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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 12:31

 

vitry.jpgAfin de dénoncer la tenue de l'Euro Espoir de football en Israël et pour soutenir le peuple palestinien, l'ASCV et la JC de Vitry organisent un tournoi de foot à 7.



Depuis le 14 Mai 2013, cela fait 65 ans que la Nakba a eu lieu et 65 ans que les colonies israéliennes se développent sur le territoire palestinien. Le droit international n'étant toujours pas respecté, nous nous battons pour une existence, la reconnaissance et pour la liberté d'un ETAT PALESTINIEN.



Dans le cadre de l'organisation "Un stade pour Gaza" et dans le cadre d'une campagne de soutien nationale "Palestine : agir ici et maintenant", le Mouvement Jeunes Communistes de Vitry (MJCF) et l'Association Sportive et Culturelle de Vitry (ASCV) vous convie, donc, à participer à un TOURNOI DE FOOT A 7 en soutien au peuple Palestinien.

 

le dimanche 30 juin; Stade Arrighi, Rue de Choisy, 94400 VITRY SUR SEINE.



L'inscription est de l'ordre de 50€ par équipe et tous les fonds seront reversés à la FSGT qui oeuvre à la construction de locaux sportifs en Palestine et à l'amélioration des conditions de vie des palestiniens.



Buvette : 2€50 le sandwich + 1€ barquette de frite + 50ct boisson = 4€ le REPAS. Vente de crêpes et de gateaux. Plusieurs stands d'informations et de soutien vous y attendent, avec notamment une EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE de Yanis Boufria. Sur le temps du midi, un DÉBAT aura lieu sur la question de la Palestine.



Pour plus de renseignements merci de contacter le :

06 80 51 04 52 ou de nous joindre par mail tournoi.gaza@gmail.com

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 17:59

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Mouâd Salhi - Investig’Action

 


La coupe d’Europe de football espoir se déroule en Israël du 5 au 18 juin. Beaucoup de voix se sont élevées pour boycotter cet événement qui occulte la situation d’occupation dans laquelle sont confrontés les Palestiniens. Mahmoud Sarsak est le symbole de cette indignation. Ce jeune attaquant de l’équipe nationale palestinienne, alors âgé de 22 ans quittait Gaza pour rejoindre la Cisjordanie et le club de Balata (Naplouse) qui venait de le recruter. Le 22 juillet 2009, il sera arrêté par l’armée israélienne sans inculpation ni jugement en détention administrative. Il sortira trois ans plus tard après une grève de la faim de 92 jours. Investig’Action est revenu sur l’histoire d’un homme au rêve brisé.

Pour quel motif avez-vous été arrêté ?

Tout d’abord, j’ai passé trois ans en prison sans chef d’accusation. Je me demande encore à cet instant quel était le motif de mon incarcération. L’armée israélienne m’a accusé de plusieurs choses. L’accusation majeure était que je faisais partie du djihad islamique. L’armée n’a pas pu le prouver. Je n’ai jamais eu affaire avec ce mouvement.

Comment vous est venue l’idée de la grève de la faim ?

Les raisons qui m’ont poussées à la grève de la faim sont multiples. La première est due aux injustices que j’ai subies durant mes trois années d’emprisonnement. Je n’ai pas été considéré comme un être humain. Pour le gouvernement israélien, je n’étais qu’un chiffre. J’ai été destitué de mes droits. Je ne pouvais avoir aucune visite. Je ne pouvais pas rencontrer un avocat. Je ne pouvais pas comparaître devant un magistrat impartial. C’est pour toutes ces raisons que j’ai entamé la grève de la faim. Je devais me libérer de cette situation d’abus, seul ! Des dizaines de sportifs sont enfermés sans aucun motif dans les geôles israéliennes. Le monde doit le savoir.

Etiez-vous au courant de la mobilisation en faveur de votre libération ?

Non, nous, prisonniers, ne savions pas qu’un élan de solidarité s’était mis en place. Nous étions complètement coupés du monde extérieur. Le gouvernement israélien le fait systématiquement et ce pour tous les prisonniers palestiniens. Nous étions enfermés dans des cellules dans une totale obscurité.

L’ambassadeur d’Israël en France a déclaré que «  certains sont footballeurs la journée et terroristes la nuit ». Que répondez-vous à cela ?

Malheureusement, les autorités israéliennes ressortent le même prétexte « terroriste » pour emprisonner des sportifs, commerçants ou étudiants. Pour se donner une belle image auprès de la communauté internationale, Israël agite toujours l’étendard du terrorisme pour justifier sa politique d’apartheid. Israël tue, détruit et emprisonne jour et nuit sans se soucier de qui que ce soit. Le gouvernement appelle Tsahal, l’armée de la défense. Il veut montrer au monde que cette dernière ne fait que se défendre, qualifiant à tort le peuple palestinien d’agresseur.

Deux de vos coéquipiers de l’équipe nationale palestinienne, Omar Abu Rouis et Mohammed Nimr sont encore emprisonnés. Etes-vous encore un contact avec eux ?

Je suis sans nouvelles de mes coéquipiers. Je tiens à rappeler qu’ils sont emprisonnés sans jugement.

Le président de la FIFA, Joseph Blatter s’est-il inquiété de votre situation ?

En effet, il s’est préoccupé de ma situation suite aux pressions qu’il a reçues de plusieurs sportifs et de personnes qui s’étaient mobilisées pour ma libération. Malheureusement, il ne se préoccupe pas de ce que subissent les autres joueurs encore incarcérés. Il ne se mobilise pas pour exiger leur libération.

Comment expliquez-vous le paradoxe du président de l’UEFA, Michel Platini qui s’est mobilisé pour votre libération mais qui dans le même temps a organisé l’Euro des -21 ans en Israël ?

En effet, il s’est mobilisé pour ma libération. Il avait menacé la délégation israélienne de ne plus organiser l’Euro espoir en Israël s’il m’arrivait quelque chose. Il y a deux ans, il s’était rendu en Palestine et avait vu de ses propres yeux la spoliation dont nous sommes victimes quotidiennement. Il avait décidé d’aider le sport palestinien et de mettre un terme aux injustices que subit le sport palestinien. Il n’a pas tenu sa parole. Il a fait volte-face suite aux pressions d’Israël. Il joue avec l’espoir des Palestiniens.

Vous êtes allés en France afin de participer à une campagne visant à obtenir l’annulation de l’Euro des -21 ans qui se déroule actuellement en Israël. Comment votre démarche a-t-elle été reçue ?

Je n’ai pas été qu’en France. J’ai aussi été en Belgique, Norvège, Pays-Bas, Italie, Grande-Bretagne et en Ecosse. Je me suis rendu compte de la mobilisation citoyenne qui nous soutient. Cependant, les autorités et institutions compétentes donnent un autre son de cloche. Elles donnent le feu vert à Israël pour poursuivre sa politique raciste. Preuve en est, aucun gouvernement n’a contesté l’organisation de l’Euro en Israël. Israël tue des sportifs, des enfants innocents, des civils. Israël bombarde des infrastructures sportives palestiniennes. Israël viole les droits de l’homme de tout un chacun, sportifs y compris.

Vous n’avez que 26 ans, avez-vous encore espoir de reprendre votre carrière de footballeur ?

Oui, j’ai des ambitions mais le fait que je sois à Gaza achève celles-ci compte tenu du blocus imposé. De plus, les infrastructures sont détruites suites aux bombardements de l’armée israélienne.

Quels sont vos joueurs de football modèles ?

J’en ai plusieurs. Tout d’abord Frédéric Kanouté qui a toujours été présent aux côtés du peuple palestinien, Abou Diaby, Zinedine Zidane et Eric Cantona qui a été l’un des premiers à me soutenir en demandant publiquement ma libération.

Si vous aviez un message à faire passer au nom du peuple palestinien, que nous adresseriez-vous ?

Le message au nom peuple palestinien que je peux donner est qu’il faut dénoncer toutes les atrocités que commet Israël à l’encontre des Palestiniens. Les citoyens européens doivent dénoncer la désinformation des médias mainstream qui tronquent la réalité. Israël est toujours présenté comme la seule démocratie du Moyen-Orient agressée par ses voisins. Les citoyens doivent dénoncer l’occupation, l’apartheid installés par cette dite démocratie. C’est en dénonçant cette face d’Israël que le citoyen européen fera avancer les choses dans la région.

Propos recuellis par Mouâd Salhi pour Investig’Action michelcollon.info

Dessin : yAce

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 11:40

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http://blog.mondediplo.net/2013-06-08-Israel-Afrique-du-Sud-et-apartheid

 

Michel Bôle-Richard a été correspondant du Monde à Johannesburg et à Jérusalem. Il a connu de près les deux situations et il en a tiré un livre important qui aurait dû ouvrir un débat majeur sur la politique française dans la région, mais aussi sur la vision dominante et lénifiante de la situation. Cette vision se résume ainsi : deux peuples, dont chacun a droit à un Etat, vivent sur la Terre sainte ; avec un peu de bonne volonté et en isolant les extrémistes des deux bords (surtout palestinien), on pourrait aboutir à la paix.

Rien n’est plus faux. Ce qui s’est mis en place, c’est un système de domination d’un Etat sur une population colonisée et privée de tous ses droits, un système qui rappelle (mais qui se différencie aussi, par certains aspects) celui qui a régné en Afrique du Sud et qui fut baptisé apartheid (lire « Gaza, Palestine et apartheid »). En refusant de le voir, nous nous faisons les complices d’une injustice majeure qui dure depuis des décennies et nous nous empêchons aussi de réfléchir à la manière de sortir de cette impasse.

