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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 16:44

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Les communistes de Colombie et du Vénézuela lancent

un appel à l'unité

et à

la paix entre leurs deux peuples

 

 

 

 

Traduction AC http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les dirigeants du PCC et du PCV se sont rencontrés à Caracas et ont adopté un appel à l'unité entre nos deux peuples, un appel à s'exprimer massivement pour la paix. Le Parti communiste colombien (PCC) et le Parti communiste du Vénézuela (PCV), ont publié une déclaration commune dans laquelle ils analysent la situation créée par le gouvernement colombien et appellent les deux peuples « à hisser avec force les drapeaux de l'unité et à s'exprimer massivement pour la paix ».



Cet appel a été présenté par les dirigeants Nelson Fajardo, membre du Comité exécutif national du Parti communiste colombien (PCC) et Carolus Wimmer, membre du Bureau politique du Parti communiste vénézulien (PCV)




Déclaration commune des partis communistes de Colombie et du Vénézuela




Les peuples du Vénézuela et de Colombie ont une histoire et des origines communes ancestrales, qui plongent leurs racines dans l'existence de leurs premiers habitants, eux qui ont commencé la lutte contre les colonisateurs européens, résistance qui a débouchée avec succès sur les hauts faits réalisés sous la direction du Libérateur Simon Bolivar, dont le rêve de voir unie toute l'Amérique latine et les Caraïbes s'exprima au Congrès de Panama, et ne fut contrarié que par l'ingérence et les intrigues du gouvernement des Etats-unis. Ces hauts faits libérateurs ressurgissent avec force aujourd'hui et trouvent expression dans l'unité progressive économique, politique et de solidarité internationaliste, qui ouvre les chemins de la coopération, de l'amitié et de la paix.



L'Amérique latine, par conséquent, vit à la fois un moment de changements démocratiques et progressistes et de durs affrontements avec les ambitions de l'impérialisme, en particulier états-unien, de maintien du contrôle hégémonique, économique, politique, militaire et de la conquête du contrôle sur les ressources naturelles de la région, au bénéfice exclusif de ses multi-nationales.



Les acteurs principaux de ces changements ont été les luttes et les mobilisations politiques, ouvrières, paysannes, indigènes, étudiantes, d'intellectuels, populaires et sociales, sans lesquelles on ne pourrait comprendre les succès de la démocratie et de la gauche, matérialisées dans toute la gamme des gouvernements démocratiques, progressistes et de diverses couleurs politiques, chacun avec ses propres particularités.



Le régime politique colombien est devenu l'acteur principal de la contre-offensive de la droite en Amérique latine. Les intérêts du grand capital trans-national évoluent dans la logique du capitalisme criminel, tendance qui, dans le cas colombien, est liée au trafic international de cocaïne et d'autres produits de ce type, et qui à la fois alimente le cycle actuelle de violence, en articulant formes légales et illégales d'accumulation, et fonctionne comme palliatif pour ce qui est de la crise économique mondiale



Au nom de la politique de la guerre anti-terroriste, de la guerre préventive, de la coopération anti-terroriste, le régime de droite colombien tente de justifier un type de relations inter-étatiques qui fait le jeu de la politique expansionniste de Washington, déstabilisant et renversant les gouvernements qui ne lui conviennent pas.



Le régime politique de droite de Colombie nie l'existence d'une guerre civile qui s'étend sur plus de soixante-dix ans, en la présentant comme une simple « menace terroriste ». Sous les deux gouvernements de Alvaro Uribe Velez, la guerre contre-insurrectionnelle a été caractérisée par une ligne croissante de soumission aux diktats de Washington et par une franche hostilité aux processus démocratiques dans les pays voisins dans lesquels il est intervenu, en violation du droit international, de la souveraineté des Etats et des peuples et de leur droit à l'auto-détermination.



Au cœur des commémorations du début des processus d'indépendance anti-colonialiste il y a 200 ans, l'impérialisme a créé des moments critiques d'affrontement contre les processus de changement en cours. En fait, il a ré-activé la IVème Flotte navale à partir de 2008; fin 2009 il a signé avec le gouvernement colombien le traité pour l'utilisation de 7 bases militaires sur le territoire de ce pays; il a ré-installé des bases militaires à Panama et a transformé le territoire du Costa Rica en une énorme plate-forme pour l'entretien de la seconde base navale la plus grande du monde, tout en essayant de justifier tout cela par la lutte discréditée contre le narco-trafic et le terrorisme.



Au Vénézuela, se développe un processus de changements révolutionnaires politiques, économiques et sociaux, qui s'orientent vers la libération nationale et la création des conditions nécessaires pour avancer vers la constitution d'un État populaire, démocratique et anti-impérialiste, qui à son tour peut ouvrir la voie vers le socialisme.



Les relations d'amitié, de coopération, de respect mutuel et de paix, dans le cadre de l'intégration et de l'unité latino-américaine rendent nécessaire aujourd'hui un processus de résolution politique, pacifique, par la voie du dialogue et des accords, du conflit armé prolongé en Colombie. Une condition générale irremplaçable est la non-ingérence et l'opposition à l'occupation d'un pays par les troupes d'un autre pays. La Cour constitutionnelle colombienne discute de l'inconstitutionnalité du traité avec les Etats-unis pour l'utilisation de 7 bases militaires et devra encore se décider à ce sujet. Par ailleurs, le Plan Colombie doit cesser de servir de se servir du prétexte des projets anti-narcotiques.



Nous demandons que soit rétabli le principe de la co-existence pacifique entre pays qui développent des projets socio-politiques différents. Les différences idéologiques et politiques ne supposent pas d'exclure le respect mutuel, la coopération et l'obligation de résoudre par la voie négociée tout type de conflit entre nations et de le faire dans le cadre d'institutions latino-américaines, en donnant un rôle actif à l'UNASUR



Un conflit entre pays-frères ne peut être que dans les intérêts de l'impérialisme nord-américain, en particulier le complexe industrialo-militaire, et de l'extrême-droite de nos pays. La reprise pleine des relations entre la Colombie et le Vénézuela est une nécessité pour les processus d'intégration latino-américaine et contribuera à la justice sociale pour les peuples.



La défense de la paix, de l'unité et de la souveraineté des pays de notre région est décisive pour développer et approfondir les processus de démocratie, de justice sociale et d'indépendance en Amérique Latine et dans les Caraibes.



Sur la base de ce qui a été dit précédemment, nous appelons nos peuples à hisser avec force les drapeaux de l'unité, à s'exprimer massivement pour la paix entre nos peuples et gouvernements, dans la lutte pour l'intégration latino-américaine et caribéenne, pour la souveraineté nationale et la démocratie pleine et entière.



Opposons-nous à la menace de guerre!



Vive l'amitié et l'intégration entre les peuples de Colombie et du Vénézuela!



Signé par le Parti communiste colombien (PCC) et Parti communiste du Vénézuela (PCV)

 

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Published by valenton rouge - dans Monde
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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 20:41

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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-trop-melanger-les-genres-79491

Les américains auront vraiment tout raté en Afghanistan. Un épisode tragique le démontre une nouvelle fois : on vient de retrouver huit médecins d’une ONG (IAM-NOOR), cinq hommes, cinq américains (dont Tom Little, vieil habitué de la région, qui a traversé les guerres précédentes) et trois femmes (dont une allemande et une anglaise), exécutés un par un "par des talibans" alors qu’ils avaient été extraits de leur véhicules, au Badakhshan, au nord-est de l’Afghanistan. Un assistant afghan a échappé au massacre "en récitant des versets du Coran" devant les talibans, précisent les médias. S’en suivent obligatoirement des commentaires immédiats des médias sur la "sauvagerie" de ces mêmes talibans, et quelques remarques seulement sur les points étranges de l’attaque ou des déclarations successives et contradictoires des revendications de la tuerie. L’épisode démontre en fait tragiquement qu’on pouvait hélas s’y attendre un jour où l’autre, le Pentagone ayant un peu trop mélangé les genres, rendant les ONG désormais suspectes de connivence avec les troupes d’invasion et condamnant de la sorte ses représentants. Retour sur ce cheminement aberrant, cette confusion terrible qui rend aujourd’hui fort délicate toute aide humanitaire, sinon impossible.

L’armée américaine, on l’a vu, s’est affichée ouvertement en croisade religieuse, ce que le général Petraeus, lui-même en bon croyant, à laisser ouvertement faire, en prenant fait et cause pour un ouvrage critiqué sorti en 2008, "Under Orders : A Spiritual Handbook for Military Personnel," de l’aumônier William McCoy. Ses propos comme quoi il aurait voulu voir cet ouvrage "dans chaque paquetage" passaient difficilement. Je vous avais conté cette lente montée de la religion au sein de l’armée ici-même, il y a deux ans déjà. La conversion de l’armée montrée au grand jour avait abouti à des épisodes étonnants, comme celui en août 2007 de l’inculpation et de la condamnation de sept militaires de haut rang dont quatre généraux, parmi eux le Maj. Gen. Jack J. Catton Jr, accusés de prosélytisme outrancier auprès de leurs soldats. L’affaire tournait autour de "Christian Embassy", une association très bien implantée à Washington, dont le site internet affichait fièrement "je travaille pour le Pentagone," et son émanation "Campus Crusade for Christ" !! En 2006, le Gen. Jack J. Catton Jr avait clairement annoncé la couleur dans le mail envoyé au candidat républicain pour le Congrès, Bentley Rayburn,un général en retraite de l’Air Force. "Nous avons certainement besoin de chrétiens intégres ayant eu une expérience militaire au sein du Congrès. Et il joignait un message de Rayburn, qui, se référant aux débats du Congrès sur la religion à l’Académie de la Force aérienne écrivait : "Pour ceux d’entre nous qui sont chrétiens, il y a tout ceux dans la pièce d’à-côté, qui reconnaissent que nous avons besoin de plus d’influence chrétienne au Congrès. " A l’époque, Catton Jr était toujours en activité sur la base de Langley. Catton avait sollicité plus de 200 responsables militaires pour la campagne de Rayburn, et même envoyé un mail similaire à Boeing, alors que son rôle au sein de l’Air Combat Command était de se charger des commandes militaires, dont certaines à Boeing ! C’était à la fois du prosélytisme et à la fois de la concussion déguisée !
 
En juin 2009, les ravages de l’évangélisme chrétien vus par Mikey Weinstein au sein de l’armée US faisait un nouveau bond en avant avec la découverte en Irak de la distribution de bibles en arabe par un chapelain de 83 ans, Jim Ammerman, des bibles offertes avec comme dédicace de "tuer des gens pour Jésus" et de laisser entendre fortement qu’Obama "serait un musulman déguisé"... scandale immédiat au Pentagone et fureur à la Maison Blanche ! Des actes faisant suite à l’article ravageur de Jeff Sharlet d’Harper’s Bazaar intitulé "Jésus a tué Mohammed : la croisade pour une armée chrétienne" : à eux deux, la coupe débordait en effet. L’article y révélait d’étranges comportements au sein des militaires américains, notamment dans la brigade du 109th National Guard." En 2004, lors d’un raid un dimanche de Pâques sur les insurgés irakiens des Forces spéciales, les officiers, inspirés par une projection la veille du film de Mel Gibson « La Passion du Christ, avait écrit les mots : « Jésus a tué Mohammed » en arabe sur leurs chars Bradley et avait incité ses hommes à le crier en anglais et en Arabe pour apostropher les soldats irakiens recrutés avant de se lancer sur un attaque pour réprimer l’insurrection". On n’était pas loin du responsable fêlé du film de Coppola, le "fameux" Colonel Bill Kilgore, et de ses hélicoptères déversant par haut-parleurs la chevauchée des Walkyries et de sa séquence culte sur "l’odeur de napalm au petit matin" ! (La sentence citée est affichée en bas de ce texte en arabe). Que peut entraîner ce genre de comportement provocateur, sinon du ressentiment ? Qu’a fait l’armée pour réprimer ce genre d’excès ? Pas grand chose semble-t-il...

Une sorte de secte jouant l’ennemi intérieur au sein de l’armée s’est donc insidieusement installée, dûment décrite par un lieutenant colonel convaincu : "dans un discours prononcé par le lieutenant-colonel Greg Metzgar devant les membres de la Christian Fellowship - un groupe de 15 000 membres actifs à 80% dans les bases militaires - ce dernier soulignait : "les soldats chrétiens doivent toujours se considérer comme derrière les lignes ennemies, même dans leurs rangs, car chaque membre non enregistré par l’armée est un agent potentiel de "terrorisme spirituel". Etrange inversion des valeurs "terroristes" ! Le retour de "l’ennemi de l’intérieur ! Celui habilement dénoncé dans "With God On Our Side", la chanson hautement prémonitoire de Bob Dylan, devenue mythique avec Joan Baez (*) ! Une attitude perpétuée en 2010, au point que le gouvernement afghan avait dû faire une mise au point récemment encore : "en mai, le gouvernement afghan avait suspendu les opérations des ONG américaine Church World Service et norvégienne Norwegian Church Aid après la diffusion par une petite chaîne de télévision afghane d’images d’hommes récitant des prières chrétiennes en langue farsi et se faisant baptiser" précise France 24. Un danger évident pour l’armée, donc, que ces individus menant leur propre croisade religieuse en sous-main, ou que ses ONG venues évangéliser avant même d’aider. Une sorte de "True Religion", à toutes les sauces en quelque sorte ! Un danger surtout de déstabilisation idéologique, pour l’armée, le même rencontré à l’autre bout de l’océan par... Tsahal. L’humanitaire peut en effet se faire manipuler en effet. Un danger potentiel qui peut en cacher un autre encore plus grave...
 
Une croisade religieuse, en effet, qui peut amener à une autre, visiblement. Tel le recrutement de "suprémacists", autrement des soldats US ayant ouvertement affiché dans leur pays des idées néo-nazies.La coalition étant touchée aussi par le syndrome (mais nous y reviendrons bientôt avec d’autres exemples dont celui-ci, vu chez les troupes tchèques). Sans oublier l’imbécilité soldatesque menée à son paroxysme, attisée par ce racisme. L’humiliation journalière à faire subir aux enfants rencontrés lors de patrouilles, le lot commun de deux conflits ; visible hélas dans un nombre incalculable de vidéos. En 2008, on s’apercevait des dégâts avec les résultats d’une enquête sur le comportement inquiétants de certains soldats. "Le rapport du FBI donne les détails de plus d’une douzaine conclusions d’enquêtes et d’affaires pénales impliquant des anciens combattants en Irak et en Afghanistan ainsi que personnel en service actif qui se livraient à des activités extrémistes au cours des dernières années. Par exemple, en Septembre 2006, le chef du Celtic Chevaliers, une faction dissidente du centre du Hammerskins du Texas, une organisation nationale de skinheads racistes, avait prévu d’obtenir des armes à feu et d’es explosifs à partir d’un soldat de l’armée en service actif à Fort Hood, Texas. Ce soldat, qui a servi en Irak en 2006 et 2007, était un membre de l’Alliance nationale, un groupe néo-nazi". Voilà qui était bien inquiétant.
 
Le journaliste Matt Kennard qui révélait les actions discutables prouvait facilement les liens entre des militaires US en action en Irak ou en Afghanistan et des groupes néo-nazis avec lesquels ils correspondaient à distance. Des engagés ayant une idée derrière la tête, visiblement, inquiétante pour la sécurité intérieure des Etats-Unis : "un des membres de Blood & Honour prétendant être en service actif soldat prenant part à des opérations de combat en Irak s’est identifié à Kennard comme étant Jacob Berg. Il n’a pas divulgué son grade ou la division de son service. « Il ya effectivement beaucoup plus de« skinheads »,« nazis », de "blancs suprémacistes" maintenant chez les militaires qu’il n’y en a eu auparavant pendant longtemps », écrit Berg dans un échange d’e-mail avec Kennard." Les racistes américains sont effectivement entrés dans l’armée en quantité maintenant parce que si n’étions pas là, ceux qui sont déjà en place auront pitié des "noirs des sables" quand il s’agira d’en tuer. Oui, j’ai tué des femmes, oui, j’ai tué des enfants, et oui, j’ai tué des personnes âgées. Mais la principale raison pour laquelle je suis tellement fier d’avoir tué c’est parce qu’avec le meurtre d’un "brun" de nombreux blancs vivront pour voir une nouvelle aube. " Propos révoltants. Chez eux, l’élection d’un Obama n’a strictement rien entamé de leurs convictions racistes... hélas !
 
