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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 07:53

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http://blog.mondediplo.net/2011-04-15-Le-prix-d-une-guerre

 

Les guerres, combien ça coûte – et par exemple celle que mène la France en Libye ? Cette question, volontiers considérée comme « triviale » à l’heure des grandes envolées humanitaro-onusiennes, a reçu de l’actuel ministre français de la défense, Gérard Longuet, une réponse fort churchillienne : « Ça coûtera beaucoup moins cher que le déshonneur de voir un peuple se faire massacrer. » Tant de soudaine sollicitude pour les peuples souffrants de la planète ne manque pas d’émouvoir. Mais n’empêche pas de tenter une estimation des coûts et surcoûts de ce que la communauté militaire nomme les « opérations extérieures »…

C’est un propos de Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances du roi Louis XIV : « Celui qui fait la guerre à meilleur marché est assurément supérieur à l’autre » [1]. Les soucis des gestionnaires actuels ne sont pas moindres. Eric Querenet de Breville, sous-directeur à la Direction du budget, se plaignait récemment devant des députés de ne pouvoir discerner les contours financiers des « opex » [2] : « La budgétisation et le financement des opérations extérieures sont un exercice difficile, qui s’apparente à du tir sur une cible mobile, se déformant dans le temps, dont la position nous est notifiée par le ministre de la défense sans qu’on puisse la vérifier, et dont la taille est approximative, puisqu’il s’agit d’une dépense évaluative ».

Jean-Paul Hébert [3], rappelait que les « coûts » dont on parle à propos des « opex » sont en réalité des surcoûts : il s’agit de la différence imputable à l’opération examinée par rapport au coût de l’unité en fonctionnement « normal », sur le territoire national.

Faute d’avoir accès aux documents comptables officiels, cet économiste spécialiste des questions de défense avait dû dépouiller cinquante trois rapports parlementaires pour tenter de rédiger un article sur « le coût des opex françaises » (Arès n°60, décembre 2008) : ces rapports fournissaient des informations parfois contradictoires, entre lesquelles il avait dû arbitrer. Au total, il estimait à 20 milliards les surcoûts en question, entre 1976 et 2008, soit entre 1,5 et 2 % du budget de la défense voté en loi de finances initiale.

Le jeu des relèves

Ce montant, qui a eu tendance à gonfler au début des années 1990, puis à partir de 2000, n’incluait que les engagements exceptionnels et réputés provisoires (même s’ils ont duré plus de vingt ans, comme au Tchad…), et non les frais occasionnés par les autres stationnements hors Hexagone : les 17 000 hommes en « forces de souveraineté » (en 2007), essentiellement dans les Dom-Tom ; et les 6 000 hommes des « forces de présence » (les bases permanentes en Afrique).

En ce début 2011, l’effectif des militaires directement engagés en « opex » est de 13 000 hommes environ, ce qui ne comprend pas les personnels d’état-major et de soutien des centres de commandement et bases dans l’Hexagone, mobilisés pour l’occasion. En outre, les militaires en « opex » sont relevés d’habitude tous les quatre mois (6 mois pour l’Afghanistan, 20 jours pour les pilotes), ce qui multiplie les effectifs …

Par ailleurs, les personnels dans les bases permanentes bénéficient d’une « indemnité de sujétion pour service à l’étranger », et les militaires en « opex » d’une prime de combat, avec pour tous des régimes particuliers de permissions. L’évaluation des surcoûts est encore rendue plus complexe à propos du matériel : on peut l’évaluer en quantité, mais est-ce à la valeur d’acquisition à l’origine, ou à leur valeur de remplacement ? En outre, le matériel est beaucoup plus sollicité, avec un taux d’usure et donc un coût de maintien en condition opérationnelle (MCO) plus important ; enfin, une partie est perdue au combat, ou laissée sur place (armement, véhicules, infrastructures), avec là encore un choix difficile entre valeur de remplacement ou valeur d’inventaire…

A la louche

Sans prétendre atteindre un tel degré de finesse financière, on peut tenter de cerner grossièrement les coûts des trois conflits les plus chauds du moment, auxquels participent les armées françaises : Côte d’Ivoire, Libye, Afghanistan (les autres opex « lourdes » mais moins actives sont le Liban et le Tchad). Et d’abord de la plus spectaculaire – la Libye – sachant que :

— l’heure de vol d’un chasseur Rafale est évaluée entre 12 000 et 20 000 euros (selon ce qu’on y inclut) ;

— une quarantaine de chasseurs français sont engagés dans les frappes en Libye depuis un mois (seize sur le porte-avions Charles de Gaulle, vingt-quatre sur la base de Solenzara en Corse) ;

— une vingtaine d’avions-radars, de ravitaillement ou de transport tactique (basés à Istres, Avord, Orléans) sont également mobilisés ;

— l’ensemble de ces appareils effectuent environ trente sorties par jour (soit neuf cents sorties environ, côté français, depuis le déclenchement des frappes) ;

— 3 200 militaires (2 600 sur les bateaux, 600 sur les bases à terre) interviennent directement ;

— l’heure de fonctionnement du porte-avions et de son escorte (présents sur zone depuis plus de trois semaines) peut être évaluée à 45 000 euros, environ (soit près d’un million par jour) ;

— un missile de croisière Scalp (équivalent du Tomahawk américain) vaut 750 000 euros (il en a été tiré onze par l’aviation française), les A2SM 150 à 200 000 euros, les bombes guidées GBU 50 000 euros l’unité ;

— une partie des heures de vol et des tirs peuvent être comptabilisés dans les quotas d’entraînement, quitte bien sûr à « lisser » ensuite au maximum les dépenses sur ces postes ;

— le tout dans un contexte de forte augmentation du coût des carburants (25 dollars de plus le baril, depuis la révolte en Tunisie)

Bref, sachant tout cela, et à la louche, on arrive à un coût (qui n’est qu’en partie un « surcoût » …) d’un montant d’un million et demi d’euros, en moyenne, par journée d’intervention en Libye, pour ce qui est des hommes et des matériels, compte non tenu des munitions (dont l’usage est très variable suivant les jours ou périodes).

Tendance à l’enlisement

Les Américains (dominants durant les deux premières semaines) s’étant retirés des frappes et ayant passé le commandement opérationnel à l’OTAN, la France et la Grande-Bretagne assurent pratiquement la moitié des actions offensives dans le ciel libyen. Pour la France seule, qui se veut leader « politique » de l’opération, la participation se monte à 20 % environ de l’effort général (lors de l’intervention au Kosovo, qui avait duré quatre-vingts jours, la France avait assuré un dixième de l’effort de la coalition).

En ces temps de restrictions budgétaires, et de baisse tendancielle de la plupart des crédits de défense, en tout cas dans les Etats européens, on est en droit de s’interroger sur le financement de surcoûts dus à des « aventures » militaires qui (comme c’est presque toujours le cas) ont, au surplus, tendance à s’enliser : l’opération en Afghanistan depuis 2002, Licorne en Côte d’Ivoire depuis 2004, l’actuelle intervention au Liban depuis 2008…

Dans l’immédiat, assure-ton officiellement, l’enveloppe « opex » prévue par avance dans le budget 2011 (soit 900 millions d’euros, contre 861 en 2010) épongerait le surcoût libyen … si du moins l’engagement ne s’éternise pas – car cela pourrait poser, notamment à l’armée de l’air, des problèmes sur les aéronefs, les personnels, et les munitions.

Le « Bush français »

Selon le porte-parole du ministère de la défense, « le niveau actuel des engagements français ne représente pas un pic, et reste en phase avec les moyens et le contrat opérationnel des armées », tel qu’il est défini par le Livre blanc de la défense, paru en 2008 [4]. Et on fait valoir que, pour renforcer Licorne en Côte d’Ivoire (passée de 900 à 1 800 hommes en quelques semaines), il a suffi de différer la relève d’unités sur place, et de prélever des compagnies déployées sur les bases au Gabon et au Tchad. Le coût annuel de la présence en Côte d’Ivoire en 2010 a été de 150 millions d’euros, et de 450 millions au bas mot pour l’engagement en Afghanistan.

