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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 19:23
arton14579-38a97.jpgLe deuxième tome des mémoires de Jacques Chirac est paru en juin 2011.

Ne l’achetez pas ! C’est plein de bugs !

On vient de s’apercevoir que l’ex-président souffrait d’anosognosie, maladie causée par une exposition excessive aux bruits , aux odeurs et aux sacs de pièces jaunes, sans parler de la cantine de la Mairie de Paris. (2)

Un illustrissime professeur vient de le déclarer inapte à se présenter devant le juge et le juge s’est incliné respectueusement sans même réclamer une contre-expertise.

Dans une émission de France-InterVal, ex-radio de service public, où les invités posent des questions inoffensives, le filtrage a laissé passer les questions d’une lectrice de la rubrique "Coups de barre" du "Canard" : elle faisait remarquer que la justice ne se donnait pas la peine d’examiner l’état mental des petits délinquants déférés en comparution immédiate et envoyés en tôle en quelques minutes, malgré leurs antécédents psychiatriques.

Ben oui ! "Selon que vous serez puissant ou misérable ... ..." !

Le censeur de l’émission n’étant pas rentré de vacances, un autre auditeur a pu faire remarquer que Jacques Chirac, s’il ne siégeait plus depuis quelques mois au Conseil Constitutionnel percevait toujours une indemnité à ce titre de plus de 13000 euros par mois, ce mauvais esprit insinuant que l’on pourrait assimiler cela à une sorte d’emploi fictif !? Non mais dites donc ! Si Chirac avait les moyens de se payer un logement, il ne serait pas hébergé par les Khadafi’s , euh non, les Hariri’s. Vous savez ce que ça coûte à chauffer un château à Bity ?

Les gens sont méchants : même Giscard, ce type extraordinairement beau et intelligent qui jouait de l’accordéon devant les éboueurs au petit déjeuner après avoir culbuté Lady Diana, on l’a accusé d’être acheté par un anthropophage avec de la verroterie pour roi nègre ! (3)

L’anosognosie est le fait de ne pas être conscient de sa maladie et des problèmes qu’elle engendre. Ca touche donc beaucoup de monde ...moi, peut-être ...

Mais le juge éventuellement anosognosique du Tribunal de Nanterre qui a accepté le rapport médical sur Jacques Chirac sans vérifications a lu une lettre du prévenu où il est écrit ceci :

« J’ai demandé à mes avocats de vous transmettre ce rapport. Chacun comprendra que cette démarche m’est particulièrement pénible, sachant qu’elle va être rendue publique. Ma volonté est totale pour que ce procès se tienne. Je crois que, même si je n’ai plus l’entière capacité à participer à son déroulement, ce procès est utile à notre démocratie. J’ai demandé à mes avocats de porter ma voix même si je ne pense pas être en situation de pouvoir leur apporter mon concours »

Là, j’ai pleuré, d’abord, la compassion, l’impression de ne plus rien comprendre à rien, putain d’anosognosie ... ... puis je me suis dit qu’il y a des gens quand même bien malins !

Je ne sais pas si j’achèterai le troisième tome des Mémoires de Supermenteur ... ...

(1) Pas forcément péjoratif : une émission de Canal plus fait office de campagne électorale et présente des marionnettes parmi lesquelles on choisit le futur Président.

(2) Si certains ont oublié, je peux prouver ! (3) Je peux expliquer aussi.

* Les "médias" publient actuellement des photos d’un vieillard inquiet, perdu, sur qui il faut avoir un cœur de pierre pour s’acharner, n’est-ce pas ?

* Le 7 mars 2011 "France-soir" a publié ceci : http://www.francesoir.fr/actualite/... Jaloux, va ! Mais pas anosogno...machin ...


http://www.legrandsoir.info/un-guignol-1-publie-ses-memoires-puis-la-perd.html
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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 17:34

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La croissance des entreprises françaises composant l'indice CAC 40 n'a pas faibli au deuxième trimestre. Contrairement à ce qui a pu être observé pour l'économie française, qui a stagné durant cette période, les grands groupes mondialisés poursuivent leur trajectoire. Leur chiffre d'affaires a globalement progressé de 6,6 %, à 657,4 milliards d'euros, sur le semestre, et leur résultat net de 9,5 %, à 46,2 milliards d'euros, selon les données compilées par le cabinet d'audit et de conseil Pricewaterhouse Coopers (PwC) en exclusivité pour Le Monde.

Trois entreprises – le groupe d'aéronautique et de défense EADS, la société d'ingénierie Technip et le géant du bâtiment et travaux publics Vinci – ont même revu leurs prévisions de résultats à la hausse. Mais trois les ont revues à la baisse : Veolia environnement, Société générale et Carrefour. Les 34 autres confirment leurs prévisions de croissance.

LA CROISSANCE MALGRÉ LA CONJONCTURE

Conséquence : les analystes financiers s'attendent à ce que ces groupes dégagent collectivement 94 milliards de profits en 2011, soit 15 % de plus qu'en 2010, et presqu'autant qu'en 2008, quand les profits du CAC 40 avaient atteint leur record historique (101,4 milliards). Les prévisions de ces analystes n'ont quasiment pas varié depuis un mois, c'est-à-dire depuis les révisions à la baisse des taux de croissance des économies, et la crise des dettes souveraines.

Ces bons résultats ont pu être enregistrés malgré les conséquences économiques du séisme au Japon en mars, les soulèvements populaires au Maghreb et au Moyen-Orient, ou encore la crise grecque, même si 18 entreprises disent avoir été affectées par ces événements. Que ce soit Danone, qui attribue "la légère baisse de la marge opérationnelle courante à la catastrophe japonaise et à ses conséquences sur les activités de produits laitiers frais". Ou STMicroelectronics, dont les approvisionnements en composants fabriqués au Japon ont été fortement perturbés. Total souligne l'arrêt de sa petite production en Libye. Et France Télécom précise que les crises en Egypte et en Côte d'Ivoire ont pénalisé ses opérations dans ces pays, tout en ajoutant que "les effets devraient s'atténuer sur la seconde partie de l'année".

DIVERGENCE ENTRE PIB ET RÉSULTATS DU CAC 40

Deux raisons expliquent cette apparente divergence entre l'évolution du produit intérieur brut (PIB) national et les performances des entreprises du CAC 40, analyse Thierry Charron, associé de PwC, chargé de la communication financière. Première raison : "Le décalage dans le temps. La baisse de la croissance pourrait mettre plusieurs mois à apparaître dans les comptes, car l'éventuelle baisse actuelle des carnets de commandes ne se répercutera que dans quelques mois." Les groupes n'en font néanmoins pas mention. Chez Renault, "l'entreprise scrute son carnet de commandes, mais nous n'avons observé aucune déviation par rapport à nos prévisions pour le moment", affirme un porte-parole du constructeur automobile. Même constat chez Accor, qui se félicite "des bonnes performances de l'été", sans relever d'"élément mesurable d'inflexion de son activité à ce jour". Chez Vinci, on se réjouit que "le carnet de commandes ait atteint au 30 juin le niveau historique de 30 milliards d'euros, en croissance de 12 % sur douze mois et de 16 % depuis le début de l'année".

Seconde raison : "L'internationalisation des groupes. L'activité s'essouffle en Europe, mais reste soutenue en Asie", poursuit M.Charron. Vingt-deux entreprises soulignent leur progression en Asie et en Amérique latine. EADS se félicitait ainsi, le 28 juin, à Berlin, de la signature d'une commande de 88 appareils de la famille des A320 pour un montant estimé au prix catalogue de 7,5 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) par deux entreprises chinoises, la société de leasing de la banque ICBC et la compagnie CAS. Et France Télécom explique que "la croissance de 23 % des clients des services mobiles en Afrique et au Moyen-Orient a tiré sa progression de 7,0 % sur un an à base comparable". Deux exemples parmi de nombreux autres.

UNE INTENSIFICATION DES FUSIONS-ACQUISITIONS

De multiples opérations de fusions-acquisitions ont permis d'intensifier et d'accélérer cette stratégie de mondialisation. Vingt-trois entreprises du CAC mentionnent y avoir eu recours durant le premier semestre. Les plongeons des Bourses ne les affectent pas. Car, d'une part, ces opérations se concluent sur la base de valorisation prenant en compte les résultats financiers des entreprises, et non leur cours de Bourse. Et d'autre part, les entreprises les financent sur fonds propres, en tirant sur leurs liquidités, sans avoir besoin de procéder à des augmentations de capital.

Tout le monde, vendeur comme acheteur, semble donc y trouver son compte. Les statistiques le prouvent. Les fusions-acquisitions ont augmenté de 31 %, en volume, dans le monde, sur les douze derniers mois, et de 59 % en France, selon Thomson Reuters.

Pour Arnaud Limal, associé responsable des fusions-acquisitions au cabinet d'expertise comptable Grant-Thornton, "ces opérations traverseront un trou d'air en 2012" en raison des incertitudes actuelles. "Mais, ensuite, le besoin de s'internationaliser, de se rationaliser, demeure. Et les fonds d'investissement ont beaucoup d'argent à investir", explique ce spécialiste.

Annie Kahn

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 17:55

ina-balladur-sarkozy_1.jpgDepuis la mi-juillet 2011, Mediapart a commencé la publication d’une vaste enquête sur le marchand d’armes Ziad Takieddine, principal suspect dans le volet financier de l’affaire Karachi (voir notre dossier sur Frenchleaks, et notre webdocumentaire sur Mediapart). A partir du milieu des années 1990, sous le gouvernement Balladur, puis grâce à sa proximité avec Nicolas Sarkozy, il doit sa fortune essentiellement à des commissions touchées dans le cadre de contrats internationaux. Les milliers de documents obtenus par Mediapart jettent une lumière crue sur les relations que celui-ci entretient avec le clan Sarkozy. Ziad Takieddine se trouve ainsi au coeur du rapprochement de la France avec la Libye de Kadhafi et avec la Syrie de Bachar el-Assad, et ce jusqu’aux révolutions arabes de 2011.

