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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 16:38

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Le « non » à la construction de minarets qui l’a largement emporté en Suisse, lors de la votation populaire organisée le 29 novembre dernier, a mis le pays en état de choc en même temps qu’il suscitait consternation et colère tant en Europe que dans le monde musulman. Ni la xénophobie ni la poussée de l’extrême droite n’expliquent un tel résultat (les 57 % de votants antiminarets dépassent largement la clientèle traditionnelle de la droite dure à l’initiative du référendum). Elles ne permettent pas davantage de comprendre les actuelles crispations organisées par le gouvernement français sur l’identité nationale ou les interminables polémiques autour de la burqa. Au-delà de sa dimension internationale, avec le thème récurrent du « terrorisme islamiste » et du nouveau « péril vert » qui aurait remplacé le « péril communiste », le débat porte aussi sur la place en Europe de la religion musulmane — toujours plus détachée du thème de l’immigration. Il a pour fondement la peur irrationnelle d’un islam conquérant qui s’appuierait sur un projet militant, sur une progression de la foi et sur la démographie.

Par Sami Amghar et Patrick Haenni

Une question agite l’Europe : l’islam est-il par essence expansionniste et conquérant ? Oui, clament, en Suisse, les initiateurs du référendum contre l’édification de minarets, en s’appuyant sur les écrits d’un nouveau courant critique de l’islam (1). Cet expansionnisme serait sous-tendu par une volonté d’hégémonie politique imputée tantôt à la nature même de l’« idéologie islamique » (nataliste, prosélyte et envahissante), tantôt aux stratégies de certains de ses acteurs (les « islamistes » et leurs « projets » (2)). M. Youssouf Al-Qaradawi, le plus populaire des cheikhs sunnites modérés, semble leur donner raison quand, dans son émission phare sur Al-Jazira, « La charia et la vie », consacrée le 6 décembre 2009 au vote suisse, il assure que la conquête aura lieu et que tous les êtres humains se retrouveront unis par la parole de Dieu.

Les interrogations sur l’islam ont leur part de légitimité : après tout — comme le christianisme —, il se proclame salut pour l’humanité et message scellant l’histoire des prophéties. Mais, au fond, que signifie concrètement un expansionnisme religieux ? D’un point de vue sociologique, il peut s’appuyer soit sur une démarche militante (politique, propagandiste ou militaire), soit sur le développement de la religiosité (le retour à la foi ou les conversions), soit sur la démographie (lire « Avortement sociologique d’un “baby-boom” »).

En Europe, ce sont les Frères musulmans et l’organisation turque Milli Görüs (3) qui portent un projet politique. Dépositaires d’un imaginaire non seulement universaliste (l’islam représente une religion pour tous) mais à visée de domination (l’objectif de « guider le monde » que s’assignait Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères musulmans), ils veulent la création d’un Etat islamique. Pourtant, ils ne se sont pas réfugiés en Europe, à partir des années 1950, pour cette raison, mais parce qu’elle leur offrait une base arrière, un sanctuaire, dans le cadre des combats qu’ils menaient en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Et l’installation durable de populations musulmanes sur ce continent les a pris par surprise en même temps qu’elle leur pose problème.

Le fait d’être minoritaires en Europe invalide, en effet, toute perspective stratégique pour les agents de l’islam politique, en les enfermant dans un dilemme : la prédication ou le lobbying ? Le premier choix les place sur un terrain déjà largement occupé par la mouvance salafiste ou l’organisation du Tabligh (4), des groupes désignés par le politiste Olivier Roy (5) comme néofondamentalistes.

Le second choix les confronte à la difficulté de se procurer un nombre conséquent de partisans dans le contexte européen ; de plus, en les incitant à se transformer en notables, il a le double inconvénient de limiter leur influence à un niveau local et de les exposer au soupçon de compromissions avec le pouvoir.

La situation des Frères musulmans le montre bien : en jouant la carte des institutions, ils ont perdu avec le temps de leur verve révolutionnaire, abandonné les grandes causes comme la Palestine, renoncé à se mobiliser sur les questions sensibles — par exemple, en France, le foulard ; et ils subissent la critique de jeunes musulmans qui vont parfois jusqu’à se désolidariser d’eux pour leur « embourgeoisement » ou leurs accommodements avec les autorités. Tariq Ramadan lui-même a été désavoué par certains de ses anciens partisans quand il a intégré, en 2005, un groupe de travail chargé de réfléchir, pour le gouvernement britannique de M. Anthony Blair, aux moyens d’enrayer l’extrémisme religieux.

Les difficultés d’élaboration d’une stratégie crédible en Occident, pour les tenants de l’islam politique, profitent aux mouvements néofondamentalistes, qui rejettent pour leur part les engagements politiques classiques. Dans la nébuleuse que forment ces mouvements prédomine le salafisme wahhabite « scientifique » (salafiyya ilmiyya) né en Arabie saoudite. Caractérisé par un rigorisme sectaire et un radicalisme dogmatique, mais détaché de toute idée de guerre sainte, ce salafisme récupère en nombre les déçus de l’islam politique ou de groupes néofondamentalistes implantés depuis plus longtemps sur le continent européen, comme le Tabligh. Mais, loin de proposer la dernière mouture d’un programme visant l’hégémonie politique, il offre le fruit amer d’un islam dépolitisé et d’un discours idéologique prônant une attitude de repli et d’évitement par rapport aux sociétés occidentales, la communauté de foi remplaçant la communauté culturelle (tunisienne, marocaine, etc.). Ainsi le salafisme s’installe-t-il dans une logique de secte. Silencieux sur la question du foulard, ses partisans n’organisent aucun soutien quand leurs imams sont expulsés et ne participent pas davantage aux manifestations de solidarité envers les Palestiniens.

Ce repli préconisé s’effectue moins dans le milieu familial et communautaire que dans la bande de jeunes réislamisés, pensée comme « groupe rescapé » (firqa nâjiyya). Critique à l’égard des familles et contestant les imams traditionnels, le salafisme s’inscrit en opposition au monde musulman réel et ne rencontre quelque succès qu’auprès des individus en rupture, en particulier dans la jeunesse. Il recrute donc peu là où les solidarités communautaires sont fortes, comme chez les Comoriens ou les Turcs.

Exode vers le monde musulman

Son idéal n’étant ni la conquête de l’Ouest ni la constitution de ghettos islamisés, mais la hijra, l’exode, vers les terres d’islam — ou, à la rigueur, vers des pays réputés plus accueillants tels que le Royaume-Uni ou le Canada —, les jeunes, minoritaires, qu’il gagne à lui se retrouvent placés dans la même situation d’attentisme démobilisateur, par rapport à des engagements possibles dans les sociétés occidentales, que la génération de leurs parents. Si ces derniers ont vécu dans le mythe du retour sur la terre de leurs origines, eux sont habités par le désir de quitter leur pays de naissance...

La conceptualisation d’un projet politique crédible, bloquée par le contexte minoritaire, et les dynamiques missionnaires, qui suivent une dérive sectaire, ne sont donc pas portées par une démarche de « reconquête islamiste ». Pas plus que l’activisme du djihad par les armes. Car, en Europe, le djihadisme se vit comme une quête du sacrifice, non comme de la politique par d’autres moyens. Ses groupes militants (Al-Qaida ou le mouvement de M. Metin Kaplan (6)) partagent avec les non-combattants salafistes un même esprit sectaire. Le djihadisme disqualifie par le takfîr — accusation de mécréance — tous les adversaires qu’il entend combattre : les juifs et les chrétiens, les musulmans qui ne le sont pas assez à son goût et... les Frères musulmans. Il ne cherche donc pas à créer en Occident des contre-cultures de ghetto. Au contraire, sa radicalité le conduit à rompre avec la communauté et le quartier (7) — ainsi qu’avec la mosquée, trop facilement contrôlable par les services de renseignement et condamnée pour compromission car elle est immanquablement un espace de négociation avec la société environnante. Le recrutement djihadiste se fait alors en d’autres lieux : des cybercafés aux clubs de sport, en passant par les prisons.

