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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 19:26

 

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Élu maire de la grande ville de Diyarbakir au Kurdistan, Osman Baydemir est poursuivi, avec 150 autres prévenus, 
par le gouvernement turc. Leur crime, défendre la reconnaissance du peuple kurde. Entretien.

Bien que maire démocra-tiquement élu, vous êtes poursuivi pour « atteinte à la sécurité de l’État ». Quelle est votre réaction ?

Osman Baydemir. Je suis avocat depuis 1995 et, depuis cette date, les inculpations et les condamnations à mon encontre sont quatre fois supérieures à celles de mes clients ! On peut dire que l’AKP (le Parti de la justice et du développement, formation du premier ministre turc, Recep Erdogan – NDLR) est très compétent pour maquiller les choses, pour transformer le noir en blanc. En 2006, les lois ont été changées en Turquie, permettant de mettre des enfants en prison. À douze ans, treize ans ou quatorze ans, des centaines de gosses ont été condamnés, certains à trente ans d’emprisonnement. Personne n’a rien dit. Mais, quand il y trois mois, ce même pouvoir a allégé le dispositif, les représentants de l’UE s’en sont félicités en oubliant qui était à l’origine de cette loi.

La question kurde n’a rien à voir avec le terrorisme, contrairement à ce que l’on voudrait faire croire. C’est une lutte pour la justice, la liberté, l’égalité. L’Europe doit savoir cela. Malheureusement elle se contente d’une information unilatérale, venant de l’État turc. Depuis plusieurs années, les représentants ne viennent plus, de façon officielle, dans la région du Kurdistan. Ils se contentent de rencontres à Istanbul et Ankara. Ils acceptent tout ce que dit le gouvernement turc concernant la question kurde. Il faudrait au contraire que les gouvernements européens, les institutions de l’Union européenne, vérifient les informations et rencontrent les représentants kurdes, notamment le BDP (Parti pour la paix et la démocratie dont est membre Osman Baydemir – NDLR). Mais pour que les États européens changent leur politique il faut une pression de l’opinion publique. Le rôle des médias est particulièrement important. Que votre journal, l’Humanité, soit le seul média international présent au procès, à Diyarbakir, est important et un signe de l’attitude des autres grands médias qui préfèrent rester à Istanbul. Il y aura des libérations de prisonniers pour satisfaire l’UE mais dans le même temps beaucoup d’arrestations. Devant le tribunal, nous n’obtiendrons rien. Tout dépendra de la mobilisation de l’opinion publique, en France et en Europe.

 

Que répondez-vous aux accusations de terrorisme ?

Osman Baydemir. Si défendre les droits de l’homme et la démocratie est un crime, alors, oui, je commets un crime. Si revendiquer le droit à ma culture, à mon identité, à ma langue, est un crime alors, oui, je suis un criminel. Nous continuerons à lutter et à commettre ce crime jusqu’à la reconnaissance de nos droits. Nous ne revendiquons pas grand-chose. Nous voulons une Turquie démocratique et un Kurdistan décentralisé, autonome. Nous ne sommes pas contre une grande Assemblée nationale en Turquie. Mais nous voulons aussi un parlement au niveau régional. Nous ne sommes pas contre le fait que le turc soit la langue officielle mais nous voulons que dans le cadre d’une décentralisation, au Kurdistan, le kurde soit aussi une langue officielle. Comme la Catalogne en Espagne, par exemple. C’est la 29e révolte kurde. Nous continuerons jusqu’à la reconnaissance de notre réalité.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 19:03

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http://www.monde-diplomatique.fr/2010/05/BOUVERESSE/19088

Le « New York Times », qui pourtant ne l’aime guère, a dit de Noam Chomsky qu’il était « sans doute le plus grand intellectuel vivant ». Linguiste qui a révolutionné sa discipline, Chomsky est plus largement connu dans le monde pour sa critique du pouvoir, inspirée par la tradition libertaire, pour sa disposition à remuer sa plume ailleurs que dans la plaie des autres, et pour les critiques redoutables qu’il a toujours adressées au « clergé séculier » des intellectuels et des journalistes. Il sera à Paris du 28 au 31 mai.

Par Jacques Bouveresse

A ceux qui l’accusaient de se comporter, envers son pays, comme « l’oiseau qui salit son propre nid », Karl Kraus a répondu qu’on peut très bien, dans certaines circonstances, se sentir au contraire sali par son propre nid et éprouver le besoin légitime de le rendre, si possible, un peu plus propre ; ce qui a eu pour conséquence qu’il s’est « attiré la haine des gens sales à un degré qui pourrait être sans égal dans l’histoire de la vie intellectuelle (1) ».

C’est, à bien des égards, dans une situation tout à fait semblable que se trouve aujourd’hui Noam Chomsky. Aux yeux d’une bonne partie du monde intellectuel, qui s’accommode, somme toute, assez bien de la saleté qu’il dénonce, il est, lui aussi, l’oiseau dont l’activité principale consiste à souiller le ou les nids dont il est matériellement, et devrait être spirituellement, un occupant : en premier lieu, bien entendu, les Etats-Unis, mais également l’Europe, les démocraties occidentales en général, l’Etat d’Israël, les élites intellectuelles, le monde scientifique, l’université, le système d’enseignement, etc.

Celui qui, comme c’était déjà le cas de Kraus, pense et agit en fonction de l’idée qu’un intellectuel doit balayer d’abord devant la porte de son propre pays, en espérant que les autres feront la même chose de leur côté, peut être pratiquement certain de se heurter à la protestation violente de gens qui réagissent à peu près comme si cela revenait ipso facto à affirmer que la vérité, le bon droit et la justice se trouvent toujours entièrement du côté de l’ennemi.

C’est un problème que Chomsky connaît sûrement mieux que personne. S’il dénonce, en choisissant de les appeler par leur nom, les abus de pouvoir, les injustices, les violences et les crimes commis par son propre pays contre d’autres, c’est censé signifier qu’il trouve normales les actions de cette sorte quand ce sont les ennemis qui s’y livrent. S’il qualifie de « terrorisme international d’Etat » ou de « terrorisme de gros » ce que les Etats-Unis et les Etats clients qu’ils soutiennent se considèrent comme autorisés à faire, en toute impunité, dans certains pays, cela implique, affirme-t-on, qu’il nie la réalité pourtant peu contestable et l’atrocité bien réelle du « terrorisme de détail » que représente l’activité des groupes islamistes et autres. Etc.

De la même façon, si, comme le fait Chomsky, on utilise l’expression « modèle de propagande » pour décrire le fonctionnement des médias dans une démocratie comme les Etats-Unis, où la presse est réputée entièrement libre et indépendante, cela ne peut constituer qu’une calomnie et une injure, alors qu’il est tout à fait normal et naturel de l’appliquer à d’autres, sans se poser la moindre question sur le degré auquel son usage peut être justifié.

Voilà quelques années, Chomsky soulignait que les intellectuels de gauche peuvent très bien être victimes, par rapport aux gens ordinaires qu’ils prétendent représenter et défendre, d’un retard inquiétant qui s’est aggravé récemment de façon très perceptible. Déplorant ce qu’il appelle une tendance de la gauche à l’autodestruction, dont la conversion d’une bonne partie de ses représentants aux idées postmodernes constitue un symptôme caractéristique, il constatait qu’« il existe une base populaire pour affronter les problèmes humains qui font partie depuis longtemps du “projet des Lumières”. Un des éléments qui lui font défaut est la participation des intellectuels de gauche. (…) Leur abandon de ce projet est le signe (…) d’une nouvelle victoire de la culture du pouvoir et des privilèges, et il y contribue (2) ».

Accuser les médias, comme le fait Chomsky, de ne pas représenter la réalité telle qu’elle est et de déformer ou de passer régulièrement sous silence certains faits importants n’aurait évidemment pas grand sens si l’on devait accepter l’idée qu’il n’y a pas vraiment de faits, mais seulement des représentations de diverses sortes. Tout comme George Orwell, Chomsky trouve difficilement compréhensible et inquiétant le peu d’empressement que les intellectuels de gauche mettent à défendre des notions comme celles de « vérité » et d’« objectivité », quand ils ne proposent pas ouvertement de les considérer désormais comme réactionnaires et dépassées.

Pour un mode de pensée qui était déjà, par nature ou par tradition, fortement enclin à procéder de cette façon, l’annonce faite par les théoriciens de la révolution postmoderne qu’il n’y a pas vraiment de « faits », ni par conséquent de « monde des faits » dont nous pourrions avoir à nous préoccuper sérieusement, est arrivée évidemment à point et ne pouvait être accueillie autrement que comme une justification philosophique et un encouragement à continuer dans la même voie.

