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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 12:14
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Jean-Pierre Versini est un avocat original. Gouailleur, sympathique, habile et rompu aux procédures civiles et commerciales, il est venu sur le tard aux affaires pénales. Mais au contraire de ses confrères rompus aux dossiers d’instruction et souvent bienveillants avec les magistrats il s’est fait le chantre d’une nouvelle méthode de défense. Sa technique, désormais populaire, consiste à prendre le juge pour le cible et à le canarder avec obstination avec la complicité des médias…

En décembre 2000, Me Versini inaugura sa stratégie en écumant avec brio les plateaux de télévision, fustigeant avec une violence calculée le juge Philippe Courroye, coupable de poursuivre Jean-Christophe Mitterrand, le fils de l’ancien Président. Il ne corrigea pas non plus la mère du prévenu lorsqu’elle osa déclarer que la justice réclamait une « rançon » pour libérer son fils. Et il ne trouva rien à dire à l’interview de Jean-Christophe qui crut bon d’affirmer au Nouvel Observateur que ce juge Courroye « suait la haine ».

Depuis, Me Versini a fait profil un peu plus bas, mais il promet de reprendre son combat public, lundi, puisque malgré ses invectives la justice a bel et bien maintenu l’essentiel des charges contre Jean-Christophe Mitterrand. L’objectif de l’avocat serait même tout simplement de faire annuler le procès…

Autant dire que le juge Courroye, devenu procureur de Nanterre et qui ne dissimule plus son amitié pour Nicolas Sarkozy, risque d’avoir les oreilles qui sifflent. Lundi, Versini et beaucoup de ses confrères défenseurs des marchands d’armes Falcone, Gaydamak et des autres, n’auront qu’un objectif : « se faire le juge ».

Pressions de Sarkozy sur la justice
La stratégie peut paraître raisonnablement désespérée. Seulement, ces derniers mois, les prévenus et leurs avocats ont trouvé des soutiens inattendus pour les aider mettre à mal le procès d’un des plus grands scandales de la Vème République.
Nicolas Sarkozy est le principal ordonnateur de ces pressions nouvelles sur la justice.

Le 5 mai dernier, après avoir envoyé, en éclaireur, son fidèle Claude Guéant « discuter » avec le président angolais, Eduardo Dos Santos, le chef de l’Etat fait personnellement le voyage de Luanda. Sarkozy promet alors à son homologue que tout sera fait pour limiter les dégâts du procès. Il lui garantit même que pas un ressortissant angolais n’aura de comptes à rendre. Bref, qu’à la différence de son prédécesseur, lui, tient la justice… Plus qu’un réchauffement diplomatique, Nicolas Sarkozy, espère ainsi ramener les entreprises en Angola. Ce 5 mai 2008 il a d’ailleurs auprès de lui le gratin du patronat français, et en particulier Christophe de Margerie, le patron de Total, qui lorgne sur les faramineux gisements d’or noir convoités par les compagnies anglo-saxonnes…

Résultat : quelques semaines plus tard, agissant aux ordres de l’Elysée, le ministre de la Défense, Hervé Morin, se fend d’une missive officielle au tribunal de Paris, pour indiquer que l’Etat français retire sa plainte. En substance qu’il n’y a pas eu de vente d’armes illicites à l’Angola au milieu des années 1990. L’objectif franchement naïf de ce courrier est d’anéantir toute la procédure…

Cet argument étonnamment repris par le pouvoir date du début de l’affaire. Tous les principaux prévenus n’ont cessé de l’invoquer. En vain. Il tient en quelques phrases. Certes, Falcone et ses amis auraient bien vendu des armes, mais leur commerce n’avait rien d’illégal puisqu’il s’agissait d’armes venues de Russie à destination de l’Angola et comme ce matériel ne transitait pas par la France, aucune autorisation gouvernementale n’était nécessaire… Sauf que toutes les négociations se déroulaient à Paris, que les contrats étaient signés en France et surtout qu’en 2000, le ministère de la Défense à bel et bien déposé plainte pour commerce illicite d’armes.
Du coup, le retrait de plainte d’Hervé Morin sur ordre de l’Elysée, risque fort de ne rien changer au cours judiciaire de l’histoire.

Le patronat au secours de Falcone
Comme l’intervention politique ne suffit pas le patronat se décide alors à intervenir. Début juillet, une réunion au sommet se tient au Medef, entre des représentants des plus grandes sociétés françaises pour envisager « les nouvelles relations avec l’Etat angolais » et réduire les retombées du procès à venir. Un conseiller de l’Elysée, parfaitement identifié, participe même à la séance de travail. A chaque fois des « messages très clairs » sont envoyés au tribunal. Bref, durant tout l’été et jusqu’à ces derniers jours, les magistrats qui ont à juger le dossier de l’Angolagate, ont subi une extraordinaire pression…

Reste à savoir les conséquences qu’auront ses manœuvres sur le déroulement du procès. Jean-Baptiste Parlos, le président du tribunal, ne semble pas de ces magistrats intimidables. Et Nicolas Sarkozy qui a déjà invité à Paris son ami Dos Santos pour avril prochain (dès la fin du procès) risque d’être déçu de constater que la justice sait demeurer indépendante…

Retrouvez les trois premiers volets de la saga de l'Angolagate : Des hommes d'influence (1/4), Pasqua senior et Mitterrand junior réseautent à mort (2/4) et Les réseaux d'influence des marchands d'armes (3/4).

 

http://www.marianne2.fr/Angolagate-3-4-les-reseaux-d-influence-des-marchands-d-armes_a91808.html

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 11:24

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Dans un entretien avec Les Echos (1), l’essayiste Jacques Attali, lobbyiste et homme d’influence, nommé par M. Nicolas Sarkozy pour présider la Commission pour la libération de la croissance française, vient de réitérer son discours alarmiste sur la dette publique (« Il faut une mobilisation générale du pays. Sinon, nous courons à la catastrophe »). L’objet de son propos n’est probablement pas d’abord d’inciter les lecteurs des Echos à acheter son dernier livre, Tous ruinés dans dix ans, dont l’économiste Bruno Tinel fait la critique acérée dans un article du Monde diplomatique de juillet, « L’austérité ou la guerre » (toujours en kiosques) : cet ouvrage a en effet déjà été « matraqué » par tous les médias. Plus vraisemblablement, M. Attali souhaite continuer à effrayer l’opinion afin de lui faire accepter les thérapies de choc que propose le gouvernement de M. François Fillon. Voire encourager ce dernier à aller plus loin encore dans sa charge contre les dépenses publiques.

