Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

0
parti.jpg 
thumbnail-copie-3.jpeg
4cb23c12e9-copie-1.jpg8071d6d8-f802-11df-a4d8-fa25b9579a36-copie-2.jpg 
Capture-du-2012-05-09-21-11-58.png
0
saint-communiste.jpg
00
0
soviet_propaganda.png

 vps-final.jpg

 

BDS-boycott-produits-israel.jpg

  

Recherche

lp.jpg

Léonard PELTIER 

 

arton1476.jpg

Archives

 free-the-miami-5-logo-colour.jpg

 

 rubon1-54e3a.jpgcuba-si.jpg

 

c.jpg

France  Cuba

cuba-si-3.jpg 

cuba_linda.jpg 

 

 

 

motocollant 2010 small

 

 

Thierry-copie-2.jpgHommage à

Thierry MENGUY

 


index.jpg 

une avocate

au service

du salarié

 

Maître

  Verrier Ouahmane Aicha

 

1 RESIDENCE DU PARC
  94430 Chennevières-sur-marne
 Téléphone : 01.49.62.04.45
 Fax : 01.45.76.13.17
 verrier.ouahmane@wanadoo.fr





Articles Récents

  • POUR LES FEMME D'ESPAGNE EN 2014 La nuit, la Résistance ... reprise d'un texte de 2009 Alain Girard Je hais les coups d’état, je hais la violence aveugle d’hommes de pouvoir quant ils ne sont pas de simples nervis, ceux là sont sans doute les pires. Je...
  • Obsèques d'Henri Alleg
    Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Esso...
  • Décès d'Henri Alleg
    Les communistes sont en deuil, les communistes valentonnais bien plus encore. Henri Alleg, Henri l'infatiguable du combat anticolonialiste, de celui pour un Etat palestinien, de celui pour une société à laquelle il donnait un nom: socialiste. Henri, ce...
  • METROPOLES
    METROPOLES Déclaration de l’ANECR Assemblée Nationale Affirmation des métropoles : discuter en 3 jours d’un remodelage profond de la République est un scandale ! Les amendements gouvernementaux adoptés par la commission des lois de l’Assemblée Nationale...
  • Un nouveau club politique prend racine | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr CHAUNY - Le club Nouveau siècle verra le jour en septembre. Ou plutôt son antenne régionale. Une réunion d’information s’est tenue samedi matin. Objectif : réfléchir sur la société actuelle.
  • Il n'y a plus rien Ferré
    merci tovaritchi mais l'"vènement cd'est le rassemblemnt réusii des communistes azinbt quentinnois, aussi fort que Léo www.youtube.com Une œuvre magistrale, qui présente notre temps alors qu'elle le précède. Merci Léo, tu nous a marqué à jamais et ce...
  • Alain Girard shared Le libre service de la...
    Alain Girard shared Le libre service de la solidarité's photo.
  • Le candidat rouge sera Olivier Tournay | Aisne Nouvelle
    www.aisnenouvelle.fr SAINT-QUENTIN - Le militant Olivier Tournay a profité de la Fête des libertés ce dimanche au stade Bienfait pour annoncer sa candidature aux municipales 2014.
  • Alain Girard shared Sinn Féin shop's photo.
  • Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's...
    Alain Girard shared LE MONDE DE SAN-ANTONIO's photo.

 

Découvrez la playlist valentonrouge avec Francesca Solleville

Red_Cavalry_Riding.jpg
La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
sainr-just.jpg
   

A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

KM.jpg


9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 17:52

 

Game-Over--.jpgBen Laden éliminé, la Libye bombardée, Marrakech endeuillée, la Syrie martyrisée, la Côte d’Ivoire ramenée à l’ordre colonialiste, le Portugal garroté par le FMI et l’Union européenne. En quelques semaines, le monde a connu des bouleversements considérables. Pour aller vers où ?

 

Tout va très vite. Personne n’aurait parié, il y a peu encore, le moindre centime d’euro sur les changements en cours dans les pays arabes. Pas le moindre kopeck non plus sur la mort de Ben Laden, sur les départs forcés de dictateurs, sur les mouvements de populations en faveur de la liberté et la démocratie. En matière de politique internationale, il est difficile de prévoir les changements qui pourtant travaillent en profondeur les sociétés dans leur diversité. Les souffrances et les mécontentements sont souvent connus. Pas le moment où la colère va éclater.

Ce n’est pas dans ces colonnes que l’on regrettera la mort du chef terroriste, créature nord-américaine, le tristement célèbre Ben Laden, la lente fin du dictateur Kadhafi, la disparition de la scène politique de personnages peu recommandables. Pourtant, il n’est pas interdit de s’interroger sur les conditions d’un assassinat, sur les méthodes employées comme les bombardements et autres expéditions blindées.

Dans tous les cas, les pays occidentaux dits du Nord sont impliqués dans des opérations militaires plus ou moins tordues alimentant la colère de centaines de millions d’hommes et de femmes des pays dits du Sud. A force de croire que NOTRE démocratie constitue un MODELE pour tous, à force de vouloir régenter le monde avec en perspective le pillage des ressources des pays émergeants, l’Occident creuse sa propre tombe.

Un fait devient incontournable : la « communauté » internationale, contrairement à ce que l’on nous claironne sur tous les tons, n’existe pas. Les puissances les plus riches de la planète décident des affaires du monde. L’ONU est reléguée au rang d’appendice, les organisations régionales font de la figuration. Le pouvoir, le vrai pouvoir, celui du fric et des armes reste toujours cantonné à Washington et dans quelques capitales européennes. C’est là que l’on décide de tout.

Exemples ? Ces mêmes capitales, avec retard et stupidité, ont exprimé une sympathie hypocrite aux mouvements populaires tunisiens et égyptiens. Dans le même temps, les Etats-Unis restent à la manœuvre avec l’armée égyptienne et les proches de l’ancien pouvoir. En Tunisie, les policiers de Ben Ali de retour (sont-ils jamais partis ?) s’en donnent à cœur joie lors des récentes manifestations durement réprimées sans entraîner une seule protestation du côté de Paris tandis qu’en Côte d’Ivoire, les blindés français ont ouvert la voie à l’installation de M. Ouattara à la tête de l’Etat. Quant à l’opération US pour éliminer Ben Laden, elle a eu lieu au nez et à la barbe des autorités civiles d’Islamabad, certainement pas des services secrets pakistanais.

Ces interventions dans les affaires de pays tiers au nom de la « liberté » et de la promotion « démocratique » provoquent en certains endroits des manifestations de joie compréhensibles surtout lorsqu’on vit encore sous le choc de l’attentat contre les tours jumelles de New York. Mais nous savons moins qu’en Afrique, en Asie et ailleurs dans le monde, elles aiguisent des haines qui, un jour ou l’autre, pourraient exploser en violences incontrôlables.


José Fort

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 20:10

FESTEJOS-2-300x212.jpg

"Rafael Correa : “Il faut travailler sur la base de ce triomphe”

http://cubasilorraine.over-blog.org/article-equateur-nouvelle-victoire-electorale-de-la-revolution-citoyenne-contre-les-medias-prives-73395163.html

 

 

Le président de l’Equateur Rafael Correa a célébré la victoire populaire obtenue lors du référendum organisé ce samedi 7 mai 2011. Le Conseil électoral national annonce un score à peu près définitif de 61% des équatoriens ayant voté pour le “Oui” aux dix questions qui leur étaient proposées, soit une victoire du "Oui" dans 18 provinces sur 24. Correa a rappelé que ce scrutin est la huitième victoire consécutive de la Révolution Citoyenne. “Je remercie les 11 millions d’équatoriens qui ont participé et qui ont appuyé cette initiative.”

Dans une interview retransmite par Telesur, Correa a précisé que la décision souveraine de la population permettra notamment à l’Équateur de mettre fin au processus de décomposition dans lequel était tombé le système judiciaire. Le président, victime d’un coup d’État en octobre 2010 de la part des secteurs d’extrême-droite de la police alliés aux médias privés et aux États-Unis, a relevé qu’”une fois de plus les grands médias ont mené une féroce campagne pour le “non” mais que le peuple a gagné et a exprimé la confiance et l’espoir qu’il dépose dans notre Révolution Citoyenne. Nous allons éliminer l’exploitation des travailleurs et offrír une meilleur cadre de vie aux jeunes et aux adolescents."

