barbares. En général, ce ne sont pas des citoyens des États-Unis. Mais il y a une exception. Chaque mardi, Obama discute avec la CIA de la « kill-list  », la liste des personnes qui peuvent être tuées par les drones car ils sont suspectés de terrorisme. Dans cette liste, il y a des citoyens des États-Unis. Même pour les citoyens américains, cette démocratie pour le peuple des seigneurs peut se retourner contre eux.

De nombreux historiens rejettent la notion d’universalisme. Vous, non. Pourquoi ?

Domenico Losurdo. Ce bilan historique qui critique l’universalisme en tant que tel n’est pas correct. Si nous prenons le chapitre le plus terrible de l’histoire du colonialisme, c’est le nazisme. Le nazisme est la radicalisation de la tradition coloniale. Il suffit de lire les discours d’Hitler. Ou les écrits de Rosenberg, l’idéologue du IIIe Reich. Il parle avec chaleur de l’État racial des États-Unis. Il dit que c’est l’État du futur. Le colonialisme a-t-il été conduit par l’universalisme ou par l’anti-universalisme ? Le nazisme veut réduire à l’esclavage ou exterminer les « Untermenschen  », les sous-hommes. Ces êtres qui ont l’apparence d’hommes mais qui n’en sont pas. Le nazisme a été le plus grand anti-universalisme. Il a même détruit le concept universel d’homme. Il y a les vrais, les aryens. Et les autres. Rosenberg dit même que l’universalisme est une invention de la race juive. Si on se penche sur l’histoire de ce terme Untermensch, ce ne sont pas les nazis qui l’ont inventé. C’est la traduction de « under man  », qui vient des États-Unis, au début du 20e siècle, qui définissait les Noirs. Il y a avait donc déjà à cette époque la déconstruction du concept d’homme universel.

Quel a été le mouvement qui a mis en question le colonialisme ?
La Révolution d’Octobre. Lénine ne lance pas seulement un appel aux ouvriers à s’insurger contre le capitalisme, l’impérialisme. Il lance un autre appel aux esclaves des colonies à se révolter contre la domination des soi-disant races supérieures. L’idéologie de Lénine est universaliste.

Dans votre livre, vous identifiez deux courants : le radicalisme et le libéralisme

Domenico Losurdo. Le libéralisme est une catégorie bien plus large que le radicalisme. Le libéralisme, c’est la défense de l’individu contre le pouvoir de l’Etat. Mais à chaque période, le libéralisme a donné une définition différente. Andrew Fletcher, au 17e siècle, qui se considérait républicain (ce qui à l’époque était très révolutionnaire, car tout le monde était monarchiste), critiquait le pouvoir absolu du monarque. Il parle la langue de la liberté de l’individu. Mais, de l’autre côté, Fletcher est pour l’esclavage et même pour l’esclavage des vagabonds blancs. Pour lui, l’individu était seulement l’individu de la classe dominante, la classe plus riche anglaise. Pour cet individu, il est prêt à mener une grande lutte contre le pouvoir monarchique. C’est la première phase du libéralisme.

Pour la seconde phase, prenons John Locke (philosophe anglais du 17e siècle, NdlR). Pour lui, l’esclavage blanc est à exclure. Mais bien sûr, pas celui des Noirs. Il était d’ailleurs actionnaire de la Royal African Company, la société qui faisait la traite des noirs. Dans cette période, l’individu est seulement l’individu blanc. Les Noirs ne sont pas constitués d’individus, ils sont des instruments de travail. Après la Guerre de sécession et l’abolition de l’esclavage noir, les libéraux critiquent l’esclavage en général, mais, aux États-Unis et dans les colonies européennes, le gouvernement de la loi n’est pas valable pour les races inférieures. Le libéralisme est pour le droit des libertés individuelles mais qui n’est pas compris dans son universalité. Les causes d’exclusion diffèrent selon les époques et les phases du libéralisme. Il s’adapte aux grandes luttes.

Quelle différence entre libéralisme et radicalisme ? Prenons Tocqueville. Il critique l’esclavage officiel. Il était abolitionniste mais jamais il n’aurait pensé à encourager une révolte des esclaves. Il ne considérait pas les Noirs comme des interlocuteurs valables. C’étaient toujours les Blancs. Prenons Condorcet (philosophe français du 18e siècle, NdlR). Il écrit une lettre ouverte aux esclaves noirs. Ce sont les interlocuteurs de Condorcet. Il va encore plus loin : il dit que « les esclavagistes ne considèrent pas les Noirs comme hommes. Moi, je considère homme seulement les Noirs, pas les propriétaires d’esclaves  ». Pour lui, les amis de la liberté sont les Noirs et les esclaves noirs. Tandis que les propriétaires d’esclaves ne sont pas considérés comme interlocuteurs par Condorcet. Pour lui, ce sont des ennemis de la liberté. Le radicalisme, c’est ça.

Vous faites le portrait du libéralisme. Mais vous évoquez aussi une alternative.

Domenico Losurdo. Dans le dernier paragraphe sur l’héritage du libéralisme, je fais appel aux courants anticapitalistes, aux communistes à ne pas négliger cet héritage permanent. Les communistes doivent apprendre quelque chose du libéralisme. Dans d’autres livres, j’ai parlé de la nécessité de la « démessianisation » du programme communiste. Après la Révolution d’octobre, un grand philosophe allemand, Ernst Bloch, qui, dans la première édition de son livre Esprit de l’utopie, affirme que les Soviets vont transformer le pouvoir en amour. C’est le messianisme. Il n’y a plus de contradiction. Dans la deuxième édition, il l’a effacé. Le problème n’est pas le transformation du pouvoir en amour.

La société post-capitaliste ne sera pas l’amour universel, comme l’a pensé un moment Bloch. Ce sera une société où il n’y aura plus de contradiction antagoniste. Nous avons besoin de penser une émancipation radicale, mais qui n’est pas la fin de l’histoire.

 

Domenico Losurdo,

Contre-histoire du libéralisme, La Découverte, 2013, 300 p., 28, 40 euros, en vente sur www.ptbshop.be.

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