Le surcoût d’ensemble des « opex » devrait cependant dépasser le milliard d’euros cette année (assez loin des 70 à 80 milliards de dollars de rallonge que l’ex-président américain George W. Bush demandait chaque année au Sénat pour financer ses guerres en Irak et en Afghanistan…). Une ardoise qui s’ajoutera à la considérable dette publique française, mais qui – pour celui qu’aux Etats-Unis on commence justement à appeler le « Bush français » – peut paraître modeste, si on la rapproche de retombées « immatérielles » : des guerres pour fabriquer du consensus hexagonal, et un président-chef de guerre pour tenter d’en cueillir les fruits, à un an de l’élection présidentielle [5] et faire oublier le social ; du grain à moudre pour les armées ; une vitrine pour les exportations (et notamment pour l’invendable Rafale de Dassault, à deux mois du Salon aéronautique du Bourget)…

Notes

[1] Cité par « Mon blog défense », 8 avril 2011.

[2] Audition du 5 mai 2009, mission d’évaluation et de contrôle du financement des opérations militaires extérieures, Assemblée nationale.

[3] Chercheur à l’EPHESS, où il animait un séminaire sur l’industrie de l’armement, jusqu’à son décès en juillet 2010.

[4] Cf. Nathalie Guibert, « Le temps, principal ennemi de l’armée française », Le Monde, 9 avril 2011.

[5] La classe politique, à quelques extrêmes près, ne trouve rien à y redire.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 11:56

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http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/04/14/01016-20110414ARTFIG00523-le-parrain-de-le-pen-ecroue-pour-proxenetisme-aggrave.php

 

 

Marine Le Pen, dont les liens avec Henri Botey, un proxénète présumé, remontent à son baptême en 1969, à Paris.  

 

Les liens de la présidente du Front national avec Henri Botey, mis en examen début avril et incarcéré à Fleury-Mérogis, remontent à 1969, lors de son baptême à Paris.

Des liens familiaux gênants. Henri Botey, le proxénète présumé qui a été arrêté le 4 avril par les policiers de la Brigade de répression du proxénétisme (BRP) de Paris, n'est autre que le parrain de Marine Le Pen. Ce lien remonte au baptême de la fille de Jean-Marie Le Pen, en 1969, à l'église de la Madeleine, à Paris. Une révélation encombrante pour la présidente du Front national, déjà lancée dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Sollicitée par Le Parisien, qui révèle cette information dans son édition de jeudi, cette dernière n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet, tout comme son service de presse.

Mis en examen pour proxénétisme aggravé à la suite de son interpellation, celui qui est plus connu sous le nom de «Monsieur Eric» dans le milieu de la nuit parisienne a été incarcéré en fin de semaine dernière à la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Autre prise de la BRP : Isabelle, une de ses complices âgée de 50 ans, a elle aussi placée en détention provisoire dans cette affaire.

Henri Botey, également surnommé «l'Empereur de Pigalle» ou «Rase-Mottes» en raison de sa petite taille, est accusé d'avoir tenu, en sous-main, deux bars le Lorelei et le Mucha, situé rue Frochot, à Pigalle - dans lesquels des hôtesses faisaient commerce de leurs charmes. Des soupçons confirmés lors du coup de filet des enquêteurs de la BRP, qui surveillaient de près les deux établissements depuis septembre 2010. Les policiers ont en effet pu assister à une scène, dans l'un des deux bars, au cours de laquelle une hôtesse monnayait ses faveurs avec un client. «Les hôtesses travaillaient ‘au bouchon', a confié au Parisien une source proche de l'affaire. Le client devait payer une bouteille de champagne, facturée entre 200 et 300 euros avant de pouvoir monter avec une fille. Il devait ensuite débourser 200 euros pour la passe. Si le client souhaitait quitter le bar avec l'une d'entre elles, il devait payer trois bouteilles».

«Il était très lié à Jean-Marie Le Pen»

Mais les bénéfices de ce «commerce» pour les gérants des deux bars ne s'arrêtaient pas là. Ils percevaient également un peu plus de 100 euros par client, pris en main par leurs hôtesses, ajoute le quotidien. «Les deux bars rapportaient environ 50.000 euros mensuels, poursuit la même source. Il n'y a rien au nom d'Henri Botey. Même l'appartement qu'il occupe est la propriété d'une société civile immobilière dans laquelle il a des parts». Au total, les policiers ont saisi au cours de leur perquisition près de 55.000 euros. Mais leur prise pourrait aller au-delà : une importante collection d'œuvres d'art, découverte dans l'appartement parisien, ainsi que dans le manoir normand d'Henri Botey, pourraient également faire l'objet d'une saisie.

L'homme, aujourd'hui âgé de 77 ans, «a démarré dans les années 1950 à Pigalle, en épousant une ancienne prostituée», raconte au Parisien un policier à la retraite. Originaire de Belfort et ouvrier boulanger de formation, il «a fait fructifier avec un certain sens des affaires, sa petite entreprise». «Il a échappé à trois tentatives de meurtre et semblait un peu éloigné du monde de la nuit», ajoute cet ancien policier, tout en affirmant qu'«il était très lié à Jean-Marie Le Pen».

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 16:43

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« Nous sommes à deux doigts du règlement du problème » claironnait Alain Juppé mardi dernier à l’Assemblée nationale concernant la situation en Côte d’Ivoire. « C’est une question d’heures », affirmait le lendemain sur France Inter, le ministre de la Défense, Gérard Longuet. La réalité est différente : les troupes dites « républicaines » de M. Ouattara encadrées par des officiers français et armées par Paris font du sur place à Abidjan malgré un ambassadeur sarkoziste à la sauce coloniale jouant les Rambo et des forces « spéciales » très enclines à embarquer des équipes de télévision à bord de leurs hélicoptères. Ridicule.

En Libye, Sarkozy prédisait une opération « éclair ». Mirages et Rafales à la sophistication reconnue devaient anéantir en quelques jours les « mercenaires » pro-Kadhafi. Un jour, la météo est mauvaise, l’autre les bombes pleuvent sur les « rebelles », un autre sur des populations égarées. Ridicule.

Les nouveaux « chefs de guerre » français sont-ils des incapables ou plus simplement de simples furieux. Les deux mon général, assènerait le dernier des bidasses. Ils s’enlisent en Afghanistan, en Libye et en Côte d’Ivoire. Quelles que soient les issues à ces trois conflits, les gouvernants français auront gagné sur un seul point : la haine des peuples à leur égard.


José Fort

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 18:19

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Il y a des moments où l’amour du prochain doit prendre le pas sur la politique. Je crois qu’il est temps d’avoir une pensée émue pour « le meilleur d’entre nous », selon la formule de Jacques Chirac, le dégagé du front, le Bordelais d’adoption venu des Landes, l’homme qui sait rester « droit dans ses bottes », l’ancien exilé sur les rives canadiennes, l’ex candidat à n’importe quoi, le maire d’une ville qu’il ne veut pas quitter.

 

Bref, nous évoquons ici Alain Juppé devenu ministre d’Etat et des Affaires étrangères par la grâce de son vieux compagnon, ami fidèle, homme de courage, de sobriété, d’humilité, Nicolas Sarkozy.


Brave Alain Juppé. Il nous avait quittés dans une grande solitude, soumis à toutes les vexations indignes pour un homme de cette stature. En l’espace d’un mois, il vient de prendre sa revanche en revenant sur la scène nationale et internationale. Lui, et lui seul, peut afficher un bilan hors du commun : deux guerres à son actif en moins de trente jours. De quoi rêver.