Ce ne sont pas les opposants qui ont été les principaux adversaires du “Oui” mais une presse qui plus que jamais a dépassé toutes les limites et a perdu tout scrupule”. Mais le peuple nous croit, il sait que nous tenons nos promesses et que nous n’allons pas le tromper”. Il a rappelé qu’à dater de ce jour on dispose de huit mois pour concrétiser les nombreuses modifications constitutionnelles approuvées et il n’a pas écarté une nouvelle montée en puissance de la guerre médiatique. Il convoquera dès lundi le président de l’Assemblée Nationale pour que celle-ci commence à légiférer en fonction des points approuvés dans le référendum.

Les équatoriens ont exprimé leurs opinions sur de nombreux thèmes qui vont de la réforme du système judiciaire à la démocratisation de la propriété des médias. Parmi les questions soumises aux équatorien(ne)s figuraient l’interdiction des liens entre les entreprises du système financier privé et les entreprises du secteur des communications. ou la création d’un Conseil de Régulation des médias lorsqu’ils diffusent des messages violents et discriminatoires.

 

La population a également été consultée sur la restructuration du Conseil de la Magistrature et la limite aux mesures de protection liées aux délits les plus graves afin de faire baisser la délinquance, ou encore sur la caducité de la prison préventive et la règlementation des recours constitutionnels. L’élimination des casinos et l’élimination des spectacles basés sur la souffrance animale – corridas et combats de coq, figuraient aussi dans la longue liste.

Traduction : Thierry Deronne

 

Sources : Agences (AVN, PL) 07/05/2011


Source : La révolution Vive

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 15:21

mp.png

http://www.nonfiction.fr/article-4590-p2-entrer_au_cur_du_reacteur_cetait_ca_mon_travail_temoignage_dun_gitan_du_nucleaire.htm

 

Le robot de recherche de fissure (kizu robotto) fait 40 cm de long et 20 cm de large. On appelle ça un "robot araignée". Le chef prend de longues minutes pour me donner des explications, la tête enfoncée dans le hublot. A l’époque, je n’avais pas conscience de la folie qu’il y avait à s’exposer ainsi aux radiations. J’éprouve un certain malaise aujourd’hui quand je pense au comportement "audacieux" des ouvriers.
 
Cet homme qui continue à regarder imperturbablement l’intérieur du cœur n’éprouve-t-il pas de la crainte ? me disais-je. Alors que j’étais protégé de la tête aux pieds, lui ne mettait pas même son masque. J’ai appris récemment qu’un gars qui travaillait à Hamaoka (centrale nucléaire située au sud de Tôkyô) et qui faisait beaucoup d’inspections non-destructives, a eu un cancer de la mâchoire. Ses collègues s’en sont inquiétés mais l’exploitant Chûbu Electric Power Company a refusé de reconnaître qu’il s’agit d’une maladie professionnelle. De nombreux collègues n’ont pas osé prendre la parole pour exprimer leurs craintes concernant les conséquences du travail en zone sur la santé. Mais ils portent un regard plein de haine sur la Chûbu maintenant.
 
Ce travailleur atteint d’un cancer lui s’est battu, a porté l’affaire devant les tribunaux mais a perdu. J’ai appris qu’il est mort d’une hémorragie provoquée par sa maladie. S’exprimant sur ce cas, le professeur Akio Ôhashi de l’université de Shizuoka a expliqué qu’il avait l’intime conviction que l’origine de son cancer venait de son travail à la centrale d’Hamaoka. Il y a 30 ans, lorsque j’écoutais les explications de l’employé de la JNDI, j’ai du être moi-aussi touché par ces radiations extrêmes.
 
Les crabes du réacteur

 
Une fois les explications terminées, je me préparais à entrer. On plaça un escabeau devant la bouche d’entrée puis, accroupis, j’attendais le signal du chef. D’un signe de tête de sa part, j’entre de moitié. Aussitôt, une sensation violente m’atteint et ma tête est comme comprimée. N’écoutant que mon courage, je plonge entièrement à l’intérieur du cœur du réacteur. Le bourdonnement dans mes oreilles s’intensifie. Beaucoup d’ouvriers disent que lorsqu’on plonge dans un réacteur, on entend comme des crabes ramper au sol. Une fois le travail terminé, lorsqu’on rentre chez soi, ce bruit vous poursuit. Un écrivain en a même fait un roman en 1981, qui s’appelle "les crabes du réacteur" (genshiro no kani)
 
Dans mon cas, je n’ai pas entendu ce son mais plutôt un bruit continu, comme des soutras récités sur un tempo rapide. Et cette sensation affreuse d’avoir la tête comprimée. Je me relève rapidement et fixe le casque sur ma tête. Forcé de rester courbé, j’attrape le robot et crie "ok" aux techniciens restés dehors. Une fois désactivé, je le défais de la paroi et constate surpris qu’il est très léger. Je replace les pieds dans les trous convenablement et crie à nouveau "ok". Une fois vérifié un à un que les pieds sont correctement mis en place, je hurle "ok" et ressort en courant de la cuve, pris de panique. Cela n’avait duré que 15 secondes.

180 millisieverts en 15 secondes

Une fois ressorti, l’employé de la JDNI continue de pencher sa tête à l’intérieur de la cuve pour vérifier que le robot est bien mis. Je me dis que ce gars a toutes les qualifications requises pour un cancer du globe oculaire. Je m’éloigne rapidement de cette zone pour aller enlever ma tenue de protection. Ma combinaison étant désormais extrêmement contaminée, je la retire avec prudence. Une fois la combinaison Tyvek retirée et mise à l’envers, les ouvriers la prennent et la jettent dans un sac en plastique. Je pouvais enfin respirer à l’air libre.
 
Distraitement, je sors mon compteur geiger et je constate qu’il indique plus de 180 millisieverts. J’avais peine à croire qu’en seulement 15 secondes, j’avais absorbé une dose aussi importante. Après cela, j’ai continué à travailler dans le nucléaire. J’ai eu l’occasion de replonger une seconde fois dans le cœur d’un réacteur. Je n’ai jamais réussi à surmonter l’angoisse qui s’emparait alors de moi, et ce bourdonnement dans les oreilles
 
Takeshi Kawakami
 
(traduit par Mathieu Gaulène)

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 17:25

Chavez4ever.jpg

 

 

« Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur »
Proverbe


Malaise au sein du processus bolivarien. En extradant l’opposant communiste Joaquin Pérez Becerra vers la Colombie, le président Hugo Chavez vient de fissurer l’unité révolutionnaire qui entourait le projet du socialisme du XXIème siècle au Venezuela. Les commentaires, plus que critiques, sur l’attitude du “comandante” ne se compte plus sur l’ensemble des sites d’informations alternatifs et autres blogs. Il en ressort un sentiment général de dégoût et de colère.

Le 30 avril, dans une intervention publique, le président vénézuélien s’est expliqué sur cet événement, assumant l’entière responsabilité de l’arrestation de Pérez Becerra et de son transfert à Bogota. « je suis le responsable d’avoir envoyé ce monsieur au gouvernement de Colombie, c’est moi qui ai donné l’ordre, car il était sollicité par Interpol. Maintenant, le gouvernement colombien devra assumer sa responsabilité » (1). Un discours se voulant explicatif sur les raisons d’un tel choix mais qui s’est avéré être en fait bien maladroit, voir amplement différent à ce qu’on pouvait attendre de la part du premier mandataire bolivarien : «  Est-ce ma faute si ce monsieur, sollicité par Interpol, avec un code rouge, décide, pour les raisons que ce soit, de venir au Venezuela ? (...) Est-ce ma faute ? Il arrive à Maiquetia, le président de Colombie m’appelle et me dit : “Monsieur le président, j’ai une information comme quoi arrive un homme recherché par Interpol” (...) La responsabilité n’est pas mienne, le premier responsable c’est ce monsieur qui vient ici sachant qu’il est recherché par Interpol par code rouge ! Que chacun assume sa responsabilité ! » se défend le président sous les applaudissements de son auditoire. (2)

D’habitude si prompt à voler dans les plumes du gouvernement colombien voilà que Chavez s’attaque ici au plus faible. Là, le coupable c’est cet homme, réfugié politique de nationalité suédoise, survivant d’un massacre d’état envers un parti politique (l’Union Patriotique) qui, par son déplacement, se rendrait coupable de son extradition à Bogota. Le président en arriva même à le comparer à Chavez Abarca, terroriste anti-castriste, arrêté et extradé à Cuba par le Venezuela (3). Une confusion des genres qui traduit la faiblesse d’un argumentaire bien peu convaincant dans cette affaire.

