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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 13:08

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La demande palestinienne d’un statut d’observateur non membre de l’ONU sera certainement couronnée de succès. Les deux-tiers de voix nécessaires pour gagner le vote d’aujourd’hui à l’Assemblée Générale de l’ONU sont déjà acquis.

Les pays du BRICS, la Ligue Arabe, le mouvement des pays non alignés et d’une manière assez surprenante une grand partie des états européens ont promis de soutenir la demande. "Nous avons perdu l’Europe" : cette déclaration israélienne dit tout. Le fait est que les écluses sont ouvertes et que Washington et Tel Aviv sont très isolés.

La question qui surgit de ce tsunami de soutien est la suivante : qu’est-ce que cela signifie pour la Palestine ? Il est certain que les Palestiniens enregistrent ici une immense victoire. Mais c’est bien plus que cela. Ils peuvent désormais prendre part aux débats de l’Assemblée Générale de l’ONU et ont une tribune pour faire connaître leur poignante histoire.

Deuxièmement, il leur sera plus facile de contacter les agences de l’ONU, ce qui permettra à la Palestine d’obtenir toutes sortes d’aides de l’organisation mondiale. C’est une fissure de plus dans le cercueil du blocage inhumain qu’Israël impose à Gaza.

Par ailleurs, l’acceptation par l’ONU de la Palestine même comme un observateur non membre implique une large reconnaissances des frontières antérieures à 1967 étant donné que l’ONU est après tout l’organisme international suprême qui est la source de l’autorité sur le droit international.

Mais, ce qui terrifie le plus les Israéliens, c’est que les Palestiniens puissent devenir membres de la Cour Criminelle Internationale [CCI], ce qui, s’ils y parviennent, signifierait que les Israéliens pourraient avoir à rendre des comptes sur leurs épouvantables crimes de guerres contre les Palestiniens.

Cela pourrait avoir de graves conséquences pour Israël et ses leaders politiques et militaires.
Plus important encore, cela mettra fin à l’impunité dont a joui jusqu’à maintenant Israël pour déployer sa puissance militaire contre les citoyens sans défense de Palestine, ce qui signifie que Tel Aviv sera obligé d’y réfléchir à deux fois avant de commettre des actions qui pourraient ensuite être qualifiées de crimes de guerre.

En résumé, la supériorité militaire israélienne va devenir encore plus inutile. Une grande pression a naturellement été exercée par l’Occident sur le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas pour qu’il s’engage à ne pas devenir membre de la CCI. Il est probable qu’il ne le fasse pas, du moins pas tout de suite, mais il a cependant refusé de le promettre.

Abbas a touché récemment le fond de sa carrière politique controversée de sbire de l’Occident quand son rôle s’est réduit à celui de spectateur du combat du Hamas contre l’armée israélienne dont ce dernier est sorti grandi comme jamais auparavant aux yeux des Palestiniens. Abbas est à nouveau au centre de la scène avec son action auprès de l’AG de l’ONU mais comme tous les groupes palestiniens y compris le Hamas et le Jihad Islamique ont soutenu sa demande à l’ONU, il en a perdu le monopole en termes politiques.

Comment Israël et les Etats-Unis vont-ils réagir ? Israël a menacé les Palestiniens de sérieuses représailles. Mais les Israéliens sont des gens pragmatiques et ils se sont rendu compte maintenant que la demande palestinienne suivait un cours inexorable et que rien ne pourrait l’endiguer.

Leur discours est en train de changer ; ils disent maintenant qu’ils attendent de voir ce que les Palestiniens vont faire de leur nouveau statut à l’ONU. Ils ont cessé de les menacer de sanctions et d’abroger les Accords d’Oslo.

Ce qui se passe dans la tête de Barack Obama est beaucoup plus difficile à dire. Il est clair que l’administration Obama ne peut pas se permettre d’avoir l’air de faiblir dans son soutien à Israël au moment où les Palestiniens montent sur le podium de l’ONU. Mais que peuvent-ils faire de plus ?

Le fait que les Européens se soient désolidarisé d’eux et ait voté en faveur de la cause palestinienne montre que les Etats-Unis sont très isolés. De fait l’image des Etats-Unis au Moyen Orient s’en trouve encore dégradée.

La grande question est de savoir si l’administration Obama saura profiter ce moment de défaite et de désespoir pour faire pression sur Israël et le forcer à revenir à la table des négociations avec les Palestiniens. Pour être honnête, c’est peu probable.

Par ailleurs la réalité du terrain ne peut pas être plus longtemps ignorée, je veux dire que les Etats-Unis doivent repenser complètement leur stratégie au Moyen Orient. La région a changé du tout au tout et les Etats-Unis ne peuvent pas rester accrochés au vieux paradigme.

Le Hamas qui est le fer de lance de la cause Palestinienne aujourd’hui continue de souligner que la résistance est la seule manière d’avancer. Le premier ministre palestiniens Ismail Haniyeh l’a encore répété dans un interview cette semaine. Mais est-ce son dernier mot ? Et, là aussi, qu’est ce que les Etats-Unis ont à offrir ?

La semaine qui vient va mettre en lumière les luttes de pouvoir à Gaza. Le président du politburo du Hamas, Khaled Meshaal, doit se rendre pour la première fois à Gaza mercredi, à l’occasion du 25ième anniversaire du Hamas.

Il faut noter que le premier ministre turc Recep Erdogan se rend aussi à Gaza mercredi. Il s’agit donc d’une tentative déterminée de la part de la Turquie ( et de Meshaal) de combattre l’influence de l’Iran sur le Hamas. Le Qatar se tient prêt dans les coulisses à financer les efforts turcs. Les Etats-Unis attendent de voir ce qui en résultera.

On peut compter sur l’Iran pour faire, de son côté, tout son possible pour contrecarrer les ambitions régionales de la Turquie (et du Qatar). Comme un commentateur régional perspicace l’a fait remarquer, l’Iran jouit d’un prestige inégalé chez les groupes de résistants du Liban et de Gaza et si Erdogan pousse le bouchon plus loin, il se peut qu’il se rendre compte que le Hamas que lui et l’Emir du Qatar espèrent contrôler n’est pas le Hamas qui contrôle Gaza.

M K Bhadrakumar

Pour consulter l’original : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/

Traduction : Dominique Muselet.

 

 

Comment ont voté les pays ?

Ont voté pour : Angola, Antigua et Barbuda, Argentine, Armenie, Azerbaïjan, Bahrein, Belarus, Belgique, Belize, Bengladesh, Bénin, Bolivie, Botswana, Bouhtan, Brésil, Brunei Darussalam, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap Vert, Chili, Chine, Comores, Congo, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Cuba, Djibouti, Ecuador, Espagne, Ethiopie, Finlande, France, Gabon, Gambie, Georgie, Ghana, Grèce, Grenade, Guinée, Guinée-Bissau, Guyane, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Irlande, Islande, Italie, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Koweït, Kyrgyzstan, Lesotho, Libye, Liechtenstein, Luxembourg, Malaisie, Maldives, Mali, Mauritanie, Mexique, Mozambique, Namibie, Népal, Nicaragua, Niger, Nigeria, Oman, Ouganda, Ouzbekistan, Pakistan, Pérou, Philippines, Portugal, Qatar, Saint Kitts and Nevis, Saint Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, Salvador, Sao Tome, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Surinam, Swaziland, Syrie, Tajikistan, Thalande, Timor oriental, Trinidad et Tobago, Tunisie, Turkmenistan, Turquie, Tuvalu, Uruguay, Vénézuela, Vietnam, Yemen, Zambia, Zimbabwe, Afghanistan, Afrique du sud, Algérie, Arabie Saoudite, Autriche, Birmanie, Chypres, Corée du Nord, Danemark, Dominique, Emirats Arabes Unis, Equateur, Erythrée, Ile Maurice, Iles Salomon, Laos, Liban, Malte, Maroc, Norvège, Nouvelle Zélande, République centarfricaine, République dominicaine, Russie, Serbie, Sud Soudan, Suède, Suisse, Tanzanie, Tchad.

Ont voté contre : Canada, Etats-Unis, République Tchèque, Israël, Iles Marshall, Micronésie, Nauru, Palau, Panama.

Se sont abstenus : Albanie, Andorre, Australie, Bahamas, Barbade, Bosnie, Bulgarie, Cameroun, Colombie, Croatie, République démocratique du Congo, Estonie, Fidji, Allemagne, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Lithuanie, Malawi, Monaco, Mongolie, Monténégro, Pays-Bas, Papouasie Nouvelle Guinée, Paraguay, Pologne, Corée du Sud, Moldavie, Roumanie, Rwanda, Samoa, Saint Marin, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Macédoine, Togo, Tonga, Royaume-Uni, Vanuatu.

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http://www.legrandsoir.info/la-palestine-fait-un-grand-bond-en-avant.html
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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 09:40

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Après avoir beaucoup hésité, la France a voté en faveur de l’admission de la Palestine comme "Etat non membre" à l’ONU. Mais l’Europe continue d’être divisée et d’avoir une attitude inco­hé­rente face au conflit israélo-​​palestinien.

Au terme d’un long débat, parfois tendu, entre l’Elysée et le Quai d’Orsay, le gou­ver­nement français a fina­lement annoncé mardi qu’il voterait "oui" à l’admission de la Palestine comme "Etat obser­vateur non-​​membre" des Nations unies. Pendant la visite en France de Ben­jamin Neta­nyahou, François Hol­lande avait clai­rement montré qu’il était réservé, voire hostile à un soutien à la demande pales­ti­nienne en déplorant "la ten­tation pour l’Autorité pales­ti­nienne d’aller chercher à l’Assemblée générale de l’ONU ce qu’elle n’obtient pas dans la négociation".

Alignée sur la position constante d’Israël et des Etats-​​Unis, cette attitude consti­tuait un recul par rapport à celle défendue par Nicolas Sarkozy à New York, en sep­tembre 2011, devant l’Assemblée générale de l’ONU, puis un mois plus tard, lors de l’admission de la Palestine à l’Unesco, obtenue avec le soutien de Paris.

