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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 08:07

ina-balladur-sarkozy-.jpgL'enquête sur le volet financier de l'affaire de Karachi se révèle de plus en plus embarrassante pour Edouard Balladur. Les derniers développements de l'instruction menée par les juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke, chargés d'établir si la campagne présidentielle de M. Balladur, en 1995, a été financée par des ventes d'armes, mettent à mal la défense de l'ancien premier ministre (1993-1995). Ce dernier, entendu le 28 avril 2010 par une mission d'information parlementaire, qui s'étonnait notamment d'une arrivée en espèces de 10 millions de francs entre les deux tours, avait affirmé que ces fonds, recueillis "lors de centaines de meetings", provenaient "des militants, des sympathisants ".

Or, il ressort des témoignages et documents recueillis ces derniers mois par la Division nationale des investigations financières (Dnif) et dont Le Monde a pris connaissance qu'au total, 23,6 millions de francs, dont 20 millions de francs en espèces, auraient alimenté sans explication la campagne malheureuse de M. Balladur, somme qui ne saurait s'expliquer par la générosité des sympathisants balladuriens... Dans un rapport de synthèse du 10 mars, la DNIF, qui a reconstitué l'ensemble des recettes de l'Association de financement de la campagne d'Edouard Balladur (Aficeb), et qui s'étonne de la disparition de certains documents, notamment des archives du conseil constitutionnel, signale de nombreuses irrégularités.

Ainsi, s'agissant des versements en espèces, qui s'élèvent officiellement à un peu plus de 15 millions de francs, les policiers affirment qu'il s'agit "du poste le plus litigieux et le plus opaque sur l'origine des fonds". Ils s'interrogent ainsi sur une la somme de 1,4 million de francs, justifiée dans les comptes de l'Aficeb comme correspondant aux remboursements faits par des sympathisants qui se rendirent, en train au meeting du Bourget, le 25 mars 1995, un mois avant le premier tour de la présidentielle : "Les déplacements de militants par transport en commun (...) sont payés directement par l'Aficeb, et nous n'avons constaté aucune demande de contribution financière aux militants", notent les policiers. Les enquêteurs se montrent tout aussi dubitatifs s'agissant d'un montant de 1,6 million de francs supposé correspondre au règlement par des militants de repas facturés par un traiteur. "On ne peut avoir aucune certitude car le bordereau de remise d'espèces correspondant à ce dépôt n'est pas présent dans les archives du compte de campagne de M. Balladur."

Et puis, bien sûr, les policiers ont investigué sur cette somme de 10, 25 millions de francs apparue comme par magie sur le compte de l'Aficeb le 26 avril 1995, trois jours après le premier tour. Ils constatent que les bordereaux de ces dépôts d'espèces, eux aussi, ont disparu des archives des comptes de campagne. Surtout, ils relèvent que plusieurs témoins, ont indiqué que cette somme ne pouvait "en aucun cas correspondre à la vente de t-shirts et autres gadgets vendus lors des meetings". "On peut conclure que ce versement d'espèces de 10,25 millions ne correspond à aucune recette provenant de collectes, de vente d'articles publicitaires, de remboursement de frais ou de dons de particuliers, et par conséquent que cette somme n'est pas justifiable sur le plan comptable", assure la Dnif. Les policiers ajoutent que ces constatations "remettent par conséquent en cause les explications fournies par M. Galy-Dejean [trésorier de la campagne Balladur], devant le magistrat instructeur lors de sa déposition".

Aux quelque 15 millions en espèces figurant sur les comptes de campagne dont l'origine semble suspecte s'ajoute une somme d'environ 5 millions, selon les enquêteurs. Ils ont recueilli le 8 avril les confidences d'un ancien élu (RPR) de Vaucresson (Hauts-de-Seine), dont la société s'occupa de la sécurité des meetings de M. Balladur en 1995. Sur procès-verbal, Olivier Michaud a assuré qu'il avait été rémunéré en grande partie en liquide. M. Michaud a ajouté que M. Galy-Dejean lui aurait dit à propos de cet argent que "c'était les fonds secrets de Matignon".

Ses déclarations font écho à celles d'Alexandre Galdin, un ancien membre de l'équipe de campagne. Le 25 mars, il a pointé devant le juge le rôle majeur joué, durant la campagne, par Pierre Mongin, alors chef de cabinet de M. Balladur à Matignon, et qui avait de ce fait la haute main sur les fonds spéciaux attribués au premier ministre. "M. Mongin venait régulièrement au sein du QG, a-t-il révélé. J'étais convaincu que certaines recettes de l'Aficeb provenaient des fonds secrets." Ces révélations rendent désormais inéluctable l'audition de M. Mongin. De même que celle de Brice Hortefeux, désigné par plusieurs témoins comme ayant dirigé la cellule d'organisation des meetings au cours desquels les fameuses espèces auraient, à en croire M. Balladur, été collectées. Autre proche de Nicolas Sarkozy susceptible d'intéresser les juges, Nicolas Bazire, alors directeur du cabinet du premier ministre et de sa campagne présidentielle. D'après plusieurs témoins, il disposait d'un coffre-fort au sein du QG de campagne. Raymond Huard, affecté à la trésorerie, a ainsi assuré que de "grosses sommes arrivaient dans la coffre de Nicolas Bazire".

LA RENCONTRE SUSPECTE ENTRE M. BALLADUR ET M. GALY-DEJEAN

Autre élément troublant : cette rencontre, un jour de février 2011, entre l'ancien premier ministre Edouard Balladur et René Galy-Dejean, ex-député et maire (RPR) du 15e arrondissement de Paris, à l'occasion d'un colloque sur les années Pompidou. Alors que l'enquête liée à l'attentat de Karachi ne cesse de tourner autour du financement suspect de la campagne présidentielle de M. Balladur, en 1995, l'ex-premier ministre s'inquiète. Du moins si l'on en croit le récit fourni le 10 mai au juge Renaud Van Ruymbeke par M. Galy-Dejean. "En descendant de la tribune, a raconté sur procès-verbal l'ancien député, j'ai croisé M. Balladur et je l'ai informé de votre convocation pour le mardi suivant [le 15 février]. Je l'ai senti ennuyé. Le lendemain, il m'a fait porter un carton m'invitant à le rencontrer le jeudi 10 février à 11 h 30 chez lui, ce que j'ai fait."

La conversation porte évidemment sur l'affaire de Karachi. "Il m'a alors proposé de me fournir un avocat et de demander le report de ma convocation, ce qu'il a dit avoir déjà été demandé à votre collègue [Roger Le Loire, co-désigné avec le juge Van Ruymbeke]. J'ai indiqué que j'avais mes propres avocats et que je ne souhaitais pas le report de mon audition. La conversation a tourné court." Cette rencontre, dont l'ex-élu a livré le récit aux magistrats, suscite la colère de l'un des avocats des parties civiles. "Non satisfait d'avoir menti devant la représentation nationale pour s'expliquer sur le financement de sa campagne présidentielle de 1995 alors qu'il apparaît que des fonds illicites ont servi à la financer, M. Balladur se prête maintenant à des pressions sur un témoin capital au point de lui proposer les services d'un avocat et de dicter sa défense", indique Me Olivier Morice, qui défend les familles des victimes de l'attentat de Karachi.

Les deux anciens élus se sont revus, une seconde fois, au printemps 2011. A cette occasion, l'ancien premier ministre a remis à M. Galy-Dejean une longue note, en forme de plaidoyer pro domo, dont Le Monde a eu connaissance. Ce document a été versé au dossier d'instruction. Dans sa note, M. Balladur se défend vigoureusement. "Je n'ai pas entendu parler de commissions, encore moins de rétrocommissions", tient-il a rappeler. Il déplore que cette thèse soit reprise dans la presse, "en associant à la réprobation qu'on cherche à susciter contre moi le nom de Nicolas Sarkozy (...) En tant que ministre du budget, il n'avait jamais évoqué avec moi une question de cet ordre".

M. Balladur se tourne donc vers le camp chiraquien. Dominique de Villepin avait évoqué, dans le livre Le Contrat (ed. Stock, 2010), des preuves liées aux rétrocommissions, parlant du "trésor de M. Balladur" auquel M. Chirac aurait voulu s'attaquer, en mettant fin aux commissions versées à l'occasion du contrat Agosta. "Cette déclaration mériterait que M. Chirac fût invité à apporter son témoignage, persifle M. Balladur. Si ces preuves existent et qu'il peut les produire, d'où vient qu'il n'en ait pas saisi l'autorité judiciaire pour que soient sanctionnées des pratiques contraires à la loi ?"

 

LE FAUX RAPPORT DU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

Par ailleurs, l'ex-contrôleur général des armées Jean-Louis Porchier, entendu le 20 juin par le juge Renaud Van Ruymbeke, a réitéré ses doutes sur le contrat Agosta et les éventuelles rétrocommissions versées en France, en marge de la conclusion de ce marché portant sur la vente de sous-marins français au Pakistan en 1994. M. Porchier avait été missionné par le ministère de la défense, en 1997, pour examiner les dessous – notamment financiers – de ce contrat. "Mon enquête a montré, explique M. Porchier, que la courbe, selon laquelle les acomptes excédaient les dépenses, a été fabriquée par le ministère de la défense (...) Elle traduisait un surfinancement, alors qu'en réalité le contrat était sous-financé." Le but aurait été de sous-évaluer les risques financiers liés à ce marché, qu'il fallait semble-t-il signer à tout prix.

Dans un rapport classé "confidentiel défense", daté du 28 avril 1998, le contrôleur général Porchier faisait état de ses doutes. Le juge Van Ruymbeke a sollicité, le 23 juin, auprès du ministère de la défense, la déclassification de ce rapport, excipant de l'existence "d'un document qui aurait été fabriqué pour les besoins de la cause par un membre du cabinet du ministre de la défense", à l'époque François Léotard.

M. Porchier a aussi évoqué de nouveau les confidences dont il avait été destinataire, lors de son enquête, émanant de Michel Ferrier, alors responsable français des exportations de matériels sensibles : "Il m'a dit que 10 % des commissions étaient des rétrocommissions et que ces rétrocommissions se partageaient entre le financement de la campagne de M. Balladur et le financement du parti républicain". Des propos tenus, dit-il, "sans employer le conditionnel".