« Qui l’a invité ici ? Qui lui a tendu un piège ? car on lui a tendu un piège à ce monsieur » reconnut tout de même le président ; « Ils ont voulu nous refiler la patate chaude. Donc, si je l’attrape je suis le méchant, et si je ne l’attrape pas je suis aussi le méchant. J’ai accompli ma responsabilité et nous l’avons capturé » (4). Cette phrase résume bien le fond du problème. Confrontée à ce dilemme là, la gauche était en mesure d’attendre que le dirigeant révolutionnaire choisisse l’éthique plutôt que la loi internationale. Car ce qu’oublie de dire Chavez, c’est que dans un cas ou l’autre ce n’est pas aux yeux des mêmes personnes qu’il serait perçu comme le “méchant”. « Je crois que le titre de méchant, selon qui me l’applique je saurais qu’est-ce que je suis » rappelait Ingrid Storgen dans un article en réponse à l’intervention de Chavez au titre accusateur : “De l’erreur à l’horreur il n’y a qu’un pas” (5). Par sa décision de livrer Pérez Becerra, Chavez a choisi à qui il préférait ne pas déplaire.

A tout cela s’ajoute les attaques à l’encontre des personnes opposées à l’extradition de Pérez Becerra, qualifiées de gauchistes favorisant le jeu de l’extrême droite. « Personne ne va venir me faire chanter, personne, ni de l’extrême droite, ni de l’extrême gauche, ni personne ! Et je vais vous dire, plusieurs de ceux qui brûlaient Nicolas (en fait un mannequin à l’effigie de Nicolas Maduro, ministre des relations extérieures), quand j’étais prisonnier, soutenaient Caldera ! (6) Plusieurs de ceux qui parlaient là de marxisme-léninisme et je ne sais quoi, se voulant plus pape que le Pape (...) Ceux qui veulent maintenant me brûler, m’appeler contre-révolutionnaire, traître à la cause marxiste-léniniste mondiale et bien très bien, moi je continue là, à travailler avec le peuple vénézuélien (...) réalisant une véritable révolution socialiste ! » (7). Il n’est pas difficile ici de voir une réponse au Parti Communiste du Venezuela qui s’est rapidement mobilisé contre l’extradition de l’opposant colombien qualifiant « d’illégale » cette décision (8). Faisant bloc derrière son chef, le PSUV (Parti socialiste unifié de Venezuela) a déclaré être en accord avec le choix du président de livrer Becerra aux autorités colombiennes accusant les contestataires de servir les « intérêts de la droite » (9). En confrontation ouverte avec les communistes, le député socialiste Roy Daza a affirmé, lors d’un entretien radiophonique, que « le PCV doit une explication de sa position tant au PSUV qu’au pays, que faisait cet homme ici ? Tentait-il de ruiner des relations qui ont tant coûté à renouer avec la Colombie ? (...) c’est une position opportuniste, je ne crois pas que le PCV ait perdu la confiance dans le gouvernement, je crois qu’il ne l’a jamais eu » (10). Un refroidissement des relations entre les deux partis qui survient au moment où émerge l’idée de la création d’un pôle patriotique regroupant tous les partisans de la révolution bolivarienne, auquel le PCV avait récemment apporté son soutien. (11)

Avec l’extradition du réfugié colombien par les autorités vénézuéliennes, Juan Manuel Santos « vient de marquer un point » relevait la correspondante Marie Delcas dans le journal Le Monde (12). Avec la division qui semble se dessiner au sein du processus bolivarien c’est un deuxième point qui s’affiche au compteur du gouvernement colombien.

Le “piège” tendu à Chavez bien plus qu’à Becerra semble avoir réussi. Malgré la mise en place d’avancées sociales (comme l’augmentation de 25% du salaire national (13)) une partie de la gauche latino-américaine (et mondiale) a ressenti cette affaire comme une “erreur” de la part du dirigeant révolutionnaire ou une “traitrise” dans le pire des cas. Aujourd’hui entre les mains de l’état colombien, Joaquin Pérez Becerra a été sacrifié, victime de la raison d’état, au détriment de la morale révolutionnaire. Une donnée pourtant loin d’être anodine pour celui qui veut s’assurer un soutien populaire plutôt que d’avoir bonne presse auprès des puissants.

Le gouvernement colombien continue lui d’afficher sa nature clairement répressive envers les mouvements sociaux, notamment lors des manifestation du 1er mai, s’attaquant brutalement aux manifestants dans la capitale (14) et allant jusqu’à blesser le conseiller municipal communiste Jaime Caicedo (15). Le rapprochement avec un état de ce genre là est-il donc si nécessaire ? Cela vaut-il une rupture au sein du mouvement bolivarien ? Cela vaut-il la vie d’un homme, vraiment ?

 

Loïc Ramirez

 

(1) http://www.pcv-venezuela.org/index....

(2) (3) (4) Ibid.

(5) http://www.kaosenlared.net/noticia/...

(6) Référence au coup d’état avorté de 1992 pendant lequel Rafael Caldera était le président du Venezuela.

(7) http://www.pcv-venezuela.org/index....

(8) http://internacional.eluniversal.co...

(9) http://www.rnv.gov.ve/noticias/?act...

(10) http://www.unionradio.net/actualida...

(11) http://www.el-nacional.com/www/site...ñala-que-Polo-Patriótico-debe-ser-útil-para-mejorar-la-revolución

(12) Journal Le Monde, jeudi 28 avril 2011

(13) http://socio13.wordpress.com/2011/0...

(14) http://www.telesurtv.net/secciones/...

(15) http://ciudaddemocratica.com/node/106

 


http://www.legrandsoir.info/L-heure-des-bons-et-des-mauvais-choix.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 12:41

arton1476Mumia Abu-Jamal est dans les couloirs de la mort depuis 29 ans. Et maintenant la Cour vient de statuer que sa condamnation est inconstitutionnelle. Quand apprendrons-nous ?


Mumia Abu-Jamal un ancien membre des Black Panther a passé 29 ans dans le couloir de la mort après avoir été jugé coupable du meurtre de Daniel Faulkner, un officier de police de Philadelphie.

Le cas du condamné à mort Mumia Abu-Jamal a pris une tournure surprenante cette semaine, quand une Cour d’appel fédérale a jugé pour la seconde fois que la condamnation à mort de Abu-Jamal était inconstitutionnelle. La troisième Cour d’appel régionale des USA située à Philadelphie a jugé que les instructions que le jury avait reçues avant la délibération ainsi que l’énoncé du verdict qu’il devait utiliser pour décider de la sentence, n’étaient pas claires. Ce jugement ne porte pas sur les désaccords autour de sa culpabilité ou de son innocence, mais il met en lumière les problèmes inhérents à la peine de mort et au système de justice pénale et en particulier le rôle joué par la race.

Le matin du 9 décembre de bonne heure, l’officier de police de Philadelphie Daniel Faulkner a signalé à William Cook, le frère d’Abu-Jamal, d’arrêter sa voiture au bord de la route. Il y a eu des coups de feu et l’officier Faulkner et Abu-Jamal ont tous les deux été blessés. Faulkner est mort et Abu-Jamal a été jugé coupable du meurtre par une Cour présidée par le juge Albert Sabo qui est bien connu pour être raciste. Une greffière du tribunal rapporté une des remarques horriblement racistes du juge ; elle l’aurait entendu dire dans l’antichambre du tribunal : "Je vais les aider à faire griller ce nègre."

La dernière décision de la Cour d’appel a un rapport étroit avec la manière dont Sabo a mené la phase de la sentence au procès de Abu-Jamal. La Cour suprême de Pennsylvanie a étudié divers arguments contradictoires pour déterminer si le procès d’Abu-Jamal a été équitable ou non. La conclusion à laquelle la Cour d’appel a abouti à l’unanimité cette semaine, est que le procès n’a pas été équitable. Le procureur de Philadelphie, Seth Williams, a décidé de faire appel de la décision à la Cour suprême des USA car selon lui :

"Il faut maintenant demander à la Cour suprême des USA de statuer là-dessus."