Ayant eu à expérimenter, au cours de la guerre civile espagnole et dans les années qui ont suivi, l’efficacité redoutable et difficilement imaginable de la propagande franquiste, Orwell a exprimé la crainte de voir le concept de vérité objective lui-même menacé de disparaître purement et simplement. « Ce genre de choses m’effraie, écrit-il, car cela me donne souvent le sentiment que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de notre monde. Après tout, le risque est grand que ces mensonges, ou des mensonges semblables, finissent par tenir lieu de vérités historiques. Comment sera écrite l’histoire de la guerre d’Espagne (3) ? »

On aurait pu, semble-t-il, s’attendre à ce que l’expérience du degré auquel les dictatures du XXe siècle ont été capables de remplacer les vérités objectives par des vérités fabriquées de toutes pièces pour leurs propres fins, avec les conséquences monstrueuses que cela a produites, renforce les intellectuels dans la conviction que la vérité, même s’il faut souvent inventer pour avoir une chance de réussir à la découvrir, ne peut justement pas être elle-même le résultat d’une création ou d’une invention. Mais c’est à un résultat bien différent que l’on semble avoir abouti finalement, à savoir à l’idée que les faits eux-mêmes et la vérité sont, de toute façon, bel et bien fabriqués d’une manière ou d’une autre dans tous les cas. En plus d’une « fabrication du consentement », on peut donc parler désormais d’une « fabrication de la vérité », à moins que justement la production de la vérité ne doive être considérée comme tout simplement impossible à distinguer de la production du consensus sur ce qui doit être reconnu comme une vérité.

On peut facilement être tenté de croire que, si les scientifiques ne peuvent pas (ou pas encore) renoncer à utiliser un concept comme celui de vérité objective, les littéraires peuvent, après tout, très bien envisager de s’en passer, dans la mesure où ce qui compte pour eux est uniquement la liberté. Mais c’est une illusion dangereuse. Orwell soutient que, si l’on prétend défendre la liberté, on ne peut pas ne pas se sentir tenu en même temps de défendre la vérité objective et, inversement, que ceux à qui la vérité objective tient à cœur ne peuvent pas considérer comme secondaire la défense de la liberté.

Aux yeux de Chomsky, les humanités et les sciences sociales ne peuvent pas plus se permettre d’ignorer ou de traiter à la légère le concept de vérité objective que ne le font les sciences exactes. Et il n’y a pas de raison de croire qu’un enseignement objectif ne peut pas être aussi subversif que les enseignements réputés par nature et officiellement « radicaux » : « On admet communément qu’une recherche objective est souvent capable de remettre en cause le cadre de pensée dominant. C’est seulement dans les sciences sociales qu’un tel point de vue est considéré comme le symptôme d’un esprit aliéné. (…) Mais la tâche de développer une recherche objective, libérée des contraintes imposées par le consensus politique américain, est tout à fait réelle, cruciale ; et je pense personnellement qu’elle mènera à des conclusions radicales (4). »

Etant donné le degré de sophistication des théories sociologiques, politiques, philosophiques ou autres que l’on se croit généralement tenu de proposer pour le traitement de problèmes comme ceux auxquels Chomsky a choisi de s’attaquer, il est bien possible qu’une bonne partie de ce qu’il dit soit jugé un peu trop direct et, du point de vue des gens qui savent, passablement naïf. S’il avait besoin d’être défendu sur ce point, ce que je ne crois pas, je dirais que le savant de renommée mondiale qu’il est par ailleurs a justement le mérite assez inhabituel de ne pas chercher à se présenter, sur ce type de question, autrement que comme quelqu’un qui sait très peu de chose, mais qui est convaincu en même temps qu’il n’est probablement pas possible et heureusement pas non plus nécessaire d’en savoir beaucoup plus pour être en mesure d’agir et d’obtenir des résultats.

Après avoir répondu à une question concernant les raisons pour lesquelles les gens qui occupent le pouvoir sont obligés de recourir à la représentation fausse, au dénigrement et aux différents mécanismes dont le pouvoir dispose pour se protéger, Chomsky n’hésite pas à conclure : « Tout cela peut sembler naïf, et ça l’est ; mais je n’ai encore entendu aucun commentaire sur la vie humaine et la société qui ne le soit pas, une fois dépouillé de ce qu’il comporte d’absurdité et d’égoïsme (5). »

La naïveté, sur des questions comme celles dont il s’agit, peut être aussi une forme d’honnêteté intellectuelle. J’ai toujours admiré celle dont Chomsky fait preuve sur ce point et dont beaucoup de philosophes pourraient s’inspirer avec profit, s’ils étaient un peu plus sensibles à la crainte de faire preuve d’absurdité et d’égoïsme. Je ne suis pas certain de pouvoir partager tout à fait son optimisme et l’espoir qu’il met en l’avenir. Mais c’est peut-être parce que j’ai le sentiment qu’il faut être aussi combatif qu’il l’est pour avoir réellement le droit d’être optimiste.

Georg Henrik von Wright (6) a répondu à la critique selon laquelle l’expression du pessimisme crée de l’inquiétude et a pour effet de paralyser l’action : « Il en est bien ainsi dans une certaine mesure. Mais je trouve beaucoup plus irresponsable et en même temps plus paralysant pour l’action un optimisme qui pense qu’on peut tranquillement laisser l’évolution se poursuivre, en grande partie comme auparavant, dans la certitude que davantage de recherche, une nouvelle technique et le libre jeu des forces du marché remettront finalement tout à la bonne place. J’ai l’impression que c’est dans un tel optimisme de l’impuissance que les gouvernements ont sombré, et c’est en lui qu’ils essaient d’endormir les masses humaines qu’ils dirigent (7). » C’est aussi dans une forme d’optimisme de l’impuissance qu’a sombré aujourd’hui une bonne partie du monde intellectuel.

Chomsky est évidemment un optimiste d’une tout autre sorte. Son optimisme est un optimisme de la volonté et de l’action. Il repose sur l’idée que, si l’avenir peut devenir meilleur, c’est seulement parce que nous aurons fait, pour ce qui dépend de nous, tout ce qui est possible et nécessaire pour qu’il le devienne effectivement.

Jacques Bouveresse.


Professeur au Collège de France. Ce texte est extrait de sa préface au livre de Noam Chomsky, Raison & liberté. Sur la nature humaine, l’éducation & le rôle des intellectuels, Agone, Marseille, 2010.

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(1) Karl Kraus, « Der Vogel, der sein eigenes Nest beschmutz », Die Fackel, n° 781-786, Vienne, juin 1928, p. 5. Sur le satiriste viennois (1874-1936), lire Alain Accardo, « Karl Kraus, contre l’empire de la bêtise », Le Monde diplomatique, août 2005, ainsi que Jacques Bouveresse, Schmock ou le triomphe du journalisme. La grande bataille de Karl Kraus, Seuil, Paris, 2001, et Satire & prophétie : les voix de Karl Kraus, Agone, Marseille, 2007.

(2) « Science et rationalité », dans Raison & liberté, Agone, Marseille, 2010, p. 198.

(3) George Orwell, Essais, articles et lettres, Ivrea - Encyclopédie des nuisances, Paris, vol. II, 1996, p. 323.

(4) Noam Chomsky, « Pour la défense du mouvement étudiant » (1971), reproduit dans Raison & liberté, op. cit., p. 339.

(5) Noam Chomsky, De l’espoir en l’avenir. Propos sur l’anarchisme et le socialisme, Agone, Marseille, 2001, p. 94.

(6) Georg Henrik von Wright (1916-2003), philosophe finlandais, successeur de Ludwig Wittgenstein à sa chaire de Cambridge, qui s’est attaqué, dans la dernière période de sa vie, à ce qu’on peut appeler la mythologie du progrès.

(7) Georg Henrik von Wright, Le Mythe du progrès, traduit du suédois par Philippe Quesne, L’Arche, Paris, 2000, p. 194.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:49

 

 

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La levée de bouclier contre une Lepi truquée et frauduleuse continue. Dans le tintamarre dissonant des protestations, une voix majeure de la lutte anti-impériale se signe : celle du Parti communiste du Bénin (Pcb). Portée par son premier secrétaire général Philippe Noudjènoumè, elle s’insurge contre les manœuvres subreptices des bailleurs de fonds qui cachent sous leur obstination des « desseins inavoués ». Elle les rassure de la détermination du peuple pour opposer un refus catégorique à toute Lepi qui le prive de son émancipation politique.

 

 

(Lire la lettre ouverte du PCB)

 

Cotonou, le 27 Octobre 2010

Le Premier Secrétaire

Aux

Représentants de l’Union Européenne, de la France, de la Belgique, de l’Allemagne et du Programme des  Nations Unies pour le Développement au Bénin.

(Lettre Ouverte)

 

Mesdames et Messieurs,

La situation que traverse le Bénin à l’heure actuelle est préoccupante et interpelle la conscience de toute personne ou toute institution soucieuse de l’évolution et de l’épanouissement des peuples.