Cependant, comme ils ont poussé l’anathème jusqu’à ses extrêmes limites, les nouveaux djihadistes n’ont plus de peuples à libérer. Ils ne visent pas un objectif précis (territoire ou Etat à investir, rapport de forces politique à modifier, régime à abattre), mais l’affrontement armé et son impact médiatique ainsi que la destruction des symboles de l’impérialisme politique (c’est-à-dire les Etats-Unis ou leurs alliés).

Si la dynamique militante islamiste ne porte pas non plus vers la conquête, celle-ci peut-elle s’opérer « par le bas », à travers un renouveau religieux capable de peser sur les équilibres politiques des sociétés européennes, ou du moins de créer des espaces islamisés en leur sein ?

On confond souvent, en fait, la plus grande visibilité de l’islam en Occident avec un retour massif à la piété dans les communautés musulmanes : en France, depuis une vingtaine d’années, la pratique religieuse stagne, voire recule légèrement (8). Sa réapparition s’opère d’abord à partir de l’individu et non d’un projet collectif (même si elle découle d’un désir de solidarité communautaire), et elle correspond avant tout à l’envie de retrouver ses racines « identitaires ».

Deux grands courants se distinguent dans l’actuel regain religieux. D’une part, l’« islam de marché (9) », une religiosité libérée de l’obsession islamiste envers le politique, et marquée par la quête d’une « normalisation » culturelle de l’identité musulmane. Streetwear islamique (10), voile branché, pop halal et Muslim Up (marque française de boisson à base de kola) traduisent une affirmation de l’islam à partir de la culture de masse. La religion ne représente pas une solution intégrale, mais un souci d’éthique dans une culture occidentale globalement acceptée. D’autre part, le néofondamentalisme qui, on l’a vu, se veut en rupture avec l’ordre occidental, mais qui se positionne dans l’attente de l’exode.

Quant aux conversions, elles existent bien mais en nombre limité et s’opèrent dans les deux sens, même si la balance penche en faveur de l’islam : en France, selon le ministère de l’intérieur, environ quatre mille personnes se tournent chaque année vers ce dernier, contre huit cent musulmans qui épousent le christianisme, principalement l’évangélisme (11).

Le retour au religieux apparaît, certes, de façon très visible, notamment dans l’apparence physique et vestimentaire de ceux qui redécouvrent la foi (born again)qamis pour les hommes, le voile intégral pour les femmes... — mais il n’est guère encadré (les initiatives partent de l’individu et passent peu par des engagements organisationnels). Cette nouvelle religiosité est donc à la fois plus publique et moins politique. Elle pose un problème idéologique dans les pays à laïcité forte comme la France, mais elle ne constitue pas à proprement parler une menace politique, ni même sécuritaire — sauf, bien sûr, en ce qui concerne les djihadistes. et des convertis — la barbe et le

Relève également du fantasme le discours sur les ghettos — entendus comme autant d’enclaves musulmanes en voie de passer sous la tutelle d’agents islamistes nourrissant un projet de rupture collective avec la société. Même si la concentration de populations dans certains quartiers peut entraîner l’apparition d’un contrôle social, celui-ci ne correspond pas à une stratégie politique de communautarisation, mais reste la conséquence de processus sociaux, économiques et politiques complexes ainsi que... de l’attitude du pouvoir — non seulement dans des pays à idéologie communautaire (tels les Pays-Bas et le Royaume-Uni) mais aussi en France, en dépit de son discours laïque. La course au « vote musulman », l’attribution parfois du logement social sur des critères ethniques, la recherche d’intermédiaires « communautaires » pour « gérer » les banlieues et la volonté de contrôler l’islam par le haut — le Conseil français du culte musulman (CFCM), créé en 2003, est porté à bout de bras par l’Etat — peuvent générer des comportements communautaires.

Pourtant, les Frères musulmans, implantés plutôt dans les classes moyennes, n’ont que peu de prise sur les banlieues — la totale inefficacité de la fatwa d’appel au calme lancée par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), pendant les émeutes de 2005, en témoigne. Et, si les salafistes y sont présents, ils ne les contrôlent pas davantage. D’abord parce que leur influence reste limitée ; ensuite, parce qu’ils n’ont aucune expérience de structuration d’un mouvement social fort pouvant leur permettre de tenir ce rôle ; enfin, parce que leur objectif demeure, on l’a vu, non la constitution d’espaces urbains islamisés ou rebelles, mais le retour sur le Dar Al-Islam (« la terre de l’islam »).

Dans les quartiers où vivent une majorité de musulmans apparaissent aujourd’hui, de façon spectaculaire et massive, parallèlement à la consommation, les valeurs individualistes. En témoignent l’augmentation des mariages mixtes, y compris pour les femmes immigrées (12), mais aussi la difficulté de la vie associative confessionnelle ou le nombre extrêmement réduit d’écoles religieuses — pour ne pas parler de l’échec retentissant des quelques listes communautaires qui ont tenté de se constituer lors d’élections locales.

Dans les espaces lointains du millénarisme

Paradoxalement, il y a vingt ans, quand le « quartier musulman » n’existait pas, le retour à la religion s’effectuait toujours de façon volontariste et encadrée ; alors que, de nos jours, un environnement musulman, avec ses normes sociales et ses pratiques — comme le ramadan — ainsi que ses librairies, ses lieux de culte, ses centres culturels et ses commerces halal, favorise la réislamisation sur une base individuelle, y compris chez les premiers migrants.

Le contexte européen — ou, plus exactement, la situation minoritaire de l’islam en Europe — fait largement ressortir sa difficulté à penser en termes programmatiques l’articulation du religieux et du politique, dans le cadre d’une modernité fondée sur l’Etat-nation et la démocratie à laquelle il ne peut échapper. D’où la tendance, dans les cercles islamistes autorisés à participer au jeu politique, à vouloir séparer la daawa (prédication) de la politique — et l’apparition, devant leur incapacité à formuler un projet cohérent, d’autres formes de néofondamentalisme qui, comme le salafisme à la recherche du « religieux pur » décrit par Roy, renvoient le politique dans les espaces lointains du rêve millénariste.

Ceux qui se situent dans une stratégie de reconnaissance publique voient, au contraire, leur avenir dans le « politique pur », selon l’expression de M. Yamin Makri, ex-dirigeant de l’Union des jeunes musulmans : certains Frères se mettent à militer dans des partis politiques classiques, à gauche comme à droite ; et la revendication de droits pour les populations issues de l’immigration se redéploie, elle aussi, sur la base d’identités culturelles laïcisées (les Indigènes de la République des années 2000, après les Frères musulmans qui dominèrent la scène musulmane dans les années 1990)...

Quoi qu’il en soit, ces divers itinéraires de rupture assumée entre le religieux et le politique traduisent la reconnaissance implicite que l’idée de conquête est illusoire. Peu importe alors de savoir si des velléités d’expansionnisme existent, l’essentiel est de relever leur invalidation par les transformations sociologiques.

Sami Amghar et Patrick Haenni.

 

Sami Amghar

Doctorant en sociologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Paris.

Patrick Haenni

Chargé de recherche à la Fondation Religioscope, directeur, avec Stéphane Lathion, de l’ouvrage Les Minarets de la discorde. Eclairage sur un débat suisse et européen (Infolio, Paris, 2009).

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(1) A ce sujet, lire Olivier Moos, « Du minaret à la question musulmane : la nouvelle critique de l’islam », dans Patrick Haenni et Stéphane Lathion (sous la dir. de), Les Minarets de la discorde. Eclairage sur un débat suisse et européen, Infolio, Paris, 2009.

(2) Cf. notamment Sylvain Besson, La Conquête de l’Occident. Le projet secret des islamistes, Seuil, Paris, 2005.

(3) Fondé dans les années 1970 par M. Necmettin Erbakan, un ancien premier ministre turc, ce mouvement est très implanté dans les populations turques en Europe.