José Fort

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 18:23

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http://blog.mondediplo.net/2011-04-05-Les-soldats-francais-en-Cote-d-Ivoire-pour-la

 

Les hélicoptères « MI-24 » blancs de l’ONU qui tirent des roquettes sur les derniers réduits de Laurent Gbagbo… Les « Gazelle » françaises qui détruisent au canon les chars et batteries des forces restées fidèles au président sortant… La « bataille d’Abidjan », déclenchée après quatre mois de contestations, blocages, médiations, palabres, puis dans un contexte de guerre civile larvée, de massacres interethniques, et de chaos urbain, s’est jouée au final sur cet engagement soudain de la « communauté internationale », jusque-là réputée « impuissante ». Et de l’ancienne puissance coloniale, qui pourtant se jurait de ne plus jamais rééditer les « exploits » du passé. Tout cela au prix d’une dangereuse tombée des masques… même si c’est en principe pour la « bonne cause ».

 

Un engagement français chasse l’autre. « Quitte ou double » ? « Tournant majeur » ? « Engrenage fatal » ? « Paris à l’assaut du camp Gbagbo » [1] ? En tout cas, ces salves dans la nuit de lundi à mardi, contre certains des armements de supériorité dont disposait encore le président déchu, ont constitué un sacré coup de main en faveur du camp Ouattara, dont les combattants butaient depuis samedi sur les défenses des unités restées fidèles à Laurent Gbagbo.

Le porte-parole de l’état-major français a précisé que ses soldats n’avaient pris pour cibles que « des casernes, des armes lourdes et des véhicules blindés », en vertu du mandat de l’ONU. Les blindés du camp de gendarmerie d’Agban, la poudrière et le camp d’Akouedo (qui abrite trois bataillons de l’armée pro-Gbagbo), le quartier général de la garde républicaine, ainsi que des batteries autour de la résidence présidentielle et du palais semblent avoir été pulvérisés.

A la faveur des frappes aériennes qu’elles attendaient depuis plusieurs jours, les Forces républicaines (pro-Ouattara) ont pu progresser dans les quartiers d’Abidjan. Selon la plupart des observateurs, mardi à la mi-journée, ce n’était plus « qu’une question d’heures ». Le général Philippe Mangou, chef d’état-major de l’armée de M. Gbagbo, affirmait alors que ses troupes ont « arrêté les combats » contre les forces d’Alassane Ouattara et il « demandait un cessez-le-feu » à l’Onuci, pour « protéger les populations, les militaires, partant la Garde républicaine commise à la sécurité du président de la République, le président de la République lui-même et sa famille, et les membres du gouvernement ». Ces derniers négociaient, disait-on, leur reddition…

« Forces impartiales »

Durcissement des moyens de l’ONU. A la mi-février, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) – forte d’une dizaine de milliers de casques bleus, mais peu armée – avait révélé que des hélicoptères de combat avaient été mis à sa disposition pour lui permettre de renforcer son dispositif de sécurisation, afin d’assurer « la protection des civils, la protection de l’hôtel Golf (où se trouve retranché le vainqueur de la présidentielle ivoirienne selon la communauté internationale Alassane Ouattara), ainsi que la sauvegarde des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre ». En outre, le mandat des 500 Casques bleus issus de la Mission des Nations unies au Libéria (MINUL), qui avaient été mis à la disposition de l’Onuci pendant l’élection présidentielle, avait été renouvelé pour trois mois, dans l’attente du renfort de 2 000 soldats supplémentaires promis par le Conseil de sécurité (mais dont une partie seulement avaient pu être acheminés en Côte d’Ivoire).

La force Licorne, à puissance variable. Cette force militaire française, dont les effectifs avaient été réduits ces dernières années, passant de 2 600 à 900 hommes, était restée en attente pour assurer la protection de l’importante communauté française (12 000 personnes, dont plus de la moitié de double-nationalités) et servir de force de réaction rapide, au profit de l’Onuci. Elle faisait partie, avec les casques bleus, de ce qu’on appelait les « forces impartiales », pour les distinguer des forcés belligérantes ivoiriennes. Dans la pratique, elle s’était retirée de l’ancienne ligne de front qui avait séparé le nord et le sud de la Côte d’Ivoire à partir de 2002 ; elle restait cantonnée à Abidjan, et n’avait jamais été sollicitée par l’Onuci.

Au fil de la dégradation du climat politique, ces derniers mois, Licorne avait été à nouveau renforcée, passant à 1200 hommes fin janvier ; et complétée ces derniers jours par trois compagnies de légionnaires, de parachutistes, et d’éléments des forces spéciales, prélevées notamment sur les bases françaises au Gabon et au Tchad – jusqu’à constituer un effectif total de 1 650 hommes. Ainsi se vérifie, à nouveau, qu’avec ce réseau de bases en Afrique, actuellement en cours de démontage au moins partiel, Paris dispose – sur un plan technique ou politique – d’une « boîte à outils » militaire qui n’a pas d’équivalent dans le genre.

Vide sécuritaire

Engagement glissant. C’est, une fois de plus, ce que l’on constate dans les cas où une force étrangère est en place dans un pays (comme la force dite « Licorne » [2] en Côte d’Ivoire), avec le souci de la protection des ressortissants étrangers (c’est la mission numéro un de Licorne, détachement provisoire, depuis la dissolution du 43e Bataillon d’infanterie de marine à la demande des anciennes autorités ivoiriennes), mais se retrouvant de proche en proche à faire le coup de feu (soit pour assurer l’exfiltration, dans des conditions parfois périlleuses, d’étrangers dont la sécurité est menacée ; soit pour modifier un rapport de forces, et faire pencher une balance, en application de directives politiques).

Au siècle dernier de nombreuses interventions françaises d’urgence en Afrique, menées sous couvert du sauvetage de ressortissants, avaient débouché sur des processus de « pacification », de présence sur le long terme (avec accusation « d’occupation »), de coopération militaire plus ou moins clandestine, etc., comme au Zaïre, au Congo, en Centrafrique, au Rwanda, au Tchad…

L’inévitable engrenage. Cette participation, même limitée dans le temps, aux combats contre les irrédentistes ivoiriens, a valu aux militaires français d’être à nouveau accusés par les partisans de l’ancien président de vouloir la mort de Laurent Gbagbo, d’occuper la Côte d’Ivoire, etc. L’avocat Jacques Vergès, qui affirmait lundi vouloir porter plainte contre les responsables français pour « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre », a été jusqu’à souhaiter qu’Abidjan devienne « le tombeau des envahisseurs » !

La France s’est retrouvée « aspirée » par le conflit ivoirien, alors qu’elle avait la hantise du scénario de 2004, qui avait débouché sur un affrontement direct. Mais, cette fois, il n’y a pas eu d’engagement au sol face à la foule ou aux combattants pro-Gbagbo, les seuls soldats déployés dans les quartiers ayant été chargés de l’exfiltration des ressortissants étrangers se sentant menacés.

Des obus dans la ville

Paris, comme l’ONU, s’est défendu « d’entrer en guerre » contre la Côte d’Ivoire, comme n’ont pas manqué de l’en accuser les partisans de Gbagbo. Côté français, la justification « politique » de l’intervention a été appuyée sur une série de constatations :

— les troupes de Laurent Gbagbo tiraient, depuis plusieurs semaines, des obus en pleine ville, notamment dans le grand quartier d’Abobo (une des places-fortes des partisans d’Alassane Ouattara) ;
— elles s’en prenaient également, depuis quelques jours, aux soldats, puis au siège de l’Onuci ;
— le vide sécuritaire, et le chaos s’installaient dans la capitale économique, ainsi que dans certaines villes de province, comme Duékué, dont la prise par les forces pro-Ouattara avait donné lieu à des massacres interethniques ayant fait plusieurs centaines de victimes ;
— le président sortant avait promis, naguère, de « braiser » la capitale, s’il son régime était attaqué, il a commencé au milieu de la semaine dernière à armer ses jeunes patriotes – le plus souvent des désœuvrés des quartiers, invités à servir de « boucliers » en cas d’attaque contre leurs champions, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé (son ministre de la jeunesse, qui avait déjà mené en 2004 des expéditions punitives contre la communauté française) ;
— l’exécutif ivoirien régulièrement élu (sous les auspices de l’ONU) restait assiégé depuis plus de trois mois dans l’hôtel Golf, à Abidjan, où il résidait depuis le scrutin, sans pouvoir exercer la plénitude de ses pouvoirs ;
— en outre, depuis plusieurs semaines, les accusations pointaient sans cesse le « double discours » de la dite communauté internationale : offensive en Libye, mais attentiste en Côte d’Ivoire …

