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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 19:55
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Dans une rue de Chatila, une porte criblée d'impacts semble pleurer des larmes de chaux.
© Laurent de Saint Périer pour J.A.

Du 16 au 18 janvier 1982, 1 500 personnes étaient massacrées par une milice chrétienne avec la complicité des forces israéliennes dans le camp palestinien de Chatila, situé en périphérie de Beyrouth. L'une des plus terribles pages de l'histoire du Liban s'écrivait en lettres de sang. Trente ans plus tard, qu'est-il advenu du quartier ? Reportage.

Chatila. Un nom qui sent le feu et le sang, un lieu qui rappelle le massacre de centaines d’innocents. Créé en 1949 dans la banlieue de Beyrouth, ce camp palestinien a été la scène d’un des actes les plus tragiques de la guerre du Liban, du 16 au 18 septembre 1982. Pour venger l’assassinat, le 14 septembre, de leur chef Béchir Gemayel, cent-cinquante membres des Phalanges, la milice chrétienne libanaise, pénètrent dans le camp avec la complicité et la participation des forces israéliennes qui encerclent la ville.

 

Chatila, Beyrouth, Liban (2012) par Laurent de Saint Périer.

Hommes, femmes, enfants, vieillards : la plupart de ceux qui n’ont pas le temps de fuir sont impitoyablement exécutés. L’opération de nettoyage fait au moins 1 500 victimes. Trente ans plus tard, à part une carcasse de béton défoncée, peu de choses laissent soupçonner l’ampleur du drame qui s’est déroulé dans ce quartier toujours misérable, mais reconstruit et grouillant d’une turbulente jeunesse. Rien, sinon le regard vide de certains habitants. De ces derniers, Nesrine, un membre de l’ONG Children and Youth Centre qui s’occupe des jeunes du camp, dit qu’ils n’ont jamais pu dépasser la douleur d’avoir perdu un mari, une sœur, un fils dans le carnage…

Cantonnés dans douze camps (officiels), plus de 455 000 réfugiés sont interdits d’exercer 25 professions.

Nakba et Naksa

Fuyant l’avancée des troupes israéliennes lors de la Nakba (la catastrophe) de 1948 et de la Naksa (le revers) de 1967, des dizaines de milliers de Palestiniens se sont réfugiés dans les États limitrophes. Le Liban, qui s’épuisait déjà à préserver un équilibre politique précaire par un partage compliqué du pouvoir entre ses 18 communautés religieuses, risquait d’être fatalement déstabilisé par l’afflux des réfugiés.

Des règlementations sévères ont été adoptées par l’État pour éviter le tawtin : l’implantation et l’intégration de la population apatride au jeune État. Cantonnés dans douze camps (officiels), plus de 455 000 réfugiés sont soumis à l’ordre et aux désordres des différentes factions armées, privés de services publics, interdits d’exercer 25 professions sur le sol libanais (77 jusqu’en 2005), et des milliers d’entre eux sont tout simplement privés de papiers et d’existence légale, car non-reconnus par l’UNWRA, l’organisme des Nations Unies qui s’occupe des déplacés palestiniens au Moyen-Orient.

Mais c'est la jeunesse qui, sans conteste, règne sur Chatila : 40% de la population y a moins de 25 ans.

À Chatila, 12 000 habitants, en grande majorité des réfugiés, s’entassent sur une surface de 40 000 m². De la quatre-voies impeccable qui mène de Beyrouth centre-ville à l’aéroport, une route défoncée bifurque sur la droite. Au bout d’une centaine de mètres, une arche en fer marque l’entrée du camp. Elle brandit les insignes du Hamas, le mouvement islamiste qui règne sur Gaza et dont les affiches tapissent les murs du camp. Nesrine assure que « le Hamas et le Fatah cogèrent Chatila en liaison avec les forces de sécurité libanaises », mais tout semble indiquer la prééminence du mouvement islamiste sur le périmètre.

"Vive la Palestine arabe !"

Mais c'est la jeunesse qui, sans conteste, règne sur Chatila : 40% de la population y a moins de 25 ans. Elle est partout. Paisible ou turbulente elle déboule des immeubles, occupe la rue et s’amasse dans les quelques cybercafés du camp. Ces jeunes visages ne semblent pas marqués par les tragédies qui ont creusé les rides et les regards des plus anciens : « les enfants savent peu de choses de ce qui s’est vraiment passé ici pendant la guerre, seuls le jour de commémoration du massacre qui est férié, le mémorial des martyrs et quelques histoires de famille le leur rappellent », explique Nesrine. En ce 7 janvier, jour de célébration des morts palestiniens, un groupe d’écoliers en uniforme passe avec des drapeaux rouge, blanc, vert et noir, et chante à tue-tête : « Vive la Palestine arabe ! ». Assis nonchalamment devant les boutiques et les cafés, beaucoup de jeunes gens désœuvrées ne semblent plus attendre l’accomplissement d’improbables espoirs de patrie, de dignité et de prospérité…


Le périmètre des douze camps palestiniens du Liban est fixe. Mais la démographie ne l'est pas : chaque mètre carré est exploité.

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Comme un camp romain, Chatila est un quadrilatère délimité par quatre avenues et traversé par deux rues principales perpendiculaires où se concentrent les commerces. En pénétrant au cœur du camp, les rues s’étranglent et la lumière du jour s’évanouit. Comme dans une antique médina, des chemins tortueux et sombres serpentent entre des immeubles bricolés qui se rejoignent parfois aux étages supérieurs, plongeant le passage dans l’obscurité. « Les égouts sont hors d’usage et l’hiver, quand tombent les grandes pluies, les rues se transforment en torrents de boue et d’ordures », se désole Nesrine.

Rires et misère

L’air est empoisonné : beaucoup souffrent d’asthme et de maladies respiratoires

Presqu’à hauteur d’homme, un écheveau de câbles électriques usés et de canalisations suintantes court dans le ciel du camp : « les électrocutions sont une des premières causes de mortalité… » Une forte odeur de plastique brûlé pique soudain les narines : « c’est juste un câble qui brûle » prévient un gamin avec un grand sourire. « L’air est empoisonné : beaucoup souffrent d’asthme et de maladies respiratoires », enchaîne Nesrine. Chômage, précarité des systèmes de santé, insalubrité des logements, fragilité des constructions, absence d’eau potable, de l’électricité six heures par jour : « nos conditions de vie ne font qu’empirer. Tout ce dont vous pourrez parler dans ce camp est un problème majeur », constate Abou Mujahid qui dirige le Children and Youth Center.

Les déshérités qui habitent Chatila ne sont pas tous Palestiniens. Les loyers très modestes attirent nombre de travailleurs émigrés et de Libanais sans ressources. Ici, un boulanger égyptien, là un faiseur de hommos syrien, dans cet immeuble, une famille du Sud déplacée par la guerre et l’occupation israélienne. Mais ce qui impressionne le plus dans toute cette misère, dans ces lieux marqués par les drames, ce sont les rires des enfants, la bonne humeur et la courtoisie des habitants, l’accueil chaleureux de l’étranger à qui, le matin même, les Beyrouthins des beaux quartiers déconseillaient formellement l’aventure. À quelques minutes des boutiques de luxe et des immeubles clinquants du centre-ville, un autre monde…

___

Laurent de Saint Périer, envoyé spécial à Beyrouth

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:33

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Interrogé il y a quelques jours pour savoir quand Israël attaquerait l’Iran, Patrick Clawson, chercheur au Washington Institute for Near East Policy (Winep), un think-tank lié au lobby pro-israélien, répondait : « Il y a deux ans » (cité par Scott Shane, « Adversaries of Iran Said to Be Stepping Up Covert Actions », The New York Times, 11 janvier).

Cette déclaration venait après le meurtre à Téhéran d’un jeune physicien nucléaire, qui faisait lui-même suite à plusieurs autres meurtres « mystérieux », dont on s’étonne qu’ils aient été si peu dénoncés par les défenseurs des droits humains — une pétition circule toutefois pour les condamner, « Petition against the Murder of Iranian Scientists »). L’Iran a aussi été victime ces derniers mois de cyber-attaques par le virus Stuxnext (lire Philippe Rivière, « Cyber-attaque contre Téhéran », Le Monde diplomatique, mars 2011).