Elle était très diver­gente, voire en contra­diction par rapport à la position tra­di­tion­nelle de la France, favo­rable à une solution négociée du conflit israélo-​​palestinien reposant sur la coexis­tence paci­fique, sur le ter­ri­toire de l’ancienne Palestine man­da­taire, de deux Etats - Israël et l’Etat de Palestine. Ce dernier restant à créer, avec Jérusalem-​​Est comme capitale, dans les fron­tières définies par la Ligne d’armistice (Ligne verte) de 1949. Elle était aussi en contra­diction fla­grante avec le 59e des 60 enga­ge­ments pour la France du can­didat François Hol­lande, qui indi­quait : "Je sou­tiendrai la recon­nais­sance de l’Etat palestinien".

138 pays ont voté le texte palestinien

Consi­dérée par cer­tains diplo­mates comme un retour aux années de la SFIO, lorsque les socia­listes français défen­daient de manière exclusive le jeune Etat d’Israël, y compris en équipant son armée, cette position de l’Elysée était en rupture avec la poli­tique suivie par les gou­ver­ne­ments suc­cessifs depuis des décennies. Elle était jugée indé­fen­dable par les col­la­bo­ra­teurs de Laurent Fabius. Surtout au moment où les rap­ports de force stra­té­giques sont en train de changer au Moyen-​​Orient, au point d’inciter les Etats-​​Unis à envi­sager une mise à jour de leurs choix dans la région.

Même assortie de réserves – sur la saisine de la Cour inter­na­tionale de justice, par exemple – et d’un appel formel "à la reprise de négo­cia­tions sans condi­tions", alors que ces "négo­cia­tions" n’existent plus, cette prise de position a été saluée par les Pales­ti­niens. A leurs yeux, cet enga­gement de Paris devait inciter d’autres capi­tales euro­péennes à franchir le pas et à sou­tenir leur can­di­dature. Le texte a fina­lement été adopté par 138 voix pour, 9 contre et 41 abs­ten­tions, sur les 193 pays membres des Nations Unies.

Les Euro­péens, comme d’habitude, se sont divisés entre par­tisans du "oui", par­tisans du "non" et abs­ten­tion­nistes. Treize membres de l’Union euro­péenne - dont la France, l’Italie, l’Espagne, la Suède, la Bel­gique, le Danemark, l’Autriche, l’Irlande et la Fin­lande ont voté oui. L’Allemagne, que les diri­geants israé­liens espe­raient voir se joindre à la liste des pays votant non, s’est abs­tenue, comme le Royaume Uni, les Pays Bas, la Pologne ou la Hongrie. Un seul pays de l’UE - la Répu­blique tchèque - a voté non, en com­pagnie du Canada, des Etats-​​Unis, d’Israël, des Iles Mar­shall, de la Micro­nésie, de Nauru, de Palau et du Panama.

En d’autres termes, malgré sa géné­rosité dans le soutien financier apporté à l’Autorité pales­ti­nienne – qui a reçu 5,4 mil­liards d’aide euro­péenne depuis 1994 –, l’UE s’avère inca­pable d’adopter une position et une attitude cohé­rentes face au conflit israélo-​​palestinien lorsqu’elle est placée devant l’exigence d’une décision poli­tique concrète.

L’Europe a – théoriquement – une politique commune…

Ce n’est pas faute, pourtant, de dis­poser d’un arsenal de textes défi­nissant, depuis plus de 30 ans, la position commune de l’Europe sur ce conflit et sur les moyens d’y mettre un terme. Le premier date du 13 juin 1980. Dans la "Décla­ration de Venise", adoptée ce jour-​​là, 13ans avant les Accords d’Oslo, le Conseil européen estimait que "le peuple pales­tinien, qui a conscience d’exister en tant que tel, doit être mis en mesure, par un pro­cessus approprié défini dans le cadre du règlement global de paix, d’exercer plei­nement son droit à l’autodétermination".

Le même document rap­pelait "la nécessité pour Israël de mettre fin à l’occupation ter­ri­to­riale qu’il main­tient depuis le conflit de 1967". "Les Neuf [chefs d’Etat et de gou­ver­nement], pour­suivait le texte, sont pro­fon­dément convaincus que les colonies de peu­plement israé­liennes repré­sentent un obs­tacle au pro­cessus de paix au Moyen-​​Orient. Ils consi­dèrent que ces colonies de peu­plement ainsi que les modi­fi­ca­tions démo­gra­phiques et immo­bi­lières dans les Ter­ri­toires occupés sont illé­gales au regard du droit international".

Cette position commune a-​​t-​​elle changé avec l’élargissement de l’Union euro­péenne, passée depuis la Décla­ration de Venise de 9 à 27 membres ? Offi­ciel­lement, non. À de mul­tiples reprises, au cours des trente der­nières années et en par­ti­culier depuis la signature des Accords d’Oslo, en 1993, l’Union euro­péenne a rappelé son soutien à une solution négociée fondée sur la création d’un Etat pales­tinien en Cis­jor­danie, à Gaza et à Jérusalem-​​Est, vivant en paix aux côtés de l’Etat d’Israël.

De manière tout aussi récur­rente les diri­geants euro­péens ont répété que ce pro­cessus de paix reposait sur la fin de l’occupation israé­lienne et sur l’arrêt de la colo­ni­sation, jugée illégale, et en contra­vention avec les Conven­tions de Genève. Ins­crits – parmi d’autres – dans la Feuille de route, par­rainée depuis mai 2003 par les Etats-​​Unis, la Russie, les Nations unies et…l’Union euro­péenne, ces prin­cipes ont été rap­pelés année après année, dans les rap­ports que les Chefs de mission diplo­ma­tique des pays de l’Union euro­péenne à Jéru­salem et à Ramallah adressent à Bruxelles.

L’attitude contradictoire de l’UE

Géné­reuse avec l’Autorité pales­ti­nienne, l’Union euro­péenne, en d’autres termes, considère que les colonies ne sont pas seulement "illé­gales" au regard du droit inter­na­tional, mais qu’elles "consti­tuent un obs­tacle à l’instauration de la paix, et qu’elles risquent de rendre impos­sible une solution fondée sur la coexis­tence de deux Etats".

Le pro­blème, c’est que les choix de l’Union euro­péenne, en matière d’échanges écono­miques notamment, sont en contra­diction absolue avec cette position théo­rique. C’est ce que démontre un rapport très docu­menté de 35 pages, préparé par 22 orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales, rendu public le 30 octobre. Selon ce document, préfacé par l’ancien com­mis­saire européen aux rela­tions exté­rieures Hans van den Broek, la valeur des pro­duits importés chaque année par l’Union euro­péenne depuis les colonies israé­liennes (230 mil­lions d’euros) est 15 fois supé­rieure à la valeur des pro­duits importés des ter­ri­toires pales­ti­niens (15 mil­lions d’euros).

Ainsi, tout en condamnant la colo­ni­sation, en la tenant pour un obs­tacle à la paix et en appelant à son arrêt, l’Union euro­péenne la ren­force en achetant les pro­duits fabriqués dans ces mêmes colonies qu’elle juge "illé­gales". Dif­ficile de faire plus inco­hérent. Cette situation, aux yeux des Pales­ti­niens, est d’autant plus incom­pré­hen­sible que leur économie est très gra­vement entravée par les res­tric­tions que leur impose l’occupation israé­lienne : dif­fi­cultés de cir­cu­lation, d’accès aux marchés et aux res­sources natu­relles, pro­blèmes d’approvisionnement et de distribution.

L’UE "discrédite son soutien"

En revanche, les colonies béné­fi­cient, elles, de sub­ven­tions mul­tiples et d’accès sim­plifiés aux marchés, grâce au réseau routier exclusif construit par Israël. Le résultat de cette dis­cri­mi­nation tient en quelques chiffres : les expor­ta­tions pales­ti­niennes qui, dans les années 1980, repré­sen­taient plus de la moitié du PIB pales­tinien, n’atteignent même pas, ces der­nières années, 16% du PIB. Ce qui rend l’Autorité pales­ti­nienne étroi­tement dépen­dante, pour l’établissement de son budget, des aides – souvent fluc­tuantes et pas tou­jours dés­in­té­ressées - venues de l’extérieur.

"L’Union euro­péenne dépense des cen­taines de mil­lions d’euros chaque année dans l’effort de construction d’un Etat pales­tinien, constate l’ancienne députée bri­tan­nique Phyllis Starkey, membre de l’ONG Medical Aid for Pales­ti­nians, mais elle dis­crédite ce soutien en faisant du com­merce avec les colonies illé­gales et par là même, contribue à leur ren­ta­bilité et à leur expansion".

En avril 1994, Israël et l’OLP ont signé le Pro­tocole de Paris qui organise les rela­tions écono­miques entre l’Autorité pales­ti­nienne et l’Etat d’Israël. En vertu de ce texte, les Pales­ti­niens ont le droit d’exporter leurs pro­duits sans res­tric­tions et doivent béné­ficier du même trai­tement que celui qui est réservé aux pro­duits d’exportation israé­liens. Par ailleurs, l’Union euro­péenne a conclu avec l’OLP, en juillet 1997, un accord com­mercial qui donne aux pro­duits pales­ti­niens un accès pré­fé­rentiel au marché européen et les exonère de droits de douane. En 2011, cet accord pré­fé­rentiel a été étendu aux pro­duits agri­coles. Les pro­duits israé­liens béné­fi­cient, eux aussi, d’un accès pri­vi­légie au marché européen.

La lettre des anciens dirigeants européens

En principe, compte tenu du caractère illégal des colonies – reconnu par l’Union euro­péenne –, les pro­duits qu’elles fabriquent, en béné­fi­ciant d’aides mul­tiples et mas­sives du gou­ver­nement israélien, ne devraient pas être mêlés aux pro­duits fabriqués en ter­ri­toire israélien pro­prement dit. Cer­tains pays, comme le Royaume-​​Uni, par exemple, ont exigé et obtenu que les pro­duits fabriqués dans les Ter­ri­toires occupés portent un étiquetage spécial. Le Danemark vient d’adopter une légis­lation du même type. En Suisse la chaine de super­marchés Migros a annoncé qu’elle avait l’intention d’introduire en 2013 un étiquetage des pro­duits, agri­coles et indus­triels, en pro­ve­nance des colonies.