Au moment où l’affaire Bettencourt défraie la chronique et rappelle à chacun la nature de plus en plus inégalitaire de la fiscalité française, destinée à favoriser les riches (2), M. Attali refuse une augmentation « massive » des prélèvements directs progressifs, et il estime benoîtement que supprimer le « bouclier fiscal », relever l’impôt sur les revenus, celui sur les successions, « fait partie de nos sujets en débat ». En revanche, ce « débat » il le tranche en estimant qu’afin de « muscler la croissance », « il faut d’abord agir en priorité par la réduction des dépenses ». Et il promet : « Nous avons devant nous dix ans de rigueur pour résorber la dette. » L’expérience des trente dernières années indique déjà que M. Attali et ses amis – industriels, banquiers, rentiers, journalistes célèbres qui lui permettent de quadriller les médias – risquent bien d’échapper une fois encore à la « rigueur » qu’ils prêchent sans relâche, mais qu’ils ne destinent qu’aux autres – moins introduits et moins fortunés qu’eux.

« Personne n’a le courage de dire tout cela », lance, avec sa modestie proverbiale, M. Attali pour évoquer les remèdes de cheval qu’il préconise : une « réforme » des retraites plus draconienne encore que celle du gouvernement Fillon, une amputation plus brutale des dépenses publiques, y compris sociales, lesquelles se voient qualifiées par lui, cette fois dans une chronique de L’Express (3) de « petits avantages acquis ». Courage pour courage, qui aura celui de suggérer que, depuis que M. Attali a conseillé M. Mitterrand à l’Elysée, il y a près de trente ans, depuis qu’il n’a cessé d’accumuler pronostics erronés et propositions hasardeuses (4), la société française est devenue plus inégalitaire ?

Apparemment, notre essayiste n’en a cure. En tout cas, il redouble d’arrogance. « Nous voulons, explique-t-il aux Echos, définir le programme commun minimum qui devra être appliqué, quoi qu’il arrive, sans interruption pendant les dix ans qui viennent et quelle que soit la couleur politique des présidents de la République. » Allons plus loin, avec « courage » : pourquoi ne pas supprimer les élections et nommer, « pendant les dix années qui viennent », Jacques Attali empereur ?

(1) « “Nous avons devant nous dix ans de rigueur pour résorber la dette” », Les Echos, 22 juillet 2010.

(2) Lire Liêm Hoang-Ngoc, « Retour aux privilèges fiscaux de l’Ancien Régime », Manière de voir n° 99, « L’Internationale des riches », juin-juillet 2008 (en vente sur notre boutique en ligne).

(3) « La rigueur, évidemment », L’Express, 21-27 juillet 2010.

(4) Lire l’article de Frédéric Lordon, « Les disqualifiés », Le Monde diplomatique , novembre 2008.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-07-23-Attali

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 12:30

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 11:51

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La carte de l'opération "Tacaud" contre le Frolinat (1978-1980) 

http://www.rfi.fr/afrique/20100714-1960-2010-50-ans-interventions-militaires-francaises-afrique

 

Après les indépendances, la France signe une vingtaine d’accords de défense et de coopération avec ses anciennes colonies africaines. En vertu de ses accords, ou afin de venir en aide à ses ressortissants, l’armée française est intervenue à près de quarante reprises sur le sol africain en l’espace d’un demi-siècle. Certaines opérations françaises n’ont duré que quelques jours, d’autres ont donné lieu à des déploiements beaucoup plus longs. Une présence militaire, et des «coups de force», devenus des symboles d’une certaine «France-Afrique en kaki», sur lesquels le président Sarkozy dit vouloir tourner la page.

1961 : Opération «Bouledogue» (transformée en opération «Charrue longue» pour le maintien de la base militaire navale de Bizerte en Tunisie.

1964 : Rétablissement du président Léon M'ba dans ses fonctions après le putsch d’une partie de l’armée au Gabon.

1968-1972 : Opérations «Limousin» et «Bison» contre la rébellion du Tibesti au Tchad. L’armée française enregistre des pertes importantes. 39 tués dans les rangs français durant l’opération «Limousin» ainsi qu’une centaine de blessés.

1977 : Opération «Verveine» en soutien au maréchal Mobutu contre la rébellion du Shaba.

1977 : Opération «Lamentin» de l’armée de l’air contre le Front Polisario en Mauritanie, dans le secteur du train minéralier Zouérat-Nouadhibou».

19 mai 1978 : Opération «Léopard» ou «Bonite». Les paras du 2e REP sautent sur Kolwezi au Zaire.
Les bérets verts du 2e REP de Calvi en Corse ont laissé leurs traces en Afrique, tout d’abord en Algérie, contre les maquisards du FLN durant la guerre d’indépendance, puis au Tchad pendant l’opération «Epervier» et sur bien d’autres champs de manœuvres africains. Mais en mai 1978, dans ce qui était alors le Zaïre, les hommes du 2erégiment étranger de parachutistes ont été accueillis comme des héros par les 3 000 civils de Kolwezi délivrés, en quelques heures, des rebelles katangais du FLNC (Front de libération national du Congo) qui faisaient régner la terreur dans la ville minière.

 

 

KOLWESI

Tout commence le 13 mai 1978, ce jour là des hommes en tenues camouflées envahissent la ville. Formés par des instructeurs soviétiques et cubains, ils viennent d’Angola. Ce sont de très jeunes soldats, arborant un tigre argenté comme insigne. Equipés de matériel d’origine soviétique, ils parviennent à mettre en déroute la garnison des FAZ (Forces Armées Zairoises) installée à Kolwezi. En France, le président Valéry Giscard d’Estaing décroche son téléphone. À Kinshasa, le président Mobutu est inquiet. Il voudrait bien régler l’affaire tout seul mais il sent bien que la situation risque de lui échapper. Seule une aide occidentale pourrait sauver l’unité de son pays et son pouvoir personnel. À Kolwezi la situation se détériore, les rues sont jonchées de cadavres. On commence à s’en prendre aux expatriés européens dont la plupart travaillent pour la Gécamines qui extrait les richesses du sous-sol katangais. Les Blancs accusés de mercenariat se cachent. Arrestations en masse, exécutions sommaires, il y a urgence, face aux hésitations de la Belgique. La France décide d’intervenir seule pour faire cesser les massacres. Entassés dans des avions cargos français et zaïrois, 500 paras du 2ème REP sautent tout prés du centre-ville. Il faut intervenir vite et frapper fort. L’aéroport aurait été une bonne zone de saut mais il est trop éloigné. Dans les rues, les rebelles «katangais », décrochent, abandonnant armes et matériel. 250 d’entre eux seront tués. La légion compte 5 morts et 20 blessés dans ses rangs. Finalement les paras belges arrivent à leur tour mais c’est presque après la bataille ! On découvre dans les caves des hôtels des dizaines de corps en putréfaction :  beaucoup de fonctionnaires jugés trop proches du régime Mubutu mais aussi des commerçants et des expatriés.