Cette escalade est incontestablement le fait d’Israël, qui ne cherche même pas à démentir. En revanche, il est plus difficile de saisir quelle est la stratégie du président Obama. Au moment même où l’administration américaine affirme, haut et fort, sa solidarité totale avec Israël et sa détermination à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, les manœuvres militaires entre Israël et les Etats-Unis sont reportées et les explications avancées pour ce report sont loin d’être claires ; Hillary Clinton condamne fermement le meurtre du chercheur à Téhéran ; les services de renseignement « occidentaux » (en fait américains) faisaient filtrer des informations sur la responsabilité du Mossad dans les meurtres des scientifiques iraniens (Karl Vick and Aaron J. Klein, « Who Assassinated an Iranian Nuclear Scientist ? Israel Isn’t Telling », Time Magazine, 13 janvier) ; parallèlement, ils divulguaient des informations sur des agents israéliens qui tentent de se faire passer pour des membres de la CIA afin de recruter des combattants sunnites opposés au régime iranien (Mark Perry, « False flags », Foreign Policy, 13 janvier). Enfin, les Etats-Unis ont lancé une sévère mise en garde à Téhéran contre tout blocage du détroit d’Ormuz et mobilisent leurs alliés pour arrêter les achats de pétrole iranien.

Comment expliquer ces contradictions ? Gary Sick, un ancien conseiller du président Jimmy Carter, avance deux explications possibles : l’incompétence d’un côté ; de l’autre, un rideau de fumée pour préparer un nouveau dialogue avec Téhéran (« Stealth Engagement ? », Gary’s choices, 16 janvier 2011). Et il penche pour la seconde.

Il relève ainsi les déclarations de Leon Panetta, le secrétaire américain à la défense et ancien directeur de la CIA. Le 2 décembre 2011, celui-ci dressait un tableau catastrophique des conséquences d’une guerre contre l’Iran ; quelques jours plus tard, le 19 décembre sur CBS, il affirmait que l’Iran aurait peut-être une bombe atomique d’ici un an ; enfin le 8 janvier, à la question de savoir si l’Iran voulait la bombe atomique, il répondait… non.

Gary Sick met en avant trois facteurs explicatifs à cette apparente incohérence. D’abord, on est en pleine année électorale aux Etats-Unis, avec un Congrès favorable à une escalade des sanctions, notamment contre le pétrole iranien — avec le risque qu’elle soit analysée à Téhéran comme « un acte de guerre ». D’autre part, pour le président Obama, et compte tenu des conséquences d’un conflit dans le Golfe, il est important de retourner à la table des négociations. Enfin, il y a l’extrémisme du gouvernement Netanyahou et son influence aux Etats-Unis, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle, même si, comme le rappelle Sick, il existe des réserves face à une aventure militaire — Ron Paul, l’un des candidats à l’investiture républicaine, s’est ouvertement prononcé contre.

Dans ces conditions, la stratégie du président Obama serait d’ouvrir une voie de communication avec Téhéran, tout en accompagnant les gestes d’ouverture de déclarations dures à l’encontre du régime iranien. Et il multiplie les pressions sur Israël pour que ce pays ne s’engage pas dans une aventure militaire. Selon Sick, la visite du président du Parlement iranien Ali Larijani à Ankara en janvier et ses déclarations sur une reprise des négociations avec les pays occidentaux, s’inscriraient dans le cadre des tentatives de dialogue lancées par la Maison Blanche.

Ces initiatives n’ont pas l’heur de plaire à Nicolas Sarkozy et aux Européens, qui poussent les Etats-Unis à adopter des positions plus fermes, au lieu de jouer le rôle de facilitateur et de favoriser le dialogue. Et qui ne veulent surtout pas entendre parler d’un Proche-Orient débarrassé des armes nucléaires, ce qui impliquerait qu’Israël renonce à la bombe. C’est pourtant la meilleure solution, comme l’expliquent Shibley Telhami et Steven Kull dans un article du New York Times, le 15 janvier, « Preventing a nuclear Iran, peacefully ».

 

 

 

http://blog.mondediplo.net/2012-01-17-Quand-Israel-attaquera-t-il-l-Iran-Il-y-a-deux

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 16:41

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N’Y A-​​T-​​IL aucune limite à l’infamie du Hamas ? Il sem­blerait qu’il n’y en ait pas. Cette semaine il a commis quelque chose d’absolument impar­don­nable. Il a volé une guerre.


DEPUIS PLU­SIEURS semaines main­tenant, notre presque nouveau chef d’état major, Benny Gantz, annonce à chaque fois qu’il en a la pos­si­bilité qu’une nou­velle guerre contre Gaza est inévi­table. Plu­sieurs com­man­dants d’unités autour de la Bande ont répété la ter­rible pré­vision, tout comme leurs sym­pa­thi­sants, connus aussi sous l’appellation de com­men­ta­teurs militaires.

L’un d’eux nous a ras­surés. C’est vrai, le Hamas peut main­tenant frapper Tel Aviv avec ses roquettes, mais ce ne sera pas si ter­rible, parce qu’il s’agira d’une guerre courte. Juste trois ou quatre jours. Comme l’a dit l’un des généraux, ce sera bien plus “dur et dou­loureux ” (pour les Arabes) que Plomb Durci N°1, ainsi cela ne durera pas trois semaines comme alors. Nous res­terons tous dans nos abris – en tout cas ceux d’entre nous qui dis­posent d’abris – pour quelques jours seulement.

Pourquoi la guerre est-​​elle inévi­table ? À cause du ter­ro­risme, idiot. Le Hamas est une orga­ni­sation ter­ro­riste, non ?

Mais voici que se pré­sente le chef suprême du Hamas, Khaled Meshal, et qu’il déclare que le Hamas a renoncé à toute action vio­lente. À partir de main­tenant, il va se concentrer sur des mani­fes­ta­tions de masse non-​​violentes, dans l’esprit du prin­temps arabe.

Lorsque le Hamas renonce au ter­ro­risme, il ne reste plus aucun pré­texte pour attaquer Gaza. Mais, est-​​il besoin d’un pré­texte ? Notre armée ne va pas se laisser contre­carrer par des gens comme Meshal. Si l’armée veut une guerre, elle aura une guerre. On en a eu la preuve en 1982, lorsqu’Ariel Sharon attaqua le Liban, en dépit du fait que la fron­tière liba­naise avait été abso­lument calme pendant 11 mois. (Après la guerre, le mythe était né selon lequel la guerre avait été pré­cédée de tirs quo­ti­diens. Aujourd’hui, presque tous les Israé­liens peuvent “se sou­venir” des tirs – un exemple extra­or­di­naire du pouvoir de suggestion.

Pourquoi le chef d’état major veut-​​il attaquer ?

Un cynique pourrait dire que tout nouveau chef d’état major a besoin d’une guerre à lui. Mais nous ne sommes pas des cyniques, n’est-ce pas ?

Il ne se passe pas quelques jours sans qu’une roquette isolée ne soit lancée sur Israël depuis la Bande de Gaza. Cela fait des mois main­tenant que per­sonne n’a été blessé. La séquence habi­tuelle est la sui­vante : notre armée de l’air procède à une “liqui­dation ciblée” de mili­tants pales­ti­niens dans la Bande. L’armée prétend inva­ria­blement que ces “ter­ro­ristes” bien précis avaient l’intention d’attaquer des Israé­liens. Comment l’armée avait-​​elle connais­sance de leurs inten­tions ? Eh bien notre armée est passée maître dans la lecture des pensées.

Après que ces per­sonnes ont été tuées, leur orga­ni­sation considère de son devoir de venger leur sang en lançant une roquette ou un obus de mortier, voire même deux ou trois. Cela “ne peut être toléré” par l’armée, et ainsi de suite.

Après chacun de ces épisodes, l’évocation d’une guerre reprend. Comme l’ont déclaré des hommes poli­tiques amé­ri­cains à des confé­rences de l’AIPAC : “Aucun pays ne peut tolérer que ses citoyens soient exposés à des tirs de roquettes !”

Mais bien sûr les raisons pour un Plomb Durci N° 2 sont plus sérieuses. Le Hamas est en train d’être accepté par la com­mu­nauté inter­na­tionale. Son Premier ministre, Ismaël Haniyeh, voyage actuel­lement dans le monde arabe et musulman, après avoir été enfermé à Gaza – une sorte de mise aux arrêts dans la Bande – pendant quatre ans. Main­tenant il peut aller en Égypte parce que les Frères Musulmans, orga­ni­sation parente du Hamas, sont devenus un par­te­naire majeur dans ce pays.