Ces propos calamiteux impliquent le problème du retour au pays de pareils zouaves note le journaliste : "le prestige que confère le mouvement extrémiste aux membres présentant une expérience militaire leur accorde la possibilité d’influencer au-delà de leur nombre. La plupart des groupes extrémistes ont certains membres militaires d’expérience, et ceux ayant une expérience militaire occupent souvent des postes d’autorité au sein des groupes auxquels ils appartiennent". La faille d’avoir recruté ce genre d’individu en raison de la baisse du nombre de volontaires risque de coûter fort cher aux USA. Revenus difficilement à la vie civile une fois libérés, ils vont aussitôt enfler les statistiques inquiétantes des agressions et des meurtres commis par les anciens GI de retour d’Irak ou d’Afghanistan. Le mot qui revient le plus est bien traumatisme. Quant à ceux encore en activité... on les retrouve, hélas... sur les réseaux sociaux !
 
Dans cette vision assez apocalyptique de l’armée d’invasion et d’occupation des deux pays, on peut comprendre l’exaspération créée chez certains. Pour ce qui est des ONG, c’est bien la confusion des genres qui est responsable des problèmes actuels : l’exemple de l’ONG italienne, acceptée même par les talibans, mais que l’on souhaiterait voir partir, avec des moyens dont je vous ai déjà parlé (à savoir de tenter de la mouiller dans un trafic d’armes !), ou celle des plus étranges ONG liées directement à des activités d’espionnage ne penche pas en la faveur d’un apaisement, loin de là. J’ai déjà écrit ici les ravages d’USAID, qui a toujours servi de paravent à la CIA et cela ne prêche pas davantage dans ce sens. Les huit médecins sont les victimes avant tout de ce système biaisé, ou une organisation gouvernementale et ses épiphénomènes, par son comportement et ses liens douteux avec le pouvoir américain qui ont "plombé" toutes les autres organisations non gouvernementales, à partir de là toutes suspectes de connivence avec les militaires. USAID, bien implanté dans la région, car à l’origine d’un circuit de bus entre Kaboul et Fayzabad, capitale de la province incriminée... ainsi que de la route qui y mène... 
 
De même pour la bien trop impliquée "Development Alternatives Inc" ou DAI, dirigée par Jim Boomgard. Un organisme partie prenante d’une obscure "LGCD" ou "Afghanistan Local Governance and Community Development", dont le rôle principal consiste à "promouvoir la démocratie" comme on a pu le faire dans d’autres pays récemment (notamment en Moldavie), en mélangeant les urnes avec l’aide humanitaire. La politisation évidente de ce genre d’ONG, qui se mêle ouvertement des élections dans le pays, quitte même à "booster" certains résultats est bien une tare fondamentale, qui renforce l’idée de l’ingérence politique des ONG. Résultat, les talibans, pas plus aveugles que d’autres, dénoncent à leur façon cette ingérence en s’en prenant en aux bureaux de Kudunz de la DAI. Le 2 juillet dernier avait été donné le premier coup de semonce avec l’attaque du bureau US de l’agence, en plein Kunduz. Les journalistes avaient pourtant prévenu : c’est bien l’absence de programmes civils qui était reproché : des militaires du génie bâtisseurs, c’est bien, mais ça renforce l’idée d’une occupation et non d’un développement du pays ! L’attaque suicide avait ravagé le bâtiment de la DAI, choisi parmi les bâtiments plutôt luxueux, réquisitionnés par l’armée : un endroit où beaucoup d’erreurs de tact avaient donc été commises. L’attaque avait eu lieu le jour même de l’arrivée de Petraeus à Kaboul : visiblement, il y avait un message à décrypter de cette violente action. On ne semble pas l’avoir fait.
 
Les talibans, qui ont à leur tour très certainement fait une bavure de taille, avaient donc lancé des alarmes non entendues et ont hésité à donner des explications véritables, en profitant plutôt pour asséner les griefs qu’ils reprochent depuis des années aux troupes d’occupation et leurs excès, que je viens de vous décrire. Dans une revendication confuse, ils ont tout d’abord parlé "d’évangélisation", de "bibles à bord des voitures", pour se raviser après et parler de "cartographie d’espionnage" à l’aide de téléphones GPRS. Leurs hésitations buttent sur un autre étrange fait. Les enquêteurs US ont aussi déjà évoqué la possibilité de pillards incontrôlés, qui auraient dépouillé leurs victimes avant de les abattre. Mais ces explications se heurtent à une chose flagrante : les trois 4x4, valant plusieurs milliers de dollars pièce (quoique criblés d’impacts paraît-il mais en Afghanistan ça se répare très vite !) ont été retrouvés abandonnés tels quels près des corps. C’est assez inexplicable, en cas de simple vol. Non, à ce jour, nous ne saurons pas les raisons exactes de la mort de ces huit humanitaires : mais nous pourront déjà conclure que ce n’est pas vraiment une surprise, tant les conditions créées depuis des mois pour éliminer les ONG des deux pays en guerre est patente.
 
Que les talibans s’en méfient est une chose que je viens de vous expliquer. Mais que le pouvoir US le fait également est aussi à noter : McCrystal avait été nommé car sa "spécialité" était l’assassinat ciblé, réalisés par ces forces spéciales. Une bonne partie d’entre elles sont des sous-traitants privés depuis longtemps, du type DynCorp ou Xe, successeur de Blackwater : des gens qui ont, on le sait, la gâchette facile, et ne portent pas l’uniforme obligatoirement. Une bavure dans ce camp est donc tout aussi possible : le secteur où les médecins circulaient étant le nord-est, fort dangereux car étant le lieu d’actions des drones et de ces fameuses troupes spéciales : les huit médecins auraient-ils vus quelque chose qu’ils n’auraient pas dû voir, auraient-ils été victimes d’une équipe d’assassins pas nécessairement du camp taliban, ou des effets secondaires de l’usage à cet endroit de drones ? Rien ne permet de l’affirmer davantage que la piste talibane, à vrai dire. Les explications du seul survivant semblant un peu trop téléphonées pour admettre une seule solution. En octobre 2009, un envoyé de l’ONU, Philip Alston, dénonçait clairement les bombardements effectués par les Predators dans cette région. L’homme parlait "d’éxécutions arbitraires" pour décrire ces actions : de quoi suggérer un fort ressentiment dans la population.
 
Pour certains observateurs, c’est ce ressentiment, justement, très fort dans la région, qui a condamné les médecins de l’ONG, jugés tous "américains" et donc assimilés aux lanceurs de drones assassins. Les talibans, surpris eux-même par l’attentat, on comme d’habitude cherché à récupérer l’affaire à leur profit en sortant des explications qui n’en n’étaient pas, dépassés par une bande incontrôlée de pillards, semble-t-il, ou par une action dont il ne maîtrisaient aucun élément. Une revendication confuse, signée Hizb-i-Islami Gulbuddin. A noter cependant que le responsable, Tom Little, comme le rappelle Eric Mathieu dans le Libé du 9 août avait déjà été prié de déguerpir en 2001 par les talibans pour "prosélytisme chrétien". S’en étaient-ils souvenus ? IAM était présente depuis 1966 en Afghanistan, sans pour autant afficher ouvertement sa préférence religieuse, selon ses responsables ! A être restés aussi longtemps, on est tout décidés à les croire. Car Gulbuddin Hekmatyar est avant tout un opportuniste, qui avait déjà revendiqué la mort des 10 soldats français en septembre 2008, sans qu’il n’y ait pour autant participé. Il est l’homme avec lequel tout le monde est obligé, néanmoins, de discuter : si Karzaï réintégre les talibans, un poste d’importance l’attend. Sa revendication peut difficilement être prise au sérieux. Hekmatyar est un vieil ami de la CIA, qui l’a puissamment armé au temps des soviétiques. "Historiquement, les liens entre le Hezb e-Islami de Hekmatyar et l’ISI sont connus : dans les années 1980 le groupe fondamentaliste d’Heykmatyar était utilisé par la CIA, au même titre que l’ISI dans la lutte contre les Soviétiques. Après leur départ, Hekmatyar s’est allié à d’autres chefs de guerre dans une haine commune des talibans".
 
La région est hyper-dangereuse, c’est pourquoi la présence de deux véhicules non annoncés à pu tourner au facilement au drame. Le New-York Times est là aussi pour rappeler le contenu des fichiers Wikileaks et les bavures possibles : "Les unités de commando secret comme la Task Force 373 - un groupe classé de l’Armée de terre coopérant avec les troupes spéciales de la marine - travaillent sur un schéma "capturer ou tuer" à partir d’une liste d’environ 70 hauts commandants des insurgés. Ces missions, qui ont été renforcées sous l’administration Obama, ont revendiqué des succès notables, mais ont parfois mal tourné, tuant des civils afghans et entretenant le ressentiment". La Task Force servant aussi à ramasser les morceaux de drone pour qu’ils ne tombent pas entre des mains étrangères, celle des talibans, qui les pistent .... en 4x4, sachant leur valeur auprès d’autres pays désireux de tout savoir sur eux ! Parfois, le drone devenu hors de contrôle est en effet abattu par un de ses propres collègues, un autre drone  ! Sur les 65 perdus en avril 2009, 36 étaient dus à une erreur humaine ! Dans un tel environnement hostile, on imagine mal la présence de voitures d’ONG en effet, à moins de prendre des risques importants en toute connaissance de cause : dans ce cas, on se munit d’une escorte. Or ce n’a pas été le cas. "Sans gardes du corps" à cet endroit, cela pourrait être considéré comme frisant l’irresponsabilité, les militaires sont les premiers à le dire. La foi ne sauve pas de tout, visiblement. Ils ont fait une mauvaise rencontre, nos médecins, autour de Faizabad, pour sûr, mais laquelle exactement ? Dans un endroit où les américains avaient perdu huit soldats, leur "Forward Operating Base" la plus éloignée ayant été attaquée par une centaine de talibans, et où ils avaient fermés des points de contrôle, devenus trop dangereux, avec une logistique intenable et trop coûteuse. Face à des adversaires qui se renforçaient. Des militaires coincés dans des positions isolées devenues intenables (ici la vision de caméra de casque d’un soldat). Un coin, en bref, où personne d’autre qu’eux-mêmes ne pouvait assurer leur sécurité. Les américains, censés ne plus être présents à cet endroit préparaient-ils quelque chose contre l’ISI au même endroit ?
 
En définitive, cette exclusion progressive du théâtre de certains combats des véritables ONG, des deux côtés, est due en majeure partie à un mélange trop évident des genres, entretenus par les USA et leurs alliés de la coalition, qui ont transformé des ONG en allié direct des militaires ou ont transformé leurs soldats en aide humanitaire. Ils recueillent ainsi les fruits amers de leurs propres abus. Une confusion des genres extrêmement nocive et dangereuse, comme certains ne cessent de le crier depuis des années maintenant (dès 2002 des voix s’élevaient (**) pour arrêter cet amalgame à problèmes). A trop mélanger les genres... on récolte l’horreur.
 
(*) traduite et adaptée en 1965 par Hughes Aufray (extrait de l’album  : Chante Dylan).
 
Mon nom ne veut rien dire 
Mon âge encore moins 
Je suis pour tout dire 
Un bon citoyen 
J’admets sans réplique 
Ce qu’on m’a enseigné 
Je sais qu’en Amérique 
Dieu est à nos côtés 

Je l’ai lu dans l’histoire 
Les Américains 
Se couvrirent de gloire 
Contre les Indiens 
Ils les massacrèrent 
Le coeur bien en paix 
La conscience claire 
Et Dieu à leurs côtés 

Après la seconde guerre 
On nous a appris 
Les Allemands de naguère 
Deviennent nos amis 
De toute une race humaine 
S’ils ont fait un bûcher 
C’est de l’histoire ancienne 
Dieu est à leurs côtés 

Nous avons les bombes 
Les plus perfectionnées 
Que saute le monde 
S’il faut le faire sauter 
Un levier qu’on bascule 
Un bouton à pousser 
N’ayons pas de scrupules 
Dieu est à nos côtés 

Il y a un mystère 
Qui revient toujours 
Jésus notre frère 
Fut trahi un jour 
C’est tout un problème 
A vous de décider 
Si Judas lui-même 
Avait Dieu à ses côtés 

Maintenant j’abandonne 
Je suis trop fatigué 
Ma tête résonne 
Je cherche la paix 
Que Dieu nous la donne 
Cette paix méritée 
Que Dieu nous la donne 
S’il est à nos côtés
 
(**) "Pour minimiser les risques aux travailleurs humanitaires de brouiller les distinctions, il est essentiel que la transparence soit maintenue dans toute ingérence militaire dans les opérations civiles. Les soldats (et les agents de renseignement) ne doivent en aucun cas annoncer être des "travailleurs humanitaires en Afghanistan". En outre, tous les militaires impliqués dans la conduite d’opérations civiles doit être en uniforme et clairement identifiables en tant que soldats, à tout moment. Les humanitaires refuseront de la façon la plus vive à des soldats armés de s’habiller en civil afin de s’engager dans les programmes civils d’assistance".
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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 19:35

serment1934.jpg

 

http://socio13.wordpress.com/2010/08/12/jaccuse-par-danielle-bleitrach/#comment-14942

 

Il est nécessaire de mener la lutte pour les droits du peuple Palestinien, il est un devoir moral de dénoncer le rôle néfaste du gouvernement israélien, de la fascisation de sa politique. On peut même comme je le fais déplorer la tragédie qu’a été la création de l’Etat d’israêl, tragédie non seulement pour les Palestiniens mais pour les juifs eux-mêmes. Il faut, comme je tente de le faire inlassablement, convaincre les juifs du monde entier qu’ils ne doivent en rien se sentir solidaire de ce gouvernement qui déshonore le meilleur de leur apport à l’humanité, la lutte pour la justice et pour une espérance messianique d’une humanité réconciliée. Il faut dénoncer cet Etat qui semble avoir à coeur de copier tout ce que les ennemis du peuple juif lui ont infligé pendant des millénaires. Il faut agir enfin pour construire une solution politique qui permette une paix juste et durable et en priorité un Etat viable pour les Palestiniens. Mais cela passe aussi par la dénonciation de tous les racismes, celui que l’on tente de créer contre les peuples arabes et palestinien au premier chef pour mieux leur infliger l’insoutenable de Gaza, pour aller y compris jusqu’à la guerre nucléaire, mais il faut aussi dénoncer le racisme qui est en train de contamniner cette lutte juste.

 

le meilleur exemple est la manière dont les derniers propos de Fidel affirmant que « Israêl n’attaquerait pas en premier » ont été censurés dans un maximum de sites anti-impérialistes alors que jusqu’ici ils étaient publiés, comme a été censuré sur le fond toute sa dicsussion avec les journalistes vénézuéliens.

Est-ce que Fidel se montrait complaisant avec Israël?  Pas du tout, il expliquait des choses évidentes à savoir qu’à partir du moment où le vote des sanctions avait été obtenu à l’ONU, « les ennemis » de l’iran et au premier rang Israël (mais aussi des gouvernement arabes) n’avaient plus besoin d’intervenir, les Etats Unis se trouvaient en position d’être ceux qui agiraient.  Il affirmait cela pour bien cibler l’action politique et sur qui elle devait porter.

Fidel ne niait pas – et qui pourrait le faire?- que les Israéliens ont tout mis en oeuvre pour s’assurer la complicité de gouvernments arabes pour attaquer l’Iran, celle du gouvernement egyptien pour asphyxier Gaza. Fidel n’en parle pas dans le court texte mais il y en d’autres. Pour qui a suivi les événéments de la flotille de Gaza, l’assassinat de l’équipage a été un acte délibéré, ce que j’ai appelé « la stratégie du fou » décrite par Nixon, faire croire que « nous sommes prêts à n’importe quoi ». Mais justement Fidel ne se laisse pas avoir, il dit que le premier ministre israélien n’est pas fou et que donc il préfère désormais laisser les Etats-Unis faire.