A l’issu de ce jugement, Abu-Jamal pourrait bénéficier d’une nouvelle audience de détermination de la peine* au tribunal devant un jury. Au cours de cette nouvelle audience, le jury recevrait des instructions claires sur la manière de décider de l’application d’une peine de prison à vie plutôt que d’une peine de mort - ce dont il n’a pas bénéficié en 1982 selon la Cour. Au mieux, Abu-Jamal sortirait du cruel isolement carcéral du couloir de la mort de la prison de SCI Greene en Pennsylvanie. John Payton, le conseiller directeur du NAACP legal defence fund qui représente Abu-Jamal à la Cour a dit :

"Cette décision est un pas important dans la lutte menée pour corriger les erreurs de ce triste chapitre de l’histoire de la Pennsylvanie... et elle nous permet de reléguer loin dans le passé le type d’injustice qui avait généré cette condamnation à mort."

Son autre avocat, Judith Ritter, professeur de droit à Widener University school of law, m’a dit : "Cette décision revêt une importance capitale. C’est une question de vie ou de mort." Je lui ai demandé si elle avait réussi à parler à Abu-Jamal et elle m’a dit que la prison avait refusé sa demande pour un appel téléphonique légal d’urgence. Cela ne m’a pas surpris, moi qui couvre son cas depuis des années.

Ses efforts pour se faire entendre ont rencontré de multiples obstacles. Le 12 août 1999, alors que je recevais à l’antenne l’organisation "Democraty now" (démocratie maintenant), Abu-Jamal a appelé au milieu du bulletin d’informations pour qu’on l’interviewe. Au moment où il commençait à parler un garde de la prison a arraché le téléphone du mur. Abu-Jamal a rappelé un mois plus tard et il a dit :

"Un autre garde est arrivé en hurlant de toutes ses forces : "Cet appel est terminé !" J’ai immédiatement appelé le sergent qui était présent et qui observait la scène et je lui ai demandé : "Sergent qui a donné cet ordre ?" Il a haussé les épaules et a dit : "Je ne sais pas. On nous a juste appelés pour nous dire de vous couper."

Abu-Jamal a poursuivi la prison pour violation de ses droits et à gagné le procès.

En dépit du l’isolement carcéral, Abu-Jamal a continué son travail de journaliste. Ses chroniques hebdomadaires sont diffusées à la radio de la côte atlantique à la côte pacifique. Il est l’auteur de six livres. Il a été récemment invité à faire une conférence sur l’incarcération raciale à l’Université de Princeton. Il a dit (en parlant dans un micro avec un téléphone portable) :

"Il y a beaucoup d’hommes, de femmes et de jeunes... emprisonnés dans les bâtiments de l’industrie carcérale ici aux USA. Comme beaucoup d’entre vous le savent, les USA qui ne représentent que 5% de la population mondiale, ont dans leurs prisons 25% des prisonniers du monde... le nombre des prisonniers noirs y est supérieur à celui de l’Afrique du Sud à l’apogée de l’horrible système d’apartheid."

Les Etats-Unis sont la seule nation du monde à s’accrocher à la peine de mort. En fait, ils font partie, avec la Chine, l’Iran, la Corée du Nord, l’Arabie Saoudite et le Yémen, des pays qui effectuent le plus d’exécutions à mort. La décision de cette semaine concernant le cas d’Abu-Jamal est un argument de plus en faveur de l’abolition de la peine de mort.

Denis Moynihan a participé aux recherches pour cet article.

Note :

*Pour les délits graves aux USA la sentence est généralement prononcée lors d’une "sentencing hearing" au cours de laquelle le procureur et la défense présentent leurs arguments en faveur de la peine qui leur paraît appropriée. Pour les délits mineurs la sentence est soit déterminée d’avance soit prononcée immédiatement après la condamnation.

Pour consulter l’original : http://www.guardian.co.uk/commentis...

Traduction : D. Muselet pour LGS


http://www.legrandsoir.info/La-peine-capitale-le-pire-crime-des-USA.html
Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 19:14

r.png

 

 

L’annonce faite par l’administration Obama, ce lundi 2 mai 2011, de la mort du fondateur d’al-Qaïda, Oussama Ben Laden, vient ajouter un nom supplémentaire à la liste déjà longue des leaders arabes qui, après avoir étroitement collaboré avec Washington et ses alliés européens, étaient, à la suite d’événements et de retournements de situation divers, devenus gênants pour leurs anciens alliés.


Il ne s’agit pas, ici, de polémiquer sur les circonstances particulières qui ont entouré l’exécution d’Oussama Ben Laden, ni non plus sur la manière non moins étrange dont les autorités états-uniennes, après avoir enlevé son corps sur un de leur bateau de guerre, l’ont fait disparaître illico presto en l’ensevelissant dans les profondeurs de la Mer d’Oman, mais bien de s’interroger sur la série de décès et accidents cérébraux ou vasculaires qui touche l’élite arabe, autant de personnalités de premier plan ayant eu d’étroites relations avec l’hyper-puissance américaine et qui, certainement, auraient eu bien des choses à dire, à révéler, à expliquer…


Que de surprises et de détails croustillants aurait réservé un tribunal public où, sur la sellette, se serait assis cet homme qui fut financé et armé par les Etats-Unis d’Amérique lorsqu’il s’agissait de combattre les Soviétiques en Afghanistan, dans les années 70’ et 80’, lui que les présidents Carter et Reagan qualifièrent de « freedom fighter » ! Quelle tribune exceptionnelle un tribunal eût été pour cet homme bien au courant des ficelles et des coulisses de la politique états-unienne à travers tout le monde arabe ! Bien mieux que les « révélations » de Wikileaks, un tel procès eût défrayé la chronique…


Serait-ce pour cette raison qu’il a été nécessaire de lui mettre du plomb dans la tête ? Et serait-ce pour cette même raison qu’un autre homme qui en savait trop, le président irakien Saddam Hussein, fut quant à lui jugé à la va-vite, sur base de chefs d’accusation mineurs qui écartèrent des débats les responsabilités états-uniennes et européennes, et ce non pas devant un tribunal international, mais face à des juges locaux, et pour finir au bout d’une corde ?


Et puis, on se souviendra aussi des embrassades de Bernard Kouchner et de Nicolas Sarkozy, serrant bien fort contre leur cœur leur « ami » Zine el-Abidine Ben Ali, le dictateur tunisien. On se rappellera sans peine des amabilités et des sourires à pleines dents de Barak Obama pour Hosni Moubarak, sa meilleure carte au Proche-Orient. Impossible d’oublier les accolades chaleureuses et complices, les petites tapes dans le dos, de Sylvio Berlusconi, à l’égard du colonel Mouammar Kadhafi.


Pendant des années (des décennies !) et jusqu’il a fort peu, ces tyrans ont bien servi leurs « amis » d’Occident. Recevant armes et reconnaissance sur la scène internationale, ils bénéficiaient de la politique du singe : « je ne vois rien ; je n’entends rien ; je ne dis rien » ; mais je soutiens, j’arme et je finance…


Ces tyrans, en échange, ont asservi leur peuple, l’ont soumis aux intérêts de plusieurs milliers de sociétés états-uniennes et européennes, qui ont pillé les matières premières de ces pays et fait violence à une main-d’œuvre surexploitée, amassant eux-mêmes des fortunes colossales, tandis que leurs sujets survivaient dans la misère et la précarité, s’entassant par centaines de milliers, à Tripoli comme au Caire, dans ces immeubles mal bâtis, surchauffés au soleil de l’été torride, payant, pressurés et dépouillés de tout, des loyers démesurés qui ajoutaient ce crime à l’empire de leurs maîtres et à la richesse des partenaires et supporters que ces derniers trouvaient en Occident.


N’est-il pas plaisant, dès lors, d’entendre aujourd’hui le président Obama condamner les années de dictature et se féliciter de ce que le peuple égyptien se soit débarrassé du despotisme ? D’entendre Monsieur Sarkozy « hausser le ton » et imposer, manu militari, des sanctions au dictateur libyen ?