1. Takieddine et ses amis Plusieurs photos inédites attestent de liens jusqu’ici insoupçonnés, pour certains cachés, de l’homme d’affaires franco-libanais avec le premier cercle du chef de l’État.

2. Une fortune bien à l’abri Ziad Takieddine doit sa fortune à des commissions occultes touchées dans le cadre des contrats Agosta et Sawari négociés sous le gouvernement Balladur : 130 millions de dollars de commissions. Fortune faite, le millionnaire mène grand train, tant en France qu’à l’étranger. Mais, par le jeu de sociétés et de comptes off-shore, il ne paie aucun impôt en France.

3. Un protégé de la DGSE Le marchand d’armes n’a pas seulement des relations très privilégiées avec des hommes politiques du clan Sarkozy, il a aussi réussi à s’attirer les bonnes grâces des services secrets.

4. L’Arabie saoudite / Le projet Miksa Estimé à 7 milliards d’euros, le contrat « Saudi Border Guards Developpment Project », nom de code Miksa, avait pour objectif de sécuriser les frontières d’Arabie saoudite. Ziad Takieddine devait toucher en 2003 des commissions occultes d’un montant de 350 millions d’euros sur ce contrat.

5. La Libye : Takieddine l’émissaire secret (2005-2009) En 2005, à cause de l’intervention de Jacques Chirac, le clan Sarkozy a perdu tout espoir de signer le projet Miksa. Il se tourne alors vers la Libye de Mouammar Kadhafi. A la clé : des contratst dans l’armement, dans l’énergie.

6. Takieddine et Total en Libye Ziad Takieddine a reçu près de 7 millions d’euros du géant pétrolier français Total, « avec l’appui de l’Elysée », « en marge d’un contrat gazier conclu avec le régime libyen ».

7. La Syrie, terre de diplomatie occulte (2007-2009) Ziad Takieddine a été, entre 2007 et 2009, l’homme-orchestre du rapprochement entre la France et la Syrie et l’introducteur du président français auprès du chef de l’Etat syrien.

 

http://www.frenchleaks.fr/-Les-documents-Takieddine-.html

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 08:35

dsk-ps-2012.jpgAffirmer que Dominique Strauss-Kahn est  « blanchi », c’est aller un peu vite.  C’est surtout un message difficile à entendre pour toutes les victimes de viol qui ne savent déjà pas comment faire valoir leur crédibilité. Plus de 90 % n’osent pas porter plainte. Les protestations se multiplient et  d’autres procédures sont en cours.


 

 

 

 

Le juge de Manhattan a annoncé que les charges retenues contre Dominique Strauss-Kahn ont été levées faute de preuves satisfaisantes. Mais l’insuffisance de preuve n’implique pas l’innocence. Alors nombre de questions demeurent. Viol, pas viol ? Relation tarifée qui a mal tourné ? Consentement pas consentement ?  

Dominique Strauss-Kahn

et la justice, suite

  • Le juge a rejeté la requête de l'avocat de Nafissatou Diallo, qui demandait qu'un procureur spécial soit nommé pour poursuivre la plainte déposée à l'encontre de DSK. Mais l'avocat a fait appel de cette décision. Un appel suspensif, ce qui signifie que DSK ne pourra pas récupérer son passeport avant que l'appel soit étudié, au maximum dans 30 jours.
  • L’avocat Thibault de Montbrial, le représentant en France de Nafissatou Diallo, doit déposer plainte pour le compte de sa cliente pour tentative de subornation de témoin contre un adjoint au maire de Sarcelles.
  • Le 8 août, Nafissatou Diallo, a intenté une action devant la justice civile à New York en accusant l'ancien chef du Fonds monétaire international "d'agression violente et sadique".
  • Tristane Banon  a déposé plainte le 4 juillet pour une agression sexuelle et tentative de viol ayant eu lieu en 2002.

Pour s'approcher de la vérité, le procureur a enquêté sur la personnalité de la victime. Et conclut : « Les éléments de preuves physiques et scientifiques montrent que l'accusé a eu un rapport sexuel précipité avec la plaignante, mais ne corroborent pas son récit d'un rapport forcé et non consenti »  peut-on lire dans son rapport «… Si l'on ne peut la croire au-delà de tout doute raisonnable, nous ne pouvons pas demander à un jury de le faire…» Le procureur Vance a joué la prudence en abandonnant les poursuites. Mais abandon de poursuite ne signifie pas que l'accusé est blanchi, d'autres procédures sont en cours (voir ci-contre).

Cette décision a provoqué des réactions dépitées. Sur la Toile, le twitt ironique d’Aude résumait : « des traces de sperme et de violence sur une femme avec expertise médicale concluant au viol, c'est vrai que c'est léger comme preuves. » Cet article publié dans le Monde à partir de l’interview de la directrice du Crime Victims Treatment Center (Centre de traitement des victimes de crime) qui avait été l’une des premières à entendre Nafissatou Diallo a lui aussi beaucoup tourné sur la Toile. Et, bien sûr, cette interrogation : pourquoi enquêter sur le passé de la victime et pas sur celui de l’accusé ?


Présomptions discutables

Les incohérences du discours de la victime d’une audition à l’autre et le fait qu’elle ait déjà menti ont fait douter le procureur. Là aussi, on s’égosille dans les réseaux sociaux : « faut-il être une sainte pour être victime de viol » ?  « Donc violer une menteuse c’est permis » ? La plaignante devient quasiment coupable comme dans beaucoup d’affaires de viol. Et la justice et les commentateurs semble s'en contenter. Rappelons que l’Europe à condamné la France à propos de cette inversion de culpabilité début juillet. Jusqu’ici, lorsqu’une femme portait plainte pour viol, si l’accusé était relaxé au bénéfice du doute, la femme pouvait être automatiquement condamnée pour dénonciation calomnieuse. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a estimé que la présomption d’innocence de la victime était bafouée et a condamné la France. Être relaxé au bénéfice du doute ne prouve pas l’innocence de l’accusé (voir notre article).

 

En finir avec la présomption de culpabilité des victimes

Dans « l’affaire DSK », la plaignante est trainée dans la boue, c'est un retour en arrière. Et c’est bien ce qui fait bondir les associations de défense des victimes de viol aux Etats Unis et en France. Marie-George Buffet a été une des premières à le dénoncer.  La députée et ancienne ministre communiste a estimé que l’abandon des poursuites pénales contre Dominique Strauss-Kahn était une « mauvaise nouvelle pour la justice » et « pour les femmes ». « La décision du procureur fait courir de grands risques au droit des femmes en revenant au temps où les victimes de viols étaient à priori coupables, au temps où le viol n'était pas considéré comme un crime", écrit-elle dans un communiqué. « La vigilance s'impose pour que le refus de faire passer la justice aux USA ne donne pas des ailes en France aux pourfendeurs d'une justice implacable envers les violences - sexuelles ou non - à l'encontre des femmes ».


Indignation en France et aux Etats Unis

Osez le féminisme qui avait organisé la manifestation « ils se lâchent les femmes trinquent » le 22 mai dernier avec  la Barbe et Paroles de Femmes,  met en garde : « nous ne savons pas ce qui s'est passé à New York. Mais le déferlement de propos sexistes et d'idées reçues sur le viol qui s’en est suivi était et demeure inadmissible ».  Et de rappeler les chiffres : « 75 000 femmes sont violées chaque année en France. Beaucoup d’entre elles renoncent à parler sous la pression de l'entourage ou sous le poids du tabou : seules 10 % de femmes victimes portent plainte. De nombreuses idées reçues sur le viol sont encore propagées, faisant reposer sur la victime la responsabilité des faits, en raison de son apparence et/ou de son comportement. Dans les faits, le viol reste souvent impuni : seuls 2% des auteurs sont condamnés. »
Et la mécanique est toujours la même : « La « crédibilité » des plaignantes, mot-clé des derniers mois, est en permanence remise en cause dans les affaires de viol. Or, nous le rappelons une fois encore, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise victime. Rien de ce qu’une femme a fait ou dit dans le passé ne devrait permettre de minorer la violence qu’elle a subie » répète Osez le féminisme.
Aux Etats Unis, selon un article de Médiapart, rappelant que seulement 6 à 8 % seulement des accusations pour viol se révèlent fausses, des féministes américaines ont répondu à l'appel de la conseillère municipale de Brooklyn, Letitia James pour « remettre en cause « le schéma trop classique » d'une femme n'ayant pas les mêmes armes que son agresseur, dont la crédibilité est rapidement remise en cause et dont la personnalité se retrouve finalement plus facilement en procès que son agresseur. » Des mouvements de protestation s'organisent.

 

 

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/1306-affaire-dsk-ce-nest-pas-termine


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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 09:57

arton6085-fcd22.jpgAlors que certains des responsables des inégalités croissantes et de la mal vie de millions de gens nous font le coup de "on est tous dans le même bateau, le journal Marianne rappelle la liste des plus grosses fortunes de France.

Pas inutile en ces temps où le pouvoir nous prépare une nouvelle cure d’austérité quand la CGT rappelle que ce qui est à l’ordre du jour, y compris pour sortir de la crise, c’est une autre répartition des richesses...


 

 

 

Les riches français seraient prêts à mettre la main à la poche en cette période de crise. Ah bon ? C’est en tout cas la belle petite fable que l’on nous conte depuis que le patron de Publicis, Maurice Lévy, a commis une tribune dans le Monde.