Si je m’adresse à vous aujourd’hui c’est parce que, en tant que Premier Secrétaire du Parti Communiste du Bénin, parti qui incarne dans une large mesure les aspirations des couches populaires de ce pays,  je me sens une responsabilité particulière face à tout ce qui touche au devenir des millions de femmes et d’hommes vivant sur cette portion de terre africaine  appelée Bénin. En particulier, je ne peux rester indifférent lorsqu’il s’agit d’actes ou de comportements provenant de représentants des grands pays dont les décisions engagent le sort de l’humanité et qui ont pour missions officielles la promotion du développement des peuples et la sauvegarde de la paix sur la planète.

Mesdames et Messieurs,

La période des élections dans tout pays, qu’il soit grand ou petit, et, surtout pour les pays dominés comme le nôtre, est l’une des périodes les plus délicates, les plus sensibles et les plus chargées de risques de dérapages.

I-         Depuis quelques temps, en tout cas,  remontant à au moins dix mois (tout au début de l’opération commencée en novembre 2009), les protestations contre la manière dont le gouvernement du Bénin conduit la réalisation de la LEPI ne cessent de croître. Ces protestations proviennent des milieux divers,  de députés comme de simples citoyens. Tout le monde se rend compte que les dés sont pipés avant les élections ; que la liste électorale permanente informatisée en cours de réalisation  ne répond ni aux normes méthodologiques en la matière ni souvent aux exigences techniques : mauvais fonctionnement des capteurs d’empreintes, inadaptation des empreintes, mauvaise qualité des photos, etc. Face à ce gâchis pour réaliser un hold-up électoral avant le scrutin, le peuple s’insurge partout et les organes de presse ne manquent pas de relayer quotidiennement l’événement. Il apparaît clairement que le Président YAYI Boni et son poulain BAKO Nassirou (Président de la Commission Politique de Supervision/LEPI)  veulent passer en tour de force une LEPI faussée en leur faveur.  Les populations exigent donc l’arrêt de la réalisation de la LEPI truquée et vous ne pouvez pas nous dire que ces événements vous sont inconnus. D’autant que vous êtes souvent l’objet d’interpellations à ce sujet. Le comble est atteint lorsque le 19 octobre 2010, le jour où des milliers de personnes manifestaient dans les rues de Porto-Novo et de Sèmè contre une LEPI truquée, l’Union Européenne et le PNUD apportent un apport supplémentaire de plus de 2 milliards de CFA pour poursuivre le financement de la réalisation de ladite LEPI. Alors, l’on est en droit de s’interroger sur les motivations réelles qui animent ces actes. Entrent-ils dans le cadre de la mission que vos pays et institutions sont censées réaliser ? Comment comprendre que malgré ces cris du peuple, l’Union Européenne et le PNUD encouragent le gouvernement et BAKO Nassirou à continuer sur cette lancée, à savoir réaliser une LEPI à polémique, une LEPI porteuse de conflits aux conséquences incalculables? Peut-on faire le bonheur de quelqu’un malgré lui ?

II-        Par ailleurs, la réalisation de la LEPI même fiable n’est pas une panacée contre la fraude. La fraude revêt diverses modalités. Ici et ailleurs en Afrique, l’achat des voix, la distribution de sous et de cadeaux aux électeurs constituent la principale activité de propagande électorale. N’observe-t-on pas le Chef de l’Etat en personne, utilisant ses attributs, se livrer à des distributions de sous porte-à-porte pour acheter les voix ? Vient ensuite et principalement la course pour le contrôle des institutions organisatrices des élections. La CENA ou la Cour Constitutionnelle peut, même avec une liste informatisée, procéder à des annulations et des tripatouillages qui changent complètement l’issue d’un scrutin. Il en a été ainsi de toutes les CENA et Cours Constitutionnelles sous le Renouveau, et le monde entier a bien entendu Mr Adrien HOUNGBEDJI qualifier, en 2001, et à juste titre, la Cour Constitutionnelle au Bénin d’une Cour des Miracles.

Mon Parti, le PCB, lorsque et chaque fois qu’il a participé aux élections, en a été la principale victime. Ne sont-ce pas des méthodes frauduleuses ? Tout analyste sérieux de la politique du Bénin qui ne veut pas seulement se contenter de formules plates et paternalistes à la mode sur la démocratie (en fait tropicale), sait que depuis que  notre pays le Bénin existe en tant qu’Etat indépendant et particulièrement depuis ces vingt dernières années appelées années de renouveau démocratique, toutes les élections qui s’y sont déroulées ont toujours été frauduleuses.

La question qui se pose dès lors au cours d’un scrutin au Bénin dans son état actuel est celle de savoir lequel des candidats disposerait le plus d’argent à distribuer et surtout contrôlerait le mieux les structures de gestion des élections. Et ce n’est pas le Professeur Albert TEVOEDJRE, Médiateur de la République du Bénin qui me démentirait. Le Professeur Albert TEVOEDJRE a reconnu sans ambages l’omniprésence de la fraude, dans la conférence inaugurale qu’il a prononcée le 4 avril 2009, à l’ouverture du symposium sur Mgr de SOUZA, en présence du ministre Baba Bodi, représentant le Chef de l’Etat : « La fraude est devenue le sport national. Ce qui décide, par exemple, de l’issue d’une élection dans notre pays, ce n’est pas le vote de l’électeur mais le bon vouloir des organisateurs, de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) en l’occurrence. Aussi les groupes politiques se battent-ils et s’entredéchirent-ils pour contrôler la CENA non seulement mais aussi la Cour constitutionnelle ».

YAYI Boni dans ce domaine a une longueur d’avance sur les autres et, avec ou sans LEPI, YAYI Boni gagnera par la fraude et la violence les prochaines élections présidentielles.

Si l’on sait que c’est l’Union Européenne qui, sur demande du Chef de l’Etat, a organisé et financé l’étude de faisabilité de la LEPI et dont le rapport a conclu à l’option LEPI au Bénin (avec à la fois données personnelles et données biométriques) au lieu de Liste Electorale Informatisée LEI (sans données biométriques) plus simple à réaliser, moins coûteuse  et dont  se sont contentés d’autres pays de la sous-région africaine ; si l’on sait que le rapport a privilégié l’utilisation de kits biométriques alors que ceux-ci ont montré la limite de leur efficacité dans le contexte africain comme au Togo, en RDC ou au Sénégal ; que les procédures de recrutement et d’acquisition des biens et services ont été définies par les Partenaires Techniques et Financiers, notamment le PNUD, n’est-on pas en droit de vous refuser la présomption d’innocence et conclure à des desseins inavoués qui, en tous les cas, ne sont pas dans l’intérêt du bien-être, de la liberté et de la souveraineté des travailleurs et des peuples du Bénin ?

Mesdames et Messieurs,

Toutes ces considérations amènent légitimement à penser qu’en lieu et place de mission de développement et de paix que vous proclamez défendre, vos actions conduisent à un autre résultat : à savoir créer d’autres Rwanda ou si ce n’est pas le cas, des situations comme celles qui ont prévalu en Côte d’Ivoire ou en RDC. Est-ce pour venir alors jouer les « Messieurs Bons Offices », « les Sauveurs », « les Humanitaires » allant au secours de populations victimes de la guerre fratricide que vous aurez en fait provoquée ? Nous n’en sommes pas dupes.

Contre de tels complots, soyez assurés Mesdames et Messieurs, que les travailleurs et les peuples du Bénin luttent et lutteront de toutes leurs forces et se fraieront la voie de l’émancipation, à l’instar d’autres peuples du monde, n’en déplaise à tous les comploteurs.

Recevez, Mesdames et Messieurs les Représentants, l’expression de mes hautes considérations

Le Premier Secrétaire

Philippe NOUDJENOUME

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 18:48

2003-12-17-zeit-halabja.jpg

Le massacre de Halabja se réfère à un massacre de la population kurde par les armes chimiques à la ville de Halabja au nord de l'Irak dans la province d'As-Sulaymaniya. Elle a eu lieu dans la zone du Kurdistan irakien pendant la guerre Iran-Irak du 16 au 19 mars 1988 à la suite de la chute de la ville, la veille, dans les mains des peshmergas (maquisards) de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani, soutenus par des Gardiens de la révolution iraniens.

Des milliers de civils kurdes ont succombé suite aux attaques chimiques perpétrée par ordre de Ali Hassan al-Majid (dit le Chimique) et par des chasseurs-bombardiers Mig et Mirage de l'armée irakienne.

Cette attaque a été faite dans le cadre de l'opération Anfal, qui a causé la disparition de 182 000 personnes et la destruction de plus de 90 % des villages kurdes.