A qui s’adressent donc ces discours ? Pas à leurs anciens alliés. Ni non plus aux peuples d’Afrique du nord et d’Orient, qui les haïssent et ne sont dupes en aucun cas de leurs simagrées hypocrites.


C’est à nous qu’ils s’adressent, à nous, citoyens de l’Occident. Nos gouvernants font maintenant la fine bouche, s’indignant publiquement, se dédouanant à qui mieux-mieux. Et nous, nous sommes tout prêts à les croire, à les applaudir et à nous indigner avec eux, sûrs de notre bonne conscience, à les saluer, même, pour leur sens de l’honneur, des responsabilités, et l’amour de la liberté. Nous ne sommes pas dupes, nous non plus, pourtant. Mais leurs discours nous conviennent bien. N’est-ce pas nous qui les avons élus ? Ne sont-ce pas nos voix (ou notre silence) qui ont cautionné leur politique ?


Mais toutes les dictatures du monde soutenues par l’Occident, tous les Bouteflika d’Algérie, les Mohamed du Maroc, les généraux de Birmanie, les Kabila du Congo, les Abdallah de Jordanie… tous devraient désormais se le tenir pour dit : le jour où vous ne pourrez plus servir à l’Occident, vous serez abandonnés à la vindicte de vos peuples, rejetés comme les derniers des parias, éliminés d’une balle dans la tête.


Saddam Hussein pendu haut et court ; Zine el-Abidine Ben Ali dans le coma ; Hosni Moubarak victime d’une crise cardiaque ; Mouammar Kadhafi bombardé dans sa résidence de Tripoli ; Oussama Ben Laden exécuté à bout portant… Certes, le procédé n’est pas nouveau : de Salavador Allende à Ernesto Guevara, de Patrice Lumumba à Slobodan Milosevic, on a toujours su faire taire...


Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : on meurt beaucoup, depuis un certain temps, dans les hautes sphères du monde arabe.


Pierre PICCININ
professeur d’histoire et de sciences politiques


http://www.legrandsoir.info/De-Saddam-Hussein-a-Oussama-Ben-Laden-du-bon-usage-de-l-assassinat-politique-en-terre-arabe.html

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 19:10

e.png

Langue d'origine : vietnamien
Traduit par Nguyên Van Su
2004, 19 euros

 


Le tome III des Mémoiresde l'ex-commandant en chef de l'Armée populaire du Vietnam, couvrant l'année 1954 : la vision vietnamiene de la bataille décisive qui mis fin à la présence française au Vietnam.

Diên Piên Phu, le rendez-vous de l'histoire est le dernier tome des Mémoires du général Vo Nguyên Giap portant sur la période 1946-1954. L'auteur, qui fut le commandant en chef de l'armée populaire du Viêtnam durant trente ans et l'un des principaux acteurs de la bataille de Diên Biên Phu, a consulté de nombreux documents, aussi bien viet-namiens, qu'occidentaux, sur cet événement décisif da la guerre d'Indochine. Il nous en livre aujourd'hui un compte rendu précis et détaillé, émaillé de ses propres jugements et réflexions. Plusieurs ouvrages publiés affirment que Navarre, le commandant en chef du corps expéditionnaire français, a, lors de l'opération Castor, largué ses parachutistes sur Diên Biên Phu se fiant à des renseignements qui signalaient le mouvement vers le nord-ouest d'unités de l'armée vietnamienne ayant franchi la Da (rivière Noire). Pour le général Giap, l'occupation de Diên Biên Phu au cours de l'hiver et du printemps 1953-1954 était intentionnelle et succédait à l'opération Mouette dans le delta du Nord, qui devait permettre à Navarre d'avoir les mains libres pour pouvoir, lancer l'opération Atlante visant à occuper les trois provinces-libres de la Ve interzone, dans le Centre méridional. Il estime que c'était là une action raisonnable, une nécessité dans l'exécution du plan Navarre et que, par conséquent, il ne s'agissait pas, du moins initialement, d'une erreur. Cinquante ans après la fin du conflit, l'auteur en aborde les divers aspects avec une rare franchise. Le général Giap raAnako conté notamment comment il réussit par deux fois à sauver ses troupes, s'abstenant même parfois de combattre et laissant en Navarre se croire vainqueur. Le tome III des
Mémoires
du général Giap ne décrit pas uniquement la bataille de Diên Biên Phu, il retrace l'histoire toute entière de la résistance viêtnamienne. Selon l'auteur, si les Viênamiens sont sortis vainqueurs du conflit, c'est qu'ils ont su, en se fondant sur leur tradition ancestrale du combat et la pensée de Ho Chi Minh, mener une véritable « guerre du peuple ».

 
z.png
« La bataille de Dien Bien Phu fut un gigantesque enchevêtrement de vies et de destins. Elle fut perdue, côté français, par l'état-major. Mais gagnée, des deux côtés, par des hommes qui sacrifièrent tout : les Vietnamiens pour obtenir à l'arraché une victoire décisive; les Français, les tirailleurs sénégalais, les tabors marocains pour finir prisonniers, pris dans l'étau d'une guerre qui leur échappait. Les lignes les plus émouvantes de Vo Nguyen Giap, général à la retenue de plume toute socialiste, concernent le commando viêt-minh qui, le 6 mai 1954 vers 23 h, fit sauter la colline Eliane 2 après avoir creusé un tunnel sous les défenses françaises et bourré ses entrailles d'explosifs. » (extrait d'un article de Richard Werly, Le Temps, 8 mai 2004)

La Résistance encerclée : Le tome 1 des Mémoiresdu général Giap (1946-1950)

Le chemin menant à Diên Biên Phu : Le tome 2 des Mémoiresdu général Giap (1950-1953)

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 21:54

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2010/11/12/france-la-dictature-de-la-bourgeoisie.html

2425222870.jpgPour Marx, « l’État n’est rien d’autre qu’un appareil pour opprimer une classe par un autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie ».

A propos de la lutte des classes en France au XIXème siècle, il notait : « Au fur et à mesure que le progrès de l’industrie moderne développait, élargissait, intensifiait l’antagonisme de classe entre le capital et le travail, le pouvoir d’État prenait de plus en plus le caractère d’un pouvoir public organisé aux fins d’asservissement social, d’un appareil de domination d’une classe ».


819953133.jpgPour Lénine, « les formes d’Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d’une manière ou d’une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie ».

Il en résulte que la démocratie, dans la société capitaliste, ne peut jamais être « qu’une démocratie tronquée, misérable, falsifiée, une démocratie uniquement pour les riches, pour la minorité ».

Il ajoutait : « le suffrage universel, l’Assemblée constituante, le Parlement [...] ne sont que la forme qui ne modifient rien au fond ».

Tout ce qui est important se décide dans les coulisses (conseils d’administration, cabinets, chancelleries, états-majors) et « dans les parlements, on ne fait que bavarder, à seule fin de duper le "bon peuple" ».


1461634455.JPGQuant à Rosa Luxemburg, elle précisait : « Si, dans l'intérêt du développement social, [l’Etat] se charge de fonctions d'intérêt général, c'est uniquement parce que, et seulement dans la mesure où, ses intérêts et le développement social coïncident avec les intérêts de la classe dominante en général ».

Et, en 1918, un mois avant d'être assassinée par la soldatesque de l'Etat allemand, elle avertissait : « Dernier rejeton de la caste des exploiteurs, la classe capitaliste impérialiste surpasse en brutalité, en cynisme, en abjection toutes celles qui l’ont précédée. Elle défendra ce qu’elle a de plus sacré : le profit et le privilège de l’exploitation avec ses dents et ses ongles. Elle emploiera les méthodes sadiques dont elle a fait montre dans toute sa politique coloniale et au cours de la dernière guerre ».

Le massacre de masse qui a mis un terme à la Commune de Paris en 1871 est là pour rappeler que la 3ème République française - toute démocratique qu’elle soit - est née sur un tas de 20.000 cadavres. Un bain de sang qui n'a d'égal que ceux que l’on impute généralement aux régimes « autoritaires » ou « dictatoriaux ».