M. Porchier révèle enfin avoir été contacté au début de l'année par un ancien haut fonctionnaire, Philippe Bros, ex-commissaire du gouvernement auprès de la Sofma, société d'exportation pour les ventes d'armes mandatée pour le contrat Agosta : "Il était convaincu de l'existence des rétrocommissions", a assuré M. Porchier au magistrat.

Lire l'intégralité de cette enquête dans l'édition Abonnés du site et dans Le Monde daté du 1er juillet et disponible dans les kiosques ce jeudi à partir de 13 heures.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 20:57

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L'UMP s'indigne que des petites gens touchent 400 € par mois sans rien faire. Nous nous indignons que des "importants" touchent 4.000 € par mois pour des emplois fictifs.

On reproche aux allocataires du RSA de vivre aux dépens de la collectivité et on les soupçonne — pardon, on les accuse — de ne faire aucun effort pour se "réinsérer".

Faut-il rappeler que ces personnes survivent avec 400 € par mois, ce qui est en soi un exploit et une occupation à temps plein ? Faut-il rappeler que nombre d'entre elles doivent, en outre, résoudre des difficultés de logement ou de garde d'enfant, quand elles n'ont pas de gros problèmes de santé ?

Faut-il rappeler que la plupart de ces personnes, avant de sombrer dans la misère et le déshonneur, étaient "insérées" dans la société jusqu'à ce qu'un accident de la vie — plus généralement, une perte d'emploi liée aux aléas de la conjoncture… — ne les désinsère et les isole durablement ? Faut-il rappeler que la grande majorité d'entre elles ne souhaite que travailler, avoir un emploi digne de ce nom qui leur permette enfin de sortir définitivement de l'«assistanat» ?

Tandis que, pour des millions de Français, les emplois manquent, une poignée les cumule sans les honorer.

En pleine fronde anti-RSA, nous devons remercier
Le Canard Enchaînéqui dévoile l'affaire, ainsi que Vincent Berger, le président de l'université Paris-Diderot qui convoque ce matin l'ex ministre de l'Education nationale, arrière-petit-neveu du fondateur de l'«école gratuite, laïque et obligatoire» et "moraliste" Luc Ferry, censé prodiguer 192 heures de cours de philosophie depuis la rentrée 2010 contre un salaire mensuel de 4.500 € nets, et qui n'a toujours pas mis les pieds sur le campus.

A l'heure où l'on tape sur les fonctionnaires (qui se la coulent douce et coûtent trop cher) et où
des vacataires font la queue à Pôle Emploi,voici un enseignant-chercheur statutaire qui jongle avec les mises à disposition en fonction de ses divers mandats, perçoit un généreux traitement tout en étant déchargé de ses fonctions. Non pas victime de la crise mais de la loi d'autonomie des universités votée par son propre camp politique, le voici obligé de rendre des comptes.

Que voulez-vous, Luc Ferry a trop de travail ! Ecrivain prolixe, il est par ailleurs :
• président du
Conseil d'analyse de la sociétédepuis sa création en 2004 et perçoit à ce titre une "allocation de fonction" mensuelle de 1.700 € (véritable salaire de rêve pour nombre de chercheurs d'emploi et de travailleurs acculés au Smic…)
• membre du
Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions,ou comité Balladur, depuis sa mise en place en 2007 par Nicolas Sarkozy (montant de la rétribution inconnu)
• membre du
Comité consultatif national d'éthiquedepuis 2009, encore nommé par… Nicolas Sarkozy (montant de la rétribution inconnu).

Aux dernières nouvelles, il s'agirait d'un «pépin administratif» : la mise à disposition de Luc Ferry auprès du CAS, obsolète depuis septembre 2010, devait bien être renouvelée. En attendant, l'université Paris-Diderot ne peut plus justifier cette décharge non compensée, et c'est au CAS ou à l'Etat de continuer à verser les 4.500 € mensuels de M. Ferry en plus de ses "allocations de fonction" : ça reste de l'argent public, et l'on constate une fois de plus que la "sécurisation des parcours professionnels" réservée au gratin du pouvoir est sacrément béton tandis que celle du citoyen lambda est inexistante...

Nouvelle preuve que le «travailler plus pour gagner plus», même réservé à une élite cooptée, à ses limites ? Voyez
Christine Lagarde, candidate à la direction du FMI. Faut-il rappeler qu'elle est élue du 12e arrondissement de Paris et qu'à ce titre elle perçoit, en plus de son traitement de ministre des Finances (14.000 €/mois), une indemnité mensuelle de 4.000 € ? Comme le précise le premier-adjoint à la mairie,c'est le premier mandat électif qu'elle a l'occasion d'exercer durant sa brillante carrière. Mais Madame la Marquise est, elle aussi, complètement overbookée: depuis son élection en mars 2008, elle ne s'est pas présentée une seule fois au Conseil d'arrondissement et n'a fait acte de présence que quelques heures au Conseil de Paris, raflant la palme de l'absentéisme.

Que faut-il en conclure ? Que Luc Ferry ou Christine Lagarde (qui ne sont pas des cas isolés) ont bien de la chance d'avoir du boulot par dessus la tête — de surcroît, de prestigieuses "tâches d'intérêt général" à accomplir — et que la collectivité reconnaissante les récompense d'autant. Ainsi, même pour un emploi fictif, perçoivent-ils en un mois ce que l'allocataire du RSA — jeté au rebut — touche en une année.

SH

http://www.actuchomage.org/2011060816042/Social-economie-et-politique/ferry-lagarde-payes-a-ne-rien-foutre.html

Des heures de travail en contrepartie du RSA : « un scandale » selon Chassaigne

Elisa Bertholomey

 

Invité du journal de 22h de Sonia Mabrouk mardi 7 juin, André Chassaigne a fustigé l’idée d’exiger cinq à dix heures de travail en contrepartie du RSA.

Le député communiste s’est emporté contre cette mesure préconisée par l’UMP, rappelant que les personnes bénéficiant du RSA ont surtout besoin d’un vrai emploi. « Elles veulent quoi ces personnes ? Elles veulent du travail, elles veulent un travail complet, elles ne veulent pas que quelques heures. » Pour André Chassaigne, retrouver un véritable travail permet de retrouver une certaine dignité. « Elles veulent pas que dans un village, dans un quartier on les montre du doigt ! C’est du travail qu’il faut ! Il y a une véritable souffrance ! Je trouve que c’est ignoble ce type de proposition ! C’est ignoble ! Il faut de la dignité aujourd’hui et vous avez des personnes, qui vivent avec très peu, qui veulent travailler et qui ne trouvent pas de travail. »

Très remonté, le député a exprimé son point de vue sur la proposition de l’UMP. Elle permet de pointer du doigt les personnes dans le besoin ce qui constitue selon lui, un véritable scandale. « On ose proposer cinq à dix heures de travail par semaine à des personnes qui sont en souffrance, qui ont peu d’argent pour vivre, qui veulent véritablement avoir un travail à temps plein. Ce type de proposition, c’est vouloir montrer du doigt des personnes qui sont en difficulté. Je trouve que c’est absolument scandaleux, et la pire des choses, ça serait de s’habituer au scandale. C’est là le vrai scandale. »

La vidéo en suivant le lien

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/des-heures-travail-contrepartie-rsa-un-scandale-selon-chassaigne-122965

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 20:13

a.pngComment font les politologues et journalistes sondomaniaques partisans du président sortant face aux mauvais sondages pour leur candidat ? Les chiffres sont même catastrophiques. Vont-ils se laisser aller à la dépression ? Une ligne stratégique a été énoncée par Nicolas Sarkozy lui-même : « Les valeurs des Français ont évolué vers la droite : pas assez d’autorité, pas assez de sécurité, pas assez de fermeté [1]. »Ellle a été aborée dans le think tankde l’UMP, Fondapol, et son directeur général en répète le refrain dans les médias, qui ne lui mesurent pas leur hospitalité. C’est entendu, dit Dominique Reynié, le président est très impopulaire. On ne mesure pas (façon de parler) à quel degré l’aveu doit en coûter à quelqu’un qui se sert si massivement des sondages les plus contestables. Il lui est seulement très difficile de dire le contraire et même de relativiser s’il veut être un minimum pris au sérieux. Tant qu’il n’y a pas une légère embellie dans les cotes de popularité, de confiance ou les intentions de vote à constater. Forcément, cela aura lieu à un moment ou à un autre : 1 % ou 2 % de plus à monter en épingle comme une prophétie autoréalisatrice [2]. En attendant, il faut donc faire le dos rond. Sur ce point. Car à quoi servirait un politologue s’il ne faisait que commenter la réalité ? Il faut donc trouver un signe d’espoir : la droitisation.

La société française serait en train de se droitiser, c’est-à-dire d’adhérer de plus en plus aux thèses et valeurs de droite — sur la sécurité, l’immigration, le rôle de l’Etat, la dette, le marché etc. — et de soutenir les forces d’extrême droite, c’est-à-dire le Front national (FN). C’est d’abord une information de sondage, avec la mise en scène, par les soins du sondeur en ligne Harris Interactive, des niveaux d’intention de vote et le bruit médiatique autour du FN. Combien de magazines, de journaux, de radios et de télévisions se sont-ils rués avec gourmandise sur l’effet Marine Le Pen ? Les idéologues de droite retrouvent donc leurs repères.

La thèse de la droitisation est plus sérieuse quand elle se fonde sur des observations sociales telles que le vieillissement démographique de la société française. On sait que Nicolas Sarkozy doit largement aux électeurs du troisième âge d’avoir été élu en 2007. Et selon l’exacte corrélation entre le vote Sarkozy et le vieillissement, les sexagénaires ayant moins voté pour lui que les septuagénaires et ceux-ci moins que les octogénaires, ne semble pas démentie. Le constat procède moins des sondages sur les intentions de vote, forcément fictifs à un an de l’échéance, que d’observations sociologiques élémentaires. Par contre, le vieillissement a aussi des limites, avec un extrême de l’allongement de l’espérance de vie qui range la droitisation au rang des évolutions passées et non en cours.