Sous le choc Français et Belges quittent Kolvezi et rentrent chez eux grâce à un pont aérien . Plus d’une centaine de civils européens, hommes, femmes et enfants, auront été tués durant ces jours tragiques de mai 1978 qui auront contribué à écrire la légende des paras de la légion étrangère.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:43

 

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A mesure qu'elle se rapproche du chef de l'Etat, l'affaire Woerth-Bettencourt trouve de plus en plus d'écho dans la presse internationale. "L'affaire qui embrase la famille [Bettencourt] semble ne pas pouvoir s'arrêter et le scandale risque d'atteindre le président Sarkozy", rapporte ainsi The Independent, reléguant au second plan le rôle d'Eric Woerth, les dons de Mme Bettencourt au photographe François-Marie Banier et l'emploi qu'occupait auprès de la milliardaire l'épouse du ministre du travail.

"Le parti de Nicolas Sarkozy [aurait] benéficié, pour sa campagne de 2007, d'un financement illégal de 150 000 euros provenant de la fortune de l'héritière de L'Oréal", résume ainsi El Pais, alors que Vanity Fair se demande, dans un long article en "une" de son site Internet, si "Sarkozy peut survivre au scandale Bettencourt". Pour le magazine, l'affaire "pourrait puer autant qu'un camembert". Reconnaissant la complexité de cette affaire, l'auteur de l'article s'excuse : "Si, arrivé à ce point de l'article, vous suivez encore, j'admire votre persévérance." Puis, il explique : "L'opinion publique française ne s'intéresse guère à la vie sexuelle de ses hommes politiques, et c'est sans doute pourquoi les scandales politiques français sont plus complexes que ceux des Américains."

"AMOUR, ARGENT, TRAÎTRISE"

"Des comptes en Suisse, une île aux Seychelles, une milliardaire de 87 ans qui ne parle plus à sa fille et héritière, un photographe qui croule sous les cadeaux, un majordome-espion, un ministre dans la tourmente… Amour, argent, traîtrise, politique, justice : tous les ingrédients d’un feuilleton haletant dont la France et Nicolas Sarkozy se seraient pourtant bien passés",  ironise Marwane Benl'éditorial qu'il signe dans Jeune Afrique. La tourmente est telle, estime l'agence officielle chinoise Xinhua, que "peu importe qu'elle soit vraie ou fausse, elle déshonore le gouvernement français, déjà bien mal en point". Yahmed dans

En conséquence, le président a été obligé d'évoquer l'affaire tout en "refusant de la commenter publiquement", souligne le Guardian, qui rapporte les propos de Sarkozy lors de son déplacement, mardi, à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne). A l'instar du Guardian, de nombreux journaux ont usé de cette citation du président où il enjoignait aux Français de se concentrer sur les sujets importants au lieu de perdre du temps sur cette histoire. "Malgré ses dénégations, la controverse ne semble pas vouloir mourir", explique le quotidien britannique, qui rappelle que la cote de popularité du chef de l'Etat a "sombré à 26 %".

"WATERGATE"

Le New Zealand Herald estime que l'affaire est sur le point de tourner "à la tragédie" pour le président. Pour Le Soir, la polémique a déjà "viré au scandale d'Etat" et ne laisse désormais que "peu de marge de manœuvre" à Sarkozy, qui devra tôt ou tard lâcher son ministre du travail s'il ne veut pas y laisser trop de plumes. La Libre Belgique remarque, elle, que, "sans répondre sur le fond du dossier, la droite accuse l'opposition de faire le jeu de l'extrême droite" et n'hésite pas à évoquer les "méthodes fascistes" de la presse.

Alors, Sarkozy peut-il survivre ? Julian Sancton, qui posait la question dans Vanity Fair, est pessimiste et ose une comparaison que les médias français n'ont pas risquée. "Comme Nixon pendant le Watergate, Sarkozy risque de mourir à petit feu [Sarkozy is facing a death by a thousand cuts] et il tente de minimiser les dégâts. Et comme ils l'ont fait pendant le Watergate, les hommes politiques les plus puissants, ceux qui étaient au cœur du scandale, sont restés à leur poste alors que leurs collaborateurs ont été jetés par-dessus bord comme du ballast. Et comme lors du Watergate, je présume que les révélations vont se poursuivre." Jusqu'où ?

Jonathan Parienté

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 19:35

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Longtemps la garantie du secret des transactions fut synonyme de respectabilité bancaire aux yeux des déposants les plus fortunés. Pourtant, dans le sillage de la lutte internationale contre le blanchiment de l’« argent sale » puis contre le financement du terrorisme, les banques ont dû évoluer. Elles recrutent désormais des membres des forces de l’ordre pour mettre en place une surveillance financière aussi étendue que méconnue.

Par Gilles Favarel-Garrigues, Thierry Godefroy et Pierre Lascoumes

Dans les dernières semaines de l’année 2009, on découvre dans la presse le visage d’un certain Hervé Falciani. Après avoir dérobé des données bancaires, cet ancien informaticien de la banque HSBC les a proposées aux autorités françaises. Début 2008, un employé de la banque Liechtenstein Global Trust (LGT) avait déjà vendu son fichier plusieurs millions d’euros au fisc allemand et, après avoir livré à l’administration fiscale américaine le nom de dix-neuf mille clients, un ancien banquier de l’Union de banques suisses (UBS) revendiquait le droit de toucher plusieurs millions de dollars sur les impôts ainsi encaissés.

Ces récentes affaires au cours desquelles des données bancaires sont récupérées par des gouvernements, avec la complicité d’anciens employés, montrent l’importance prise par cette pratique. Les échanges d’informations entre autorité publique et institutions financières ne sont cependant pas nouveaux. Ils se sont développés depuis vingt ans dans le sillage de la lutte antiblanchiment, qui a favorisé l’enrôlement des banques dans ce type de surveillance — tout en excluant jusqu’à présent la matière fiscale.