D’autres répressions contre la classe ouvrière suivront mais sans qu’elles n’atteignent jamais le même degré de sauvagerie. C’est que depuis la Commune de Paris aucun mouvement révolutionnaire n’a jamais menacé l’existence de la bourgeoisie française en tant que classe.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 21:40

h_4_ill_1122685_chavez.jpg

Le président Hugo Chávez dans le labyrinthe colombien


Par MAURICE LEMOINE*


« Le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela informe que, le [samedi] 23 avril 2011, a été détenu à l’aéroport international Simón Bolivar de Maiquetía [Caracas], le citoyen de nationalité colombienne Joaquín Pérez Becerra, carte d’identité 16 610 245, alors qu’il tentait d’entrer dans le pays dans un vol commercial en provenance de la ville de Francfort (Allemagne). »

Pérez Becerra sur lequel, selon la version officielle, pesait un mandat d’arrêt « code rouge » d’Interpol pour « terrorisme », a été extradé dès le lundi 25 en Colombie, à la demande du gouvernement de ce pays qui souhaite le juger en tant que responsable du front international des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en Europe. Le ministère de l’intérieur et de la justice vénézuélien a fait savoir que, à travers cette expulsion, Caracas « ratifie son engagement inébranlable dans la lutte contre la délinquance et le crime organisé, dans le strict accomplissement de ses engagements et de la coopération internationale ». De son côté, le président colombien Juan Manuel Santos, après avoir remercié publiquement son homologue Hugo Chávez, a apporté quelques précisions sur les dessous de cette arrestation. D’après son récit, il a, le samedi matin, pendant le vol de Pérez Becerra entre l’Allemagne et le Venezuela, appelé M. Chávez : « Je lui ai donné le nom et lui ai demandé de collaborer à son arrestation. Il n’a pas hésité. C’est une preuve de plus que notre coopération est effective (1). » Caracas n’a pas démenti cette version des faits.

Cette opération conjointe de deux pays que tout oppose et dont les relations tumultueuses ont alimenté la chronique ces dernières années provoque un fort malaise au sein des organisations sociales et des secteurs de gauche latino-américains qui, depuis 1998, se sont le plus mobilisés pour défendre la révolution bolivarienne face aux attaques dont elle est l’objet – et en particulier depuis la Colombie. L’attitude du président Chávez a été questionnée, critiquée, et parfois dans les termes les plus durs, tant au Venezuela qu’à l’étranger. La tonalité des réactions pourrait se résumer de la manière suivante : « Comment un gouvernant qui se dit révolutionnaire peut-il collaborer avec les services secrets colombiens et américains ? »

Le sort réservé à Pérez Becerra soulève en effet de nombreuses questions.

Né en Colombie, il a été membre de l’Union patriotique (UP), un parti légal né en 1985, dont les membres, militants et dirigeants ont été exterminés (4 000 morts) par les paramilitaires, instruments du terrorisme d’Etat. En 1994, après l’assassinat de son épouse, il a dû fuir son pays pour sauver sa vie et s’est exilé à Stockholm où, renonçant à sa nationalité d’origine, il est devenu légalement Suédois. Contrairement à ce que prétendent Bogotá et Caracas, il n’est donc pas (plus) colombien.

S’il a refait sa vie et fondé une famille, ce survivant de la guerre sale n’a pas abandonné pour autant le combat politique et est devenu directeur de l’Agence ’information nouvelle Colombie (Anncol), créée en 1996 par des journalistes latino-américains et européens. Très critique à l’égard du palais de Nariño (2), dénonçant sans concessions la collusion entre paramilitarisme et sphères gouvernementales, les scandales des « chuzadas » et des « faux positifs » (3), Anncol publie également, entre de nombreuses autres sources, des communiqués des FARC. Cela ne fait pas du directeur de ce média alternatif un « terroriste », haut responsable de l’organisation d’opposition armée sur le continent européen.

Comment se fait-il par ailleurs que ce citoyen –prétendument recherché par Interpol en « alerte rouge » – n’ait jamais été inquiété en Suède, pays dans lequel il vit depuis presque vingt ans ? Comment se fait-il qu’il ait pu aborder sans problèmes un avion à Francfort, aéroport européen dont on peine à imaginer une telle négligence en matière de sécurité ? Caracas et Bogotá seraient-elles les seules capitales au monde à recevoir les avis d’Interpol ? En l’état actuel des informations disponibles, on peut émettre une première hypothèse : un tel mandat d’arrêt n’existait pas.

Organisme international, Interpol ne mène pas d’enquêtes criminelles et ne possède pas de « service action ». Il centralise simplement les avis de recherche émis par les polices des pays membres – chacun possédant un Bureau central national (BCN) – et, dans le cadre de la coopération transfrontalière, les répercute à tous ses correspondants. Il est donc parfaitement possible – sauf démentis, dans les jours qui viennent, des gouvernements suédois et/ou allemand – que le mandat d’arrêt international pesant sur Pérez Becerra ait été émis et transmis au BCN de Bogotá par la police colombienne lorsque celle-ci a su, grâce à ses services de renseignement, qu’il se trouvait déjà dans l’avion où, dès lors, il était piégé. Il ne restait au président Santos, deux heures avant l’atterrissage, qu’à appeler M. Chávez – qui est tombé dans la machination, tête baissée.

Seule autre explication possible, au cas où ce mandat d’arrêt aurait existé antérieurement : les charges invoquées étaient trop inconsistantes pour que la police et le gouvernement suédois aient envisagé d’interpeller et d’extrader leur citoyen. Ou alors, il faut faire sienne la thèse (qui laisse perplexe, mais est évoquée par M. Chávez) d’une conspiration (Stockholm ?)-Washington-Bogotá-Interpol-CIA qui aurait patiemment attendu un voyage de M. Pérez Becerra au Venezuela pour sortir le mandat de sous la table et mettre Caracas dans l’embarras : « Si je l’extrade, je suis le mauvais, si je ne l’extrade pas, je suis le mauvais aussi (4). »

Néanmoins… Pérez Becerra a été « expédié » en quarante-huit heures en Colombie, sans que la justice vénézuélienne n’ait eu à examiner son cas. Une telle précipitation fait-elle partie des usages ? Depuis 2005, Caracas réclame à Bogotá l’extradition de M. Pedro Carmona Estanga, ex-patron des patrons recherché pour avoir pris le pouvoir illégalement et dissous tous les pouvoirs publics, lors du coup d’Etat d’avril 2002 ; il semblerait que la justice colombienne prend davantage de temps pour « réfléchir » avant de prendre une décision.

Durant sa détention dans les locaux du Service bolivarien du renseignement national (Sebin), Pérez Becerra a été soumis à un total isolement ; aucun de ses interlocuteurs n’a accepté de tenir compte de ses documents d’identité suédois ; il n’a pas eu droit à une assistance juridique ni à prendre contact avec un fonctionnaire de l’ambassade de Suède. Dans ces conditions, son affaire s’apparente de fait à l’enlèvement par un commando colombien bénéficiant de complicités locales, le 13 décembre 2004, en plein Caracas, de M. Rodrigo Granda – qui lui était réellement membre de la Commission internationale des FARC –, affaire qui avait provoqué à l’époque une réaction vigoureuse (et justifiée) du président Chavez.

Nul ne peut sérieusement contester que le rapprochement entre la Colombie et le Venezuela, depuis l’arrivée au pouvoir de M. Santos, le 7 août 2010, constitue une évolution positive, tant la liste a été longue des incidents qui, durant la présidence de M. Álvaro Uribe, ont culminé avec la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, en novembre 2007 et juillet 2010. Une trêve s’est instaurée. Pour des raisons économiques, Bogotá a besoin d’une normalisation : en raison de la fermeture épisodique des frontières, les exportations colombiennes au Venezuela sont passées de 6 milliards de dollars en 2008 à 1,4 milliard en 2010.

De son côté, la République bolivarienne, à qui ces importations font défaut, a également tout intérêt à ce que son voisin mette un terme à la campagne qui, en parfaite syntonie avec Washington, a tendu à faire du Venezuela un « complice du terrorisme » et un « narco-Etat ». Dès lors, chacun y trouvant avantage, c’est à celui des deux présidents qui donnera – en apparence ! – le plus de signes de bonne volonté. Et c’est au nom de la raison d’Etat qu’il a semblé difficile – voire impossible – à M. Chávez de refuser l’extradition demandée alors que M. Santos venait de lui en accorder une de toute première importance, celle du narcotrafiquant vénézuélien (présumé) Walid Makled.