On en verserait presque une larme tellement c’est beau. Non, il faut bien le dire : c’est beau, touchant et même lumineux. Autant qu’une piécette donnée à un mendiant à la fin de l’office. Depuis que Warren Buffett s’est fendu d’une tribune dans le New York Times, l’idée de payer plus d’impôts progresserait aussi, nous dit-on, dans les rangs des Français les plus fortunés. Cela fait suite à une tribune dans le Monde de Maurice Lévy dont les médias se sont emparés. Un texte au travers duquel le président du directoire de Publicis Groupe, président de l’Association française des entreprises privées (AFEP) et proche de Nicolas Sarkozy appelle à « une contribution exceptionnelle des plus riches ». Les journalistes ne retiendront que cette partie du texte. C’est plus… vendeur. Pourtant le reste de la tribune vaut tout autant le détour. Maurice Lévy en appelle également, en échange de cette piécette de plus qu’il serait prêt à donner, à une belle austérité pour l’ensemble des Français. Mais qu’importe. L’opération communication marche à plein régime.

Ils sont forts ces « pétés d’oseille ». Décidément, ils ont toutes les qualités. En plus d’être riches, vous vous rendez compte, ils sont généreux. Les pauvres, eux, il avait raison Ettore Scola, ils sont « affreux, sales et méchants ». Mais pas que. Ils ne sont même pas foutus d’appeler publiquement à payer plus d’impôts. Des fainéants et des radins, ces pauvres. Ils ont tout pour plaire…

Pourtant, à bien y regarder, ils sont peu nombreux les « richards » de France à s’être dit prêts à mettre un peu plus la main à la poche. Il y a bien eu — et c’est peu étonnant — le mécène de la gauche, Pierre Bergé.TF1 et Le Parisien ont bien réussi à dégoter Geoffroy Roux de Bézieux, président-directeur général de Virgin Mobile, pour se dire lui aussi favorable à « une taxation exceptionnelle ». Plus récemment, c’est Michel Pébereau, patron de BNP-Paribas, un autre proche de Nicolas Sarkozy, qui a déclaré à Rue89 trouver « équitable que la fiscalité demande aux plus fortunés un effort plus important qu’aux autres ». Mais au-delà…

C’est pourquoi Marianne2 a décidé de publier la liste des riches qui refusent de payer plus d’impôts. Bon, on vous l’accorde, ça n’est pas tout à fait ça. Il s’agit du début du classement des « plus grandes fortunes de France » du magazine Challenges et qui, semble-t-il, ne se sont pas encore exprimées sur le sujet. Évidemment, on aurait pu appeler une à une ces belles personnes pour savoir ce qu’il en était. On aurait pu faire notre travail en somme. Mais d’une part, c’est très long et nous n’avons pas le temps (et le temps, ces gens-là le savent mieux que nous, c’est de l’argent). D’autant qu’il nous faut bosser dur et efficace en ce moment, parce que le versement du troisième tiers provisionnel approche...

D’autre part, Maurice Lévy l’a parfaitement démontré : si un de ces millionnaires veut payer plus d’impôts, il est parfaitement capable de le faire savoir au pays tout entier. Avec l’aide de médias peu regardants sur les conditions fixés en échange de ce nouvel élan de « générosité ». D’ailleurs, si une des personnes mentionnées ci-dessous, veut voir son nom rayé de la liste, qu’elle n’hésite pas à nous contacter pour nous faire savoir que oui, en cette période difficile, elle aussi est prête à consentir un petit effort fiscal. On sera touché de recevoir de sa part un petit message. Qui sait ? On versera peut-être même une larme.


Les 50 plus grandes fortunes de France :


1) Bernard Arnault / 21 240 M€ / LVMH

2) Gérard Mulliez et sa famille / 21 000 M€ / GROUPE AUCHAN

3) Liliane Bettencourt et sa famille / 17 500 M€ / L’OREAL

4) Bertrand Puech et Famille Hermès / 12 200 M€ / HERMES INTERNATIONAL

5) François Pinault et sa famille / 8 100 M€ / PPR

6) Serge Dassault et sa famille / 7 500 M€ / GROUPE INDUSTRIEL MARCEL DASSAULT

7) Margarita, Eric, Kirill et Maurice Louis-Dreyfus / 6 600 M€ / LOUIS-DREYFUS

8) Alain Wertheimer et sa famille / 4 500 M€ / CHANEL

8) Pierre Castel et sa famille / 4 500 M€ / CASTEL FRERES

10) Vincent Bolloré / 3 800 M€ / BOLLORÉ

11) Jean-Claude Decaux et sa famille / 3 410 M€ / JCDECAUX COMMUNICATION

12) Xavier Niel et sa famille / 3 150 M€ / ILIAD-FREE

13) Emmanuel Besnier et sa famille / 3 100 M€ / LACTALIS

14) Benjamin de Rothschild / 3 000 M€ / GROUPE EDMOND DE ROTHSCHILD

15) Robert Peugeot et sa famille / 2 980 M€ / PEUGEOT SA

16) Ginette Moulin et sa famille / 2 900 M€ / GALERIES LAFAYETTE

17) Jacques Servier et sa famille / 2 800 M€ / LABORATOIRES SERVIER

18) Patrick Ricard et sa famille / 2 600 M€ / PERNOD RICARD

19) Alain Mérieux et sa famille / 2 440 M€ / BIOMERIEUX

20) Famille Courtin-Clarins / 2 350 M€ / CLARINS

21) Familles Coisne et Lambert / 2 300 M€ / SONEPAR DISTRIBUTION

22) Martin et Olivier Bouygues ainsi que leur famille / 2 295 M€ / BOUYGUES

23) Familles Duval et Aubert / 2 190 M€ / ERAMET

24) Pierre Bellon et ses enfants / 2 160 M€ / SODEXO

25) Jacques et Philippe Bouriez ainsi que leur famille / 2 100 M€ / GROUPE LOUIS DELHAIZE

26) Jacques Saadé et sa famille / 2 000 M€ / CMA-CGM

27) Famille Guerlain / 1 915 M€ / CHRISTIAN DIOR

28) Bris Rocher et sa famille / 1 800 M€ / LABORATOIRES YVES ROCHER

29) Romain Zaleski / 1 770 M€ / CARLO TASSARA

30) Jacques Merceron-Vicat et sa famille / 1 585 M€ / VICAT

31) Famille Lescure / 1 570 M€ / GROUPE SEB

32) Familles Beaufour / 1 545 M€ / GROUPE IPSEN

33) Martine Prima et sa famille / 1 500 M€ / PRIMWEST

34) Ernest-Antoine Sellière et famille Wendel / 1 440 M€ / WENDEL

35) Familles Hennessy, Moët et Chandon / 1 435 M€ / LVMH

36) Bruno Bich et sa famille / 1 345 M€ / BIC

37) Jean-Claude Mimran et sa famille / 1 300 M€ / GROUPE MIMRAN

38) Paul-Georges Despature et sa famille / 1 275 M€ / SOMFY

39) Dominique Hériard-Dubreuil et sa famille / 1 220 M€ / REMY COINTREAU

40) Jean-Pierre et Edith Cayard et leur famille / 1 200 M€ / LA MARTINIQUAISE

40) Clément Fayat et sa famille / 1 200 M€ / FAYAT

40) Jean-Pierre Savare et sa famille / 1 200 M€ / OBERTHUR TECHNOLOGIES

40) François Perrodo et sa famille / 1 200 M€ / PERENCO

40) Marie-Jeanne Meyer / 1 200 M€ / LOUIS-DREYFUS

40) Monique Roosmale Nepveu / 1 200 M€ / LOUIS-DERYFUS

46) Nicolas Puech / 1 165 M€ / HERMES-INTERNATIONAL

47) Famille Roquette / 1 100 M€ / ROQUETTE FRERES

47) Jérôme Seydoux et sa famille / 1 100 M€ / PATHE

49) Georges Gaspard et sa famille / 1 000 M€ / LYRECO

49) Edouard Carmignac et sa famille / 1 000 M€ / CARMIGNAC GESTION

49) Philippe Louis-Dreyfus et sa famille / 1 000 M€ / LOUIS-DREYFUS ARMATEURS


Pour voir la suite du classement du magazine Challenges, cliquez ici

 

 


http://www.rougemidi.org/spip.php?article6085


 Marianne2

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:54

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http://www.rougemidi.org/spip.php?article6058

 

A 42 ans, le judoka préféré de Bernadette, qui détient la médaille d’or du fayotage sarkozyste, a décroché à l’usure son strapontin ministériel de VRP électoral.

Vous avez dit bizarre ?.

Même François Fillon trouve "bizarre" la récente nomination imposée par Sarko du double champion olympique de judo David Douillet au poste improbable de secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger ("Le Canard", 27/7).

Un portefeuille créé de toutes pièces, mais pas vraiment sur mesure (117 kg pour 1,96m), alors que l’intéressé était depuis deux ans annoncé au ministère des Sports, y compris par lui-même...

Depuis son entrée au gouvernement, Douillet, qui commercialise toujours sous son nom rameurs et vélos d’appartement, galère pour justifier sa nomination :

"Lorsqu’il est venu déjeuner avec nous, explique le socialiste Richard Yung, l’un des 12 sénateurs des Français de l’étranger, il s’est lancé dans un long développement sur l’importance du sport dans la diplomatie..."

Dans une interview à "Paris Normandie" (1/8), le judoka quadruple champion du monde pédale de plus belle :

"Nicolas Sarkozy et Alain Juppé (...) m’ont dit que j’étais l’homme de la situation. En fait, c’était juste intelligent.".