Et bien pire, le Hamas est sur le point de rejoindre l’OLP et de par­ti­ciper au gou­ver­nement pales­tinien. Il est grand temps de faire quelque chose. Attaquer Gaza, par exemple. Contraindre le Hamas à rede­venir extrémiste.

NON CONTENT de nous voler notre guerre, Meshal est en train de se livrer à une suite d’actions encore plus menaçantes.

En rejoi­gnant l’OLP, il associe le Hamas aux accords d’Oslo et à tous les autres accords entre Israël et l’OLP. Il a annoncé que le Hamas accepte un État pales­tinien dans les fron­tières de 1967. Il a fait savoir que le Hamas ne se pré­sen­terait pas à la pré­si­dence pales­ti­nienne cette année, de sorte que le can­didat du Fatah – quel qu’il puisse être – serait élu pra­ti­quement sans oppo­sition et serait en mesure de négocier avec Israël.

Tout cela met­trait le gou­ver­nement actuel d’Israël dans une position incon­for­table. Meshal a quelque expé­rience pour créer des ennuis à Israël. En 1997, le (premier) gou­ver­nement Néta­nyahou avait décidé de s’en débar­rasser à Amman. Une équipe d’agents du Mossad fut envoyée pour l’assassiner dans la rue en lui injectant un poison indé­tec­table dans l’oreille. Mais au lieu de faire ce qui convenait et de mourir tran­quillement d’une cause mys­té­rieuse comme Yasser Arafat, il laissa ses gardes du corps prendre en chasse les atta­quants et s’en emparer.

Le roi Hussein, ami et allié de vieille date d’Israël, entra dans une fureur noire. Il mit Néta­nyahou face à un choix : ou bien ses agents seraient jugés en Jor­danie avec le risque d’être pendus, ou le Mossad envoyait immé­dia­tement l’antidote secret pour sauver Meshal. Néta­nyahou capitula, et voilà que nous avons Meshal, en pleine forme.

Autre résultat curieux de cette mésa­venture : le roi exigea que le fon­dateur et diri­geant du Hamas, le Cheikh Ahmed Yacine, soit libéré de sa prison israé­lienne. Néta­nyahou dut céder, Yacine fut libéré et assassiné par Israël sept années plus tard. Lorsque son suc­cesseur, Abd al-​​Aziz Ran­tissi fut assassiné à son tour peu après, la voie était libre pour que Meshal puisse devenir le chef du Hamas.

Et au lieu de témoigner sa gra­titude, il nous met main­tenant face à un affreux défi : action non-​​violente, ouver­tures de paix indi­rectes, la solution à deux États.

QUESTION : pourquoi notre chef d’état major meurt-​​il d’envie d’une petite guerre à Gaza, alors qu’il pourrait avoir toute la guerre qu’il désire en Iran ? Pas seulement une petite opé­ration, mais une grande guerre, une très, très grande guerre.

Eh bien, il sait qu’il ne peut pas l’avoir.

Il y a quelque temps j’ai fait quelque chose qu’aucun com­men­tateur che­vronné ne fait jamais. J’ai promis qu’il n’y aurait aucune attaque mili­taire israé­lienne contre l’Iran. (Ni, d’ailleurs, aucune attaque américaine.)

Un jour­na­liste ou un homme poli­tique che­vronné ne fait jamais une telle pré­diction sans se ménager une porte de sortie. Il formule un discret “à moins que”. Si sa pré­vision ne se réalise pas, il rap­pelle cette porte de sortie.

Je peux dire que j’ai une expé­rience cer­taine– de quelques 60 années – mais je ne me suis alors réservé aucune porte de sortie. J’ai dit “Pas de Guerre”, et voilà que main­tenant le général Gantz dit la même chose en bien plus de mots. Pas de Téhéran, juste la pauvre petite Gaza.

Pourquoi ? À cause de ce seul mot : Hormuz.

Il ne s’agit pas du vieux dieu persan Hormuzd, mais de l’étroit passage d’entrée et de sortie du Golfe Per­sique, à travers lequel transite 20% du pétrole mondial (et 35% du pétrole trans­porté par voie maritime). Ma position était qu’aucun diri­geant sain d’esprit (ou même légè­rement dérangé) ne pren­drait le risque de la fer­meture du détroit, parce que les consé­quences écono­miques seraient catas­tro­phiques, voire apocalyptiques.

IL SEMBLE que les diri­geants ira­niens n’étaient pas cer­tains que tous les diri­geants du monde lisent ma chro­nique, c’est pourquoi, à tout hasard, ils l’ont eux-​​mêmes exprimé. Cette semaine, ils ont conduit des manœuvres mili­taires spec­ta­cu­laires dans les parages du Détroit d’Hormuz, accom­pa­gnées de menaces non équi­voques de le fermer.

Les États-​​Unis ont riposté par d’orgueilleuses contre-​​menaces. L’invincible marine de guerre des États-​​Unis était prête à ouvrir le détroit par la force si nécessaire.

De quelle manière, s’il vous plait ? Le plus puissant porte-​​avions valant plu­sieurs mil­liards de dollars peut aisément être coulé par une bat­terie de mis­siles terre-​​mer peu coûteux, comme par de petits navires équipés de mis­siles. Sup­posons que l’Iran com­mence à mettre ses menaces à exé­cution. Toute la puis­sance aérienne et navale des États-​​Unis est mise en œuvre. Des navires ira­niens seront coulés, des ins­tal­la­tions mili­taires et des bases de mis­siles seront bom­bardées. Les mis­siles ira­niens seront néan­moins lancés, rendant le passage par le détroit impossible.

Et ensuite ? Il n’y aura pas d’autre solution que de “poser les bottes sur le terrain”. L’armée des États-​​Unis devra débarquer sur le rivage et occuper tout le ter­ri­toire d’où il est effec­ti­vement pos­sible de lancer des mis­siles. Ce sera une opé­ration de grande envergure. On pourra s’attendre à une résis­tance ira­nienne acharnée, si l’on en juge par l’expérience de la guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak. Les puits de pétrole de l’Arabie Saoudite voisine et des autres États du Golfe seront frappés eux aussi.

Une telle guerre dépas­serait de très loin les dimen­sions des inva­sions amé­ri­caines de l’Irak et de l’Afghanistan, peut-​​être même du Vietnam.

Est-​​ce que les États-​​Unis en faillite en sont capables ? Écono­mi­quement, poli­ti­quement et en terme de morale ? La fer­meture du détroit est l’arme ultime. Je ne pense pas que les Ira­niens y fassent appel en riposte à l’imposition de sanc­tions, aussi sévères soient-​​elles, comme ils en ont brandi la menace. Seule une attaque mili­taire jus­ti­fierait une telle réponse.

Si Israël atta­quait seul – “l’idée la plus stupide dont j’ai jamais entendu parler,” selon l’expression de notre ancien chef du Mossad – cela ne chan­gerait rien. L’Iran consi­dé­rerait la chose comme une action amé­ri­caine et fer­merait le détroit. Voilà pourquoi l’administration Obama y a mis le holà, et a remis en mains propres à Néta­nyahou et à Ehoud Barak un ordre clair de s’abstenir de toute action militaire.

Voilà où nous en sommes main­tenant. Pas de guerre contre l’Iran. Juste la pers­pective d’une guerre contre Gaza. Et c’est alors qu’intervient cet abo­mi­nable Meshal qui essaie d’en gâcher les chances, lui aussi.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 12:56

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http://blog.mondediplo.net/2012-01-10-La-Tunisie-le-Hamas-la-Palestine-et-les-juifs

 

Premier ministre du gouvernement palestinien à Gaza, Ismaïl Haniyeh, dirigeant du Hamas, a quitté Tunis lundi 9 janvier à l’issue d’une visite de cinq jours. Il était accompagné à l’aéroport par le premier ministre tunisien Hamadi Jebali et le président du parti Ennahda Rached Ghannouchi, qui étaient venus l’accueillir. Ce long séjour, à l’invitation du gouvernement, illustre les changements intervenus sur la scène arabe depuis un an.

Rappelons d’abord que le gouvernement présidé par Haniyeh est issu des élections démocratiques tenues en Palestine en janvier 2006. C’est le refus des Occidentaux et de certains pays arabes, ainsi que du Fatah, de reconnaître les résultats du suffrage populaire, qui a entraîné une escalade entre le Hamas et le Fatah et la création de deux autorités en Palestine (lire « Gaza, quelques articles contre la pensée unique »).