De même, la droitisation d’une partie des classes moyennes qui les avait amenées à prêter l’oreille aux sirènes du libéralisme, de l’entreprise et de la mondialisation en 2007 est-elle toujours à l’œuvre après la crise financière de 2008 et ses développements en cours ? On peut en douter, simplement parce qu’il y a des limites. Il y a des raisons de penser que les espoirs déçus du « travailler plus », du dynamisme entrepreneurial, de l’augmentation du pouvoir d’achat ont mis un terme à cette séduction des valeurs et des partis de droite.

Il serait au moins prudent de ne pas transformer l’hypothèse de la droitisation en thèse. En l’état actuel des choses, il est même probable que, comme l’oiseau de Minerve se lève au crépuscule, la conscience est en retard, que cela ait été vrai mais que cela ne le soit plus. Certes, on peut prendre avec précaution un sondage qui affirme que 57 % des sondés souhaitent une victoire présidentielle de la gauche (Ifop-Paris-Match, 24 mai 2011). Mais lorsqu’on se signale plutôt par l’addiction aux sondages, il est pour le moins étonnant de l’ignorer. Les sondés seraient explicitement favorables à la gauche mais pencheraient vers la droite... Voilà pourtant ce que soutient le directeur de Fondapol à longueur de plateaux et de colonnes, dans « C dans l’air » (4 mai 2011), où il a son couvert et où il distingue le président de sa politique — « il n’est pas certain que dans l’opinion, il y ait une volonté majoritaire de changer ce que représente la politique menée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy et son gouvernement » — ou dans Le Monde, qui nourrit ses analyse politiques auprès de l’annexe académique de Fondapol, le Cevipof : « Sarkozy est impopulaire mais la France est à droite » (Le Monde, 21 mai).

Un tel déni mériterait de figurer dans un bêtisier s’il ne s’agissait de tout autre chose. Précisément, d’imposer une vision fausse pour transformer le réel. Cet énoncé performatif a vocation à ne pas désespérer l’UMP, comme Billancourt en un autre temps — comment partir à la bataille en étant persuadé de l’avoir déjà perdue ? — et à insuffler de l’énergie ; car si une bataille n’est jamais gagnée ou perdue d’avance, il faut donner des raisons plus optimistes de se battre. Dans ce cas, il faut tordre le réel puisque c’est nécessaire. Quitte à s’éloigner des principes démocratiques en menaçant, comme le directeur de Fondapol : « On prend le risque d’avoir une élection ratée, avec une forte abstention, avec des résultats électoraux qui, comme en 2002, sont très surprenants et ensuite problématiques » (« C dans l’air », 4 mais 2011). Si les Français votent à gauche alors qu’ils sont à droite, on peut craindre le pire.

Le travail des sondeurs est ici moins descriptif que performatif. Si droitisation il y a, c’est bien celle des sondages, qui travaillent à déplacer le centre de gravité du débat politique vers la droite par la répétition de push polls (ces sondages, souvent truqués, conçus pour favoriser une cause) sur l’immigration ou la sécurité avec leurs questions truquées et leurs commentaires biaisés. L’opinion, cela se fabrique aussi. Remarque de fiction, il serait difficile de trouver des signes de gauchisation alors que les questions sur la protection sociale ou l’éducation ne sont pas posées, ou encore que des questions sont posées selon des termes qui impliquent les réponses, comme sur la fiscalité.

En revanche, les exemples de stratégies de droitisation abondent. Un récent « ballon d’essai » de Laurent Wauquiez en a été la parfaite illustration. Le ministre des affaires européennes lançait l’idée d’imposer aux bénéficiaires du Revenu de solidarité active — RSA, une désignation significative du soin à le différencier d’une mesure d’assistance qu’on abhorre à droite — un travail d’utilité publique en stimulant le ressentiment à l’égard d’un parasitisme des assistés. Préjugé bien ancré à droite et largement instrumentalisé dans plusieurs pays [3]. Une ficelle de spin doctorbien dans la manière du conseiller d’extrême droite Patrick Buisson. Or, le RSA étant une création de la majorité, l’idée ne pouvait faire l’unanimité dans ses rangs. Le premier ministre dit son hostilité. Quant au président, il dit son désaccord, tout en manifestant sa compréhension. On n’en parla plus avant une prochaine fois. La stratégie du pompier pyromane est cependant censée laisser des traces dans l’opinion des petites gens visées, qui travaillent dur, ou l’ont fait, ont une petite retraite et ne bénéficient pas de prestations sociales ou qui l’oublient volontiers.

Entre-temps, un sondage en ligne effectué par OpinionWay, le sondeur favori de l’Elysée, pour Le Figaro,a révélé que des sondés étaient favorables à la mesure faussement proposée par Laurent Wauquiez qui n’en évoquait ni le coût ni la plausibilité et qu’il savait destinée à n’être qu’un leurre (Le Figaro,12 mai 2011). A partir des résultats d’un tel sondage, on peut certainement parler de droitisation. Encore faudrait-il croire à ce qu’il dit. Trois questions d’un sondage en ligne, biaisées par l’effet d’acquiescement [4]. La tentative d’intoxication est sans doute grossière. Est-elle inefficace ?

Il reste encore à convaincre les leaders d’opinion de la réalité de la droitisation. Car en l’occurrence, « dire, c’est faire », selon la célèbre formule d’Austin. On ne reprochera pas à un think tank de se livrer à ce travail de persuasion des journalistes en leur livrant des arguments partisans. On ne reprochera pas non plus aux commentateurs d’écouter ce qui leur fait plaisir, c’est-à-dire un parti pris politique. Or les journalistes et les médias favorables au président actuel abondent. Il faut aussi, pour emporter la conviction tant cela aide, que ces journalistes comprennent. Or, ils partagent avec les politologues et sondeurs une approche étroitement objectiviste des données statistiques. Pour les idéologues de droite, la « droitisation » est moins un constat qu’une opération de promotion, une croyance qu’il faut imposer. On peut déjà évaluer une certaine efficacité sur les passeurs à la lecture d’articles de presse. Ainsi peut-on souvent prendre la presse en flagrante situation de se faire le relais des positions du think tank de l’UMP. Si on l’en croit par exemple Gérard Courtois dans Le Monde, rien ne serait joué pour 2012. Générale, la proposition mérite seulement d’être rangée dans la catégorie des lapalissades. Elle vise donc plutôt à détromper les certitudes des uns et des autres, à partir d’une position neutre ou en surplomb qu’il est toujours loisible d’adopter à son profit. Encore ne suffit-il pas de revendiquer mais faut-il le faire à partir d’une source d’autorité objective. Certes, les inévitables sondages sont trop éloignés de l’échéance, commence notre commentateur, mais on ne peut « pourtant »... s’en passer, selon l’inévitable rhétorique de l’addiction inconsciente (Le Monde, 7 juin 2011).

Dans le registre faussement neutre du « ni - ni », il ressort que si rien n’est joué, l’incertitude est quand même favorable à ceux dont la position est la plus défavorable. Et l’inventaire des points favorables va même prendre au sérieux les effets déjà supposés positifs de la mise en scène de soi du président, qui n’utilise pas sa proche paternité dans sa communication (sic), qui a changé etc. : autant d’arguments qui sortent directement de la cellule de communication de l’Elysée, et qui sont très méprisants pour les citoyens. (Le mépris est d’ailleurs un présupposé nécessaire à la profession de communicant.) Et vient la droitisation, dont on apprend qu’elle sera au centre de la campagne. Il faut ne pas être trop sensible à l’incohérence pour soutenir que l’avenir est incertain mais que « cette question de la droitisation de la société française est posée et sera déterminante ».

La droitisation a bien la réalité d’une stratégie électorale. L’association de l’impopularité de Nicolas Sarkozy et de la droitisation supposée de la société française constitue déjà un argument pour voter Nicolas Sarkozy en 2012 : si le candidat est impopulaire mais inévitable (pour des raisons sur lesquelles ses partisans ne s’étendent pas), il faut néanmoins voter pour lui puisque c’est voter pour ses propres idées. Il n’y a qu’un problème : on n’a aucune preuve de la droitisation de la société française. Il existe des indices contradictoires sans doute, mais la rigueur scientifique voudrait qu’en l’occurrence, la posture adoptée soit celle du doute méthodique et de la réflexivité. Si on ne sait pas, pourquoi assure-t-on si péremptoirement ? Sans doute est-ce ce que les adeptes de la droitisation appellent immodestement « la guerre des idées ». La science n’y trouve jamais son compte.

Notes

[1] Rémi Lefebvre, « L’histoire vire-t-elle à droite ? », Le Monde diplomatique,avril 2011.

[2] « L’Ascension de Nicolas Sarkozy », Observatoire des sondages, 4 juin 2011.

[3] Thomas Franck, Pourquoi les pauvres votent à droite,Marseille, Agone, 2008.

[4] Cf. « OpinionWay ouvre la chasse aux pauvres », Observatoire des sondages, 13 mai.

http://blog.mondediplo.net/2011-06-08-Le-leurre-de-la-droitisation

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 12:50

 

Video-surveillance-002.jpgAprès Paris, c'est Marseille, deuxième plus grande ville de France, qui a annoncé son plan « 1 000 caméras ». La question était à l'ordre du jour du Conseil municipal extraordinaire qui avait lieu ce lundi 30 mai dans la cité phocéenne. De fait, les municipalités de toutes tailles, de la grande métropole jusqu'au village de zone rurale, sont de plus en plus nombreuses à s'équiper en vidéosurveillance. Elles répondent en cela à une « priorité absolue » (François Fillon) de la politique de sécurité depuis 2007. Et pourtant, l'efficacité de cette technologie est tout sauf démontrée du point de vue scientifique.


Rappelons d'abord que la vidéosurveillance est utile à bien des choses. Pour surveiller des entrepôts ou des dépôts de véhicules afin de lutter contre le vol de matériel. Même chose pour les parkings et le risque de vol dans les voitures. Les banques l'utilisent pour filtrer les entrées et sorties et réduire les risques de braquage. Des magasins s'en servent contre le vol à l'étalage. Les casinos pour repérer les tricheurs. La vidéosurveillance contribue aussi à la sécurité publique. On l'utilise pour surveiller le trafic autoroutier. Les sites industriels sensibles l'utilisent en prévention des incidents... Tout ceci existe et fonctionne plus ou moins bien depuis longtemps. La vidéosurveillance est en effet utilisée dans des buts précis, afin de gérer des risques concrets bien identifiés.