 Le rôle d’Israël est bien réel et une telle stratégie « du fou »a eu même vraisemblablement un impact sur le vote de la Chine au Conseil de Sécurité qui a cédé devant le chantage d’un bloquage du détroit d’ormuz par lequel passe 40% des échanges énergétiques et beaucoup plus pour la Chine. Mais je ne crois pas que même là il ait agi seul sans l’assentiment des Etats-Unis. On se souvient qu’au même moment il y a le naufrage de la corvette sud-coréenne, et surtout des manoeuvres de l’Otan en méditerranée, que notre propre gouvernement installe une base à Dubaï, que le porte avion Charles De gaulle va combattre les pirates somaliens (sic) et que le premier ministre israélien est au Canada puis aux Etats-Unis, et que peu de jour après l’armada de dix navires étasunien plus un israélien entre dans le canal de Suez, qui peut penser que tout cela ne renvoit pas à une offensive impérialiste qui dépasse largement les seuls intérêts israéliens ?  Utiliser la pseudo-irresponsabilité du gouvernement israélien, qui de fait ne s’exerce que sur les plus faibles comme les pauvres palestiniens mais prend bien garde d’aller trop loin pour son propre compte, n’a de sens que dans le contexte d’un impérialisme dominé par le complexe industrialo-militaire dont se moque Fidel à propos d’Eisenhower . Donc, Fidel voit tout cela mieux que nous tous parce qu’il a l’expérience y compris du danger nucléaire, et il fait de la politique, c’est-à-dire que l’essentiel pour lui est la situation telle qu’elle est et sur quoi il fait intervenir pour la transformer.

 Par ailleurs tout au long de sa dicussion avec les journalistes vénézuéliens il fait allusion à Israêl à partir d’un historique qui explique « la colère », la volonté de dominer et qui veut que sur demande en particulier de la Russie on leur ait donné un lieu où s’étaient installé d’autres gens. Il expliquait que cette « colère » était telle qu’ils iraient jusqu’au bout et ne conseilleraient pas aux Etats-unis d’arrêter.C’est-à-dire qu’il se situe dans une dimension historique qui permet de dépasser les mythes racistes mais qui n’est pas celle de l’intervention politique immédiate, comme il l’a dit à l’Assemblée nationale « le dialogue de civilisation est une merveille, mais nous n’avons pas le temps ». Si on se situe dans un dialogue « de civilisation »  je ne partage pas tout son historique, en particulier je suis convaincue comme l’historien maxime Rodinson que les palestiniens sont probablement les descendants des anciens hébreux, les paysans en particulier, ceux qui ont été dispersés par Titus étant  des urbains, artisans, intellectuels comme dans bien des exils. de surcroît tout au long du premier siècle il y a de nombreuses conversions au judaïsme tout autour du bassin méditerranéen. Mais la notion de peuple n’a rien à voir avec la génétique, et la pureté ethnique et il s’est créé un peuple juif, d’abord de  marchands nomades au coeur de l’autarcie médiévale, mais surtout à cause de l’antisémitisme qui les a frappés, le peuple paria dit Max weber. Un peuple a une existence historique et disparait parfois. celui que l’on a tenté de recréer en israêl est pour moi une création artificielle que l’on entretient par un philosémitisme et un antisémitisme qui sont des obstacles évidents à la construction d’une solution politique pour Israêl et pour la Palestine.

Ce sont ces philosémitismes et antisémitismes parfaitement irrationnels qui sont en train d’obscurcir notre jugement sur les périls qui menacent l’humanité, c’est aussi dangereux et absurde que les mythes du III e reich sur l’origine aryenne. C’est trés intéressant malheureusement nous n’avons plus le temps de mener ce dialogue pourtant fondamental, nous manquons non seulement de culture politique mais de culture tout court.

Et il est vrai qu’à cause de sa culture politique mais pas seulement,  la vision de Fidel est aux antipodes de celles de certains monomaniaques qui interprétent l’impérialisme étasunien comme un complot juif. Elle ne dédouane jamais la responsabilité du gouvernement israélien, la dénonce mais Fidel qui lutte depuis plus de 50 ans contre l’impérialisme ne se fait pas d’illusion sur sa nature de classe et sur le système dont le coeur est aux Etats-Unis. Alors même qu’il n’a aucune raison de privilégier Israël qui non seulement est le seul pays à voter pour le blocus de Cuba avec les Etats-unis, mais qui désormais se retrouve partout y compris en Amérique latine aux côtés des pires gouvernements vendant leur peuple aux gringos. D’étranges alliances où les héritiers des anciens nazis côtoient la mafia de Miami, la CIA et les gens du Mossad. Fidel le sait, Cuba est aux côtés du peuple palestinien, en ce moment il faut empêcher le cataclysme en Iran, donc si Fidel explique que tout dépend de la pression que l’on peut exercer sur Obama ce n’est pas par complaisance envers les israéliens.

On ne doit pas avoir la moindre complaisance avec le gouvernement israélien, pas plus qu’avec les tenants du complot juif ou les « négationnistes » parce qu’ils relèvent de la même mythification- mystification qui nous interdit de comprendre les temps dans lesquels nous sommes et donc d’agir, ils entretiennent haine set divisions.

Simplement je le répète Fidel fait de la politique et ne la confond pas avec de désastreuses obsessions antisémites qui transforment la lutte anti-impéraliste en protocole des sages de Sion et en traque des « juifs » digne de la littérature anti-dreyfusarde.  Il mesure la nature des dangers et pour lui ce qui risque de se passer du côté de la Corée du Nord (où à ma connaissance israêl n’est pas impliqué) est de même nature que ce qui se passe en iran. Et depuis qu’il y a eu l’inconséquence du vote des santions au Conseil de Sécurité (un nouveau Munich) la situation est telle que la décision repose sur Obama.

Voilà où en sont certains sites et non des moindres à censurer Fidel parce qu’il fait de la politique et qu’il n’alimente pas seulement leur fantasme antisémite.

C’est un véritable danger, parce qu’il obscurcit notre entendement, dévoie les rassemblement potentiels, contribue dans le fond à donner corps au choc de civilisation autant qu’aux « boucs émissaires » chers à tous les « national -socialisme » .

Alors même par exemple qu’en france Sarkozy cherche ces boucs émissaire, que voyons-nous surgir parallélement : des tentatives multiples de divisions communautaristes qui vont dans le ^même sens » tout apparement en jouant dans des camps opposés.  Prenons un exemple: sans vouloir lui attribuer plus d’importance que cela n’en a , c’est un simple épiphénomène, mais nous avons vu surgir en france un ridicule appel à « Un Chavez français » (1)émanant d’égalité et réconciliation, les nauséabonds  amis de dieudonné.  Ils  s’étaient  déjà lors d’une récente campagne électorale affublés d’une casquette au couleur du Venezuela pour lancer une campagne qui connut le succès que l’on sait derrière Dieudonné et dont les liens avec Le pen sont également connus. Ils ne représentent qu’une caricature mais déjà celle-ci parait prégnante sur internet dans de multiples forums où l’appel à la haine, les rumeurs remplacent toute analyse.

Il faut donc faire très attention dans ces temps de crise où dans nos pays l’issue politique s’obscurcit pour savoir mener une lutte débarrassée de toute connotation raciste. C’est d’abord difficile parce qu’il n’y a plus d’analyse  de l’impérialisme sur des bases marxistes telles que peut les avoir fidel. Non seulement il n’y a plus de lutte idéologique dans le pays dont fidel dit que « les français sont les fournisseurs idéologiques », c’est-à-dire que l’offensive contre la pensée progressiste, révolutionnaire avec l’aide des médias l’a emporté.. mais parallélement il y a aussi la débâcle politique d’une gauche et de communistes incapables d’organiser la moindre résistance, donc c’est sur ce terrain que se développent toutes les formes de dévoiement de l’extrême-droite, en général vers le racisme et la recherche de boucs émissaires.

C’est difficile parce que dans le même temps, ceux qui ne cessent de crier à l’antisémitisme dès que l’on dénonce les crimes d’Israêl n’ont cessé comme l’Etat d’israêl lui-même de donner des  arguments à l’antisémitisme. Ils ont largement contribué à ce que l’extrême-droite y compris celle qui aujourd’hui à travers notre gouvernement ose s’attaquer aux Roms et aux immigrés ait droit de cité. Les Finkelkraut et autres portent une lourde responsabilité dans la montée des haines raciales pour ne cesser de défendre la cause indéfendable du droit des sionistes à faire n’importe quoi.

Donc personnellement j’affirme que la lutte pour la paix, anti-impérialiste et la construction d’un monde nouveau doit être toujours plus empreinte d’un humanisme, d’une soif de justice pour les victimes, et d’une défense de l’être humain qui refuse les pièges de l’extrême-doite d’où qu’elle prétende parler.

danielle bleitrach

(1) on passera sur l’aspect bouffon d’un telle revendication et son « efficacité » politique pour mieux convenir que sa seule fonction est de fait de déshonorer Chavez, de caricaturer ce qui a lieu en Amérique latine en l’accrochant à un programme des plus confus qui mêle les relents poujadistes à une pseudo attrirance pour les caudillos populistes, le tout sur sympathie antisémite, image que la presse s’obstine par ailleurs de nous donner de Chavez… Quand on a de tels alliés on n’a plus besoin d’ennemis…

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 21:19

Japanese_tanker-05b20.jpg

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/refus-de-priorite-a-un-sous-marin-79451

 

Et voilà que c’est déjà reparti. A peine l’annonce d’un sérieux incident énoncé par les propriétaires du tanker MStar de 270 000 tonnes, à savoir la compagnie japonaise Mitsui O.S.K. Lines Ltd, la théorie du kamikaze façon attaque de l’USS Cole était sur tous les téléscripteurs. Un emballement et un empressement médiatique qui montrent bien la tension actuelle régnant dans le détroit d’Ormuz, pression générée par une possible intervention israélienne en Iran, et en retour par des Gardes de la Révolution, qui doivent être pour cette raison sur le qui vive. Quelques uns ont bien esquissé la possiblité d’une rencontre avec une mine, qui traînait là depuis des années : depuis l’affaire coréenne du Cheonan et de sa fausse torpille, c’est une hypothèse à ne pas négliger en effet. Bien entendu, on a eu droit tout aussi vite à l’attentat d’Al-Quaida, revendiqué même par l’obscur mouvement les Brigades d’Abdullah Azzam (*), une annonce signée Rita Katz et le Site Group, qui la rend déjà plus que suspecte. Et même encore à la théorie de l’onde de choc sous-marin d’un tremblement de terre effectivement ressenti le même jour à Bandar Abbas. Qu’en est-il donc de cet incident et que peut-on conclure comme origine, voilà qui peut s’avérer fort instructif à déterminer.

L’enquête première sur le MStar, faite une fois amarré à Fujairah, démontre qu’il y a bien eu choc, mais qu’aucun incendie n’a suivi, contrairement à ce qui a pu être dit. A l’intérieur, sur le pont on a de la tôle pliée et non noircie, à l’intérieur des cloisons "explosées" mais par la déformation des membrures et dans une pièce une sorte d’armoire qui s’est retrouvée en vol plané sur une table. Aucune trace véritable d’explosif. Un choc très violent, oui, certes, mais pas de traces de poudre noire ou de noir de fumée. Un seul blessé à bord, par des éclats de verre. L’incident a eu lieu peu après minuit, en pleine nuit donc. Au vu des dégâts intérieurs, rien ne permet de conclure à une explosion, mais plutôt à une énorme déformation externe qui a tordu des cloisons internes. L’image donnée par le magazine LePoint est dans ce sens révélatrice. Les déformations par compression sont visibles. La laine de verre n’a pas été soufflée ! Pour Reuters, la coque a été "écrasée" : l’agence privilégie clairement la collision à une explosion. Quant au coup de la vague de tsunami, il est aussitôt rejeté par l’aspect de la déformation de la coque.
 
Une fois un peu délesté de son pétrole (il était plein lors du choc), le tanker révèle en effet en détail les dégâts aun niveau de sa ligne de flottaison. Les membrures sont apparentes, bien déformées par un choc perpendiculaire (elles sont rigoureusement tordues selon une symétrie assez étonnante, les membrures délimitant le choc faisant un carré parfait). On a même une indication avec la membrure la plus basse, davantage renforcé : la chose qui a heurté ce tanker a exercé une pression plus forte en bas qu’en haut, indiquant peut-être un mouvement de translation vers le haut au moment de l’impact. L’ensemble de cet impact donne comme zone de contact... un dome ou une bulle. Un cliché du MStar pris à plein charge indique bien que le contact a eu lieu au niveau de l’eau ... des traces noires visibles au niveau du soubassement rouge de la coque font penser à de la poudre, ou à des traces laissées par du caoutchouc (elles évoquent les marques que laissent les pneus sur les routes, mais peuvent aussi être la remontée de la première couche noire de peinture du navire).
 
Des traces noires évoquant donc tout d’abord l’attentat contre l’USS Cole. Une photo de ce même USS Cole endommagé confirme qu’il ne peut en aucun cas s’agir d’un attentat à l’explosif, en revanche, ou alors d’une force nettement insuffisante. De l’amateurisme complet, en comparaison. Sur l’USS Cole, l’explosif à bord du dinghy a éventré la coque, dans les proportions d’1/3 sous la ligne de flottaison pour 2/3 au dessus : or, sur un destroyer, cette ligne est fixe, il ne s’enfonce pas sous la charge de pétrole ! Sauf bien sûr, si un trou béant abaisse cette ligne de flottaison car l’eau s’engouffre (habituellement il est bien moins enfoncé ) ! Les tôles du Cole sont bien déchirées, et il n’y a pas de tracé d’onde de choc uniformément répartie. Les traces noires d’explosion sont nombreuses, jusqu’au pont. Selon l’enquête, 450 kilos d’explosifs avaient été utilisés par les terroistes. Le problème que pose l’impact du MStar est différent : comment une charge suffisante pour enfoncer une tôle aussi épaisse, celle de la première épaisseur de la double coque, n’a pas pour autant réussi à la percer ? Bulle d’air dans l’eau, consécutive à une explosion, dévastatrice, peut le faire, on le sait : mais ici on n’est pas dans l’eau, justement ! Non, l’hypothèse d’une explosion ne tient pas, ce que corrobore les dégâts internes, uniquement dus aux déformations des parois. 
 
Lors de l’attaque du Limbourg le 6 octobre 2002 par un bateau kamikaze, l’impact avait été bien plus visible en effet. La brèche ouverte était assez conséquente, et les deux épaisseurs de la double coque avaient été traversées, provoquant l’embrasement. Les dégâts, qu’on avait craint importants au vu de l’incendie mémorable qui avait suivi à bord, au final se sont révélés plus impressionnants que graves : le bateau avait été réparé et avait même repris du service après, sous le nom de Maritime Jewel ! L’attaque du Limbourg et celles durant la guerre Iran-Irak avait démontré une chose : attaquer un pétrolier à l’explosif s’avère une opération vaine et inefficace. "Ces attaques ont permis de constater une grande résistance des pétroliers modernes à différents moyens de destruction. Ainsi, le pétrolier Khark 4, touché 4 fois, est resté opérationnel. L’ouvrage « Transport Maritime et pollution accidentelle par le pétrole : faits et chiffres (1951-1999), Bertrand, ar », explique cette résistance par la qualité des aciers spéciaux modernes, la faible inflammabilité du brut, la pratique de l’inertage des citernes vides et la protection passive par des leurres". A l’époque, c’est l’Armée islamique d’Aden-Abyane qualifiée de supporter d’ Al-Qaida qui avait revendiqué l’attaque. Un groupe avant tout nationaliste fondé par Tarek Al Fadhli, le petit-fils du dernier sultan d’Abyane. Dans sa revendication, le mouvement avait candidement avoué s’être trompé de bateau : c’était une frégate américaine du port de Mina al-Dabah qui était visée au départ, signe que le bateau lancé n’avait personne à bord... et qu’il avait dérivé de sa trajectoire ! Exit la légende du vaillant kamikaze se faisant sauter avec son Zodiac ! Or c’était le même mouvement qui avait été accusé d’attaquer l’USS Cole (les deux attentats semblant très proches en effet dans leur effets et leurs méthodes !). En 1992 déjà le groupe avait commis deux attentats à la bombe dans des hôtels d’Aden qui abritaient des marines américains. En comparaison du Limbourg, l’attaque du MStar, si attaque il y a eu fait très amateur, donc. L’attaque avait surtout démontré que d’attaquer à l’explosif un pétrolier était une hérésie : nos terroristes présumés du jour étaient donc soit des imbéciles soit des gens qui n’étaient pas renseignés... côté Bush, l’attaque du Limbourg était devenue une "attaque à la torpille" !!!
 