La visite de Haniyeh s’inscrivait dans le cadre d’une tournée dans la région : Turquie, Soudan, Qatar et Bahreïn. L’étape du Bahreïn est un peu étrange, dans la mesure où ce pays ne joue pas un rôle majeur et où, de plus, il écrase son opposition ; mais il s’agissait pour le Hamas de faire un geste de bonne volonté en direction de l’Arabie saoudite, très réticente à son égard. La tournée de Haniyeh consolide la place du Hamas sur la scène régionale et confirme que la victoire des forces liées aux Frères musulmans (en Tunisie, en Egypte, au Maroc et peut-être en Libye) a déjà des conséquences sur la géopolitique régionale, et notamment sur le conflit israélo-palestinien.

Le Fatah n’a pas caché son mécontentement de ne pas avoir été associé à la réception de Haniyeh en Tunisie. Comme, d’autre part, un incident a éclaté à la suite d’un obscur problème lié à l’entrée d’une délégation du Fatah à Gaza, on peut douter que les tentatives de réconciliation entre les deux organisations avancent. M. Abbas a même appelé à la réévaluation de cette réconciliation (« Abbas : Fatah must reevaluate reconciliation pact with Hamas », Haaretz, 9 janvier).

Lors de sa visite en Tunisie, Haniyeh a rencontré les autorités et s’est rendu dans les villes symboles de la révolution tunisienne. Au cours d’un meeting à Tunis, il a été ovationné par quelque 5 000 personnes et a appelé les peuples du printemps arabe à lutter contre Israël.

Mais c’est un incident à son arrivée à l’aéroport qui a soulevé la polémique, comme le rapporte le quotidien tunisien Le Temps (« Ennahdha a-t-il perdu le contrôle de ses troupes ? ») :

« Des dizaines de jeunes ont scandé des slogans anti-juifs lors de l’accueil du Chef du gouvernement du mouvement islamiste palestinien Hamas, Ismaïl Haniyeh, jeudi à l’aéroport international de Tunis Carthage. Keffiehs autour du cou et drapeaux palestiniens à la main, ces jeunes ont laissé éclater leur haine des Juifs en scandant avec ferveur les slogans “Tuer les juifs est un devoir”, “Virer les juifs est un devoir”. Ils faisaient partie des quelque 2 000 personnes qui ont accueilli le secrétaire général du mouvement Hamas... »

Dans une réaction rapportée par l’AFP, Peres Trabelsi, l’un des représentants de la communauté juive, a déclaré : « Il n’y a pas de sionistes en Tunisie et on ne veut pas être mêlés au problème du Proche-Orient, la Tunisie est notre pays. » Cette communauté compte environ un millier de personnes (contre 100 000 à l’indépendance en 1956).

Ajmi Lourimi, membre du Bureau politique d’Ennahda, a déclaré, dans des propos rapportés par Le Temps, : « Les slogans anti-juifs scandés, jeudi, à l’aéroport de Tunis Carthage constituent un acte isolé qui ne traduit ni les positions du mouvement Ennahdha, ni celles du gouvernement tunisien. Les personnes qui ont accueilli Ismaïl Haniyeh n’étaient pas exclusivement des militants d’Ennahdha. Et pour un évènement pareil, on ne peut pas interdire les gens portant d’autres idées ou idéologies d’assister aux côtés de nos militants. Des sympathisants d’Ennahdha ont même empêché un jeune de faire flotter un drapeau noir emblématique d’un autre parti. Et puis comment peut-on demander à un gouvernement qui ne peut pas interdire des manifestations qui lui sont hostiles, en vertu du nouveau climat des libertés qui règne dans le pays, d’interdire aux gens d’assister à l’accueil du dirigeant d’un pays frère ou de scander tel ou tel slogan ? Ennahdha, qui croit à la cohabitation entre les différentes religions et respecte la liberté du culte, dénonce ces slogans anti-juifs émanant d’une minorité qui ne représente rien dans la société tunisienne. Contrairement à ce que pensent certains intellectuels, Ennahdha contrôle pleinement sa base, mais il faut garder à l’esprit que les niveaux de conscience politique ne sont pas identiques auprès des militants et sympathisants d’un même parti. Globalement, il ne faut pas tenter de donner une grande importance à cet incident ou en faire un épouvantail. »

Le 9 janvier, Rached Ghannouchi a aussi publié un communiqué affirmant que les juifs de Tunisie étaient « des citoyens à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres ».

Pourtant, ces manifestations, même limitées, sont inquiétantes. Non seulement elles déstabilisent les quelques milliers de juifs encore présents dans le monde arabe, mais elles s’inscrivent dans un climat général contre les minorités – voir la situation des chrétiens en Irak, obligés de quitter leur pays à la suite de sa « libération » par les Etats-Unis, ou celle des coptes en Egypte.

Pour les juifs de Tunisie, une autre dimension mérite d’être mentionnée. Il n’y a pas que les extrémistes islamistes qui considèrent que les juifs de Tunisie ne sont pas des citoyens tunisiens : le gouvernement israélien non plus. Le vice-premier ministre Sylvan Shalom, lui-même originaire de Tunisie, a déclaré en décembre 2010 : « J’appelle les Juifs vivant en Tunisie à venir s’installer en Israël le plus rapidement possible. »

Les juifs tunisiens ont rejeté cet appel avec force. Quant au parti Ennahda – dont le dirigeant Ghannouchi a rencontré des représentants de cette communauté –, il avait lui aussi qualifié d’« irresponsable » et d’« irrationnel » l’appel lancé par Shalom aux juifs de Tunisie. Selon l’AFP, Ennahda a affirmé que « la Tunisie reste, aujourd’hui et demain, un Etat démocratique qui respecte ses citoyens et veille sur eux quelle que soit leur religion... Les membres de la communauté juive en Tunisie sont des citoyens jouissant de la plénitude de leurs droits et de leurs devoirs ». (Lire aussi, dans Le Point (28 décembre 2011), « Les juifs tunisiens, dragués par Israël »).

Se confirme ainsi le danger de cette position israélienne qui, en appelant les juifs du monde à s’installer en Israël, met en doute leur appartenance aux différentes communautés nationales. Comme je l’écrivais ici même, « l’“Etat juif” contre les juifs »...

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 19:55

arton3146.jpg« Si les mouvements islamistes parviennent au pouvoir dans toute la région, ils devraient exprimer leur gratitude à leur « bête noire », Israël », écrit Uri Avnery qui retrace avec ironie le rôle joué par l’Etat hébreu dans la naissance du Hezbollah et du Hamas, et décrit les circonstances dans lesquelles les Frères Musulmans et le régime de Téhéran ont pu prospérer. Le monde arabe n’a cependant pas l’exclusivité du fondamentalisme, rappelle-t-il, en se désolant de la vague d’obscurantisme ultra orthodoxe qui se renforce en Israël.

 


Par Uri Avnery, Gush Shalom, 31 décembre 2011


Si les mouvements islamistes parviennent au pouvoir dans toute la région, ils devraient exprimer leur gratitude à leur « bête noire », Israël.

Sans l’aide - active ou passive - des gouvernements israéliens successifs, ils n’auraient pas été en mesure de réaliser leurs rêves.

Cela se vérifie dans la bande de Gaza, à Beyrouth, au Caire - et même à Téhéran.

Prenons l’exemple du Hamas.

Dans tous les pays arabes, les dictateurs étaient confrontés à un dilemme. Ils pouvaient aisément interdire toutes les activités politiques ou citoyennes, mais ne pouvaient pas fermer les mosquées. Là, les gens pouvaient se rassemblent pour prier, créer des organisations charitables et - secrètement - mettre en place des organisations politiques. Avant l’apparition de Twitter et Facebook, c’était le seul moyen de s’adresser au plus grand nombre.

Le gouverneur militaire israélien dans les territoires palestiniens occupés était l’un des dictateurs confrontés à ce dilemme. Dès le début, il avait interdit toute activité politique. Même les militants de la paix étaient mis en prison. Les partisans de la non-violence étaient expulsés. Les maisons d’associations étaient fermées. Seules les mosquées sont restées ouvertes. Et les gens pouvaient s’y rencontrer.

Mais cela allait également au-delà de la simple tolérance. Les agents du Service de Sécurité (connu sous le nom de Shin Bet ou Shabak) considéraient avec intérêt l’épanouissement des mosquées. Des gens qui prient cinq fois par jour, pensaient-ils, n’ont pas le temps de préparer des bombes.