En 1989, c’est lors d’un sommet organisé à l’Arche de la Défense que les pays du G7 se décident à engager un combat contre la dissimulation de l’« argent sale », alors limité aux profits issus du trafic de stupéfiants. Créé à cette occasion, le Groupe d’action financière contre le blanchiment de capitaux (GAFI) est chargé de mettre au point des recommandations internationales et de les diffuser. Dans les années 1990, le combat est étendu au crime organisé, puis, après les événements du 11 septembre 2001, au financement du terrorisme. Cible mouvante par excellence, l’« argent sale » comprend, depuis le milieu des années 2000, les fonds liés à la prolifération nucléaire ; après l’éclatement de la crise financière de 2008, l’inclusion de la fraude fiscale ne semble plus constituer un tabou. La traque des ressources économiques illégitimes accompagne nécessairement les actions répressives de grande envergure contre une menace définie comme globale.

Si la lutte antiblanchiment est prête à l’emploi pour affronter de nouveaux flux préoccupants de capitaux illicites, c’est qu’elle repose sur une collaboration inédite, mais désormais rodée, entre acteurs publics et acteurs privés (les banques en premier lieu, mais aussi les compagnies d’assurances, les notaires, les agences immobilières, etc.). Chargés de détecter les transactions suspectes, ces derniers doivent communiquer leurs soupçons à une autorité publique spécialement créée à cette fin — la Serious Organised Crime Agency (SOCA) au Royaume-Uni, le Financial Crimes Enforcement Network (Fincen) aux Etats-Unis ou le Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (Tracfin) en France.

Après enquête discrétionnaire, ces organismes décident ou non de transmettre le dossier à la justice. Plusieurs affaires qui, ces dernières années, ont défrayé la chronique politico-judiciaire en France — de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) aux comptes de M. Julien Dray — sont ainsi liées à une déclaration de Tracfin.

Multiplication
des conflits de loyauté

Difficile, après deux décennies, d’apprécier les effets de cette politique. L’histoire de l’antiblanchiment est officiellement présentée comme un succès, près de cent soixante-dix juridictions nationales prenant en compte les recommandations du GAFI. Leur diffusion internationale a indéniablement favorisé la coopération policière et judiciaire, ainsi que la formation d’une communauté d’experts de la lutte contre l’« argent sale », partageant des références professionnelles.

Les conséquences sur la circulation des capitaux d’origine illicite appellent, en revanche, une plus grande circonspection. Certains estiment que les résultats judiciaires, même s’ils sont minimes, prouvent l’efficacité de ce combat ; d’autres insistent sur le caractère dissuasif du dispositif ; d’autres enfin n’y voient que poudre aux yeux. Ces derniers relèvent que les capitaux « sales » continuent de prospérer et de circuler ou encore que l’existence des paradis fiscaux et places sous-régulées n’est pas menacée, en dépit d’annonces volontaristes. Une analyse attentive des pratiques bancaires montre cependant que les principaux effets se trouvent ailleurs (1). En octroyant aux acteurs de ce secteur un rôle-clé dans la surveillance des clients et des transactions, la lutte contre le blanchiment a fait de la production du renseignement financier un enjeu crucial.

Arguant qu’une de leurs vocations consistait à garantir la confidentialité aux clients, les banques n’étaient initialement guère motivées pour exercer une telle fonction, apparentée à leurs yeux au rôle d’« auxiliaire de police ». Pendant dix ans, elles ont manifesté peu d’empressement à appliquer les obligations de vigilance imposées par les législations nationales. En France, il a fallu attendre le début des années 2000 pour que la loi se concrétise dans leurs pratiques quotidiennes. C’est sous l’effet conjugué de la priorité internationale accordée à l’antiterrorisme, y compris à son financement, et du choc produit par la mise en examen pour blanchiment aggravé du président-directeur général de la Société générale (affaire Sentier II (2)), que les établissements se sont mis à investir massivement les activités antiblanchiment.

Les banques ont d’abord créé ou étoffé leurs pôles de « sécurité économique » en recrutant d’anciens membres des services de police ou des magistrats. A titre d’exemple, l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), au sein de la police nationale, a vu nombre de ses cadres rejoindre de tels établissements. En maintenant des contacts avec leurs anciens collègues, ces transfuges incarnent le rapprochement de deux univers professionnels qui s’ignoraient. Comme le raconte l’un d’entre eux, « mon expérience a séduit la direction de la banque, qui accorde de l’intérêt à l’“intelligence” [au sens de renseignement] et souhaite nouer des liens avec les services secrets français ».

Cette situation n’est pas sans provoquer des conflits de loyauté : ainsi, l’un de nos interlocuteurs revendique être « resté un flic » et continuer à « rendre service » à son « ancienne administration ». Une telle allégeance suscite la réprobation des agents qui ont effectué toute leur carrière dans la banque : « Un policier demeure toute sa vie un policier : il fournira toujours des renseignements sur sa banque à la police. »

Désormais intégré à la politique de gestion des risques bancaires, cet objectif a conduit les responsables de la lutte antiblanchiment à renforcer la connaissance de la clientèle et à définir des procédures d’alerte adaptées pour gérer les transactions suspectes. Les banques ont également dû s’équiper en outils informatiques spécialisés. Un marché considérable s’est développé depuis le début des années 2000 afin d’aider les établissements à mieux apprécier les risques liés à leurs usagers. Des logiciels puissants proposent dorénavant un éventail de prestations. Ils assurent en particulier la gestion des listes noires officielles afin d’exclure les clients indésirables.

Une telle activité ne se limite pas aux listes antiterroristes dressées par les gouvernements, l’Organisation des Nations unies (ONU) ou la Commission européenne. Dans le cadre de la lutte contre la corruption, la notion de personne politiquement exposée (PPE) s’est imposée dans plusieurs textes internationaux et s’ajoute aux obligations de vigilance des établissements bancaires.

L’imprécision de cette notion, qui englobe dans tous les pays du monde les personnalités politiques, les dirigeants des grandes entreprises d’Etat, leurs proches associés et leur entourage, ouvre la porte à la formation de listes comportant jusqu’à cinq cent mille noms de famille (3). Dès lors qu’un PPE apparaît dans une transaction, il est censé faire l’objet d’une vigilance particulière de la part des banques.

Ces outils proposent également des fonctions de profilage permettant de détecter les « anomalies » dans les opérations réalisées par les clients. Ces derniers sont associés à des groupes de pairs qui permettent d’apprécier et de prédire s’ils se comportent « normalement » ou « inhabituellement » et ainsi de mettre au jour des liens non apparents entre des personnes et des flux.

Les outils les plus avancés combinent ainsi des techniques de détection mettant en relation le filtrage des listes, l’analyse comportementale du client et l’examen de ses relations avec les pays à risque. Il va sans dire que l’écart est considérable entre la quantité de situations anormales détectées par les instruments et celle des déclarations de soupçon transmises à l’autorité publique.