 
Exit l’explosion de bateau kamikaze, reste en ce cas l’hypothèse d’une mine, dont le détroit est aussi truffé. Comme pour le Cole, l’absence de traces d’explosif et surtout la déformation bien trop régulière exclut d’emblée ce type de dégâts : on n’a jamais vu de mine faire de la tôle froissée aussi régulière au dessus de la ligne de flottaison. Une mine, c’est fait pour percer et ça ne se déclenche pas non plus à dix mètres du navire pour lequel elle a été conçue : c’est au contact ou même quand c’est par déclenchement hydrophonique, par dépression ou magnétique, ça ne compte pas sur une onde de choc seule pour couler un navire (sauf si c’est une mine de fond, comme pour le... Cheonan, coupé en deux par l’explosion (et non par une torpille  !) ! Une bulle d’air compressé aurait-elle pu faire de tels dégâts, oui, mais sous l’eau, et pas à cet endroit, donc ! Le Christian Science Monitor pencherait pourtant pour cette version des faits. Sa thèse part du témoignage d’un des marins qui a vu "comme un éclair sur l’horizon" juste avant le choc. C’est aussi l’avis d’un spécialiste : "Mustafa Alani, un conseiller en matière de terrorisme et de sécurité au Gulf Research Center à Dubaï, a déclaré l’avarie du navire à tribord, près de l’arrière, semblait correspondre à celle d’une mine flottante. Bien que les mines de mer ont été conçus pour causer plus de dommages, une qui serait là depuis 20 ans aurait perdu une partie de sa puissance, a-t-il dit. "Ils ont essayé d’en retirer autant que possible, mais il y en a eu des milliers de posées pendant la guerre Iran-Irak ", a dit M. Alani. Les dégâts au dessous du niveau de l’eau aussi indiquent une mine, a-t-il ajouté". Or, à bien regarder, ce n’est pas sous l’eau, justement ! DE toute façon, comme l’indique justement ce site, déjà dit ici, une mine peut difficilement en effet couler un tanker, équipé de double paroi, même si l’U.S.S. Bridgeton Koweiti en avait fait les frais au même endroit lors de la "guerre des tankers".. le 22 août 1987 : très endommagé par une mine de contact, il était resté pourtant à flots !!! L’hypothèse de la mine se tient si le MStar était capable de s’enfoncer davantage encore dans l’eau à pleine charge. Or cela ne semble pas être le cas, et les mines ne sont pas... bondissantes, à ce que l’on sache.
 
La rencontre avec un cargo à bulbe proéminent ? Ça se tiendrait presque : on en est pas arrivé là mais une rencontre avec un navire de guerre équipé de sonar avant proéminent est une explication à examiner. Ici, celui de la frégate anglaise HMS Portland de Type 23. Des bulbes explosés, il y en a en effet. Mais ces bulbes sont bien trop en dessous de la ligne de flottaison, comme celui du Cole, et l’avant du navire aurait heurté le tanker avant le bulbe. Ceux des navires pétroliers ou des cargos sont plus relevés, ils ne contiennent pas de sonar. Leur localisation à hauteur de la ligne de flottaison devient une explication plausible. Parfois, le bulbe dépasse la proue du cargo, comme ici celle du MSC Napoli, qui, à vide, pourrait nous donner un impact correspondant aux dégâts si ce bulbe n’était pas aussi étroit de face. Le Napoli avait été remonté après son naufrage en janvier 2007. Il avait été finalement découpé. Si un cargo avait heurté le tanker, pourquoi personne ne l’aurait vu à bord ? Naviguer tous feux éteints, ce qui est difficilement crédible ? Un équipage de Tanker qui dormait ? Un bulbe étroit peut-il laisser comme trace celui d"un dôme ? Difficile à suivrez comme piste...
 
Et l’attentat signé Al-Qaida façon Cole alors, en définitive, pas moyen d’y revenir ? Franchement, c’est encore plus vite levé comme hypothèse. Car c’est plutôt le ridicule achevé de sa revendication qui pousse à croire que ce ne peut être le jeunot en train de nous montrer son PC sous Vista ayant en fond d’écran le tanker visé, qu’il montre ostensiblement du doigt qui puisse en être responsable. Dans un site qui nous re-tartine de l’Abu Yahya al-Libi, cet échappé rocambolesque de camp de détention US, cet homme qui visiblement bosse pour la CIA, l’image est tellement grotesque que tout espoir de croire en l’implication du groupe jusqu’ici oublié, nommé, les Brigades d’Abdullah Azzam. Grotesque, à la façon de l’ineffable Gaddhan, l’homme au mug et au torchon sur la tête. Grotesque, car notre terroriste en herbe, nommé paraît-il Ayyub al-Taishan, pour revendiquer son attaque où il aurait perdu la vie en vaillant kamikaze... se trompe tout bonnement de bateau ! Les gens qui fabriquent les vidéos de Ben Laden sont bien des sous-doués de la com : si on tape sur Google MStar, on tombe effectivement en premier sur l’image du Sirius Star, et non du MStar : c’est visiblement ce qu’ils ont fait, en tentant de nous faire croire au sérieux de cette revendication... foireuse. Il suffit d’y accoler la photo d’un jeune arabe inconnu et le tour est joué ! Pas fichu de reconnaître le bateau qu’il aurait attaqué... trop fort en effet, l’Al-Quaidiste débutant ! C’est râpé pour les vierges là, pour lui ! Il faut effet vraiment le faire exprès pour confondre, car en prime le premier est archi-connu : il est passé pendant des semaines à a la télévision ! Même de loin, les deux navires ne peuvent être confondus : les deux passerelles partant du château principal sont différentes. La coque du Sirius est bleue, celle du MStar noire. La cheminée du Sirius est bleue, celle du MStar rouge ! Ce terroriste ridicule sorti d’un chapeau de magicien habituel de SITE qui confond le bleu avec le rouge nous ramène aux prouesses d’un Robert Lamoureux dans la 7 eme Compagnie !
 
Le Sirius Star avait en effet déjà connu autre chose comme célébrité : une attaque de pirates somaliens, le 17 Novembre 2008. La rançon de 3 milions payée, le Sirius Star était rentré à ...Fujairah. La mascarade de SITE ne s’arrête pas là : sur 7 sur 7 on apprend que "selon SITE, les Brigades d’Abdullah Azzam ont affirmé dans un message diffusé sur des sites jihadistes qu’elles avaient introduit un kamikaze à bord du pétrolier, identifié comme Ayyub al-Taishan"... à bord du pétrolier, pour faire une explosion qui visiblement ne peut être produite que de l’extérieur, ce que disent les tôles et leur sens de compression ? A moins d’avoir aspiré très fort la tôle avec un Dyson surpuissant, on ne sait pas comment il a pu s’y prendre, notre acrobate soi-disant volatilisé ! Combien de temps encore Site Group et Rita Katz vont-ils continuer à enfumer les gens avec d’aussi grossiers montages ? Combien de temps encore va-t-on subir cette mise en avant d’individus aussi douteux qu’ al-Libi ou d’Adam Gadhan, cet âne américain censé représenter les terroristes islamistes ? Celui qui lit son prompteur en arabe de gauche à droite ? Combien de temps encore va durer ce cirque de désinformations et de fausses nouvelles, celles de SITE, du MEMRI et d’ IntelCenter ? En résumé, combien de temps encore va-t-on nous prendre pour des gogos ?
 
 
On distingue donc à l’analyse que ce ne peut être un attentat à l’explosif façon Al-Qaida, surtout avec la fine équipe qui revendique un autre bateau que celui visé, ni une mine qui n’aurait provoqué qu’une onde de choc, pas plus un choc avec un cargo : il ne reste qu’une autre possibilité encore : un heurt au niveau de la ligne de flottaison, avec un objet de taille assez conséquente. On songe bien sûr à un sous-marin en surface ou faisant surface violemment. Car si l’hypothèse de la mine pourrait à la rigueur tenir (par effet de souffle surtout), celle du sous-marin a un autre avantage : et de nuit, ce n’est pas la première fois que ça s’est produit, au même endroit, . Le 20 mars 2009, l’USS Hartford, un sous-marin US se tamponnait allègrement un navire amphibie, l’ USS New Orleans, le porte-Osprey. Quinze blessés à bord du sous-marin US au kiosque salement abîmé obligé de faire surface et de naviguer de guingois jusqu’au dock de réparations. Une "baignoire" qui a failli se détacher du reste de l’engin, ce qui démontre la violence du choc et la vitesse au moment de l’impact... Sur le transport de troupes, ramené ici en dock sec par des remorqueurs, des dégâts moindres, mais une coque avec un trou béant à reboucher, une fois les tôles froissées enlevées. Bilan des courses ; 102 millions de dollars de réparations ! Et un commandant de sous-marin "fired".
 
Car se balader en sous-marin dans le détroit d’Ormuz c’est un peu jouer à la roulette russe : ce n’est pas assez profond, tout simplement, dans sa partie la plus resserrée ! La profondeur du détroit d’Ormuz (profondeur de 24m (!) à 39 mètres (!) est assez bonne pour les navires, mais il ne l’est pas pas assez pour les sous-marins. Le eaux peu profondes et les forts courants du détroit à la fois entravent les sous-marins à cause du manque d’eau et offre en revanche des conditions de fond bruyants qui aident à couvrir le bruit d’un sous-marin, mais les eaux peu profondes rendent le sous-marin plus susceptible d’être identifié visuellement par la surveillance aérienne ou de surface de l’eau. Les eaux restreintes et les forts courants du Golfe font du détroit d’Ormuz un endroit extrêmement dangereux, même pour les sous-mariniers expérimentés." 
 
Un sous-marin qui tamponne un tanker, ça vous semble impossible et surréaliste ? Et pourtant ! L’exemple s’est en effet déjà produit : entre un (gros) sous-marin US et un( énorme) tanker... japonais de la Kawasaki Kisen Ltd : très étrange coïncidence. C’était le 9 janvier 2007, entre le sous-marin USS Newport de la classe Los Angeles (de 110 m de long !) et le tanker Mogamigawa, de 300 000 tonnes ! Le choc des titans ! Le Newport faisait partie du Carrier Strike Group 8 (CSG-8) organisé autour de son fleuron, le porte-avion Dwight D. Eisenhower (CVN-69). Cette fois encore, c’était la poupe du tanker qui était endommagée, sa coque arrière ainsi que ses hélices. Le Newport ayant ses dommages localisés à son dome avant. Selon la Navy, c’est "un effet Venturi" qui avait provoqué les dégâts : la vitesse du tanker avait littéralement attiré le sous-marin à lui, sur aussi peu d’eau, en le faisant remonter violemment par aspiration ! On est dans le cas de figure de la collision actuelle, à part que cette fois, pour enfoncer autant la poupe du tanker le sous-marin naviguait kiosque au dessus de l’eau ou en immersion périscopique, ou bien était en train de remonter pour l’effectuer, ce que semble indiquer la direction des plis de la tôle du tanker. On a déjà vu des sous-marins remonter plus fort, mais c’était pour la démonstration d’urgence ! On peut faire pire encore (pour les pauvres marins à bord !) ! 
 
Expliqué plus vertement, par un marin qui connait bien le capitaine du Newport, ça donne ça : "le détroit d’Ormuz fait 20 miles de large, à quelques centaines de pieds de profondeur (probablement au milieu - je n’ai jamais été là, mais c’est plus profond habituellement dans le milieu, les gars). Et un gros pétrolier peut annoncer 60-80 projet de tirant d’eau (18 à 24 mètres), un sous-marin fait environ 60 pieds de la quille à en haut de son kiosque (18 m), et vous devez conserver au moins 20 m de fond pour ne pas glisser votre cul dans la boue lorsque vous essayez de remonter. Donc, il n’est vraiment pas beaucoup de place entre les navires, même si ils sont dans la partie la plus profonde (croyez-moi, c’est là que le patron du sous-marin aime à se retrouver !). C’est un travail difficile, de trouver votre trajectoire d’entrée et de sortie en plongée dans le détroit". S’il y a contact frontal, ça donne de sérieux dégâts : un sous-marin qui heurte à grande vitesse un récif, ça donne en effet ça. Museau éclaté, sonar en miettes, mais pas de morts à bord pour autant... à bord de l’USS San Francisco. La collision s’était produite le 9 janvier 2005. Une erreur de navigation manifeste : le capitaine avait été relevé de ses fonctions à son retour pour incompétence notoire. On remarquera que dans ce type de sous-marins, si le dome en fibre de verre explose facilement, en dessous le sonar à une forme de ballon de basket qui crée un impact en portion de sphère... les Class Virginia ayant un sonar différent... mais pouvant "imprimer" la même marque en cas de collision. 
 
Une collision avec un tanker aussi grand parait infaisable et pourtant nous dit "The stupid shall be punished" : "Croyez-le ou pas, les bateaux plus grands sont parfois plus difficiles éviter, vous pouvez les entendre, mais la taille relativement plus grande des hélices a tendance à étouffer les sons, et à les figurer plus lointaines qu’elles ne le sont. (bien que les rapports sur le Newport indiquent qu’il a frappé le pétrolier, l’arrière rend plus difficile à expliquer la collision ). Les rapports indiquent que le tanker était au départ du Golfe, il aurait été donc en pleine charge enfoncé de 30 métres pieds à la quille. Aussi, il est possible que le Newport n’était même pas en plongée, et a coupé la route du pétrolier alors qu’il était remonté". L’auteur, un spécialiste des sous-marins, n’exclut donc pas le contact sans plongée avec un tanker de cette taille ! Le bloggueur ajoutant ceci de façon un peu moqueuse : "Il ya aussi cette « analyse » d’ABC News qui après avoir mentionné que le sous-marin était immergé, son radar était probablement éteint, et que son sonar était le plus probablement dans un mode« passif » - à savoir capable de à capter les échos d’autres navires, mais de ne pas envoyer de signaux propres. " J’aime la façon dont la presse semble toujours surprise de constater que les sous-marins ne font pas toujours fonctionner leur radar (J’aime aussi le concept de sonar passif de capter les "échos" d’autres navires - car, quelle peut-être la génération du bruit initial des "échos" hors du navire ? Pourquoi ne pas simplement dire « bruit » ?). " Le choc cette fois encore à l’arrière du pétrolier nous ramène à un possible effet d’aspiration, ou cette fois le commandant du sous-marin aurait tente de faire surface, ou d’une remontée en surface accélérée par l’effet d’aspiration du passage de l’énorme tanker.
 
Reste à savoir quel sous-marin maintenant : le 27 mai 2010, un sous-marin US traversait pourtant ce détroit, nous apprenait le site Debka. Aussitôt détecté par les iraniens. Lequel, ce n’était pas précisé. Dans cet endroit du monde, c’est la 5eme Task Force qui est déployée, architecturée autour du porte-avion USS Truman, qui a relevé l’USS Eisenhower, avec comme navires amphibies l’USS Peleliu et l’USS Nassau. Leur base se situe à Bahrain. "Le 21 avril dernier, un Fokker F-27 iranien, avion de surveillance maritime a fait le tour de l’ USS Eisenhower dans le Golfe d’Oman, au l’extrémité orientale du détroit d’Ormuz. Les avions iraniens volent rarement là, et c’était la première fois que l’un d’entre eux avait abordé un navire de guerre américain. L’avion bimoteur, connu pour être désarmé, avait fait le tour pendant 20 minutes, apparemment pour la prise de photographies" nous dit la presse. Le sous-marin protecteur du Truman est l’USS Montpelier (SSN 765), bien connu des français.
 