Le massacre d'Halabja n'a pas soulevé de protestation de la communauté internationale, en mars 1988. À l'époque, l'Irak étant l'allié des grandes puissances, ceux-ci se sont contentés de vagues condamnations, empêchant même sa condamnation par une sous-commission des droits de l’homme des Nations Unies. Quant aux États-Unis, une résolution adoptée à l'initiative du sénateur Claiborne D. Pell a été bloquée par le président Georges Bush, qui a même donné son consentement pour une nouvelle ligne de crédit de 1 milliard de dollars.

Certains experts et journaux proches de la Maison Blanche ont même essayé de prouver l'innocence du régime Baassiste.

Un rapport classifié de l'Army War College démontra, en 1990, que cette imputation était, selon eux, peu crédible.

Le Washington Post du 4 mai 1990 le résuma en ces termes :

« L'affirmation iranienne du 20 mars 1990 selon laquelle la plupart des victimes d'Halabja a été empoisonnée par du cyanure a été considérée comme un élément-clé [...]. Nous savons que l'Irak n'utilise pas de gaz cyanure. Nous avons une très bonne connaissance des agents chimiques que les Irakiens produisent et utilisent, et nous savons ce que chacun ne fait pas. »

Récemment, Stephen C. Pelletiere, un analyste politique pour l'Irak à la CIA pendant la guerre Iran-Irak puis professeur à l'Army War College qui participa à la rédaction du rapport, rappela dans le New York Times que le massacre d'Halabja était un crime de guerre, probablement commis par l'armée iranienne, et non un crime contre l'humanité commis par l'armée irakienne et, qu'en aucun cas, il ne s'est agi de l'assassinat délibéré de populations civiles.

Cependant, des manuscrits signés par Ali Hassan Al Mejid, des aveux d'anciens partisans du parti Baas et des séquences vidéo montrant le cousin de Saddam enlèvent tout doute sur ce sujet. Ces documents sont en possession de l'université de Colorado et sont diffusés sur Internet.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:20

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Vaincre Serra dans les urnes et ensuite Dilma dans la rue

 

Déclaration du Comité central du Parti communiste brésilien (PCB)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Voir notre analyse de huit années de lulisme et de « capitalisme à la brésilienne »: Présidentielles au Brésil: victoire quasi certaine de la candidate du « capitalisme du XXIème siècle » et la raison d'être des communistes comme alternative de gauche au lulisme





Le PCB a présenté, pour les élections de 2010, à travers la candidature de Ivan Pinheiro, une alternative socialiste pour le Brésil qui rompe avec le consensus bourgeois, qui fixe la société capitalisme comme un cadre indépassable. Les candidatures du PCO, PSOL et du PSTU ont également joué un rôle important d'opposition.



Aujourd'hui, plus que jamais, il devient nécessaire que les forces socialistes cherchent à constituer une alternative réelle de pouvoir pour les travailleurs, capable d'affronter les grands problèmes causés par le capitalisme et de répondre aux besoins et aux intérêts réels de la majorité de la population brésilienne.



Nous sommes convaincus que les problèmes et la pauvreté que les travailleurs rencontrent, dans l'accès à la terre et à d'autres droits fondamentaux comme l'emploi, l'éducation, la santé, l'alimentation, le logement, le transport, la sécurité, la culture et les loisirs ne seront pas résolus avec plus de capitalisme. Au contraire, ces problèmes s'aggravent avec le développement capitaliste même, qui marchandise la vie et qui repose sur l'exploitation du travail. Voilà ce qui explique notre parti pris clair d'une alternative socialiste.



Encore une fois, la bourgeois a réussi à transformer le second tour en une lutte au sein même du camp de l'ordre établi, à travers le poids du pouvoir économique et l'exclusion politique et médiatique des candidatures socialistes, réduisant les alternatives à deux styles de mener la gestion du capitalisme au Brésil, un qui oriente les revendications populaires vers la croissance de l'économie privée avec un accent particulier mis sur le marché; un autre, qui insiste plus sur les mécanismes de régulation étatique au service de ce même marché.



Dans cette optique, le PCB ne participera à la campagne d'aucun des candidats au second tour et restera dans l'opposition, quelque soit le résultat du scrutin. Nous continuerons à défendre la nécessité de construire un Front anti-capitaliste et anti-impérialiste, permanent, au-delà des élections, qui conquiert la nécessaire autonomie et indépendance de classe des travailleurs, pour qu'ils puissent intervenir avec leur propre voix dans la vie politique et ne soient pas doublés par des pseudo-représentants qui leur impose un projet politique qui n'est pas le leur.



Le grand capital monopoliste, dans tous ses secteurs – industriel, commercial, bancaire, services, agro-alimentaire et autres – a partagé ses soutiens entre ces deux candidatures. Toutefois, la droite politique, renforcée et confiante, même par le choix du gouvernement actuel de ne pas la combattre et de traiter avec elle durant tout son mandat, se sent assez forte pour chercher une alternative de gouvernement directement lié aux filières de ses vassaux traditionnels fidèles. Stratégiquement, la droite raisonne aussi du point de vue de l'Amérique Latine, espérant jouer un rôle décisif dans la tentative de neutraliser le développement des expériences populaires et anti-impérialistes, matérialisées en particulier par l'action des gouvernements du Vénézuela, de Bolivie et, essentiellement, de Cuba socialiste.



Les candidatures de Serra et de Dilma, bien que délimitées dans le cadre même de l'ordre bourgeois, diffèrent tant par les moyens et les formes de mises en œuvre de leurs projets, que dans la manière différente dont elles s'insèrent dans le système de domination impérialiste. Elles mènent à un plus ou moins grand espace d'autonomie et à un plus ou moins grand champ d'action et de manœuvre pour mener les expériences de transformations en cours en Amérique Latine et sur d'autres questions mondiales. Autrement dit, les deux projets divergent dans la manière d'insérer le capitalisme brésilien sur la scène mondiale.



De la même manière, les stratégies de neutralisation des mouvements populaires et syndicales, qui concerne les deux projets concurrents, diffèrent quant à l'accent mis sur la cooptation politique et financière ou sur la répression et la criminalisation.



Une autre différence se manifeste sur la question de la privatisation. Bien que le gouvernement Lula n'ait adopté aucune mesure pour ré-étatiser les entreprises privatisées par le gouvernement de F-H Cardoso, qu'il ait mis en place les partenariats publics-privés (PPP) et conservé le système de vente aux enchères dans le secteur pétrolier, un gouvernement de droite fera tout son possible pour privatiser Petrobras et livrer les réserves de pétrole « pré-sels » aux multi-nationales.



Pour le PCB, ces différences ne sont pas suffisantes qualitativement pour que nous puissions apporter notre soutien au gouvernement qui s'annonce, de la même manière que nous ne soutenons pas le gouvernement actuel ou ne soutenions le gouvernement précédent. La candidature Dilma se meut dans une trajectoire conservatrice, beaucoup plus préoccupée par le maintien du statu-quo et par la consolidation de sa base de soutien dans le camp bourgeois que par la promotion d'un quelconque changement de cap favorable aux exigences des travailleurs et des mouvements populaires. Contre elle, pourtant, la droite est excitée par la possibilité de victoire au second tour, brandissant des drapeaux rétrogrades, poussant pour une soumission encore plus forte aux intérêts des Etats-unis et menaçant de criminaliser encore plus les luttes sociales.



Le principal responsable de cette situation est le gouvernement « Pétiste » lui-même qui, pendant huit ans, n'a pris aucune mesure pour réduire la puissance de la droite dans le processus d'accumulation de capital et n'a pris aucune mesure dans le sens d'une démocratisation des moyens de communication, ni d'une réforme politique qui permette une modification qualitative de la démocratie brésilienne en faveur d'un renforcement de la capacité de pression de la population et de la classe ouvrière organisée, optant pour les largesses des régles viciées du jeu politico-électoral actuel et le poids des appareils institutionnels qui en découlent.



En prenant en compte ces différences dans le camp du capital et les scénarios possibles de développement de la lutte de classes – mais avec la ferme décision de rester dans l'opposition à tout gouvernement qui sorte de ce second tour – le PCB pousse ses militants et sympathisants à voter contre Serra.



Avec l'aggravation possible de la crise du capitalisme, les attaques contre les droits sociaux et les droits des travailleurs ainsi que la répression contre les mouvements populaires peuvent s'intensifier. La résistance des travailleurs et la conquête de nouveaux acquis dépendront beaucoup de leur disposition à la lutte et de leur organisation et non de la personne qui exercera le poste de Président de la République.



Pas d'illusion: le Brésil changera seulement par une révolution!

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:15

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Propulsée par la popularité record de Lula, Dilma Rousseff sa dauphine, a été largement élue dimanche première femme présidente du Brésil, un géant de 193 millions d'habitants devenu la huitième économie du monde.

Elle devance de plus de onze points d'avance son rival social-démocrate José Serra au second tour de l'élection présidentielle.

Selon un dépouillement portant sur 95% des suffrages, l'ex-numéro deux du gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva obtient 55,6% des voix et l'ancien gouverneur de Sao Paulo 44,4%.