(4) Le salafisme est un courant réformiste qui s’est affirmé au XIXe siècle et qui se réfère aux enseignements du prophète Mohammed et à la première génération des musulmans — d’où son nom, issu du mot arabe salaf, « ancêtre » ; lire Wendy Kristianasen, « Qu’est-ce que le salafisme ? », Le Monde diplomatique, février 2008. Le Tabligh est une organisation créée dans les années 1920 en Inde, qui a essaimé de par le monde et se fixe comme objectif principal de délivrer le message de l’islam.

(5) Cf. Olivier Roy, L’Islam mondialisé, Paris, Seuil, 2004.

(6) Groupe radical fondé en 1984 en Allemagne et engagé dans plusieurs actions terroristes.

(7) Olivier Roy, op. cit.

(8) « Décryptage : l’islam en France et en chiffres, 1989-2009 », Religion.info.

(9) Patrick Haenni, L’Islam de marché, l’autre révolution conservatrice, Seuil, Paris, 2005.

(10) Tenue vestimentaire qui vient de la rue et qui combine par exemple jean, baskets et signes religieux, comme le voile.

(11) Cf. Linda Caille et Marie Caleb, « France : qui sont les musulmans convertis au christianisme ? », Religion.info.

(12) Emmanuel Todd montre ainsi, dans Le Destin des immigrés (Seuil, 1997), que le taux de mariages mixtes des femmes algériennes passe de 6,2 à 27,5 % de 1975 à 1990. Pour les femmes marocaines, ce taux progresse de 4 à 13 %.

 

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/01/AMGHAR/18698

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 16:33

920759-1090413.jpgDessin: Louison

Cette semaine, Marianne2 avait décidé de faire parler Jacques Sapir qui donne quatre pistes alternatives pour résoudre la crise. Par ailleurs, Laurent Pinsolle notre blogueur associé nous dit que rien a changé sur les marchés malgré les fonds débloqués par les États européens et Bernard Maris qui montre en quoi la dette publique est rentable pour...les banques.



Quatre pistes pour sortir de la crise (1)
Quatre pistes pour sortir de la crise (2)
Quatre pistes pour sortir de la crise (3)
Quatre pistes pour sortir de la crise (4)
On en parle moins, mais la crise continue. L’économiste Jacques Sapir montre qu’une autre politique est possible pour l’Europe et la gestion de la crise. Une série en quatre volets.

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 19:39

guevara-01.jpg

 

http://users.skynet.be/roger.romain/guevara01.htm

 

Ernesto Che Guevara de la Serna est né le 14 juin 1928 à Rosario, une des villes les plus importantes de l' Argentine. A deux ans, il souffre de sa première crise d' asthme, maladie qui n' allait plus jamais le quitter et dont il surmonta les inconvénients par une force de caractère hors du commun. En 1951, il commence un périple à travers toute l' Amérique latine. Che termine ses études de médecine et travaille dans une léproserie à Caracas au Venezuela. On lui parle de la révolution au Guatemala et en '54, enthousiaste, il s' y rend immédiatement. Il assiste à la chute du régime Jacobo Arbenz, il participe à la lutte et décide alors de vouer sa vie à la libération de l' Amérique latine.

Au Mexique, il retrouve le revolutionnaire cubain Nico Lopez qui lui avait parlé au Guatemala de Fidel Castro et de l' attaque dee la Caserne Moncada. Il se lie d' amitié avec Raoul Castro et parle avec Fidel toute une nuit. A l' aube, il était déjà le médecin de l' expédition que Fidel et ses hommes préparaient pour la libération définitive de Cuba. Il était l' un des 82 expéditionnaires du Yacht Granma qui débarque à Cuba le 2 décembre 1956 dans la province d' Oriente.

Che faisait partie du groupe qui avec Fidel réussit à briser l' encerclement des troupes ennemies et à gagner la Sierra Maestra. Il voulait être soldat et non médecin. Il participe à plusieurs combats et ses mérites lui valent le grade de commandant. Au cours de la guerre, il a ezncouragé la naissance de différentes industries, créant la première forge  et armurerie, une boulangerie, un centre de préparation de viande salée, etc... Il a aussi été le fondateur de Radio rebelle et du journal "El Cubano libre" moyens de diffusion essentiels pour la guérilla.

C' est le Che qui mènera une colonne rebelle de la Sierra Maestra jusqu' au centre de l' île et qui, par la prise de la ville de Santa Clara, décidera le dictateur Batista à prendre la fuite. Le 1er janvier 1959, Camilo Cienfuegos et Che avancent avec leurs troupes jusqu' à La Havane.

Le 9 février 1959, le Conseil des Ministre déclare Che citoyen cubain de naissance, en reconnaissance des mérites et des services rendus à Cuba.

CHE au GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE :

Che est présent dans toute l' oeuvre de la révolution cubaine. Il représente Cuba à plusieures rencontres internationales, en délégations d' amitié, etc... Il occupe successivement  les postes de Directeur de la Banque nationale et de Ministre de l' Industrie. 

Il n' a jamais arrêté de défendre Cuba et sera un des premiers avec Fidel Castro à participer aux combats de la Baie des Cochons.

Il consacre aussi beaucoup de temps à l' édification du Socialisme et sera l' initiateur principal en théorie et en pratique du travail volontaire non payé et de l' utilisation intensive des stimulants moraux dans le travail.

LES GUERILLAS INTERNATIONALES:

Le 3 octobre '65, le commandant Fidel Castro lit la lettre d' adieu du "Che" qui partait pour d' autres terres du monde afin d' accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l' impérialisme où qu' il soit. Avec des Péruviens, des Argentins, des Cubains et des Boliviens, il entame une lutte de guerilla en Bolivie dans la perspective d' une révolution continentale. Le 7 octobre 1967, il est blessé dans un combat  et fait prisonnier. Les militaires boliviens le feront assassiner sur ordre de la C.I.A. (agence centrale de renseignements des États - Unis).

CHE  et LA JEUNESSE:

Che s' est constamment intéressé à la jeunesse à propos de laquelle il a dit "l' argile fondamentale de notre oeuvre est la jeunesse. Nous déposons en elle nos espoirs et nous la préparons à prendre le drapeau de nos mains".

Il n' est donc pas étonnant que cet homme exceptionnel, ce combattant internationsliste, ce militant exemplaire, soit devenu  un symbole pour la jeunesse du monde entier.

A Cuba aussi, la jeunesse est éduquée dans l' exemple du Che, dans l' esprit du Che. N' oublions pas que les mots d' ordre de ralliement des  pionniers cubains sont "Pioneros por el communismo ! Seremos como el Che  !"

 

-El Comandante, en anglais, espagnol, néerlandais

-Ernesto 'Che' Guevara, en anglais

-La vita del Che, en italien

-Commandante Che Guevara, nombreux liens

 Che Guevara Site, en allemand

-Che, Fidel og Cuba       

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 12:56

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Selon la célèbre formule attribuée à Abraham Lincoln « la démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Cette maxime pose une double exigence : le gouvernement doit être organiquement associé au peuple d’une part et il doit œuvrer dans le sens de l’intérêt général d’autre part.

Dans aucun pays capitaliste, il n’existe de démocratie au sens plein du terme. Le pouvoir est invariablement détenu et transmis au sein d’un groupe particulier. Toute une partie de la population se trouve exclue des appareils de pouvoir au bénéfice d’une classe privilégiée qui s’arroge un monopole de savoir, d’éducation, et de la sorte de direction politique et économique.

Il y a un transfert de la souveraineté de la majorité à une minorité qui défend ses intérêts spécifiques.

Dans l’idéal démocratique tel que perçu par Spinoza, l’individu transfert à la société « toute la puissance qui lui appartient de façon à ce qu’elle soit seule à avoir une souveraineté de commandement ». Cet Etat est démocratique en ce sens que chacun concède son pouvoir décisionnel non à un autre individu, ou à groupe déterminé, mais à la société dont il constitue une composante.