D’autres candidats au titre de tamponneur de tankers sont possibles. Des anglais, des russes et même des iraniens et également des... israéliens de la classe Dolphin (allemands d’origine). Les Dolphin, Tekuma, et Leviathan ; trois sous marins conventionnels capables de larguer des missiles nucléaires via leurs tubes lance-torpilles. Les trois éléments clés d’une attaque conjointe de sites nucléaires iraniens. Les Russes ayant sur place des sous-marins de la classe Kilo, qui sont difficiles à déployer dans aussi peu d’eau : or, les iraniens en possèdent également  : ce sont ceux-là, qui âgés maintenant (achetés en 1993), déploient justement des mines, entre 24 à 36 par sortie. Ce genre d’engin au nez arrondi recouvert de néoprène ferait un excellent candidat à une collision de remontée. Le Nahang 1, "mini-sub" de production "locale" iranienne semble un peu petit pour avoir créé un tel arrondi sur le pétrolier. Mais il est vrai aussi que ces petits sous-marins diesels de poche de type Ghadir sont bien mieux faits pour le Detroit que les énormes engins américains ou russes ! Ce que semble bien avoir compris l’Iran ! Des américains qui craignent surtout l’usage des bateaux rapides de type  "Bladerunner 51" que l’iran a acheté comme lanceurs de torpilles, alors qu’il ne sont que des bateaux de plaisance (sportive !). En 2005, l’aventurier britannique Neil MacGregor avait vaincu le record du tour de l’Angleterre à bord de son Bradstone Challenger, du même modèle, en 27 heures et 10 minutes. Equipés de torpilles Shkval, à supercavitation testée en 2006 contre lesquelles on ne peut rien :les porte-avions US sont en danger en fait avec pareil arme ! 
 
Au final, il semble bien que la désinformation ait encore sévi dans cette affaire, la surprise venant des Emirats Arabes Unis dénonçant en premier un acte terroriste signé Al-Qaida. Des EAU prompts à s’emparer d’un cas qui verrait en effet assez vite leur implication à prêter leur territoire pour une réparation discrète de sous-marin US à Bahrain...
 
(*) qui s’était déjà illustré dans des attentats contre des touristes en Egypte. En 2005, à Sharm al-Shaykh, ils en avaient tué 88 et blessés 200. Il avaient récidivé en 2005 en attaquant à la roquette Grad deux navires US, l’USS Ashland et l’USS Kearsarge (dans le port Jordanien d’Aqaba). Les deux cibles avaient été lamentablement manquées.
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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:48

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Le Bangladesh secoué par une grève historique

La colère de millions d'ouvriers exploités par les multinationales pour moins d'un euro par jour


Un phare pour la lutte des travailleurs du monde entier


Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

 

par Steve Davison*, pour le Morning Star (quotidien du PC de Grande-Bretagne)




Les ouvriers les moins bien payés du monde en ont finalement eu assez. Grèves, usines fermées, rues bloquées et émeutes ont secoué la mégapole bouillonnante de Dhaka, au centre du Bangladesh, après que le gouvernement n'a pas répondu aux revendications modestes des travailleurs du textile, pour un salaire minimum mensuel décent.



Près de 3,5 millions de Bangladais ont été brutalement exploités pendant des années par des patrons du textile assoiffés de profit, produisant pour des entreprises connues de tous telles que Wal-Mart, Asdaet Marks and Spencer.



Ces travailleurs ont survécu avec seulement 1 662 taka (15 livres) par mois pendant les cinq dernières années tandis que l'inflation pour les biens de première nécessité, en particulier le riz, le blé et le logement, ont augmenté sans cesse (de 43% dans la même période).



Leurs conditions de travail sont celles du 19ème siècle. Les travailleurs ne sont souvent pas payés à temps et les femmes, qui constituent 80% de la main d'œuvre de l'industrie textile, subissent régulièrement agressions physiques et harcèlements. Cela devait changer.



En dépit du fait que le taux de syndicalisation est très bas, avec près de 100 000 travailleurs syndiqués, les travailleurs non-syndiqués ont joint leurs forces à celles de leurs camarades dans une revendication d'un salaire minimum de 5 000 taka (45 livres) par mois.



Les syndicats majoritaires du secteur textile ont rencontré un soutien massif avec cette simple revendication, même confrontés à l'intimidation anti-syndicale du patronat et de leurs serviteurs, dans l'État et la police.



Le patronat a exigé que le gouvernement réponde aux manifestations des travailleurs par la plus forte des répressions. Des centaines de travailleurs ont été blessés, de nombreux arrêtés et deux dirigeants syndicaux emprisonnés, et tant d'autres sont dans la clandestinité.



Face à la pression croissante, le gouvernement a convoqué une réunion d'urgence avec des propriétaires d'usine et ont « invité » des dirigeants syndicaux au siège de l'Association des exportateurs de textile du Bangladesh où un nouvel accord salarial a été concocté, offrant un salaire minimum de 3 000 taka (27 livres)



Certains syndicats importants ont accepté cette augmentation, mais un certain nombre de syndicats plus progressistes et militants ont rejeté l'accord, disant que tout ce qui est en-dessous de 5 000 taka est juste insuffisant pour que ces travailleurs appauvris puissent vivre.



Le Bangladesh's Daily Star (le quotidien anglophone à la plus large diffusion dans le pays) a condamné la tournure prise par les négociations:



« Nous trouverons cela surprenant et tout à fait inacceptable que les délégués syndicaux des travailleurs du textile à la négociation sur les salaires aient été choisis par le gouvernement », a-t-il été dit.



« Le cours naturel, évident aurait du être le choix par les travailleurs de leurs propres représentants, qui auraient alors été justement au point sur la question et auraient aidé à trouver un meilleur accord pour leurs compatriotes. L'issue aurait alors été plus réaliste et, donc, acceptable pour tout le monde ».



Treize fédérations syndicales progressistes ont condamné la réunion et ont exigé la ré-ouverture de négociations salariales.



Dans une tentative d'acheter la paix, le gouvernement Bangladais a annoncé des plans pour garantir des aides alimentaires (riz) aux travailleurs qui cousent des vêtements pour Wal-Mart, Tesco et d'autres multi-nationales, tout en sollicitant aussi des prêts de la Banque mondiale pour construire des dortoirs pour les travailleurs – en fait une subvention directe à quelques-unes des entreprises les plus riches du monde.



Le même gouvernement, sur ordre des patrons du textile, est encore en train de poursuivre, avec des inculpations criminelles, 12 dirigeants syndicaux. Si il parvenait à gagner ces procès, cela permettrait au gouvernement d'économiser des millions. Voilà toute la folie de la mondialisation, et de sa course vers le fond.



Le gouvernement essaie aussi d'isoler les travailleurs en créant un écran de fumée d' « agitateurs extérieurs » dans un climat de peur du terrorisme islamiste et d'enquêtes en cours sur des « crimes de guerre » dans la guerre Pakistan-Bangladesh de 1971. Et il a désormais interdit de délivrer des visas aux ressortissants étrangers.



« De nombreux ressortissants étrangers, avec des visas de touristes, sont impliqués dans des activités syndicales et sont à l'origine de troubles dans le secteur, dans les intérêts de leurs nations respectives », a déclaré un ministre au Daily Star sous couvert d'anonymat.



« Nous veillerons strictement à partir de maintenant à ce qu'aucun ressortissant étranger ne puisse venir au Bangladesh avec un visa de touriste pour être impliqué dans des activités syndicales.



Si ils veulent venir ici à cette fin, ils doivent recevoir des visas d'un type spécial de la part du gouvernement Bangladais. »



Le Daily Star a ajouté que« le gouvernement a une liste des ressortissants étrangers qui sont venus au Bangladesh avec des visas de touriste et qui sont impliqués dans des activités syndicales, avec l'aide de nombreuses ONG ».



Cependant, le gouvernement n'est pas entièrement insensible à la cause des travailleurs, et se trouve dans une position difficile.



Le premier ministre Sheikh Hasina a déclaré aux médias: « Les travailleurs sont payés avec un salaire, je dirais, pas seulement insuffisant mais inhumain. Les travailleurs ne peuvent même pas rester à Dhaka avec les salaires en monnaie de singe qu'ils ont ».



Dans la délégation d'Unite au Bangladesh, j'ai rencontré le ministre du Travail Khondker Mosharraf Hossain.



« Quel gouvernement au monde ne voudrait pas que ses travailleurs soient payés un salaire décent? », a-t-il interrogé.



« Nous aimerions soutenir la revendication des travailleurs du textile, pour un salaire mensuel de 5 000 taka. Dans un monde juste, les travailleurs devraient même être payés plus.



« Le problème que le Bangladesh rencontre est que les multi-nationales de la grande distribution ne paieront pas cette augmentation de salaire. Chaque année, les multi-nationales cassent les prix qu'ils sont disposés à payer par pièce, ce qui pousse les salaires vers le bas. Vous devez contrôler vos multi-nationales, si vous voulez aider les travailleurs du textile. »



Le sentiment d'impuissance de Hossain est tout à fait réel. La vérité, c'est que dans le monde d'aujourd'hui, super-mondialisé, le pouvoir des multi-nationales est plus important que celui des gouvernements, en particulier dans le Tiers-monde.



Et avec l'augmentation des salaires en Chine et au Viet-nam, les travailleurs du Bangladesh sont au bas de la pile.



Bien qu'il n'y ait nul endroit qui soit moins cher au monde, l'organisation patronale YET et l'Association des exportateurs de l'industrie textile du Bangladesh ont menacé de fermer les usines de textile après que les travailleurs ont lancé leur action.



Les travailleurs n'ont pas été intimidés par de telles agissements. Ils continuent à participer aux sit-ins d'usines et aux négociations salariales sur le terrain pour s'assurer des hausses de salaires avant de retourner au travail. Des manifestations de masse et des barrages routiers ont lieu tout le temps.



Les travailleurs, virtuellement sans organisation ni direction nationale, ont essaimé des actions dans tout le pays, où des actions ont lieu par imitation.



Mais la lutte des travailleurs est rendue plus difficile à cause de la confusion régnant dans le mouvement syndical. Bangladesh a plus de 6 000 syndicats, qui sont en lutte constante pour leur survie et en concurrence les uns avec les autres. Des dizaines de syndicats du textile ont un nombre d'adhérents très faible et la plupart sont liés à des partis politiques et à des hommes politiques en particulier.



Peu de cotisations syndicales. Ils luttent plutôt les uns contre les autres pour recevoir des fonds d'Europe et des Etats-Unis. Il n'y a aucune unité mais plutôt une lutte constante pour l'argent.



L'issue de cette lutte historique est encore à écrire. Mais les choses ne seront plus jamais les mêmes. Une fois que les travailleurs les plus opprimés de la terre se lèvent et combattent, ils deviennent un phare pour des millions d'autres travailleurs.



Les travailleurs Bangladais apprendront encore plus dans les jours à venir que les commentateurs politiques en apprendront toute une vie durant. La lutte au Bangladesh pose un nouveau type de syndicalisme – celui qui est fait pour défier et dompter les multi-nationales globalisées.



* dirigeant syndical du syndicat britannique Unite revient tout juste du Bangladesh où il a rencontré des syndicalistes du textile dans le cadre d'une délégation comprenant non seulement des syndicalistes britanniques (Unite) mais aussi des syndicalistes métallurgistes états-uniens (United Steel Workers)

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:34

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Ouverture du procès du plus jeune détenu de Guantanamo

 

BASE NAVALE DE GUANTANAMO, Cuba (AP) — Il n'avait que quinze ans quand il a été capturé sur un champ de bataille en Afghanistan. Huit ans après, le procès du plus jeune détenu de Guantanamo, le Canadien Omar Khadr, s'est ouvert mardi sur la base navale américaine à Cuba. Accusé d'avoir lancé une grenade qui a tué un soldat américain, il encourt la prison à vie.

Son procès, qui devrait durer trois semaines environ, sera d'autant plus suivi qu'il s'agit du premier procès de l'ère Obama dans le cadre du système contesté des tribunaux militaires spéciaux hérité de l'administration Bush.

Le jeune âge d'Omar Khadr a exposé l'administration Obama aux critiques des défenseurs des droits des enfants. Le directeur général de l'UNICEF, Anthony Lake, un ancien conseiller du président américain, avait mis en garde en mai dernier contre un procès qui risque de créer un "dangereux précédent sur le plan international" pour les enfants-soldats.

Vêtu d'un costume gris avec cravate, le jeune détenu portant la barbe a pris place mardi dans le box au premier jour du procès, qui a commencé par la sélection des jurés parmi un groupe d'officiers américains. Les débats s'ouvriront mercredi avec les exposés de l'accusation et la défense.

Les procureurs militaires présentent l'accusé comme un combattant d'Al-Qaïda tout à fait lucide, alors que les avocats de la défense dressent le portrait d'une victime, entraînée malgré elle dans la guerre par une famille étroitement liée à Oussama ben Laden, chef du réseau Al-Qaïda. Son père, Ahmed Said Khadr, un Canadien d'origine égyptienne, est soupçonné de financement du terrorisme.

"Ce n'est pas un vrai combattant taliban. C'est un gosse qu'on a mis dans une malheureuse situation", résume Dennis Edney, un avocat canadien du jeune homme.

Sa capture le 27 juillet 2002 est intervenue après une longue bataille entre les forces spéciales américaines et un groupe d'hommes retranchés dans un complexe d'Al-Qaïda dans l'est de l'Afghanistan. Au moment où les militaires pénétraient dans le bâtiment, Omar Kadhr est accusé d'avoir lancé une grenade qui a tué un sergent de l'armée de terre, Christopher Speer, originaire d'Albuquerque au Nouveau-Mexique. Après sa capture, Omar Kadhr, qui avait reçu deux balles dans le dos, a été soigné par des médecins américains, puis évacué vers Guantanamo.

Le jeune homme nie avoir lancé la grenade et a plaidé non coupable lundi des cinq chefs retenus contre lui, dont meurtre, complot et espionnage. Il encourt la prison à vie.

Ses avocats affirment que le dossier de l'accusation repose uniquement sur des aveux extorqués à la suite de mauvais traitements en Afghanistan puis à Guantanamo. Mais le juge militaire, le colonel Pat Parrish, a rejeté lundi leurs arguments et estimé que ces supposés aveux pouvaient être utilisés contre lui.

La défense compte sur le témoignage de certains des soldats qui l'ont interrogé, dont l'ancien sergent Joshua Claus. Ce dernier avait rapporté lors d'une audience préliminaire qu'il avait fait peur au jeune homme pour obtenir sa confession en lui racontant l'histoire inventée d'un détenu qui refusait de coopérer et qui avait été envoyé dans une prison américaine pour être violé.

Ce procès très critiqué aurait suscité des réticences jusqu'à Washington. Mais les négociations pour un arrangement évitant un procès n'ont pas abouti.

Si certains pays occidentaux ont réussi à obtenir le rapatriement de leurs ressortissants détenus à Guantanamo, le Canada s'est refusé à intervenir, même si la Cour suprême canadienne a confirmé en janvier que les droits du jeune homme avaient été violés.

Le jeune Canadien va être jugé dans le cadre des tribunaux spéciaux mis en place par George W. Bush pour juger les suspects de terrorisme. En 2006, la Cour suprême américaine a annulé une première version de ces tribunaux militaires, alors baptisés commissions. Le système a été révisé sous l'administration Bush, puis par le président démocrate Barack Obama qui a renforcé les protections juridiques pour les détenus. Mais les défenseurs des droits de l'Homme estiment que le système ne garantit toujours pas de procès équitables et que les détenus devraient plutôt être jugés devant des tribunaux civils américains.