A l’époque de sa gloire, M. Makled, richissime homme d’affaires, a été propriétaire de la compagnie aérienne Aeropostal et a contrôlé plus d’un tiers des ports et aéroports vénézuéliens. En 2008, ses deux frères Alex et Abdalá ayant été arrêtés en possession de 400 kilos de cocaïne, il s’est enfui pour échapper au mandat d’arrêt émis contre lui, avant d’être finalement arrêté, le 18 août 2010, à Cúcuta, en Colombie. Son extradition a été réclamée par le Venezuela dès le 26 août (outre le trafic de drogue, on lui impute dans ce pays trois assassinats) et, le 6 octobre, par les Etats-Unis qui le considèrent comme un « capo » particulièrement important.

Avec la complicité des autorités colombiennes, M. Makled a, depuis une prison de « haute sécurité » particulièrement permissive, passé son temps à accorder des interviews aux médias colombiens et vénézuéliens (d’opposition – pour ne pas dire « uribistes »), expliquant qu’il a bénéficié de complicités au plus haut niveau, civil et militaire, de la République bolivarienne, et participé au financement de telle ou telle campagne électorale, à l’occasion. Il a également précisé qu’il préférait être extradé aux Etats-Unis et qu’il était prêt à « négocier à 100 % avec la justice américaine ».

On connaît le fonctionnement de celle-ci dans ce genre de cas. En échange de « révélations » réelles et/ou fabriquées qui servent la politique de Washington (et pas uniquement en matière de narcotrafic !), le prévenu peut se voir offrir des remises de peine particulièrement alléchantes. Ce qu’a parfaitement saisi le président Chávez quand il a déclaré : « Le jeu de l’Empire est d’offrir à cet homme va savoir combien de facilités, et y compris sa protection, pour qu’il commence à vomir tout ce qu’il veut contre le Venezuela et son président (5). » D’où l’intérêt de le juger à Caracas et – beaucoup l’espèrent en tout cas au sein de la base « chaviste » – de mettre à jour, si son procès en confirme l’existence, les réseaux de corruption qui, à tous les niveaux, gangrènent le Venezuela. C’est donc un cadeau royal qu’a fait M. Santos au gouvernement bolivarien lorsque, malgré les intenses pressions des Etats-Unis, il a annoncé, le 13 avril, que M. Makled serait extradé au Venezuela (à l’heure où nous rédigeons ce texte, ce dernier se trouve néanmoins toujours en Colombie !).

Raison d’Etat, donc. Cruelle mais nécessaire, selon la formule consacrée. Mais le bât blesse – et doublement. Car à pragmatique, pragmatique et demi.

M. Santos ne sort pas du néant. Ministre de la défense du président Uribe, il a activement participé à la mise en oeuvre de sa meurtrière politique de « sécurité démocratique » et est directement impliqué dans le scandale des « faux positifs ». Depuis son arrivée au pouvoir, il a pris ses distances et ne manque pas une occasion de se démarquer de son prédécesseur (qui le lui rend bien), s’offrant à peu de frais une image de « modéré ». Enfin, beaucoup plus subtil que M. Uribe, il « joue » (dans tous les sens du mot) l’apaisement avec le Venezuela. En est-il pour autant un nouvel « ami » ? Ce pays va-t-il voir se réduire le niveau d’agression auquel il a été jusque-là soumis ? On peut en douter sérieusement.

Certes, la Colombie annonce l’extradition de M. Makled à Caracas. Mais ses autorités ont fait savoir que, auparavant, des fonctionnaires américains seraient autorisés à l’interroger. On peut donc s’attendre à ce que prochainement (c’est-à-dire avant l’élection présidentielle vénézuélienne de 2012), des « révélations fracassantes », qu’elles corroborent ou non celles que le trafiquant fera à la justice de son pays, alimentent les médias et la « communauté internationale » d’un délicieux venin made in USA. En un mot : la bombe à retardement que souhaitait neutraliser Caracas n’a nullement été désamorcée.

Elle l’est d’autant moins que, par ailleurs, à Londres, l’International Institute for Strategic Studies (IISS) annonce la présentation publique, le 10 mai, d’un ouvrage intitulé The FARC Files : Venezuela, Ecuador and the Secret Archive of Raúl Reyes (Les dossiers des FARC : le Venezuela, l’Equateur et les archives secrètes de Raúl Reyes). Le livre contiendra, est-il annoncé, une analyse du matériel contenu dans les trois clés USB et les disques durs des deux ordinateurs trouvés près du corps du responsable des relations internationales des FARC, Raúl Reyes, lors de sa mort sous un bombardement, en territoire équatorien, le 1er mars 2008. Sujets à caution, indéfendables sur le plan juridique, les milliers de documents en question, censément certifiés par Interpol, ont déjà amplement servi, par le biais de médias acquis à « la cause », à accréditer la thèse selon laquelle Caracas (de même que Quito) apporte un soutien financier, politique et militaire massif à la guérilla (6).

Quelque peu oubliés ces derniers temps, les « ordinateurs magiques » vont donc resurgir fort à propos. Le dossier sera accompagné, précise l’IISS, d’un CD-Rom contenant leurs e-mails les plus importants. Formidable ! Il s’agit de documents on ne peut plus inédits ! Ils surprendront sans doute le capitaine Ronald Ayden Coy Ortiz, rédacteur du rapport de la division antiterroriste de la Direction des enquêtes criminelles (Dijin) de la police colombienne sur le matériel informatique « appartenant à l’ex-guérillero ». Dès la fin 2008, entendu par la justice colombienne à la demande de son homologue équatorienne, il a révélé sous serment que l’« ordinateur » de Reyes ne contenait « aucun courrier électronique ». On n’y a trouvé que des fichiers Word et Microsoft, avec des « copies de courriers » (7) – que n’importe qui, dès lors, a pu introduire : le rapport d’Interpol consacré à ce matériel précise que des milliers de ces fichiers ont été créés, modifiés ou supprimés après qu’ils soient tombés entre les mains de l’armée, puis de la police colombiennes (8) .

Bien entendu, quand se réactivera cette « campagne » dont on peut prévoir qu’elle sera fort médiatisée – et fera passer au second plan les avancées sociales du gouvernement bolivarien –, M. Santos pourra toujours objecter à « son ami Chávez » qu’il n’est pas responsable des publications de l’IISS. Mais c’est bien lui qui, ministre de la Défense et aux ordres de ses patrons Uribe et George W. Bush, a, en 2008, organisé cette manipulation et diffusé les « archives de Raúl Reyes » aux quatre vents.

Le chef de l’Etat colombien gagne donc sur tous les tableaux. Ni « l’Empire » ni la droite vénézuélienne ne sauront gré au président Chávez d’avoir agi dans le sens de leurs intérêts. Comble de l’ironie et du cynisme, on a même pu entendre M. Rafael Uzcátegui, secrétaire général du parti d’opposition Patrie pour tous (PPT ; deux députés) s’inquiéter : « Le pays se demande qui est président du Venezuela : Hugo Chávez ou Juan Manuel Santos (9) ? » A gauche, en revanche, une fracture apparaît – impliquant les plus fidèles soutiens de la révolution bolivarienne, qui s’estiment trahis dans leurs idéaux, leur internationalisme et leur solidarité à l’égard de Pérez Becerra.

Nul ne peut décemment demander à Caracas de prendre fait et cause pour les guérillas. Le conflit colombien doit se régler en Colombie, entre colombiens (avec une médiation acceptée par tous les belligérants, le cas échéant). Le Venezuela, de son côté, peut légitimement estimer ne pas avoir à pâtir de la guerre interne qui – et il n’en est pas responsable – déchire son voisin. Mais le temps n’est pas si loin (en janvier 2008) où, l’analysant dans sa réalité profonde, le président Chávez invitait la communauté internationale à cesser de considérer les FARC (et l’Armée de libération nationale ; ELN) comme des « groupes terroristes » et à reconnaître les raisons politiques de leur lutte armée. Qui aurait pu imaginer alors la Patrie de Bolivar extradant un journaliste, exilé en Europe, dont le seul tort est de déchirer le voile de silence qui, pour une grande part, recouvre la Colombie ?