L’ennemi principal, selon le Shin Bet, était l’abominable OLP, dirigée par ce monstre : Yasser Arafat. L’OLP était une organisation laïque, dont de nombreux dirigeants étaient chrétiens, et qui voulait un Etat palestinien « non confessionnel ». Ils étaient les ennemis des islamistes, qui évoquaient un califat pan-islamique.

On pensait qu’un retour des Palestiniens vers l’Islam affaiblirait l’OLP et sa principale composante, le Fatah. Tout a été fait pour aider discrètement le mouvement islamique.

Ce fut une politique couronnée de succès, et les membres des services de sécurité se félicitaient de leur perspicacité, lorsque quelque chose de fâcheux se produisit. En Décembre 1987, la première Intifada éclatait. Les islamistes traditionnels ont alors dû rivaliser avec des groupes plus radicaux. En quelques jours, ils se sont transformés en Mouvement de la Résistance Islamique (dont le sigle est Hamas) et sont devenus les plus dangereux ennemis d’Israël. Pourtant, il a fallu au Shin Bet plus d’un an avant qu’il n’arrête le Cheikh Yassine, qui dirigeait le Hamas. Afin de combattre cette nouvelle menace, Israël a accepté un accord avec l’OLP à Oslo.

Ironie du sort, aujourd’hui le Hamas est sur le point de rejoindre l’OLP et de participer à un gouvernement palestinien d’union nationale. Ils devraient vraiment nous adresser un message de remerciement : Choukran ("merci").

Notre rôle dans l’ascension du Hezbollah est moins direct, mais non moins efficace.

Quand Ariel Sharon a envahi le Liban en 1982, ses troupes ont traversé le Sud du pays, majoritairement chiite. Les soldats israéliens ont été reçus comme des libérateurs. Libérateurs de l’OLP, qui avait transformé cette zone en un Etat dans l’Etat. Suivant les troupes dans ma voiture personnelle, en essayant d’atteindre la ligne de front, j’ai dû traverser environ une douzaine de villages chiites. Dans chacun d’eux j’ai été retenu par les villageois qui insistaient pour que je prenne le café chez eux.

Ni Sharon, ni quiconque n’a accordé beaucoup d’attention aux chiites. Dans la fédération des communautés ethnico-religieuses autonomes que l’on appelle le Liban, les chiites étaient les plus opprimés, privés de tout pouvoir.

Quoi qu’il en soit, les Israéliens ont abusé de leur hospitalité. Il n’a fallu aux chiites que quelques semaines pour réaliser qu’ils n’avaient aucune intention de s’en aller. Ainsi, pour la première fois de leur histoire, ils se révoltèrent. Le principal groupe politique, Amal ("Espoir"), a commencé à lancer de petites actions armées. Les Israéliens ne comprenant pas le message, les opérations se sont multipliées et se sont transformées en une guerre de guérilla à part entière.

Pour déstabiliser Amal, Israël a encouragé une organisation rivale, plus petite et plus radicale : le Parti de Dieu, le Hezbollah.

Si Israël avait alors quitté le Liban le mal aurait minime. Mais il y est resté pendant 18 ans, suffisamment de temps pour que le Hezbollah se transforme en une machine de combat efficace, gagne partout l’admiration des masses arabes, prenne le leadership de la communauté chiite, et devienne la force politique libanaise la plus puissante.

Eux aussi, nous doivent un grand Choukran.

Le cas des Frères musulmans est encore plus complexe. L’organisation a été fondée en 1928, vingt ans avant l’Etat d’Israël. Ses membres se sont portés volontaires pour nous combattre en 1948. Ils sont passionnément pan-islamiques, et le sort des Palestiniens leur tient à cœur.

Alors que le conflit israélo-palestinien s’aggravait, la popularité des Frères augmentait. Depuis la guerre de 1967, durant laquelle l’Egypte a perdu le Sinaï, et plus encore après l’accord de paix séparée avec Israël, ils ont capté le ressentiment profond des masses en Egypte et partout dans le monde arabe. L’assassinat d’Anouar al-Sadate n’était pas de leur fait, mais ils s’en réjouirent.

Leur opposition à l’accord de paix avec Israël ne fut pas seulement motivée par l’islamisme, mais était aussi une réaction authentiquement égyptienne. La plupart des Égyptiens se sont sentis floués et trahis par Israël. L’accord de Camp David comprenait un important volet palestinien, sans lequel l’accord aurait été impossible pour l’Egypte. Sadate, qui était un visionnaire observant les tendances de fond, pensait que l’accord conduirait rapidement à un Etat palestinien. Menahem Begin, avocat de formation, s’intéressait aux codicilles. Des générations de Juifs ont grandi en étudiant le Talmud, qui est essentiellement une compilation des précédents juridiques, et leur esprit a été aiguisé par des querelles légalistes. Ce n’est pas sans raison que les juifs sont des avocats demandés dans le monde entier.

En fait, l’accord ne fait aucune mention d’un Etat palestinien, seulement d’une autonomie, formulée d’une manière qui a permis à Israël de continuer l’occupation. Ce n’était pas ce que les Egyptiens avaient été amenés à croire, et leur ressentiment était palpable. Les Egyptiens sont convaincus que leur pays est le leader du monde arabe, et porte une responsabilité particulière dans le sort de chaque nation. Ils ne peuvent pas supporter d’être considérés comme des traîtres de leurs pauvres cousins palestiniens dans le désarroi.

Bien avant son renversement, Hosni Moubarak était considéré avec mépris, comme un valet d’Israël payé par les Etats-Unis. Pour les Égyptiens, son rôle peu reluisant dans le blocus israélien du million et demi de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza était particulièrement honteux.

Depuis leurs débuts dans les années 1920, les dirigeants et les militants des Frères Musulmans ont été pendus, emprisonnés, torturés et persécutés. En tant qu’opposant au régime, leurs références sont incontestables. Leur position sur la question palestinienne a beaucoup contribué à cette image.

Si Israël avait conclu la paix avec le peuple palestinien, d’une façon ou d’une autre, les Frères auraient perdu beaucoup de leur attrait. Dans la situation actuelle, ils ont émergé après les élections comme la comme la force centrale de la vie politique égyptienne.

Choukran, Israël.

N’oublions pas la République islamique d’Iran.

Ils nous doivent quelque chose, eux-aussi. En fait, beaucoup. En 1951, lors des premières élections démocratiques dans un pays islamique de la région, Mohammed Mossadegh est élu Premier ministre. Le Shah, Mohammad Reza Pahlavi, qui avait été installé par les Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale, fut jeté dehors, et Mossadegh nationalisa l’industrie pétrolière, vitale pour le pays. Auparavant, les Britanniques pillaient le peuple iranien, en ne réglant qu’une somme dérisoire pour l’or noir.

Deux ans plus tard, un coup d’Etat organisé par le MI6 britannique et la CIA américaine ramenait le Shah au pouvoir et redonnait la mainmise sur le pétrole aux Britanniques détestés et à leurs partenaires. Israël n’avait sans doute aucun rôle dans ce coup d’Etat, mais sous le régime du Shah restauré, Israël a prospéré. Les Israéliens ont fait fortune dans la vente d’armes à l’Iran. Les agents israéliens du Shin Bet ont formé la Savak, la très redoutée police secrète du Shah. On a largement pensé qu’ils avaient aussi enseigné les techniques de torture. Le Shah a aidé au financement et à la construction d’un pipeline amenant le pétrole iranien d’Eilat à Ashkelon. Les généraux israéliens ont voyagé à travers l’Iran pour gagner le Kurdistan irakien, où ils ont aidé la rébellion contre Bagdad.

À l’époque, les dirigeants israéliens coopéraient avec le régime d’apartheid en Afrique du Sud au développement d’armes nucléaires. Les deux Etats proposèrent au Shah un partenariat dans ce programme, de sorte que l’Iran devienne lui aussi une puissance nucléaire.

Avant que ce partenariat ne devienne effectif, le souverain détesté fut renversé par la révolution islamique de février 1979. Depuis lors, la haine du Grand Satan (les Etats-Unis) et du Petit Satan (nous) a joué un rôle majeur dans la propagande du régime islamique. Elle a contribué à maintenir la loyauté des masses, et aujourd’hui Mahmoud Ahmadinejad s’en sert pour renforcer son pouvoir.

Il apparait que toutes les factions iraniennes - y compris l’opposition - soutiennent désormais l’effort de se doter d’une bombe nucléaire nationale, affirmée dissuader une attaque nucléaire israélienne. (Cette semaine, le chef du Mossad a déclaré qu’une bombe nucléaire iranienne ne constituerait pas un « danger existentiel » pour Israël.) Où en serait la République islamique sans Israël ? Ils nous doivent un grand « Merci », eux aussi. Gardons nous toutefois de trop de mégalomanie. Israël a certes beaucoup contribué à l’éveil islamiste. Mais ce n’est pas le seul contributeur, ni même le principal.