Voici un extrait du livre de Michel Bôle-Richard, Israël, le nouvel apartheid (Les Liens qui libèrent, Paris, 2012). En le lisant, en le faisant circuler, vous contribuerez à rompre le mur du silence qui s’est établi autour de lui.

En juillet 2008, quelle ne fut pas la surprise d’un groupe de 22 Sud-Africains venus se rendre compte sur place d’une réalité dont ils n’avaient pas la moindre idée ! Andrew Feinstein n’avait jamais visité Israël ni les territoires occupés. Juif, il a perdu sa mère et ses dix frères et sœurs dans le génocide nazi. Il a, bien évidemment, été très impressionné par le mémorial de Yad Vashem et les récits et images d’Auschwitz où les siens ont disparu. Avec ses compatriotes, tous défenseurs des droits de l’homme, membres de l’African National Congress (ANC), magistrats, journalistes, syndicalistes, écrivains, Blancs, Noirs, Indiens, dont une dizaine de Juifs au total, Andrew Feinstein a, pendant cinq jours, sillonné les territoires occupés de Hébron à Naplouse, en passant par Jérusalem et la « barrière de sécurité ».

Ils ont rencontré des organisations de défense des droits de l’homme, visité Tel-Aviv, tenté d’appréhender les réalités du conflit israélo-palestinien. Pour eux, il ne s’agissait pas de trouver des solutions, ni de juger, encore moins de faire des comparaisons avec le régime de l’apartheid que tous ont connu et subi. « Il n’est pas question de dénier à Israël le droit d’exister, mais je dois avouer que je suis choqué par ce que j’ai vu », a déploré Geoff Budlender, lui aussi juif. Ce juriste a été frappé par l’extension de la colonisation, par « la façon de traiter un peuple comme s’il était de seconde classe, par les pesanteurs de l’occupation militaire et le contrôle de tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, par la séparation de plus en plus marquée de deux communautés ».

Geoff Budlender s’était refusé à « faire l’analogie avec le système d’apartheid », l’estimant « inappropriée ». Mais Barbara Hogan, ayant passé huit ans dans les prisons sud-africaines parce qu’elle protestait contre la ségrégation raciale, a été stupéfaite de constater en Cisjordanie l’existence des routes séparées pour les colons et les Palestiniens ainsi que la nécessité pour ces derniers d’obtenir des permis de l’administration israélienne pour se déplacer, ce qui lui a rappelé le système des pass pour les Noirs. « Les non-Blancs vivaient dans des zones séparées, mais il n’y a jamais eu en Afrique du Sud de route séparée, de “barrière de sécurité”, de check-point, de plaques d’immatriculation différentes », s’est étonnée cette députée de l’African National Council (ANC). « Tout cela est absurde et je me demande jusqu’où cela va aller, ce que ça va donner », s’était interrogée Barbara Hogan, notamment « choquée » par ce qu’elle a vu dans les rues de Hébron : « l’injustice, la haine, le désespoir ». Elle a été frappée de voir « la crainte dans les yeux des enfants », le silence qui régnait dans les rues du camp de Balata, à Naplouse. « Cette ville est assiégée. Les militaires contrôlent toutes les collines, tous les check-points. On ne peut pas entrer et sortir comme l’on veut. Cela n’a jamais existé en Afrique du Sud », a rajouté Nozizwe Madlala-Routledge, ancienne vice-ministre de la santé et députée de l’ANC.

Le poids de l’occupation, l’importance des restrictions et la volonté d’établir une séparation complète ont marqué ces vétérans de la lutte contre l’apartheid. « Partout la présence de l’armée, ces queues aux check-points, ces raids de soldats sont pour moi pires que l’apartheid. Cela ne fait aucun doute. C’est plus pernicieux, plus sophistiqué grâce aux ordinateurs n’existant pas à l’époque de l’apartheid. Ce sont des méthodes déshumanisantes », a insisté le juge Dennis Davis. Ce n’était pas son premier voyage, mais il a trouvé la situation « plus sombre qu’elle ne l’a jamais été ». « J’ai l’impression que nous sommes en 1965 en Afrique du Sud lorsque la répression s’est intensifiée après la condamnation de Nelson Mandela, qui a passé vingt-sept ans en prison. (Selon l’organisation de défense des prisonniers palestiniens, Addameer, 72 détenus sont emprisonnés depuis plus de vingt ans et 23 depuis plus de vingt-cinq ans). Après le jugement de Mandela, il aura encore fallu deux décennies pour que des sanctions internationales soient imposées contre le régime de l’apartheid. Ici, je ne vois aucune solution en perspective ». « Le bout du tunnel est plus noir que noir », a surenchéri Mondli Makhanya, rédacteur en chef du Sunday Times. « Nous, nous savions qu’un jour cela allait se terminer, que les lois de l’apartheid allaient disparaître. Ici, ce n’est pas codifié, l’occupation suffit à faire du Palestinien un être de seconde zone ».

Le terme d’apartheid, considéré comme un outrage en Israël, est utilisé avec précaution par ces hommes et ces femmes se souvenant qu’il n’y a pas si longtemps, ils étaient encore qualifiés de « terroristes » par le gouvernement blanc, comme le rappelle Barbara Hogan. Ils se refusent aussi à parler de « racisme », de « colonialisme », « car nous ne sommes pas là pour juger, mais pour nous informer », se défend Goeff Budlender, surpris de constater que « les Palestiniens veulent encore croire à une solution ». « Mais, ajoute-t-il, lorsque vous voyez ce chapelet de colonies sur la route de Naplouse et que vous vous heurtez partout au mur de séparation, vous vous dites que cela ne va pas être simple. » Drew Forrest, rédacteur en chef du Mail & Guardian, n’a pas compris « comment le peuple juif a pu en arriver là. Un peuple qui, lui aussi, a tant souffert ». « Je comprends parfaitement la peur éprouvée par les Juifs, mais elle ne peut justifier ce qui se passe », a insisté Andrew Feinstein, avant d’ajouter : «  Et je trouve très triste que cela se fasse au nom du judaïsme. »

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 18:18

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"Alors que dans le monde, les peuples s’emploient à bâtir un avenir meilleur, les Pales­ti­niens se voient nier ce droit. En plein XXIe siècle, de l’autre côté de la Médi­ter­ranée, soixante cinq ans après la Naqba, les dic­ta­teurs du nouvel âge font régner un régime de terreur pire que celui du temps des Sultans.


Les poèmes ras­semblés dans ce livret expriment l’immense indi­gnation devant ce scandale renouvelé mais aussi l’espoir, un espoir indes­truc­tible, en une vie belle sur la terre où vécurent leurs pères"


Le livret de poèmes « Je suis de cette bande de sable » a été écrit et édité par Olivia Elias, adhé­rente de l’AFPS. Dési­reuse d’y inclure quelques dessins d’enfants, elle a contacté le Pales­tinian Center of Human Rights de Gaza avec lequel l’AFPS a des rela­tions de longue date. Son Directeur, Raji Sourani, l’a orienté vers le centre « Afaq Jadeida » (Horizons nou­veaux) soutenu finan­ciè­rement par la Middle East Children’s Alliance, une ONG très active auprès des Pales­ti­niens de Cis­jor­danie et de Gaza et de ceux qui vivent en Israël - tout par­ti­cu­liè­rement les enfants.


A Gaza, Afaq Jadeida, met à la dis­po­sition des enfants des moyens d’expression artis­tiques qui les aident à sur­monter leurs trau­ma­tismes. Il est soutenu finan­ciè­rement par la Middle East Children’s Alliance, une ONG très active auprès des Pales­ti­niens de Cis­jor­danie et de Gaza et ceux qui vivent en Israël, et tout par­ti­cu­liè­rement les enfants, qui a publié en 2012 un livre de dessins intitulé « A Child’s View from Gaza ».

 

L’AFPS Paris 14-​​6, pro­prié­taire des exem­plaires, trans­férera à Afaq Jadeida tout le produit de la vente.


Pour commander des exemplaires, vous pouvez vous adresser à :

AFPS : afps@france-palestine.org

 

Le prix de l’exemplaire est de 3 euros, plus les frais de port éventuels.

En vous remerciant au nom des enfants de Gaza pour votre aide.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:06

arton204-74f63.jpgLe 4ème Congrès de l’AFPS s’est tenu ce week-​​end à Saint Denis, ras­sem­blant plus de 200 délégués, venus des 100 groupes locaux implantés dans presque toutes les villes de France. Il a fait le bilan des 2 années écoulées depuis notre dernier congrès, et posé les orien­ta­tions de notre asso­ciation pour les deux années à venir.


Appel au rassemblement et à la mobilisation


Le 4ème Congrès de l’AFPS s’est tenu ce week-​​end à Saint Denis, ras­sem­blant plus de 200 délégués, venus des 100 groupes locaux implantés dans presque toutes les villes de France. Il a fait le bilan des 2 années écoulées depuis notre dernier congrès, et posé les orien­ta­tions de notre asso­ciation pour les deux années à venir.

Au len­demain de ce congrès, je veux adresser à tous les mili­tants et amis de l’AFPS un appel au ras­sem­blement et à la mobilisation.