Barack Obama avait promis peu après son investiture en janvier 2009 de fermer la prison de Guantanamo avant un an. Mais ses efforts se sont heurtés à l'opposition du Congrès, qui n'accepte pas de voir les prisonniers transférés aux Etats-Unis. AP

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:13
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L’affiche de la campagne « Nous voulons un Chávez français »

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/un-chavez-francais-la-belle-blague-79582
 

L’association politique française Égalité et Réconciliation vient de lancer une campagne Nous voulons un Chavez français ! Égalité et Réconciliation est un mouvement classé à l’extrême droite de l’échiquier politique, qui se revendique comme « nationaliste de gauche » (ou encore « alter-nationaliste ») et se réclame de « la gauche du travail et la droite des valeurs ». Étrange melting pot

L’association a été fondée par Alain Soral, écrivain, sociologue, homme politique et même cinéaste, qui après un passage au Parti communiste français dans les années 90, a flirté avec Jean-Marie Le Pen et le Front national (dont il fut membre du comité central). Il a quitté à son tour ce dernier parti en 2009 pour rejoindre la Liste antisioniste de Dieudonné aux élections européennes. À l’occasion, il n’hésite pas à continuer à se déclarer marxiste. Bizarre trajectoire…

Alain Soral et Dieudonné en mission au Liban

Il y a donc de quoi confondre dans ce mouvement et dans ce personnage : l’un et l’autre manient un discours politique profondément ambigu. Mais ne nous trompons pas : ce discours vise fondamentalement à attirer vers l’extrême droite le petit peuple (y compris les immigrés) qui pourrait se sentir mal représenté par les partis républicains traditionnels, de gauche ou de droite.

On y retrouve en effet les grands thèmes chers à la droite extrême : l’anti-libéralisme, l’anti-élitisme, l’anti-impérialisme, l’anti-sionisme, l’anti-européisme, tous habilement placés sous un couvert social qui n’aurait rien à envier à la gauche. Cela rejoint un certain public se trouvant le plus souvent aux extrêmes, que ce soit de la gauche ou de la droite : tous ceux qui ressentent un profond dégoût pour une société qui « fabrique une réalité factice basée sur les seules lois du marché et dont les bénéfices ne profitent qu’à des privilégiés ».

Une certaine description d’Hugo Chávez

Voilà pour la présentation. Pour en revenir à la campagne Nous voulons un Chavez français ! d’Égalité et Réconciliation, on peut se demander ce qu’a donc de si particulier le président vénézuélien pour attirer une association politique de ce caractère ? Voyons dans le texte comment Égalité et Réconciliation décrit Hugo Chávez :

Comme Égalité & Réconciliation, Hugo Chávez défend :

  • La gauche du travail : anti-capitalisme – nationalisations – protection concrète des travailleurs, salaires dignes et garanties de l’État
  • La droite des valeurs : éthique – la morale comme fondement de société – refus du monde marchand et du capitalisme comme projet de civilisation – main tendue aux petits entrepreneurs honnêtes et sérieux contre les entreprises transnationales.
  • L’anti-impérialisme : refus de la domination impériale face à la voix des peuples – politique extérieure non alignée – résistance à la gouvernance globale agissant par le biais de Wall Street, Washington ou encore le FMI…
  • L’alter-nationalisme : Sur la même ligne que Caracas, Égalité & Réconciliation refuse de considérer l’argent et les profits comme des projets de société. La révolution bolivarienne a beaucoup de points communs avec notre propre histoire ; Hugo Chávez lui même a récemment rappelé l’inspiration qu’est encore aujourd’hui pour lui l’épisode de la Commune de Paris. Nous voulons rendre la parole au peuple, remettre l’intérêt général et l’éthique au cœur de notre société. Les élites se sont emparées de la démocratie et l’ont vidée de son sens. Aujourd’hui c’est la démocratie des bombes et des guerres préventives ! Celle de la propagande et du mépris des référendums ! Elle doit redevenir le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ! Pour cela il faut sortir au plus vite de la dictature de Bruxelles, sortir de l’OTAN, rétablir la capacité des États de battre monnaie pour garantir leur indépendance face aux réseaux financiers, et soutenir un protectionnisme intelligent !

En soi, la description n’est pas fausse. Mais elle pèche par omission. Il n’est nullement fait mention ici de l’internationalisme de Hugo Chávez, dimension pourtant essentielle de son action, qui lui est d’ailleurs fortement reprochée par son opposition. La vision de Chávez est celle d’une grande Amérique latine du Mexique à la Terre de Feu, concrétisation du rêve inachevé de Simón Bolívar. Nombre de ses initiatives vont dans ce sens : création de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), premiers pas pour l’adoption d’une monnaie commune, etc. Il se démarque ainsi du nationalisme-repli sur soi qui caractérise les extrêmes droites.

Interprétation idéologique

Belle brochette de "nationalistes" selon Égalité et Réconciliation

La description pèche aussi et surtout par sa mauvaise compréhension du chavisme, et surtout du chavisme réel. Le Chávez idéalisé par Égalité et Réconciliation n’est pas celui qui se trouve à la tête du Venezuela, pour le meilleur et pour le pire. Ce n’est pas le Chávez des Vénézuéliens qui est ici décrit. On se trouve plutôt en face d’une interprétation purement idéologique qui vient servir les objectifs politiques de l’association d’Alain Soral, ni plus ni moins. En d’autres termes, il s’agit d’une instrumentalisation pure et simple de Hugo Chávez pour des objectifs qui lui sont totalement étrangers.

Et pour ce qui est du « Chávez français », on pourra repasser : les conditions sociales, politiques, économiques, historiques, culturelles du Venezuela et de la France sont tellement dissemblables que l’émergence d’un Chávez au bord de la Seine est non seulement improbable, mais encore proprement impossible.

Égalité et Réconciliation rêve. Et tout cela nous fait l’effet d’une belle blague !

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:00

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En ce 7 août 2010, la Colombie fête le départ du “meilleur président que le pays ait jamais connu”, comme se plaisent à marteler tous les médias sur tous les tons. C’est une date que sûrement l’histoire effacera même si pour l’heure la fête nationale du 7 août semble, elle, s’effacer devant les hourras qui accompagnent la retraite de l’enfant prodigue.

Il est pourtant un autre anniversaire, hasard du calendrier, que votre serviteur préfère vous rappeler. C’est avec émotion mêlée de rage que l’on commémore un bien plus triste événement, celui de l’assassinat il y a onze ans de Jaime Garzón, humoriste à la dent acéré, Colombien défenseur des droits de l’Homme et patriote populaire. Et le temps n’y pourra rien, nous serons toujours tristes. Un des ses derniers sketchs (1) parodiait un professeur fou furieux appelant de ces vœux un gouvernement fasciste et un président de la trempe du gouverneur d’Antioquia d’alors, Alvaro Uribe Velez. Sa prophétie lui coûta la vie et ce crime est et reste impuni. En Colombie, on meurt de tout, même lorsqu’on caricature l’oligarchie. Fut-elle si erronée la vision de Garzón qui voyait ce profiler le règne d’un caudillo impliqué dans le paramilitarisme et la narcotrafic, un pantin des appétits nord-américains, un gouverneur qui se rêvait pourfendeur de l’insurrection communiste à n’importe quel prix ?

Le pacte social selon Uribe : une poignée de main et une autre de pesos.

Comment expliquer la popularité sans précédent du maître auprès des esclaves ? Comment comprendre que douze millions de colombiens ont voté contre eux-mêmes, comme le notait un camarade lors d’une réunion de travailleurs sociaux à Bogotá la semaine dernière. On en apprend de bien bonnes lors de ces réunions, par exemple qu’il ne faut pas prendre de photo des déchetteries du quartier de Ciudad Bolivar, un quartier populaire à quinze minutes de taxi du palais présidentiel, parce que des francs tireurs vous tirent dessus... ah Ciudad Bolivar et ses quatre cents assassinats par an !...l’héritage du président peut-être, mais je m’égare.

Le matraquage médiatique ne peut pas tout expliquer. Les scandales en série, la corruption, les crimes contre l’humanité, les magouilles politiques n’ont jamais égratigné le président. Toujours la faute à quelques fonctionnaires de haut rang, un ministre désordonné, un général mouton noir, une broutille nous dit-on, rien à voir avec le président. Que ses fils soient impliqués dans une histoire de trafique d’influence à vous faire sauter n’importe quelle république, et bien c’est lui qui attaque en diffamation et fait pleurer dans les chaumières, lui le bon père de famille, le chef incontestable de la nation.

Chez les Uribe on est fidèle et la famille... la patrie, le travail... bref, il faut chercher bien plus loin que la simple image cet indéfectible soutien populaire parce que c’est bien celui-ci qui amène les autres, les soutiens politiques et économiques, régionaux et internationaux, parfois à contrecœur mais toujours respectueux de « la démocratie d’opinion ».

C’est que le magicien a bénéficié d’un contexte historique favorable : il fait suite à une flopée de présidents du sérail politico-économique du pays, présidents de père en fils enfermés dans leur tour d’ivoire et dans leurs vacances à Miami, incapables en tout genre et plus habitués aux dîners en ville qu’aux mains dans le cambouis. Uribe, lui, est un homme de l’élite, certes, mais de celle qui travaille, les grands propriétaires terriens ; puissants donc, mais bouseux. Alors, lui a enfilé les bottes, les chemises à carreaux, poncho sur l’épaule, et a passé ses deux mandats à sillonner le pays jusqu’à pas d’heure pour rencontrer le peuple. Et le bonhomme ne vint pas les mains vides. Une poignée de main c’est déjà bien dans des coins où on n’a jamais vue ne serait-ce qu’un fonctionnaire de quatrième zone, mais une poignée de pesos c’est toujours mieux. Voilà le truc du magicien.

Lorsque cela se passe au Venezuela, on dit que le président est un populiste de petite envergure. Ici, c’est un miracle et on appelle cela un peu vite la démocratie directe. Rien à voir avec la démocratie populaire, ce que certains naïfs pensent être une vraie démocratie directe, simplement un lien direct entre le roi et les serfs. Un problème avec les aides qui n’arrivent pas, la route encore inondée, l’essence frelaté ou un évier bouché ? Pas de problème, le président est là et vous met en relation avec sa cour de ministres et fonctionnaires qui suivent ébahis le prince faire ce qu’ils croient être de la bonne politique. Et la main au portefeuille, bien sur, grâce à un programme présidentiel appelé « familias en acción » qui n’a pas été crée par Uribe mais qui l’a largement développé pour en faire rien de moins qu’une pompe à fric pour arroser les pauvres et électeurs. Et si peu se rendent compte que cet argent est l’argent de tous les Colombiens, que ce n’est pas une faveur mais que c’est un droit, et que la politique c’est une vision partagée et populaire, pas une représentation grotesque de la puissance de quelques-uns.

L’un des secrets de sa toute puissante popularité résida donc dans ces “consejos comunitarios”, réunions hebdomadaires avec le peuple, aux quatre vents et par tous les temps, retransmises évidemment en « direct-différé » selon le bon goût des producteurs, et aux intervenants bien choisis. Les partis politiques en ont véritablement souffert, les associations et les interlocuteurs traditionnels aussi. Le président, son peuple, un lien fort et direct, et rien d’autre. Puisqu’on vous dit chaque semaine que le peuple est content, que le président travaille dur et pour tous, et que c’est un homme simple et droit. Tout le reste n’est que jalousie et mensonge. Les institutions, la constitution, la cour suprême, les défenseurs des droits de l’Homme... puisqu’on vous dit que le peuple est content, vous êtes anti-démocrates ou quoi ?

Confusion entre investissement étranger et saccage du pays.

C’est peu de le dire camarades mais, pour l’élite, cette confusion n’a pas lieu d’être, les deux concepts se fondent l’un dans l’autre comme le beurre dans les épinards. Les riches pourtant, et parce qu’ils sont déjà riches, devraient bien être le dernier souci d’un président dont le peuple crève encore largement de faim. C’est que le bonhomme est bouseux, je vous l’ai dit, ou fait croire qu’il l’est, mais a tout de même fait ces études à Harvard. Fidèle à la tradition de soumission aux marchés, l’investissement étranger fut l’un des trois thèmes de ses mandats. Pour investir, ils ont investi. Enfin, « pillé » serait plus juste.

Plus un service public n’est debout : eau, électricité, gaz, service public, éducation, santé, etc, etc. L’Européen n’est pas dépaysé en payant ses factures, ce sont les mêmes logos que sur ses terres natales, et au même tarif ! Elle est bien belle la mondialisation, mais c’est un progrès nous a dit le président, alors on applaudit. Et il parait que si les riches sont plus riches, cela fait du bien a tout le pays, nous a encore dit le président. Et oui, ils vont acheter plus, jouir plus certainement, alors forcément le moins riche qui vend des produits importés pour les riches et leurs plaisirs est content. Le riche et le moins riche sont contents. Bon, cela laisse à la marge 80 % de ceux qui ne peuvent même pas se payer les produits importés à crédit, mais c’est parce qu’ils n’ont pas assez travaillé ; partout dans le monde le pauvre est un sale fainéant, c’est sa faute perpétuelle, ai-je cru comprendre du président Uribe.

Vendre au rabais ce que des générations de syndicats et de mouvements sociaux ont bâti dans le sang et la sueur c’est bien mais cela ne dure qu’un temps. Alors est venu celui des méga-projets. Des barrages gigantesques à vous tuer les 30 milles familles de pêcheurs qui vivent sur les rives du fleuve, des travaux publiques ubuesques (pour le bénéfice d’entreprises privées) à vous mettre les villes sens dessus-dessous pour quinze ans, des autoroutes pour que les camions chargés de bois précieux, d’or, d’émeraude, de charbon, de coltan, de pétrole, d’uranium, puissent rouler sans s’arrêter jusqu’aux ports exportateurs, comme au bon vieux temps des colonies, des plantations sans fin de palmes africaines pour que les camions roulent bio.

Et si cela ne donne pas à bouffer au moins cela défriche la jungle pour que ces horribles communistes ne s’y cachent pas avec leurs fusils, tout cela dans le plus grand trafic d’appel d’offre et de corruption, du plomb dans la tête de ceux qui s’organisent contre le progrès, et ma foi, on y vient, un peu de nettoyage paramilitaire si des sans terre, sans nom - surtout des sans pouvoir d’achat - barrent la route aux fameux investissements étrangers.

La Colombie est l’un des pays au sous-sol le plus riche. Cela le président l’avait bien compris parce que c’était un bon élève. On se souviendra toujours avec émotion que Pablo Escobar admirait ce jeune prodige de la politique locale (enfin un bouseux dans les affaires) lorsque le jeune Uribe était haut fonctionnaire dans l’agence nationale chargée des licences de vol et autres autorisations contrôlant le trafic aérien. Depuis son hacienda luxueuse, Escobar regardait passer les avions chargés de cocaïne en déclarant à ses amis : ce jeune là, avec sa tête de premier de la classe, c’est un type comme cela qu’il faudrait mettre président. Certains disent sans plaisanter que malgré l’assassinat du gros, Uribe a bien été le président du Cartel de Medellín. Mais je m’égare encore, revenons au sous-sol de la Colombie.

Malgré leurs efforts, les espagnols d’abord et les colons en tous genres ensuite n’ont qu’à peine entamé les réserves en or et émeraude du pays. Le pétrole reste en grande partie à découvrir et un charbon de très bonne qualité affleure dans le nord-est du pays. Et voici que l’uranium et le coltan ont fait leur apparition. Si on se renseignait auprès de Ashanti Gold ou de British Petroleum, il ne fait aucun doute que toutes ses richesses représentent en dollars de quoi résoudre tous les problèmes de malnutrition, d’analphabétisme, de manque de santé et de structures éducatives du pays, si ce n’est du continent.

Enfin, virtuellement, parce que les gars de Ashanti ou de BP réservent l’argent arraché à la terre à bien d’autres divertissements. Comme le président a des amis bien infiltrés dans les multinationales, il a décidé de faire du pays le premier pays minier de notre bonne vieille planète à l’horizon 2019.

C’est un cadeau fabuleux pour les investissements étrangers, tous auront le droit d’investir-piller le pays en ne payant que des taxes illusoires ; et tout l’argent partira à l’étranger parce que c’est bien le principe de l’investissement-pillage étranger.

Aux Colombiens, il ne restera que les trous dans le sol, la nature dévastée, des emplois de misère pour quelques années et un grenier vide lorsqu’ils se réveilleront du cauchemar. Mais à l’heure du bilan de Uribe, les étrangers sont contents, le président est content, alors même le peuple est content.

Edgar, lui, n’est pas content. Il fait partie des dizaines de milliers de Colombiens qui vivent de la mine artisanale dans le pays. Lui, il cherche de l’or dans le nord-est d’Antioquia, une région de jungle et de collines où les affiches de la guérilla sont fièrement accrochées sur toutes les maisons des villages isolés. Nous verrons cela plus tard.