Merci pour eux !.

"Car, en réalité, je suis un Français de l’étranger quelque part depuis l’âge de 30-32 ans, je les ai côtoyés avec l’équipe de France. (...) Je n’ai pas fais le rapprochement au départ, mais quand j’ai commencé à réfléchir à la problématique, cela est devenu clair".

Une petite ampoule s’est-elle allumée au-dessus de sa coupe en brosse ?

L’effort a dû le terrasser, car, depuis, Douillet, laissant son cabinet sur le pont s’occuper des assassinats de touristes, est parti en vacances faire du vélo dans le Var, à l’instar de son bien-aimé président.

En bon fayot qui, au moment de l’affaire de l’Epad, comparait Jean Sarkozy au jeune judoka surdoué Teddy Riner ?

"Il ne peut plus faire que du vélo comme sport, car il a le dos en compote !" le défend son chef de cabinet, Gérald Darmanin, qui cite l’existence d’un ministère des Citoyens établis à l’étranger au Portugal.

"Et au Mali !" rigole un ministre.

Deus pays d’émigration... Sarko chercherait-il à pousser les Français vers la sortie ?.

Agent électoral XXL.

En clair, le job de Douillet consiste à chouchouter les 2,2 millions d’expatriés qui vont élire pour la première fois leurs 11 députés des Français de l’étranger.

Le ministre des Transports, Thierry Mariani, qui doit se présenter dans la circonscription Asie, l’avoue sans fard :

"Les Français de l’étranger votent de moins en moins à droite : En 2007, Sarkozy a fait 54%, un point seulement au-dessus de son score national de 53%".

Et le président souhaite verrouiller dare-dare ce réservoir de voix.

Par Ippon ?.

Pour le reste, le décret d’attribution de Douillet limite sévèrement son rayon d’action stipulant que le secrétaire d’Etat "connaît des affaires relatives aux Français de l’étranger" seulement si le ministre Juppé les "lui confie", et sans même avoir la tutelle de la Direction des Français de l’étranger au Quai d’Orsay !

Le sous-ministre est d’ailleurs le dernier du gouvernement dans l’ordre protocolaire.

En un mois, dixit son chef de cab, Douillet a déjà visité 13 pays, et il en visitera 30 autres d’ici à décembre...

Des déplacements "inimaginaux", selon le lapsus qu’il a commis dès le lendemain de sa nomination, le 29 juin.

"Son numéro est déjà bien rodé, rigole le sénateur PS Yung, il fait une réception à l’ambassade pour la communauté française, et tout le monde se rue pour être pris en photo avec lui. C’est simple, la politique, non ?".

Simple comme une tournée en TGV spécial "Pièces jaunes" avec Bernie, sa première protectrice.

Sous-ministre à tout prix.

Depuis son élection comme député des Yvelines à l’occasion d’une législative partielle en octobre 2009, Douillet s’impatientait de ne pas entrer au gouvernement.

Il s’y voyait à chaque remaniement, renouvelant sans cesse ses offres de service.

Exemple : "Si Nicolas Sarkozy me proposait [le portefeuille des Sports],, j’accepterais" [1], une phrase qui lui a valu, l’été dernier, d’être sèchement remis à sa place par la titulaire du poste, Rama Yade :

"Il mériterait la ceinture noire du ridicule".

Et aussi la ceinture blanche du travail parlementaire : d’après les tables nominatives, il totalise en un an et demi deux questions au gouvernement et quatre séances où il est intervenu sur un texte !.

Et il n’a assisté qu’à un tiers des réunions de la commission des Affaires culturelles, selon "Rue 89" (12/7).

Son principal fait d’armes dans sa circonscription : avoir obtenu la fermeture prochaine de la maison centrale de Poissy, une des rares prisons françaises plébiscitée par les détenus.

En novembre 2010, Douillet, furieux de voir les Sports lui échapper in extrémis au profit de Chantal Jouanno, a boudé plusieurs semaines l’Assemblée, se souvient le député UMP Damien Meslot, qui le fréquente au sein du groupuscule de 15 élus créé par l’Elysée pour contrer Copé ainsi que dans le cercle plus large des proches de Xavier Bertrand.

Car c’est l’actuel ministre du Travail qui a véritablement lancé sa carrière politique, en le nommant secrétaire national de l’UMP aux Sports en mars 2009 et en le poussant à se présenter dans les Yvelines puis aux régionales de 2010.

Douillet semble, au passage, avoir oublié ses premiers mentors, les Chirac.

Jacques, dont il était le sumo attitré, et qui l’avait fait nommer au Conseil d’analyse de la société de ce cher Luc Ferry en 2004, l’année même où il était confortablement embauché à la direction des sports de Canal Plus.

Et Bernadette, avec qui il affirme sans rire ne jamais avoir fait de politique.

Ou alors à son insu, pendant l’opération "Pièces jaunes" ?

Le tataministre contre les "tapettes".

Il a pourtant des affinités avec elle :

"Il appartient à la droite dure, traditionnelle, voire nationaliste, opposée au mariage homosexuel et prônant le respect du drapeau", explique un jeune ministre qui le trouve "très sympa et malin".

Dans son autobiographie, "L"âme du conquérant" [2], Douillet défendait crûment sa conception de la "femme au foyer" :

"Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas par hasard".

Le rappel d’une autre phrase par "Le Canard" (4/11/09) a provoqué sa fureur :

"On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !"

"Tapettes" n’étant pas une injure homophobe, selon lui, mais devant être entendu au sens d’"homme qui ne s’assume pas".

Un terme technique, en somme.

Douillet est un faux gentil qui peut s’énerver.

Dans son instructive bio [3], le journaliste Arnaud Ramsay rappelle l’affaire Travelstore, cette agence de voyages où le judoka avait investi, et dont la faillite frauduleuse en 1997 lui avait valu e, 2000 une mise en examen pour "complicité et recel de banqueroute par détournement d’actifs", suivie, en 2002, d’une amnistie taillée sur mesure par Chirac (au cas où il aurait été condamné), et finalement un non-lieu, en 2004.

Son ex-associé a témoigné sur PV que Douillet était venu récupérer, séance tenante, sa mise de 400 000 francs de manière musclée...

Sur le plateau de Ruquier, en janvier 2009, le comique Jonathan Lambert rappelait aussi à Douillet, hilare, un épisode de jeunesse :

Il a un jour chopé le joueur de pingpong qui partageait sa chambre à l’Insep et l’a tenu par les chevilles au-dessus du vide pour qu’il accepte de troquer sa thurne [4]...

Pourvu que Sarko ne finisse pas suspendu au bout de sa pogne à une fenêtre de l’Elysée !.

 

Par David Fontaine dans Le Canard enchaîné du 10/08/2011

 

Transmis par Linsay

 

[1] Var-Matin 22/7/10

[2] Robert Laffont, 1998

[3] Editions du Moment, avril 2011

[4] terme d’argot pour désigner une chambre universitaire

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:34

Pernaut-Youtube-69b53.jpgLe 17 juillet 2011, un article de Bastien Hugues et Raphaël Godet, intitulé « Jean-Pierre Pernaut, vingt-trois ans d’une certaine idée de l’info » est publié sur Rue 89. Pour illustrer cet article, une vidéo est postée sur YouTube. Quelques temps après, elle disparaît pour cause d’atteinte aux droits d’auteur. Ou pour crime de lèse-TF1 ?

L’article de Rue 89 se propose d’analyser quelques « recettes » du succès de JPP, dont le 13 heures est regardé quotidiennement par « 7 millions de Français » : « La première : donner la priorité à l’information "heureuse". (...) L’autre secret de Jean-Pierre Pernaut pour rendre son JT plaisant, c’est d’avoir su construire un réseau de dix-neuf bureaux en régions pour dénicher "les plus beaux coins" et "les événements les plus sympathiques" de notre pays, une fois l’information "obligatoire" traitée ». Enfin, notent les deux journalistes, « depuis son arrivée en 1988, Pernaut a toujours refusé de lire un prompteur, comme le font tous ses semblables. Lui préfère suivre ses fiches, et souvent s’en détacher pour commenter les sujets diffusés : rencontres "sympathiques", reportages "formidables", images "superbes"… En dépit d’un vocabulaire finalement assez pauvre, rien n’est trop beau aux yeux de Pernaut ».

A l’appui de cette critique, une vidéo, intitulée « Pernaut au pays des merveilles », proposait donc un montage ludique et critique des extases de Jean-Pierre Pernaut.

On ne se moque pas impunément de Jean-Pierre Pernaut, star du journalisme dégoulinant. Les images, toutes les images produites par TF1 sont la propriété de TF1. Aucun droit de citation ne sera toléré, foi de marchand de Coca Cola ! Aucune critique en images ne sera autorisée, Ventre Saint-Bouygues !

 

Cet exemple n’a rien d’exceptionnel. TF1 censure, censure, censure… toutes les vidéos postées sur YouTube, même quand elles ne sont que des citations. YouTube, évidemment, se soumet ! La vidéo est encore disponible sur dailymotion, mais pour combien de temps ? Dans le doute, nous la reprenons ici pour qu’elle reste, si ses auteurs en sont d’accord, à la disposition de tous.