Comme le confie un banquier, « c’est un peu Big Brother : on sait tout d’un client, mais qu’est-ce qu’on fait de tout ça ? ». Les responsables de l’antiblanchiment dans les banques doivent donc rassembler les informations permettant de confirmer ou d’infirmer les éventuels doutes qu’ils nourrissent à l’égard d’un client. Mais, s’interroge l’un d’entre eux : « Où s’arrête le bon sens ? Où commence l’inquisition ? »

Cette nécessité d’étayer les soupçons à l’égard d’un client ou d’une transaction les conduit à paramétrer les outils en ciblant des populations particulières, selon des critères liés à une activité économique, à un âge et à un lieu de naissance ou de résidence.

Le paramétrage peut ainsi répondre à de pures intuitions, car il dépend de la perception que les responsables ont des principales menaces selon les contextes régionaux dans lesquels ils travaillent. « Les capitaux russes affluent sur la Côte d’Azur, en Savoie et dans le Sud-Ouest, raconte l’un d’entre eux ; les Colombiens sous-traitent le blanchiment à des organisations situées dans les pays de l’Est connaissant parfaitement les circuits financiers. »

Comme on le voit, les stéréotypes sur les « Etats voyous » cristallisent l’effroi de ces professionnels. Au point qu’un autre renchérit : « La Russie et le Mexique ont beau ne plus figurer sur la liste du GAFI, ce sont des pays bandits que je maintiens sur ma liste. »

Les sentinelles bancaires doivent également développer des relations discrètes mais régulières avec des agents du renseignement et de la police judiciaire. Il s’agit d’échanger des informations, pour des raisons liées ou non aux impératifs de la lutte contre l’argent sale : un policier peut demander des indications sur des personnes ou des flux, tandis que son interlocuteur bancaire peut, lui, chercher à « lever un doute », « connaître le pedigree d’un bonhomme » ou « se rassurer face à un gros gibier ».

Dépassant le strict cadre de la lutte antiblanchiment, de telles interactions consacrent la montée en puissance d’une nouvelle forme de coproduction de la surveillance financière. Tracfin, l’un des maillons du système français, y joue un rôle-clé : son activité ne se limite pas à apprécier la pertinence des déclarations en provenance des banques et à les transmettre à la justice, mais également à stocker, hors de tout contrôle, des informations, voire à les communiquer à d’autres services de renseignement.

Ces échanges excluaient jusqu’à présent la fraude fiscale, qui bénéficiait de la protection d’une « muraille de Chine ». Il existait en effet un consensus entre tous les acteurs impliqués dans la lutte contre l’« argent sale » pour combattre les « maux publics » — trafic de stupéfiants, crime organisé ou terrorisme —, mais pas pour réprimer la fraude fiscale.

Défendre les libertés...
et le secret bancaire ?

Comme le répètent à l’envi les responsables bancaires, « on n’est pas des inspecteurs du fisc », ou encore « on n’est pas là pour lutter contre la fraude du charcutier ». Dans les banques d’affaires, l’avis paraît encore plus tranché dans la mesure où l’« optimisation fiscale » constitue un « business quotidien ». Mais la muraille semble s’effriter, à la faveur de la législation européenne et de la crise financière récente.

Tous ces enjeux ne suscitent guère de débats. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) s’est certes préoccupée dès 2003 de l’accumulation de bases de données et de l’usage des outils informatiques destinés à combattre le blanchiment. Elle a notamment pointé les risques que l’utilisation de fichiers contenant des données personnelles pouvait faire peser sur les libertés individuelles. Cette préoccupation est restée sans écho en France comme en Europe, du fait notamment de la priorité accordée par les gouvernements à la lutte contre le terrorisme.

Seuls les banquiers s’émeuvent des pressions publiques exercées pour qu’ils incluent dans leurs pratiques une dimension policière, avec en arrière-pensée le maintien du statu quo, la défense de la confidentialité des transactions et, de fait, la sanctuarisation des illégalismes fiscaux hors du dispositif.

Le silence des organisations non gouvernementales (ONG) spécialisées dans la défense des libertés individuelles s’explique vraisemblablement par la difficulté de trouver une position dans un débat où la critique des mesures antiterroristes rassemble, sous une même bannière, la protection de la vie privée et celle du secret bancaire...

Gilles Favarel-Garrigues, Thierry Godefroy et Pierre Lascoumes.

Chercheurs au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

 

(1) Cf. Les Sentinelles de l’argent sale. Les banques aux prises avec l’antiblanchiment, La Découverte, Paris, 2009. Les entretiens cités dans la suite de l’article sont tirés de ce travail.

(2) La banque et son président-directeur général ont été mis en cause pour avoir accepté le dépôt de sommes provenant de l’escroquerie dite du « Sentier II », un vaste trafic de chèques entre la France et Israël.

(3) L’un des outils les plus appréciés dans le milieu utilise une base de données américaine de plus de neuf millions d’enregistrements constitués à partir de quinze mille sources mondiales (Global Regulatory Information Database).

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/04/FAVAREL/18989

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 20:00

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« Ce sont des allégations totalement dénuées de fondement. Elles sont d'autant plus ridicules que je rappelle qu'en tant que ministre du Budget, j'ai mené une lutte acharnée contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux. » Au centre des accusations dans l'affaire Bettencourt, Eric Woerth continue de jouer la carte de l'honnêteté tout terrain, qu'il cultive depuis son entrée en politique.

 

Une entrée en politique pourtant loin de s'être toujours déroulée dans les clous de la loi. Après plusieurs revers électoraux dans sa ville natale de Creil (Oise) au début des années 80, il met le cap vers une ville voisine bien plus à droite et entre au conseil municipal de Chantilly. Mais son mandat va se terminer beaucoup plus tôt que prévu.

Par un arrêt du 26 janvier 1990, le Conseil d'Etat annule son élection. En cause, l'incompatibilité avec sa fonction de directeur général de l'ADO. ADO, trois lettres pour « Agence de développement de l'Oise », trois lettres qui auraient pu causer sa perte dès l'entame de sa carrière politique.

« L'ADO exécute ses missions sans titre légal »

L'Agence et son directeur général se sont faits vertement épingler le 12 novembre 1992 dans un rapport définitif de la chambre régionale des comptes de Picardie, que Rue89 s'est procuré, comme Mediapart et Le Canard Enchaîné.