Mais ce que l'Etat appelle désormais « vidéoprotection » et qu'il tente de généraliser à toutes les collectivités territoriales (et aux bailleurs sociaux) par une pression politique et une incitation financière, c'est autre chose. Il s'agit ici de déployer des caméras dans l'ensemble de l'espace public, essentiellement dans les rues de nos villes et de nos villages, pour y surveiller tout en général et rien en particulier, en affirmant que cela aura des effets à la fois préventifs et répressifs permettant de diminuer significativement la délinquance. Or les évaluations scientifiques contredisent cette affirmation, remettant ainsi en question la bonne gestion de cet argent public.


La nécessité d'une évaluation scientifique indépendante


Précisons d'abord que, par définition, l'évaluation scientifique ne peut être menée que par des chercheurs indépendants du pouvoir politique et des entreprises privées commercialisant cette technologie. L'éthique scientifique ne tolère pas le conflit d'intérêts. Ensuite l'évaluation scientifique ne se situe pas sur le terrain philosophique mais sur celui des faits. Elle cherche en l'espèce à répondre aux questions suivantes : la « vidéoprotection » est-elle une technique efficace de lutte contre la délinquance ? si oui ou si non, pourquoi ? est-elle un investissement rationnel au regard de l'évaluation d'autres outils de prévention et de répression ? Enfin, une évaluation scientifique repose sur des études de terrain, des observations longues et répétées de fonctionnements ordinaires des dispositifs, des comptages et des calculs précis, des comparaisons rigoureuses et une connaissance de la littérature scientifique internationale.


Tout ceci se distingue fortement des arguments actuels des promoteurs politiques et financiers du système qui utilisent des exemples spectaculaires mais isolés, des faits divers réels mais décontextualisés, des arguments d'autorité au lieu de démonstrations vérifiables et des calculs budgétaires qui « oublient » presque toujours de compter le coût salarial. Pour toutes ces raisons, beaucoup d'élus et de citoyens seront sans doute surpris d'apprendre 1) que la « vidéoprotection » n'a qu'un impact marginal sur la délinquance, 2) qu'augmenter cet impact supposerait des moyens policiers supplémentaires alors qu'ils se réduisent aujourd'hui, 3) que le coût réel du système « assèche » tellement les budgets de prévention de la délinquance que l'on doit conclure à un usage très contestable de l'argent public. Développons un peu.


Quel apport dans la lutte contre la délinquance ?


1) La « vidéoprotection » ne surveille par définition que l'espace public et, en pratique, elle est installée essentiellement dans les centres-villes. Elle n'a donc aucun impact sur les violences physiques et sexuelles les plus graves et les plus répétées qui surviennent majoritairement dans la sphère privée, surtout intrafamiliale. Elle n'en a pas davantage sur les atteintes aux personnes moins sérieuses survenant sur la voie publique et qui relèvent le plus souvent d'actes impulsifs (bagarres « viriles », rixes entre automobilistes, querelles de sortie de bars, etc.). Elle n'a ensuite qu'un impact dissuasif marginal sur des infractions très fréquentes comme les vols de voiture des particuliers à proximité des domiciles; les cambriolages de résidences principales ou secondaires et même, plus largement, toute la petite délinquance de voie publique des centres-villes où elle est massivement installée (vols à la tire, vols à l'arraché).

En réalité, la vidéo permet surtout de repérer et éventuellement d'identifier a posteriori les auteurs de rixes et d'attroupements sur la voie publique, de dégradations de biens publics ou privés sur la voie publique, enfin et plus rarement de vols avec violence sur des particuliers, de vols à l'étalage, de braquages de commerces ou encore de petits trafics de stupéfiants. Tout cela à condition que les caméras soient positionnées sur les lieux de ces délits au bon moment, ce qui est loin d'être toujours le cas car la plupart des caméras effectuent des « parcours » prédéfinis laissant des zones sans surveillance pendant plusieurs minutes.


En définitive, l'impact en terme de détection d'infractions autre que routières se situe généralement entre 1 et 2 % du total des infractions de voie publique traitées dans une année par les services de police ou de gendarmerie sur le territoire de la municipalité concernée. Enfin, l'aspect judiciaire n'est guère plus probant. Les réquisitions d'images à des fins d'enquête après la commission d'infractions sont du même niveau statistique, sans que l'on sache si ces images ont été réellement exploitables et exploitées dans la suite des procédures judiciaires. On est donc loin, très loin, d'un système efficace de prévention de la délinquance. Ce bilan plus que médiocre conduit du reste nombre de villes déjà équipées à mobiliser prioritairement la vidéosurveillance à d’autres usages qui permettent d’en légitimer l’utilité : le contrôle de la circulation et du stationnement, la sécurisation de l'intervention des policiers, des pompiers ou des ambulanciers.


2) Il existe de nombreuses évaluations étrangères (Angleterre, Australie, Canada, Etats-Unis...) qui montrent que, dans de rares cas, l'impact de la vidéosurveillance peut être plus important. Quelle est le facteur clef ? Contrairement au discours dominant en France, ce n'est pas l'augmentation du nombre de caméras. L'expérience londonienne (au moins 60 000 caméras, soit autant que ce qui est prévu pour la France entière) le montre. Il ne sert à rien de chercher à « saturer » l'espace et de s'émerveiller benoitement devant des murs d'écran donnant le sentiment de voir et de contrôler toute une ville au même moment. La clef réside dans le couplage étroit de la vidéosurveillance avec les forces de police présentes dans la rue, afin non seulement d'accroître le niveau d'information des policiers mais aussi de diminuer fortement leur temps d'intervention.


En d'autres termes, il ne sert pas à grand chose de repérer plus vite un problème si la police n'intervient pas plus vite. Dès lors, la situation française apparaît dans tout son paradoxe, pour ne pas dire dans son absurdité puisque la « vidéoprotection » est actuellement promue par les pouvoirs publics comme un substitut et une contrepartie à la réduction des effectifs de police et de gendarmerie.


Quel coût réel pour les collectivités territoriales ?


3) Il est sans doute inévitable que des entreprises à but lucratif cherchent à vendre leurs produits à tout prix, en les présentant comme dotés de facultés qu'ils n'ont qu'en partie et en dissimulant une partie des coûts réels pour l'utilisateur. Ceci se constate dans tous les domaines, et le marché privé de la sécurité n'échappe pas à la règle. Il est en revanche plus étonnant que l'Etat participe à ce marketing par l'intermédiaire des préfets ainsi que de fonctionnaires de police et de gendarmerie chargés de relayer sur le terrain le « plan de vente » des entreprises privées.


En effet, les caméras perdent quasiment toute efficacité préventive lorsqu'elle ne sont reliées à aucun système de visionnage en temps réel et qu'une municipalité ou un bailleur ne peut donc qu'espérer par exemple récupérer le matin une image exploitable d'une infraction commise la nuit précédente. Et que l'on ne dise pas que le raccordement des caméras aux postes de police ou de gendarmerie résoudra le problème puisque, encore une fois, ceci s'effectue conjointement à la réduction du nombre de ces fonctionnaires et donc de leur disponibilité pour des missions nouvelles. En réalité, pour avoir quelques chances de donner des résultats, le système de caméras doit être relié à un centre de supervision dans lequel des opérateurs visionnent les images 24 heures sur 24 et 365 jours sur 365.


De plus, ces opérateurs doivent être suffisamment nombreux pour limiter le nombre d'écrans à visionner faute de quoi, au bout de quelques minutes, les observations empiriques montrent qu'ils ne voient plus rien. Or, sur la table de travail des élus, les devis proposés par les marchands de vidéo introduits par les représentants de l'Etat insistent beaucoup sur le dispositif, l'emplacement et le degré de performance des caméras. Bref, ils parlent du budget d'investissement et accessoirement des coûts de maintenance. Mais ils sont en revanche beaucoup plus discrets sur le budget de fonctionnement, c'est-à-dire sur le coût salarial. Au final, la technologie ne remplace pas l'Homme, sans lui elle est aveugle. La vidéo n'est utile que si elle est exploitée par des agents suffisamment nombreux et qualifiés. Or, actuellement, les opérateurs, pièces maîtresses de cet outil de surveillance à distance, ne sont ni formés ni reconnus comme des acteurs de la sécurité locale.


En résumé, pour être réellement davantage efficace, la « vidéoprotection » supposerait l'embauche de nouveaux agents municipaux dûment qualifiés pour visionner les images ainsi que l'embauche de nouveaux policiers municipaux pour suppléer au retrait des nationaux. Quelques rares communes très riches peuvent peut-être encore se le permettre. D'autres prennent le risque d'un fort endettement pour cela. La plupart sont en train de s'équiper de caméras mais sans personne pour exploiter les images. Et la plupart d'entre toutes ces communes doivent, malgré l'aide financière de l'Etat, sacrifier à la vidéo des pans entiers de leurs programmes antérieurs de prévention de la délinquance et d'aides sociales diverses.


Ainsi, l'on est en train de rompre massivement l'égalité de traitement du service public et de compromettre toute politique globale et intégrée de prévention de la délinquance, au profit d'un mirage technologique que seules les communes les plus riches pourront s'offrir pour des profits qui s'estimeront davantage en terme de visibilité politique et de sentiment d'insécurité que de lutte efficace contre la délinquance. S'agit-il en tout cela d'une politique rationnelle, efficace et bonne gestionnaire des deniers publics ? Il est permis d'en douter.

 

Tribune publiée dans la version papier du Monde datée du mardi 31 juin, par Eric HEILMANN (professeur de sociologie à l'université de Bourgogne, Dijon), Tanguy LE GOFF (sociologue à l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile-de-France, chercheur associé au CESDIP, Guyancourt) et Laurent MUCCHIELLI (directeur de recherches au CNRS, Laboratoire Méditerranéen de Sociologie, MMSH, Aix-en-Provence).

 

http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/05/31/la-videosurveillance-un-choix-tres-couteux-et-peu-efficace/ 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 07:41

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http://owni.fr/2011/05/31/nicolas-sarkozy-a-cree-44-fichiers-policiers/

 

En 2006, le groupe de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie, dépendant du ministère de l’Intérieur et présidé par Alain Bauer, recensait 34 fichiers. En 2009, le rapport des députés Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti, mandatés par l’Assemblée suite au scandale Edvige, en répertoriait 58, soit une augmentation de 70% en trois ans.