Nous sommes fiers d’avoir accueilli à l’occasion de nos débats Bassem Tamimi, notre invité d’honneur, repré­sentant du comité popu­laire de Nabi Saleh en Palestine occupée, qui a enfin pu séjourner en France après des années de prison pour ses acti­vités de résis­tance civile contre l’occupation israé­lienne. Son inter­vention d’une grande force humaine et poli­tique nous est allée droit au cœur.

Hael el-​​Fahum, ambas­sadeur de Palestine en France, nous faisait bien sûr l’honneur de sa pré­sence. Il nous a dit l’importance capitale de la soli­darité inter­na­tionale, sou­li­gnant le rôle de notre mobi­li­sation lors du vote his­to­rique pour l’admission de l’Etat de Palestine à l’ONU.

De son côté Jacques Picard, Conseiller régional d’Ile de France, nous pré­sentant la convention signée entre le Conseil régional et le gou­ver­norat de Jéru­salem (occupée), a montré que les actions de coopé­ration décen­tra­lisée peuvent avoir une haute portée poli­tique et mettre concrè­tement en cause les faits établis illégaux.

Nous lançons aujourd’hui un appel solennel à toutes celles et tous ceux épris de justice et désireux de voir enfin émerger la paix au Proche-​​Orient. Nul n’ose plus le nier : la paix suppose de voir, enfin, réa­lisés, les droits nationaux du peuple pales­tinien. Mais ceux-​​ci conti­nuent, année après année, décennie après décennie, à être niés, bafoués, pié­tinés, violés, par la poli­tique des gou­ver­ne­ments suc­cessifs d’Israël. Ces gou­ver­ne­ments n’ont de cesse de pour­suivre et d’intensifier la colo­ni­sation des ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, de détourner les res­sources pales­ti­niennes, ses terres, l’eau, d’empêcher toute vie sociale, écono­mique, cultu­relle, poli­tique pales­ti­nienne. Ils enferment la popu­lation entre des murs d’annexion en Cis­jor­danie, l’assiègent dans la bande de Gaza, can­tonnent à l’exil forcé ceux que l’expulsion a trans­formés en réfugiés depuis des géné­ra­tions… Ils sou­mettent toute résis­tance à une répression massive et meur­trière, avec l’armée et les colons, et ciblent tout par­ti­cu­liè­rement la résis­tance popu­laire. Les diri­geants israé­liens ne cessent de le répéter, de la tribune du congrès amé­ricain à celle des Nations unies : ils refusent un Etat pales­tinien dans les fron­tières de 1967, ils refusent le déman­tè­lement des colonies, toutes illé­gales, ils rejettent le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens, ils refusent la sou­ve­raineté pales­ti­nienne à Jérusalem-​​Est et mettent en œuvre uni­la­té­ra­lement cette poli­tique sur le terrain. Et pourtant, se sou­mettant aux exi­gences israé­liennes, à l’instar des diri­geants de la Maison Blanche, les gou­ver­ne­ments euro­péens, et le gou­ver­nement français en par­ti­culier, conti­nuent de prôner une reprise des négo­cia­tions dans le seul tête à tête israélo-​​palestinien, tota­lement dés­équi­libré au profit de l’occupant. Ils per­sistent à refuser de recon­naître l’Etat pales­tinien comme membre de plein droit des Nations unies tant que les négo­cia­tions n’auront pas abouti, c’est-à-dire tant que la puis­sance occu­pante s’y oppose. Quelle hypo­crisie ! Pire : quelle com­plicité ! Car l’Union euro­péenne qui a décidé de pres­sions écono­miques pour peser contre l’unité nationale qu’exige la société pales­ti­nienne, refuse à l’inverse toute sanction contre la poli­tique israé­lienne, laissant ses diri­geants jouir d’une totale impunité. Pire encore : refusant de sus­pendre l’accord d’association entre l’UE et Israël jusqu’à ce que Tel-​​Aviv res­pecte a minima les droits humains, l’UE au contraire déve­loppe avec Israël une « Poli­tique euro­péenne de voi­sinage » qui l’intègre de fait au marché européen et déve­loppe des col­la­bo­ra­tions écono­miques, tech­no­lo­giques, stra­té­giques, tous azimuts comme un blanc seing à sa poli­tique cri­mi­nelle, un signal bien­veillant pour la péren­niser. Cette hypo­crisie com­plice entrave dès lors l’avènement de la paix. Nous lançons donc un appel solennel : exi­geons de notre gou­ver­nement qu’il mène une poli­tique étrangère conforme aux prin­cipes qu’il pro­fesse, conforme au droit. Exi­geons de notre gou­ver­nement qu’il contribue à mettre un terme à l’impunité de la poli­tique israé­lienne, par des sanc­tions effi­caces, écono­miques, judi­ciaires et poli­tiques, et qu’il fasse tout pour qu’elles soient adoptées par ses par­te­naires de l’UE. Exi­geons de la France qu’elle interdise l’entrée des pro­duits des colonies. Exi­geons qu’elle mette un terme aux pres­sions écono­miques qui pèsent sur le peuple pales­tinien. Exi­geons que la France inter­vienne avec fermeté pour obtenir la libé­ration des pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens. Exi­geons qu’elle recon­naisse l’Etat de Palestine plei­nement sou­verain dans ses fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est pour capitale, qu’elle défende le droit au retour des réfugiés, et inter­vienne avec déter­mi­nation en ce sens à l’Assemblée générale comme au Conseil de sécurité des Nations unies.

Exi­geons aussi de la France qu’elle cesse de salir son propre honneur, ce qu’elle fait en inculpant des mili­tants du droit et de la paix qui, faute d’initiative digne de ce nom de notre pays, ont décidé de boy­cotter de quelque façon que ce soit la poli­tique raciste et cri­mi­nelle du gou­ver­nement israélien. Cri­mi­na­liser des défen­seurs du droit, c’est cri­mi­na­liser tous ceux et toutes celles qui défendent le droit. Nous ne pouvons le tolérer.

Le mou­vement de soli­darité avec le peuple pales­tinien en France, en Europe et dans le monde s’est consi­dé­ra­blement déve­loppé, sur la base d’actions com­munes, dont les cam­pagnes BDS, dans un ras­sem­blement fondé sur la défense du droit inter­na­tional. Ce mou­vement citoyen sans fron­tières est devenu, aux côtés de la résis­tance pales­ti­nienne et des orga­ni­sa­tions israé­liennes anti­co­lo­nia­listes, un para­mètre incon­tour­nable de la diplo­matie elle-​​même. Nous nous féli­citons du déve­lop­pement de notre asso­ciation dans la société, adhé­sions nou­velles, création de groupes locaux, établis­sement de rela­tions fruc­tueuses avec nombre d’organisations en France comme en Europe et au-​​delà. Mais cela ne suffit pas. La soli­darité avec le peuple pales­tinien demande que nous soyons beaucoup plus nom­breux et plus forts. Non pas seulement pour crier notre colère, mais pour que la France, enfin, prenne sa place dans le combat pour la fin d’une injustice qui n’a que trop duré.

 

Taoufiq Tahani Président de l’AFPS

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 20:12
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La mort du jeune Palestinien Arafat Jaradat est un crime d’Etat. La première main est celle des bourreaux, qui ont tué sous la torture ; la seconde, qui est la principale responsable, est celle des dirigeants politiques qui organisent cette gestion du sereine du crime.

1/ Regardons les faits

La vie

Arafat Jaradat était un Palestinien âgé de 30 ans, père de deux enfants : Yara, 4 ans, et Mohammed, 2 ans. Il vivait à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, territoire de Palestine occupée. Il était en bonne santé. C’était un militant du Fatah.

L’arrestation

Il a été arrêté par les services israéliens le 18 février, à la suite d’incidents du 18 novembre 2012, où des heurts avaient eu lieu près de la colonie de Kiryat Arba, à proximité d’Hébron. Un Israélien avait été blessé par des jets de pierre.

L’épouse d’Arafat, Dalal, a déclaré à l’agence Ma’an que l’officier du renseignement israélien avait ramené son mari un moment à son domicile, juste après son arrestation, et qu’il lui avait dit de dire adieu à ses enfants : « Pour cette raison, j’étais très inquiète. Mon mari a été arrêté plusieurs fois auparavant, mais cette fois, l’agent israélien du renseignement a parlé d’une façon étrange ».

Le transfert en Israël

Il a été emmené à la prison d’al-Jalama, dans le Nord de la Cisjordanie, avant d’être transféré à la prison Megido en Israël. Il était sous le contrôle du Shin Bet, le service de la sécurité intérieure israélien.

La mort

Il est décédé dans cette prison samedi 23.

La preuve de la torture

Le corps d’Arafat Jaradat a été autopsié dimanche au Centre national médico-légal d’Israël. Selon le Shin Bet, le jeune homme a été « victime d’un malaise » samedi après le déjeuner. Le ministère israélien de la Santé a estimé que les premières constatations n’étaient « pas suffisantes » pour déterminer la cause de la mort.

Une autopsie a été pratiquée au retour du corps en Palestine. Issa Qaraqaë, le ministre palestinien des prisonniers, a divulgué des détails de l’expertise, mentionnant des blessures et des contusions sur le dos et à la poitrine, des traces de torture sur le haut de l’épaule gauche ainsi que deux côtes cassées. « Les résultats de l’autopsie prouvent qu’Israël l’a assassiné », a déclaré le ministre.