Ces résultats ont été reçus par des ovations et des cris de joie au siège du comité de campagne de Rousseff, où arrivaient ministres, gouverneurs et dirigeants de la coalition gouvernementale.

"J'arrive avec un sentiment de victoire méritée", a dit le dirigeant du Parti des Travailleurs (PT, gauche), José Dirceu. Les militants du PT euphoriques, revêtus de chemises rouges et agitant des drapeaux, se massaient devant le siège du comité du parti, dans un hôtel de Brasilia.

La candidate du Parti des Travailleurs (PT-gauche) a bénéficié de l'énorme popularité de Lula et du succès de sa politique qui a apporté la prospérité à ce pays grand comme deux fois l'Union européenne.

Dilma Rousseff a suivi les résultats avec le président Lula et devait prononcer une courte allocution avant de célébrer sa victoire sur l'esplanade des ministères, au coeur de la capitale fédérale.

En votant dans la matinée dans sa ville de Porto Alegre (sud), Dilma Rousseff avait déclaré attendre "avec confiance le résultat du vote", en raison du large avantage accordé par tous les sondages.

José Serra, qui a voté dans son fief de Sao Paulo dont il était gouverneur avant de se lancer pour la deuxième fois dans la course à la présidence, n'avait pas encore réagi à sa défaite.

Lula ne pouvait se représenter après deux mandats successifs et doit transmettre le pouvoir à sa dauphine le 1er janvier. Il n'a rien dévoilé de ses projets d'avenir mais l'opposition le soupçonne de vouloir être l'éminence grise de sa protégée.

Samedi, celle-ci avait assuré que, si elle était élue, elle maintiendrait une relation "intime et forte" avec son mentor Lula.

Ce dernier a toutefois écarté dimanche une participation à un gouvernement Rousseff. "Il n'y a aucune possibilité qu'un ex-président participe à un gouvernement. Dilma, si elle est élue, devra former un gouvernement qui aura son image".

Dénuée de charisme mais à la réputation de "dame de fer" quand elle était au gouvernement, Dilma Rousseff a combattu la dictature militaire dans les années 70 et a été emprisonnée pendant deux ans (bien deux ans). Cette économiste se présentait pour la première fois à une élection.

Les deux candidats s'étaient engagés à poursuivre la politique de Lula qui a sorti de la pauvreté 29 millions de Brésiliens avec une économie en plein boum.

L'abstention a marqué le second tour avec 21% des Brésiliens, selon les résultats partiels, qui ne sont pas allés voter, bien que le vote soit obligatoire.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 16:52

 

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Décès de Marcelino Camacho, dirigeant historique fondateur du syndicat de classe des Commissions Ouvrières et militant communiste jusqu'à son dernier souffle



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Communiqué du Parti communiste d'Espagne (PCE)



Le PCE regrette profondément la mort d'un de ses meilleurs communistes, Marcelino Camacho, référence de la lutte pour la liberté, l'égalité et les droits de tous les travailleurs de ce pays, le dirigeant syndical le plus important du XXème siècle, le premier secrétaire-général des Commissions Ouvrières (CC.OO), le député communiste, élu lors de la première législature démocratique de ce pays, qui a finalement renoncé à son siège pour éviter les interférences entre ses responsabilités avec le syndicat et son militantisme.



Ces dernières années, retiré de la vie politique et sociale à cause de sa maladie, Marcelino n'a jamais cessé de lutter pour son parti, le PCE, auquel il a adhéré en 1935 et pour lequel il a passé tant d'années en prison, à tel point que quand il a acheté un appartement, sa femme Joséphine, pragmatique, a décidé que le mieux était de le prendre à Carabanchel, près de la prison où Marcelino a passé tant d'années, et où Josefina avait tous ses repères.



Marcelino Camacho est né le 21 janvier 1918 à Osma la Rosa, dans la province de Soria. Il a grandi dans le village Aragonais de Ariza, où son père était cheminot. Sa mère est morte quand il avait 9 ans. Il avait trois sœurs et deux sont mortes jeunes, une d'elles quand il était en prison, son père aussi est mort quand il était à Carabanchel. Ses deux fils se sont mariés et ses petits-enfants sont nés quand il se trouvait dans les prisons franquistes.

 



Militant du Parti communiste dès 1935, combattant républicain, interné dans les camps franquistes




En 1935, il adhère au Parti communiste d'Espagne (PCE), un engagement qui l'a emmené à combattre dans le camp républicain. Il a été arrêté après le coup d'Etat qui a mené à la guerre civile et condamné à une peine 12 ans et un jour commuée en 6 ans ferme pour « participation à la rébellion ». Transféré alors au camps de concentration de Reus (Tarragone), il est par la suite interné dans différents camps de travaux forcés. Il tombe malade et passe 42 jours entre la vie et la mort. Il se remet de sa fièvre et retourne à nouveau dans un camp de travail, cette fois à Salamanque. Il est opéré d'une hernie inguinale et attrape alors la Fièvre de Malte. Placé en bataillon disciplinaire, il est transféré à Tanger où il ne se remet toujours pas.



En décembre 1943, il s'échappe du camp de travail et passe au Maroc français. Les français l'arrêtent et le transfèrent à Oran. Là-bas, il fait connaissance de Josefa Samper, Josefina, une jeune militante communiste, qui consacrait une bonne partie de son activité militante à venir en secours des espagnols en fuite et à aider la résistance intérieure. Le 22 décembre 1948, Marcelino et Josefa se marient. Le 18 juillet 1957, avec deux enfants, ils reviennent en Espagne. Vingt-et-un ans après l'insurrection fasciste, Marcelino revient au pays, prêt à continuer la lutte.

 



Le retour en Espagne sous la dictature: lutte syndicale et politique, procès politique et huit ans de prison




Marcelino Camacho travaille comme ouvrier métallurgique dans l'entreprisePerkins Hispania et se présente au Comité d'entreprise dans le syndicat vertical [syndicats corporatistes seuls autorisés par le régime]. Il s'agissait de profiter de toute possibilité d'organiser la lutte contre le régime et d'améliorer les conditions de vie des travailleurs. En 1964, il organise la Commission ouvrière de la Métallurgie de Madrid, sous le nom de Commission provinciale des délégués et représentants syndicaux. C'est la première Commission Ouvrière de nature permanente, l'origine de ce que nous connaissons aujourd'hui comme la Confédération syndicale des Commissions ouvrières.



Entre 1965 et 1967, il passe plus d'une douzaine de fois dans les bureaux de la Brigade politico-sociale, police chargée de la répression politique. Ils l'arrêtent en juin 1966 au moment où il remet au Ministère du Travail les revendications des travailleurs, avec une lettre signée par 30 000 ouvriers. Et ils l'arrêtent une nouvelle fois en janvier 1967.



Le 1er mars 1967, il est arrêté en compagnie d'autres camarades dirigeants des CC.OO et du PCE et le Tribunal d'Ordre Public l'emprisonne « tant que durera l'état actuel latent de troubles dans les relations de travail ». Ils sont condamnés à vingt ans et incarcérés tout de même pendant neuf ans par la dictature. Le procès dirigé contre lui et ses camarades syndicalistes (Procès 1 001) a été un symbole mondiale de la lutte pour les libertés; il retrouvait la liberté avec l'amnistie accordé à la mort de Franco.

 



La fondation des Commissions ouvrières et son élection comme député communiste




En 1976, quand le mouvement des Commissions Ouvrières s'unifie en une confédération syndicale et tient son premier Congrès, Marcelino Camacho est élu premier secrétaire général. A la tête des Commissions ouvrières, il fait de l'organisation la force syndicale majoritaire.



Les premières élections démocratiques de la Transition (1977) lui accordent un siège de député sur la liste du Parti communiste d'Espagne, auquel il renonce deux ans plus tard pour éviter tout conflit entre la discipline de vote du parti et sa fidélité aux intérêts des travailleurs.



En tant que secrétaire-général des Commissions ouvrières il convoque, seul, la première grève générale contre le gouvernement de Felipe Gonzalez, en 1985. Il a également marqué de sa présence les mobilisations contre l'OTAN en 1986 et les mobilisations estudiantines des années 1986-1987.

 



Sa dernière lutte contre la dérive réformiste des Commissions ouvrières




En 1987, il démissionne de son poste pour raisons de santé et devient alors président du syndicat; lui succède comme secrétaire-général le jeune Antonio Gutierrez, auquel il s'affrontera quelques années plus tard suite au changement de stratégie du syndicat, avec son éloignement du caractère socio-politique, revendicatif qui avait marqué l'histoire des Commissions ouvrières, une cohérence qu'a conservé Camacho et qui lui coûtera son poste de président du syndicat en 1995.