Dès sa création en juillet 1986, son poids dans le département a immédiatement été important. Par une décision du 13 octobre de la même année, le conseil général de l'Oise confie à l'ADO « l'impulsion, la coordination et la cohérence de toutes les actions concourant au développement départemental », et en même temps l'ensemble des crédits d'interventions économiques de la collectivité locale.

Illégal, tonne le tribunal administratif d'Amiens le 1er décembre 1987 : il est interdit de confier de telles attributions à une association régie par la loi de 1901. Attributions alors légèrement modifiées par le conseil général, mais insuffisamment. Ce que la chambre régionale des comptes ne manque pas de souligner :

« C'est sans titre légal que, depuis la décision du tribunal administratif d'Amiens, l'ADO exécute les missions qu'elle remplit pour le compte du département et pour lesquelles elle reçoit une subvention du conseil général. »

« La gestion de l'ADO a été dispendieuse »

Cette subvention « représente plus de 80% des ressources totales » de l'ADO, note encore la chambre. Et elle ne semble pas approuver la façon dont l'Agence dépensait l'argent public :

« La chambre a en effet relevé que la gestion de l'ADO au cours de la période examinée avait été dispendieuse, pour des actions dont l'intérêt, dans le cadre de l'action économique du département, était souvent discutable, et dont la mise en œuvre était parfois improvisée. »

Il faut continuer de feuilleter le rapport pour avoir des exemples de ces actions à l'intérêt « discutable ». Plusieurs études et audits apparaissent suspects aux yeux de la chambre, qui y voit des « subventions indirectes ». Telle cette étude sur les brosses à cheveux, intitulée « analyse fine du marché et des comportements face à la brosse », co-financée par la Fédération française de la brosse et qui a coûté 57 876 francs à l'ADO.

Plus délicates encore les dix-sept places réservées par l'ADO à un dîner organisé le 2 février 1988 en présence de Jacques Chirac, « quelques mois avant l'élection présidentielle », précise la chambre. L'ADO plaide le nécessaire lobbying entrepreneurial, mais la chambre ne se dit « pas convaincue », d'autant qu'elle « note que le remboursement de ces dépenses, qu'elle avait demandé, avait été effectué ».

« Des augmentations accordées sans rigueur »

L'argent du contribuable va aussi aller directement dans la poche d'Eric Woerth. La chambre pointe du doigt des augmentations de salaires des agents de l'ADO « accordées sans rigueur », notamment au directeur général :

« Après deux augmentations de 25,7% et 18,9% intervenues en juillet 1987 et janvier 1989, le salaire brut mensuel de monsieur Eric Woerth a été porté de 23 400 francs en juin 1986, date de son recrutement, à 35 000 francs en janvier 1989. […]

A cette rémunération mensuelle, il convient d'ajouter les trois primes de fin d'année de 23 400 francs, 29 418 francs et 29 418 francs, qui lui ont été versées au titre des exercices 1986, 1987 et 1988. Monsieur Eric Woerth disposait également d'une voiture de fonction, ce qui n'était pas prévu dans son contrat de travail. »

Au regard de la fonction de ministre de Budget qu'a ensuite occupée l'intéressé de 2007 à 2010, il est cocasse de lire la conclusion de la chambre sur ce point :

« Elle tient à rappeler les termes de la circulaire du 1er février 1988 du ministre délégué chargé de la Réforme administrative et du ministre délégué chargé du Budget, adressée aux ministres et secrétaires d'Etat. »

« Une prime de départ de 175 000 francs »

La chambre réserve enfin quelques banderilles aux conditions de départ d'Eric Woerth de l'ADO, en soulignant ses aspects juridiques, politiques et financiers :

« Après l'arrêt du Conseil d'Etat, ci-dessus mentionné, annulant son élection au conseil municipal de Chantilly, monsieur Eric Woerth, craignant à juste titre d'être également déclaré inéligible au conseil régional dont il était aussi membre, informait le président de l'ADO de son intention de résilier son contrat d'engagement et d'abandonner son emploi dès le 8 février 1990.

Le président a accepté que monsieur Eric Woerth n'exécute aucun préavis et l'a ainsi libéré sans délai de toute obligation contractuelle. En outre, “eu égard aux excellents résultats de l'ADO sous sa direction”, selon ses propres termes, il a décidé de lui octroyer une prime de fin de contrat d'un montant égal à cinq mois de salaire, soit 175 000 francs. »

La chambre a d'abord « vivement critiqué l'octroi de cette prime qu'elle a qualifié de pure libéralité ». Avant de recevoir des explications différentes du même président de l'ADO : « En pratique monsieur Eric Woerth a continué à travailler à plein temps à l'ADO jusqu'à fin juin. » De nouvelles justifications dont la chambre s'est alors contentée de « prendre acte ».

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 16:49

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Depuis le 22 juin, est diffusée, pour la seconde fois en quelques mois, une campagne de communication visant à faire accepter aux Français la réforme des retraites. Une publicité qui a un coût : plus de 7 millions d'euros.

 

Selon un sondage BVA-Absoluce-Les Echos-France Info* publié le 22 juin, plus de la moitié des Français (56%) sont hostiles à la réforme des retraites et les deux-tiers (67%) considèrent que la politique économique du gouvernement est "mauvaise".

Le gouvernement s'est donc attaché depuis quelques mois a essayé de faire accepter la réforme du système de retraites à grands renforts de communication. Pour cela, le ministère du Travail a lancé dès le mois d'avril (du 21 au 28 avril) la "première vague" d'une campagne publicitaire, visant à persuader les Français de la nécessité de réformer, diffusée dans la presse écrite, à la radio, à la télévision et sur internet, puis "une seconde vague" depuis le 22 juin à la radio et le 27 juin à la télévision.

En quelques mois, le ministère a ainsi dépensé plus de 7 millions d'euros pour convaincre les Français à moins de deux ans de la prochaine présidentielle, selon Nouvelobs.com.

Rappelons qu'il faut ajouter à cette campagne, une autre campagne indépendante lancée elle-aussi au mois d'avril (du 24 avril au 10 mai) par l’Assurance retraite, la Cnav, pour un coût de 1.8 million d'euros selon la présidente de la Cnav citée par lefigaro.fr le 21 avril, également déclinée sous forme d’insertions dans la presse quotidienne nationale et régionale, les journaux gratuits et la télévision.

 

Deux spots télévisés

Cette fois-ci, la campagne explique que "pour sauver nos retraites, le gouvernement a choisi d'augmenter l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans". Diffusés pendant quinze jours, deux spots télévisés répètent : "le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans se fera progressivement" et "qu'en est-il de compensation de la pénibilité du travail". Voilà les deux fers de lance d'une reconquête de l'opinion publique, après une réforme qui passe mal, voire très mal.