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’intégrisme obscurantiste semble exprimer l’esprit du temps. Karen Armstrong, une nonne britannique devenue historienne, a écrit un livre intéressant sur trois mouvements fondamentalistes : dans le monde musulman, aux Etats-Unis et en Israël. Elle dégage une tendance claire : tous ces mouvements divergents - musulmans, chrétiens et juifs - sont passés par des stades pratiquement identiques et simultanés.

A l’heure actuelle, Israël traverse une tempête à cause de la puissante communauté orthodoxe qui oblige les femmes dans de nombreuses régions du pays à s’asseoir séparément à l’arrière des autobus - comme les Noirs dans le bon vieux temps, en Alabama - et à utiliser des trottoirs séparés de chaque côté de la rue. Des soldats orthodoxes se voient interdire par leurs rabbins d’écouter des femmes soldats chanter. Dans les quartiers orthodoxes, les femmes sont obligées de se couvrir de vêtements qui les dissimulent entièrement à part leurs visages et leurs mains, même avec des températures de 30 degrés Celsius et plus. Une fillette de 8 ans issue d’une famille religieuse a été conspuée dans la rue parce que ses vêtements n’étaient pas suffisamment « prudes ».Lors de manifestations de protestations, des femmes laïques agitaient des affiches proclamant : « Téhéran est ici ! »

Un jour peut-être, un Israël fondamentaliste fera la paix avec un monde musulman fondamentaliste, sous l’égide d’un président américain fondamentaliste.

Sauf si nous faisons quelque chose pour arrêter le processus avant qu’il ne soit trop tard.


Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 19:47

yehoshua_a_b.pngA. B. Yehoshua est incontestablement un grand écrivain israélien. Mais, bien qu’ayant soutenu et la guerre contre le Liban en 2006 et l’invasion de Gaza il y a trois ans, il prétend appartenir au « camp de la paix ». De la paix des cimetières, faudrait-il préciser. Car sa pensée est fondamentalement coloniale, ne concevant l’Autre, le Palestinien, que comme profondément différent.

Dans une libre opinion publiée par le quotidien Haaretz le 2 janvier et intitulée « An unwelcome intro to the binational state », il veut répondre à Avraham Burg, l’ancien président du parlement israélien, et sans doute l’une des plus courageuses personnalités du pays. Celui-ci écrivait, dans « Now it’s your turn » (Haaretz, 23 décembre), qu’il n’existerait demain qu’un seul Etat entre la Méditerranée et le Jourdain et que celui-ci serait aussi peu démocratique qu’Israël aujourd’hui.

« Même si, parmi nous, beaucoup croient qu’il est possible d’empêcher la création d’un tel Etat par des mesures politiques énergiques, il faut pourtant s’y préparer, à la fois intellectuellement et émotionnellement, tout comme nous nous préparons à d’autres situations d’urgence. L’objectif de cette préparation est de garantir qu’un Etat binational ne sapera pas la structure démocratique d’Israël, et ne détruira pas complètement l’identité collective juive-israélienne qui a pris forme au cours des dernières décennies.

L’avènement d’un Etat binational ne serait pas seulement dû aux agissements d’Israël, mais serait également le résultat de la coopération silencieuse des Palestiniens, tant à l’intérieur d’Israël qu’au-delà de ses frontières. Même les membres pragmatiques du Hamas veulent entraîner Israël, comme une première étape, vers une telle éventualité.

(...) « Pour le peuple palestinien, un Etat binational dans l’intégralité du grand Israël est une meilleure option que le morceau de Palestine haché et découpé qui pourrait être arraché des griffes d’Israël après beaucoup de peine et de sang ».

« Grâce à la puissante économie d’Israël et ses liens étroits avec l’Occident, un Etat binational, même à moitié démocratique, pourrait promettre aux Palestiniens une vie meilleure et plus sûre, et (surtout) un territoire plus vaste que celui qui pourrait être obtenu après des dizaines d’années de campagne menée avec l’objectif d’obtenir toute la Palestine.

(…) Cette vision d’un Etat binational explique peut-être l’obstination de l’Organisation de libération de la Palestine, à la fois au sommet de Camp David en 2000 et pendant les négociations entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement Olmert. Elle pourrait aussi avoir influencé la position de l’Autorité palestinienne au cours des derniers contacts avec le gouvernement israélien actuel, une position destinée à empêcher l’émergence d’une véritable solution. »

Ah bon ? On sait que selon la propagande israélienne, au sommet de Camp David de 2000 entre Ehud Barak et Yasser Arafat, le premier ministre israélien avait présenté une offre généreuse que les Palestiniens auraient rejeté. Pourtant, les mémoires de la plupart des protagonistes — y compris américains — publiées depuis confirment qu’il n’en a rien été. Que Barak n’a jamais proposé de rendre même 95 % des territoires occupés. Qu’il avait décidé, avant même le sommet, de faire porter la responsabilité d’un échec prévisible sur Yasser Arafat. C’est Barak qui a inventé l’idée qu’il n’y avait pas de partenaire palestinien pour la paix (lire « Le “véritable visage” de M. Ehoud Barak », Le Monde diplomatique, juillet 2002). Yehoshua peut-il ignorer tous ces témoignages ? Peut-il ignorer la responsabilité de Barak, qualifié à juste titre par Uri Avnery de « criminel de paix » ?

Quant aux négociations entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert, on nage aussi en pleine propagande israélienne. Je renvoie Yehoshua au journal, très instructif, d’un des négociateurs palestiniens, Ziyad Clot : Il n’y aura pas d’Etat palestinien, Max Milo, 2010.

A moins que l’intransigeance de la direction palestinienne corresponde, pour Yehoshua, au fait de ne pas accepter que les 22 % de la Palestine historique qu’elle réclame soient encore amputés, que l’Etat palestinien n’ait aucune souveraineté, ni sur son espace aérien ni sur ses frontières, bref, que ce soit un simple bantoustan.

Mais le meilleur est à venir. L’écrivain affirme que cette volonté des Palestiniens d’avoir un Etat binational « explique aussi la passivité sinon incompréhensible des Palestiniens quant à l’organisation de protestations civiles et non violentes contre les colonies. Peut-être cela explique-t-il qu’ils restent dans leur lit quand des voyous brûlent leurs mosquées ».

Mépris ? Impudence ? Ignorance ? L’écrivain ne connaît-il pas l’histoire de la première Intifada (non violente) ou celle de la seconde, souvent armée ? Ont-elles réussi à stopper la colonisation ? Quant à parler de Palestiniens qui dorment pendant que des voyous brûlent leurs mosquées, c’est oublier que les colons bénéficient de la protection de l’armée, qu’ils sont souvent armés et n’hésitent pas à tuer – pendant que Yehoshua écrit ses chroniques dans Haaretz...

Et l’auteur de conclure que, si l’on veut éviter cet Etat binational, il faudra « persuader les Palestiniens de se mobiliser » pour cette solution à deux Etats. Le problème du colonisateur est de toujours rejeter sur le colonisé la faute : celle d’être arriéré, celle de ne pas se mobiliser selon les normes qu’il fixe, celle de dormir dans son lit douillet.

 

http://blog.mondediplo.net/2012-01-04-Les-prejuges-ordinaires-d-un-ecrivain-israelien

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 16:24

barakeh-auschwitz.jpgLe gouvernement israélien poursuit le député communiste Mohammed Barakeh, accusé d'avoir rendu hommage aux victimes d'Auschwitz au nom de l'Autorité palestinienne


Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Ministre des Affaires étrangères israélien a déposé une plainte officielle contre le président du Hadash (Parti communiste d’Israël/Front démocratique pour la paix et l'égalité) et député communiste Mohammad Barakeh mardi, invoquant le fait qu'il « s'est rendu en visite officielle en Pologne au nom de l'Autorité palestinienne ».

 

Dans la plainte, il est affirmé que Barakeh a réalisé deux voyages au nom de l'Autorité palestinienne, violant ainsi le règlement de la Knesset. Les voyages remontent à 2010. Selon la plainte, en janvier 2010 Barakeh a participé à une mission officielle Israélienne à Auschwitz, un ensemble de camps de concentration et d'extermination Nazis construits et exploités par le Troisième Reich dans les territoires occupés Polonais annexés par l'Allemagne nazie. Selon le Ministre des affaires étrangères, « à un moment de la visite de la délégation en Pologne, il a retrouvé plusieurs responsables de l'Autorité palestinienne qui visitaient également le pays ».