Plusieurs d’entre-eux avaient échappé aux radars du groupe d’Alain Bauer parce qu’expérimentaux, ou non déclarés. Les deux députés notaient par ailleurs que le quart des fichiers identifiés par les députés n’avaient aucune base légale… Un comble, pour des fichiers de police judiciaire.

En consultant les avis de la CNIL publiés au Journal Officiel et relatifs aux traitements de données mis en oeuvre par la police ou la gendarmerie, OWNI a dénombré, à ce jour, au moins 70 fichiers policiers (plusieurs autres sont en cours de création, ou d’expérimentation, et non encore déclarés), soit 12 de plus en seulement deux ans.

Les députés, suite au scandale Edvige, avaient pourtant expressément réclamés d’être saisis de toute création d’un nouveau fichier. Mais leur proposition de loi avait été copieusement enterrée, “en grande pompe (et) sur ordre du gouvernement“, fin 2009.

44 de ces 70 fichiers ont été créés, ou officialisés, depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé Place Beauvau, en 2002. Quelques-uns avaient en effet été créés avant son arrivée, à l’instar de JUDEX, le fichier des suspects de la gendarmerie, créé en 1985 et qui a fonctionné en toute illégalité jusqu’à sa régularisation, en… 2006. En tout état de cause, le nombre de fichiers a explosé de 169% depuis 2002.

Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a également fait adopter pas moins de 42 lois sécuritaires… et fait modifier la loi informatique et libertés, en 2004, de sorte que lorsque le gouvernement veut créer un fichier “de sûreté” ou portant sur l’ensemble de la population (carte d’identité, dossier médical partagé, etc.), il ne soit plus obligé de tenir compte de l’avis de la CNIL, mais seulement de le publier au Journal officiel. Ce qui explique aussi ce pour quoi le nombre de fichiers policiers explose véritablement à partir de 2005 :

Fichiers d’étrangers, de “non-admis“, de passagers, d’interdits de stade, d’analyse de crimes et délits, de renseignement, de prélèvements (biométriques, génétiques)… la quasi-totalité relève du “profiling“. Très peu relèvent de l’anti-terrorisme, mais nombreux sont ceux qui visent la sécurisation des frontières, et tout particulièrement les étrangers.

Le nombre de fichiers créés ces dernières années est tellement important que, pour les visualiser, il nous a fallu étirer l’application dans toute sa hauteur. Cliquez sur les noms des fichiers pour afficher leurs descriptions, et utiliser la souris pour visualiser les plus récents, à droite du tableau (voir aussi le tableur où ont été répertoriés tous ces fichiers) :

Lorsqu’elle s’est sérieusement penchée, en 2008, sur le plus connu des fichiers policiers, le STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées, casier judiciaire bis qui répertorie plus de la moitié des Français : 5 millions de “suspects” et 28 millions de victimes), la CNIL avait constaté 83% d’erreurs dans les 1400 fiches qu’elle avait été amenée à contrôler.

Dans son rapport, la CNIL déplorait également le fait que, faute d’être mis à jour par le ministère de la Justice, le STIC continuait à ficher comme “suspects” plus d’un million de personnes qui avaient pourtant été blanchies par la Justice.

Aucune évaluation d’ensemble de la fiabilité des fichiers policiers, de leurs taux d’erreur et du nombre de “présumés innocents” fichés, à tort, comme “suspects“, n’a jamais été effectué. Personne ne sait exactement combien de personnes y sont fichés, mais on estime que l’emploi de plus d’un million de salariés dépend de leur inscription, ou non, dans ce fichier, et que plusieurs milliers d’entre-eux ont d’ores et déjà été licenciés, ou se sont vus refuser tel ou tel emploi, parce qu’ils y figuraient.


A noter que, pour faciliter la visualisation, nous n’avons pas mentionné les 6 fichiers créés de 1942 à 1987, à savoir :

  • Fichier de la batellerie (1942)
  • Fichier relatif à la carte nationale d’identité (1955)
  • FAR – Fichier alphabétique de renseignements (1971)
  • FNPC – Fichier national des permis de conduire (1972)
  • FPNE – Fichier des personnes nées à l’étranger (1975)
  • FAC – Fichier des avis de condamnations pénales (1982)
  • FTPJ – Fichier de travail de la police judiciaire (1987)
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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 17:43

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Du printemps dernier jusqu’à l’automne, on a entendu presque à l’unisson des hommes (et des femmes) toutes tendances confondues, s’émouvoir du sort de femmes portant le niqab ou le voile intégral. On les a vu s’ériger en défenseurs de « pauvres victimes » qui, pourtant, ne leur demandaient rien. Bien blancs et bien nés, ils (et elles) parlaient de « féminisme » ou « d’égalité homme-femme » et de « laïcité » et de « République » pour justifier de leur mettre des amendes et leur infliger des stages de citoyenneté, en raison d’habits infamants supposés être pour elles comme des « prisons ou des cercueils ambulants ».

Devant une commission présidée par M. Gérin, Elizabeth Badinter est venue parler « de la triple perversité de ces femmes » qui lui faisaient l’impression d’être « en laisse ». A la République reconnaissante et devant la même commission, la nouvelle présidente de Ni Putes ni Soumises, Sihem Habchi, venait offrir un mini strip-tease pour montrer qu’elle n’avait pas peur de montrer son corps en France, elle. Quelques temps plus tard, la loi est passée, l’association NPNS s’est vue remettre un chèque pour aller faire la leçon aux femmes dans les quartiers populaires et les sauver de leurs maris voileurs et exciseurs.

On voudrait faire croire que le déferlement de sexisme de ces derniers jours autour de « l’affaire DSK » est nouveau. Mais non ! Il se révèle à nouveau. C’est juste que, face à l’inculpation pour tentative de viol et séquestration (entre autres) de l’un de leurs pairs bien né, richissime, bien blanc, bien puissant : beaucoup de ces mêmes hommes se lèvent maintenant comme un seul homme (c’est vraiment le cas de le dire) pour le défendre. Le PS serre les rangs : Martine Aubry verse une larme et Jack Lang dit « qu’ il n’y a pas mort d’hommes ». L’élue socialiste qui regrette d’avoir dissuadé sa fille de porter plainte après une tentative plus ancienne du même personnage, se voit rétorquer par Michèle Sabban, qu’elle « n’aurait plus sa place au PS ». Harlem Désir « attend le retour » de DSK (on espère qu’il attendra longtemps). En bon avocat, M. Badinter face à Joffrin – qui lui rappelle le sort de « cette faible femme » (qui se serait pourtant débattue et enfuie) – dit défendre « les droits de l’accusé » (qui iraient jusqu’à interdire qu’on l’accuse ?) et déplore « sa mise à mort médiatique ».

Nos « intellectuels » ne sont pas à la traîne : Bernard Henri Lévy, après avoir défendu Roman Polanski, réitère et écrit une lettre publique pour défendre « son ami » et refuse de voir en ce « séducteur, charmeur » un « violeur ». Jean Daniel, dans un édito du Nouvel Observateur, défend un homme qui serait victime d’un « lynchage » (médiatique) et de « l’hystérie » (des commentaires) : des termes en soi révoltants quand on sait que la personne qui l’accuse est une femme Noire. Après quoi, Jean François Kahn, en mode déni pathétique, parle de « troussage de domestique » (comme si « trousser » une bourgeoise était bien plus grave).

Beaucoup, ici et là « ne veulent pas y croire », d’autres s’émeuvent de voir un homme ainsi menotté, mal rasé face à la « cruauté » de la justice américaine. Tandis qu’à droite, on s’est surtout soucié de « l’image et de la fierté de la France » dans une affaire (quand elle n’est pas requalifiée en « incident ») qui impliquait un expatrié au FMI, avant de rappeler (enfin) l’existence de la victime (celle qui a subi la tentative de viol) non par conscience féministe, mais parce qu’il s’agit pour eux de mieux décrédibiliser électoralement un adversaire potentiel et son parti. Le machisme des uns ne faisant que rivaliser avec le sexisme des autres.

Mais face à ce sexisme et à cette conscience de classe supérieure immondes, justement, que dit Elizabeth Badinter ? Rien ! Qui paie NPNS pour aller donner des stages de citoyenneté dans les rangs ghettoïsés de l’Assemblée Nationale et des salons des grandes rédactions parisiennes, qui, quand elles réagissent, parlent seulement de « dérapages » ? Personne !

Pourtant, ils et elles auraient bien besoin d’éducation à la citoyenneté et de stages de féminisme. Car quand les législateurs se serrent les coudes pour voter, comme un seul homme (encore), des lois racistes et sexistes qui pénalisent et criminalisent surtout les classes populaires, ils ne s’« émeuvent » jamais du sort de ceux qu’ils discriminent ou qu’ils envoient dans des prisons surpeuplées bien françaises dont on ne sort pas en payant une caution de 4 millions de dollars mais où l’on crève en silence même quand on est innocent mais gravement présumé coupable.

Le plus caricatural de ces gens là est clairement Manuel Valls. Celui-là même qui regrettait il n’y a pas si longtemps qu’il n’y ait pas plus de « blancos » sur le marché de sa ville, résume parfaitement à quoi sert le pseudo féminisme baigné de mépris de classe et de racisme dont on nous abreuve quand il s’agit de parler du machisme des banlieues et de l’Islam. Toujours face à Laurent Joffrin, le maire socialiste d’Evry, fustige tous ceux qui alimentent le débat autour de l’affaire et déclare que le vrai problème est ailleurs : « Je suis un député. Nous faisons la loi. Je suis l’élu d’un quartier populaire où il y a de la violence, où les femmes subissent la violence, où il y a des viols dont on ne parle pas et où les victimes ont peur de porter plainte. »  [1]

Pourtant, pour ce qui est du viol, ils ne font rien d’autre dans cette affaire que nous rappeler encore que si jamais on en est victime (et les chiffres nous montrent que c’est un risque très élevé et cela quels que soient notre milieu social et notre culture), il vaut particulièrement mieux éviter d’être Noire, immigrée, de ménage, célibataire, proche d’une échéance électorale de surcroît et même une femme tout court car on ne vous considérera pas comme crédible. Les victimes auront bien entendu le message que leur adressent nos politiques et faiseurs d’opinions, et la prochaine fois elles veilleront à bien choisir celui qui essaie de les choper par surprise et sans leur consentement... ou se tairont à tout jamais.