Ce type de campagne en deux phases est classique. "La première, explique Françoise Barquin, directrice de "Lobby&com", agence spécialisée dans la communication politique, est ce qu'on appelle du teasing. Elle sert à préparer l'opinion. La seconde partie intervient en général au moment où les mesures sont prises".

Dans tous les cas, le message à comprendre est : "Ne vous inquiétez pas".

Mais, en excluant ici la question de la légitimité de cette campagne de communication, une autre reste cependant à poser en ces temps de crise et de sacrifices annoncés : combien coûte-t-elle précisément aux contribuables ?

 

Combien ça coûte ?

La "première vague" diffusée en avril avait déjà couté 5 millions d'euros. Qu'en est-il de la "seconde vague" de cette campagne de communication ?

Selon le ministère du Travail, interrogé par Nouvelobs.com, le seul coût de production des spots télévisés est de 215.280 euros (ttc) et celui des spots radio est de 36.598 euros (ttc). A cela, il faut ajouter les prestations de l'agence BBDO et le prix des achats d'espace pour la diffusion de ces spots. La facture totale s'élève donc, toujours selon les chiffres du ministère du Travail, à 2.259.263 d'euros.

En effet, la diffusion de ces spots, particulièrement à des heures de grandes audiences alourdit considérable la facture. Ainsi, "le coût d achat d'espace télévisés est de 1.060.000 euros (pour la métropole et les DOM du 27 juin au 11 juillet inclus), et celui d'espace radiophoniques (du 22 juin au 4 juillet) est de 730.663 euros (ttc)", explique le ministère.

La facture globale de ces deux "vagues" de communication ministérielle se monte donc à plus de 7 millions d'euros.

Cela représente une part plus que conséquente du budget communication du ministère du Travail. En effet, selon Chantal Brunel, députée et UMP et rapporteur spécial, Celui-ci représente au total 5,5 millions d'euros inscrits au budget 2010 du ministère. Il faut tout de même souligner que celui-ci à diminué par rapport à 2009, car les rapports font état pour l'année précédente de 9 millions d'euros dépensés. Selon le ministère, en 2008, "le budget de communication du ministère avait été principalement consacré aux élections prud’homales (5,9 millions d’euros) et en 2009 à la lutte contre les Troubles musculo- squelttiques (1,630 million). Le budget total du Ministère du Travail s'élève à 876 millions d'euros selon ce dernier.

De son côté, Chantal Brunel précise qu'"en tant que rapporteur spécial [comme cela est son droit ndlr.], je vais demander au ministère la ventilation des crédits de la communication".

 

Quelle efficacité ?

Ces campagnes de communication ont donc un coût non négligeable. Pour quels résultats?

Interrogé sur ce point, le ministère justifie ce choix ainsi : "La retraite est l’une des préoccupations majeures des Français (il cite alors un sondage Ifop indiquant que 81 % des Français souhaitent plus d’informations sur la réforme des retraites)*. Les objectifs principaux de cette campagne sont donc d’informer les Français sur la réforme des retraites. Cette phase de la campagne à visée pédagogique a donc recours à la télévision et la radio, afin de s’adresser à tous les Français à travers ces différents médias".

Françoise Barquin explique qu'au vu des coûts de ces campagnes "si elles n'avaient aucun impact sur l'opinion public, cela ferait longtemps qu'elles n'existeraient plus". "Je trouve qu'elles évitent une mauvaise compréhension des choses. Les autres pays qui ont entamé une réforme de leur système de retraite avant la France en ont fait la communication de la même façon, avec ce message 'préparons l'avenir de nos enfants".

Cependant, la spécialiste de communication politique explique que "dans toutes les campagnes de communication, les coûts sont trop importants pour ce qui est finalement dit". "On dédramatise mais on n'explique pas réellement la réforme".

 

Changement d'opinion ?

Alors la diffusion de cette campagne de communication rallie-t-elle de nouveaux Français à la réforme des retraites ? Selon Françoise Barquin, "l'opinion l'entend et c'est ce qui important".

Mais de son côté, Arnaud Mercier, professeur en sciences de l'information et de la communication*, estime que "le réel impact de ces campagnes de communication n'a jamais été prouvé. Ce genre de communication politique renforce les convictions de ceux qui sont déjà convaincus, mais n'ébranle en rien l'opinion des autres, ajoute-t-il.

Le professeur précise même : "Cette campagne vise les électeurs UMP afin qu'eux ne soient pas affectés par les manifestations et les mouvements contre la réforme. Prenons l'exemple de la campagne de communication pour faire la promotion du Traité européen en 2005. Elle n'a pas réellement été un succès", ironise Arnaud Mercier.

Selon Arnaud Mercier, "c'est une stratégie de bataille pour l'image".

Cependant, au vu de la mobilisation de la journée d'action du 24 juin contre la réforme des retraites, qui a rassemblé selon les syndicats plus de deux millions de personnes à travers la France, la communication du gouvernement semble plus que nécessaire.

Suffira-t-elle pour autant à faire changer de camp les anti-réformes ? La réponse interviendra sans doute en partie le 7 septembre, date à laquelle l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires) appelle à une nouvelle journée de grève et de manifestations.

 

* Ce sondage a été réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 18 et 19 juin auprès d'un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

* Selon un sondage IFOP, réalisé du 25 février au 2 mars 2010 auprès d’un échantillon représentatif de la population

* Arnaud Mercier est également directeur de la licence professionnel de webjournalisme de Metz.

 

(Anne Collin - Nouvelobs.com)

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 16:47

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La révélation du remboursement de 30 millions d’euros par l’État à Liliane Bettencourt relance le débat sur la légitimité du bouclier fiscal. Éric Woerth persiste à nier un quelconque « conflit d’intérêts ».

La saga de l’été ? Liliane Bettencourt aurait touché, au titre du bouclier fiscal, 30 millions d’euros en mars 2008, selon le site d’informations Mediapart. Ce nouveau rebondissement resserre encore l’étau autour d’Éric Woerth, ministre du Budget au moment des faits. Le remboursement a été effectué après que Liliane Bettencourt a « sollicité par courrier l’administration fiscale » dans une lettre adressée « entre la fin du mois de janvier et le début du mois de février 2008 ». Trente millions d’euros d’étrennes, quelques semaines seulement après que l’héritière de L’Oréal a invité à dîner le ministre dans son hôtel particulier. Hier, une question tournait en boucle : était-il au courant de cette fabuleuse ristourne ?