 

L'organisation d'extrême-droite « Le forum juridique pour la terre d’Israël » avait déposé une plainte contre le président du Hadash auprès de la Commission de l'éthique de la Knesset, demandant une enquête sur cette affaire. Dans un communiqué, le député communiste Barakeh a déclaré : « Le fait que le Ministre des affaires étrangères poursuive les rivaux politiques de Lieberman est quelque chose de très grave. Le contrôleur d’État et le procureur général devraient lancer une enquête sur la conduite anormale de ce ministère ».

 

« Je représente une plate-forme de paix et de justice sociale sur la base de laquelle j'ai été élu – et non le gouvernement, »a-t-il ajouté. « Quand j'accepte une invitation officielle, je coordonne mon voyage avec la Commission d'éthique. Je ne suis aucunement obligé de le faire lorsqu'il s'agit de voyages privés – ceux-ci sont à mes propres frais. C'était le cas lors des rencontres que j'ai pu avoir en Pologne, y compris avec des représentants du Ministre des affaires étrangères Polonais ».

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:45

salahunehuma.jpgExclusif. Le jeune Franco-Palestinien raconte son arrestation, ses conditions de détention, la volonté israélienne de briser les prisonniers politiques palestiniens. Il remercie tous ceux qui l’ont soutenu durant son emprisonnement et parle de l’avenir. Le sien et celui du peuple palestinien. 

Salah Hamouri est libre. Dimanche soir, il a retrouvé les siens, à Jérusalem-Est, toujours occupée. Le jeune Franco-Palestinien savoure ces instants de bonheur après presque sept ans passés dans les geôles israéliennes. Le combat pour sa libération n’a pas été simple. Et si les grands médias la mettent au crédit de l’intervention française, ils oublient que Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu recevoir les parents de Salah et que son nom même n’a été prononcé officiellement que très récemment. À l’Humanité, nous nous enorgueillissons d’avoir apporté notre contribution, avec d’autres, à ce que Salah Hamouri ne soit pas oublié. Parce que, sans cette campagne, il serait certainement encore emprisonné. C’est avec plaisir que nous enlevons son portrait de nos pages.

Comment s’est passée 
votre arrestation ?

Salah Hamouri. Je devais rencontrer des amis à Ramallah. C’était le 13 mars 2005. Je suis donc parti de Jérusalem mais j’ai été arrêté au check-point de Kalandia. Les soldats israéliens m’ont bandé les yeux et menotté. De là ils m’ont amené à un premier centre sans que je sache lequel, puis à un second où je suis resté trois mois, à l’isolement total. Je subissais des interrogatoires tous les jours. C’était très difficile. Vous savez, les Israéliens essaient de casser notre volonté, notre détermination. Ils utilisent tous les moyens possibles pour faire pression. Sur nous et sur nos familles. Par exemple, mon père venait d’être opéré une semaine auparavant. Ils l’ont embarqué pour l’interroger, et moi, ils me l’ont montré sans qu’il s’en doute. Tout ça pour me casser. Parfois ils me laissaient plus de deux jours sans dormir. Bref, tous les moyens des services de renseignements. On nous laisse menottés, les mains dans le dos, on nous menace, on menace de détruire nos maisons… Je suis resté presque trois ans et demi emprisonné avant d’être officiellement condamné. Pendant tout ce temps, on m’a traîné à plusieurs reprises devant un tribunal militaire israélien totalement illégal puisqu’il se trouve dans les territoires occupés. Ces tribunaux militaires ne sont pas reconnus par le droit international.

Comment s’est passée l’audience à l’issue de laquelle vous avez finalement été condamné ?

Salah Hamouri. Mon avocate, Léa Tsemel, a tout tenté. Mais les Israéliens m’ont toujours menacé d’une condamnation à quatorze ans de prison. Alors, mon défenseur a essayé d’obtenir la condamnation la plus faible possible, c’est-à-dire une peine de prison la plus courte possible. Pour cela, il fallait plaider coupable, bien que je sois innocent de tout ce qu’on me reprochait. J’ai finalement écopé de sept ans de prison.

Quelles étaient vos conditions de détention ?

Salah Hamouri. Après trois mois d’interrogatoire, j’ai été transféré à la prison de Beer Sheva, dans le Sud. Je suis resté là-bas presque vingt-deux mois. Puis j’ai été transféré dans un autre établissement dans le Nord. Dix mois après, ils m’ont encore fait changer de prison. Puis il y a eu la condamnation à sept ans de prison. Ils m’ont ensuite amené à la prison de Gilboa où j’ai passé presque trois ans. Il y a deux mois et demi, ils m’ont sorti de là pour tenter de briser la grève des prisonniers qui demandaient de meilleures conditions de détention. Mes conditions de détention étaient les mêmes que pour les autres prisonniers palestiniens. Les Israéliens essaient toujours de maintenir une certaine tension, de faire pression sur nous pour briser toute résistance. Plusieurs prisonniers politiques ont été isolés pendant des années. Certains se voyaient interdits de toute visite, y compris familiale. Depuis deux ans, nous n’avions plus l’autorisation de recevoir des livres. Les Israéliens prennent toujours un prétexte sécuritaire pour appliquer leur politique de pression sur les prisonniers. Il faut savoir que les prisonniers palestiniens qui sont de la bande de Gaza n’ont reçu qu’une seule visite depuis six ans. Ils ne peuvent même pas recevoir un seul coup de téléphone, de personne. Ni de leur femme ni de leurs enfants. Beaucoup de prisonniers de Cisjordanie ont été soumis au même régime. Avec toujours le même prétexte sécuritaire. Il faut aussi parler de l’isolement. Une mesure inhumaine qui, là encore, vise à casser le moral des prisonniers, à briser leur capacité de résistance. Ils sont isolés dans des sections spéciales. Ils sont dans des cellules où ils ne peuvent avoir aucun contact avec les autres prisonniers et évidemment pas avec leurs familles. Certains sont restés comme ça six à sept ans, totalement seuls. L’interdiction de faire entrer des livres dans la prison relève de la même volonté de tenter de miner notre moral. Les Israéliens savent bien qu’au XXIe siècle il faut non plus viser le corps de l’être humain mais son esprit. C’est cet esprit politique des Palestiniens que les Israéliens veulent détruire. C’est pourquoi ils nous ont empêchés de recevoir des livres pendant deux ans. Ils ont également bloqué l’accès à de nombreuses chaînes d’information à la télévision. C’était vraiment une guerre totale déclarée par l’administration israélienne au niveau culturel contre les prisonniers politiques palestiniens. Cette administration israélienne était représentée dans les prisons par la police.

Comment en êtes-vous arrivés à une grève de la faim ?

Salah Hamouri. Pendant toutes ces années, nous avons essayé de discuter avec l’administration des prisons pour la convaincre de respecter nos droits qui sont inscrits dans la quatrième convention de Genève. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’améliorer nos conditions de détention, nos conditions de vie carcérale. On a évidemment demandé de mettre fin à l’isolement des prisonniers politiques, et notamment à celui d’Ahmed Saadat, le secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Malheureusement, les Israéliens ont toujours refusé de discuter avec nous et ont opposé une fin de non-recevoir à toutes nos demandes. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une grève de la faim le 27 septembre jusqu’au 17 octobre. Nous l’avons observée pendant vingt jours. Pendant ce temps-là, l’administration pénitentiaire israélienne a tout tenté pour briser notre mouvement, utilisant tous les moyens de pression qu’elle avait à sa disposition. Mais, heureusement, nous étions bien préparés. Nous avions la volonté de gagner et de ne pas nous laisser briser. Ce qui nous a permis de résister à tous les coups entrepris contre nous.

Comment avez-vous perçu 
la solidarité qui s’est exercée en France envers vous ?

Salah Hamouri. C’est la chose la plus importante qui me soit arrivée en prison. La campagne menée par le comité de soutien, l’engagement de Jean-Claude Lefort, de l’AFPS, du journal l’Humanité, des Jeunes communistes ont été le pont de l’espoir pour moi, ma famille, mais aussi pour tous les prisonniers politiques.

Cela a été comme un mur nous protégeant des visées israéliennes. Je tiens à les remercier pour ce soutien qui m’a aidé moralement et psychologiquement.