Mais Youtube s’est soumis. Et pourtant... Pourtant, la bataille était loin d’être perdue d’avance. Une bataille d’importance, car comme le note Christophe Del Debbio « le problème qui se pose, c’est de pouvoir faire de la critique des médias sans montrer d’extraits vidéo ». Et le même de conclure « qu’il faut différencier les montages vidéos critiques et la simple reprise d’extraits TV, comme le font FullHDReady ou Fred-Lille. Ces extraits sont bien sûr sélectionnés par ces blogueurs, donc avec une intention derrière, mais l’utilisation d’extraits TV pour faire une démonstration, dénoncer des contre-vérités, rappeler ce qui a été dit en confrontant les archives, ou insister sur la répétition et le conditionnement du téléspectateur, c’est faire oeuvre de salubrité publique, par l’éveil des consciences et le développement de l’esprit critique, notamment chez les plus jeunes. C’est peut-être ce que certains médias, dont TF1, veulent éviter. »

De solides arguments pourraient en effet permettre de renvoyer TF1 dans ses cordes. Comme le rappelait par exemple Numérama, « en principe, les images du JT sont la propriété de TF1, et il est interdit de les exploiter sans l’autorisation de la chaîne. Mais le Code de la Propriété Intellectuelle, pour ajouter un peu de souplesse à un droit d’auteur qui serait sinon trop étouffant, a prévu des exceptions. Notamment à l’article 211-3 du CPI, qui interdit d’interdire "la parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre". Difficile de nier que le montage fait oeuvre de caricature. »

Mais c’est surtout un autre paragraphe du même article du CPI, encadrant le droit de citation, qui paraît s’appliquer ici. Cette disposition, qui concerne Acrimed - et toute critique des médias - au premier chef, mérite d’être citée et connue : le Code de la Propriété Intellectuelle stipule en effet que l’on ne peut interdire « les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées" ». C’est d’ailleurs cet argument que retient l’auteur de la vidéo, selon un second article de Rue 89 qui revient sur cette censure, publié le 28 juillet : « Plus qu’une parodie, ma vidéo est un montage journalistique, au contenu critique et pédagogique ». Difficile de ne pas en convenir. Mais YouTube, qui a sans doute d’autres priorités, a obtempéré sans même livrer bataille.

Quant au CSA, qui dort encore plus profondément pendant l’été qu’en toute autre saison, nous attendrons la rentrée pour le saisir de ces atteintes répétées au droit de citation et à la liberté d’expression.

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 11:56

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http://www.mediapart.fr/journal/france/040811/les-documents-takieddine-ou-la-sale-verite-du-sarkozysme

 

Les documents Takieddine

ou la sale vérité du sarkozysme


4 août 2011 | Par Edwy Plenel


Les documents Takieddine, dont Mediapart a commencé la publication le 10 juillet, dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Et cette vérité est sale. Ayant pour fil conducteur l'argent noir des ventes d'armes, cette documentation sans précédent dans l'histoire de la République met à nu un système dont l'intérêt financier est le seul mobile, au détriment des lois en vigueur et de la morale publique.

Ces pratiques ou ces tentations ont toujours existé, et les affaires politico-financières qui ont terni les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac en témoignent abondamment. Mais jamais elles n'avaient été installées avec tant d'ampleur au cœur du pouvoir comme le démontrent nos révélations qui attestent la place centrale occupée par Ziad Takieddine dans le dispositif sarkozyste. Jamais elles ne s'étaient étendues à ce point jusqu'à contaminer le sommet de l'Etat, ses règles fonctionnelles et ses usages administratifs. Telle est la révélation des documents Takieddine : la promotion de la corruption au cœur du pouvoir exécutif. 

N'ayant d'autres compétences que son rôle d'intermédiaire auprès de régimes autoritaires ou dictatoriaux qui échangent des marchés juteux contre une reconnaissance diplomatique, M. Takieddine n'a jamais cessé d'appartenir au premier cercle qui entoure Nicolas Sarkozy depuis qu'il fit ses premières armes, en 1994-1995, sur les contrats pakistanais qui sont au cœur de l'affaire Karachi. Ce Franco-Libanais n'est pas un simple intermédiaire, mais un conseiller occulte. Il fait des notes confidentielles, conçoit la stratégie secrète, participe aux réunions dans les palais de la République, donne son avis politique, transmet ses recommandations diplomatiques, prépare les rencontres avec des chefs d'Etat étrangers, organise les voyages préalables, s'occupe des contacts préliminaires, traduit de l'arabe les documents ou les conversations les plus sensibles, transmet officieusement des messages officiels, etc.

Depuis le retour, en 2002, de Nicolas Sarkozy sur la scène politique nationale, cet activisme militant d'un intermédiaire en vente d'armes ne s'est jamais démenti. Via le principal collaborateur administratif de M. Sarkozy, le préfet Claude Guéant – aujourd'hui devenu ministre de l'intérieur après avoir été son irremplaçable directeur de cabinet comme ministre puis le secrétaire général de l'Elysée –, M. Takieddine n'a cessé d'occuper ce rôle clé dans la sarkozie, aussi bien auprès du ministre de l'intérieur avant 2007 qu'auprès du président de la République depuis 2007. Après le Pakistan de ses débuts, son champ d'action a notamment concerné l'Arabie saoudite – ce que nous avons déjà démontré –, puis la Libye – ce que nous avons commencé à raconter –, mais aussi la Syrie et le Liban, son pays d'origine – ce que nous allons bientôt révéler.

Dans chaque cas, il s'est agi de promouvoir une politique extérieure de la France complaisante sinon complice avec des régimes non-démocratiques, aujourd'hui ébranlés par le vent de liberté du 89 arabe, et notamment les pires d'entre eux, les dictatures libyenne et syrienne. Mais surtout, dans chaque cas, il s'est agi d'en profiter pour obtenir ou tenter d'obtenir des contrats sur des ventes d'armes ou sur des achats de pétrole – ce que démontreront nos prochains épisodes syrien et libyen – au détour desquels l'enrichissement notable de M. Takieddine était garanti par des commissions dont les destinations finales se perdent dans des paradis fiscaux.

Contrairement à ce qu'on avait pu croire avec les révélations constantes de Mediapart, depuis 2008, sur l'affaire Karachi qui ont amené la justice à enquêter sur son volet financier (voir ici notre webenquête, «L'autre affaire qui affole l'Elysée»), M. Takieddine n'est donc pas l'homme d'une seule affaire : cette vente de sous-marins au Pakistan dans laquelle il fut imposé en 1994 comme intermédiaire par le gouvernement Balladur dans la perspective du financement de sa campagne électorale de 1995, avec un circuit de commissions passant par une société écran dont la création fut supervisée par le ministre du budget de l'époque, Nicolas Sarkozy (lire ici et là nos articles sur l'implication de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Karachi). Il fut en vérité l'homme de toutes les opérations similaires tentées depuis 2002 par le premier cercle de l'actuel chef de l'Etat dont les documents en notre possession prouvent qu'elles avaient la même finalité : assurer des financements occultes en vue d'une conquête durable du pouvoir suprême qui serait la garantie d'une protection et d'une poursuite de ces pratiques illicites.

Le fil noir de l'aventure Sarkozy

Les documents déjà révélés par Mediapart à propos de l'Arabie saoudite et de la Libye le confirment. En 2003, alors que Nicolas Sarkozy est ministre de l'intérieur, Ziad Takieddine a failli toucher 350 millions d'euros de commissions occultes dans le cadre d'un marché d'armement avec l'Arabie saoudite. Interrompue sur intervention de Jacques Chirac, alors président de la République, cette négociation était secrètement conçue par celui que Ziad Takieddine nomme alors « le patron » et dont il n'était que l'exécutant : Nicolas Sarkozy. Le montage prévu afin de cacher les circuits financiers occultes passait par « les décisions suivantes du patron », écrit M. Takieddine : la création d'une « nouvelle structure complètement dépendante de son ministère » qui, en assurant « le rôle de Conseil du Projet », « sera capable de couvrir le sujet “sensible” par le biais de ses honoraires ».

Ce sujet sensible n'est autre que le versement de commissions pour lesquelles un échéancier avait été prévu par Ziad Takieddine sur le même modèle que celui déjà utilisé en 1994 pour un contrat de ventes de frégates militaires à l'Arabie saoudite. Ce précédent contrat avait été validé par le ministre du budget de l'époque qui n'était autre que Nicolas Sarkozy. M. Takieddine finira par toucher 91 millions d'euros de commissions sur ce marché.  S'agissant de la tentative avortée de 2003, on retrouve donc les mêmes personnages, le même ministre, passé du budget à l'intérieur, et le même intermédiaire professionnel, sinon personnel.

Les notes Takieddine qui détaillent le montage financier prévu sont destinées à l'entourage direct de Nicolas Sarkozy, essentiellement son conseiller Brice Hortefeux, devenu ensuite ministre délégué aux collectivités locales, et son directeur de cabinet, le préfet Claude Guéant. Elles évoquent, dans un euphémisme transparent, lettre capitale comprise, « le Système voulu ». Elles mentionnent une « couverture/parapluie sur place » qui serait « indispensable pour permettre une “assurance” de résultat ». Enfin et surtout, elles mentionnent une « Banque d'Affaires du P. » dont le rôle financier paraît décisif : « Il sera utile lors de la prochaine visite de préparation ultime de confirmer la signature avec la Société, représentée par la Banque d'Affaires du P., du contrat en votre possession suivant le schéma approuvé », écrit ainsi M. Takieddine aux collaborateurs directs de M. Sarkozy, le 23 octobre 2003.

Les mêmes enjeux financiers occultes sont présents dans le dossier libyen, tel que le dévoilent les documents Takieddine. Ce dernier fut l'instrument direct du rapprochement privilégié avec Mouammar Kadhafi, entrepris dès 2005 par Nicolas Sarkozy via son bras droit, Claude Guéant. L'incongruité de la réception fastueuse du dictateur à Paris fin 2007, à l'invitation personnelle du président de la République nouvellement élu, trouve ici son fin mot : après la libération des infirmières bulgares, marché symbolique qui masquait les marchés financiers, c'était en quelque sorte une bonne manière faite à un partenaire en affaires.