2/ Que dit le droit ?

L’occupation et la résistance

La Cisjordanie est un territoire palestinien sous occupation militaire israélienne depuis 1967. La Palestine est un pays souverain, et l’occupation militaire légitime la résistance. C’était valable pour la France de Jean Moulin, c’est valable pour la Palestine et c’est valable pour toutes les occupations militaires.

La violation de la IV° Convention de Genève

Le droit est bien connu, car c’est celui défini par la 4° Convention de Genève de 1949. Sur tous les points en cause dans cette affaire, le texte reprend des règles existantes depuis le Règlement de la Haye de 1907, précisées par le Protocole additionnel de 1979, reposant sur maintes décisions de justice, et reprises dans le Statut de la CPI. Ces règles sont tellement sûres qu’elles sont considérées comme faisant partie de la coutume internationale, laquelle est opposable aux Etats n’ayant pas ratifié les traités.

Israël n’avait pas le droit de transférer Arafat Jaradat sur son territoire

La puissance militaire occupante ne peut arrêter, juger et emprisonner les ressortissants de la puissance occupée qu’à condition de rester sur le territoire occupé. C’est l’article 49 de la 4° Convention de Genève : « Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif ». Tout transfert de prisonnier est illicite et constitue un crime de guerre (CPI, art. 8, 2, b, viii). Or, c’était le cas pour Arafat Jaradat, mais c’est le cas pour les 5000 prisonniers, ce qui rend toutes ces détentions irrévocablement illégales et désigne les dirigeants politiques comme principaux responsables.

Israël n’avait pas le droit de confier les interrogatoires au Shin Bet

C’est le Shin Bet, le service de la sécurité intérieure israélien, qui interrogeait Arafat Jaradat, et qui a annoncé son décès. Cela signifie que l’arrestation, la détention et l’accusation se joue sans le contrôle d’un juge. Or, même en temps d’occupation, la privation des règles du procès équitable est un crime de guerre. (CPI, art. 8, 1, a, vi). C’est une règle de jus cogens, indérogeable (CEDH Golder ; CIADH, Goiburú ; TPIY, Tadic).

Le Shin Bet n’a aucun droit de recourir à la torture

La torture comme cause de la mort est établie par l’autopsie pratiquée en Palestine, et elle est la seule cause possible. Il faut un cynisme infini pour évoquer un malaise après le déjeuner… La torture des prisonniers est interdite, comme tous les traitements inhumains, et aucun fait ne peut justifier le recours à la torture. C’est en toutes circonstances un crime (Art. 3 commun aux quatre conventions de Genève ; CPI, art. 8, 1, a, ii ; TPIY, Furundzija, 1998 ; CEDH, Selmouni, 1999). La France peut juger les faits grâce à un régime de compétence universelle (CEDH, Ould Dah, 2009). En Israël, c’est une méthode d’enquête reconnue, ce qui engage la responsabilité des responsables politiques, dont le ministre de la défense, compétent pour les prisons israéliennes où sont détenus les Palestiniens.

Les dirigeants israéliens n’avaient aucun droit de procéder à une autopsie

Les services israéliens n’ayant aucun droit pour transférer Arafat Jaradat chez eux, tout ce qu’ils ont pu faire, dont l’autopsie, est illicite. De même, ils ne pouvaient procéder d’autorité à l’autopsie sans demander l’avis de la famille, et sans processus judiciaire respectant les principes du droit. C’est une violation du cadavre (CPI, art. 8, 2, b, xxi).

* * *

Arafat Jaradat sera inhumé ce lundi matin dans son village natal de Sa’ir, à côté d’Hébron.

Gilles DEVERS

 

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/...

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:48

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http://www.juliensalingue.fr/article-en-librairie-israel-un-etat-d-apartheid-115108402.html

 

 

 

 

Le texte qui suit est l'une des contributions que j'ai rédigées pour l'ouvrage  "Israël, un État d'apartheid ? Enjeux juridiques et politiques", dont on trouvera une présentation et le sommaire en cliquant sur la couverture ci-contre. Le livre est disponible auprès de vos libraires habituels, ou il peut être commandé en ligne sur le site des éditions L'Harmattan. Une première présentation de l'ouvrage est organisée le 23 février prochain à la Librairie Résistances (Paris 17ème). 

 

 

 

« La justice est sujette à dispute. Le force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était injuste, et a dit que c'était elle qui était juste. Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste » [1].

 

 

 À l’instar des autres contributions de l’ouvrage, l’objet de ce texte n’est pas d’assimiler, a priori, la politique israélienne à l’égard des Palestiniens à l’Apartheid tel qu’il était organisé en Afrique du Sud. Il s’agit plutôt d’interroger les pratiques de l’État d’Israël en les confrontant à une catégorie juridique précisément définie dans le droit international (« crime d’apartheid »), afin de les éclairer sous un jour nouveau. Je me concentrerai ici sur la situation des habitants des territoires occupés, en m’intéressant à une dimension souvent négligée de l’occupation israélienne, à savoir le régime juridique d’exception permanent imposé aux Palestiniens.

 

Si les effets de l’occupation israélienne sur la vie quotidienne des habitants de Gaza et de Cisjordanie ont été largement documentés[2], et si le système des tribunaux militaires israéliens a lui aussi été étudié[3], un aspect pourtant singulier de l’administration de la Cisjordanie et, jusqu’en 2005, de la Bande de Gaza, a été trop souvent ignoré : la colonisation des territoires palestiniens et la présence toujours plus importante de citoyens israéliens dans lesdits territoires a conduit, de facto, à la mise en place de mécanismes juridiques et judiciaires institutionnalisant un traitement différencié des auteurs de crimes et délits en fonction de leur origine nationale.  

 

C’est sur ce traitement différencié que j’entends revenir ici. Il s’agira dans un premier temps d’opérer un « retour aux sources », en étudiant les conditions et les causes de l’émergence de ce double système juridique. Dans un deuxième temps, je tenterai de décrire plus précisément ce système, en interrogeant notamment son caractère discriminatoire. Enfin, je conclurai cette contribution en questionnant la pertinence de l’approche de la situation des Palestiniens dans les territoires occupés par la mise à l’épreuve du concept d’apartheid, en expliquant pourquoi une telle approche contribue, ou non, à enrichir l’analyse.

 

I) L’occupation : de l’oppression à la discrimination

 

Au terme de la guerre de juin 1967, qui se solde par la défaite historique des armées arabes face à l’État d’Israël, ce dernier occupe le Sinaï, le Golan, Jérusalem, la Cisjordanie et la bande de Gaza. Dans ces deux dernières régions, les autorités israéliennes établissent une administration militaire, en charge de la gestion de territoires dans lesquelles ne résident à l’époque aucun citoyen israélien. Ce sont en revanche plus d’un million de Palestiniens qui demeurent dans ces zones nouvellement conquises, signe que l’exode massif de 1947-1949 ne s’est pas reproduit. En effet, alors que 800.000 Palestiniens s’étaient exilés durant cette période, soit 80% de la population arabe résidant au sein du nouvel État d’Israël, ce sont « seulement »[4] 250.000 personnes qui fuient Gaza et la Cisjordanie en 1967, soit 20% des habitants des deux zones. Ces chiffres ont leur importance puisqu’ils sont l’un des facteurs expliquant pourquoi Israël n’annexe pas formellement Gaza et la Cisjordanie : une telle annexion induirait en effet l’intégration d’un million de Palestiniens supplémentaires au sein de l’État d’Israël, ce qui reviendrait, quand bien même les habitants des territoires conquis en 1967 auraient un statut de sous-citoyens, à remettre en question le caractère juif de l’État[5].

 

Un organe spécifique est donc établi, qui se nomme aujourd’hui « Administration civile »[6] (bien qu’il soit géré par des militaires), responsable devant les institutions israéliennes[7], chargé d’administrer les territoires occupés au moyen d’ordres militaires. Depuis 1967, ce sont ainsi pas moins de 2.500 ordres militaires qui ont été émis en Cisjordanie et à Gaza. S’ils ne sont plus en vigueur à Gaza depuis le « retrait unilatéral » de l’été 2005, plusieurs centaines d’entre eux ont toujours force de loi en Cisjordanie. Les ordres militaires gouvernent l’ensemble des aspects de la vie quotidienne des Palestiniens sous occupation, et concernent les domaines les plus essentiels comme les plus inattendus. Après 1967, de l’accaparement des ressources en eau[8] aux confiscations de terres[9] en passant par la prise de contrôle des banques[10], les ordres militaires permettent ainsi aux autorités israéliennes d’asseoir leur emprise sur la Cisjordanie et Gaza. La création de toute nouvelle entreprise est alors soumise à l’approbation de la puissance occupante[11], tout comme l’enregistrement de toute nouvelle marque[12] ou la plantation d’arbres fruitiers[13]. Les ordres militaires permettent aussi de contrôler strictement la « vie politique » palestinienne, avec entre autres l’ordre 101, qui interdit tout rassemblement de plus de dix personnes[14], la mise en place d’une censure de la presse palestinienne[15] ou l’ordre 1079, qui établit une liste de plus de 1.000 textes interdits de publication dans les territoires occupés, parmi lesquels… les résolutions des Nations Unies concernant la Palestine. Certains ordres sont assez inattendus et témoignent du degré de contrôle des autorités militaires sur la vie quotidienne des Palestiniens, comme l’ordre 818, qui réglemente le type et la quantité de plantes décoratives dans les propriétés palestiniennes, ou l’ordre 96, qui interdit le transport de biens ou de marchandises à dos d’âne. Certains de ces ordres ont, depuis, été abrogés, mais ils indiquent le type de régime qui se met en place à partir de l’occupation de 1967.