Le système représentatif, dans sa forme actuelle, favorise a contrario la confiscation du pouvoir par une classe qui assure sa reproduction en même temps que la domination du capital sur le travail. Pour Noam Chomsky, « la démocratie requiert une classe d’élite pour s’occuper de la prise de décisions et fabriquer l’assentiment de l’ensemble de la population envers des politiques qui sont supposées dépasser ce qu’elle est capable de développer et de décider par elle-même ».

Le suffrage universel ne représente pas l’acte citoyen par excellence mais sa parfaite négation ; dans l’urne, l’électeur se dessaisit de son pouvoir politique jusqu’à la prochaine échéance électorale. Qu’il vote ou qu’il s’abstienne, le système prétend avoir donné à chacun l’occasion d’exprimer sa volonté. Paradoxalement, le vote n’est pas le moment de l’irruption dans l’arène politique de la société entière mais celui de sa dépossession.

Ce qu’on nomme démocratie devrait être nommé en toute rigueur, pour reprendre l’analyse d’Alain Badiou, de capitalo-parlementarisme. Le capitalo-parlementarisme n’est pas un espace de conflictualité, entre mouvements hégémoniques et mouvements contre-hégémoniques, mais un lieu qui institue l’ordre bourgeois et gère l’existant. C’est certes un système multipartiste mais à caractère uniclassiste. La qualification de « démocratie » pour un tel système n’est qu’une mystification aliénante.

Les citoyens n’ont pas dans les faits la même faculté d’agir réellement en politique, ce que confirme la répartition sociale inique du parlement français.

Désarmé matériellement culturellement, le prolétariat n’a pas la possibilité d’accéder aux leviers du pouvoir. Déjà Aristote était conscient de l’intérêt de maintenir le peuple à l’écart des affaires publiques : « Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’ait pas le temps pour la rébellion ».

Selon une étude récente de l’observatoire des inégalités, employés et ouvriers représentent la moitié de la population active, mais à peine 6 % des députés. De plus, ces élus d’extraction sociale ouvrière ou employée n’exercent plus leur profession d’origine depuis de longues années. A l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 59 % de l’ensemble. Avec les professions libérales, ils forment les trois quarts des députés.

Les dynasties politiques sont l’expression la plus manifeste de ce phénomène de reproduction des élites. Les lignées politiques révèlent majestueusement les vices du système électoral, la compétence réelle ne constituant pas une exigence pour être élu. En pratique, le système intronise les plus habiles en communication-manipulation, pourvus des fonds nécessaires pour se faire valoir. A ce jeu, les héritiers, tout imprégnés de la culture du pouvoir, ont la faculté de compter sur les ressources et les relais sociaux de leurs parents.

Il y a des dynasties politiques aux Etats-Unis comme en Europe, en Afrique comme en Asie ; au niveau national comme au niveau local. Ce phénomène concerne autant le Gabon de Bongo, l’Inde de Gandhi, que la Belgique où les mandats politiques se lèguent de père en fils. Aux Etats-Unis, les aristocraties électives sont légion : Roosevelt, Kennedy, Bush, Clinton,…

Le ferment de l’ambition politicienne est l’alliance entre les milieux politiques, économiques et financiers. Il y a en effet une corrélation étroite entre la puissance financière et le pouvoir politique, l’une alimentant l’autre.

L’institution parlementaire est la forme de gouvernement la plus aboutie pour assurer l’hégémonie de la bourgeoisie et priver le peuple de sa prétendue souveraineté. Karl Marx considérait l’Etat comme le résumé officiel de l’antagonisme de classes, comme un instrument d’oppression visant à assurer la domination d’une classe sociale sur une autre dans un mode de production donné. Le système électoral ne sert qu’à sélectionner parmi les membres de la classe dominante lesquels exerceront les fonctions dirigeantes. Dans tous les cas de figure et quelles que soient les résultats des élections, c’est la bourgeoisie en tant que classe qui triomphe.

On ne peut réduire la démocratie à un procédé et confondre ainsi moyen et fin. Pour réaliser la démocratie, il ne faut pas seulement que les décisions soient prises en accord avec la majorité mais qu’elles soient prises pour la majorité. La démocratie ne peut trouver son accomplissement que dans une société où les hommes, librement associés, autodéterminent leurs finalités et exercent activement leur souveraineté, sans s’en faire dépouiller par d’insidieux dispositifs politiques.

Emrah KAYNAK

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 11:35

Sans-titre-1-copie-1.jpgParti Communiste Japonais

 

 

comment distribuer un tract communiste au Japon
entre autre
28 secondes d'un manga que vous n'maginiez pas

 

 

Observatoire Iberoaméricain de l’Economie et de la Société japonaise, traduit par danielle Bleitrach pour changement de société.

 

 

Soudain le communisme est redevenu à la mode au Japon. La raison n’est pas difficile à percevoir. « L’emploi à vie » relève du passé pour les jeunes travailleurs qui doivent faire face à la précarité et à un avenir incertain. Un travailleur sur trois  est précaire . À peu près 44 pour cent de la force de travail du pays travaille à temps partiel, alors que les contrats à court terme prolifèrent a été créée une génération de travailleurs freelance qui sont souvent « entre plusieurs emplois ». Ils comprennent que quand la récession frappera ils seront en première ligne de feu. Pour cette raison un nombre chaque fois plus grand en tire des conclusions politiques.


Chaque mois le PCJ (Parti communiste du Japon) gagne 1.000 nouveaux militants, actuellement dans ses rangs il a plus de 415.000 militants. Un autre symptôme de plus du mécontentement qui existe chez les jeunes japonais, qui durant cesdernières années étaient plus caractérisés par leur apathie politique que par leur enthousiasme révolutionnaire, est l’augmentation de la fréquence de manifestations de travailleurs dans les rues de la capitale. Au début de ce mois, une foule de plus de 5.000 jeunes travailleurs s’est répandue dans les rues du centre de Tokyo pour exprimer son mécontentement contre le gouvernement sur leur conditions de travail.

Kimitoshi Morihara, un sous-directeur du bureau international du Parti communiste Japonais disait  : « Les conditions de travail ont changé d’une manière dramatique pour les plus jeunes générations en 2002 quand ont été approuvées les nouvelles lois de travail qui facilitaient la précarité. Le climat politique au Japon est en train de changer et chaque fois plus nombreux sont les jeunes japonais qui  prennent conscience politiquement de ces questions que durant longtemps ont ignorés les autres partis. » 
La résurgence du communisme japonais s’empare de  tous les outils du XXIe siècle, avec Internet et les vidéos en ligne jouent un rôle vital. Le président du parti, Kazuo Shii, a déchaîné une grande vague de nouveaux militants après avoir prononcé un discours  parlementaire impressionnant dans lequel il dénonçair  l’exploitation des jeunes travailleurs, la vidéo s’est convertie en un objet de culte pour les jeunes japonais pour les pages de vidéos en ligne.

Parmi ceux qui sont récemment entrés au parti se trouve Miki Tomihiro, un écrivain freelance de 34 ans  de la ville de Fukutsu, dans la Préfecture de Fukuoka. « Quand j’ai vu Shii parler, j’ai senti qu’il démasquait au capitalisme dans sa forme la plus crue (…) j’ai navigué par Internet pour en savoir plus du parti avant d’adhérer ».Oomori Shuji, tde reinta des années  saisonnier de Toyota de la Préfecture d’Aichi, qui est entré au parti en juin, ajoute : « Depuis mon diplome, je n’ai jamais eu un emploi à plein temps. Dans la formation du PCJ j’apprends la réalité des temps pour les pauvres travailleurs journaliers, qui n’ont pas de sécurité sociale ou les premiers  facilement souvent jetés ».

« Le parti est concerné par la souffrance des jeunes, ycompris dans les  emplois et conditions de vie. Il a une politique concrète sur ces questions ». Un autre symptôme du tournant croissant vers la  gauche est la popularité subite d’un roman classique japonais, Kanikosen (De la pêche), qui parle des travailleurs d’une fabrique qui se soulèvent contre leurs oppresseurs capitalistes.