Edgar, lui, et les quatre balles qui se baladent dans son corps depuis que les paramilitaires ont voulu le faire taire, lui et sa fâcheuse manie d’organiser les mineurs pour défendre leurs droits, eh bien Edgar est fort préoccupé de l’avenir que lui réserve cette lubie de faire de la Colombie le premier pays minier en 2019. Il est Colombien, pourtant il n’est pas content.

Il faut dire qu’il ne regarde pas beaucoup la télé et qu’il vit en plein cœur d’une zone de conflit. Edgar n’est pas contre le progrès, il aimerait bien que la santé, l’éducation, les services de l’état, la justice même, et quelques infrastructures élémentaires, des routes, des canalisations d’eau, etc, arrivent dans les villages du Guamocó. Pourtant il doute qu’ouvrir les portes aux envahisseurs étrangers soit la solution. Il sait bien que la monstrueuse quantité d’argent s’envolera à l’étranger et la petite part qui reste sera avalée par l’État et distribuée aux riches.

C’est que Edgar n’est pas le dernier pour t’expliquer le principe d’accumulation de capital par les bourgeois. Ce qui le préoccupe le plus ce sont les milliers de mineurs qui vivent de la mine artisanale. Le nouveau code minier entré en vigueur il y a quelques jours font d’eux des illégaux sans titre d’exploitation. Les multinationales, elles, ont des titres de propriété et le droit d’exploiter grâce au président Uribe. En fait, les mineurs vivent de fait sur ces propriétés.

Mineurs, pêcheurs, paysans, que va-t-il se passer ? Les paramilitaires n’ont jamais vraiment quitté la région, Edgar ne le sait que trop bien, et les menaces se font de plus en plus répétées. Que se passera-t-il si tous sont déplacés au prétexte de la guerre ou accusés d’être de la guérilla, ou pire encore, accusés d’être contre le progrès des envahisseurs étrangers, de leurs énormes machines, de leur contamination et de leurs destructions, bref : contre le fait que des riches étrangers s’entendent avec quelques riches Colombiens pour tuer et massacrer afin d’être encore plus riches, comme on le leur a appris à Harvard, Oxford ou Chicago. Le président dit que c’est bien, et son héritage fièrement revendiqué est d’avoir préparé la Colombie à être un pays moderne, enfin pillé d’une façon plus moderne.

Le président est content, des millions de Colombiens sont contents sans trop savoir pourquoi, parce qu’on leur a dit de l’être certainement. Mais ce qui est sur, c’est que des millions de Colombiens sont extrêmement mécontents et eux savent exactement pourquoi.

La guerre civile n’aurait plus lieu.

Outre le pacte social et les investissements étrangers, le président Uribe avait promis de mettre fin au conflit interne, et pas n’importe comment, en écrasant l’insurrection communiste par l’instauration de la « sécurité démocratique ». Presque une vengeance personnelle due au fait que le papa du président s’est fait « judicialiser » un jour qu’il faisait le mariole en refusant de payer l’impôt révolutionnaire et s’était mis en tête de recevoir les guérilleros à coups de fusil. C’est que le papa du président, grand ami de Pablo Escobar, fomentait déjà un plan pour en finir avec ces rouges et leur stratégie militaro-sociale de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Parmi toute la classe politique colombienne, à l’heure des négociations de paix dans la zone démilitarisée de San Vicente del Caguán, département du Meta, en 1998-2001, Alvaro Uribe est le seul à ne pas avoir été serrer la pince de Marulanda, Reyes, Cano, Trinidad, el Mono Jojoy et consorts. Il fut le seul à fustiger la tentative de paix et de là a commencé à bâtir son image de dur de dur. Cela ne traîna pas pour qu’il devint l’enfant chéri des uniformes en tous genres, légaux comme illégaux. Son thème de campagne en 2002 : du sang, du sang et encore du sang. Et quelles qu’en soient les conséquences il faut écraser les rouges rebaptisés terroristes pour les besoins du spectacle mondial. Pour ce qui est des conséquences nous verrons plus tard, revenons au bilan par cette simple question : quid de la guérilla ?

La réalisation des deux premières promesses de sa stratégie, le pacte social comme l’investissement étranger, réclamait au minimum que la force publique puisse se déplacer dans un pays alors contrôlé à plus de 50% par la guérilla (en fait les guérillas). Lorsqu’il s’installe à la Casa Nariño (le palais présidentiel) le processus de guerre totale est déjà enclenché. Le plan Colombia a été signé par son prédécesseur Pastrana et les paramilitaires se sont déjà réunis sous un commandement unifié, les AUC (Autodefensas Unidas de Colombia). Uribe est associé au paramilitarisme mais il faut reconnaître qu’il n’a rien inventé. Cette façon para-estatal de faire la loi remonte à la colonie espagnole et aux hommes de main des grands propriétaires terriens. Historiquement, l’état colombien n’a jamais brillé par sa force et les caciques locaux ont toujours disposé d’une petite brigade pour se protéger et protéger leurs affaires. Et comme Uribe est de ces gens là, mieux qu’aucun autre il a toujours considéré cette forme de justice comme naturelle. En tant que gouverneur de l’état de Antioquia dans les années 90, il a mis en place les Convivir, véritables milices légales de lutte contre la subversion. La Cour Suprême annula la légalité de ces phalanges mais le mal était fait, c’est-à-dire que toutes les forces fascistes du pays y ont vu un signe pour la légalisation prochaine du paramilitarisme. Et ainsi cela a été. Bien que Uribe passe pour le faiseur de paix en signant la loi Justicia y Paz en 2005, loi qui démantela les structures paramilitaires, il est en fait celui qui les a laissés agir en paix, puis leur a offert une totale impunité.

Mais revenons à la guérilla. Les AUC n’ont jamais lutté contre la guérilla, en tout cas jamais en montant des opérations militaires d’envergure. Les paras étaient et restent spécialisés dans la lutte anti-subversive, c’est-à-dire, selon la bonne vieille école française, en terreur et massacres contre les civils, vols et viols, destructions et couvre-feux sous peine de décapitation. De ces horreurs, on peut noter les fours crématoires, les plus grandes fosses communes depuis le troisième Reich, les crucifixions façon Rome antique, les cadavres éventrés et chargés de pierres pour couler plus vite, les mutilations et démembrements, et d’autres saloperies que réserve le fasciste à ceux qui ne le sont pas. Si cela n’a pas directement affecté les forces de la guérilla, cela a évidemment affecté ses zones de repli et ravitaillement, ses informateurs et ses soutiens logistiques. On peut imaginer la grande peine de la guérilla à être impuissante face au massacre de son peuple. Je te rassure lecteur, si tu as une boule de rage dans le ventre, les combattants communistes ont fait payer cher à ces salauds au brassard AUC, n’en déplaisent au président qui s’en va, et si tu te balades en Colombie tout le monde te parlera de ces embuscades où sont tombés les paras par dizaines et dizaines, et de prisonniers il ne fut pas question.

Une fois passée l’équipe de tueurs illégaux, déboulèrent les tueurs assermentés. Uribe a multiplié les forces militaires comme les forces de police. L’armée colombienne est la seconde armée du continent américain après les États-Unis et de loin la plus rompue au combat. Son armement vient essentiellement des mêmes nord-américains et de l’état d’Israël avec lequel elle partage de nombreux programmes d’entraînement en plus de l’armement. Les fusils colombiens de l’armée sont en fait des fusils israéliens fabriqués sous licence directement en Colombie. Donc le président, grâce à l’argent yankee et surfant sur la vague de la lutte contre le terrorisme, a multiplié les brigades et les bataillons, réarmé tout son monde et fait de la force aérienne une véritable machine de guerre adaptée à la guerre dans la jungle (hélicoptères et avions de surveillance) ; en plus de la quantité, le saut qualitatif des forces armées colombiennes a été impressionnant : guerre électronique, avions renifleurs et équipés pour la détection nocturne, écoutes des communications grâce à un Awac gringo survolant en permanence le territoire, etc, etc...

Bon, avec tout cela, le quadrillage du territoire est assuré sur les grands axes de communications du pays. Les lignes de bus voyagent la nuit en caravane, les aéroports ne sont fermés que pour cause de mauvais temps et les matières premières sortent du pays sans trop de problème. Plus personne ne s’est fait enlever pour collusion avec l’état bourgeois, et les graffitis pro-fariano (FARC-EP) ne sortent plus guère de l’université. Il y a toujours des puits de pétrole qui sautent ici et là, des mines qui font leur office en arrachant une jambe de militaire, mais la grande majorité du territoire est tenue en joue par l’impressionnante machine de guerre.

A voyager dans le pays, il faut s’habituer aux blindés le long des routes, aux files de militaires qui rentrent et qui sortent de la jungle, à voyager dans les transports à côté d’un uniforme et à tomber sur un barrage tous les 50 kilomètres et tous les 5 kilomètres dans les zones de conflit... les zones de conflit ? Parce qu’avec tout cela, elle existe encore la guérilla ? Claro compañero ! Et je dirai très simplement - et parce que ce ne sont pas un groupe de bandeloros à l’écart du peuple et de ses aspirations mais bien l’armée du peuple en tant que telle, le EP de Farc-EP - que tant que les causes du conflit existeront, la guérilla existera.

Certes, la situation est bien plus compliquée qu’il y a une dizaine d’années, et l’état policier (pardon : la « sécurité démocratique ») mis en place par le président Uribe a fait son office en refoulant la guérilla dans les zones reculées du pays. Simplement, il reste que sur 30% du pays- les zones les plus inaccessibles - la guérilla est plus ou moins chez elle. Les fondamentaux de la guerre de guérilla ont été remis au goût du jour : le mouvement perpétuel, la morsure et la retraite. La force de frappe reste explosive. La guérilla est là depuis plus de 60 ans, rien ne lui impose de se jeter dans la bataille par une charge héroïque et suicidaire ; elle a fait le dos rond, laissé passer l’orage terrifiant soufflé depuis Washington, et elle attend sans nul doute des jours meilleurs pour relancer de grandes offensives.

Il reste que pas un jour ne se passe sans combat. Au mois de mai, l’état fait part de 300 guérilleros abattus. La guérilla en reconnaît 50 mais annonce, elle, plus de 300 ennemis morts au combat. Difficile à vérifier.

La guerre civile est donc bien présente, à chaque carrefour, dans chaque mouvement, dans chaque geste de la vie quotidienne colombienne. Les informations sur la guerre dégueulent des stations de radio réservées de l’armée nationale, de la police et de la justice. Les militaires sont partout, les hélicoptères de combat survolent en permanence les villes et les campagnes et même les avions de combat sillonnent en rugissant le ciel de la capitale. Les revues de la guérilla passent sous le manteau, le parti communiste clandestin comme le mouvement bolivarien et le mouvement de la jeunesse bolivarienne ont toujours une activité soutenue pour qui sait les trouver. L’état policier est quant à lui sans pitié, près de 7 500 prisonniers politiques croupissent dans les prisons. Le tarif minimum est de 7 ans pour rébellion.

Non, la guerre civile n’a pas pris fin. Elle a même largement débordé les frontières traditionnelles de ses acteurs historiques. Une des grandes stratégies d’Uribe a été d’impliquer dans le conflit la population qui ne l’était pas. Des milliers de « gardes forestiers » ont été recrutés et des millions d’informateurs, rémunérés par l’état, sont là pour étouffer la critique et la vérité. Le bombardement médiatique ne cesse de diffamer et de corrompre l’idéologie de la guérilla. Ils furent bandits communistes, narcotrafiquants, aujourd’hui terroristes. Pas un mois ne se passe sans qu’on annonce la mort d’Alfonso Cano, et pas un mois ne se passe sans que ce dernier ou son état major envoie une carte ou une vidéo pour tenter de percer la chape de plomb de la censure. La dernière vidéo en date a fait le tour des médias. Alfonso Cano a appelé le nouveau gouvernement de Juan Manuel Santos à dialoguer pour trouver une fin négociée au conflit interne. Tous les analystes y ont vu une faiblesse de la guérilla, tous les chiens du pouvoir ont trouvé le numéro un des Farc-Ep maigre et fatigué, rien de très nouveau.

La vérité est que la guérilla a renouvelé sa détermination pour la paix en Colombie, mais pas à n’importe quel prix, pas au prix de l’oubli et de l’injustice sociale, et par là même elle a affirmé encore une fois son indéfectible foi en la lutte armée pour contrer l’aile la plus fasciste de l’oligarchie, celle qui s’est, sous le règne du président Uribe, accaparée tous les rouages de l’état colombien.

Crimes et châtiments de l’ère Uribe.

Le prix à payer pour ce bilan est un carnage sans précédent, une violation constante des droits des acteurs sociaux, défenseurs des droits de l’Homme, syndicalistes, professeurs et militants de la gauche vraie et radicale, une militarisation de la société jusque dans les esprits, une folle course en avant dans le trou noir néo-libéral, l’abandon des couches les plus vulnérables de la société aux errements d’un monde moderne qui les nie, et une culture toujours plus sordide portée aux nues, celle du chef incontesté, celle du trafiquant au bon cœur, celle du machisme et du patriotisme comme tristes nouveautés pour le vingt-et-unième siècle qui commence.

Sous Uribe, le Congrès acquis à sa cause, avec plus de 70% de ses membres sous investigations judiciaires pour liens présumés avec les tueurs paramilitaires, a sombré dans le chaos sans pour autant faire vaciller les institutions. Le nouveau Congrès à venir commence sa législature avec 30% de ses membres toujours sous investigation pour les mêmes motifs. C’est un des héritages du président Uribe, à savoir la normalisation de la philosophie paramilitaire, l’acceptation de la politique du sang et de la loi du plus fort et des plus inquiétants, la mise sous tutelle de la justice, c’est à dire son bâillonnement.

La lutte contre le trafic de drogue n’a pas vraiment été à l’ordre du jour sous l’ère Uribe. La Colombie reste le plus grand exportateur de cocaïne du monde. Aucun plan sérieux de substitution des cultures à vocation illicite n’a été mis sur la table, simplement la poursuite de la criminalisation des paysans et la fumigation sauvage dont le but a plus été de déplacer les populations que de lutter contre les grands pontes du trafic international.

Le déplacement de population est resté lui à l’ordre du jour, plaçant le pays devant l’Afghanistan et l’Irak dans cette triste liste. Rien n’est fait pour la protection de ces populations ou pour le retour en toute sécurité sur leurs terres. La concentration des terres dans les mains des grands propriétaires s’est accentuée, aucune réforme agraire n’est à l’ordre du jour.

Les relations internationales se sont dégradées avec tous les pays du bloc continental, la guerre contre le voisin bolivarien est à l’ordre du jour et les attaques sourdes se sont multipliées à un rythme effrayant. Accusations, diffamations, violations des espaces aériens, bombardements illégaux en territoire étranger, la militarisation de la société aidant, la guerre patriotique est une possibilité construite sans relâche par le président Uribe, à la grande satisfaction de la puissance impérialiste nord-américaine.

Certes le traité de libre échange (TLC) a échoué avec ces derniers sous la pression d’organismes non-gouvernementaux effrayés des crimes et violations répétés des forces militaires colombiennes, mais l’Oncle Sam s’est rattrapé en transformant la Colombie en porte-avion insubmersible, et le président Uribe s’est consolé avec un traité de libre-échange avec l’Europe qui semble-t-il n’a rien à foutre - elle - des crimes contre l’Humanité du régime.

Pour conclure, on peut dire sans sourciller que le président Uribe a réalisé le rêve de tous les dictateurs du vingtième siècle, à savoir : établir une dictature sous les habits formelles d’une démocratie de droit. Ce n’est pas une mince affaire et c’est ce qui fait de lui un homme des plus respectés par les extrêmes droites du monde entier. Du Honduras au Chili, du Mexique au Pérou, pour ne parler que de l’Amérique Latine, c’est avec grande minutie que l’on étudie ces années noires où le fascisme s’est étendu et s’est fait entendre par tous sans qu’un seul contre-pouvoir, sans qu’aucune voix de justice ne puisse entamer l’armure du mal absolu.