Demande urgente

L’habillage politico-juridique. Il est celui de la légalité internationale : les résolutions successives du Conseil de sécurité mandatent la force des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) pour faire respecter cette légalité. Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, avait adressé dans une lettre datée du 3 avril une demande d’aide à Nicolas Sarkozy :

« Il est urgent de lancer les opérations militaires nécessaires pour mettre hors d’état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les casques bleus. L’Onuci a identifié de multiples emplacements concernant ces armes. Etant donnés la nécessité de lancer les opérations contre tous ces emplacements de façon simultanée et les moyens militaires limités de l’Onuci, je vous serais reconnaissant de bien vouloir autoriser, de façon urgente, la force « Licorne », qui est mandatée par le Conseil de sécurité pour appuyer l’Onuci, à exécuter ces opérations conjointement avec l’Onuci. »

« Les hélicoptères des forces françaises visent des armes lourdes et des détachements de blindés utilisés contre la population civile », expliquait donc lundi l’état-major des armées à Paris, en réponse à la demande de l’ONU : des armes qui ont été utilisées ainsi ou pourraient l’être, mais qui dans l’immédiat sont bien des armes d’un belligérant contre un autre. Les frappes lancées par les troupes françaises et celles de l’ONU « visaient à protéger les civils et non à s’attaquer au président sortant Laurent Gbagbo », assurait le secrétaire général des Nations unies : certes, mais – comme dans le cas libyen – l’objectif final non-dit était bien de se débarrasser, d’une manière ou d’une autre, du fauteur de trouble du moment... ce qui semble avoir été fait.

Les Européens et les Américains s’en sont lavé les mains. Le président américain Barack Obama a simplement exhorté à nouveau lundi le président ivoirien sortant à respecter la volonté de ses compatriotes, et à « cesser de revendiquer la présidence ». Et Catherine Ashton s’est contentée, au nom de l’Union européenne, de répéter son message consensuel, mais qui n’implique aucune modalité pratique : « Alassane Ouattara est le président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire et Laurent Gbagbo (doit donc) se retirer immédiatement et se livrer aux autorités légales. La mission des Nations unies en Côte d’Ivoire doit pouvoir pleinement exercer son mandat de protéger la population civile. »

Des Européens tentés – comme le souligne notre confrère du site Bruxelles2 – de laisser la France se débrouiller, pour le meilleur ou pour le pire : elle a des relations historiques et encore des intérêts en Côte d’Ivoire, et connaît mieux le terrain. Les armées de ces pays sont occupées en Afghanistan, voire en Irak, et certaines en Libye : elles sont donc à la limite de leurs capacités. Certaines ont en outre des limites constitutionnelles à leur engagement sur le terrain : Allemagne, Autriche, Irlande. Et toutes doivent compter avec des restrictions budgétaires …

Danger d’instabilité

Quelques questions en suspens, parmi beaucoup d’autres :

— par qui sont pilotés ces hélicoptères armés de l’ONU [3] et quel est leur statut : sont-ils des « casques bleus » dépendants d’un pays, ou des sortes de mercenaires, l’ONU ayant pris le tournant de la « privatisation » de sa propre armée ?
— comment les « forces nouvelles » des ex-rebelles du nord ont-elles pu se reconstituer aussi vite et bien, au point de faire figure – sous le nom de Forces républicaines – d’une véritable armée-bis, avec équipement, encadrement, etc. ?
— comment Laurent Gbagbo, malgré quatre mois de sanctions économiques et autres, a-t-il fait pour fidéliser auprès de lui, jusqu’au bout, certaines unités d’élite de son armée ?

Et des interrogations majeures :

— comment la Côte d’Ivoire, où la légitimité est imposée à coups de canon (tout comme la « liberté » en Libye l’est en ce moment par le truchement des chasseurs de l’OTAN), va-t-elle pouvoir se relever ?
— l’arrivée au pouvoir de Ouattara, au surplus dans ces conditions dramatiques, marque-t-elle un basculement géopolitique, avec une Côte d’Ivoire plus nordiste et musulmane, ou la coupure entre les deux Cote d’Ivoire va-t-elle rester sensible, malgré le règlement du contentieux politique ?
— faut-il craindre, comme prix de ce rétablissement nécessaire d’une légalité internationale bafouée, le retour à une instabilité de fait, qui achèverait de mettre la Côte d’Ivoire à genoux, et ne serait pas sans conséquences sur toute cette fragile région ouest-africaine (Liberia, Guinée, Burkina) ?

Notes

[1] Ce dernier titre est du quotidien Libération du 5 avril 2011.

[2] Les chefs militaires sont de grands poètes, férus de culture gréco-latine, amateurs de sciences héraldiques, etc. Ainsi ont-ils choisi, pour leur contingent en Côte d’Ivoire, cette licorne, animal légendaire : un cheval à corne frontale, pattes d’antilope, queue de lion, barbe de chèvre…

[3] Les pilotes seraient ukrainiens.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 18:15

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http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/62520/date/2011-04-05/article/213/

Pour le sociologue Eric Fassin, le rejet du multiculturalisme auquel se livre l’Etat depuis plusieurs années a fini par conduire à de dangereux amalgames.

Le président de la République déclarait le 10 février sur TF1 que le multiculturalisme était " à l'origine de bien des problèmes de notre société". Sur la même ligne qu'Angela Merkel en Allemagne et David Cameron en Grande-Bretagne, qui eux aussi estiment que le multiculturalisme a "échoué" parce qu'il était "en contradiction avec nos valeurs". Comment expliquer ce rejet radical et soudain du multiculturalisme qui vient désormais du sommet de l'Etat ?

Eric Fassin - En 2003, quand il mettait en place le Conseil français du culte musulman, Nicolas Sarkozy se voulait multiculturaliste. Il espérait contrôler les banlieues par le moyen de l'islam organisé. Or, les émeutes de 2005 ont marqué l'échec de cette stratégie : elles n'étaient pas le fait des islamistes, bien sûr, mais les autorités musulmanes ne sont pas parvenues à les empêcher non plus.

En 2007, avec le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, Nicolas Sarkozy redéfinissait sa stratégie. Toutefois, il prétendait encore compenser son discours négatif sur l'immigration par un discours positif sur la diversité. On voit aujourd'hui qu'il a renoncé à cet équilibrisme : il n'est plus question de diversité. Immigration et islam fournissent désormais les deux arguments centraux de la France sarkozyenne : l'identité nationale, on l'a vu lors du "grand débat" de 2009-2010, se réduit à une construction négative, réactive et réactionnaire.

Pourquoi ces glissements progressifs vers le ressentiment ? Le moteur en est l'échec. Nicolas Sarkozy est condamné à la fuite en avant parce qu'il échoue sur tous les fronts - chômage, pouvoir d'achat, diplomatie, insécurité, etc. Il se replie donc sur une politique du ressentiment. Non qu'elle soit efficace... Mais, nous le disions en 2010 dans le deuxième volume de Cette France-là à propos de l'immigration, et il en va de même pour l'islam : si le président continue dans cette voie malgré tout, c'est faute d'avoir autre chose à offrir.

Aujourd'hui, comment définiriez-vous ce moment de basculement politique dans le rejet de la culture musulmane, dans cette fuite en avant "culturaliste" ?

S'il faut craindre l'immigration, nous dit-on, c'est qu'elle serait porteuse d'une contamination islamique - voir la loi sur la burqa. S'il faut craindre l'islamisme, ajoute-t-on, c'est qu'il provoquerait un afflux d'immigration - voir les réactions face aux révolutions arabes. Autrement dit, quelle que soit la question, la réponse ne change pas : l'islam, à cause de l'immigration ; ou l'immigration, à cause de l'islam.