Le « féminisme » de ces gens là, apparaît aujourd’hui tel qu’il est et dans toute sa splendeur : vide et vil, car ils n’en ont tout simplement … pas une once.

P.-S.

Cet article est paru initialement sur le site de l’association féministe les TumulTueuses.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 08:32

french_finance_minister_christine_lagarde.jpgCe qu’il faut savoir sur Christine Lagarde



La Ministre française de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi – pressentie à la tête du FMI - affiche un parcours expliquant en partie ses choix politiques. Voici quelques « détails » sur le profil du personnage.


Diplômée du lycée états-unien Holton Arms School à Bethesda (Maryland), elle a été stagiaire au Capitole en tant qu’assistante parlementaire d’un représentant républicain du Maine qui deviendra ensuite secrétaire à la Défense de Bill Clinton.

De retour en France, elle rejoint le bureau parisien du cabinet d’avocats Baker & McKenzie, un des premiers cabinets d’avocats mondiaux (4 400 collaborateurs dans 35 pays) et deviendra présidente de son comité exécutif mondial à Chicago.

 

Elle fera grimper son chiffre d’affaires à 1 228 millions de dollars (+ 50 %). Elle sera aussi. membre du think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle coprésidait avec Zbigniew Brzezinsk qui fut entre autre conseiller de Jimmy Carter, puis militant de l’expansion de l’OTAN aux États post-soviétiques.


Christine Lagarde sera également membre du conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING Group, une des principales sociétés financières au monde. Elle a été classée douzième femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes et cinquième femme d’affaires européenne par le Wall Street Journal Europe.


 J.F

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 08:07

110519150037596_98_000_apx_470_-83975.jpgAdoncques : Jean-François Kahn (JFK, pour les intimes), réagissant à l’inculpation de DSK, déclare comme ça qu’un viol, non, ça l’étonnerait quand même qu’il soit dans cette affaire question d’un viol, je crois plutôt qu’il s’agit d’un « troussage de domestique » [1].

C’est, pour le dire un peu sobrement, inacceptable.

Et de fait : JFK lui-même reconnaît vitement que c’est « totalement inacceptable » [2].

Puis, JFK tire de cet épisode (où d’impudents commentateurs ont donc eu le front de juger inacceptable un propos inacceptable), à l’antenne d’RTL, la conclusion qu’« on peut plus dire un mot » sans se faire salement lyncher la gueule, mâme Dupont, dans ce monde pourri - et que si c’est comme ça, lui, pardon, mais il « arrête le journalisme », parce qu’il n’en veut pas du tout, lui, d’« un tel monde », où qu’on peut plus rien dire, putain, mais on est où, là ?

(Son hôtesse radiophonique, ravie, lui confirme alors qu’en effet, les auditeurs d’RTL trouvent aussi qu’on peut plus rien dire - on serait en Soviétie que ça les étonnerait moyen, les auditeurs d’RTL.)

Et JFK de lancer : « Faut se révolter ! »

Mâme Dupont !

Faut s’insurrectionner, contre « la chasse obsessionnelle aux petites phrases, aux “dérapages” comme on dit, qui réduit des attitudes, des opinions, des pensées, des positions, des interrogations à deux mots de travers », et qui « paralyse de la sorte tout débat, excommunie un fond pour un vice de forme, terrorise et transforme la langue de bois en langue de plomb », et dont furent notamment victimes le pauvre « Brice Hortefeux », le pauvre « Georges Frêche (prosioniste militant transformé en antisémite pour une expression populaire) », le pauvre « Jacques Chirac (antiraciste incontestable délégitimé par l’emploi d’un seul mot) », et jusqu’au pauvre « Claude Guéant, fusillé pour deux phrases » (mais qui cependant n’a pas succombé à ses horribles blessures - le cas est à peine croyable, le mec se prend soixante-cinq balles dans le buffet, mais le voilà qui se relève, et qui, défiant ses bourreaux, se remet à vomir sur les immigré(e)s des torrents d’obscénités, à ce niveau-là, sincèrement, c’est même plus du courage, c’est de l’héroïsme).

Et, bon, c’est toujours émouvant, ces appels au soulèvement des consciences - prenons la rue, mes compagnon(ne)s, et chantons que, d’accord, prenez mon lit, les disques d’or, tas de fascistes, mais jamais la Terreur ne nous confisquera notre liberté de penser.

Mais de quoi c’est qu’on s’aperçoit-on-ce, quand JFK a fini de crier ?

Quand le silence revient - propice aux longues méditations sur la réalité, et sur la représentation, potemkinée de près, que nous en donnent, depuis tant d’années qu’on ne les compte plus (DTD’AQ’ONLCP), les servant(e)s de la messe médiatique ?

On s’aperçoit que, dans la vraie vie, contrairement à ce que prétendent, parmi beauuucoup d’autres, JFK et les auditeurs d’RTL, on peut absolument tout dire.

Tout : même les pires dégueulasseries.

Surtout les pires dégueulasseries, en fait, dont la scansion quotidienne peut même assurer à ses récitant(e)s, par les temps qui courent, de confortables rentes de situation(s) - Éric Zemmour qui s’en dédit.

On peut dire, comme Jacques Chirac, non pas « un mot » (la mémoire de JFK semble être là flancheuse), mais, pour la plus grande joie d’une brillante assemblée d’humanistes, l’entier propos que voici, et dans lequel se trouve quand même concentré dans peu d’espace l’essentiel de ce qui fonde la propagande pénique : « Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d’or, où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15.000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler - si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, eh bien, le travailleur français sur le palier devient fou ».

On peut multiplier, comme fit sans jamais désemparer feu Georges Frêche, les saillies puantes (comme sont les boules du même nom).

On peut très posément régurgiter, comme fit l’un de nos plus et mieux cotés penseurs de télé (Alain Finkielkraut, bien sûr) que tous ces Reunois, dans notre équipe de foot, mâme Dupont, ça fait ricaner l’Europe - tendez l’oreille et notez si le Teuton se gausse.

(Dommage qu’on n’ait pas mis quelques whites dans le tas d’ébène, on serait sans doute moins raillés.)

On peut tranquillement déclarer, sur un mode zemmourique, et sur le ton que prend ta bouchère pour t’annoncer que le porc est en promo, qu’ééévidemment, qu’il y a des races parmi les gens, mâââme Dupont, voyez par vous-même : Mamadou est noir, et il vend de la drogue quand le commissaire Ocatarinabellatchitchi ne lui contrôle pas le faciès - alors que moi, tenez, je suis blanc, et je vends plutôt des phobies sales aux heures de grande écoute, convenez que ça fait une visible différence, entre le négrillon délinquant et moi ?

On peut tout dire, fût-ce sous la menace d’une institution judiciaire dont chacun(e) sait qu’elle est tenue par le NKVD.

Même : plus qu’on dit, plus qu’on réussit.

Jacques Chirac, nonobstant qu’il avait lâché en 1991 son petit gerbis, fut ensuite élu président de la République.

Georges Frêche, nonobstant qu’il avait lâché mainte crasse, continua jusqu’au bout d’être portraituré en iconoclaste bon vivant, sacré Georges, toujours le mot pour faire poiler, jamais en retard d’une vanne d’éclate, c’est pas lui qu’on l’aurait vu plier sous le joug de la pensée correcte, ah ça non, alors - et au cul, les pédés du bien-pensisme.

Alain Finkielkraut, nonobstant l’application qu’il met à déplorer que « l’Autre » soit si mal civilisé(e), continue d’être considéré par l’éditocratie comme le gars dont les avis sur la vie sont d’une rare préciosité - asseyez-vous, Alain, et dites-nous, s’il vous plaît, vous qui aimez si passionnément le ballon rond, ce que vous inspire le comportement décidément déviant de Mohammed ?

Et bien sûr, Éric Zemmour est partout, merci pour lui : ça l’aide à se faire, en attendant sa prochaine invitation à l’Élysée, une stature de victime du stalinisme.

Et caetera.

Et caetera.

Et caetera.

D’où vient-ce ?

D’où vient que n’importe quel entertaineur peut ainsi lâcher des vents mauvais dans notre atmosphère déjà suffocante - sans être jamais discrédité ?

Ça vient, précisément, de ce que DTD’AQ’ONLCP, toute une vaste bullocratie de médias (où JFK, force est de constater, ne fut pas le dernier à tenir son rang) s’applique à disqualifier par d’extravagants procès en terrorisme intellectuel - et autres plaisirs minuscules - quiconque a l’outrecuidance de considérer que non, finalement, la lepénisation générale des esprits ne relève pas que d’une saine libération de la parole.

Les bullocrates appellent ça : briser des tabous.

Ils appellent ça : résister (un peu comme naguère fit contre la Gestapo le maquis) à la tyrannie de la « bien-pensance ».

Jacques C. se pointe, et te narre qu’il est quand bien même bien normal que Raymond le natif ait de la difficulté à supporter le bruit et l’odeur du Malien du dessous, avec ses trente épouses et leurs cinq cents petits sauvages ?

(Merde alors, j’étais là, je cuisais mon aligot, et voilà que ces cons d’akébous se mettent à psalmodier oookébééénaaalélééé, j’ai failli faire un arrêt cardiaque ?)

L’évidence, conclut JFK, est que le gars est un antiraciste incontestable - alors ça serait bien que tu soignes vite fait ta bien-pensite, Pierre Tevanian & Sylvie Tissot.

Ce qui gêne JFK, au fond, ce n’est pas, je crains, qu’on ne puisse plus « dire un mot » : il est particulièrement bien placé, puisque son hebdo fut (et continue d’être) en pointe, dans le développement d’un constant chantage au « politiquement correct », pour savoir qu’on peut en réalité tout dire, et qu’il est même conseillé, pour briller en société sarkozée - sous peine de passer pour un(e) gauchiste rassis(e) - de réciter chaque matin quelques versets du bréviaire des mal-pensant(e)s, j’ai pas peur d’appeler un chat un chat, mâme Dupont, et un(e) immigré(e) un « problème ».

Ce qui gêne, je crains, JFK, quand il continue, sachant que c’est faux, de crier qu’on peut plus rien dire, c’est qu’il reste encore, dans un tel monde, des gens pour s’offusquer [3], quand les puissant(e)s de l’époque, assuré(e)s de leur impunité, se vautrent dans la boue.