Pour l’ancien directeur du ministère israélien des Affaires étran­gères, Alon Liel, "l’étiquetage des pro­duits issus des colonies est un acte simple qui nous rap­pelle que ces colonies sont une atteinte grave au droit inter­na­tional et l’instrument d’un projet dan­gereux d’annexion de facto".

Dis­tinguer clai­rement, à l’intention des consom­ma­teurs (et des impor­ta­teurs), les mar­chan­dises en pro­ve­nance des colonies, dis­suader les entre­prises privées euro­péennes de conclure des accords avec les colonies israé­liennes, interdire l’importation dans l’Union euro­péenne des pro­duits issus des colonies, exclure les colonies des accords et des ins­tru­ments de coopé­ration avec Israël, telles sont les pistes que sug­gèrent aux gou­ver­ne­ments euro­péens les auteurs du rapport des ONG.

Leurs conclu­sions rejoignent les recom­man­da­tions faites en décembre 2010 par une ving­taine d’anciens diri­geants euro­péens dont Lionel Jospin, Javier Solana, Richard Von Weizsäker, Helmut Schmidt, Romano Prodi et Felipe Gon­zales qui écri­vaient dans une lettre ouverte au pré­sident du Conseil européen : "Nous estimons néces­saire que l’UE mette fin à l’importation de pro­duits issus des colonies, qui sont en contra­vention avec les normes d’étiquetage euro­péennes, estam­pillés comme étant en pro­ve­nance d’Israël".

Aux yeux de nombre de diri­geants pales­ti­niens déçus par la pas­sivité, voire la duplicité de l’attitude des Etats-​​Unis, l’Union euro­péenne a long­temps repré­senté – et repré­sente encore parfois – l’espoir d’un nouveau par­te­nariat et d’un soutien moins soumis à l’influence israé­lienne que celui de Washington. Encore faudrait-​​il que les Euro­péens, face au conflit israélo-​​palestinien, mettent enfin en accord leurs posi­tions théo­riques et leurs enga­ge­ments concrets sur le terrain. Et s’accordent, au moins, sur une position commune élémen­taire lorsqu’ils doivent se pro­noncer aux Nations unies. De ce point de vue, le vote d’hier n’était pas très encourageant.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:56

arton18455-84ec5.jpgT’as aimé ça ? J’étais dans le hall de l’Excentris, où je venais de voir Five Broken Cameras - cinq caméras brisées -, un documentaire qui raconte l’injustice et l’humiliation faites aux habitants d’un petit village de Cisjordanie par les Israéliens. Une heure et demie de lourde oppression. Non, je n’ai pas aimé ça. Personne ne peut voir des gens se faire écoeurer à ce point-là et aimer ça. Tu sors de là avec l’envie de hurler.

Mais je veux dire le film ?

Arrête ! J’ai envie de hurler, j’te dis, pas de jouer au critique de cinéma. Ces derniers jours, quand tu regardais ce qui se passait à Gaza, t’aimais ça ou, comme moi, tu rentrais ta rage en entendant les Israéliens dire que ce n’était pas eux qui avaient commencé ?

Five Broken Cameras est 100 fois plus enrageant. Parce que ce n’est pas la guerre. C’est la paix, enfin si on peut appeler la paix des claques sur la gueule, des soldats qui t’enfument, te réveillent en pleine nuit à coups de crosse dans la porte, des colons qui foutent le feu à tes oliviers.

Le village s’appelle Bil’in. Le cinéaste ? Y’a pas de cinéaste. Le documentariste ? Y’a pas de documentariste. Qu’on se le tienne pour dit : il n’y a pas derrière ce documentaire un cinéaste pacifiste danois pro-palestinien, ni une altermondialiste québécoise tombée amoureuse d’un Palestinien, ni un journaliste français de Libération, ni aucun autre Michael Moore. Il y a un paysan de 40 ans qui s’appelle Emad Burnat. Et si Emad s’est acheté une caméra, ce n’est pas pour filmer les méchants soldats israéliens. C’est pour filmer son quatrième fils, Gibreel, qui vient de naître.

Mais voilà qu’au même moment arrivent sur les terres du village des arpenteurs venus pour tracer la frontière où doit s’élever le fameux mur qui protège maintenant Israël des terroristes. Emad les filme. Quand les gens du village se mettent à manifester pacifiquement, très pacifiquement, Emad les filme aussi. Les villageois ne protestent pas à cause du mur, ils s’y sont résignés depuis longtemps, ils manifestent parce que le tracé empiète très largement sur leurs oliveraies, on est en train de les spolier au profit de la colonie juive voisine.

Quand l’armée débarque, Emad filme. Quand l’armée enfume le village, quand l’armée blesse un de ses frères, quand l’armée tue un villageois, Emad filme. Quand l’armée investit le village en pleine nuit, quand un soldat frappe à sa porte, Emad vient lui répondre la caméra à l’épaule, le soldat l’informe alors de cette chose inouïe : cette maison où est né Emad, où dorment à l’instant ses fils, cette maison se trouve désormais dans une zone interdite, et donc Emad y est interdit de séjour.

Quand un soldat tire sur Emad, Emad ne filme plus, parce que la balle s’est logée dans la lentille de la caméra. Il ne filme plus non plus quand un soldat donne un coup de crosse dans sa caméra. Il ne filme plus quand un colon lui arrache sa caméra. Il lui faudra cinq caméras pour aller au bout de son documentaire. Il lui faudra aussi l’aide d’un cinéaste israélien (Guy Davidi) pour le monter, le lancer, le montrer.

Five Broken Cameras a été primé cette année aux deux plus grands festivals du documentaire dans le monde, Sundance et Amsterdam. Et il vient d’avoir le prix du public aux récentes Rencontres du documentaire de Montréal.

T’as aimé ça, alors ?

Je te l’ai dit : j’ai envie de hurler.

Le film m’a replongé dans une de mes plus anciennes indignations. Je suis de ceux - nombreux et d’opinion plus documentée que la mienne, je pense à des intellectuels comme Edgar Morin, Jean Daniel, Amos Oz - qui pensent qu’il n’y aurait bientôt plus de conflit israélo-palestinien s’il n’y avait plus de colonies.

Je ne comprends pas ces enclaves à l’intérieur du territoire palestinien. Je ne comprends pas que de nouvelles colonies continuent de s’implanter. Je ne comprends pas que les anciennes colonies s’étendent en empiétant sur le territoire palestinien comme on le voit dans le documentaire d’Emad. Je ne comprends pas que des autoroutes, interdites aux Palestiniens, les relient entre elles et à Israël.

Mais ce que je comprends le moins de cette ghettoïsation des Palestiniens, c’est qu’elle se fait au vu et au su du monde entier et qu’aucune des grandes démocraties du monde, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis, le Canada, ne mette son poing sur la table. De temps en temps, un ou une secrétaire d’État américain déclare que les États-Unis ont demandé à l’État hébreu de mettre fin à l’implantation de nouvelles colonies. Notez bien : pas de procéder à l’évacuation des colonies implantées, non, non... S’il vous plaît, M. Nétanyahou, pas de nouvelles colonies. Il en rit comme Sharon avant lui et les plus libéraux aussi.

Ne comptez pas sur Obama pour lever le ton et conditionner la considérable aide américaine à l’évacuation des colonies. Rappelez-vous comment Nétanyahou a été accueilli en héros, ovationné par le Congrès, rappelez-vous qu’il a eu l’outrecuidance de planter Obama devant ce même Congrès...

Ce que nous montre Five Broken Cameras, ce sont des paysans palestiniens d’un petit village de Cisjordanie que les Israéliens bousculent, enfument, blessent, humilient, dépouillent de leurs terres. La vraie raison ? Le territoire. Tout le conflit israélo-palestinien est une question de territoire que se disputent deux nations. Une superpuissance dotée de l’arme nucléaire. Une autre qui lance des pierres.

Devinez derrière laquelle se rangent ceux qui mènent l’univers ?

Pierre Foglia

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/20121...

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:44

Alain Gresh 02

http://blog.mondediplo.net/2012-11-20-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard

 

 

L’homme est entré à Gaza sur les tourelles d’un char israélien début 2009, lors de l’opération « Plomb durci ». Il n’a rien vu à Gaza, aucun crime, aucune violation du droit international. Pour justifier une opération qui a fait plus de 1 400 morts du côté palestinien (en majorité des civils), il a utilisé les mêmes arguments, les mêmes mensonges qu’invoquait l’armée française durant la guerre d’Algérie — ces arguments que défendaient le général Bigeard, à qui le gouvernement de gauche rend hommage ce 20 novembre, et certains intellectuels de l’époque (oui, il existait des intellectuels affirmant que la torture n’était pas pratiquée en Algérie).

J’avais, dans un précédent papier, appelé à libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy. Il remet cela aujourd’hui, dans une de ses chroniques du Point (22 novembre), intitulée « Obscénités ».

« Remettons les choses en place. Tsahal a évacué Gaza, unilatéralement, sans conditions, en 2005, à l’initiative d’Ariel Sharon. Il n’y a plus, depuis cette date, de présence militaire israélienne sur ce territoire qui est, pour la première fois, sous contrôle palestinien. »

Premier mensonge. Gaza reste, pour les Nations unies, un territoire occupé. La seule différence, c’est que les geôliers sont hors de la prison, pas à l’intérieur. Mais ils ne soumettent pas seulement le territoire à un blocus, ils empêchent Gaza d’exporter ses productions agricoles et, comme le rappelle l’ONU, 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles aux Gazaouis en raison des restrictions israéliennes.

« Les gens qui l’administrent et qui, par parenthèse, ne sont pas arrivés par les urnes mais par la violence et au terme — juin 2007 — de plusieurs mois d’un affrontement sanglant avec d’autres Palestiniens, n’ont plus avec l’ancien occupant l’ombre d’un contentieux territorial du type de celui qu’avait, mettons, l’OLP de Yasser Arafat. »

S’il y a eu une guerre civile interpalestinienne, le Hamas a gagné des élections démocratiques en 2006, en Cisjordanie et à Gaza. Et que veut dire : les gens qui administrent (Gaza) n’ont pas de contentieux territorial avec Israël ? C’est à peu près le langage que tenaient les Américains pendant la guerre du Vietnam, lorsqu’ils disaient que le Nord-Vietnam n’avait aucun contentieux territorial.