En 1990, Marcelino Camacho a publié ses mémoires, « J'avoue que j'ai lutté », préfacés par Manuel Vazquez Montalban. Le dirigeant syndical le plus important du XXème siècle en Espagne portait sur sa veste la médaille du Mérite Civil, du Mérite du Travail, de l'Ordre de Lazaro Peña, celle du Conseil d'Etat de Cuba, le Prix León Felipe. Il était doctor honoris causa de l'Université de Valence et de l'Université de Cádiz. Il avait aussi obtenu aussi les prix de la Cohérence, des libertés, etc.



Militant de la cellule de Carabanchel (Madrid), il était jusqu'en 2005 membre du Comité fédéral du PCE, devenant, dès lors, membre honorifique de l'organe suprême de direction du Parti communiste d'Espagne.

 



Hommages au « dirigeant syndical le plus important du XXème siècle » en Espagne




Le 26 novembre 2007, représentants des partis politiques et des syndicats ont rendu hommage au fondateur des Commissions Ouvrières sous le titre de « Marcelino: histoire d'un engagement ». Marcelino Camacho et, par extension, son inséparable camarade de parcours et de lutte, Josefina, ont reçu pendant plus de deux heures les preuves d'admiration et de gratitude d'un public qui les a reçu debout sous une tonnerre d'applaudissements. Ce sont les Commissions Ouvrières qui ont organisé l'événement public pour le 90ème anniversaire de leur dirigeant historique.



En décembre 2007, la mairie de Malaga a accepté à l'unanimité de renommer une rue du nom du dirigeant des Commissions Ouvrières en hommage et en reconnaissance « de toute une vie de lutte pour la liberté, pour la justice sociale et pour les droits des travailleurs. »



Le 28 mars 2008, un autre hommage lui est rendu à l'Auditorium des Commissions Ouvrières de Madrid, rebaptisé depuis de son nom, avec une énorme affluence ce jour-ci.



Au cours de ces années écoulées depuis 1987, Marcelino n'a cessé de participer à une infinité d'événements et de conférences dans tout l'État jusqu'à ce que son état de santé lui en empêche fin 2008.



Marcelino Camacho, le dirigeant syndical le plus important du XXème siècle en Espagne, sera toujours une référence fondamentale du mouvement ouvrier, du Parti communiste d'Espagne. Marcelino est une des personnalités de l'histoire d'Espagne qui a le plus lutté pour le mouvement ouvrier et la démocratie.



Il a consacré sa vie à la lutte pour ses idéaux et a donné sa vie pour les libertés de ce pays et pour la défense des intérêts des travailleurs.



Adieu Marcelino, à toi camarade Camacho!

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 19:47

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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-tribunal-penal-international-83335

On s’en doutait, maintenant on le sait. Les américains, en Irak on eu un comportement ignoble et inhumain. La torture dans les prisons irakiennes a été constante, dans la rue on a tiré sans sommations sur des femmes enceintes, on a instauré un climat de terreur en donnant aux soldats l’ordre de ne rien dire à l’extérieur. Pire encore je pense : Wikileaks ayant prévenu du contenu des 400 000 fichiers qu’il est en train de révéler, l’administration américaine a pris les devants en mettant en ligne hier dans le New-York Times notamment un contre-feu tentant une dernière fois de disculper les tortures et les assassinats. Dans un article en trois volets faisant honte à la presse mondiale : même sous Goebbels la propagande n’est pas allée aussi loin dans la dénégation de crimes. Obama ou pas, l’Amérique s’enfonce dans le déni pur et simple de ses crimes. 

Les textes commencent à sortir et c’est AlJazeera qui hier soir en a sorti les premiers feuillets. Wikileaks l’avait promis, avait même cette fois prévenu : ça allait faire mal. C’est pire que ça : les révélations du site qui a décidé de montrer la face cachée d’une guerre sont une condamnation lourde d’un pays tout entier pour les exactions de ses soldats et les mensonges de leurs supérieurs. Les Etats-Unis devraient être condamnés devant un tribunal international avec ce que ces fiches montrent. Durant tout le conflit, la torture sur les prisonniers irakiens a eu lieue : en somme ; des Abou Ghraïb, il y en a eu partout. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Barack Obama s’est toujours refusé à montrer les dernières photos émanant de ce lieu infâme. Elles devaient révéler à quel point le système pénitentiaire été gangréné. 
 
Peut-il y avoir pire encore que la torture ? Oui, répond Wikileaks sans hésiter : c’est la négation de la torture effectuée, ce qu’a fait constamment l’administration américaine. En éditant régulièrement des notes à ses soldats, diffusées par leurs supérieurs. La note Frago 242, notamment, du 16 mai 2005, qui énonce clairement que le silence de plomb sera de rigueur sur ses actes. "Tant que le rapport initial confirme que les forces américaines n’ont pas été impliqués dans le mauvais traitement de détenus, aucune investigation complémentaire sera effectué à moins qu’elle ne soit dirigée par HHQ (le quartier général des forces US)". A savoir qu’il suffisait d’en accuser les Irakiens, ce que fait manifestement depuis hier le New-York Times, qui rejette la responsabilité sur les seuls irakiens et ls gardiens de prison natifs. Un ordre modifié le 19 juin précisant que "seul un rapport initial sera effectué pour (selon les lois d"engagement) sur des violations apparentes .. n’impliquant pas les forces américaines." Ce premier rapport a été assez souvent d’établir que la torture avait eu lieu, et les résultats des entrevues et des examens médicaux ont été signalés dans détails horribles, comme le rapport de 2006 Juillet au sujet d’un détenu à Bagdad soupçonné d’être un combattant étranger" ajoute AlJazeera.
 
La description des tortures, je vous la passe : coups de marteaux, de tournevis, électrocutions et sodomisation avec divers objets. Et à la fin des morts. Je vous en avais déjà parlé il y a quelque temps dans un article sur ceux qui avaient réussi à s’échapper comme par miracle de cet enfer pour devenir les grands prosélytes du mouvement de Ben Laden. Des "libérés" douteux, sélectionnés et visiblement remis en liberté pour aller prêcher la bonne parole de la haine entretenue : celle de cette création pure qu’est Al Qaida. 
 
Les américains, comme aujourd’hui dans le NYT ont beau jeu de se retrancher derrière le droit international. "Le droit international n’exige pas des États-Unis d’enquêter sur ces allégations d’abus de détenus irakiens-sur-irakienne, parce que tous ont été rapportés après le 30 juin 2004 - quand l’Irak est redevenue un "pays souverain", selon la résolution des Nations Unies numéro 1546. Les États-Unis ne contrôlaient plus directement les services de sécurité de l’Irak, et donc, il n’étaient plus légalement obligé de les policer." nous rappelle Al-Jazeera en oubliant une chose : une cérémonie, celle de la remise des clés de prisons laissées sous la souveraineté américaine, et où ont été constatés des tortures et des décès. Celle par exemple de Camp Cropper, devenue Karkh Prison, décrite par mes soins le 17 septembre dernier. Pour se disculper, l’armée américaine peut toujours faire savoir que ce n’étaient pas des américains qui gardaient ses prisons mais des péruviens ou des chiliens, voire des ougandais : des mercenaires, recrutés par le Pentagone et payés au prix fort.
 
Il n’empêche, les tortures tombent sous un autre cadre de lois internationales auxquelles les Etats-Unis n’échapperont pas. "Plus important encore",  note le site, "de nombreux rapports sur de mauvais traitement de détenus suggèrent que les États-Unis ont sciemment contrevenu à à la Convention de l’Organisation des Nations Unies contre la torture. La convention - que les États-Unis ont ratifié en 1994 - Interdit aux signataires de transférer un détenu à d’autres pays "où il ya des motifs sérieux de croire qu’il serait en danger d’être soumis à la torture " ajoute le site, ce qui met un Donald Rumsfeld en fort mauvaise posture : il pourrait passer la fin de sa vie en prison comme responsable de ces méfaits. Personnellement, je lui souhaite. "Les allégations de milliers de tortures dans les prisons irakiennes, beaucoup d’entre elles sont étayées par des preuves médicales, et clairement semblent constituer des « motifs sérieux » de croire que des prisonniers transférés aux autorités irakiennes pouvaient avoir ét torturés. Les États-Unis ont transféré des milliers de prisonniers irakiens à leur garde ces dernières années, dont près de 2 000 qui ont été remis aux Irakiens en Juillet 2010." Celles font je vous ai parlé en septembre.
 