 

Pour faire respecter ces réglementations, un système judiciaire est mis en place, systématisé dans l’ordre 378 (1970)[16]. Le commandement militaire peut établir des tribunaux militaires, avec des procureurs et des juges qu’il nomme lui-même, et dont le fonctionnement diffère très nettement des tribunaux civils israéliens. Ainsi, ces tribunaux peuvent se réunir à huis clos, et se réservent le droit de ne pas produire publiquement les témoignages et/ou les preuves incriminant les accusés. Les procureurs instruisant à charge, les accusés doivent, à l’inverse, apporter la preuve de leur innocence. Sans formuler aucune accusation, les tribunaux peuvent demander une détention de l’accusé, d’une durée de six mois, et renouvelable à l’infini[17]. Enfin, si le commandement militaire est en désaccord avec le verdict d’un procès, il peut demander son annulation et exiger un nouveau procès avec un autre juge. Il se réserve en outre la possibilité de prononcer lui-même, dans certaines circonstances, la sentence[18].

 

Un tel système judiciaire n’est pas une exception dans l’histoire des occupations territoriales et des dominations coloniales. De nombreux autres États ont établi des législations similaires, à l’instar de la Grande-Bretagne en Irlande du Nord : le Special Powers Act (1922) a ainsi permis au gouvernement britannique de donner aux autorités locales les pouvoirs, entre autres, de procéder à des internements sans procès, à des perquisitions sans mandat, d’interdire certains médias, de suspendre manifestations et rassemblements, de réunir des tribunaux sans jury ou de suspendre le droit des accusés à bénéficier d’un avocat. Mais le cas qui nous concerne a ceci de spécifique qu’il s’agit d’un territoire qui n’est pas administrativement intégré aux « frontières »[19] de l’État dominant, mais au sein duquel des citoyens dudit État vont progressivement venir s’installer. En effet, dès 1968, les premières colonies israéliennes sont établies en Cisjordanie, notamment dans la Vallée du Jourdain et à Hébron. Ce mouvement de colonisation connaîtra des rythmes divers, avec une première phase assez lente et une accélération notable à partir de l’élection, en 1977, du gouvernement Likoud dirigé par Menahem Begin, mais il pose, dès ses origines, une question essentielle : quel sera le régime juridique appliqué aux colons ?

 

En effet, le système que nous venons de décrire, s’il peut être considéré comme oppressif, n’est pas, à proprement parler, discriminatoire. Il s’applique en effet à l’ensemble des Palestiniens résidant en Cisjordanie et à Gaza qui, dans la mesure où ils ne bénéficient pas de la citoyenneté israélienne, ne sont pas victimes, au sens strict, d’une politique discriminatoire. C’est la colonisation qui va changer, qualitativement, la donne, en ajoutant à l’oppression la discrimination, et en systématisant cette dernière. Les colons sont en effet des citoyens israéliens qui s’installent dans des territoires qui ne sont pas considérés comme étant partie intégrante de l’État d’Israël et qui sont, en conséquence, soumis à un régime juridique et judiciaire spécifique. Si elles souhaitent que ces populations échappent au régime militaire, les autorités israéliennes doivent mettre en place une législation parallèle, qui ce concerne que les colons et qui porte donc en elle non seulement le principe de la discrimination mais, qui plus est, son institutionnalisation.

 

II) L’institutionnalisation des discriminations

 

Le développement des colonies transforme progressivement les « territoires palestiniens » en zones dans lesquelles coexistent, à défaut de cohabiter, des citoyens israéliens et des Palestiniens. Or ce sont les « zones » géographiques qui sont sous administration israélienne, d’après les textes constituant le gouvernement militaire, et non les Palestiniens qui y résident. La logique juridique voudrait donc que les colons, au fur et à mesure qu’ils viennent s’installer en Cisjordanie et à Gaza, soient eux aussi soumis aux ordres militaires et, en cas d’infraction, traduits devant les tribunaux militaires. Pour éviter une telle configuration, qui ne manquerait pas de susciter des conflits entre colons et administration, et qui découragerait les candidats à « l’implantation » dans les territoires palestiniens, les autorités israéliennes vont établir un statut d’exception pour les colons, qui va reposer sur deux principaux outils juridiques : une extension de la législation israélienne, sur une base territoriale, aux colonies juives des territoires occupés ; l’application de la loi israélienne, in personam, aux colons.

 

Le premier dispositif sur lequel se fonde la dualité du système juridique en vigueur dans les territoires occupés est en effet l’attribution d’un statut spécial, sur une base géographique, aux colonies. Ce sont notamment les ordres 783 et 892 (1979 et 1981) qui encadrent ce statut particulier, en offrant au commandement militaire la possibilité de permettre aux autorités des colonies (municipalités et conseils régionaux) d’appliquer plusieurs dizaines de lois israéliennes, et non les ordres militaires. Les lois en vigueur en Israël ne s’appliquent donc pas directement dans les colonies, mais l’administration militaire des territoires occupés joue un rôle d’interface entre législation israélienne et territoires des colonies. De plus, des tribunaux locaux, ainsi que des tribunaux rabbiniques, sont établis au sein des colonies, qui sont en charge de certains litiges opposant les colons entre eux. Si, comme le fait remarquer Amnon Rubinstein, de tels mécanismes contribuent à brouiller les « frontières » entre Israël et les territoires occupés[20], force est de constater qu’ils créent en outre des enclaves territoriales extra-légales au sein desdits territoires, qui ne sont pas sujettes aux ordres et aux tribunaux militaires. Ces enclaves bénéficient, qui plus est, d’un certain nombre de services dont les Palestiniens sont exclus, fournis notamment par les Ministères de l’Éducation, de la Santé, de l’Environnement ou de l’Agriculture.

 

Le second dispositif qui encadre la dualité juridique entre colons et Palestiniens est l’attribution d’un statut de citoyen « extra-territorial » aux résidents des colonies. La seule base territoriale ne permet pas, en effet, de contourner les ordres et les tribunaux militaires, dans la mesure où les colons pourraient se rendre coupables d’infractions à l’extérieur des colonies et des zones qui y sont annexées. C’est pourquoi de nombreuses lois votées à la Knesset mentionnent explicitement le fait qu’elles s’appliquent non seulement en Israël mais qu’elles concernent aussi les Israéliens résidant dans les territoires occupés. Dans le domaine pénal, la plus significative d’entre elles est une loi adoptée en 1977[21], « qui autorise les tribunaux pénaux israéliens à juger les Israéliens suspectés d’avoir commis des infractions pénales en Cisjordanie[22] sur le base du code pénal et des procédures pénales de l’État d’Israël »[23]. Le texte explique ainsi que « le tribunal en Israël aura l’autorité pour juger, au regard de la loi en vigueur en Israël, (…) un Israélien pour son acte ou manquement s’il se produit dans le territoire du Conseil Palestinien [l’Autorité Palestinienne]. Cette régulation ne s’applique pas à une personne qui, au moment de l’acte ou du manquement, était un résident de la région [la Cisjordanie] ou un résident des territoires du Conseil Palestinien, et qui n’est pas israélien »[24]. La législation permet non seulement aux colons israéliens d’être jugés par les tribunaux réguliers de l’État d’Israël, mais elle exclut de plus de facto les non-Israéliens, en l’occurrence les Palestiniens.  

 

Depuis les Accords d’Oslo, la juridiction territoriale des tribunaux militaires israéliens se réduit, en théorie, aux zones B et aux zones C[25], et donc aux crimes qui y sont commis et aux individus qui y résident. En effet, les zones A étant sous le contrôle de l’AP, c’est elle qui est, en théorie, chargée de juger les infractions qui y sont commises. Mais l’ordre 1651 (2009) précise des exceptions à cette limitation de la juridiction des tribunaux militaires : « Le tribunal militaire est autorisé à juger (…) une personne qui a commis un acte criminel à l’intérieur de la zone A, [si cet acte] vise ou contribue à nuire à la sécurité de la région [la Cisjordanie] »[26]. De même, un Palestinien accusé d’avoir commis, ou participé à la commission d’un crime en Israël, peut tomber sous la juridiction des tribunaux militaires : « Le tribunal militaire est autorisé à juger (…) une personne qui a commis un acte criminel hors de la région [la Cisjordanie] qui constituerait un crime s’il était commis dans la région et si l’acte vise ou contribue à nuire à la sécurité de la région ou l’ordre public »[27]. Les Accords d’Oslo et les « transferts de compétences » à l’AP n’ont donc pas bouleversé la structure qui s’est mise en place après 1967, puisque les autorités militaires israéliennes se réservent le droit d’arrêter des personnes vivant dans les zones A et de les juger même si l’acte répréhensible a été commis dans lesdites zones.