Il a été écrit il y a presque quatre vingt ans  par Takiji Kobayashi, un communiste qui a été été torturé jusqu’à la mort pour ses idées  politiques elors qu’il  avait 29 ans, les ventes du roman sont passé d’environ 5.000 annuelles à 507.000 depuis le début de l’année, en le catapultant d’une façon inespérée à la première place des livres vendus dans le pays.

Une bande dessinée Manga qui réédite la même histoire marxiste est aussi très populaire parmi les jeunes, cette année a été vendu à 200.000 exemplaires. Kosuke Maruo, l’éditeur d’East Press, qui publie la version Manga dit que « Le succès de l’histoire consiste en ce qu’elle représente de bonne manière graphique la situation des  pauvres travailleurs actuels ».

« Ils ne peuvent pas être heureux et ne trouvent pas de solution à leur pauvreté, alors qu’ils travaillent dur. Les jeunes qui se voient obligé de travailler pour de très bas salaires aujourd’hui se sentent dans une situation très similaire celle qui subissait l’équipage du Kanikosen ».
Kyudo Takahshi, un écrivain pour le compte d’autrui de 31 ans, qui vit à Tokyo, attribuait la popularité de l’histoire au sentiment croissant de ne pas trouver sa place qui existe dans sa génération.

« Kanikosen était un livre qu’on te recommandait de lire à l’école mais je ne l’avais jamais lu sérieusement. Maintenant je le relis parce que je suis frustré par le gouvernement ».

« Dans le livre les gens sont exploités plusieurs fois. Ils  ne sont pas traités comme des humains mais plutôt comme des vaches dans une fabrique de hamburgers. Et c’est comme ça que beaucoup de gens  se sentent aujourd’hui. Quand nous trouvons un emploi, il y a toujours quelqu’un qui nous exploite. Nous ne pouvons pas être sûrs de l’avenir ».
Fuente: http://www.eumed.net/rev/japon/07/fd.htm

rCR

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 11:28

 

nul nécessité de comprendre l'espagnol pour saisir ici toute l'ironie d'Hugo Chavez en direction de l'Empire et de sa dame patronesse, je vous recommande la parie vidéo aux alentours d' une minute quarante.
H Chavez, cette fois, j'aime bien.
AG94
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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 21:02

 

Cartoon_ZAPIRO_South_Africa_ANCYL_Julius_Malema.jpg

 

Le leader des jeunes de l’ANC multiplie les provocations raciales, s’en prend aux communistes et drague dans le monde des affaires.

Johannesburg, envoyé spécial.

Nelson Mandela, qui va fêter ses quatre-vingt-douze ans dans cinq semaines, aurait-il jamais pu imaginer cela  ? Lui qui s’est battu sans relâche pour une Afrique du Sud non raciale, qui a su imposer la vérité et la réconciliation, doit assister – largement impuissant – aux élucubrations d’un jeune homme de vingt-huit ans, qui, en plus, est président de la Ligue des jeunes de l’ANC (Ancyl), poste qu’il occupait il y a soixante ans. Ce gosse grandi un peu vite dans le sillage de la victoire du Congrès national africain (ANC), se nomme Julius Malema. Il cristallise à lui seul tous les dangers qui minent le parti au pouvoir.

Malema est de cette génération de dirigeants éclos après la chute de l’apartheid. Mais, contrairement à beaucoup d’autres qui ont su garder le respect de leurs aînés et surtout le sens du combat, il s’est rapidement enivré de pouvoir et d’argent. Très bling-bling, il adore les montres de luxe, les coûteuses soirées où le champagne coule à flots. Son nom apparaît régulièrement au sein de sociétés du black business. Il est à la tête de sociétés décrochant d’importants contrats publics, notamment au Limpopo, ce qui lui vaut quelques enquêtes fiscales. Rien de vraiment révolutionnaire, on le voit. C’est peut-être pour cela qu’il multiplie les déclarations pouvant paraître « de gauche », mais qui ne sont en fait qu’un populisme racial, visant à gagner le soutien de foules de jeunes aveuglés par la prestation du bateleur. Le voilà qui remet au goût du jour un vieux chant de l’ANC, Dubulu ibhunu (tuez les Boers), traite un journaliste de la BBC de « bâtard », doté d’une « tendance de Blanc à attaquer les Noirs », proclame son soutien à Mugabe et prône la nationalisation des mines (ce que même le Parti communiste ne réclame pas, en tout cas pas dans un cadre isolé). « En réalité, il défend les intérêts de ses amis », confie un syndicaliste. Copieusement hué par les congressistes du Parti communiste sud-africain (SACP) lorsqu’il est intervenu en tant que président de l’Ancyl, il voue maintenant une haine tenace à Blade Nzimande et Jeremy Cronin, premiers dirigeants du SACP et a déclaré la guerre à la Jeunesse communiste.

Et puis, il a dérapé, critiquant Jacob Zuma. La sanction est tombée, il y a quelques semaines. Il a été condamné par l’ANC à une amende de 10 000 rands (1 000 euros) qui ira financer un projet d’aide à la jeunesse. Il devra également suivre des cours à l’école politique du parti ainsi qu’une thérapie pour contrôler son tempérament colérique. Il a enfin dû présenter des excuses publiques au président de la République, par ailleurs président de l’ANC.

Julius Malema est le syndrome qui menace l’Afrique du Sud. Alors que la génération des combattants anti-apartheid commence à disparaître, des jeunes entrent dans les rouages du pouvoir et entendent jouer leur carte. Or, à l’évidence, il ne s’agit plus de défendre « a better life for all » (une meilleure vie pour tous, slogan central de l’ANC), mais une meilleure vie pour quelques-uns aux dépens du plus grand nombre.

Pierre Barbancey

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 20:12

 

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 19:33

 anc_sacp_cosatu.jpg

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net



Le Parti Communiste d'Afrique du Sud (SACP) est un parti qui a une grande histoire forgée dans la lutte contre l'apartheid, et dans laquelle il a tissé des liens de sang avec ses organisations frères: l'ANC de Mandela et le syndicat de la COSATU. Avec ses trois organisations, ils forment l'alliance tri-partite qui gère l'Afrique du Sud depuis 1994, et le retour de la démocratie.

Parti de plus de 20 000 militants à l'aube de l'an 2000, le Parti Communiste a su devenir un parti de masse, avec ses 96 000 militants – avec une jeunesse et un dynamisme notable chez ses adhérants – non en reniant ses fondamentaux marxistes-léninistes mais bien en affirmant sa nature de parti de classe. Sa force repose avant tout sur son implantation dans les quartiers et sur les lieux de travail, sur son lien organique avec le syndicat de classe COSATU et enfin sur la justesse de sa position vis-à-vis de l'évolution de la Révolution national-démocratique.

Pilier de l'alliance tri-partite, défenseur acharné des conquêtes de la lutte contre l'apartheid, le Parti communiste n'en reste pas moins très critique envers l'évolution « bourgeoise » et « capitaliste » de la Révolution national-démocratique. Et c'est ici moins un instantané que la mise en perspective historique du Parti Communiste qui nous permet de mieux comprendre les racines de cette révolution inachevée.

AC



Tout au long du mois d'avril, avec nos alliés, le SACP a mené une campagne pour intensifier la lutte contre la corruption. Nous avons entamé 34 jours de lutte intensive le 29 mars, lors d'un séminaire plus que réussi sur la corruption à Braamfontein. Durant ce mois d'avril, et en l'honneur de notre martyr, le camarade Chris Hani, nous avons porté la campagne dans les quartiers et les lieux de travail. Le 30 avril, il y eut un défilé massif mené par le SACP à Durban contre la corruption avec à sa tête notre secrétaire-général, le camarade Blade Nzimande, et le secrétaire-général de la COSATU, le camarade Zwelinzima Vavi



Et le jour suivant, le 1er mai 2010, en tant qu'intervenants du SACP, avec nos camarades de la COSATU et de l'ANC, nous avons profité de l'occasion des commémorations du 1er mai dans tout le pays pour conclure cette première phase de ce qui doit être désormais une lutte intensive et de tous les moments contre le fléau de la corruption.