L’enjeu, rappelons-le, est l’édification d’un Etat palestinien indépendant que le gouvernement israélien rejette.

« Des revendications d’un Arafat comme de celles, aujourd’hui, de Mahmoud Abbas, on pouvait estimer qu’elles étaient excessives, ou mal formulées, ou inacceptables  : au moins existaient-elles et laissaient-elles la possibilité d’un accord politique, d’un compromis, alors que, là, avec le Hamas, prévaut une haine nue, sans mots ni enjeux négociables — juste une pluie de roquettes et de missiles tirés selon une stratégie qui, parce qu’elle n’a plus d’autre but que la destruction de l’“entité sioniste”, est une stratégie de guerre totale. »

Excessives, les revendications d’un Mahmoud Abbas qui réclame 22 % de la Palestine historique ? Et, contrairement à ce que prétend notre « philosophe », il n’y aura aucun accord politique possible tant que les gouvernements israéliens rejetteront l’application du droit international et le retrait d’Israël de tous les territoires occupés. Quant à la position du Hamas, BHL la déforme totalement. S’agissant de la recherche d’une solution politique, le Hamas est bien plus modéré qu’Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères israélien et militant d’extrême droite notoire. Paradoxalement, si Lieberman avait été élu dans un pays européen, BHL serait le premier à demander son boycott par les autorités françaises.

« Et quand Israël, enfin, s’avise de cela, quand ses dirigeants décident de rompre avec des mois de retenue où ils ont accepté ce qu’aucuns autres dirigeants au monde n’ont jamais eu à accepter, quand, constatant, de surcroît, dans l’effroi, que le rythme des bombardements est passé d’une moyenne de 700 tirs par an à presque 200 en quelques jours et que l’Iran a, par ailleurs, commencé de livrer à ses protégés des FAJR-5 pouvant frapper, non plus seulement le sud, mais le cœur même du pays, et jusqu’aux faubourgs de Tel-Aviv et Jérusalem, ils se résolvent à réagir — que croit-on qu’il se passe  ? »

Encore un mensonge. Comme en 2008, c’est le gouvernement israélien qui a rompu la trêve. Entre juin 2008 et novembre 2008, le cessez-le-feu régnait, et c’est l’assassinat par l’armée israélienne de militants palestiniens à l’intérieur de Gaza qui déboucha sur une escalade. La simple consultation des rapports hebdomadaires des Nations unies sur la situation à la frontière, en octobre-novembre 2012, montre que, à chaque fois, ce sont des assassinats ciblés israéliens qui ont entraîné l’engrenage de la violence.

« Le Conseil de sécurité des Nations unies, que l’on a rarement vu, ces derniers mois, si prompt à la détente, se réunit dans l’urgence pour débattre, non de l’éventuelle disproportion, mais du principe même de la légitime défense israélienne. Le ministre des Affaires étrangères britannique, à qui l’on ne souhaite pas de voir la partie sud de son pays sous le feu d’une organisation reprenant le sentier de la guerre terroriste, menace l’Etat hébreu de perdre, en faisant son travail de protection de ses citoyens, les maigres derniers soutiens qu’il a la bonté de lui reconnaître sur la scène internationale. »

« La responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, commence par dédouaner le Hamas d’attaques fomentées pour partie, selon elle, par d’“autres groupes armés” et ne trouve à déplorer, dans le plus pur style tartufe du renvoi dos à dos des extrémistes-des-deux-bords, qu’une “escalade de la violence” où, comme dans la nuit hegelienne, toutes les vaches sont devenues grises »

Ces déclarations européennes ne doivent tromper personne. Tout le monde sait que, depuis des années, l’Union européenne développe des relations bilatérales avec Israël, indépendamment de l’action de ce pays dans les territoires occupés, indépendamment de la construction quotidienne de colonies, indépendamment de la violation régulière des droits humains.

« Le Parti communiste, en France, exige des “sanctions”. Les Verts, que l’on n’a guère entendus, ni sur la Syrie, ni sur la Libye, ni sur les centaines de milliers de morts des guerres oubliées d’Afrique ou du Caucase, clament que “l’impunité d’Israël doit cesser”. Des manifestants “pacifistes”, qui ne daignent pas, eux non plus, sortir de chez eux quand c’est Kadhafi ou Assad qui tuent, descendent soudain dans la rue — mais c’est pour dire leur solidarité avec le seul parti qui, en Palestine, refuse la solution des deux Etats, donc la paix. »

« Et je ne parle pas de ces experts ès conspiration qui, confortablement installés dans leur fauteuil d’éditorialiste ou de stratège en chambre, ne veulent voir dans cette histoire que la main démoniaque d’un Netanyahou trop heureux d’une nouvelle guerre qui va faciliter sa réélection. Je n’entrerai pas dans des comptes d’apothicaire remontrant à ces ignorants que tous les sondages, avant la crise, donnaient Netanyahou déjà largement gagnant. Je ne m’abaisserai pas à confier à des gens pour qui, de toute façon, quoi qu’il fasse, Israël est l’éternel coupable, ce qui, si j’étais israélien, me dissuaderait, moi, de voter pour la coalition sortante. »

Vous l’avez compris, BHL n’est pas confortablement installé dans son fauteuil, et si l’armée israélienne envahit Gaza, nul doute qu’on le verra sur un char israélien. Quant à la dimension électorale de l’action, elle est évidente, même si elle n’est pas la seule dimension de cette intervention. Car, contrairement à ce qu’écrit notre « philosophe », l’avance de Nétanyahou ne l’assurait pas du tout de la victoire. Quant au vote de BHL, il irait sans doute à l’opposition, celle qu’incarnent M. Olmert et Mme Livni, ceux-là mêmes qui ont mené la guerre de 2006 contre le Liban et de 2008-2009 contre Gaza, avec l’appui, rappelons-le, du mouvement La Paix maintenant.

« Et quant à rappeler à ces petits malins que, s’il y a une manœuvre, une seule, aux sources de cette nouvelle tragédie, c’est celle d’un establishment Hamas qui est prêt à toutes les surenchères et toutes les fuites en avant, et qui est décidé, en réalité, à lutter jusqu’à la dernière goutte de sang du dernier Palestinien plutôt que d’avoir à rendre le pouvoir, ainsi que les avantages qui vont avec, à ses ennemis jurés du Fatah — à quoi bon  ? »

Le plus étonnant, c’est que, comme le reconnaissent divers journalistes israéliens bien plus courageux que BHL, le Hamas tente, depuis cinq ans, de faire appliquer le cessez-le-feu, mais il fait face à des groupes radicaux qui se nourrissent du désespoir palestinien (et qui sont armés, entre autres, avec du matériel issu des arsenaux libyens que plus personne ne contrôle).

« Face à ce concert de cynisme et de mauvaise foi, face à ce deux poids deux mesures qui fait qu’un mort arabe n’est digne d’intérêt que si l’on peut incriminer Israël, face à cette inversion des valeurs qui transforme l’agresseur en agressé et le terroriste en résistant, face à ce tour de passe-passe qui voit les Indignés de tous pays héroïser une nomenklatura brutale et corrompue, impitoyable avec les faibles, les femmes, les minorités et enrôlant ses propres enfants dans des bataillons de petits esclaves envoyés creuser les tunnels par où transiteront les douteux trafics qui vont les enrichir encore, face à cette méconnaissance crasse, en un mot, de la nature réelle d’un mouvement dont “Les protocoles des sages de Sion” sont un des textes constitutifs et que son chef, Khaled Mechaal, dirigeait jusque récemment depuis une confortable résidence à Damas, il n’y a qu’un mot  : obscénité. »

« Obscénité » : BHL fait sans doute référence à ses propres « arguments » pour justifier l’injustifiable.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:56

rubon2.gifNous nous étions permis, dans notre dernier communiqué [1] de critiquer les déclarations de Richard Prasquier, président du CRIF et de Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France lors du rassemblement de soutien à l’Etat d’Israël du 20 novembre 2012. A ce propos, nous avons reçu, du Grand Rabbinat de France, le courriel suivant :

Bonjour,

Nous avons pris connaissance de votre communiqué du 21 novembre au sujet de la manifestation de soutien à Israël et des propos tenus par le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, à cette occasion. Souci d’honnêteté intellectuelle oblige, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir publier la déclaration du Grand Rabbin, jointe à ce présent courriel, dans son intégralité sur votre site internet, afin de ne pas tomber dans le piège de citations coupées de leurs contexte.

Vous remerciant par avance de votre compréhension,

Bien à vous,

YH
Chargée de mission
Grand Rabbinat de France

Nous nous acquittons ici de cette demande . Précisons cependant qu’à la date du 21 novembre 2012, nous ne disposions pas de l’intégralité du texte mais seulement d’un article reprenant une dépêche de l’AFP dont nous donnions le lien [2] en note dans notre communiqué

A la lecture de l’intégralité de la déclaration du Grand Rabbin [3], force nous est de constater que l’ensemble de cette intervention conforte, et même renforce, le sentiment de consternation que nous avons eu à la lecture des citations. En voici les raisons.

Gilles Bernheim , Grand Rabbin de France : Comme beaucoup de juifs Français, nous avons de la famille et des amis en Israël, certains dans le Sud qui vivent depuis des années au rythme des tirs et des sirènes, la plupart qui, dans le Néguev, dans la région de Tel-Aviv, et même à Jérusalem, ont découvert ou redécouvert le chemin des abris, le temps glacé de l’attente et le bruit proche ou lointain des explosions lorsque les sirènes retentissent sur ces villes, désormais sous les tirs de missiles.

Union Juive Française pour la Paix : Effectivement, beaucoup de nos membres ont aussi de la famille en Israël et nous sommes aussi inquiets pour eux que vous. Inquiets que leur sécurité soit si mal assurée par leur armée, pourtant l’une des mieux équipées du monde en armements sophistiqués. Nous pensons que la raison en est la politique criminelle des gouvernements israéliens successifs.