 

Il existe donc, aujourd’hui encore, un double statut pénal, à l’intérieur même de la Cisjordanie, correspondant à une séparation, sur des critères nationaux, entre deux populations résidant pourtant dans la même entité territoriale. Cette séparation se double d’inégalités de traitement, puisque comme le rappelle Amnesty International dans un rapport daté de 2006, la législation militaire est « moins protectrice » que la législation israélienne « normale »[28]. C’est ainsi qu’un Palestinien arrêté en Cisjordanie et suspecté d’homicide involontaire pourra être retenu huit jours avant d’être traduit devant un juge militaire, maintenu en détention « provisoire » pendant une durée indéfinie[29] et condamné à une peine pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité. Un colon suspecté du même crime sur le même territoire devra, en vertu de la loi israélienne, être traduit devant un juge (civil) au maximum 24 heures après son arrestation, et ne pourra pas être condamné à une peine excédant 20 ans de prison. Le double standard juridique est ici manifeste, qui confirme qu’à la séparation s’ajoute la discrimination. Les statistiques de l’activité des tribunaux militaires israéliens sont à cet égard éloquents : en 2010, ce sont pas moins de 9.542 Palestiniens qui ont été déférés devant la « justice militaire » israélienne, avec un taux de condamnation de 99.74%[30].

 

III) De l’intérêt du recours au paradigme de l’apartheid

 

La confrontation de la politique israélienne en Cisjordanie avec les traits fondamentaux de l’apartheid, et notamment le caractère institutionnalisé des discriminations et de l’oppression[31] permet donc d’aller au-delà de la description et de l’analyse de l’occupation comme étant intrinsèquement « violente » ou « arbitraire ». La dualité juridique à l’œuvre en Cisjordanie, qui repose sur le principe de la séparation entre résidents palestiniens et israéliens, témoigne en effet d’une institutionnalisation des discriminations dans un territoire qui demeure sous occupation israélienne. En fonction de leur origine nationale, les habitants de Cisjordanie soupçonnés d’avoir commis des infractions ne sont pas sujets aux mêmes lois et aux mêmes tribunaux[32], quand bien même ceux-ci sont sous la responsabilité du même État, à savoir Israël. La séparation ainsi opérée est un indice du caractère structurel des discriminations au sein des territoires occupés, assumées et légalisées par les autorités israéliennes.

 

En dernière analyse, cette dualité n’est que la projection juridique et judiciaire des contradictions inhérentes au sionisme politique et au projet d’établissement d’un « État des Juifs » dans une région très majoritairement peuplée de non-Juifs[33]. La logique d’inclusion territoriale et d’exclusion démographique porte en effet en elle, à partir du moment où l’ensemble des résidents indigènes n’ont pas quitté la Palestine, la constitution de catégories de citoyens de seconde classe[34] et de sujets sans citoyenneté. Il en résulte en effet une situation apparemment paradoxale : force est en effet de constater que les Palestiniens de Cisjordanie sont eux aussi, à bien des égards, des sous-citoyens de l’État d’Israël. Certains auteurs peu suspects d’antisionisme vont ainsi jusqu’à souligner que ce qui constitue, selon eux, l’une des principales différences de traitement entre les Palestiniens et les colons, est le fait que ces derniers aient le droit, en vertu de la loi électorale de 1968, de voter aux élections israéliennes : « nous devons relever l’extension, sur une base personnelle, de la loi électorale israélienne, qui affirme que les Israéliens qui résident dans les territoires placés sous la responsabilité des Forces de Défense Israéliennes (FDI) pourront voter dans leur lieu de résidence. (…) [Cette loi] permet aux colons israéliens des territoires occupés de participer au choix du gouvernement qui administre ces territoires en tant que puissance occupante, alors que les résidents palestiniens des mêmes territoires, qui sont sujets aux actions du même gouvernement, ne prennent pas part à ce choix »[35].

 

Les Palestiniens des territoires occupés demeurent en effet, à plus d’un titre, et ce malgré la fiction de « l’autonomie palestinienne », des sujets de l’État d’Israël. Il est ainsi significatif de noter que les permis de circulation à l’intérieur des territoires occupés demeurent, aux côtés des autorisations d’entrée en Israël, sous la seule responsabilité de l’administration israélienne. À la fin de l’année 2011, ce sont ainsi pas moins de 101 permis différents qui organisaient les déplacements des Palestiniens, en fonction de leur lieu de résidence, de leur âge, de leur profession, de leur sexe, de leur situation maritale, etc[36]… Un exemple qui illustre, à l’instar des tribunaux militaires, à quel point la vie quotidienne des Palestiniens demeure rythmée et organisée par des décisions israéliennes, quand bien même l’AP a hérité, depuis les Accords d’Oslo, de nombreuses « compétences »[37]. L’occupation israélienne ne se résume pas à une situation d’oppression, elle est également productrice de normes juridiques discriminatoires dans la mesure où elle s’applique différemment selon l’origine nationale des habitants des territoires occupés. L’interrogation du paradigme d’apartheid permet ainsi d’établir que l’occupation militaire et les discriminations institutionnalisées ne se confondent pas, quand bien même elles peuvent être considérées comme les deux faces d’une même politique. L’inscription dans la durée de l’occupation, doublée de la politique d’implantation de colons dans les territoires occupés, ont conduit au développement légalisé des discriminations et abouti à une situation complexe mais familière : un seul pouvoir réel, deux populations imbriquées, une unification territoriale de facto, mais une législation différenciée selon des critères nationaux, et des enclaves territoriales soumises à des régimes politiques et juridiques distincts.



[1] Pascal, Pensées (1670).

[2] Voir notamment l’excellente synthèse de Neve Gordon, Israel’s Occupation, Berkeley, University of California Press, 2008, et l’ouvrage collectif dirigé par Adi Ophir, Michal Givoni et Sari Hanafi, Power of Inclusive Exclusion : Anatomy of the Israeli Rule in the Occupied Palestinian Territories, New York, Zone Books, 2009.

[3] Voir notamment Lisa Hajjar, Courting Conflict : the Israeli Military Court System in the West Bank and Gaza, Berkeley, University of California Press, 2005. Pour une étude plus synthétique, on pourra également se reporter à Sharon Weill, « The judicial arm of the occupation : the Israeli military courts in the occupied territories », International Review of the Red Cross, vol. 89, n°866, juin 2007, p. 395-420.

[4] Il ne s’agit pas ici de relativiser la tragédie des réfugiés de 1967, mais d’établir que la proportion d’exilés est beaucoup plus faible qu’en 1947-1949.

[5] L’annexion aurait en effet amené les Palestiniens à représenter plus d’un tiers des habitants de l’État d’Israël.

[6] « Gouvernement militaire » jusqu’en 1981, « Administration civile » par la suite.

[7] L’administration militaire est rattachée à la Coordination des Activités Gouvernementales dans les Territoires Occupés (COGAT), une unité du Ministère de l’Intérieur israélien.

[8] Ordres 92, 158, 291, entre autres. Les numéros correspondent aux ordres émis pour la Cisjordanie. La plupart ont un équivalent, sous un autre numéro, à Gaza.

[9] Ordres 58, 59, 291, 321, 364, 1.091, entre autres.

[10] Ordre 45.

[11] Ordre 267, modifié par les ordres 362 et 398.

[12] Ordre 379, modifié par l’ordre 398.

[13] Ordre 1015.

[14] Sauf si les autorités militaires en sont averties à l'avance et ont les noms de l'ensemble des participants…

[15] Les autorités militaires reprennent à leur compte la législation d’urgence adoptée par les Britanniques en 1945, en l’occurrence les articles 86 à 101.

[16] La dernière mise à jour des « directives sécuritaires » date de 2009, avec l’ordre 1651 (« Order Regarding Security Directives (Judea and Samaria) »), qui reprend, complète et/ou remplace les ordres précédents, dont l’ordre 378.

[17] C’est ce que l’on appelle la « détention administrative », toujours en vigueur.

[18] Articles 44 et 50 de l'ordre 378.

[19] Rappelons ici que l’État d’Israël n’a toujours pas, à ce jour, de frontières déclarées. D’où l’utilisation des guillemets.

[20] Amnon Rubinstein, « The Changing Status of the "Territories" (West Bank and Gaza) : From Escrow to Legal Mongrel », Tel Aviv University Studies in Law, vol. 8, 1988, p. 59-80.

[21] « The Extension of Power of Emergency Regulations Law (Judea and Samaria and the Gaza Strip – Adjudication of Offences and Legal Aid) », votée en 1977 et régulièrement amendée depuis.

[22] Et, jusqu’en 2005, à Gaza. 

[23] Middle East Project of the Human Sciences Research Council of South Africa,  Occupation, Colonialism, Apartheid ? A re-assessment of Israel’s practices in the occupied Palestinian territories under international law, mai 2009, p. 107.  

[24] The Extension of Power of Emergency Regulations Law, op. cit, section 2. C’est moi qui souligne.

[25] Les Accords de Taba (« Oslo II », septembre 1995) ont divisé les territoires palestiniens en zones aux statuts divers : les zones A (18% de la Cisjordanie en 2011) sont sous la seule responsabilité de l’AP, les zones B (21%) sont le lieu d’un partage des responsabilités, et les zones C (61%) sont sous la seule responsabilité israélienne.

[26] Ordre 1659, article 10.F.

[27] Ibid, article 10.E.

[28] Amnesty International, Israël et Territoires occupés : note au Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale, 2006.

[29] Cf supra.  

[30] Chaïm Levinson, « Nearly 100% of all military court cases in West Bank end in conviction », Haaretz, 29 novembre 2011.

[31] Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale, Article 7, 2, h.