Enfin, le Venezuela n’est pas le seul à devoir être interpellé… Cette pénible affaire n’aurait pas lieu d’être si, dès avant son départ de Suède, le voyage de Pérez Becerra n’avait été détecté et signalé. Depuis 2010, la Colombie a déployé, on le sait, dans le cadre d’une campagne d’intimidation – l’Opération Europe –, ses services de renseignement sur le vieux continent. Non seulement ceux-ci surveillent les Colombiens exilés, leurs amis latino-américains ou autres, les journalistes « mal pensants », mais ils ont été jusqu’à espionner, pour tenter d’en neutraliser l’influence ou les discréditer, la Commission des droits de l’homme du Parlement européen, les eurodéputés « non sympathisants » (du gouvernement colombien), les organisations de défense des droits de l’homme, etc.

Le 25 octobre 2010, à Madrid, une vingtaine de membres d’organisations non gouvernementales (ONG) espagnoles ont porté plainte contre l’ancien président Uribe pour avoir été espionnés, écoutés sur leurs lignes téléphoniques, poursuivis et menacés. Cinq jours plus tard, c’est à Bruxelles, et pour les mêmes motifs – filatures, prises de photos et de vidéos, vols de documents et de disques durs d’ordinateurs, menaces lors de voyages effectués en Colombie dans le cadre de projets de coopération européenne – que les victimes de ce type de pratiques ont également saisi la justice.

A ce jour, pas plus l’Union européenne que son Parlement – qui ne rêve que de finaliser la négociation d’un Traité de libre-commerce avec le pays andin – n’ont enquêté ou agi contre ces actions illégales de Bogotá. Si, comme c’est leur devoir, ils l’avaient fait, Pérez Becerra ne serait sans doute pas enfermé aujourd’hui, comme tant d’autres prisonniers politiques, dans une geôle de Colombie. Il ne peut désormais espérer qu’une action vigoureuse de la Suède qui, le 27 avril, a demandé des explications au Venezuela pour ne pas avoir été informée de la détention de son ressortissant et de son extradition.

De l’ « affaire Pérez Becerra », il reste, pour l’instant : une droite vénézuélienne qui s’amuse et compte les points, une gauche bolivarienne troublée et divisée, donc affaiblie, un survivant de l’UP retombé entre les mains de ses bourreaux et un Santos qui mène le bal au niveau régional… Le bilan n’a rien de satisfaisant.

* Ex rédacteur en chef au Monde diplomatique.

Notes :

1 El Tiempo, Bogota, 25 avril 2010.

2 Le palais présidentiel colombien.

3 Chuzadas : écoutes téléphoniques organisées au plus haut niveau de l’Etat ; « faux positifs » : assassinats par l’armée colombienne de citoyens lambdas qu’on fait ensuite passer pour des guérilleros morts au combat (la justice a entre les mains plus de 3 000 cas).

4 Radio Nacional de Venezuela, Caracas, 30 avril 2011.

5 El Nacional, Caracas, 8 novembre 2010.

6 Lire « La Colombie, Interpol et le cyberguérillero » et « Emissaire français en Colombie », Le Monde diplomatique, respectivement juillet 2008 et mai 2009.

7 Canal Uno (Bogotá) et El Nuevo Herald (Miami), respectivement le 1er novembre et le 5 décembre 2008.

8 Informe forense de Interpol sobre los ordenadores y equipos informáticos de las FARC décomisados por Colombia, OIPC-Interpol, Lyon, mai 2008, pages 31 à 35.

9 El Nuevo Herald, 30 avril 2011.

Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article
2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 18:06

a-copie-1.png

 

 

Source : http://www.street-trash.org/textes/a...

 

XIX siècle : Invasion de la Floride et de territoires mexicains.

1915-1934 : Occupation d’Haïti.

Début des années 1920 : République dominicaine :Installation du dictateur Trujillo.

Fin des années 1920 : Nicaragua : envoi de Marines.

1946-1992 : Phillippines : aide à la répression des opposants politiques.

1947 : Italie : début de l’opération gladio : 15 000 paramilitaires prêts à renverser l’Etat italien.

1947-1949 : Grèce : Conseillers militaires contre la guerilla communiste.

1950 : Porto-Rico : Occupation.

1950 : Guerre contre la Corée du nord (2 millions de morts).

1953-1978 : Iran : La CIA installe le shah au pouvoir.

1954 : Guatemala : La CIA installe une dictature (répression : 150 000 assassinats).

1957-1986 : Haïti : Soutien aux dictatures de « Papa » et « Bébé Doc ». 1958 : Liban : Des milliers de marines protègent le gouvernement pro-US.

1960 : Congo : La CIA aide Mobutu à assassiner P. Lumumba et à prendre le pouvoir.

1960 : Embargo (illégal) contre Cuba.

1961 : Cuba : La CIA organise le débarquement de « la baie des cochons ».

1961-1972 : Guerre du Viet-Nam (des millions de morts).

1961-1972 : Bombardement du Laos et du Cambodge.

1964 : Les marines écrasent une insurrection au Panama.

1965 : Indonésie : La CIA organise et équipe le gouvernement pour réprimer les communistes : 700 000 victimes.

1965 : République dominicaine : intervention militaire (10 000 morts et 40% de la population exilée).

1967 : Grèce : La CIA aide à l’instauration de la dictature des colonels.

1970 : La CIA épaule les iraniens qui tentent d’envahir Oman.

1970 : Les USA s’impliquent militairement et diplomatiquement du côté d’Israël.

11 septembre 1973 : La CIA installe Pinochet au pouvoir au Chili.

1975-1999 : Timor oriental : occupation indonésienne soutenue par les USA (1/3 de la population massacrée).

1975-1990 : Angola : soutien militaire à Savimbi (300 000 morts).

1977 : Congo : la CIA soutient un soulèvement contre Mobutu.

1979 : Vietnam : invasion par les khmers rouges, soutenus par les USA et la Chine.

1980-1988 : Irak : Soutien à Saddam Hussein dans la guerre Iran-Irak.

1980-1990 : Salvador : Intervention contre-insurectionnelle au côté de l’armée et des escadrons de la mort (entre 70 et 100 000 morts, 600 000 réfugiés).

1981-1988 : Nicaragua : soutien et formation des milices contras à l’ « école des Amériques » (50 000 morts).

1982-1984 : Liban : Les soldats américains assistent sans réagir aux massacres des palestiniens orchestrés par les phalangistes (l’invasion israëlienne fera 20 000 victimes).

1983 : Grenade : Invasion de Grenade, dite « invasion des banques ».

1986 : Lybie : Bombardements (centaines de victimes).

1987 : Iles Fidji : coup d’Etat soutenu par la CIA.

1989 : Philippines : l’aviation américaine épaule l’armée philippine dans ses opérations de répression.

1989 : Panama : 26 000 soldats américains attaquent leur ancien agent Noriega (centaines de victimes civiles).

Années 1990 : Colombie : guerre « anti drogue » et soutien au gouvernement (plus d’un million de réfugiés).

1990-1994 : Kurdistan ouest :l’armée turque armée et soutenue par les USA intensifie son action (milliers de villages détruits, napalm, 3 millions de déplacés ou sans abris, dizaines de milliers de blessés). 1991 : Guerre du golfe.

1991-2003 : Embargo contre l’Irak (500 000 enfants morts sur 5 ans).

1991 : Haïti : un colonel formé aux USA, suivi par l’armée entraînée par les américains, déclenche un coup d’Etat.

1992 : Congo : Mobutu (de nouveau soutenu par la CIA) est renversé...

1994 : Haïti : intervention pour le retour du président Aristide, sous condition qu’il ne se représente pas.

1998 : Soudan : bombardement d’usines pharmaceutiques.

1998 : Bombardements sur l’Irak.

1999 : Yougoslavie : Bombardement de la Serbie et du Kosovo, intensification de la répression serbe.

2002 : Afghanistan : Invasion après avoir soutenu les talibans pour un oléoduc...

2003 : Attaque contre l’Irak.



Repost 0
Published by valenton rouge - dans Monde
commenter cet article