Entravée de nouveau par la cohabitation conflictuelle avec Jacques Chirac, cette offensive libyenne aboutira à au moins un contrat d'armement : la livraison au régime libyen de matériel de guerre électronique offrant « une solution inviolable au système d'espionnage anglo-américain ». M. Takieddine touchera 4,5 millions d'euros de commissions sur ce marché. Auparavant, il aura cornaqué, dans leurs déplacements discrets en Libye, MM. Hortefeux et Guéant, préparant leurs voyages et leur donnant des recommandations précises.

Des guillemets aussi symboliques qu'énigmatiques accompagnent la mention dans ses notes de l'enjeu « commercial » de ces visites de deux représentants personnels de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur : « Le “contenu”, ainsi formulé, prendra en compte les sensibilités du pays, créant ainsi un “partenariat” qui permettra la réalisation de l'objectif commercial. (...) Il est indispensable que le volet “commercial” de la visite ne soit pas mis en avant par les préparatifs officiels. Seulement comme un point important dans le cadre des “échanges” entre les deux pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. »

Ainsi donc la valse des millions qui, pour Ziad Takieddine, avait commencé, en 1994, avec les commissions sur la vente de sous-marins au Pakistan – il est soupçonné d'avoir touché sur ce contrat l'équivalent de 33 millions d'euros – n'a cessé de continuer après le retour au gouvernement en 2002 de Nicolas Sarkozy, ce « patron » du marchand d'armes qui allait devenir, en 2007, président de la République française.

Plus de 5000 documents incontestables

L'affaire Karachi est au cœur d'une histoire passée : le financement occulte en 1995 de la campagne d'Edouard Balladur dont Nicolas Sarkozy était le plus ferme soutien et qui fut finalement vaincu par son rival à droite, Jacques Chirac. En revanche, les documents Takieddine sont au centre d'une histoire actuelle : l'élection en 2007 de l'actuel président de la République qui, jusqu'à preuve du contraire, entend bien être de nouveau candidat en 2012 pour se succéder à lui-même. La première est aux mains de la justice, deux juges d'instruction étant chargés d'enquêter sur son volet financier, Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Mais on serait étonné que les seconds ne suscitent pas leur curiosité, M. Takieddine faisant office de trait d'union financier entre les campagnes présidentielles de 1995 et de 2007.

La situation créée par nos révélations est totalement inédite. En général, les investigations des journalistes accompagnent des curiosités judiciaires, avec plus ou moins de distance ou de bonheur. Mediapart, de l'affaire Karachi jusqu'à l'affaire Tapie, en passant par celle des Caisses d'épargne, sans compter bien d'autres révélations ponctuelles, a déjà prouvé qu'il n'entendait pas s'y limiter. Comme celle de la presse, l'indépendance de la justice est une bataille quotidienne qui suppose le renfort de médias libres, capables de dévoiler des réalités insoupçonnées par les juges eux-mêmes. Dans le cas qui nous occupe, Mediapart est en possession de plus de 5000 documents incontestables qui, pour l'heure, ne sont entre les mains d'aucun magistrat et ne font donc partie d'aucune procédure judiciaire.

Jamais un organe d'information ne s'est trouvé ainsi détenteur d'une telle somme de secrets dévoilant sur une longue durée les combines d'un marchand d'armes et son ascension au cœur du pouvoir politique. C'est en quelque sorte le journal de bord d'un triple personnage, à la fois conseiller occulte, intermédiaire sulfureux et financier de l'ombre. Aucun des documents déjà révélés par Mediapart n'a été réfuté ou contredit. Sollicités, les protagonistes, quand ils veulent bien nous répondre, ne les contestent d'ailleurs pas. Il va de soi, enfin, que nous veillons à n'exploiter, dans cette masse de documents, que ce qui est d'intérêt public, en écartant tout ce qui pourrait relever de la vie privée.

La richesse exceptionnelle de ce matériau explique sans doute la lenteur de son cheminement dans l'espace public. Il faut du temps pour en prendre connaissance, l'assimiler et l'analyser, tout comme il nous faut du temps pour le trier et le traiter. Mais, à mesure que se poursuivront nos révélations, nul doute que les questions d'ores et déjà posées, notamment par le Parti socialiste et par le Parti de gauche, seront de plus en plus relayées par une opposition qui prendra la mesure de l'extrême gravité des faits révélés. Pour aider à cette prise de conscience, nous mettrons progressivement ces documents en ligne, dans les semaines à venir, sur notre site documentaire FrenchLeaks où ils seront en accès libre.

Quant aux très faibles ou trop rares reprises de ces informations d'intérêt public par une grande part des médias français, nos lecteurs savent que l'entêtement finit toujours par payer, comme ce fut le cas, certes plus rapidement, avec nos révélations l'été dernier sur l'affaire Bettencourt qui furent d'abord boudées ou ignorées. S'il fallait une nouvelle preuve de l'état inquiétant de notre univers médiatique, en termes d'audace éditoriale et d'indépendance politique, ces lenteurs suffiraient à l'apporter. La place occupée par l'actuel patron éditorial du Figaro, Etienne Mougeotte, dans le dispositif relationnel de Ziad Takieddine ne fait que souligner une réalité qui les dépasse tous deux : le fait sans précédent dans une démocratie digne de ce nom qu'un grand quotidien soit non seulement la propriété d'un élu notable du parti au pouvoir, mais surtout celle d'un marchand d'armes vivant de la commande publique. Le sénateur UMP Serge Dassault n'est rien sans l'Etat français, son principal client auquel il vend sans concurrence ni transparence ses avions de combat, voire ses drones comme l'illustre un contrat récent imposé par le pouvoir à nos armées malgré leurs réticences.

C'est l'affaire des journalistes, ceux du Figaro compris, de ne pas accepter la corruption de leur profession induite par ces conflits d'intérêts qui, hélas, existent aujourd'hui dans la plupart des grands médias privés, propriétés d'industriels ou de financiers extérieurs aux métiers de l'information. Et c'est l'affaire de tous les citoyens de faire en sorte que la campagne présidentielle de 2012 porte la question centrale d'une libération de la presse française de toutes ces sujétions qui minent sa vitalité et ruinent son intégrité. Dans cette attente, Mediapart continuera d'illustrer, avec ses faibles moyens mais aussi sa grande détermination, l'indispensable rôle d'alerte et d'éveil démocratique d'une presse libre.

S'il est honnête et rigoureux, le travail est toujours récompensé : de même qu'en juillet 2010, nombre de médias n'avaient pas fait état des décisions de justice nous donnant raison dans la diffusion des enregistrements Bettencourt, le désistement soudain de Claude Guéant dans l'action judiciaire qu'il avait spectaculairement engagée à notre encontre en novembre 2010 est presque passé inaperçu (lire ici sur Mediapart), tout comme la mise en examen de Xavier Bertrand à notre demande pour ses propos diffamatoires qualifiant nos méthodes de « fascistes » (lire là sur Mediapart). Il en ira de même avec les documents Takieddine : tôt ou tard, ils seront au cœur du débat public, tout simplement parce qu'ils dévoilent la corruption aujourd'hui installée au cœur du pouvoir. Une corruption qui ronge la République, mine ses valeurs et discrédite ses principes.

La corruption au cœur du pouvoir

En 1992, dans un ouvrage qui fit date, l'universitaire Yves Mény définissait en termes forts parce que simples et clairs la corruption : « Par définition, la corruption est un échange occulte, secret qui permet d'accéder à des ressources que le respect des règles et procédures n'aurait pas permis d'obtenir ou aurait rendu aléatoires. » Nous y sommes, évidemment. La Corruption de la République, sujet et titre de l'ouvrage de M. Mény, paru chez Fayard, n'est évidemment pas nouvelle, facilitée et aggravée, soulignait-il déjà, par l'absence de transparence et la concentration du pouvoir. Mais la corruption au cœur de la République, comme installée à demeure et avec tant d'impudeur, c'est de l'inédit.

Ici, la corruption générale des règles administratives entraîne une corruption insidieuse des mœurs politiques. A l'argent sale obtenu de dictatures opprimant et réprimant leurs peuples s'ajoute le mépris total de la loi et des règlements, comme de ceux qui en sont les gardiens ou les instruments. Témoignant d'une diplomatie parallèle qui piétine allègrement les fonctionnaires du Quai d'Orsay, les documents Takieddine prouvent que le pouvoir était prêt à négocier au mépris du droit le sort judiciaire du bras droit de Kadhafi, Abdallah Senoussi, responsable, entre autres massacres, de l'attentat contre le DC10 d'UTA qui fit 170 victimes (lire ici notre enquête sur ces négociations secrètes).

Ils prouvent aussi, de façon incontestable, que Ziad Takieddine, résident fiscal français et personnalité connue du sommet de l'Etat, ne paye pas d'impôts (lire là notre article). Malgré une fortune évaluée à 97,2 millions d'euros dont plus de 40 millions sont localisés en France, il ne verse rien pour l'intérêt général, zéro centime, défiant avec constance la loi fiscale sans laquelle il n'y aurait pas de budget de la Nation, et donc pas d'Etat. Et il le fait alors même que c'est grâce à cet Etat qu'il s'est enrichi, en touchant les commissions que sa place auprès de Nicolas Sarkozy, ministre puis président de la République, lui a permis d'obtenir.