[32] Je n’évoque pas ici les tribunaux palestiniens, mais les tribunaux civils et militaires israéliens.

[33] Voir à ce propos la contribution de Céline Lebrun, infra.

[34] Je me permets ici de renvoyer aux autres contributions de l’ouvrage revenant sur les cas des Bédouins, des Palestiniens de Jérusalem ou des Palestiniens d’Israël. Voir, respectivement, les contributions d’Irène Steinert, de Ben Scribner et de Layla Damiri et Céline Lebrun.

[35] Orna Ben-Naftali, Aeyal Gross et Keren Michaeli, « Illegal Occupation : The Framing of the Occupied Palestinian Territory », Berkeley Journal of International Law, vol. 23, n°3, 2005, p. 551-614 (p. 584-585).

[36] Chaïm Levinson, « Israel has 101 different types of permits governing Palestinian movement », Haaretz, 26 décembre 2011. Inutile de préciser que les colons sont dispensés de ce système de « permis ».

[37] Sur les transferts de compétences, voir notamment Jean-François Legrain, « Retour sur les Accords israélo-palestiniens », Maghreb-Machrek n°170, octobre-décembre 2000, p. 96-125.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 19:23

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Pour se justifier, le terrorisme d’État fabrique des terroristes : il sème la haine et cueille des alibis. Selon ses auteurs, cette boucherie de Gaza veut terminer avec les terroristes, mais tout indique qu’elle finira par les multiplier.

Depuis 1948, les Palestiniens sont condamnés à l’humiliation perpétuelle. Ils ne peuvent même pas respirer sans autorisation. Ils ont perdu leur pays, leur terre, leur eau, leur liberté, leur tout. Ils n’ont même pas le droit de choisir leurs dirigeants. Lorsqu’ils votent pour celui qu’ils ne devraient pas voter, ils sont punis. Gaza est en train d’être punie. Elle est devenue un piège sans issue depuis que le Hamas a remporté les élections en 2006. Quelque chose de semblable s’est passé en 1932, lorsque le Parti Communiste a remporté les élections au Salvador. Baignés dans le sang, les Salvadoriens payent sa mauvaise conduite et vivent depuis sous des dictatures militaires. La démocratie est un luxe que tout le monde ne mérite pas.

Fils de l’impuissance ces roquettes artisanales que les militants du Hamas, retranchés dans la bande de Gaza, tirent maladroitement sur les terres qui avaient été palestiniennes et que l’occupation israélienne a usurpé. Et la détresse, au bord de la folie suicidaire, est la mère des bravades qui nient le droit à l’existence d’Israël, des cris sans aucune efficacité, alors que la guerre d’extermination très efficace nie depuis des années le droit d”existence de la Palestine. La Palestine est déjà faible. Petit à petit, l’Israël l’efface de la carte.

Les colons envahissent, et derrière eux les soldats corrigent la ligne de frontière. Les balles rendent sacrée la dépossession, au nom d’une légitime défense du territoire. Il n’y a pas de guerre agressive qui ne se proclame pas comme une guerre défensive. Hitler envahit la Pologne pour empêcher la Pologne d’envahir l’Allemagne. Bush a envahi l’Irak pour empêcher l’Irak d’envahir le monde. Dans chacune de ses guerres défensives, l’Israël a avalé un nouveau morceau de la Palestine, et les déjeuners continuent. La dévoration est justifiée par les titres de propriété donnés par la Bible, par les deux mille ans de persécution que le peuple juif a souffert, et par la panique générée par la chasse aux palestiniens.

L’Israël est le pays qui ne respecte jamais les recommandations et les résolutions de l’ONU, qui ne respecte pas les décisions des tribunaux internationaux, qui ne subit pas les jugements du droit international, il se moque des lois internationales et il est aussi le seul pays qui a légalisé la torture des prisonniers. Qui lui a donné le droit de refuser tous les droits ? D’où vient l’impunité avec laquelle l’Israël exécute le massacre de Gaza ? Le gouvernement espagnol n’a pas pu bombarder impunément le pays basque pour finir avec la ETA ou le gouvernement britannique n’a pas pu dévaster l’Irlande pour liquider l’IRA. Est ce que l’Holocauste implique une politique d’impunité éternelle ? Ou le feu vert provient du pouvoir que l’Israël a sur le plus fidèle de ses vassaux ?

L’armée israélienne, la plus moderne et sophistiquée du monde, est en connaissance de cause de celui auquel elle s’attaque. Elle ne tue pas par erreur. Elle tue par abjection. Les victimes civiles sont appelées dommages collatéraux, selon le dictionnaire des autres guerres impériales. À Gaza, trois sur dix sont des dommages collatéraux. Reste à ajouter des milliers de mutilés, victimes de la technologie de mutilation humaine que l’industrie militaire teste avec succès dans cette opération de nettoyage ethnique.

Et comme d’habitude, toujours la même chose : à Gaza, cent contre un. Pour chaque cent Palestiniens tués, un Israélien mort.

Les personnes dangereuses préviennent un autre bombardement, en charge de la gestion des moyens massifs de manipulation. Ils nous invitent à croire qu’une vie israélienne vaut autant qu’une centaine de vies palestiniennes. Et les médias nous invitent aussi à croire qu’elles sont humanitaires les deux cents bombes atomiques d’Israël, et finalement qu’une puissance nucléaire appelé l’Iran a anéanti Hiroshima et Nagasaki.

La soi-disant communauté internationale, existe t-elle ? N’est-elle qu’un club de marchands, de banquiers et de guerriers ? Est-ce quelque chose, mis à part du nom artistique qu’utilisent les États-Unis lorsqu’ils font du théâtre ?

Face à la tragédie de Gaza, l’hypocrisie mondiale brille à nouveau. Comme toujours, l’indifférence, les discours vides, les déclarations creuses, les déclamations sonores, les positions ambiguës, rendent hommage à l’impunité sacrée.

Face à la tragédie de Gaza, les pays arabes se lavent les mains. Comme toujours. Et comme toujours, les pays européens se frottent les mains.

La vieille Europe, tant capable de la beauté et de la perversité, verse une larme tout en célébrant secrètement ce coup de maître. Parce que le chasse des Juifs a toujours été une tradition européenne, mais depuis un demi-siècle cette dette historique est encaissée par les Palestiniens, qui sont aussi des sémites et qui ne l’ont jamais été, ni antisémitistes non plus. C’est eux qui payent avec le sang, un compte qui leur appartient pas.

Cet article est dédié à mes amis juifs tués par les dictatures latino-américaines sous la tutelle d’Israël.

Eduardo Galeano

 

 

publié dans le quotidien mexicain La Jornada, le 28 novembre 2012 http://www.jornada.unam.mx/2012/11/28/mundo/034a1mun

traduction, Kei Tanikawa et Fréquences Latines

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 20:37

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 20:30

arton2069.jpgJuste avant les pri­maires du Likoud, Néta­nyahou a fait quelque chose d’incroyable : il a passé un accord avec Lie­berman pour com­biner leurs deux listes électorales.

“LA VEN­GEANCE EST un plat qui se mange froid,” est une formule attribuée à Staline. Je ne sais pas s’il l’a réel­lement pro­noncée. Tous les témoins pos­sibles ont été exé­cutés depuis longtemps.

Quoi qu’il en soit, le goût d’une ven­geance dif­férée n’est pas dans le caractère des Israé­liens. C’est plus immédiat. Ils ne font pas de projet. Ils improvisent.

À cet égard, aussi, Avigdor Lieberman n’est pas israélien. Il est russe.

LORSQUE “EVET”, comme on l’appelle en russe, a choisi il y a quatre ans sa faction à la Knesset, il a, comme tou­jours, agi selon son humeur du moment.

Pas d’inepties sur la démo­cratie, les pri­maires ou autres choses de ce genre. Il y a un chef et le chef décide.

Il y eut cette très belle jeune femme de Saint Péters­bourg, Anas­tasia Michaeli. Pas très brillante, peut-​​être, mais agréable à regarder pendant les séances ennuyeuses de la Knesset.

Puis il y eut cet homme charmant au nom vraiment russe, Stas Misezh­nikov, qu’aucun Israélien ne peut pro­noncer. Il est très popu­laire chez les immi­grants russes. Appelons le Davay.

Et ce diplomate israélien, Danny Ayalon, peut-​​être utile si je deviens ministre des Affaires étrangères.

Mais les humeurs passent, et les gens élus restent élus pendant quatre ans.

La beauté s’est révélée être une petite brute, en plus d’être stupide. Au cours d’une réunion publique de com­mission de la Knesset, elle s’est levée pour aller jeter un verre d’eau sur un député arabe. Une autre fois, elle a attaqué phy­si­quement un membre arabe de la Knesset, une femme, à la tribune de l’assemblée.

Le charmant Russe était un peu trop charmant. Il s’enivrait régu­liè­rement et orga­nisait des parties à l’étranger pour sa maî­tresse, aux frais de son ministère. Même ses gardes du corps se plaignaient.

Et c’est le diplomate qui l’emporta sur les autres, lorsqu’il invita des jour­na­listes à assister à l’humiliation infligée à l’ambassadeur de Turquie, en le plaçant sur un siège très bas pendant une audience. Cela a conduit au célèbre incident de la Flot­tille Turque et a causé – et cause encore – des dom­mages incal­cu­lables aux intérêts stra­té­giques d’Israël. En outre, Ayalon était à l’origine de fuites répétées.