Selon Bercy, qui produit une instruction interne aux services fiscaux, « l’aval du ministre de tutelle n’est pas requis, tant pour le calcul que pour le virement et quel que soit (son) montant ». Traduction de Vincent Drezet, secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts : « C’est le directeur départemental (des services fiscaux -NLDR) qui est compétent, sans limitation de montant. » Légalement, les services ont « bien fait leur travail », selon le syndicaliste. Mais « ce bouclier fiscal est illégitime : il bénéficie à ceux qui ont le patrimoine le plus élevé ». Autre question soulevée, le contrôle régulier des grandes fortunes.

 

de nouvelles révélations

Pour les dossiers dits « à fort enjeu » (plus de 3 millions d’euros de patrimoine et 220 000 euros de revenus annuels), il existe une procédure de contrôle interne, sur pièces, tous les trois ans. Mais le contrôle dit externe, sur place, ne concernerait, selon Vincent Drezet, que 4 000 contribuables par an…

Hier, de nouvelles révélations sont venues alimenter les soupçons sur les liens entre le ministre, à la fois responsable de la bonne tenue du budget de l’État et trésorier de l’UMP, son épouse et une contribuable présumée fraudeuse, par ailleurs donatrice audit parti. La première confirme le « conflit d’intérêts ». La Tribune de Genève cite un banquier suisse qui confie que Florence Woerth « était vue très souvent dans le “family office” (la banque privée – NDLR) de la milliardaire française ». Selon lui, « Éric Woerth ne pouvait ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève ». Lui-même y a collecté des fonds auprès des « plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, poursuit le journal. Il ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français. » La deuxième révélation pourrait avoir des répercussions sur tout le monde politique. La comptable de Liliane Bettencourt jusqu’en 2008 « avait un accréditif auprès d’une banque pour retirer (...) 50 000 euros par semaine », selon son avocat, interrogé sur RMC. Elle notait « précisément (à qui) était remis » cet argent, qui pourrait avoir été distribué à des hommes ou des partis politiques. Bientôt de nouveaux épisodes de la saga.

 

Manon Ferrandi et Grégory Marin

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 18:57

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L'événement | Deux comptes suisses, à Vevey et à Genève, ont été mis au jour par les enregistrements du maître d’hôtel. Le réseau de sociétés gérant la fortune de l’héritière L’Oréal finit sous le Jet d’eau, près de l’Hôtel d’Angleterre. Selon un banquier de la place, «depuis 2008, Florence Woerth était presque à demeure à Genève».

 


ÉLISABETH ECKERT

Au fur et à mesure des révélations entourant la fortune de Liliane Bettencourt et des écoutes – si elles sont authentiques – révélant un véritable montage financier d’évasion fiscale, les langues se délient à Genève. Et pour cause! Les gérants de fortune de la place financière genevoise n’en veulent pas tellement à l’héritière de L’Oréal, qui pèse quelque 16 milliards grâce aux 31% d’actions qu’elle détient dans le groupe cosmétique et aux 3% qu’elle contrôle chez Nestlé, faisant d’elle la plus importante actionnaire de la multinationale.

Ils en veulent à Eric Woerth, aujourd’hui ministre français du Travail, mais qui fut, il y a quelques mois encore ministre du Budget, n’hésitant pas à brandir la liste des 3000 noms de citoyens français, volée par Hervé Falciani en 2009 chez HSBC Private Bank (Suisse) à Genève.

Actifs gérés depuis Genève

L’un d’eux, spécialiste des «family offices» (sorte de banques privées pour très grandes fortunes) tempête: «Eric Woerth, qui avait fait de l’évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C’est lui aussi qui, avec Peer Steinbrück, alors ministre allemand de l’Economie, nous a conduits sur la liste grise de l’OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu’au même moment, sa femme Florence, l’une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le «family office» de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l’Hôtel d’Angleterre?»

Cette entité de gestion de fortune genevoise fait partie de la holding Téthys qui gère les actifs de l’héritière, à savoir principa­lement les dividendes de son paquet d’actions chez L’Oréal et chez Nestlé, ainsi que ses biens immobiliers. Elle travaille main dans la main, mais depuis la Suisse (!), avec la société financière française Clymène, dirigée par l’homme de confiance Patrice de Maistre et employeur, depuis 2007, de Florence Woerth, épouse de l’ex-ministre du Budget.

Et notre financier fâché d’ajouter: «Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n’était certainement pas pour voir son Jet d’eau!»

Les enregistrements illicites faits par l’ex-maître d’hôtel de Liliane Bettencourt ont déjà mis au jour deux comptes bancaires, l’un à Vevey, de 65 millions d’euros, l’autre à Genève, de quelque 16 millions d’euros. Ces deux comptes sont tellement réels que Liliane Bettencourt et son gérant de fortune Patrice de Maistre les ont déplacés au mois d’avril dernier, selon les dernières informations, non plus à Singapour ou Hongkong, mais dans une assurance-vie en France au profit du petit-fils de Liliane et fils de Françoise, aujourd’hui en procès avec sa mère (voir ci-contre). En 2009 et 2010, le directeur de la société financière Clymène a donc fait, de son propre aveu, de très nombreux aller-retour à Genève et dans l’arc lémanique, pour «qu’on enlève ces comptes».

Autre fait avéré des liens entre Clymène et Genève est le transfert, il y a quelque deux ans, de 280 millions d’euros des comptes français de Liliane Bettencourt chez UBS Genève. Enfin, selon des documents publiés cette semaine par l’hebdomadaire Marianne, il s’avère que la fortune déclarée en 2007 dans l’Hexagone par l’héritière L’Oréal et ses gérants s’élevaient à 2,2 milliards d’euros pour une imposition de 40 millions d’euros.

Enfin, en tant que trésorier de l’UMP, Eric Woerth, lui aussi, connaît visiblement passablement bien la route qui conduit à Genève, chez un autre de ses amis, Pierre Condamin Gerbier, responsable de l’UMP à Genève et gérant de fortune ardent défenseur des «family offices». C’est ce dernier qui s’est chargé, notamment, d’organiser le dîner de gala au Crowne Plaza, puis au Caviar House, avec les plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, lorsque Woerth était venu collecter des fonds pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Or, comme le confiait un autre banquier genevois, lui aussi extrêmement courroucé, au Matin Dimanche en septembre 2009, «Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français.» La collecte finale avait rapporté, en tout, plus de 7 millions d’euros.

 

http://www.tdg.ch/actu/economie/genevagate-menace-bettencourt-woerth-2010-07-01

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