Cette monomanie nous permet de comprendre que le rejet du multiculturalisme mène en soi au monoculturalisme. On parle tantôt des racines chrétiennes de la France, tantôt de l'héritage républicain de la laïcité. L'incohérence révèle le véritable enjeu. On patrimonialise la nation pour en réduire la définition aux Français de souche. Autrement dit, en fait d'histoire de France, c'est l'affirmation d'une identité nationale blanche. Rien ne sépare plus la droite de l'extrême droite.

L'intégration fonctionne-t-elle plutôt bien ou plutôt mal en France ?

On peut poser la question de l'intégration pour des étrangers. Mais la poser, comme le fait le Président, non seulement pour les immigrés mais aussi et surtout pour leurs enfants ou leurs petits-enfants, c'est considérer que ces Français "issus de l'immigration", comme on dit de manière significative, restent au fond étrangers. Bref, on définit certains Français en les ramenant toujours à leur origine. Il s'agit non pas de prétendre qu'il n'y a pas de problème, mais de changer de grille de lecture. Le problème n'est pas l'intégration mais la ségrégation, la discrimination. Donc, le problème, ce n'est pas qu'il y a des Français d'origine étrangère, mais qu'on les traite comme des étrangers à la nation. Autrement dit, la rhétorique de l'intégration fait partie du problème, pas de la solution.

Le voile et la prière dans la rue semblent deux points de fixation du rejet de l'islam. Comment interprétez-vous ce double rejet ?

Dans les deux cas, il s'agit de visibilité. On tolère l'islam à condition qu'il soit discret : on lui interdit de s'afficher dans l'espace public. Autrement dit, on lui demande de rester privé - ce qu'on n'exige pas du catholicisme (songeons aux processions). Nous voilà dans une logique de tolérance, non de reconnaissance. Cela me rappelle les discussions sur l'homosexualité dans les années 90 : on tolérait les homosexuels mais on les enjoignait à rester discrets. Sinon, l'homophobie se déchaînait contre la visibilité (comme la Gay Pride) et contre les demandes de reconnaissance (le Pacs). L'homophobie représentait donc l'envers de la tolérance. De même, l'islamophobie constitue aujourd'hui l'autre face de la tolérance ostensible pour l'islam.

Existe-t-il selon vous une islamophobie développée en France ? Le monoculturalisme, ce repli sur une identité nationale racialisée, correspond-il à une aspiration partagée par beaucoup de nos concitoyens ou à un pur fantasme d'une droite devenue raciste ?

Les politiques, à commencer par notre président, prétendent seulement refléter l'opinion. En réalité, ils s'emploient à la façonner. L'opinion ne préexiste pas aux représentations de la société que proposent, en particulier, les politiques. Les Français ne sont pas racistes, xénophobes ni islamophobes par nature. Ces tendances existent, bien sûr, mais elles coexistent avec d'autres, opposées. La politique encourage certaines potentialités de l'opinion au détriment d'autres. Aujourd'hui, la politique de la droite populiste, en France et ailleurs en Europe, attise ces braises.

Pourquoi cet embrasement européen ? Le problème ne vient pas que de la droite mais aussi de la gauche. Trop souvent, celle-ci ne propose pas un autre langage. Elle se contente d'offrir une version "à visage humain" du discours de la droite : même si ses réponses sont différentes, elle part des mêmes questions. C'est là le signe de l'hégémonie idéologique de la droite : elle impose ses questions même à ses adversaires.

Tout espoir n'est pas perdu pour autant. La stratégie du président ne paie pas ou ne paie plus : il veut certes représenter l'opinion, mais celle-ci ne le suit pas. On l'a bien vu avec le débat sur l'identité nationale ou les attaques contre les Roms : la cote du président n'a pas remonté. La gauche pourrait finir par le comprendre. Il lui faudrait alors refuser d'aller sur ces terrains pour se concentrer sur d'autres problèmes qui concernent directement les électeurs.

propos recueillis par Jean-Marie Durand

Eric Fassin est professeur à l'Ecole normale supérieure et chercheur à l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux. Il est coauteur de Cette France-là (deux volumes parus en 2009 et en 2010, troisième volume à paraître en 2011).

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 12:23

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http://www.rougemidi.org/spip.php?article5777

 

La présidente du Front national et future candidate à la présidentielle de 2012 cherche depuis plusieurs années en Israël et en France à gagner le vote juif. Une stratégie de rupture avec son père soigneusement élaborée.

« Pression trop forte », « cela prenait des proportions trop importantes ». Sous la colère des associations juives, dont le Crif, Radio J a renoncé à recevoir Marine Le Pen dans son émission politique du dimanche 13 mars. L’invitation de Marine Le Pen sur cette radio juive avait surpris et choqué. Et pourtant l’offensive de Marine Le Pen auprès des électeurs juifs n’est pas récente. La nouvelle présidente du Front national n’a de cesse de faire oublier l’antisémitisme chevillé au corps de son père.

D’ailleurs, ce modernisme incarné par Marine Le Pen, ses discours plus policés et acceptables, commencent à avoir un impact sur le vote juif. Cela fait même des années que celle qui n’était pas encore la présidente du Front national ni la probable future candidate à l’élection présidentielle de 2012 en fait beaucoup pour s’attirer les faveurs des juifs français et aussi des quelques dizaines de milliers de juifs binationaux français et israéliens. Elle a deux atouts non négligeables : sa personnalité –Marine Le Pen séduit les juifs quand Jean-Marie les révulsait– et son hostilité délibérée et affirmée à l’égard de l’islam.

Marine Le Pen m’avait accordé en septembre 2008, en tant que journaliste israélien et dans les locaux de son parti, une interview d’une heure, entièrement enregistrée pour contrecarrer les éventuels démentis sur les propos tenus. Elle y exposait déjà en détail la stratégie qu’elle a suivie depuis. Marine Le Pen a puisé auprès de Philippe de Villiers sa technique d’approche de la communauté juive en caressant l’Etat d’Israël dans le sens du poil. Il avait pour habitude de se placer au premier rang de toutes les manifestations pro-israéliennes pour drainer à lui la frange nationaliste juive. La place étant libérée depuis son retrait de la vie politique, Marine Le Pen s’est bornée à se substituer à de Villiers.

Lors de l’interview qu’elle m’a accordé, elle expliquait vouloir chasser sur les terres sarkozystes du vote « communautaire ».

« Je crois que Villiers avait une démarche électoraliste qui ne trompe personne. Moi, je ne vais pas chercher des voix car je pense que nos compatriotes juifs sont assez intelligents pour se rendre compte, encore une fois, que Jean-Marie Le Pen porte un programme qui est un programme de sauvegarde de la France. Or personne n’a envie de voir disparaître notre pays qui n’a jamais été aussi menacé depuis très longtemps, que ce soit par la suppression de ses frontières, que ce soit par l’Europe de Bruxelles ou par le communautarisme. C’est vrai que la communautarisation de notre société, notamment par l’islamisme, est à mon avis un véritable cancer. Je crois que les juifs se rendent compte de cela et par conséquent, ils vont se tourner d’eux-mêmes vers nous. Moi je ne veux pas aller chercher les voix niche par niche, en faisant des promesses inconsidérées. Nous avons tous, et nous le savons, un destin commun dans une nation à laquelle nous tenons et rien que cela nous suffit pour marcher main dans la main. Je trouve que les démarches consistant à chercher brutalement des voix ne me paraissent pas être une manière honnête de faire de la politique. »

Plus étonnant encore, Marine Le Pen fait une percée en Israël où un courant de sympathie se développe à son égard dans la communauté francophone. Elle s’appuie sur les éléments les plus extrêmes qui lui servent de fer de lance pour répandre ensuite la propagande frontiste dans la communauté juive française. De nombreux emails provenant ainsi du site haineux Humanoide sont renvoyés à destination des juifs d’Israël et de France. La haine est leur fond de commerce. La haine de l’arabe, la haine du gouvernement israélien jugé timoré, la haine des travaillistes et des centristes de Kadima, la haine des gens de gauche décrits comme « vermines gauchistes juifs », la haine du grand Rabbin de France Gilles Bernheim et enfin la haine des membres du Crif. Marine Le Pen est la seule à avoir grâce à leurs yeux.