Pendant que l’on torturait et que le haut commandement US fermait les yeux, quatre hommes s’échappaient tranquillement de Camp Cropper. Comme lors de l’évasion rocambolesque d’un des leaders d’Al-Quaida, Abu Yahya al-Libi, survenue le 11 juillet 2005 à Bagram, au milieu de plus de 10 000 soldats américains. L’homme est depuis tous les jours à la une de SITE Group,  le site internet géré par une américano-israélienne née en Irak (et dont le père à été tué par Saddam Hussein). Qui prèche tous les jours le djihad, avec un jeune américain grotesque déguisé en djihadiste d"opérette. Les américains on menti sur la gestion de leurs prisons, continuent à mentir tous les jours en inventant un Al-Qaida perpétuel qui se régénère étrangement de leurs anciens prisonniers. Le mensonge est devenu trop grand, il ne pourra pas tenir plus longtemps. S’ils ont été aussi longtemps de mentir sur leurs actions véritables, en masquant les faits sur direction gouvernementale, s’ils ont été capables d’entretenir un mythe (et d"y revenir régulièrement il y a peu encore), s’ils ont été capables de rencontrer quelques semaines après le 11 septembre un des leaders islamistes, Al-Awlaki, présenté aujourd’hui comme "le nouveau Ben Laden " (en bernant encore une fois donc tout le monde), s’ils ont été capables d’en inventer d’autres et de fournir au FBI des histoires à dormir debout.... c’est simple. Les USA, s’ils ont été capables de mentir autant, et aussi longtemps, ont donc été largement capables aussi de mentir depuis le début. Or, ce début s’appelle le 11 septembre 2001...
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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:50

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Crédits photo:  Des membres de la Brigade activiste des clowns à Paris en janvier 2006. (Reuters/Charles Platiau

 

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/52695/date/2010-10-24/article/la-desobeissance-nouvelle-valeur-democratique/

 

Désobéir pour contester des mesures à l'oeuvre dans un régime démocratique n'a rien d'une évidence. Il existe tant d'autres recours, moins aventureux, pour faire entendre sa voix. Alors pourquoi des profs, des postiers, des agents du Pôle emploi, des policiers ou des inspecteurs du travail refusent-ils publiquement d'appliquer une loi, un décret ou une circulaire qu'ils jugent injuste et illégitime ?  

"Qu'est-ce qui conduit un individu à encourir les rigueurs de la répression (en acceptant les sanctions financières, le licenciement, l'arrestation, la mise en examen, la garde à vue, le fichage ou le procès) afin de défendre ce qu'il ressent comme une grave atteinte à la liberté, à la démocratie, à la justice ou à l'égalité", interrogent le sociologue Albert Ogien et la philosophe Sandra Laugier dans Pourquoi désobéir en démocratie ?

Ils ont combiné leurs savoirs pour dégager le sens d'un phénomène que d'autres, telle la journaliste Elisabeth Weissman (La Désobéissance éthique), s'étaient récemment attachés à décrire.

Depuis les années 60-70, les causes de la désobéissance civile ont changé. Aux "nobles" combats - du manifeste des "343 salopes" pour la dépénalisation de l'avortement à celui des "121" pour le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie - s'en sont substitués d'autres, plus ordinaires. Des enseignants qui ne font pas passer d'évaluation à leurs élèves de CM1 et de CM2, des médecins qui n'exigent pas la carte Vitale de leurs patients, des kinés qui ne s'inscrivent pas à leur ordre professionnel nouvellement créé... Exception faite de la défense des sans-papiers qui a donné lieu en 2009 à l'appel des 144 contre le délit de solidarité, les droits de l'homme ne semblent plus être au coeur des motivations.

On entend d'ici les critiques de gauche envers une démarche catégorielle et individuelle : chacun défendrait sa chapelle, pour un résultat médiocre. Mais ce que montrent au contraire les auteurs, c'est que tous réagissent plus ou moins explicitement à une même logique du résultat, qui broie les individus. L'hôpital, l'école, la justice ou la police sont sommés de répondre à des objectifs chiffrés et autres indicateurs de performance finement élaborés. De plus en plus de professionnels, exclus de la délibération et dépossédés de leur métier, se mettent hors la loi car ils n'ont d'autre moyen d'exprimer leur volonté de participer au processus de décision politique et de contrôler l'action des dirigeants.

Face à des "tentations autoritaires" qui s'expriment au sein même de l'exercice démocratique, ils refusent de donner leur consentement, renouant avec l'esprit de l'Américain Henry David Thoreau, auteur en 1849 de La Désobéissance civile ou d'Hubertine Auclert qui, en 1879, refusait de payer ses impôts tant qu'elle n'aurait pas le droit de vote. Reste à savoir l'impact que peuvent avoir, au-delà de leur portée politique, des actes sporadiques et passagers. D'autant qu'ignorer cette désobéissance, qui se nourrit de l'écho qu'elle rencontre, peut suffire à la neutraliser. Mais au moins est-elle le signe d'une vitalité démocratique. Pourquoi désobéir en démocratie ? d'Albert Ogien et Sandra Laugier (La Découverte), 216 pages, 20 €

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 12:22

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http://www.monde-diplomatique.fr/2010/05/ZAJEC/19085

 

Les Etats-Unis poursuivent leur offensive pour obtenir de nouvelles sanctions internationales contre l’Iran. Ils y voient une condition pour sauver le traité de non-prolifération nucléaire, alors que se réunit ce mois-ci à Washington une conférence d’évaluation de cet accord qui, malgré ses manques, constitue un rempart légal et moral important pour la paix mondiale.

Par Olivier Zajec

L’idée du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) prend racine dans les années 1950, alors que trois pays (Etats-Unis, Russie et Royaume-Uni) détiennent d’ores et déjà l’arme atomique, et que deux autres, la France et la Chine, poursuivent des recherches dont les observateurs d’alors ne doutent pas qu’elles déboucheront (ce sera effectivement le cas, en 1960 pour Paris et en 1964 pour Pékin). Principaux intéressés à une limitation de la course à l’atome militaire, compte tenu de leur statut de puissance la plus avancée en la matière, les Etats-Unis poussent dès le début des années 1950 à un « confinement » diplomatique de la maîtrise étatique de la bombe.

Dans cette logique, le président Dwight Eisenhower propose, le 8 décembre 1953, devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), la création d’une agence chargée de contrôler l’usage des matières nucléaires (1).

Pour favoriser la paix mondiale (et maintenir leurs statuts respectifs), les autres puissances nucléaires, ou sur le point de le devenir, font rapidement leurs comptes : elles ont également intérêt à ce qu’un dispositif reconnaisse leurs progrès et fasse cesser la « démocratisation » à terme d’un outil de puissance plus que discriminant. Les alliés objectifs ne manquent donc pas à l’entreprise.

Fondée sur le danger d’une prolifération générale, l’idée d’Eisenhower fait son chemin, tout en demeurant longtemps l’otage des rapports de forces entre Etats-Unis et Union soviétique (la guerre de Corée vient à peine de se terminer). Après des débats houleux, l’ONU crée finalement l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en octobre 1956. Sa vraie mission consiste, selon l’article 3.5 de sa charte, à « garantir que les produits fissiles spéciaux et autres produits, les services, l’équipement, les installations et les renseignements fournis par l’Agence ou à sa demande ou sous sa direction ou sous son contrôle ne sont pas utilisés de manière à servir à des fins militaires ». En contrepartie, explique son article 3.1, elle offre « d’encourager et de faciliter, dans le monde entier, le développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques et la recherche dans ce domaine ».

L’ordre des priorités se trouve donc inversé dans le texte : c’est bien, compte tenu des rapports de forces d’alors, l’alinéa 1 qui découle du 5, et non le contraire. L’AIEA est d’abord un gardien, et ensuite un facilitateur. L’article 3.5 entraîne en outre une conséquence majeure : sous peine de rester un comité technique périphérique et impuissant, l’AIEA doit disposer d’un traité contraignant, qu’elle sera chargée de faire respecter. Pas de gardien sans loi.

Cette « feuille de route » à valeur légale universelle, ce sera le TNP. Le 1er juillet 1968, le texte du traité est signé par quarante-trois Etats (y compris la Corée du Nord). Ratifié le 5 mars 1970, il entre en vigueur pour vingt-cinq ans et va connaître un succès certain, jusqu’à devenir le traité le plus « rassembleur » du monde (trois Etats seulement — Israël, l’Inde et le Pakistan — ne l’ont jamais signé). Dans ses considérations liminaires, le texte reprend l’objectif d’un accès universel à l’atome civil et trace, on l’a oublié, l’idéal d’une humanité sans armes nucléaires. Les signataires entendent en effet « promouvoir la détente internationale et le renforcement de la confiance entre Etats afin de faciliter la cessation de la fabrication d’armes nucléaires, la liquidation de tous les stocks existants desdites armes et l’élimination des armes nucléaires et de leurs vecteurs des arsenaux nationaux, en vertu d’un traité sur le désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace ». En ce sens, le président américain Barack Obama, dans son discours de Prague sur l’« option zéro » — moins audacieux qu’on ne l’a dit —, aurait aussi bien pu donner lecture du TNP (2).