En de tels cas, on l’a vu, JFK sort son arme de dissuasion absolue : si tu décernes pas un brillant brevet d’antiracisme au grand chasseur blanc de bruit et d’odeur, c’est que t’es un(e) terroriste.

(La honte sera sur toi et ta famille, pour au moins dix générations, Torquemada.)

Mais en vrai : des bullocrates qui verrouillent la totalité de l’appareil médiatique (où tu ne fais pas dix mètres sans te cogner dans Éric Rioufol ou Ivan Zemmour), ou des obstiné(e)s qui dans leur coin continuent vaille que vaille de maintenir dans l’époque un minimum de décence, sans se laisser intimider par les incessants procès en benladénisme de la pensée que leur font les forgeron(ne)s de l’opinion - qui terrorise qui ?

Notes

[1] Soit dit sans préjuger de ce que j’écrirai demain, comme j’écris souvent, sur l’urgence qu’il y aurait, pour la gauche, à moins mépriser le petit peuple des domestiques.

[2] C’’est tellement rar(issim)e, qu’un éditorialiste mainstream convienne qu’il a sérieusement déconné, que ça vaut quand même d’être stabiloté à grands traits.

[3] Fût-ce au risque d’heurter la bien connue sensibilité des auditeurs d’RTL.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:42

ag94-copie-2.pngOn en sait peu sur celle qui a déposé plainte, si ce n’est qu’elle a 32 ans, que c’est une immigrée africaine et qu’elle habite le Bronx, un quartier défavorisé de New York. Mais on imagine qu’elle serait particulièrement choquée de voir que, pour une partie de la presse française et du Parti socialiste français, le statut d’innocente victime est d’emblée mis en doute. Que pèse une pauvre femme de chambre devant la carrière brisée net du directeur général du FMI ?


L’image d’un Dominique Strauss-Kahn menotté, comme n’importe quel justiciable sur qui pèseraient des charges aussi graves, a largement supplanté les affres de la jeune femme. La solidarité avec l’inculpé est de rigueur et le doute systématique sur la version de la victime est la règle. On le voit, la lutte des classes ne s’arrête jamais.
Les amis de Dominique Strauss-Kahn sont choqués par les images de l’homme menotté car, bien entendu, la femme de chambre ne peut que mentir… Ou, au minimum, elle aura surréagi face à une peccadille qui n’aurait jamais dû prendre une telle ampleur. Là où l’on souhaiterait, au nom de la présomption d’innocence, de la retenue à l’égard de la “présomption de sincérité” de la victime en attendant l’établissement des faits, on découvre un effarant concert de lamentations. Les pleureuses pourraientse taire et laisser les avocats du patron du FMI – des ténors retors, dit-on – faire leur métier et user de toutes les ressources que permet le système judiciaire américain pour défendre leur client. Mais les amis du DG socialiste du FMI ne se contentent pas de cela. Non, cet homme bien né et très riche ne saurait être contraint à s’expliquer face aux très graves accusations d’une petite femme de chambre du Bronx. Ce serait attenter à sa dignité et le rabaisser au rang de la subalterne qui a osé se rebeller.

Ce n’est rien d’autre au fond qu’une actualisation du droit de cuissage qui remonte à loin et que les femmes, en particulier celles des classes pauvres, sont tenues d’accepter en silence. Et si cette femme franchit le pas et dénonce, c’est tellement anormal que cela ne peut être qu’un complot ourdi par des forces qu’on se garde bien de désigner. Les femmes de chambre agressées ne peuvent pas, ne doivent pas se plaindre… Elles existent si peu, bien en dessous de ces milliardaires de gauche ou de droite qui, eux, se dispensent ostensiblement de considérations éthiques.

Si les victimes se révoltent et crient, c’est – n’est-ce pas, cher ami ? – que d’autres tirent les ficelles pour en faire des femmes “fatales” ou qu’elles forment l’appât d’un piège qui se referme avec une étonnante facilité sur un homme politique pourtant expérimenté. La seule morale de cette consternante affaire se résume à susciter des indignations très sélectives, à crier haro sur la victime et à exprimer un mépris de classe éhonté.



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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:36

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Ministre des Finances de Lionel Jospin, DSK incarne, à lui seul, tous les renoncements de la gauche plurielle. Les « succès de ce modernisateur », point par point.



Le carcan monétaire : sans conditions


« Dominique Strauss-Kahn convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro », Le Monde.

« Sous conditions ». Voilà la formule que trouvent, sur la monnaie unique, Dominique Strauss-Kahn et Lionel Jospin dans la soirée du 4 septembre 1996. C’est qu’en ces journées où le Parti socialiste concocte son programme, le Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevènement et les communistes réclament un nouveau référendum. Les Verts demeurent, à l’époque, opposé à Maastricht. Et même au sein du PS, la majorité soutient Henri Emmanuelli : « Si on veut retrouver la croissance, il faut sortir du carcan monétaire. »


Devant cette offensive, DSK cherche la parade : le passage à l’euro se fera, mais sous « conditions ». Avec, notamment, l’affirmation d’un « gouvernement européen » face à la future Banque centrale, le rejet d’un euro surévalué par rapport au dollar, et la révision du pacte de stabilité.


Sitôt promis, sitôt trahi.
« Au lendemain des élections législatives de 1997, Dominique Strauss-Kahn convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro, et, oubliant les fameuses conditions que posaient auparavant les socialistes à son lancement, de se convertir au très contraignant pacte de stabilité » (Le Monde, 3 novembre 1999). Les ministres européens des finances se disent vite « rassurés », se montrent « confiants » : aucun « séisme »ne secouera l’Europe. La « discipline budgétaire »est acceptée, le traité d’Amsterdam signé (18 juin), et même :« les quinze accélèrent la création de la monnaie unique »(16 septembre).


DSK n’a guère bataillé. Ou seulement pour que Jean-Claude Trichet succède à Wim Duisenberg à la tête de la BCE : qu’un libéral français succède à un libéral néerlandais, voilà une jolie victoire… Depuis, tout le pouvoir est laissé aux banquiers, « indépendants », hors de contrôle démocratique. Eux se soucient de la seule inflation, qui menace la rente – guère de l’emploi. Et la gauche ne peut que se lamenter, impuissante, contre un « euro surévalué ».
Le « carcan monétaire » ne s’est pas desserré. Mais renforcé.

Services publics : « le plus grand privatiseur »

« Lionel Jospin privatise plus que Alain Juppé »Le Monde.

« Nous refusons la privatisation des services publics et leur transformation en objet de profits. »La plate-forme de la gauche plurielle n’avait rien de bolchevik, aucune nationalisation n’était prévue : ne pas privatiser, l’engagement, modeste, semblait tenable.


Aussitôt installé à Bercy, pourtant, DSK reçoit Michel Bon, le PDG de France Télécom – qui plaide pour une
« ouverture du capital »de son entreprise. A son tour, le ministre des finances « fait le siège de Matignon », et Lionel Jospin soupire : « Puisqu’il n’y a pas d’autre solution… »Dès sa déclaration de politique générale, le 19 juin 1997, à l’Assemblée, le Premier ministre revient alors sur son engagement de campagne, et prévient que, pour les services publics, « des adaptations seront nécessaires ».


« Après une concertation sociale approfondie »- il faut cela pour avaler des couleuvres -, « Jospin donne son feu vert, début septembre, à une privatisation partielle. A Bercy, DSK se réjouit »(Le Nouvel économiste, 23/04/99). La « commission des privatisations », mot honni, est rebaptisé « commission des transferts »- et sous la houlette du grand argentier, elle « transfert » beaucoup : France Télécom d’abord, Thomson-CSF, Thomson Multimédia, Air France… DSK est médaille d’or : « le plus grand des privatiseurs », pour Les Echos (3 novembre 1999), tandis que Le Monde dresse ce constat : « Lionel Jospin privatise plus que Alain Juppé »(7 août 1998).


Privatiser, soit, mais pour quel résultat ?


Libéré de l’Etat et de ses pesantes contraintes, Michel Bon verse dans la folie des grandeurs : jusqu’alors prospère, France Télécom rachète, en 2000, le britannique Orange pour 50 milliards d’euros, acquiert quelques autres babioles, devient la seconde entreprise la plus endettée du monde, à hauteur de 75 milliards d’euros, et frôle le gouffre dès 2002. Ce fleuron du service public n’évite la ruine que grâce… à l’Etat : bon bougre, il remet 15 milliards au pot. Et son nouveau PDG, Thierry Breton, s’engage sur 15 autres milliards d’
« économies en interne »- sur le personnel, donc. Les suicides à répétition, chez les agents Orange, la pression qu’ils subissent, trouvent leur source ici. Dans un choix politique. Effectué sous un gouvernement de gauche.

Airbus : en cadeau à Lagardère

C’est à cet
« incompétent »que DSK a remis les clés du trésor.

« Une excellente nouvelle », voilà comment Dominique Strauss-Kahn, alors ministre des finances et « coordinateur aéronautique en Europe », salue la privatisation de Aérospatiale. Et c’est à Lagardère qu’est confiée l’entreprise – un patron qui fréquentait le Cercle de l’industrie…


A toutes les étapes du « deal », c’est DSK qui a négocié. Et tout accordé : « Airbus », d’abord, cette mine d’or - à une société, Matra, pourtant étrangère aux avions civils. Une ristourne sur les actions, aussi, évaluée à quatre milliard de francs. Et surtout, les pleins pouvoirs au privé : malgré les 15% qu’il possède encore, l'Etat français se retrouve « interdit de gestion ». Ses intérêts sont représentés par Jean-Luc Lagardère (0,9% du capital), dont les lieutenants (Philippe Camus, Noël Forgeard, Jean-Louis Gergorin, Philippe Delmas, Jean-Paul Gut) occupent les postes-clés. Europe 1, la radio de Lagardère peut exulter :
« L'équipe Jospin sort des entreprises du giron de l'Etat à un rythme deux fois supérieur à celui de la droite. Pour ce qui est d'Aerospatiale, il était temps. »(16/02/99).


Et pourquoi pareille urgence ?