Leur argument unique est que le Front national est le seul parti qui s’en prend aux arabes. Ils occultent le fait que les adorateurs de Pétain, des collaborateurs de la SS et des néo-nazis européens sont à l’origine du FN. On trouve parmi eux pêle-mêle les nostalgiques de l’OAS et des paras d’Alger, des sympathisants de Bigeard et des extrémistes religieux juifs. « Reverra-t-on bientôt, les joyeuses ratonnades de notre jeunesse ? Ou bien faudra-t-il ressusciter l’OAS ? Les combattants sont prêts mais il nous manque Salan », écrivent-ils.

Ils ont été rejoints par les sympathisants du rabbin Meir Kahane, ancien chef du parti raciste interdit en Israël Kach. Le principe que les ennemis de mes ennemis sont mes amis reste une bien étrange justification avec pour corollaire l’appel permanent au meurtre des juifs qui n’approuvent pas leurs idées.

Leur profession de foi est explicite :

« Il faudra être pédagogue avec les hésitants et il faudra rassurer les craintifs irrationnels. Le principal argument c’est la nouvelle présidente du FN. En effet, même si elle porte le nom de son père et qu’elle y reste attachée, elle n’a gardé que la partie vraie et forte du discours paternel. A savoir, la France est en cours d’invasion musulmane. Elle a officiellement abandonné les saillies antijuives de son père. Même si probablement, des antijuifs nostalgiques continueront pendant quelques temps à se faire remarquer dans le parti. Mais quelle importance ? Alors, nous cracherons avec mépris sur les abrutis qui auraient l’impudence de parler de l’antisémitisme du FN, tout en frayant avec les antijuifs actifs des autres partis. »

Devant cette forme de complicité, Farid Smahi, membre pendant quinze ans du FN, accuse son parti d’être financé par Israël.

On peut se rassurer en expliquant qu’il s’agit d’une minorité d’agités et de déséquilibrés bons pour l’asile. Mais le très sérieux quotidien Haaretz se demande lui aussi à juste raison si « l’image modérée de Marine Le Pen ne constitue pas une menace plus insidieuse que celle de son père ». D’autant plus qu’elle n’hésite pas à mettre en avant des frontistes juifs. Et son offensive méthodique porte ses fruits dans la communauté juive française.

A l’occasion d’un récent voyage à Paris et au cours de plusieurs réunions, des juifs sépharades mais aussi, ce qui est nouveau, ashkénazes (originaires d’Europe), assumant leur appartenance à la communauté m’ont ouvertement annoncé, sans hésitation et sans trouble, qu’ils voteraient lors de l’élection présidentielle de 2012 en faveur de Marine Le Pen. La menace n’est pas une vue de l’esprit.

 

Article de Jacques Benillouche - Journaliste indépendant (Israël)

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 12:03

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http://blog.mondediplo.net/2011-03-28-Un-peuple-sur-mesure

 

 

C’est parti pour 2012. Les sondages fleurissent tout au long d’une campagne permanente. Une répétition un peu lassante. Elle ne sert pas la démocratie. Bien sûr, cette expression n’est pas plus directe que les corps intermédiaires que George Gallup voulait reléguer. Les sondages posent les questions que posent ceux qui les paient. Ils finissent par étouffer tout débat d’idées et de projets tant ils font de la politique une lutte de personnes. C’est une course de chevaux, une pauvre opposition de candidats ramenés à leurs egos, leurs sourires, leurs vies privées. A coup sûr, ils ont des programmes, ils ont peut-être même des convictions qui vont au-delà de leur personne. Le feuilleton les efface. Il est un moment où l’apparence élimine la substance.

Aucun fondateur de la démocratie ne renierait l’idéal d’un peuple de citoyens autonomes faisant un choix de destin et non un choix de personnes auxquelles remettre son destin. Les plus prudents y mettaient sans doute des conditions d’aptitude. Les plus enthousiastes rêvèrent même d’un mandat impératif impossible à réaliser. Les sondages tirent massivement la politique vers le contraire, la remise de soi à l’autorité, la confiance aveugle à des chefs. Ce n’est pas le moindre paradoxe que l’instrument de l’expression directe des fondateurs des sondages contribue à ce point à restaurer une autocratie plébiscitaire. Associés à des institutions comme l’élection du prince, ils contribuent à ramener les citoyens à un statut de mineur. Car, est-ce autre chose que de demander si on est favorable ou défavorable, quel avenir on voit, si on a plutôt confiance ou plutôt pas confiance en un tel ou une telle ? Et de demander si l’élection avait lieu demain pour quelle personne on voterait, en sachant que l’élection n’a pas lieu demain et qu’on ne connaît même pas le nom des candidats entre lesquels on aura à choisir…

Au moins peut-on espérer ramener les sondeurs à un usage plus respectueux des gens et de la démocratie. Il serait si heureux que la profession s’impose une discipline. Vain espoir si on se fie aux résultats de l’action des instances professionnelles européenne (Esomar) ou française (Syntec). Elles ont été incapables de lutter efficacement contre les dérives, c’est-à-dire contre la logique du profit qui est celle de toute entreprise économique. Alors, il faut se tourner vers les règlementations publiques, même si la première loi a fait la démonstration de son échec. Il faut surtout se tourner du côté de citoyens critiques. Or, si le sondo-scepticisme est largement répandu, il est souvent mal fondé, par exemple lorsqu’on approuve les « bons » sondages et réprouve les « mauvais » selon qu’ils font plaisir ou dérangent. Le travail d’éducation scientifique est nécessaire à la citoyenneté.

On ne prétendra pas convaincre les réticents qui affirmeront encore que « les autres » l’ont fait avant, qu’ils ont fait pire, voire qu’il en a toujours été ainsi. Nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Combien sont-ils qui préfèrent être dupes que renoncer à leur opinion ? Les arrière-pensées sont transparentes et les dénégations pauvres. Il faut faire droit cependant à une objection. Ce n’est pas celle du « rien de nouveau sous le soleil », puisque justement, la rationalisation du travail politique, avec ses méthodes et ses dépenses de plus en plus importantes, montre suffisamment que les choses changent. Par contre, les objectifs auxquelles prétendent répondre les méthodes rationalisées du marketing politique viennent de loin. Alexis de Tocqueville l’avait formulé avec subtilité à propos de l’instauration du suffrage universel discernant « un effort immense pour apprivoiser le nouveau maître ». Il s’agissait alors de former les citoyens à la discipline électorale. Il n’était pas évident d’abandonner les pulsions de la révolte et de modérer les passions. Nous en sommes les produits. Cela ne suffisait pas. Comment encore et toujours obtenir le consentement ? Il est devenu difficile de répudier le maître par la contrainte. Il restait la persuasion. Apprivoiser l’ancien maître, tel est le programme que se sont données les spécialistes de la propagande, dont l’efficacité dépend d’abord de la dénégation de cette propagande, c’est-à-dire des procédés grossiers et parfois subtils utilisés à satiété par les dictatures.

On comprend que le développement de la réflexion en marketing ait donné à ses stratèges la certitude de détenir la formule. Croyance nécessaire sans doute pour convaincre des clients et vendre ; confiance confortée par de nouveaux instruments. La mesure, telle est la clef de la domestication des dominés selon cette autre expression paradoxale de Max Weber qui subsume le paradoxe démocratique : un maître dominé par des dirigeants qui n’ont d’autre légitimité que de le servir. Il existe une certaine continuité entre l’opération électorale, qui consistait à compter les voix pour instituer le nombre en souverain, et les opérations de marketing, qui insinuent le nombre dans toutes choses, avec la segmentation de la population en catégories, cibles, clientèles, pour mieux s’adresser à chacune. Jusqu’au discours intime et faussement personnalisé du storytelling, démentant l’opération d’objectivation par laquelle il a été construit, pour mieux saisir les attentes, pour exhiber ensuite le consentement massif auquel il serait difficile et quelque peu impudent de résister.