Double jeu
de Washington et de Moscou

En attendant cette « vision béatifique », le TNP, tel qu’il est rédigé, sanctuarise la technologie atomique militaire au long de dix articles à la fois ouverts et fermés. Ouverts, à l’image des articles 8 et 10, selon lesquels tout Etat signataire peut proposer des amendements au traité ou se retirer si « des événements extraordinaires, en rapport avec l’objet du présent traité, ont compromis les intérêts suprêmes de son pays ». Fermés, comme le sont les articles 2 et 3, cœur réel du texte, qui traitent du dispositif de non-diffusion des plans et matières constitutives des armes, et qui décrivent la renonciation militaire des « Etats non détenteurs d’armes nucléaires » (ENDAN), et le régime d’inspection auquel ils se soumettent sous supervision de l’AIEA, en échange d’un accès aux technologies civiles garanties par les « Etats détenteurs d’armes nucléaires » (EDAN) (3).

Toute la force du traité est là, toute son ambiguïté aussi : il est nécessaire, pour que les abandons consentis librement par les ENDAN soient compensés, que les EDAN réduisent progressivement mais réellement leurs arsenaux d’une part (4), qu’ils diffusent libéralement leur technologie nucléaire civile d’autre part, et qu’ils adoptent aussi des doctrines d’emploi très restrictives, de manière que les ENDAN ne se sentent pas menacés. Aucun des trois points ne donnera jamais vraiment satisfaction, mais, malgré de nombreux débats (5), le TNP se forgera une légitimité, jusqu’à être reconduit en 1995 pour une durée indéterminée. En 1998, enfin, un protocole additionnel garantit une totale liberté de mouvement aux inspecteurs de l’AIEA en mission (6).

Trois difficultés majeures fragilisent le traité : d’une part, la frontière de plus en plus poreuse entre technologies nucléaires civile et militaire ; d’autre part, le caractère déclaratoire du processus de contrôle (les Etats informent l’AIEA des installations à visiter, mais peuvent en dissimuler certaines) ainsi que la non-définition réelle des « preuves » des manquements éventuels ; enfin, la possibilité pour certains ENDAN liés par le traité de continuer à manœuvrer pour parvenir au « seuil » nucléaire ou au-delà, au long d’une séquence signature-ratification-application qui peut traîner en longueur (7).

Malgré les garde-fous de non-prolifération du texte, les « échecs » seront nombreux. Mais s’agit-il d’échecs attribuables au TNP au sens propre ? La question vaut d’être posée. Principal point noir à recenser : l’ascension atomique des frères ennemis d’Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan, devenus puissances nucléaires militaires respectivement en 1974 et en 1985 — et non signataires du TNP. Dans le cas de l’Inde, Washington jusqu’en 1965, puis Moscou par la suite ont sciemment aidé New Delhi pour des raisons d’équilibre géopolitique, dans le cadre de la guerre froide. Mais ce « parcours de tutorat » s’est surtout vérifié avant la création du TNP et sa ratification générale en 1970. Les jeux étaient déjà faits avant 1974, quand la première bombe indienne explosa (8).

Le cas du Pakistan, lui, commence par une ambiguïté : certains Etats, dont la France, transfèrent leurs savoirs civils en pensant qu’Islamabad rejoindra le TNP. Il n’en sera rien et, après l’arrêt de cette aide, la Chine prendra le relais jusqu’aux succès pakistanais de 1985. Une « rupture de contrat » du TNP de la part d’un des Etats détenteurs de l’arme nucléaire ? Techniquement, non, puisque Pékin n’adhérera elle-même au TNP qu’en 1992.

Israël constitue l’autre échec majeur, le plus problématique de la liste des non-signataires, car accompagné des circonstances aggravantes d’une négation officielle de la réalité (contrairement au Pakistan et à l’Inde) et d’un soutien impavide des Etats-Unis, qui n’en savent pas moins tout ce qu’il faut savoir sur la non-détention de façade de Tel-Aviv.

Du côté des signataires, Taïwan, la Corée du Sud, le Japon sont certes devenus en principe des « pays du seuil ». Mais Taïwan ne pouvait violer le TNP, puisque son statut l’empêche d’être signataire (politique d’une seule Chine). Washington a finalement « bloqué » ses projets. La Corée du Sud et le Japon, pays signataires tardifs (en 1975 et 1976) et puissances technologiques de pointe, demeurent quant à eux sous tutelle et « garantie assurantielle nucléaire » américaines.

Le cas de l’Iran semble plus clair : pays signataire du traité, il violerait ses engagements en cherchant apparemment à obtenir l’arme ; en matière de garanties, nul, pas plus la Chine que la Russie, ne peut revendiquer une influence efficace sur les choix de ce pays. La Corée du Nord, quant à elle, offre à l’examen un cas également grave, puisque, contrairement à l’Iran, elle s’est retirée du traité en 2003. D’autre part, ses progrès, bien que tardifs, ont longtemps bénéficié d’une certaine bienveillance de la part d’une puissance nucléaire, la Chine, qui semble toutefois avoir cessé son aide directe à Pyongyang après avoir ratifié le TNP.

Envisagé ainsi, le tableau n’est pas brillant. On peut cependant l’apprécier d’une autre manière. Mis à part la Corée du Nord, aucun Etat n’est sorti du traité. Et, en 2010, aucun signataire non détenteur de la bombe ne l’a encore obtenue. Depuis la naissance du TNP, le monde n’a pas connu de guerre nucléaire ni de montée aux extrêmes comparable à celle de Cuba en 1962. Les zones dénucléarisées par traité (disposition prévue dans le TNP à l’article 7  (9)) se sont multipliées — Antarctique en 1959 (avant le TNP), Pacifique sud en 1985, Amérique latine en 1995. Le Kazakhstan, l’Ukraine et la Biélorussie ont démantelé leur arsenal, ainsi que l’Afrique du Sud et la Suède. Brésil et Argentine ont renoncé à leurs recherches.

Tout cela n’est pas l’effet direct du TNP, mais le traité de 1968 n’en constitue pas moins la toile de fond légale et morale sur laquelle se sont greffées, ou dont se sont réclamées, les négociations régaliennes, bilatérales ou pas, qui ont mené à ces succès. A elle seule, la prorogation de 1995, « pour une durée indéterminée », donne la mesure de l’importance prise en fin de compte par ce texte (qui aurait pu être théoriquement prorogé de manière limitée seulement, pour vingt-cinq autres années).

La question de l’efficience du TNP se pose-t-elle en ces termes ? En attendant une « option zéro » idéale, il n’est pas totalement efficace et reste en particulier dépendant de doctrines de dissuasion « responsables » de la part des EDAN (notions de non-emploi et de stricte suffisance, à l’exemple de la France). Il faut plutôt imaginer ce que serait la situation si le TNP n’existait pas. En effet, il est plus facile de recenser ce que le traité n’a pas réussi à empêcher que de modéliser ce qu’il a permis d’éviter. Dans ce domaine, un échec se comptabilise ; pas une réussite, surtout si elle se définit négativement.

Au bilan, et alors que la polémique sur le programme iranien bat son plein, accordons à ses contempteurs que le TNP forme un bouclier plein de trous, face à une menace — la prolifération — qu’il n’a pas fait disparaître. Mais il demeure tout de même un bouclier, et ce que l’on peut apercevoir à travers ne donne à personne l’envie de le jeter aux orties.

Olivier Zajec.


Chargé d’études à la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS), Paris.

(1) Discours « Atoms for peace ». Texte intégral : www.atomicarchive.co m

(2) Lire Selig S. Harrison, « Le dilemme nucléaire du président Barack Obama », Le Monde diplomatique, avril 2010.

(3) L’accord de garantie de chaque Etat avec l’AIEA est à signer théoriquement dans les cent quatre-vingts jours suivant l’adhésion au traité.

(4) Ce qu’ils s’engagent à faire dans l’article 6.

(5) Le mouvement des non-alignés, qui compte cent dix-huit pays, appelle régulièrement à une plus grande ouverture des EDAN concernant le partage de la technologie civile (suivant le TNP) et à la ratification du traité par Israël.

(6) Une soixantaine de signataires sur cent quatre-vingt-neuf appliquent le protocole additionnel.

(7) Cf. Pierre Vandier, « La prolifération nucléaire en Asie menace-t-elle l’avenir du TNP ? », Collège interarmées de défense, Paris, 1er octobre 2005. Rappelons que la France n’a ratifié le TNP qu’en 1992.

(8) Beaucoup plus grave est l’accord de coopération nucléaire signé par Washington avec New Delhi en 2006, qui semble récompenser le contournement du TNP effectué par les Indiens. Lire « Prime nucléaire pour l’Inde  », La valise diplomatique, site du Monde diplomatique, 23 novembre 2006.

(9) « Aucune disposition du traité n’empiète sur le droit de n’importe quel groupe d’Etats de conclure des traités régionaux dans le but d’assurer l’absence totale d’armes nucléaires sur leurs territoires. »

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