Sommes-nous toujours en République ? On en douterait sincèrement au constat que cette information aussi stupéfiante qu'indiscutable n'a, jusqu'à aujourd'hui, suscité aucun commentaire des ministres directement concernés, ceux des finances et du budget, François Baroin et Valérie Pécresse. On en doute assurément quand l'on constate que Ziad Takieddine n'a cessé de fréquenter des ministres du budget, de Nicolas Sarkozy lui-même à Jean-François Copé qui est non seulement son ami mais aussi son débiteur, comme l'atteste la comptabilité du marchand d'armes. On en doute définitivement quand l'on découvre, parmi d'autres hauts fonctionnaires, un ancien directeur du budget sous les gouvernements de droite parmi les invités très choisis du dîner festif organisé par Ziad Takieddine quatre jours après la victoire de la droite aux législatives de 2002.

S'efforçant de classer la corruption par catégories de dangerosité, le politologue Yves Mény mettait en haut de l'échelle cette « situation beaucoup plus grave où quelques décideurs publics, par l'importance des décisions financières et économiques qu'ils prennent, sont à même de déterminer le mode et le type de rapports qu'entretient l'administration avec le secteur privé ». Dès lors, poursuivait-il, « au sein de l'Etat de droit se crée ainsi un club, une “société mafieuse” avec ses codes et ses règles de conduite, ses rétributions et ses sanctions ». Il faut donc croire que, là aussi, nous y sommes.

La mafia comme métaphore politique

Car ce qui frappe dans la masse des documents Takieddine, albums photos compris, c'est la présence constante d'un cercle très fermé de proches de Nicolas Sarkozy. On y trouve d'abord le conseiller de toujours, l'ami et serviteur indéfectible, Brice Hortefeux, dont on sait qu'il se prépare à organiser la future campagne présidentielle. Puis deux autres proches issus du terrain de jeu initial, la ville de Neuilly-sur-Seine et le département des Hauts-de-Seine : Thierry Gaubert, qui, comme Mediapart l'a raconté dès 2008, est impliqué dans un scandale immobilier lui valant aujourd'hui d'être en instance de jugement à Nanterre, notamment pour escroquerie (lire ici et là nos articles), et Dominique Desseigne, qui n'est pas seulement le patron du Fouquet's mais surtout celui du groupe Barrière dont les casinos règnent sur presque tout le territoire national.

Enfin, deux autres personnages complètent ce tableau presque intime. Le premier est Jean-François Copé, dont on comprend mieux en découvrant les documents Takieddine la confiance présidentielle qui lui vaut d'être aujourd'hui à la tête de l'UMP. Le second est Claude Guéant qui, avant de devenir ministre de l'intérieur fin 2010, fut considéré comme le numéro deux de la République, secrétaire général de l'Elysée prenant le pas sur le premier ministre et son gouvernement au mépris de tous les usages. Ziad Takieddine est donc éminemment proche de ces cinq personnalités essentielles dans le dispositif politique de Nicolas Sarkozy. Et quand il n'invite pas ou ne régale pas les uns, il abreuve de notes ou de conseils les autres. Autrement dit, il fait lui aussi partie du clan, ou du « club » pour reprendre M. Mény. De ce premier cercle qui entoure « le patron ».

L'Italie, qu'ont beaucoup fréquentée les politologues qui, comme Yves Mény, ont étudié la corruption de nos républiques, a eu la chance d'avoir, avec Leonardo Sciascia, un écrivain sicilien qui n'avait pas peur de la mafia au point d'en faire le matériau de son œuvre. Dans une note qui clôt Le Contexte, un roman de 1971 porté à l'écran par Francesco Rosi sous le titre Cadavres exquis, il confie avoir imaginé « un pays où n'avaient plus cours les idées, où les principes – encore proclamés et célébrés – étaient quotidiennement tournés en dérision », un pays « où le pouvoir seul comptait », pouvoir, ajoutait-il, qui, « de plus en plus et graduellement, prend la forme obscure d'une chaîne de connivences, approximativement la forme de la mafia ».

Aussi provocante soit-elle, cette métaphore politique de la mafia ne s'en impose pas moins à la lecture des documents Takieddine. Tant ils offrent clairement le tableau d'une chaîne de connivences dont le pouvoir est le seul enjeu, et l'argent le seul ressort. D'un monde d'intérêts aussi féroces qu'égoïstes où la loi est bafouée, et la République déshonorée. S'interrogeant en 1979, dans La Sicile comme métaphore, sur la persistance culturelle de la mafia dans sa Sicile natale, Leonardo Sciascia reprochait aux partis de gauche d'avoir trop déserté « l'exercice de l'opposition, et donc de la dénonciation, une fonction salutaire et capitale dans une démocratie ». « Une vraie révolution culturelle en Sicile ne sera pas possible tant qu'il n'y aura pas une bonne opposition », concluait l'écrivain.

Il en va aujourd'hui pour notre France sous Sarkozy comme de la Sicile de Sciascia. Devenu une île sous cette présidence, car de plus en plus coupé du monde et des autres, offrant le spectacle d'une déchéance morale en son sommet, où la xénophobie officielle sert de diversion aux corruptions essentielles, notre pays a en effet urgemment besoin d'une bonne opposition. D'une opposition qui n'ait pas peur d'affronter cette chaîne de connivences qui, désormais, s'étend à l'abri des institutions de la République.

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 11:54

937494-1112001.jpgQu'est-ce donc que cette affaire Lagarde ? Le citoyen peu attentif à ses scandales du siècle d'avant peut être parfois perdu. Les faits sont pourtant simples : Bernard Tapie était en procès avec le CDR, successeur du Crédit Lyonnais. L'ancien ministre de Mitterrand rallié à la cause sarkozyenne en 2007 accusait la banque de l'avoir spolié d'Adidas. Peine perdue, il était en passe de perdre son action quand, ô miracle, une fois Sarkozy élu, le gouvernement impose d'abandonner les poursuites au profit d'une procédure arbitrale qui donne raison à ... Tapie, et lui accorde une indemnisation record.

 

Après l'affaire Takieddine et les millions des ventes d'armes, voici donc un scandale tout aussi ravageur et symbolique de Sarkofrance.

 

Affaire Lagarde : Sarkozy rattrapé par sa désinvolture

Une ancienne ministre de Sarkozy a été rattrapée par la justice de son pays. Et Nicolas Sarkozy par sa désinvolture.

 

Jeudi 4 août, date historique, la Cour de Justice de la République a finalement et enfin annoncé qu'elle ouvrait une enquête pour « complicité de faux » et « complicité de détournement de biens publics » sur le rôle joué par l'actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais. quand elle était ministre de l'Economie. L'avocat de Mme Lagarde a dénoncé ces accusations.

 

Au-delà des accusations générales, que pouvait-on reprocher à l'ancienne ministre ?

 

1. La ministre ne s'est pas assurée « par toutes les voies appropriées, y compris la consultation du Conseil d'Etat, que le CDR était habilité à recourir à l'arbitrage pour le compte d'un établissement public», avait expliqué la Cour des Comptes.

 

2. La ministre a ignoré les recommandations de ses services ou des représentants du Crédit Lyonnais. Le directeur général de l'Agence des participations de l'Etat avait découragé les ministres des finances successifs de transiger (février 2007, août 2007, septembre 2007). Elle n'a consulté le comité d'audit du CDR que deux fois, et pour des points mineurs. Le 28 septembre 2007, le directeur général de LCL exprimait ses réserves sur le recours à l'arbitrage.

 

3. Christine Lagarde a donné des instructions pour faciliter le recours à l'arbitrage. Parlant du directeur de cabinet de Lagarde, Bernard Scemama, président de lʼEPFR (l'établissement public actionnaire du CDR), a rappelé au Monde, vendredi 5 août les consignes gouvernementales : « Il m'a tout de suite parlé du dossier Tapie et m'a donné une consigne claire: il fallait aller à l'arbitrage. "C'est la décision du gouvernement", m'a-t-il dit ».

 

4. On a pu douter de l'indépendance du collège d'arbitres: parmi les trois arbitres désignés par le gouvernement, l'un, Jean-Denis Bredin, a été vice-président du Mouvement des Radicaux de Gauche de Bernard Tapie, et un autre, le magistrat Pierre Estoup, a déjà joué l'arbitre dans une procédure liée à l'affaire Elf. Le site Mediapart avait révélé, en juin dernier, que M. Estoup avait également joué l'arbitre à la demande de Bernard Tapie dans deux autres affaires, en 1999 et en 2001.

 

5. La procédure d'arbitrage elle-même est entachée de graves soupçons d'abus : (1) la Cour des Comptes a critiqué que le Crédit Lyonnais n'ait pas été entendu par les trois arbitres avant leur jugement ; (2) La version finale du compromis d'arbitrage, signée le 16 novembre 2007, fut différente de celle approuvée par les administrations du CDR en octobre : ce dernier avait plafonné son accord sur la demande d'indemnisation des époux Tapie à 50 millions d'euros au total. L'arbitrage définitif limitait ce plafond... à l'indemnisation du préjudice moral uniquement ! Fin juin, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour abus de pouvoirs sociaux à l'encontre de Jean-François Rocchi, le président du CDR de l'époque, qui a permis l'ajout dans le projet d'arbitrage de la mention « préjudice moral » , permettant à Tapie de récupérer quelque 45 millions d'euros supplémentaires.

 

6. Christine Lagarde a refusé de faire appel de la condamnation du CDR (c'est-à-dire de l'Etat dont elle était ministre). Bernard Scemama et les administrateurs représentant lʼEtat au conseil dʼadministration de lʼEPFR ont reçu des instructions écrites et « claires » du cabinet de la ministre Lagarde fin juillet 2008, pour se prononcer en défaveur dʼun recours.

 

7. La gouvernance du CDR a été affaiblie pendant cette période cruciale. Primo, Lagarde a fait remplacer l'un des administrateurs du CDR atteint par la limite d'âge par un autre, Bernard Scemama, lui-même atteint par la limite d'âge 3 mois plus tard. Secundo, ce dernier est arrivé très tard dans le processus (juste pour « appliquer » les consignes): « je n'avais pas les éléments d'analyse au moment de ma nomination, le processus étant déjà très avancé ».