Mais pourquoi le SACP a-t-il choisi le thème de l'intensification de la lutte contre la corruption? Et n'y a-t-il pas d'autres questions importantes concernant la classe ouvrière d'Afrique du Sud en ce moment? Oui, nous avons de nombreux défis à affronter, mais si nous ne remportons pas une victoire contre ce fléau que constitue la corruption, nous perdrons sur toute la ligne.



La lute contre la corruption est une lutte morale, mais elle n'est pas juste une lutte morale. Elle fait partie intégrante de la lutte de la classe ouvrière et des forces populaires contre ceux qui compromettent, affaiblissent, sapent et littéralement bradent notre Révolution national-démocratique.



Pour comprendre pourquoi nous disons cela, il est important de revenir un peu en arrière et de penser à la réalité actuelle de l'Afrique du Sud





16 années de démocratie et notre peuple vit encore dans la pauvreté





Mardi de la semaine dernière, nous avons fêté le 16ème anniversaire de la démocratie en Afrique du sud. Durant ces 16 années, ensemble, nous avons accompli de grandes choses. Et pourtant les travailleurs et pauvres d'Afrique du sud continuent à endurer des salaires de misère, le chômage, le manque de terres, des services de santé de piètre qualité et plus généralement de piètres opportunités en terme d'éducation et de formation.



Durant les 16 dernières années, nous avons réalisé de grandes choses, mais:



  • lorsque nous avons commencé en 1994, le taux de chômage (dans sa définition la plus étroite) avait atteint le niveau critique de 24%. Au milieu de l'année 2008, juste avant que la crise capitaliste mondiale frappe l'Afrique du sud, et après 15 ans de croissance économique, quel était le taux de chômage (toujours défini de manière étroite)? Il était plus ou moins EXACTEMENT au même niveau que celui de notre point de départ – 24%!! (Depuis la récession, et la perte de près d'1 million d'emplois l'année dernière, la crise du chômage a encore empiré)



  • lorsque nous avons commencé en 1994, après des siècles d'oppression raciale, nous étions l'une des sociétés les plus inégales au monde. Et maintenant, après 16 années de « services rendus » à notre peuple, où en sommes-nous? De manière choquante, les inégalités de revenus (mesurés par le coefficient dit GINI) nous enseignent que nous sommes restés une société plus inégalitaire que jamais. Nous sommes parmi les pires pays dans le monde. Et cette inégalité reste fortement racialisée.

 

  • Lorsque nous avons commencé en 1994, dans notre Programme de Développement et de Reconstruction (RDP), nous avions estimé que la pénurie de logements était de 3 millions. De manière incroyable, au cours des 16 dernières années, nous avons en réalité construit plus de 3 millions de maisons à coût modéré. Alors, quelle est l'état de la pénurie des logements désormais? Selon le Ministère du logement, la pénurie de logement se situe désormais quelque part entre 2 et 3 millions de logements!!

 

 

Pourquoi avons-nous l'air de tourner en rond? Pourquoi, quand vous avez fait tant de choses au cours des 16 dernières années, avons-nous l'impression de revenir à notre point de départ?



La DA [droite nostalgique de l'apartheid] et les autres partis d'opposition nous disent que nous ne pouvons continuer à accuser l'apartheid. Et, en quelque sorte, le SACP est d'accord avec eux (mais seulement pour être en désaccord total avec eux, bien sûr, en fin de compte). Oui, il est vrai que nous ne pouvons pas continuer à accuser l'apartheid... c'est le CAPITALISME qu'il faut accuser.



Après tout, nous avons démantelé le système d'apartheid, nous avons aboli les lois d'apartheid et la constitution d'apartheid. Mais sous l'apartheid, il y a toujours eu un système qui le soutenait et le façonnait... et ce système était un système capitaliste.



Et avant l'apartheid, pendant la période du ségrégationnisme sous Jan Smuts, il y avait un système qui continuait à fonctionner, façonnant les destinées de notre pays et de son peuple... et ce système était un système capitaliste.



Mais avant le ségrégationnisme, pendant la période de la conquête coloniale et de la dépossession, il y avait un système qui a envoyé des armées sur nos côtes, qui a mis en place des lignes de chemins de fer et construit des ports coloniaux, qui ont contraint des millions de paysans à devenir des travailleurs migrants. Il y avait un système qui était à l'origine de la formation de l'Afrique du sud elle-même, si on remonte à 1910, il y a exactement 100 ans... et ce système était un système capitaliste.



Nous avons aboli l'apartheid, Smuts est venu et est reparti, l'ère de la conquête impériale et de la colonisation de notre pays est du passé... mais ce qui continue à exister, c'est ce même système d'oppression qu'est le capitalisme.



Et ici, nous ne sommes pas en train de parler du capitalisme en général, mais la version particulièrement virulente de capitalisme semi-colonial qui a été imposé à l'Afrique du sud au cours des cent dernières années. C'est une version du capitalisme qui persiste à ce jour.



Si l'on veut comprendre pourquoi, après 16 années de démocratie et un grand nombre de « services rendus » à notre peuple, nous continuons encore à tourner en rond – alors, il est absolument essentiel de comprendre la nature du modèle de croissance capitaliste Sud-Africain. Nous devons le comprendre, afin collectivement de le déraciner et de le détruire, et de mettre notre pays sur les rails d'un nouveau modèle de développement.



Le modèle de croissance capitaliste semi-colonial de l'Afrique du sud



Afin de comprendre les traits principaux du modèle de croissance capitaliste qui est en place depuis 100 ans, il est nécessaire tout d'abord de se rappeler comment le capitalisme est arrivé en Afrique du sud. Il n'a pas émergé de manière organique. Il a été imposé, tout neuf, tout juste sorti de la boîte, importé du plus avancé des pays capitalistes, fin 19ème siècle. C'est la révolution minière de la fin 19ème siècle importée qui a marqué les débuts de la révolution capitaliste Sud-africaine.



Depuis, notre économie a été dominée par ces réalités qui ont façonné notre société:



  • Encore aujourd'hui, l'Afrique du sud est trop dépendante de l'EXPORTATION de biens bruts, primaire, comme les minerais.



  • Encore aujourd'hui, l'Afrique du sud est trop dépendante de l'IMPORTATION de biens manufacturés, machines-outils, technologies et biens de luxe.



  • Encore aujourd'hui, il y a un niveau élevé de concentration monopoliste dans notre économie – les nombreux scandales autour des ententes sur le prix du pain ou de l'acier, par exemple, dévoilés par la Commission sur la concurrence, en sont une indication.



  • Liés à tout ce qui était dit au-dessus, nos petites et moyennes industries sont très faiblement développées et notre secteur manufacturier est faible (et il est devenu encore plus faible au cours des dix dernières années, puisque de nombreuses régions de notre pays ont été dés-industrialisées). Pourtant, ce sont les branches qui sont généralement les plus intensives en main d'œuvre.

     

  • Encore aujourd'hui, comme au tout début du capitalisme en Afrique du sud, nous avons un marché du travail fortement dualisé. D'un côté, une mince strate d'artisans qualifiés et de techniciens – autrefois presque exclusivement blancs. Et, d'un autre côté, une masse de travailleurs non-qualifiés et semi-qualifiés. A l'origine, la majorité de ces travailleurs étaient des travailleurs migrants rattachés aux mines. Mais avec le développement du capitalisme, a émergé une classe ouvrière noire plus installée, urbanisée – mais cela n'a rien changé à la nature fortement dualisée du marché du travail.



  • Nous continuons à avoir une classe ouvrière divisée parce que notre système d'éducation et de formation reproduit encore une mince minorité de personnes qualifiées, et une masse de personnes sous-qualifiées et souvent inemployables.



  • Nous avons une classe ouvrière divisée parce que la masse des travailleurs et des pauvres continue à être marginalisée dans les townships-dortoirs sombres et loins du centre. Même nos trois millions de maisons du plan RDP ont reproduit cette répartition spatiale héritée de l'apartheid – les quartiers communautaires existent en fait, si ce n'est en droit. Désormais ils sont reproduits par le marché immobilier capitaliste.