Confondant le progrès et le lynchage capitaliste, mêlant nationalisme et patriotisme, élevant le pouvoir absolu d’un seul au-dessus du droit du peuple, remplaçant l’éducation populaire par un paternalisme incestueux, rien n’est plus sombre dans ce tableau que le concert de voix qui s’élève pour fêter le « meilleur président que le pays ait jamais connu ».

Le plus déconcertant est bien que le bonhomme, loin de disparaître du paysage politique, se place pour de longues années à venir comme défenseur de son bilan, de sa stratégie, de sa philosophie archaïque. Et nul doute que toute tentative de réforme, de changement et bien évidemment de révolution - fut-elle démocratique et citoyenne - seront sous la menace forte d’un coup d’état militaire qui le ramènerait au pouvoir, accompagné des tambours de la guerre et des cris d’hystérie collective contre le terrorisme gauchiste.

C’est ainsi : le dernier jour du Président n’est pas encore arrivé.

Archibald EMOREJ

Note.

(1) Jaime Garzón dans ses oeuvres http://www.youtube.com/watch?v=_FCk...

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http://www.legrandsoir.info/Colombie-le-dernier-jour-du-President.html
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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 21:32

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Vaguif Gousseïnov, président de l’institut des évaluations stratégiques et d’analyse, évoque la situation autour du programme nucléaire coréen et constate l'absence d'unanimité entre les médiateurs internationaux.

 

- Dernièrement, la situation sur la presqu’île coréenne fait de plus en plus souvent la première page des journaux et des informations bien qu’à première vue il semblerait que rien de nouveau ne s’y passe. À quel point la situation a-t-elle changée en un an et quelles mesures devraient être prises dans le cadre du G-6 des médiateurs internationaux pour régulariser, ou du moins faire un pas vers la résolution de ce problème ?

- Vue de l’extérieur, la situation pourrait sembler se trouver dans l’impasse malgré l’intensité des négociations. Néanmoins, les positions des pays qui s’occupent de ce problème sont complexes et controversées du point de vue de la défense de leurs propres intérêts. Le meilleur exemple est celui des États-Unis qui suivent à la lettre le concept stratégique militaire établi par le Pentagone qui détermine le caractère obligatoire de la présence américaine dans cette région. Pour la Russie, cette région est tout aussi importante étant donné la proximité de la péninsule coréenne et, bien sûr, elle a ses propres intérêts géopolitiques, économiques et militaires dans cette région. Je pense que la réalisation d’un concept commun dans le cadre du G-6 des médiateurs internationaux est peu probable en raison de l’opposition des intérêts de ces pays. À mon avis, aujourd’hui nous observons plus souvent des négociations bilatérales, telles que Corée du Nord - Inde, Corée du Nord - Russie, Corée du Nord - États-Unis et ainsi de suite. Les négociations bilatérales pourraient bien conduire à des résultats concrets qui pourraient faire avancer la situation. À cet égard, la Chine a ses propres intérêts, la Corée du Nord, à son tour, ne peut pas accepter les conditions dictées par le G-6 des médiateurs internationaux. La raison en est la violation grave par les États-Unis de la souveraineté de l’Irak et l’invasion consécutive de l’Irak. Cependant, il faut rappeler que les autorités américaines avaient promis qu’au cas où la mise au point de l’arme nucléaire serait interrompue, les États-Unis ne recourraient pas à des mesures militaires à l’égard de l’Irak. Dans le cas présent, on peut comprendre les craintes de la Corée du Nord.

- Aujourd’hui, la préoccupation principale de la communauté internationale à l’égard de la Corée du Nord et de l’Iran concerne l’eventualité d’un recours à l’arme nucléaire par ces pays. À votre avis, quelle est la probabilité que l’arme nucléaire soit employée par la Corée du Nord ?

- Pour que la Corée du Nord recoure à l’arme nucléaire, il faudrait un événement qui pousse les autorités militaires et politiques à prendre une telle décision.

- La Corée du Nord pourrait-elle jouer le rôle d’agresseur ?

- Je ne le pense pas car dans les autorités coréennes il y a des gens intelligents qui ont évolué dans des conditions politiques particulièrement difficiles. À leur tour, ils sont bien conscients des conséquences de l’emploi de l’arme nucléaire. J’estime que la possession d’une arme nucléaire est une garantie de sécurité plutôt qu’une arme d’agression.

- Quelles voies possibles voyez-vous pour l’unification de la Corée du Nord et du Sud en un seul État après 50 d’opposition aussi brutale ?

- Dans l’état actuel des choses c’est très difficile car, outre l’opposition entre deux Etats, les intérêts de nombreux pays se croisent dans cette région du monde c’est le cas des États-Unis, de la Chine, de la Russie, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de bien d’autres. Pour cette raison, la résolution de ce conflit n’est probable qu’à condition d’élaborer conjointement  certaines mesures. La résolution de ce conflit n’est possible qu’en élaborant un concept commun qui tienne compte des intérêts de toutes les parties et fixe des conditions mutuellement acceptables pour la Corée du Nord et la République de Corée. Cependant, je doute qu’une telle solution soit trouvée dans les années à venir.

- À votre avis, la politique menée par la communauté internationale sur la coopération et la mise en œuvre de la technologie « nucléaire pacifique », à l’instar de l’Iran, pourrait-elle résoudre ce problème ? Les pays du G-6 de médiateurs internationaux fournissent de la matière première et, en échange, la Corée du Nord renonce à tous les programmes militaires nucléaires. Est-ce que l’Iran et la Corée du Nord accepteraient une telle proposition ?

- Dans un futur proche, non. À l’heure actuelle, il n’y a pas encore de climat de confiance internationale favorable où les pays comme l’Iran et la Corée du Nord puissent aller dans le sens de la communauté internationale sous réserve de certaines garanties. Les évènements en Irak, lorsque les États-Unis ont renversé le pouvoir par la force militaire en sont un exemple récent. Pour cette raison, dans un futur proche, ces pays n’accepteront pas une telle proposition. Probablement dans 15-20 ans, une telle décision pourrait être prise, à condition d’améliorer les relations et de présenter de sérieuses garanties de la part de pays tels que les États-Unis, la Russie, l’Allemagne et d’autres.

- Dans le monde contemporain, il ne semble pas y avoir de menace globale d’une catastrophe nucléaire. À votre avis, existe-t-il, à l’heure actuelle, une menace de conflits nucléaires locaux ?


- Des catastrophes nucléaires locales sont déjà survenues dans différentes régions. En ce qui concerne la probabilité d’une catastrophe nucléaire, à l’heure actuelle, l’élite politique mondiale de tous les pays est bien consciente de toutes les conséquences de l’utilisation de l’arme nucléaire. Il existe beaucoup d’exemples historiques où les chefs d’État trouvaient un accord et une solution au problème dans des situations critiques, mais il est tout à fait possible que dans 10-12 ans, la situation puisse empirer, et dans ce cas il faudrait reconsidérer la menace d’une catastrophe nucléaire.

Propos recueillis par Samir Chakhbaz

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 12:15

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(source : http://pueblo-justicia-revolucion.blogspot.com/ , traduction Futur Rouge)


L’organisation de guérilla F.A.R.C. (Forces armées révolutionnaires de Colombie) a été fondée en 1964, bien qu’elle ait vu le jour marquée par des expériences de luttes antérieures que nous détaillerons ensuite.

Pour comprendre l’émergence du phénomène de la lutte armée et de la guérilla en Colombie sous l’angle du marxisme, nous devons remonter à 1948, époque à laquelle est arrivée la nommée Bogotazo (1) ou l’attaque directe contre le centre-gauche dirigé par Jorge Élicier Gaitán, candidat des libéraux à la présidentielle qui avait de fortes chances de gagner les élections législatives en 1950. Alors qu’il quittait son bureau avec un collègue, un homme armé a tiré sur lui, et celui-ci, alors qu’il était poursuivi par la foule, un policier le cacha dans une pharmacie. La foule est finalement entré, et a abattu l’homme armé dont elle a traîné le corps à travers les rues, pendant qu’on emmenait Gaitan.

À ces faits, derrière lesquels la majorité des habitants de Bogotá, ont vu la main du gouvernement conservateur d’Ospina Pérez, a succédée l’époque connue sous le nom de La Violencia. Les pillages, les émeutes et la propagation de la violence politique à travers le pays face à l’un des assassinats politique le plus choquant dans l’histoire de l’Amérique latine. Uniquement à Bogotá, la Semaine Tragique d’incidents a laissé un bilan tragique de 4000 personnes décédées. Cependant, le gouvernement conservateur a consolidé son pouvoir et pour commencer bientôt ses réformes et mesures politiques.

Une de ces premières mesures était la confiscation, à savoir l’expropriation des petits paysans et la vente aux enchères de leurs petites terres, obligeant un exode indigène et paysan vers les villes et la concentration à grande échelle de la propriété dans les mains des propriétaires fonciers afin de «concentrer la production et favoriser l’exportation ». On estime que plus de 12 000 agriculteurs ont perdu leur terre, 8.000 d’entre eux ont été contraints de travailler pour les propriétaires et les oligarques et 4000 seraient arrivés dans les villes en quête d’un emploi précaire dans l’industrie.

En 1953, Rojas Pinilla prend le pouvoir par un coup d’Etat. Il a continué avec les mêmes politiques dévastatrices pour la petite et moyenne paysannerie, et mis aussi en place un régime militaire sous le slogan de la «réconciliation nationale» entre libéraux et conservateurs. Les communistes se montrèrent, cependant, méfiants. Le Parti communiste de Colombie décida d’intensifier ses réunions et activités pour décider de la conduite à tenir face aux événements. Ils en eurent à peine le temps. Au cours d’une série de réunions dans la région de Supamaz, le gouvernement les attaqua directement avec des avions utilisant du Napalm.

En même temps que les communistes, les secteurs les plus affectés par l’état de choses, les agriculteurs et les petits producteurs ruraux, trouvèrent aussi leur moyen pour sortir de la situation. Dans la région de Marquetalia, au sud, ils créèrent en 1964 une importante communauté agricole coopérative où les agriculteurs cultivaient des terres collectives. Le gouvernement ne les laissa pas vivre en paix à cette occasion. Il considéra que ce qu’ils avaient pompeusement appelé République de Marquetalia était un acte intolérable d’indépendance, et il décida de bombarder la région avec des avions tuant un nombre encore indéterminé de civils.

Ceci démontre la nature génocidaire et assassine du régime militaire Frente Nacional de Rojas Pinilla, les FARC naissent. Filles du Parti Communiste Colombien, l’organisation de guérilla se propose de travailler l’autodéfense des paysans pour arriver au socialisme. Il se déclare, comme le Parti, marxiste léniniste et d’influence bolivarienne. L’un de ses fondateurs, sera l’un des peu d’hommes qui ont en commun Sumapaz et Marquetalia : Manuel Marulanda, surnommé « Tirofijo », qui a dirigé l’organisation jusqu’à sa mort suite à un malaise cardiaque en 2008..

Au cours des quatorze premières années les FARC étaient une petite organisation, inspirée par les rebelles de la Sierra Maestra à Cuba, et comme résultat de cela. Les FARC vont lentement se développer au sud du pays (région qui, aujourd’hui encore, est considéré comme leur principal bastion), en consolidant des bases d’appui et en s’engageant dans de petites batailles avec les forces militaires locales. L’armée, quant à elle, de peur de lancer une grande offensive qui serait un l’échec et pour ne pas s’écrouler au pied de la guérilla comme Fulgencio Batista à Cuba, décida de s’attaquer au problème par des frappes aériennes et des opérations sporadiques « Search and Destroy ». Les FARC comptaient alors quelque 4000 soldats.

En 1980 aura lieu la Septième Conférence historique où les F.A.R.C. se rebaptiseront en F.A.R.C.-E.P. et elles deviendront une vraie avant-garde du mouvement de guérilla armé. Leur croissance sera imparable. De seulement 4 Commandos stratégiques implantés dans le pays en 1980 il passera à 27 Fronts divisés en 12 Commandos Stratégiques et plus de 12 000 guérilleros. En 1984, le Gouvernement colombien, conscient de la gravité de la situation et de l’ampleur du mouvement de guérilla qui intègre désormais l’ELN et d’autres groupes qui ont fusionné dans la CGSB (Coordinadora Guerrillera Simón Bolívar) décide d’entamer des négociations de paix avec la Coordination précitée.

Le résultat est que les F.A.R.C. E.P. abandonnent temporairement leurs armes et décident de former un parti politique, l’Union patriotique, pour mener un changement politique en Colombie. En 5 ans, le parti a perdu aux mains des paramilitaires, de l’armée et de la police à 5.000 militants, 1.000 par an, 3 par jour dans le pays. Les chiffres sont choquants. Même les Organismes internationaux ont attirés l’attention sur les faits dramatiques et lamentables et les violations de Droits de l’homme. Comme dans la Bogotazo, dans Supamaz et dans Marquetalia l’oligarchie montrait de nouveau son vrai visage, ce qui signifiait aucune négociation ou dialogue mais la violence pure. C’est une des expériences les plus éloquentes de ce que signifie pour une organisation armée de parvenir à un accord et à une entente avec le système.

Alors, les F.A.R.C.-E.P. sont retournés dans les montagnes encore une fois et ont repris leur nom et leur tradition héroïque, et, après la répression brutale, ont accrus leur force de façon exponentielle. En Décembre 89, ils disposaient de 10500 guérilleros répartis sur 14 fronts de combat. De même les décisions importantes comme le Programme de substitution de cultures pour éliminer la cocaïne et pour la substituer dans les zones complètement libérées (de sud de la Colombie, territoire fariano, il ne sort pas plus de 2% des exportations totales de cocaïne du pays) un programme que le gouvernement colombien n’a pas pris la peine de copier ou tenter d’étude, ce qui démontre clairement quelle partie est liée au trafic de drogue et en dépend. Cependant, l’organisation reconnaît que dans les zones non entièrement contrôlée par la guérilla le trafic de drogue est le seul moyen de survie pour des centaine de paysans, et a décidé d’instituer le système de « taxe au poids ».

Au niveau pratique, le schéma fonctionne comme suit. Lorsque F.A.R.C.-E.P. prennent le contrôle de territoires où la cocaïne est produite, la première étape est le jugement des grands narcotrafiquants et la collectivisation des récoltes de pâte de coca. Toutefois, pour décourager les petits producteurs et les inciter à transformer leurs cultures ils touchent une taxe par gramme de cocaïne qui pourrait potentiellement être produit avec la pâte. Cela a heurté frontalement les intérêts des grands narcotrafiquants qui sont devenus les plus gros bailleurs de fonds des paramilitaires des AUC (Autodefensas Unidas de Colombia), une autre preuve qui montre de quel côté se trouvent les trafiquants de drogue dans la guerre colombienne.

De plus les F.A.R.C. , prévoyant l’extension du conflit dans de nouvelles zones et son durcissement ont établis quelques codes internes inflexibles qui interdisent strictement toute forme d’abus contre la population, depuis l’assassinat jusqu’à « leur donner des ordres ». Tiré du Bulletin de comportement parmi les masses de l’organisation:

- Notre discipline interne est régi par les règlements disciplinaires et les décisions du commandement central. Il ya plusieurs points à considérer:

Premièrement, NOUS NE DEVONS PAS DONNER D’ORDRE aux civils. Ils ne font pas partie de notre armée (…) tout acte commis contre la population sous la forme d’assassinat, de viol ou de violence de toute nature sera sévèrement jugé et puni.

- La force motrice de la lutte des FARC-EP est l’amour pour le peuple colombien et pour les autres peuples du monde.

Entre 1990 et aujourd’hui, les FARC ont eu plusieurs étapes, une expansion marquée, un autre avec des négociations avec le gouvernement Pastrana, frustré par les paramilitaires, encore une d’expansion dans le milieu des années 2000 prédisant que les FARC pourraient prendre la capitale Bogota (obligeant l’intervention américaine dans le cadre du Plan Colombia), et un déclin récent marqué par l’assassinat de Raúl Reyes, commandant en chef, et le décès dus a une maladie cardiovasculaire de Manuel Marulanda, fondateur historique, en 2008. L’organisation compte actuellement 20 000 hommes et femmes sous armés, et c’est la plus grande guérilla du monde.

(1) Bogotazo, période de protestations, désordre et de répression qui suivirent l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán lel 9 avril 1948

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