Par voracité. Durant
« cinq années de dividendes », les actionnaires se goinfrent le cours du titre en bourse grimpe de 70 %, un rachat d’actions, à hauteur de 7 milliards d’euros, est programmé. Autre chanson, pour les salariés : à l’automne 2006, la direction décrète la plan Power 8, 10 000 emplois seront supprimés en Europe, délocalisés. L’injustice sociale se double d’un scandale financier : « J'ai le choix de passer pour quelqu'un de malhonnête ou d'incompétent qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. J'assume cette deuxième version », se défend étrangement Arnaud Lagardère (Le Monde, 15 juin 2006).


C’est à cet
« incompétent », donc, que DSK a remis les clés du trésor – et l’héritier s’est servi à pleines mains. Mais l’ancien ministre n’en paraît pas fâché : au moment de l’affaire, Strauss-Kahn publie une tribune dans Le Monde (également copropriété de Lagardère) sans que ce nom ne soit prononcé. Ni Jean-Luc, ni Arnaud. C’est qu’un pacte les unit – dont le politique récolte aujourd’hui les fruits médiatiques…

Stock-options : la fiscalité des patrons

Le Ministre des finances de la gauche plurielle défait ce que la droite a construit

Sujet sensible. DSK avance donc pas à pas : dès l'automne 1997,
« les bons de souscription de parts de créateurs d'entreprise »- stock-options, en français… - bénéficient d’une fiscalité allégée, mais simplement pour « les sociétés de moins de sept ans ». Un an s’écoule, et en 1998, c’est désormais pour « les sociétés de moins de quinze ans. »En janvier 1999, Dominique Strauss-Kahn croit désormais l’heure venue : toutes les stock-options, désormais, même celle des patrons du CAC 40, seront imposées à 26 % - et non plus à 40 %... Le Ministre des finances de la gauche plurielle défait, ici, ce que la droite a construit : c’est Alain Juppé, deux ans plus tôt, qui avait relevé le taux d’imposition de 26 % à 40 % !


Le cadeau est trop gros : c’est un tollé.
« Quatre milliards de francs pour 12 000 privilégiés, s’emporte Louis Viannet, le leader de la CGT, comparés aux 4,5 milliards de francs dégagés pour quelque 4 à 5 millions de chômeurs ou d'exclus, on voit de suite qu'une telle mesure irait dans le droit fil de la justice sociale !... »(Le Monde, 9/01/99). Les communistes et les Verts protestent. D’autant que, malchance, on apprend alors que Philippe Jaffré, l’ancien (et nullissime) patron d’Elf, serait parti avec deux cents millions d’indemnités et de stock-options. Les députés socialistes, en rébellion contre Bercy, déposent un amendement pour relever la taxe à 54 % - comme l’impôt sur le revenu... finalement abandonné.


On en reste au statu quo, un match nul. Et bientôt mis en examen, DSK ne mènera pas son combat plus loin. Mais à ses amis patrons, par pragmatisme, il aura tout de même évité quelques désagréments : la Taxe Tobin sur les transactions financières, prônée dans le programme mais aussitôt repoussée. L’impôt sur la fortune, qui devait s’étendre aux biens professionnels : les grandes fortunes y échapperont. Même les niches fiscales dans les DOM-TOM seront prolongées ! Quant à la taxe professionnelle, elle sera allégée de vingt milliards de francs en cinq ans…



Banque : se débarrasser du pôle public

« La mise en place d’un grand pôle financier public. »Voilà la promesse qu’adresse, au printemps 99, Dominique Strauss-Kahn aux députés communistes. C’est que le groupe PC à l’Assemblée bougonne. D’ « établissements de crédit à but non lucratif », les Caisses d’Epargne vont se transformer en en « banques coopératives », et nettement plus lucratives – un « véritable bouleversement »comme le titre La Tribune (7/02/00).

En fait de
« grand pôle financier public », Libération le félicite : « Et de cinq. Après le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit et le Crédit Lyonnais, Dominique Strauss-Kahn n’avait plus qu’un dossier à boucler pour achever son grand œuvre, connu sous le nom de code de ‘restructuration du secteur financier’ : la cession du Crédit foncier de France (CFF). Depuis hier, voilà l’affaire réglée. (…) L’Etat s’est débarrassé de la dernière banque publique »(Libération, 11/07/99). On ne saurait mieux dire : bon débarras ! Devant pareille « œuvre », le ministre des Finances s’auto-congratule : « Le secteur financier public a été remis sur les rails. »Et comment ? En supprimant « le secteur financier public » ! Même le quotidien patronal Les Echos est surpris de cette prouesse : « La réduction spectaculaire de l’emprise du public, depuis deux ans, se réclame du réalisme »(7/10/99).

C’est qu’à chaque fois, DSK sait trouver les mots qui touchent. Pour l’ouverture du marché de l’électricité, par exemple, trait de génie, il avait inscrit un « droit à l’énergie », et ça avait marché : les parlementaires avaient approuvé. Pour la « privatisation des Caisses d’Epargne », il ajoute un petit mot sur le « développement durable » et contre « l’exclusion bancaire ». Ca fait joli, et ça marche encore.

Dix ans plus tard, en fait de « développement durable », l’Ecureuil est devenue une « vraie banque » : il s’est lancé à fond dans la spéculation. Jusqu’à la débâcle record de Natixis – près de 10 milliards épongés par les contribuables…

Retraites : des fonds de pension « à la française »

« Une tentative pour faire avancer la retraite par capitalisation au détriment des régimes par répartition » :voilà comment, durant la campagne de 1997, le porte-parole du PS, François Hollande, condamne les fonds de pension.

Changement de partition, à l’automne :
« la création d'un système de retraite par capitalisation (fonds de pension), en marge des régimes par répartition actuels, est de nouveau à l'ordre du jour. Le ministre des finances, Dominique Strauss-Kahn, a expliqué devant les financiers réunis par la Commission des opérations de Bourse (COB), mardi 9 décembre, qu'il allait relancer la réflexion sur les fonds de pension à la française »(Le Monde, 11/12/97).

C’est son dada, à DSK – et depuis un bail. Dès 1982, avec son ami Denis Kessler, ils publient L’Epargne et la retraite - un ouvrage qui plaide en faveur des « assurances vie ». Leurs trajectoires divergent, apparatchik socialiste pour l’un, dirigeant de AXA, puis de la Fédération française des sociétés d’assurance pour l’autre, mais les deux co-auteurs ne se quitteront plus. On dîne ensemble à la maison. DSK invite DK à s’exprimer devant les cadres du PS. DK invite DSK à s’exprimer aux Journées de l’assurance – contre 20 000 F. Et quand ils se retrouvent tous deux aux affaires, l’un comme « n°1 bis du MEDEF », l’autre comme maître de Bercy, les deux partenaires s’accordent pour créer des « fonds partenariaux » - un mot qui sonnait moins anglo-saxon.

Là encore, sa mise en examen – et les réticences des députés – bloqueront le projet. Mais le grand argentier n’a pas dit son dernier mot :
« Si on arrive à vivre 100 ans, déclarait-il en mai dernier sur France 2, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans, il va bien falloir que d'une manière ou d'une autre ça s'ajuste. Dans beaucoup de pays, c'est la voie qui est choisie. »Comme quoi, sur les grands projets, pour les grandes idées, le directeur du FMI peut se soucier de politique intérieure…

21 avril 2002 : la strauss-kahnisation de Jospin

Avant d’entrer à Matignon, Lionel Jospin le sermonnait :
« Ne répète pas ce que te disent les patrons », lui reprochait de « baigner dans le patronat », s’agaçait de ses dîners en tête à tête avec le CAC 40.

Mais aussitôt chef du gouvernement, il en fait son « conseiller particulier » :
« Le Premier ministre écoute beaucoup le ministre des Finances, le consulte chaque jour en dehors de sa sphère de compétence, sur tous les dossiers : DSK a même à Matignon un petit ‘réduit’ discret qui lui évite de faire des aller et retour à Bercy »(Le Point, 13 juin 1998). Et que lui répète alors le « réaliste », le « pragmatique » Dominique Strauss-Kahn, sur Vilvorde, sur Michelin, sur l’Europe ? Que « les marges de manœuvre sont très faible »<, qu’ « il n’y a pas d’autre solution », etc. Alors qu’une tentative de transformation réclame toujours, à gauche, une confrontation au monde, aux forces d’argent, à leurs médias, aux intérêts des élites, aux diplomaties conservatrices, Lionel Jospin « écoute » l’homme qui, dans son entourage, accepte pleinement cet ordre des choses – et lui recommande la même acceptation.

D’où une métamorphose que raconte, surpris, Le nouvel Economiste, au printemps 1999, titrant
« Jospin le libéral » : « C’était mardi 6 avril, devant l’auditoire très select de la Fondation Saint-Simon. Lionel Jospin était venu s’expliquer sur ses conceptions économiques : ‘J’ai évolué, a-t-il avoué ce jour-là. Sur certains sujets, je me suis étonné moi-même. J’ai découvert que la réalité était plus complexe que je ne le croyais.’ Au lendemain de l’élection présidentielle, quand il n’était que premier secrétaire du PS, devant ce même aéropage très gauche caviar, il était au contraire apparu comme le tenant d’une gauche frileuse hésitant à bousculer les dogmes, accrochée au secteur public, aux nationalisations et au volontarisme d’Etat. Lionel Jospin passait alors pour un archéo, un brin sectaire, brouillé avec les lois de l’économie de marché. Parpaillot affichant son mépris pour l’argent, à mille lieues des entreprises, des affaires, des sphères de la finance. Il y a trois ans et demi, devant les saint-simoniens, Lionel Jospin était mal à l’aise, tendu. Mais le 6 avril, il est apparu rayonnant, affichant sans complexes son pragmatisme de gauche, devant la crème de l’establishment, au cœur du temple de la pensée unique. »

« Mon programme n’est pas socialiste », proclamerait bientôt le gentil Lionel pour lancer sa gentille candidature à la présidentielle. Et il refuserait de rencontrer les salariés de Lu, un peu trop vindicatifs, trop virulents. Et il ne prononcerait pas une fois le mot « ouvrier »
, trop archaïque, d’après ses gentils communicants. Ouvrant un boulevard à gauche pour une myriade de méchants contestataires, et faisant largement fuir l’électorat populaire vers le méchant Le Pen…


Source : Hebdo Fakir

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