Autant la disciplinarisation des électeurs peut passer pour une condition nécessaire d’une lutte politique pacifiée, autant la formule est un danger pour la démocratie. Elle suppose de réintroduire le mécanisme censitaire au cœur de la compétition, non sous sa forme légale de limitation du droit de vote aux riches, mais comme capacité à ériger l’argent en arbitre de la performance. Cela n’est pas encore réalisé, objectera-t-on avec raison, même dans les pays où la ploutocratie électorale est la plus avancée comme aux Etats-Unis. Il ne suffit pas (encore ?) de dépenser des fortunes en publicité électorale pour l’emporter. Il faut aussi des méthodes plus subtiles, comme ne manqueraient pas de le faire remarquer les spin doctors. En oubliant presque qu’ils se font payer aussi et contribuent à la montée du rôle de l’argent.

Les méthodes rationalisées du marketing politique représentent un autre danger qui est celui de l’objectivation. Le paradigme de la mesure consiste en effet à objectiver le peuple dans ses catégories, strates, segments utiles, c’est-à-dire utiles pour le contrôler. En somme, un peuple sans cesse mesuré devient un peuple sur mesure. Cela transforme la perception même du peuple. L’objectivation va de pair avec le cynisme. Il faut entendre les spin doctors parler des citoyens : forcément, les manipulateurs méprisent les manipulés.

La formule a une fragilité objective car elle ne procède pas d’une connaissance bien sophistiquée même si elle se réclame de la science. Ce sont plutôt des recettes approximatives qu’il faut magnifier pour mieux les vendre et que l’on vend faute d’autre chose. Si les professionnels disposaient de meilleurs outils pour domestiquer le peuple, ils les utiliseraient. La distanciation des représentants par rapport aux représentés, associée à la professionnalisation politique, accentue au contraire le besoin des méthodes rationalisées de gagner les soutiens. Moins les politiciens ont de contacts directs et concrets avec les citoyens et plus il leur faut recourir aux sondages, plus il leur faut recourir à la publicité et plus il leur faut rationaliser leur relation aux représentés.

Une autre fragilité est une condition essentielle de la domination : son opacité. Jamais une domination n’est plus efficace que lorsqu’elle est démentie comme domination et se pare de la volonté divine, de la nature et aujourd’hui de la dénégation même de la séparation entre les dirigeants et le peuple. Il suffit de déceler les mécanismes de la domination pour qu’elle perde de son efficacité. C’est sans doute la spécificité et la valeur de la démocratie que de permettre ces opérations de désacralisation, mais c’est aussi le propre de toute démocratie que de les menacer au nom de la liberté, un nom pour désigner le débat, mais aussi le droit de réintroduire la puissance de l’argent dans les débats et les limiter – sinon les interdire. On comprend mieux pourquoi les sujets sensibles et ceux qui s’y risquent soient en butte aux menaces. Ils dévoilent et sont donc dangereux. Il faut au moins les contenir. Par la guerre des idées, assurent leurs adversaires pour faire croire à un combat loyal, mais surtout par tous les moyens dont ils disposent exclusivement, l’argent et l’Etat. Les enjeux sont trop importants pour qu’on s’en prive. Au moins, les critiques scientifiques savent-ils ce qu’ils risquent et ne doivent pas s’en plaindre, sauf à paraître naïfs. Au moins sont-ils un peu rassurés de savoir qu’ils servent à quelque chose.

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:34

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http://www.marianne2.fr/sarkofrance/Insecurite-chomage-elections-Sarkozy-restera-t-il-candidat_a394.html

Insécurité, chômage, élections : Sarkozy restera-t-il candidat ?

On se battait en Libye. Nicolas Sarkozy aurait aimé qu'on se félicite des progrès de la rébellion contre les forces du colonel Kadhafi. Mais ce weekend, il pensait à autre chose. On votait en Sarkofrance, pour un scrutin cantonal méprisé. Ce fut un mauvais résultat de plus pour le Monarque. Un sujet d'inquiétude pour le candidat. Coûte que coûte, il faut oublier faire le bilan et même qu'il y avait des élections ce dimanche. A droite, on doute de lui. Dans le pays, on n'y croit plus depuis longtemps. Et ce ne sont pas les derniers bilans du chômage et de l'insécurité qui vont l'aider.




Elections
Toute la semaine, l'UMP a douté. Nicolas Sarkozy a tenté d'imposer le ni FN/ni PS. Sa stratégie de rapprochement sémantique et politique vers l'extrême droite a démobilisé une belle partie du camp sarkozyste.

Le résultat définitif des élections cantonales fut sans surprise : il n'est pas fameux pour la « majorité » présidentielle. L'UMP a totalisé 19% des suffrages. Avec ce score, quelques centaines de députés UMP perdront leur siège l'an prochain. Il faudrait y ajouter les « divers droites » pour parvenir à un petit 30% coalisé. La gauche, rassemblée ou divisée, a attiré quelques 46%. Le Front national de Marine Le Pen environ 10% nationalement, mais près de 40% dans les 400 cantons (sur 1.500) où il était au second tour. L'abstention fut également importante, si importante qu'il est improbable de tirer de quelconques conclusions politiques sauf une : Sarkozy a démobilisé son camp. Sur les 19,9 millions d'inscrits, seuls 46% se sont déplacés. Quelques défaites furent symboliques : Isabelle Balkany, la grande conseillère de l'ombre, avec son mari, du Monarque, fut battue dans les Hauts-de-Seine à Levallois-Perret. Marine Le Pen triomphait : « L'espoir aujourd'hui c'est le Front national ! (...) C'est une révolution bleu-marine ! »

Les commentaires officiels furent éparses. François Fillon ne réagit que par communiqué, vers 20h15. La désertion. L'ineffable Jean-François avait du mal à cacher sa déception : « Dès demain, on repart à la conquête, ou à la reconquête, de celles et ceux qui ne sont pas allés voter ou sont sont allés voter pour le Front national. » et il ajoute, plus tard : « Nous avons reçu 5 sur 5 le message qu'ils nous ont adressé. » Son secrétaire adjoint Hervé Novelli concéda : « Il y a une forte interrogation aujourd'hui. » Rachida Dati fut à son habitude, incompréhensible et mauvaise perdante : « Pour l'UMP, c'est pas une victoire. Mais le Parti socialiste, c'est pas mieux. » Nanananèère !

Au final, il n'est pas sûr, bien au contraire, que Nicolas Sarkozy changera de stratégie. Mais il paraît évident qu'une fraction plus importante du corps UMP s'interrogera sur sa compétence politique. « Ce serait une pure folie d'avoir un autre candidat que Nicolas Sarkozy ! », s'exclama François Baroin, l'ancien chiraquien et désormais porte-parole de la Sarkofrance vieillissante. L'inquiétude est donc là.

Il y avait d'autres bilans, moins glorieux et peu présents dans ce débat politique. 

Insécurité
Depuis 10 jours, Claude Guéant ne s'est pas épargné sur le front électoral, de petites phrases en grosses provocations aux relents frontistes. Il collait à la culotte, et sur ordre, la présidente Marine. Pourtant, il avait fort à faire sur son périmètre ministériel. En matière de lutte contre la délinquance, le ministre Guéant s'est bien gardé de commenter le bilan du mois de février, publié ce mois-ci par l’Observatoire national de délinquance et des réponses pénales (ONDRP). 

Sur 12 mois glissants (i.e. de mars 2010 à février 2011), les résultats sont mauvais. Sarkozy est un incompétent sécuritaire :

- Le nombre de vols est globalement stable (1,807 millions), mais les cambriolages ont progressé de 3,6% (à 320.000 au total), dont 15.000 supplémentaires contre les résidences principales. Les vols avec violences ont même explosé (+7,9%, soit 9.000 de plus en un an), pour atteindre 121.000 actes sur un an. cette progression provient pour l'essentiel des « vols violents sans arme contre des femmes sur voie publique ou autre lieu public. »

- Les destructions et dégradations de biens ont fortement baissé (-34 000 actes en un an), ce qui permet d'afficher une légère baisse des atteintes aux biens, au global. 