Lie­berman n’a pas réagi à tout cela. Il défendait ses gens et cri­ti­quait ceux qui les cri­ti­quaient, les­quels n’étaient de toute façon que de la racaille de gauche.

Mais voilà venu main­tenant le moment de constituer le groupe de Lie­berman pour la nou­velle Knesset, tou­jours sans inepties démo­cra­tiques. À leur grande conster­nation, les trois se sont vu signifier en cinq minutes leur mise à l’écart. Le tout sans la moindre mani­fes­tation d’émotion. Froid. Froid.

Ne vous frottez pas aux gens comme Lie­berman. Pas plus qu’à Vla­dimir Poutine et Cie.

SI J’ÉTAIS Ben­jamin Néta­nyahou, je ne m’inquiéterais pas d’Abbas, d’Ahmadinejad, d’Obama, de Morsi et de l’opposition com­posite à la Knesset. Le seul sujet de mes inquié­tudes serait Lie­berman, quelque part dans mon dos. Je m’inquiéterais beaucoup, vraiment beaucoup. À chaque minute, à chaque seconde.

Il y a deux semaines, deux événe­ments décisifs sont sur­venus qui pour­raient hâter la mort poli­tique du “Roi Bibi”. L’un était de son fait, l’autre s’est produit.

Lors des pri­maires du Likoud, dominées par d’horribles négo­cia­tions et mani­pu­la­tions, un groupe de la Knesset a été retenu com­prenant presque exclu­si­vement des gens d’extrême droite, avec des fas­cistes avérés, dont beaucoup de colons et de leurs délégués. Contre la volonté de Néta­nyahou, toutes les per­sonnes de la droite modérée ont été bru­ta­lement éliminées.

Néta­nyahou est lui-​​même, bien entendu, un homme d’extrême droite. Mais il aime se montrer en homme d’Etat modéré, res­pon­sable, équilibré.

Le nouveau Likoud n’a rien à faire du parti “révi­sion­niste” d’origine qui en a été le pré­curseur. Le fon­dateur du parti il y a quelque 85 ans, Vla­dimir (Ze’ev) Jabo­tinsky, un jour­na­liste et poète né à Odessa et élevé en Italie, était un natio­na­liste extré­miste et un démo­crate très libéral. Il a inventé un mot hébreu par­ti­culier (“Hadar”) pour le juif idéal qu’il envi­sa­geait : juste, honnête, bon, un com­battant déterminé pour ses idéaux et généreux à l’égard de ses adversaires.

Si Jabo­tinsky pouvait voir ses der­niers héri­tiers, il serait révolté. (Il a un jour conseillé à Menachem Begin de se jeter dans la Vistule s’il ne croyait pas en la conscience de l’Humanité.)

JUSTE AVANT les pri­maires du Likoud, Néta­nyahou a fait quelque chose d’incroyable : il a passé un accord avec Lie­berman pour com­biner leurs deux listes électorales.

Pourquoi ? Sa vic­toire élec­torale sem­blait déjà assurée. Mais Néta­nyahou est un tac­ticien invétéré sans stra­tégie. C’est aussi un lâche. Il veut jouer la sécurité. Avec Lie­berman, sa majorité est aussi sûre que le Fort Knox.

Mais que va-​​t-​​il se passer à l’intérieur de la forteresse ?

Lie­berman, main­tenant N° 2, va se réserver le ministère le plus important et le plus puissant : la Défense. Il attendra patiemment, comme un chasseur sa proie. Le groupe unifié sera, en esprit, bien plus proche de Lie­berman que de Néta­nyahou. Lie­berman, le cal­cu­lateur froid, attendra jusqu’à ce que Néta­nyahou soit contraint sous la pression inter­na­tionale de faire quelques conces­sions aux Pales­ti­niens. C’est alors qu’il bondira.

Cette semaine nous avons assisté au prélude. Après la recon­nais­sance à une majorité écra­sante de la Palestine comme Etat par les Nations Unies, Néta­nyahou s’est “vengé” en annonçant son projet de construire 3.000 nou­veaux loge­ments dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, y compris à Jéru­salem Est, la future capitale inévi­table de la Palestine.

Il a insisté sur sa déter­mi­nation à occuper l’ensemble de la zone E1, le seul espace encore vacant entre la colonie géante de Ma’aleh Adumim (qui occupe à elle seule une surface muni­cipale plus impor­tante que Tel Aviv). Cela aurait pour effet de couper la partie nord de la Cis­jor­danie de la partie sud, à part un étroit goulot près de Jéricho.

La réaction mon­diale a été plus forte que jamais aupa­ravant. Encou­ragés sans aucun doute en cou­lisses par le Pré­sident Obama, les pays euro­péens ont appelé les ambas­sa­deurs de Lie­berman pour pro­tester contre l’opération. (Obama est trop lâche pour adopter lui-​​même cette position.) Angela Merkel, habi­tuel­lement un paillasson sous les pieds de Néta­nyahou, l’a averti qu’Israël ris­quait de se trouver tota­lement isolé.

Si Merkel pense que cela va inti­mider Néta­nyahu ou les Israé­liens en général, elle se trompe énor­mément. Les Israé­liens en réalité appré­cient l’isolement. Non parce qu’il est “splendide”, comme avaient coutume de penser les Bri­tan­niques, mais parce qu’il confirme une fois de plus que le monde entier est anti­sémite et qu’on ne peut pas lui faire confiance. Alors, qu’ils aillent au diable !

QU’EN EST-​​IL des autres partis ? J’ai été sur le point de demander : quels partis ?

Dans le monde poli­tique israélien, avec ses dizaines de partis, ce qui compte réel­lement ce sont les deux blocs : la droite reli­gieuse et le … eh bien, l’autre.

Il n’y a pas de bloc de gauche en Israël. La gauche est main­tenant, comme l’homosexualité chez Oscar Wilde, “l’amour qui n’ose pas dire son nom”. Au lieu de cela, chacun prétend main­tenant se situer “au centre”.

Une affaire appa­remment mineure a suscité beaucoup d’attention cette semaine. Le parti tra­vailliste de Shelly Yachi­movich a mis fin à son accord élec­toral de longue date avec le Meretz pour passer un nouvel accord avec “Il y a un Avenir” de Ya’ir Lapid.

Dans le système élec­toral israélien, qui est rigou­reu­sement pro­por­tionnel, on veille avec grand soin à ce qu’aucun vote ne soit perdu. En consé­quence, deux listes élec­to­rales peuvent se mettre d’accord à l’avance pour que les suf­frages qui leur restent après l’attribution des sièges soient addi­tionnés pour que l’une d’entre elles puisse en obtenir un siège sup­plé­men­taire. Dans cer­taines situa­tions, ce siège addi­tionnel peut emporter la décision dans la division finale entre les deux blocs principaux.

L’alliance entre le parti tra­vailliste et le Meretz était natu­relle. Les deux étaient socia­listes. Vous pouviez voter tra­vailliste et être content de voir votre vote aider en fin de compte un membre sup­plé­men­taire du Meretz à se faire élire. Faire passer cet accord d’un parti à un autre est signi­fi­catif – spé­cia­lement si cet autre parti est une liste bidon, dépourvue d’idées sérieuses, impa­tiente de rejoindre le gou­ver­nement de Nétanyahou.

En ne repré­sentant rien d’autre que le charme per­sonnel de Lapid, ce parti pourrait rem­porter quelques huit sièges. Cela vaut aussi pour “le Mou­vement” tout nouveau de Tzipi Livni, concocté au dernier moment.

Le Meretz est un vieux parti fidèle, affirmant toutes les choses justes, exempt de cor­ruption. Mal­heu­reu­sement il a le cha­risme terne d’une vieille bouilloire. Pas de nou­velles per­son­na­lités sédui­santes, à une époque où les per­son­na­lités comptent plus que les idées.

Les com­mu­nistes sont consi­dérés comme un parti “arabe”, bien qu’ils aient vraiment un can­didat juif. Comme les deux autres partis “arabes”, ils ont peu d’influence, en par­ti­culier depuis qu’environ la moitié des citoyens arabes ne votent pas du tout, par indif­fé­rence ou dégoût.

Reste le parti tra­vailliste. Yachi­movich a réussi à relever son parti de sa semi-​​mort et lui a insufflé une nou­velle vie. De nou­velles per­son­na­lités donnent de la vitalité à la liste élec­torale, bien que quelques uns des can­didats ne se parlent pas. Au cours des der­nières heures, Amir Peretz, l’ancien ministre de la Défense a quitté Shelly pour Tzipi.

Mais s’agit-il là de la nou­velle oppo­sition ? Non s’il s’agit de ques­tions mineures comme la paix (un mot à éviter), de l’énorme budget mili­taire (ditto), de l’occupation, des colons (Shelly les aime), des ortho­doxes (Shelly les aime, aussi). Si on la presse, Shelly concède qu’elle est “pour la solution à deux Etats”, mais dans l’Israël d’aujourd’hui cela ne signifie qua­siment rien. Sur un plan beaucoup plus important, elle refuse caté­go­ri­quement d’envisager de ne pas se joindre à une coa­lition Nétanyahou-​​Lieberman.

Il se pourrait bien que le vain­queur des élec­tions, dans six semaines main­tenant, soit Avigdor Lie­berman, l’homme de la ven­geance froide. Et ce serait le début d’un tout nouveau chapitre.

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