Mis ensemble, ces éléments essentiels du modèle de croissance capitaliste de l'Afrique du sud nous emmènent au cœur de la réponse à cette question: pourquoi, en 16 ans de démocratie, avons-nous l'impression de tourner en rond?



Nous devons mettre l'Afrique du sud sur modèle de croissance différent. C'est exactement ce que le Président Zuma a déclaré lors de son Discours sur l'Etat de la nation au Parlement l'an dernier. C'est exactement ce que le camarade Pravin Gordhan a déclaré lors de son discours sur le budget cette année. C'est exactement ce que le gouvernement avait en tête quand il a rendu public son nouveau Plan d'action de politique industrielle (IPAP) cette année. L'IPAP est un facteur clé dans la transformation de notre modèle de croissance actuel, capitaliste semi-colonial. La même analyse s'applique à toutes nos autres priorités stratégiques – créations d'emplois, développement rural, la couverture sociale y compris la NHI (Assurance nationale de santé), l'éducation et la formation, la rupture avec le moule des townships-dortoirs et la constitution de quartiers avec mixité sociale, la lutte contre le crime et la corruption – ce ne sont pas des défis déconnectés les uns des autres – ils sont tous liés et forment un tout pour mettre notre société sur les rails d'un modèle de développement différent.



Mais pourquoi n'avons-nous pas commencé à nous occuper de cela plus tôt?





Le facteur subjectif – le projet de classe 1996

 

 

Jusque là, nous avons regardé la réalité OBJECTIVE à laquelle nous sommes confrontés – ce système capitaliste semi-colonial qui continue à reproduire la pauvreté, le chômage et l'inégalité. Mais pour expliquer pourquoi nous n'avons pas sérieusement transformé cette réalité objective, il est aussi important de nous examiner nous-mêmes, la réalité SUBJECTIVE – en d'autres termes, nous devons regarder à ce qui se passe au sein de notre propre mouvement – l'alliance menée par l'ANC.



Au cours des dix dernières années, après une lutte longue et difficile, idéologique et organisationnelle, au sein de notre mouvement, le SACP, avec un large éventail des forces de l'Alliance, a réussi à vaincre, à tous les niveaux, la domination dans l'ANC et le gouvernement d'un courant droitier, réformiste – ce que nous avons appelé « le projet de classe 1996 ».



Dans les médias, et parmi nos opposants, notre lutte contre cette tendance a souvent été dépeinte comme une bataille étroitement sectaire entre personnalités et factions, uniquement pour prendre le contrôle de l'ANC. Il est important de nous rappeler que ce n'était JAMAIS ce que NOTRE lutte contre le « projet de classe 1996 » a été.



Nous avons dit que c'était une lutte contre le RÉFORMISME, et ce pour une raison très précise. Dès le milieu des années 1990, l'ANC a commencé à être dominée par une tendance qui ne pouvait pas et ne voulait pas reconnaître que faire progresser et défendre la Révolution national-démocratique après 1994 nécessitait une lutte intensifiée pour transformer radicalement (et ne pas seulement réformer) les traits semi-coloniaux du modèle de croissance capitaliste Sud-africain vieux d'un siècle.



En revanche, ils ont cru que la croissance tirée par le marché (cad, en pratique, la perpétuation du même modèle de croissance semi-colonial), mais désormais sous la co-direction d'une nouvelle classe politique et capitaliste noire, était l'objectif stratégique principale de la Révolution national-démocratique post-1994. « Allez-y, faites-vous du fric! », ont-ils dit aux cadres de l'ANC



Mais ce « projet de classe 1996 » avait toute une série de contradictions internes. Une de ces contradictions était la tension entre:



  • les exigences de restaurer le processus d'accumulation capitaliste, et de retrouver le modèle de croissance traditionnel après une décennie de crise aggravée dans les dernières années de l'apartheid, d'une part et;



  • le processus d'accumulation primitive qui avait besoin d'une nouvelle strate de capitalistes noirs (« capitalistes sans capital »), d'autre part.



Le premier objectif exigeait que la nouvelle classe politique utilise le pouvoir d'Etat pour créer un environnement favorable aux investisseurs, pour créer des conditions favorables aux grands groupes Sud-Africains pour qu'ils puissent s'étendre régionalement et internationalement, qu'ils adoptent une ligne dure sur le déficit budgétaire (cad, de réduire le « fardeau » fiscal pour la bourgeoisie), et de s'atteler au problème des goulots d'étranglement qui se sont constitués durant les 15 derniers années du régime d'apartheid. Cela nécessitait aussi la stabilisation de « l'État de droit » bourgeois, la garantie des droits de propriété, et une gestion politique « raisonnable » de l'État (cad, « raisonnable » comme l'estiment les agences de notation internationale et les entreprises trans-nationales d'audit).



Le second processus a été confronté au dilemme suivant: comment une strate de capitalistes en herbe allaient acquérir le capital. Deux stratégies liées entre elles ont été utilisées pour encourager la création d'un capital BEE [Black economic empowerment – législation post-apatheid encourageant l'accès à des postes de direction ainsi que la détention d'actions, d'entreprises et plus largement de capital par la bourgeoisie noire]



  • Utilisant la législation ainsi que d'autres moyens, on a imposé à la bourgeoisie en place de laisser une partie du gâteau aux entrepreneurs BEE. Dans le fond, cela a été un mariage d'intérêt entre éléments de la nouvelle caste politique d'Etat et le capital en place. En échange de la dot que constituent des politiques d'Etat « favorables au marché », le capital en place a accepté à contre-coeur de céder un pourcentage des titres de propriété à la nouvelle élite. Nous savons, bien sûr, que ce type de promotion étroite BEE a été pleine de faiblesses. Les objectifs ne sont que rarement respectés. Tous les capitalistes sans capital assoiffés ne peuvent être hébergés dans les Conseils d'administration. Les capitalistes BEE se sont souvent vu accorder des activités marginales (comme la plupart des mines BEE – cf le récent scandale Aurore). Bon nombre des capitaux BEE sont aussi des capitaux fortement endettés. Ce sont souvent des actions cédées sous forme de prêt à rembourser dans une période de 5 ans, par exemple, et sujettes aux fluctuations de la Bourse. Le capital BEE est, donc, aussi typiquement un capital non-productif – mais plutôt un capital retiré de la circulation productive – et par conséquent un investissement sans création d'emplois. En outre, cette couche capitaliste BEE souvent ne joue pas, et ne peut pas jouer, le rôle plein et entier d'une classe capitaliste. Son rôle de propriétaire est souvent nominal (il sert de façade à d'autres), et son rôle actif managérial dans l'investissement et la redistribution de capital est limité. Ce sont les raisons pour lesquelles nous les avons qualifié comme étant une classe aux tendances « compradores », cad qu'elles agissent souvent comme un intermédiaire, représentant les intérêts du grand capital (national et international) dans les marchés locaux, en particulier les appels d'offre.



  • L'utilisation des chartes et de la législation BEE pour récupérer du capital de la bourgeoisie en place, pour promouvoir une nouvelle couche de capitalistes noirs a été UNE source du capital BEE. Le second moyen principal a été le pillage éhonté des ressources publiques. Comme tous les capitalistes émergents avant eux – des propriétaires terriens de l'Angleterre du 17ème siècle qui ont clôturé les Communaux, aux randlords d'Afrique du Sud de la fin 19ème et début 20 ème – nos capitalistes noirs émergents se sont souvent montrés peu préoccupés par les subtilités du droit, ou le respect de la propriété et des ressources publiques. Au cours des 15 dernières années, il y a eu un pillage massif de ressources publiques, en utilisant notamment les procédures d'appels d'offres publics soit à grande échelle (comme pour les commandes d'armement) ou à l'échelle micro, au niveau des gouvernements locaux. Les accords de privatisation, le tender-preunariat [de tender-preneur – jeu de mot entre tender (marché public) et entrepreneur – néologisme du SACP désignant les capitalistes sud-africains qui se sont enrichis grâce aux marchés publics frauduleux], les renvois d'ascenseur, les bonus de « performance » gonflés dans les entreprises para-publiques, ont été tout un tas de mécanismes de cette forme d'accumulation primitive. Certains d'entre eux étaient protégés par la « loi », la plupart ont été de la corruption pure et simple.