GB : Comme beaucoup de Français juifs, nous avons téléphoné à nos familles et nos amis en Israël. Ils sont, tous, profondément choqués. Ils sont tous profondément unis. Certains sont d’ailleurs ahuris à l’idée que les missiles aveugles tirés sur Jérusalem auraient aussi pu frapper la mosquée Al Aqsa, le Saint-Sépulcre, le mur des lamentations ou les quartiers arabes de la ville.

UJFP : Nous sommes touchés, et nos amis palestiniens de Jérusalem, chrétiens ou musulmans, le seront sûrement aussi, de voir tant de sollicitude pour préserver les lieux saints et « les quartiers arabes ». Ils auront donc sans doute à cœur de vous voir avec eux, et avec les Rabbins pour les Droits Humains [4], protester contre les expulsions et les destructions de maisons à Sheikh Jarrah et à Silwan, ordonnées par les autorités israéliennes.

GB : A nos familles, à nos amis, aux Français juifs et à l’ensemble de nos concitoyens, je veux dire, au nom de la communauté juive de France unie, notre profonde et totale solidarité avec l’Etat d’Israël en ces temps d’épreuves et de douleurs.

UJFP : Désolé, Monsieur le Grand Rabbin, vous ne pouvez parler au nom de « la communauté juive de France unie », car il n’y a pas « une » communauté juive « unie ». En effet, nous ne doutons pas que, à la fonction que vous occupez, vous ayez une parfaite connaissance de la diversité des convictions religieuses, philosophiques et politiques des citoyens français se revendiquant de l’identité juive. Et vous devez entendre la voix de ces nombreux Juifs de France, critiques à l’égard de la politique israélienne, inquiets aussi d’être, à travers les propos que vous tenez, ainsi que ceux du CRIF, confondus précisément avec ceux qui expriment leur « profonde et totale solidarité avec l’Etat d’Israël ». Parce que, comme eux, nous constatons que cet Etat qui se veut un « Etat juif » non seulement ne respecte ni le droit international, ni les droits humains, mais aucun des engagements éthiques du judaïsme. Pour nous, le judaïsme doit avant tout rechercher la justice, car seule une paix juste peut être durable, seule une paix juste au Proche-Orient, respectant les droits de tous, peut nous faire sortir de « ces temps d’épreuves et de douleurs ».

GB : Je veux dire aussi ma sympathie à toutes les victimes de ce nouveau conflit, victimes israéliennes et aussi civiles palestiniennes, même si je ne suis pas naïf, même si je sais pertinemment que certaines des personnes mortes depuis une semaine m’auraient abattu sans hésiter, avec froideur ou délice, si elles en avaient eu l’opportunité, conformément à la charte du Hamas qui demande le meurtre de tous les Juifs.

UJFP : Votre sympathie pour toutes les victimes, y compris palestiniennes, vous honore, et nous voulons penser que vous lui donnez le sens étymologique fort de la compassion de « souffrir ensemble ». Mais hélas, la suite de vos propos nous glace véritablement le sang. Car vous prêtez en effet aux victimes, la plupart civiles, d’une armée que vous soutenez sans réserve aucune, des sentiments de haine sadique, au-delà de la mort. Une manière qui nous révulse de déshumaniser l’Autre, le Palestinien, naturellement haineux à l’égard des Juifs à vos yeux.

GB : Le rabbin que je suis n’est pas un stratège et, encore moins, un militaire. Comme beaucoup d’Israéliens et de Palestiniens, comme beaucoup de Juifs et d’Arabes, j’aspire à la paix et à la coexistence harmonieuse des peuples et des religions. Mais je n’aspire pas à une trêve dont Israël redoute qu’elle soit utilisée par le Hamas pour refaire son arsenal et perpétuer le cycle des violences.

UJFP : Vous « aspirez à la paix », dites-vous – comme tout le monde d’ailleurs ! – « mais pas à une trêve ». Pourtant, quelques heures après ce discours belliqueux qui étonne de la part d’une autorité religieuse réputée modérée, le gouvernement israélien a accepté lui-même, et nous nous en réjouissons, cette trêve qui, nul n’en doute, à épargné un bain de sang à la population gazaouie. Nous comprenons mieux maintenant pourquoi vous n’avez pas protesté contre la rupture de la trêve, dès le lendemain, par l’armée israélienne.

GB : Nous avons la chance de vivre dans un pays magnifique, la France, où la parole est libre, où le débat est une tradition, et où l’échange des points de vue trace le chemin vers la compréhension mutuelle.

UJFP : Nous ne pouvons que souscrire à ces propos et nous en profitons pour vous demander de nous recevoir en vue de cette « compréhension mutuelle » si nécessaire. Nous ne doutons pas que, si vous consentez à cet échange, vous pourrez nous éclairer sur ces contradictions que nous avons cru déceler dans vos propos, et nous espérons aussi répondre à toutes vos interrogations au sujet de notre association.

GB : Dans notre pays, j’appelle tous ceux qui souhaitent exprimer leurs convictions et leurs sympathies concernant ce conflit distant de plus de 3.000 km, à le faire dans le respect des Lois de la République, et en ayant le souci de l’autre. Si les événements en Israël et à Gaza sont évoqués dans les synagogues ou dans les mosquées, je souhaite que cela soit fait dans cet esprit, sans agressivité, ni transposition en France et, surtout, avec une pensée pour les populations civiles, qui souffrent de part et d’autre. J’adresse cette consigne à l’ensemble des rabbins de France et invite les autorités musulmanes à faire publiquement de même auprès de tous les imams de France.

UJFP : Nous sommes d’accord avec cette façon d’exprimer ses convictions. Mais les populations civiles, palestiniennes ou juives israéliennes, ne souffrent pas de façon identique. Si les Palestiniens souffrent, c’est d’être expulsés de leurs terres depuis 64 ans, c’est d’être parqués, en étant privés de ressources, dans ce qui ressemble à des bantoustans en « Judée Samarie » et dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde, Gaza. Les juifs israéliens souffrent, dites-vous, mais… de quoi exactement ? De ne pouvoir annexer tout « Eretz Israël » ?

Par ailleurs, vous avez un rapport qui nous parait incorrect avec les « autorités musulmanes ». En effet, comment réagiriez-vous si ces mêmes autorités vous « invitaient » à évoquer le conflit sans « transposition » ? Que faites-vous d’autre en soutenant sans la moindre réserve un Etat qui viole toutes les lois de l’humanité édictées contre la barbarie, y compris les commandements issus du judaïsme que vous représentez en France sur le plan religieux.

GB : Nous devons donner l’exemple en France de la coexistence, dissuader tous ceux qui pourraient être tentés par la haine et faire rempart contre les violences physiques et verbales qui ciblent le Juif parce que juif ou soutien d’Israël, et aussi l’Arabe parce qu’arabe. Notre combat commun, ici en France, est le combat contre la haine, contre la bêtise, contre le racisme et contre l’antisémitisme.

UJFP : Là encore, il n’y a pas de symétrie possible. Le racisme anti-arabe se manifeste de façon décomplexée au plus haut niveau des responsables de ce pays par une islamophobie et une xénophobie qui nous rappellent – vous en conviendrez peut-être – les jours sombres d’avant-guerre où l’on stigmatisait les Juifs comme le sont les arabo-musulmans aujourd’hui. Et l’antisémitisme, resté marginal après-guerre, risque de réapparaitre précisément parce que les institutions juives, laïques ou religieuses, se taisent, ou expriment leur « profonde et totale solidarité » avec un Etat « juif » qui pratique quotidiennement l’apartheid et le terrorisme d’Etat

GB : Solidarité avec l’Etat d’Israël et appel à ne pas importer en France les violences du Proche-Orient.

Tel est le sens de notre participation à la manifestation de ce jour.

UJFP : Une fois encore, en exprimant ce type de « solidarité » inconditionnelle, vous ne faites qu’« importer » ces violences.

Tant que l’Etat d’Israël ne respectera pas le droit, nous manifesterons notre solidarité au peuple palestinien. Nous disons, et nous le redirons, avec les citoyens épris de paix et de justice de ce pays : « A Gaza, c’est l’humanité qu’on assassine ». Nous devons ajouter hélas, parce que vous persistez dans cette démarche suicidaire : « c’est aussi le judaïsme ».

Veuillez croire, Monsieur le Grand Rabbin, à notre profond attachement à la Vérité, à la Justice et à la Paix, valeurs fondamentales de l’éthique juive, comme il ne devrait pas être nécessaire de vous le rappeler

Le Bureau National de l’UJFP le 26-11-2012

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 19:13

 

200_200_4d1bb58b15f141e6ec56a936e2877232-1353178751.jpgLa déléguée générale de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne a accordé un entretien poignant à la RTBF. Leïla Shahid estime que le conflit qui se ravive à Gaza sert les intérêts électoraux de Benjamin Netanyahou et pointe la responsabilité de la communauté internationale. Surtout, elle constate l'échec de la stratégie de la négociation avec Israël. "Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990, (...) on a arrêté la lutte armée, (...) et Israël nous a donné une claque", constate-t-elle. "Dites-moi à quoi ont servi les négociations pendant 20 ans?". 

 

- Leïla Shahid, l’armée israélienne a mobilisé 75 000 réservistes. Les blindés se déploient petit à petit. Vous craignez un conflit terrestre ?

- Oui, je pense que cette situation absolument tragique, parce que c’est la répétition de ce que la population de Gaza a vécu il y a à peine 4 ans, c'est une guerre annoncée. C’est presque indécent de prétendre qu’on est surpris que ça recommence puisque, depuis l’offensive de 2008-2009, rien n’a changé à Gaza et qu’une population occupée depuis 45 ans ne peut pas continuer à vivre humiliée comme elle l’est et qu’il était évident que la communauté internationale aussi est responsable parce qu’elle n’a rien fait de tout ce qu’elle a promis, Union européenne incluse.

Et je pense que l’arrière-pensée de Monsieur Netanyahou dans cette nouvelle guerre qu’il prépare est vraiment beaucoup plus électorale qu’autre chose. Il n’a pas le scrupule d’en faire payer le prix ni à la population civile israélienne, qui est bien sûr incessamment terrorisée par les missiles et les obus que les Palestiniens tirent de Gaza, ni à une population palestinienne encore plus terrorisée…

- Donc, pour vous, on est dans un contexte électoral ?