Tertio, un second administrateur a démissionné avec fracas, dénonçant l'interventionnisme du gouvernement (cf. la lettre de démission de Patrick Peugeot le 28 juillet 2008). Il n'a pas été remplacé. Quarto, le conseil n'a pas été informé par les services de Lagarde de quelques informations décisives (le courrier du DG de LCL du 28 septembre 2008, qui

 

En définitive, le cabinet de Lagarde a expliqué que toutes les instructions venaient de Christine Lagarde elle-même. Christine Lagarde n'a pas confirmé que ces instructions venaient de Nicolas Sarkozy. Or c'est là toute l'affaire.

 

Le président français est aujourd'hui accusé d'avoir agi avec légèreté en favorisant la candidature de Lagarde au FMI. Quand la ministre fut désignée à la tête du FMI, après quelques semaines de campagne, on s'est félicité, à droite comme à gauche, à quelques exceptions, de cette nomination. On avait bien tort. Il est probable que Mme Lagarde ne démissionnera pas. Son avocat a déjà annoncé que les administrateurs du FMI qui l'ont nommé était au courant de ce risque. Mais pour la France, quelle image !

 

Mais le plus grave est ailleurs : les contribuables français vont devoir régler quelques 245 millions d'euros de dédommagement. On imagine mal Christine Lagarde avoir agi seule et sans instruction de son patron élyséen: « Est-ce que vous croyez que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie? » s'étonnait-elle, en juillet 2008. Non, bien sûr. La véritable intervention vient sans doute d'ailleurs, de plus haut, juste au-dessus d'elle.

 

La vraie question est donc : qui enquêtera sur le rôle réel de Nicolas Sarkozy dans cette affaire ?

 

 

http://www.marianne2.fr/sarkofrance/Affaire-Lagarde-Sarkozy-rattrape-par-sa-desinvolture_a531.html

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 17:23
http://www.politis.fr/Exclusif-De-Sevriena-a-Futur,15038.html

La sarkozyste société d’assurance Sevriena cède la place à Futur Simple SA, une société avec les mêmes objectifs et les mêmes perspectives prometteuses en faveur de la retraite par capitalisation, désormais boostée par à la réforme des retraites.

Nous avions révélé la naissance de Sevriena, « l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites », au plus fort du débat parlementaire et des mobilisations autour de la réforme des retraites. La réforme de Nicolas Sarkozy, étoffée d’un volet sur la retraite par capitalisation, est depuis entrée en vigueur, mais la future société d’assurance Sevriena, et son projet d’épargne retraite que préparait le groupe Malakoff Médéric, dirigé par Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas, avec le groupe privé CNP assurances.

Or, contrairement à ce qui a été écrit fin 2010, notamment par Mediapart, le projet d’entreprise commune en épargne retraite n’a pas été enterré, mais reporté, d’au moins six mois, suite à une décision de l’Autorité de contrôle prudentiel qui avait bloqué fin novembre 2010 le projet en refusant d’agréer le transfert de certains portefeuilles.

Nous y sommes donc. Les grandes manœuvres ont débuté par la « modification de l’objet social » et le « changement de dénomination sociale » de Sevriena, trop liée désormais aux manifestations devant le siège de Malakoff Médéric et aux débats houleux au Sénat sur le volet retraite par capitalisation de la réforme présidentielle.

La subtile Sevriena laisse donc la place à la pragmatique « Futur Simple SA », une société d’assurance dont les statuts ont été modifiés le 27 mai, lors d’une assemblée générale, et déposé le 8 juillet. Précisons que ce n’est que le 28 juillet que ces annonces ont été publiées par le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales.

Les deux groupes, Malakoff Médéric et CNP Assurances, sont donc toujours de la partie : les dirigeants de Futur Simple SA étant Christophe Preschez (CNP Assurances) et François Chauveau (Malakoff Médéric).

Guillaume Sarkozy avait quelque peu vendu la mèche le 5 juillet à l’occasion d’un entretien accordé à la web TV labourseetlavie.com www.labourseetlavie.com, mis en ligne sur le site de Malakoff Médéric. Que dit l’ex vice-président du Medef : « (…) Nous avons un projet très important avec la CNP, parce qu’entre Malakoff Médéric et la CNP, c’est deux institutions qui sont sécuritaires, deux institutions qui vont donner aux Français une très bonne sécurité, et c’est la solution que nous proposons pour l’avenir des retraites supplémentaires. »

De belles et rassurantes paroles pour confirmer l’avenir radieux de la retraite par capitalisation et des fonds de pension, deux termes que les bancassureurs, mutuelles et groupes de prévoyance préfèrent écarter pour utiliser le trompeur euphémisme de « retraite supplémentaire », et ainsi ne pas effaroucher une opinion publique très attachée à la retraite par répartition.

En clair, le groupe Malakoff Médéric est toujours impliqué dans une filiale de droit privé qui fera la promotion de l’épargne retraite et de la capitalisation, en pleine contradiction avec ses activités de groupe paritaire impliqué dans la gestion de la retraite complémentaire obligatoire et un soi-disant soutien de la retraite par répartition. C’est une des raisons pour lesquelles la CGT a refusé en 2010 de signer l’accord annonçant la constitution de Sevriena, la filiale épargne retraite commune entre le groupe Malakoff-Médéric et CNP assurances. La centrale syndicale ne manifestera-t-elle avec l’émergence de Futur Simple SA ?

A l’évidence, le groupe souhaite se renforcer en épargne retraite et mise gros sur la capitalisation. « Il va dans un premier temps distribuer les produits de Fongepar [épargne salariale], filiale à 65 % de CNP Assurances, tout en relançant son partenariat avec cette dernière. Dans ce cadre, Guillaume Sarkozy indique qu’un système d’information doit être choisi avant fin juillet. Des produits communs, notamment à destination des PME, seront également lancés avant de réinscrire à l’ordre le projet de création éventuelle d’une coentreprise », indiquait le 21 juin l’Argus de l’assurance.

Les bancassureurs ainsi que le groupe de Guillaume peuvent s’appuyer sans crainte sur la réforme de Nicolas, menée à son terme par le regretté Eric Woerth, ainsi que sur l’article 32 (« Mesures relatives à l’épargne retraite ») de la loi de 2010 « portant réforme des retraites ». Rappelons ici que les projections de CNP Assurances et de Malakoff Médéric basés sur les réformes de la droite ont tracé de juteuses perspectives pour la « retraite supplémentaire ». Voici ce qu’en dit la CNP Assurances :

« La majorité des mesures adoptées dans le cadre de la réforme des retraites 2010 concernent le régime par répartition. Néanmoins, le texte aborde aussi le fonctionnement des produits de retraite par capitalisation et simplifie notamment leur utilisation. Pour les plans d’épargne retraite ou collectifs (Perco) et pour les produits d’assurance comme le plan d’épargne retraite populaire (Perp) ou entreprise (Pere), de même que pour les retraites chapeaux (article 39 du Code général des impôts), les règles sont assouplies dès cette année. Afin de rendre plus attractifs les produits d’épargne retraite supplémentaire, la réforme de 2010 en réduit les contraintes. D’une part, les possibilités de déblocage anticipé des fonds sont élargies pour tous les contrats ».

L’étroite collaboration entre les deux groupes apparaît aussi dans le timing qui a présidé à la (re) naissance de Futur Simple SA. Alors que Christophe Preschez, le PDG de Futur Simple SA, président du conseil d’administration et directeur général de Sevriena, planchait sur les statuts pour le compte de la CNP assurances, le même groupe, qui accueille généreusement quelques bons amis de Nicolas, comme Henri Proglio et François Pérol, présentait à son assemblée générale du 6 mai « la poursuite de la collaboration sous une nouvelle forme » du « partenariat avec Malakoff Médéric ».

L’appétit de Guillaume est resté intact. Préparé depuis quelques années mais propulsé sur les fonts baptismaux au moment même où se décidait la réforme des retraites de Nicolas, le patron de Malakoff Médéric n’a en rien renoncé à cette importante opération. Enjeu ? Récupérer la manne financière promise par la réforme des retraites par répartition.

Guillaume Sarkozy pourra toujours réaffirmer « avec la plus grande fermeté » que son groupe est attaché à « la retraite complémentaire par répartition » et à ses « missions d’intérêt général ». Nombre des filiales du groupe, telle Futur Simple SA, ne sont ni paritaire ni mutualiste, ni même « à but non lucratif ».

Tôt ou tard, on y distribuera actions, dividendes, stock options, jetons de présence comme au sein des fleurons du CAC40 et du SBF120, parmi lesquels figure CNP Assurances. Les rémunérations sont à la hauteur des ambitieux projet de retraite par capitalisation. A titre indicatif, sachez que Gilles Benoist, DG de CNP Assurances a engrangé en 2010 la modeste rémunération de 1,03 million d’euros, la 86e dans le classement des salaires des grands patrons.

Et, ironie du sort, Futur Simple SA sort de l’anonymat fin juillet, c’est-à-dire à peu près à la même période où était conclu le volet retraite par capitalisation de la réforme sarkozyste des retraites. C’est en effet en juillet 2010 que le libéral député UMP Xavier Paternotte a présenté pas moins de 15 amendements relatifs à l’épargne retraite, et en a cosigné pas moins de 90 autres avec ses collègues. Et en fervent promoteur du « second pilier de la capitalisation », le député avait en partie réussi son coup en obtenant le feu vert de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et la bénédiction des assureurs, ça se fête...

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