Il est facile de voir comment, tôt out tard, le projet de classe 1996 se heurterait à toute une série de contradictions internes, en particulier entre les exigences de mise en place d'un État de droit bourgeois qui obtiendrait l'approbation d'Ernest and Young et des autres, d'une part, et le mépris de la loi implicite inhérent à tout processus d'accumulation primitive vivant de manière parasitaire sur les ressources publiques et étatiques, d'autre part.



Depuis environ 2005, les contradictions entre les intérêts de ceux qui étaient désormais fermement établis comme capitalistes (et qui étaient bien heureux que l'on ferme les yeux sur leurs propres pillages antérieurs) et ceux qui sentaient qu'ils ne l'étaient pas encore suffisamment ont commencé à se manifester au sein de l'ANC et du gouvernement. Les figures associées au projet de classe 1996 ont été incapables dee maintenir l'équilibre entre ces forces contradictoires qu'ils avaient eux-mêmes déchainés. Cela a contribué à leur défaite à la conférence nationale de l'ANC, à Polokwane en 2007



Comme nous l'avons dit auparavant, les forces derrière cette défaite n'étaient pas, elles, unies. D'une part, le SACP, la COSATU et tant d'autres au sein de l'ANC ont avancé une critique DE PRINCIPE des POLITIQUES réformistes du projet de classe 1996. D'autre part, il y avait ceux dont l'opposition au cercle autour de l'ancien président Mbeki ne reposait pas sur des questions politiques, mais sur de petites rivalités personnelles, des ambitions affairistes frustrées, et un sens particulier de l'injustice, l'idée que l'État de droit n'était valable que pour les autres, et pas pour eux.



La nouvelle tendance



Les tensions et défis actuels au sein de l'ANC se trouvent fondamentalement entre:



  • ceux pour qui Polokwane visait à faire de la place pour leurs propres appétits, pour faire leur place dans le processus d'accumulation primitive, trouver une « gamelle »; et



  • chacun d'entre nous, ceux pour qui l'élimination du groupe Mbeki visait à créer les conditions pour changer de politique, pour se concentrer sur la tâche principale qui est placer notre pays sur les rails d'une voie de développement différent, pour se concentrer sur nos priorités stratégiques majeures – création d'emplois, couverture santé, éducation, développement rural et lutte contre le crime et la corruption.



Et c'est pourquoi, pour ce premier mai 2010, en tant que SACP, nous disons que le principal défi OBJECTIF de notre lutte national-démocratique en 2010 est d'avancer dans la voie d'un nouveau modèle de développement pour notre pays.



Mais si nous voulons nous élever jusqu'à ce défi objectif, alors nous devons, dans le même temps traiter le défi SUBJECTIF majeur – vaincre le fléau de la corruption dans notre société en général, y compris dans le secteur privé, bien sûr, mais, en particulier, dans nos rangs, dans notre propre mouvement, et au sein du gouvernement



Il y a quarante ans, le jeune Chris Hani avaient courageusement rédigé, et apposé sa signature, un mémorandum adressé à la direction de l'ANC en exil. Dans ce mémorandum, Hani et ses co-signataires ont cherché à analyser pourquoi la lutte armée connaissait un reflux. Le mémorandum identifiait le factionnalisme, le favoritisme, la perte du zèle et de la moralité révolutionnaire et l'impact corrosif de la corruption dans nos rangs. Certains membres de la direction ont arrêté à l'époque Hani pour « mutinerie ». Cependant, d'autres dirigeants de l'ANC ont reconnu la sagesse et les intentions constructives du camarade Chris Hani et de ses compagnons et ils l'ont relâché. Le mémorandum a joué un rôle direct dans la fameuse conférence de l'ANC de Morogoro de 1969, et cela, en retour, a mené à la revitalisation de notre mouvement et à une reprise importante dans la lutte populaire révolutionnaire dans notre pays, au cours de la décennie suivante.



En 2010, honorons la mémoire révolutionnaire du camarade Chris Hani. Dans les boutiques, dans les organismes para-étatiques, dans le privé comme dans le public, dans nos quartier et nos organisations, engageons-nous tous solennellement à nous tenir debout et à éradiquer toutes les formes d'abus et de corruption



Ensemble, restons vigilants!



Tivusa Tingwenya!



Que les tender-preneurs, les fraudeurs, les rentier, ceux qui s'engraissent en volant le peuple, que tous ceux-là tremblent!



A LUTA CONTINUA! VIVE L'ESPRIT COMBATTANT DE CHRIS HANI!!

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 19:21

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La Coupe du monde de football qui se déroule pour la première fois sur le continent africain constitue un événement sportif, économique, politique, culturel d’une formidable portée. Fan ou pas du ballon rond, laissons de côté les frasques des membres de l’équipe de France, le fric déversé à la pelle, l’imbécilité de certains joueurs ou membres de l’encadrement et tout ce qui fait dire à beaucoup que le foot peut être comparé aux jeux de Rome : faire oublier la dure réalité de la vie pour le plus grand nombre. Le football, le vrai, c’est autre chose. Du plaisir, de l’engagement, l’esprit de groupe et de solidarité. Rien à voir avec les coups de boule ou autre main traînante.

Le Mondial 2010 confirme, comme l’écrit le journal britannique « The Guardian », que l’Afrique est aujourd’hui « un intervenant incontournable sur la planète football, un changement remarquable en un temps relativement court. » Quant à l’hebdomadaire nord-américain « Time », plutôt friand de base-ball ou de basket, il consacre sa « Une » à l’événement et souligne que « le ballon rond est désormais bien plus qu’un sport mais aussi l’expression de la bonne ou de la mauvaise santé sociale d’un pays ou d’un continent. »

Des centaines de millions d’hommes et de femmes, de jeunes et d’anciens sur toute la planète vont suivre les matchs à la télévision et vibrer aux exploits de leurs équipes nationales ou de prédilection. On ne peut négliger un tel phénomène. Quant à l’Afrique du sud, elle vit une fête sans égal réunissant une large majorité de la population.

Plusieurs commentaires sur les retombées économiques publiés dans la presse sud-africaine laisse pointer des interrogations. « Les stades sont superbes, mais la plupart des emplois créés étaient des contrats sur des chantiers à court terme et on voit mal quels seront les bénéfices à plus long terme », peut-on lire dans plusieurs quotidiens locaux. D’autres voix se font entendre et reproduits par « The New York Times » pour regretter que la mascotte officielle de la première Coupe du monde organisée en Afrique, un léopard en peluche à la tignasse verte, est fabriquée en Chine, la chanson officielle « Waka Waka » écrite par une pop star colombienne, le restaurant officiel portant le nom de McDonald’s. Tout cela est vrai mais ne recouvre pas les principaux enseignements à tirer. Ce n’est pas seulement des stades qui ont été construits mais aussi des routes, des voies de chemin de fer, des systèmes de télécommunication… Et pourtant l’essentiel n’est pas là mais plutôt dans la fierté d’un continent, dans le ballon rond au service du rassemblement d’un peuple qui, il n’y a pas si longtemps, vivait sous le régime d’apartheid. L’archevêque Desmond Tutu, le très proche ami de Nelson Mandela, dansait et chantait jeudi soir lors du grand concert inaugural. « Je vis un rêve pour toute l’Afrique », a-t-il déclaré. Rêvons avec lui que le Mondial 2010 soit une grande fête réunissant au-delà des différences de couleur de peau ou de culture, rêvons aussi que cette Coupe du monde puisse donner un élan au développement de l’Afrique toujours soumise à la surexploitation et au mépris des multinationales et des « grands » de ce monde.

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