- Mais bien sûr ! Le 22 janvier, le Premier ministre israélien a décidé qu’il voulait faire des élections anticipées. Il a pris comme partenaire dans sa coalition, Monsieur Lieberman, l’actuel ministre des Affaires étrangères israélien, qui est un homme qui ne cache pas ses positions très radicales. Monsieur Netanyahou a essayé de convaincre le Président Obama de partir en guerre contre l’Iran, il n’a pas réussi. Donc il choisit de faire la guerre contre l’ennemi le plus faible, le moins équipé sur le plan militaire, qui est la population civile de Gaza. Vous n’allez pas me dire que le Hamas, avec les quelques obus qu’ils fabriquent dans les petits ateliers locaux, va tenir tête à une armée nucléaire et aussi puissante que l’armée israélienne. Et ça va être un nouveau massacre.

- Alors, justement, le gouvernement israélien dit défendre sa population. Les Occidentaux pointent, eux aussi, la responsabilité du Hamas dans cette affaire, dans le déclenchement de ce conflit. Quelle est la position de l’Autorité palestinienne sur cette question justement ?

- Ecoutez, nous, nous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux Etats. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. La solution préconisée par le Président Mahmoud Abbas, par le Premier ministre, par Yasser Arafat avant son décès, ça fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. Et qu’est-ce que nous avons fait ? Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec, parce qu’il est évident que nous avons un déséquilibre de forces total en faveur d’Israël.

- Et le Hamas, lui, il est responsable ? Le Hamas en lui-même ?

- Oui, mais le Hamas, qui n’est pas le parti que je représente, mais le Hamas représente une population. D’ailleurs, je vais vous dire : ce n’est pas le Hamas qui tire, ce n’est pas vrai que c’est le Hamas. C’est le Jihad islamique et les autres organisations. Le Hamas, ça fait 5 ans, pour des raisons tout à fait évidentes d’opportunisme, a fait respecter un cessez-le-feu intégral, il n’y a plus eu de tirs. Le Hamas a vraiment imposé un cessez-le-feu. Les tirs, ils ont sûrement un peu à voir avec la situation régionale. Mais ils sont possibles parce que la population est excédée que rien n’ait changé dans sa vie.

La tragédie de la Palestine, c’est que la communauté internationale est de mauvaise foi, d’un côté, y compris d’ailleurs l’Union européenne et les Américains, ou incapable de se mettre d’accord sur une vraie politique. Israël est traité comme l’Etat le plus démocratique, le plus gentil, il a les meilleures relations. L’Union européenne vient de lui accorder tous les privilèges au niveau des accords d’association. Et la population palestinienne a le droit aussi de se défendre comme elle pense qu’elle peut le faire. Nous, autorité, nous pensons qu’on peut le faire sur le plan politique, mais on n’a pas vraiment acquis beaucoup de crédibilité, à vous dire vrai, depuis 20 ans, puisque nous avons échoué. Les organisations comme le Hamas et le Jihad islamique, eux, préconisent qu’il faut revenir à une lutte armée.

- Ce point de vue du Hamas, ça vous inquiète ?

- Ça ne me surprend pas mais ça m’inquiète. Je vais vous dire pourquoi ça m’inquiète : ça m’inquiète parce que la disproportion du rapport de force est telle que c’est encore une fois la population civile de Gaza qui va payer le prix. Qui est mort il y a 4 ans ? 1400 femmes, enfants, et vieillards qui ont été bombardés. Qui est en train de mourir depuis maintenant 3 jours ? Ce sont 30 civils palestiniens, ce ne sont pas les combattants qui meurent. Lorsque Israël tire avec des avions F16, ce n’est pas le Hamas ni le Jihad islamique qu’on punit, c’est la population de Gaza qui ne peut même pas fuir parce que toutes les frontières de Gaza sont fermées par Israël.

- On a assisté, avant-hier, à des scènes assez rares en Cisjordanie. On avait certaines personnes qui brandissaient sur le territoire de la Cisjordanie des drapeaux en signe de ralliement au Hamas.

- Mais c’est normal parce que je vous dis que moi, je suis l’ambassadeur de Palestine, et je vous dis que, malheureusement, la stratégie de ma direction, la mienne, celle que je défends maintenant depuis 45 ans, elle a échoué. Dites-moi à quoi ont servi les négociations pendant 20 ans ? Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990. On a continué en 1993, on a arrêté la lutte armée, on a voulu montrer qu’on était respectueux du droit international, et Israël nous a donné une claque.

Nous avons des résolutions qui obligent Israël depuis maintenant 45 ans, c’est-à-dire la résolution 242, à quitter les territoires occupés parce que l’occupation de territoires par la force armée est illégale. Qui a fait appliquer ça dans les territoires palestiniens ? Personne. Donc ne donnez pas de leçon de morale à une population qui est excédée. Et nous devons, nous, faire une autocritique de dire que, malheureusement, nous n’avons pas réussi à mettre fin à l’occupation par des moyens non-violents, donc nous allons voir encore plus que Monsieur Netanyahou utilise cela pour son agenda électoral. Il va se mettre comme candidat, lui et Monsieur Lieberman, dans un mois comme le héros, je dirais, de l’unité nationale israélienne contre soi-disant les ennemis. Et il revient vers la guerre des civilisations et il reprend le discours de Monsieur Bush d’" axe du bien contre le mal ", et bien sûr il diabolise le Hamas et tout ce qui est islamique pour se faire lui le chantre de la liberté.

- Et d’après vous, quel rôle peut jouer l’Egypte ?

- Tout front militaire, à côté de la frontière de l’Egypte et de Gaza, va déstabiliser aussi le président Morsi. C’est pour ça qu’il a été très vite mobilisé et, bien sûr, il a une relation, en tant que parti politique, avec le Hamas. Mais je vous dis, le Hamas a pratiquement respecté intégralement le cessez-le-feu pendant 5 ans. Pourquoi aujourd’hui ça reprend ? Je pense que c’est aussi le contexte national israélien et les élections. Et Morsi va voir, et il a déjà appelé deux fois le président Obama pour essayer aussi de dire aux puissances internationales qu’il faut qu’elles l’aident à calmer les visées de Monsieur Netanyahou qui ne mettent pas seulement en danger les Palestiniens, mais aussi toute la région.

Propos recueillis par Pierre-Yves Meugens

Ecoutez ici l'entretien avec Leïla Shahid

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 12:42

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http://histoireetsociete.wordpress.com/2012/11/18/cessez-le-feu-et-intense-activite-diplomatique-les-peuples-manipules/

 

Face à l’évolution de la situation, on est partagé entre le soulagement et une intense colère tant il y a chez tous ces gens-là une complicité évidente pour à la fois attiser la colère des peuples, leur haine et dans le même temps en profiter pour maintenir leur domination sur les victimes.


SOULAGEMENT ET CESSEZ-LE-FEU


Au titre du soulagement, il y a eu ce samedi, dans une conférence de presse conjointe avec Erdogan, Morsi, le président egyptien, qui a déclaré qu’il y avait des indications imminentes de cessez le feu,Les membres du gouvernement israélien confirmaient que des négociations étaient en cours sans toutefois envisager la dite trève.

Dans une conférence de presse conjointe, le président Egyptien Mohammed Morsi et le premier ministre turcs Tayyip Erdogan, ce samedi a déclaré qu’ils y avait des « indications sur un imminente fin des combats entre Israël et le Palestiniens. »

Morsi a ajouté que des pays comme les Etats-Unis, la France, la Russie et l’Italie avaient joint leurs efforts dans la recherche d’un cessez le feu. Par parenthèse le ministre français Fabius va se rendre sur le terrain pour tenter là encore de calmer le jeu alors même qu’il est attisé en Syrie. On peut se réjouir et approuver cette volonté de peser sur la situation à Gaza mais il faudra bien un jour prendre conscience que l’explosion qui a été déclenchée par l’intervention en irak ne cessera de gagner en intensité dans tout le bassin méditerranéen tant que partout on aura de l’ingérence, des politiques de pillage et pas de volonté de paix réelle.

Ce qui apparaît que ce soit à travers cette conférence de presse de l’Egypte et de la Turquie que de la réunion de la Ligue arabe, c’est que si la plupart des dirigeants arabes affirment officiellement leur soutien aux Palestiniens, le message reste verbal. Le bon côté de l’affaire est que tout le mondre à commencer par les israéliens et leurs soutiens devraient se rendre compte qu’il n’ ya de ce côté-là aucune volonté guerrière et qu’en particulier le président egyptien a manifesté la volonté d’aboutir à une solution négociée. Le mauvais côté est le double langage des dirigeants arabes qui depuis des années  attisent la haine contre Israêl, alors qu’il serait temps une fois pour toutes si la paix était l’objectif de voir qui réellement agit et dans quel sens .

On a interprété d’ailleurs la réouverture de l’envoi des roquettes par le Hamas sur Israël comme une tentative de cette organisation, appartenant elle-même aux frères musulmans,  de mettre au pied du mur les nouveaux dirigeants issus de la même mouvance. Il est évident que sitôt élus, les nouveaux dirigeants egyptiens ont poursuivi la politique internationale de leur prédecesseur et ont même montré plus de sérieux dans la surveillance des groupes de Gaza.  C’est difficile à mener et avoir en face d’eux un extremiste du grand d’Israël comme Netanayoun ne leur facilite pas ce jeu sur le fil du rasoir. Le premier ministre israélien jouant avec obstination la déconsidération de l’autorité palestiniennen et le renforcement du Hamas pour ne pas avoir à négocier un Etat palestinien.

De surcroît quelle est la part prise dans l’Iran pour desserrer l’étau sur lui et sur la Syrie encore une hypothèse mal définies. Comme l’est la volonté parrallèle du gouvernement israélien et du Hamas de brouiller le message de l’autoritié palestinienne réclamant la reconnaissance d’un Etat.