- Les atteintes à l'intégrité physique poursuivent leur progression... comme depuis 2002. 15 000 agressions supplémentaires sur un an, soit 469 000 faits à fin février. Plus précisément, la plus forte hausse vient des violences crapuleuses (+8 000).

Dans son bilan, l'ONDPR s'essaye, comme à chaque fois, à mesurer les affrontements entre bandes. C'était le grand cheval de bataille de Nicolas Sarkozy au printemps 2009, puis à nouveau l'été dernier, une vraie diversion pour masquer l'échec plus global d'une politique : « La définition d’un "affrontement entre bandes" souffre de certaines imprécisions », rappelle l'ONDPR. Mais l'observatoire livre quelques chiffres : 33 affrontements relevés en février dernier, moins de 400 sur l'année. Le chiffre reste ridicule comparé aux près de 500 000 violences physiques enregistrées chaque année.


Chômage
Côté chômage, d'autres chiffres furent publiés, mais il était impossible de s'en servir. Xavier Bertrand, resta modeste. Le chômage avait « encore » baissé, mais d'un minable 0,1% de sans-emplois en moins en février... En fait, le ministre du Travail s'est caché. Pas de quoi pavoiser, même quelques jours avant une élection. Il n'est pas allé fanfaronner, la veille de l'annonce des résultats, comme il l'avait fait le mois dernier. On objectera que le mois de février est court, froid et peu comparable. Xavier Bertrand avait choisi d'attendre la publication des dernières statistiques du chômage pour les commenter. Il les trouva « encourageants ». Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi toutes catégories s’établissait à 4,9 millions à fin février 2011, dont 2,9 millions sans aucun emploi. Formidable ! Le nombre de seniors au chômage a explosé : +13% sur un an, dont encore 1,4% supplémentaires en février. Il faudrait faire le lien avec l'envolée des ruptures de contrats de travail à l'amiable, qui concerne nombre de plus de 50 ans.


Dimanche soir, Nicolas Sarkozy se fichait bien de tous ses chiffres. Il pense toujours à 2012. Sa nouvelle feuille de route, pour l'instant, est déjà écrite. Faire peur à l'électorat, agiter les clivages, déplacer l'agenda politique le plus loin possible de son échec social et économique.
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 19:40

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Il leur reste douze mois. Douze mois pour sauver leurs meubles vermoulus, ceux d’une République redéfinie à l’aune d’un passé mythifié et forcément révolu, d’une République qu’ils refusent de faire vivre par tous et pour tous . Douze mois à durcir le ton, la loi, le mépris à l’égard des humbles, la férule des patrons. Et tout cela dans l’espoir de reconquérir leur électorat privilégié qui s’en va vers l’extrême droite ou prendre à l’extrême droite tout ou partie de son électorat de prédilection. Les naïfs de mai 2007 depuis longtemps cocufiés sont perdus d’avance pour cette droite extrême. On tentera bien d’empoigner quelques bonnes grosses ficelles pour les rattraper mais sans y croire vraiment. Oui, leur seule chance, croient-ils, c’est le pied de fer dans la botte de velours.

Nous parlons de la France. Comment pourrait-on ne pas la reconnaître, même en usant de mots couverts comme pour conjurer l’effroi qui nous gagne. Nous parlons de la clique sarkozienne à la morgue teintée de racisme ordinaire. Comment pourrait-on ne pas les reconnaître puisqu’ils ne s’embarrassent même plus des masques de la prudence. La stratégie gagnante est dirigée par le quatuor de choc Besson-Guéant-Hortefeux-Guaino. Bien sûr, rien ne sera possible sans la fidélité du vaste deuxième cercle, celui des séides qui doivent tant au Prince et que l’on trouve tantôt au gouvernement tantôt au parlement. Rien ne sera possible encore sans la servilité de médias depuis longtemps complaisants avec des mœurs politiques devenues clairement antidémocratiques. Soyons-en persuadés, l’enjeu de la victoire espérée lors de la Présidentielle de 2012 en notre beau pays, vous savez, celui des droits de l’Homme, tient en ceci : la frontière est si ténue désormais entre la droite extrême au pouvoir et l’extrême droite montante que seule l’enflure sécuritaire outrancièrement médiatisée permettra de départager les candidats de la « France perdue ».

Ici, comme un peu partout en Europe, l’étranger est sur la sellette. Existe-t-il beaucoup de nations sur le point de voter une cinquième loi relative à l’immigration en sept ans ? Par bonheur la France a la chance de compter Éric Besson parmi ses citoyens inventifs quant aux moyens à mettre en œuvre afin de contenir les hordes de nouveaux barbares fabriqués pour les besoins de la cause populiste. Dans sa rhétorique dénuée de toute espèce de générosité, la sécurité de la France et la restauration de sa dignité perdue ont un prix. La « loi Bessin sur l’immigration » arrive donc au Parlement. Son adoption sera sans surprises sauf par quelques détails émergeant de l’écume de ses articles les plus nauséabonds. Dresser le florilège des « apports » de cette prochaine loi serait hélas trop long. Trois éléments suffiront à en dépeindre la sale ambiance. Le projet de loi prévoit qu’avant même d’être présentés à un juge, les sans-papiers pourront être enfermés cinq jours, c’est-à-dire plus longtemps que les assassins ou les terroristes. Les enfants d’immigrés en situation irrégulière pourront être enfermés en centres de rétention avec leurs parents jusqu’à quarante-cinq jours avant que l’un de ces derniers ne soit expulsé. Un bannissement de deux à cinq ans sera prononcé pour les étrangers à qui un titre de séjour aura été refusé. Oui, nous sommes toujours en France.

Pour justifier l’injustifiable de tous ces reculs vis-à-vis de la loi commune la seule présence physique d’étrangers épars sur notre territoire ne suffisait pas. Si l’on pouvait convaincre « la communauté nationale » qu’elle est moralement menacée dans ses fondements culturels et historiques les plus intimes les choses seraient plus faciles. À situation exceptionnelle, lois et procédures d’exception ! Et quand l’exceptionnel n’existe pas de fait, on l’invente. C’est ainsi que l’on gonfle démesurément la baudruche islamiste. Certes, il existe un mouvement islamiste – du reste multiforme et à audience maigrichonne – rejetant les principes fondamentaux de la République, en particulier la laïcité. Mais de là à faire de ce phénomène contrôlable une menace réelle pour la France et son identité nécessairement enrichie d’apports réguliers, il y a un fossé que les droites prêtes à en découdre n’hésitent pas à franchir d’un bond unanime. Les révoltes populaires en cours dans le monde arabe apportent opportunément de l’eau à ce délirant moulin à paroles vénéneuses. Ces révoltes vont inéluctablement provoquer des déferlantes d’immigration vers l’Europe nous dit la prédiction concurrentielle. Les meilleurs spécialistes du monde arabe peuvent bien démentir cette baliverne, rien ne semble en mesure d’en interrompre l’amplification. La peur est devenue l’arme favorite des pouvoirs politiques sans imagination.

La parole circule et c’est là l’un de ses plus beaux avantages. Le revers de sa médaille est que son maniement par des individus malveillants autorise des dérapages indignes. Ainsi, M. François Fillon, juché sur la tribune de l’Assemblée nationale, s’est autorisé à parler le 1er mars dernier de “citoyens français d’origine musulmane”. Quand le Premier ministre de la France lui-même oublie que selon le premier article de notre Constitution tous les Français sont égaux devant la loi sans distinction d’origine, ne doit-on pas considérer que l’on s’apprête à commettre des actes irréparables ? L’intelligence et la générosité, deux qualités rares ces temps-ci, commandent d’arrêter au plus vite la spirale débridée que des ténors politiques décidément bien peu catholiques nourrissent de leur verve inepte. Notre conscience est ici sollicitée. Va-t-on faillir comme d’autres l’ont fait hier en de sombres heures de notre Histoire ?

Yann Fiévet

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