ATTISER LES HAINES ENTRE LES PEUPLES


Le fait est que les dirigeants arabes traditionnellement parlent, se réunissent et confortent leur volonté de ne rien faire tout en entretenant un prurit de haine dans les populations. Il semble que les dirigeants dits « islamistes modérés » officiellement entretiennent tous les appels à la haine de leurs peuples, mais en sous main s’entendent avec les puissances occidentales pour entretenir un statu quo sans perspective pour les palestiniens . On a vu ainsi  des manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza à Tunis avec des bannières nazies avec l’assentiment d’un pouvoir qui ne peut ignorer ce qui désormais tend à devenir  une idélogie officielle dans ce pays comme il l’est pour une part en Turquie et en Iran, le négationnisme et encore plus ostentiblement la référence à Hitler. C’est un exutoir qui permet de mener en sousmain une politique d’alliance avec les pays impérialistes. Les bannières nazies flottent sur Tunis comme sur Athènes et cela ne dérange certainement pas le Capital.

Dans le même temps en Israël on attise la peur et le souvenir de la Shoah pour faire accepter l’inacceptable et ce qui interdit effectivement la paix. Il y a dans ces petits jeux immondes et parodiques autour de la deuxième guerre mondiale une volonté d’exaspérer les peuples, leurs antagonismes, d’empêcher les rassemblements de paix qu’il faut dénoncer impitoyablement. Hitler ne reviendra pas, mais le cycle provocation-répression empêchera les peuples de défendre leurs intérêts.

Visiblement en Turquie les forces armées surveillaient en particulier les zones kurdes. L’armée turque était sur le pied de guerre.

Depuis des mois ces nouveaux dirigeants issus du printemps arabe  savent que face à aucun des problèmes économiques résolus et face à leurs choix néo-libéraux, la violence de la rue peut se déclencher. L’Egypte a un besoin urgent des subsides nord-américaine, l’armée en particulie.

Il est clair que les roquettes du Hamas, fournies pour les plus performantes par l’Iran et la réponse meurtrière du gouvernement israélien ne leur convient pas, même s’ils doivent manifester leur solidarité aux habitants de Gaza. Cette affaire de surcroit offre un répit à Bachar El Assad, ce qui ne leur convient pas plus. Là encore il faut que la guerre civile donne son plein en Syrie et que l’on fasse ici aussi le malheur des populations civiles.le Secrétaire général Hassan Nasrallah du Hezbollah a averti dans un discours qu’une offensive terrestre israélienne à Gaza serait « stupide ». Il a exprimé sa préoccupation face à la  pression que des états arabes exerceraient sur les activistes  de Gaza pour  accepter une trève. « Nous n’avons pas entendu de menaces de couper des liens, d’annuler  des accords ou d’utiliser l’arme du pétrole pour faire pression sur les États-Unis, » a-t-il dit.

C’est dans ce contexte ide manipulation des haines et des peurs que l’on ne peut s’empecher d’éprouver un soulagement momentané devant l’annonce de la conférence de presse des dirigeants turcs et egyptiens, mais nul n’est dupe, si la situation ne change pas toute trève ne peut être que momentanée.


ISRAEL N’EN A PAS TERMINE ?


Un dirigeant israélien de haut rang a confirmé que Morsi et Erdogan se sont entremis pour obtenir un cessez-le feu et il a également confirmé que des dirigeants du Hamas sont au Caire. Néanmoins il a affirmé qu’il n’existe pour le moment aucune feuille de route précise concernant un arrêt des combats dans l’immédiat.

D’autres responsables de l’Etat ont expliqué que l’on saurait bientôt si une trève a été obtenue ou non. « Les objectifs doivent encore être respecté, l’IDF a d’autres missions, » a dit un fonctionnaire israélien.Netanayoun a toujours comme objectif d’empêcher la reconnaissance de l’Etat Palestinien plus encore que son but officiel d’empêcher le tir de roquettes venus de la bande de Gaza. De ce point de vue il n’est pas sûr que l’opération pré-électorale du premier ministre israélien ait été une totale réussite. Si incontestablement la mobilisation du pays autour de son gouvernement a été une réussite comme à l’ordinaire, la ficelle est apparue un peu grosse. La violence de ce qui se passe à Gaza a mis en relief tant en Israël que dans le monde entier l’existence d’opportunités de paix avec l’autorité palestinienne.

La réponse de Netanayoun, si en droit elle n’a pu être contesté, a démontré sa disproportion et fait encore craindre aujourd’hui le déclenchement de ce qui relève de crimes de guerre comme dans l’opération de 2008. De plus en plus il apparaît clairement que le premier ministre israélien choisisse la politique du pire pour éviter un Etat palestinien en utilisant le besoin de sécurité légitime de sa population.

 

 

L’IDF  a planifié d’étendre son activité envers des cibles terroristes à Gaza dans la nuit de samedi à dimanche, » a-t-il ajouté. Toujours samedi un peu avant la conférence de presse de Morsi et Erdogan, la chaîne de télévision libanaise Hezbolllah-affiliée à Al-Mayadeen a rapporté qu’Israël prévoit d’envoyer une délégation de haut rang à Caire pour signer un accord de cessez-le-feu avec les groupes  de Gaza. Cette information a été récusée par les Israéliens et n’a pas été confirmé par ailleurs.

 

 

Depuis le début de l’opération  Pilier  de Défense mercredi, l’IDF a frappé 950 cibles dans la Bande de Gaza, dont 300 l’ont été  samedi. Des groupes palestiniens ont tiré 760 roquettes sur Israël, 29 d ‘entre elles ont  éclaté dans des zones urbaines et  267 ont été intercepté. Les Palestiniens ont déclaré 45 morts. En Israël, trois personnes ont été tuées après qu’une roquette ait frappé une maison dans Kiryat Malachi.L’armée israélienne a effectué dimanche matin de nouveaux raids sur Gaza, tuant trois jeunes enfants, tandis que les efforts s’intensifiaient pour une trêve, en particulier de la part de l’Égypte. Un enfant de 18 mois a été tué et ses deux frères âgés de 4 et 5 ans grièvement blessés dimanche matin dans un raid israélien sur le centre de la bande de Gaza, a annoncé un porte-parole des services médicaux d’urgence du Hamas, Adham Abou Salmiya. Dans la nuit, deux autres enfants âgés d’un et trois ans ont été tués au cours de deux raids sur des maisons à Beit Lahiya et Beit Hanoun, non loin de la frontière avec Israël, selon des sources médicales. À Beit Lahiya, l’explosion a entièrement rasé la maison et déchiré les façades de bâtiments voisins, selon un journaliste sur place.

Il est clair que l’on ne peut en aucun cas considérer qu’un Etat doit laisser des roquettes s’abattre sur son territoire et qu’à ce titre l’intervention peut avoir une couverture légale, mais il ne faut pas oublier les circonstances non plus.Israël a déclenché l’offensive en pleine campagne pour les élections législatives de janvier avec la liquidation du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, le plus important responsable tué depuis l’opération dévastatrice de décembre 2008-janvier 2009, qui n’avait fait cesser que provisoirement les tirs de roquettes depuis Gaza. le médiateur Baskin a affirmé que l’exécution du palestinien Jaabari était intervenue alors que grâce à l’entremise de l’Egypte la trève des roquettes avait été obtenue avec lui. le moins que l’on puisse dire est que la proximité de cet accord, des éléctions israéliennes et surtout de la demande palestinienne de la reconnaissance d’un Etat, font peser de forts soupçons sur ce que cherchait Netanayoun. Et la brutalité de la risposte, sa durée hors proportion rendent encore moins crédibles les affirmations du premier ministre israélien de chercher à défendre son territoire.

Il est vrai que le choix des gens du hamas et des autres groupuscules d’intensifier les frappes et d’utiliser des missiles iraniens pour atteindre Tel Aviv ne rendent pas plus clair ce qui est recherché exactement de leur côté.

Tant qu’il ne se trouvera pas des gens en Israêl capables de dépasser ces manipulations sanglantes dont les Israéliens sont les victimes rien ne sera résolu et pas plus les Israéliens que les palestiniens ne connaîtront la paix et la sécurité. leurs conditions de vie iront se dégradant, ils sacrifiront leur emploi, leurs services publics au monstre guerrier qui leur tient lieu d’identité. Et la mort sera au rendez-vous pour tous. Ce qui se passe actuellement à Gaza est un drame mais sur le long terme le choix d’une telle opération est encore plus lourde de signification parce que la preuve est faite qu’Israël est entraîné dans la guerre sous des prétextes sécuritaires et que les bellicistes en sortent renforcés.

LA LIGUE ARABE, PERDRE SON TEMPS ET SON ARGENT

Qui peut en effet voir la moindre menace dans ce qu’est la ligue arabe ?

Le secrétaire général de Ligue arabe Nabil Alaraby a dit qu’une délégation de ministres des Affaires Étrangères arabes a prévu de  visiter Gaza dans les prochains jours pour examiner la situation. Pendant la réunion, il a passé en revue  »toutes les initiatives arabes pasqui ont été tentées pour le  processus de paix. »

Le Premier ministre qatari Hamad bin Jassim bin Jaber Al Thani a dit, « Nos réunions n’ont été que  perte de temps et  argent. Nous nous rencontrons ici aujourd’hui et nous publierons une déclaration. La déclaration n’aura aucune signification. Nous réaximinerons une fois de plus la situation. »

Le ministre des Affaires Étrangères libanais Adnan Mansour a invité aux Pays arabes à couper les liens et annuler les accords avec Israël. Son homologue égyptien, Mohammed Kamel Amr a dit, « Nous ne permettrons pas que soit exercé un assaut sur les Palestiniens qui les attendraient dans  leur qualité de vie. » Il a ajouté que « le traitement du processus de paix doit être revu. »

Pendant la réunion, des centaines de gens  réunis à l’extérieur du siège social de la Ligue arabe  étaient en train de manifester contre  « le déshonneur arabe dans traitement de l’agression israélienne à Gaza. » En affirmant  que la meilleure réaction « à l’anarchie » créée par Israël serait l’unité palestinienne.


QUE FAIRE ?


Il faut oser dire la réalité de ce à quoi nous sommes confrontés, des dirigeants qui sur le fond s’entendent sur une politique qui asphyxie les peuples, leur impose l’austérité, le bellicisme se moquent totalement de ce que vivent de souffrance les peuples pris dans des conflits et des idéologies meurtrières. tant que les peuples accepteront d’être leurrés par ces gens-là le massacre se poursuivra.

Nous en France nous pouvons jouer un rôle essentiel et d’abord assurer la paix et la sécurité des habitants de la région en refusant d’intervenir dans des expéditions guerrières sous quelque prétexte que ce soit, en soutenant les solutions négociés, en réclamant la paix et le respect de la légalité internationale, en l’occurence en urgence la reconnaissance de l’Etat palestinien mais aussi peser sur la sécurité et les solutions viables pour les peuples de la région y compris le peuple israélien.

Parce que je le dis avec quelques solennité à tous ceux qui se battent pour la reconnaissance de cet Etat Palestinien, pour la paix dans la justice il faut avoir le courage si l’on veut rassembler largement de faire un choix clair. Ou vous vous prononcez pour la fin d’Israël et alors là vous pouvez exiger que cet Etat-là renonce à se défendre face à des roquettes ou vous pensez qu’une coexistence est la garantie de paix quelle que soit sa difficulté alors là vous devez vous prononcer clairement pour le droit à l’existence d’Israêl. C’est le choix difficile de l’autorité palestinienne et c’est celle que les faucons israéliens avec l’assentiement des grandes puissances ont décrédibilisé. Ce n’est pas un choix facile, je le dis par expérience, mais si vous voulez ne plus renforcer les dirigeants israéliens qui ne veulent à aucun prix de cet Etat palestinien, il faut vous prononcer pour la sécurité des israéliens. Cela ne suffira pas mais cela affaiblira la position de ceux qui veulent la haine et le massacre des peuples et cela favorisera le rassemblement pour que le peuple palestinien bénéficie enfin de la justice et de la paix.

Danielle Bleitrach

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 20:27

 normal_DovKheninSpeaking.jpgDes manifestations contre cette opération sur Gaza se sont déroulées hier  soir à Tel Aviv, Haifa et Jérusalem à l’initiative du Hadash (front démocratique pour la paix et l’égalité-PC israélien). Des étudiants arabes et juifs, membres du Hadash ont aussi pris part à des rassemblements devant les Universités de Haifa, Tel Aviv et Jérusalem jeudi après-midi. Dans tout le pays, des militants ont repris des slogans comme “Arabes et juifs refusent d’être ennemis”, “A Gaza et Sderot, les petites filles veulent vivre” et “Bibi et Barak, la guerre n’est pas un jeu”. Le Hadash a appelé l’opinion publique à s’associer aux manifestations dans tout le pays pour s’opposer à l’opération Pilier de la défense sur Gaza.

 

 Le député du Hadash Dov Khenin a participé à la manifestation de Tel Aviv, près du siège du Likoud, où il a déclaré : “Arrêtez les massacres, arrêtez tout de suite la tuerie”, ajoutant “Un bombardement en entraîne un autre, avec de plus en plus de blessés à Gaza et en Israël”. “Le cycle de la violence n’est pas la solution, mais le problème” a-t-il renchéri. Khenin a appelé le gouvernement à parvenir à un cessez-le-feu immédiat et à annoncer l’ouverture de véritables négociations et un accord avec les Palestiniens.

Related: MK Barakeh and MK Khenin during the Tel-Aviv demonstration (3.41 min. Hebrew):

http://www.youtube.com/watch?v=T32wQjPLA7A&feature=player_embedded  ; Communist Party of Israel website (English): http://maki.org.il/en/index.php

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 19:33

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http://blog.mondediplo.net/2012-11-15-Gaza-assassinats-et-desinformation

 

Pour comprendre l’escalade à Gaza, il faut toujours rappeler quelques données sur ce territoire (360 kilomètres carrés, plus de 1,5 million d’habitants, soit plus de 4 500 personnes par kilomètre carré — ce qui en fait un des endroits de la planète où la densité de population est la plus élevée), occupé depuis 1967 par Israël. Même si l’armée s’en est retirée, ses accès avec le monde extérieur sont toujours contrôlés par Israël ; la circulation à l’intérieur même de cette mince bande de terre est limitée et le blocus mis en place depuis des années perdure : pour les Nations unies, Gaza reste un territoire occupé.

Les données qui suivent sont fournies par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens (OCHA oPt), dans un document de juin 2012 intitulé : « Five Years of Blockade : The Humanitarian Situation in the Gaza Strip » :

 C’est en juin 2007 que le gouvernement israélien a décidé d’intensifier le blocus de ce territoire, qui était déjà sévèrement « contrôlé ».
 34 % de la population (et la moitié des jeunes) est au chômage.
 80 % de la population dépend de l’aide alimentaire.
 Le PNB par habitant était, en 2011, 17 % en dessous de celui de 2005 (en termes constants).
 En 2011, un camion par jour sortait de Gaza avec des produits pour l’exportation, soit moins de 3 % du chiffre de 2005.
 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles aux Gazaouis à la suite des restrictions israéliennes.
 85 % des écoles doivent fonctionner en « double service » — un le matin, l’autre l’après-midi —, en raison de la surpopulation.

Toute guerre s’accompagne d’une propagande intense et le gouvernement israélien est passé maître dans cet art. Déjà lors de l’offensive de décembre 2008-janvier 2009, on avait assisté à un déferlement médiatique (Marie Bénilde, « Gaza : du plomb durci dans les têtes »). Des intellectuels français, dont l’inénarrable Bernard-Henri Lévy, avaient contribué à cette désinformation.

L’homme assassiné par Israël, Ahmed Jabari, était le chef de l’aile militaire du Hamas (sur cette organisation, lire « Qu’est-ce que le Hamas ? »). Nombre de médias le présentent comme « un terroriste » responsable de toutes les attaques contre Israël. La réalité est assez éloignée de ce portrait — au-delà même de l’usage du terme « terrorisme », pour le moins ambigu. Une nouvelle fois, c’est un journaliste israélien Aluf Benn qui fait remarquer (« Israel killed its subcontractor in Gaza », Haaretz, 15 novembre) :

« Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un “archi-terroriste”, “le chef du personnel de la terreur” ou “notre Ben Laden”.

C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari. »

Il suffit de regarder les graphiques publiés par le ministère des affaires étrangères israélien lui-même sur les tirs de roquettes (« Palestinian ceasefire violations since the end of Operation Cast Lead », 14 novembre 2012), pour se rendre compte que, de manière générale, la trêve a bien été observée. Elle a été rompue par des raids de l’armée israélienne les 7 et 8 octobre 2012, puis les 13 et 14 octobre.

Chaque escalade fait suite à des assassinats ciblés de militants palestiniens à Gaza. Ces exécutions extra-judiciaires sont une pratique ancienne du gouvernement israélien (à laquelle les Etats-Unis se sont ralliés depuis longtemps). Vous avez dit « terrorisme » ? (lire « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh », par Sharon Weill, Le Monde diplomatique, septembre 2009).

Le scénario avait été exactement le même en 2008. Alors que la trêve était respectée du côté palestinien depuis juin 2008 (« List of Palestinian rocket attacks on Israel, 2008 », Wikipedia), c’est l’assassinat de sept militants palestiniens en novembre qui devait déboucher sur une escalade et l’opération « Plomb durci ».

Sur les violations par Israël des cessez-le-feu au cours des dernières années, on pourra lire Adam Horowitz, « Two new resources : Timeline of Israeli escalation in Gaza and Israel’s history of breaking ceasefires » (Mondoweiss, 14 novembre 2012).

D’autre part, il est difficile de parler d’un affrontement entre deux parties : les F-16 israéliens et les roquettes palestiniennes ne sont pas des armes équivalentes. Le bilan humain, depuis la trêve de janvier 2009 qui a suivi l’opération « Plomb durci », le confirme.

L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem dresse le compte des Palestiniens et des Israéliens tués à Gaza depuis le 19 janvier 2009 jusqu’au 30 septembre 2012 (« Fatalities after operation “Cast Lead” ») :

271 Palestiniens (dont 30 mineurs) contre 4 Israéliens.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes...

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:10

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Monsieur le Président


Vous avez reçu récemment le Premier Ministre de l’Etat d’Israël, Benjamin Netanyahou. Cela fait partie des échanges internationaux et je ne vous le reprocherai pas.
Mais, si Monsieur Benjamin Netanyahou est le représentant de l’Etat d’Israël, il n’est en rien le représentant des Juifs du monde à supposer qu’il existe un représentant des Juifs du monde, et il me semble important de le rappeler.

Monsieur Benjamin Netanyahou se permet d’appeler les Juifs de France à rejoindre leur "vrai" pays, l’Etat d’Israël. C’est indécent, et pour vous qui êtes le Président de la République Française, et pour les Juifs de France à qui il dénie le droit de vivre dans leur pays.
Mais ce qui est encore le plus indécent, c’est cette visite dans une école juive, Ozar Hatorah, de Toulouse sous prétexte de commémorer un attentant sanglant dont elle a été victime. Que le crime de Merah soit odieux et condamnable, cela ne justifie pas que le représentant d’un Etat étranger vienne, sous prétexte de commémoration, marquer son territoire et rappeler que tout ce qui est juif lui appartient.
Encore plus indécent le fait que vous l’accompagniez pour participer avec lui à ce qui n’est qu’une opération de marquage de territoire. Si Monsieur Netanyahou veut rencontrer les parents et les proches des victimes de l’assassinat de Toulouse, cela ne peut être qu’une visite privée. En l’accompagnant, vous acceptez le sens que Monsieur Netanyahou veut donner à cette visite : "cette école juive, parce qu’elle est juive, est une partie de l’Etat d’Israël" ; comme si c’était Monsieur Netanyahou qui vous recevait chez lui.
Et vous ajoutez à l’indécence en vous engageant, au nom de la France, à protéger la communauté juive de France, oubliant que le rôle de la France est de protéger ses ressortissants, tous ses ressortissants.
Votre philosémitisme, aussi sincère soit-il, a des relents délétères.

Et en reconnaissant le droit, pour le représentant de l’Etat d’Israël, de se présenter comme le représentant des Juifs du monde, vous confortez l’amalgame qui veut faire des Juifs des complices des crimes commis par l’Etat d’Israël contre les Palestiniens.

Je vous prie de recevoir Monsieur le Président de la République Français l’expression de ma colère et de mon amertume.

Rudolf Bkouche
membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et de IJAN (International Jewish AntiZionist Nerwork).

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