Maintenant libre, 
qu’allez-vous faire ?

Salah Hamouri. Profiter d’abord de ma famille. Je vais essayer de venir en France pour rencontrer ceux qui m’ont soutenu et puis ensuite reprendre mes études. Le combat du peuple palestinien continue, malgré les prisons et la répression. Notre résistance est légitime.

 

http://www.humanite.fr/monde/salah-hamouri-%C2%AB-votre-solidarite-ete-le-pont-de-l%E2%80%99espoir-pour-moi-%C2%BB-486268

  • A lire :

Denise Hamouri, la mère de Salah : « Nous n’avons jamais baissé les bras »
Pierre Laurent, secrétaire général du PCF : la libération de Salah Hamouri "une formidable nouvelle"
Reportage de notre envoyée spéciale à Jérusalem

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 10:48

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Ramallah semble dans l’attente, dans l’attente de Godot, note, ironique, un commentateur. La vie quotidienne reste la préoccupation de la grande majorité de la population, avec les difficultés liées à l’occupation et à la suspension régulière par les autorités israéliennes des sommes dues à l’Autorité et la faiblesse des contributions promises par les pays arabes.


Pourtant, chez les intellectuels et les politiques, cette petite classe qui tourne autour du gouvernement et de l’Autorité, les deux sujets qui n’en finissent pas de bruisser dans les cafés et les restaurants où la fumée des cigarettes n’est toujours pas bannie, ce sont l’offensive palestinienne aux Nations unies et la réunification des pouvoirs de Ramallah et de Gaza.


Et la reprise des négociations israélo-palestiniennes ? « Le Quartet a demandé, le 23 septembre dernier, aux Palestiniens et aux Israéliens de remettre, avant le 26 janvier, des propositions par écrit sur les frontières et la sécurité, explique un diplomate palestinien. Nous l’avons fait et nous demandons que la partie israélienne fasse de même, mais pour l’instant elle s’y refuse, affirmant qu’elle le ferait en cas de reprise des négociations. Nous, et le Quartet, rejettent cette tentative dilatoire. »


Les propositions palestiniennes peuvent se résumer ainsi : frontières de 1967, avec échange de 1,9 % du territoire ; acceptation d’une présence militaire internationale sur les frontières avec Israël et sur le Jourdain ; pas d’alliance militaire avec des pays hostiles à Israël ; démilitarisation du futur Etat, mais, comme à l’heure actuelle, maintien d’un certain niveau d’armement des forces palestiniennes. Malgré ces propositions, malgré la réaffirmation de l’Autorité qu’elle est prête à négocier sur la base d’un arrêt total de la colonisation et de la reconnaissance que les frontières de 1967 sont le point de départ des négociations, personne ne croit ici une entente possible avec le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Même si tout le monde reconnaît qu’il est bien difficile de savoir ce que pense le président Mahmoud Abbas, entouré de conseillers aux avis totalement divergents. Ce flou pèse aussi sur les deux autres dossiers.


Le discours de M. Abbas devant l’Assemblée générale de l’ONU le 23 septembre 2011 lui a permis de regagner une popularité en déclin. Le vote à l’Unesco a aussi galvanisé la population, même s’il est plus le fruit du hasard que d’une vraie stratégie, comme le confirme M. Riyad Al-Maliki, ministre des affaires étrangères : « La question de la Palestine se pose à chaque conférence générale de l’Unesco, tous les deux ans. Elle est venue cette année et les médias ont commencé à en parler. Il nous a semblé alors difficile de faire marche arrière. » Ce que le ministre ne dit pas, c’est que Mahmoud Abbas, marqué par sa volte-face sur le rapport Goldstone sur l’invasion israélienne de Gaza (sur cet épisode, lire sur ce blog « Du rapport Goldstone à la campagne contre Agrexco », 6 octobre 2009), a craint une réaction de l’opinion palestinienne en cas de renonciation au vote à l’Unesco. « L’opinion publique palestinienne, pour laquelle le président, comme la plupart des dirigeants de l’Autorité, n’avait pas un grand respect, est devenue un facteur politique important », note un intellectuel palestinien.


Mais le résultat du vote à l’Unesco ne suscite pas ici une grande euphorie : certes la Palestine a obtenu 108 voix, mais c’est proportionnellement moins que l’appui à la candidature de l’OLP comme membre observateur à l’ONU en 1974, et loin des quelque 130 Etats qui reconnaissent la Palestine. On explique au ministère que beaucoup de pays n’ont pas pu être présents pour des raisons techniques, mais on reconnaît en même temps la force des pressions occidentales.

Celles-ci sont venues de nombreuses sources, des Etats-Unis, du Canada et de Mme Catherine Ashton (agissant au nom de qui ?) : Washington a menacé le Monténégro de ne pas accepter sa candidature à l’OTAN ; Ottawa a envoyé une lettre à tous les membres de l’Unesco, les appelant à refuser la demande palestinienne ; Mme Ashton a menacé les pays candidats à l’Union européenne comme la Croatie. L’Allemagne a aussi fait courir le bruit que Mahmoud Abbas était opposé à la démarche à l’Unesco.


Désormais, la stratégie de l’Autorité, c’est de ne pas soumettre la candidature de la Palestine dans les autres organisations membres de l’ONU (à l’exception, peut-être, de l’Organisation mondiale de la santé, où cette adhésion est soumise de manière routinière). Pourquoi ? – D’un côté, les Etats-Unis ont annoncé que cela aboutirait à une rupture des relations entre l’Autorité et l’administration américaine ; de l’autre, explique le ministre, « le secrétaire général de l’ONU nous a vivement priés de ne pas le faire, car les conséquences financières sur l’organisation seraient lourdes et parfois, comme pour l’Unesco, sanctionneraient des pays pauvres ».


Pour M. Al-Maliki, l’offensive doit se poursuivre au Conseil de sécurité où, à partir de janvier, siègeront de nouveaux Etats membres. La situation apparaît toujours incertaine et l’Autorité n’est pas sûre d’obtenir les neuf voix nécessaires. Le Togo, le Guatemala, l’Azerbaïdjan, le Maroc et le Pakistan remplaceront, au 1er janvier 2012, le Gabon, le Nigeria, la Bosnie, le Liban et le Brésil.


« Nous allons concentrer nos efforts sur certains de ces pays, notamment le Guatemala, explique le ministre, qui prépare une tournée en Amérique latine où l’OLP dispose d’un soutien très important. Nous finirons par obtenir les neuf voix nécessaires pour aller au vote. » Mais si Washington utilise son veto ? «  Nous sommes prêts à aller devant la Cour internationale de justice pour lui demander si un membre permanent du Conseil de sécurité a le droit d’utiliser son veto pour s’opposer à une adhésion, ce n’est pas conforme aux statuts. »


« On a atteint le plafond de l’offensive, explique un intellectuel. Nous ne pouvons pas aller plus loin, car Mahmoud Abbas refuse un bras-de-fer avec les Etats-Unis. »


Résumons la contradiction dans laquelle Abou Mazen est enfermé : il est l’architecte des accords d’Oslo de 1993 et il n’arrive pas à y renoncer ; il ne veut pas finir, alors qu’il a 78 ans, dans les « poubelles de l’histoire », comme le traître. « Je ne serai pas le Antoine Lahad de la Palestine », aurait-il rétorqué aux Américains qui voulaient qu’il accepte qu’Israël ne verse les fonds bloqués que pour financer l’appareil de sécurité. Il faisait référence à ce militaire libanais qui a dirigé l’Armée du Liban-Sud dans les années 1980 et collaboré avec les occupants israéliens.


Mais, en même temps, certains dans l’Autorité veulent encore croire à un changement des Etats-Unis avant la présidentielle de novembre 2012. Ils mettent en avant la déclaration du secrétaire d’Etat américain à la défense Leon Panetta demandant aux Israéliens s’il est suffisant d’être assuré de la supériorité militaire, « si vous êtes en train de vous isoler dans l’arène diplomatique ». (LeMonde.fr, 3 octobre.)


(Je reviendrai dans un prochain envoi sur les négociations entre le Fatah et le Hamas.)

Le Bazar Renaissance

Le Bazar Renaissance est un livre important sur la manière dont l’islam et l’Orient ont influencé l’Europe et l’Occident au sortir du Moyen Age. Il n’a fait pratiquement l’objet d’aucune recension et c’est dommage. Faites-le connaître dans vos réseaux et autour de vous.

Débat, université de Paris13-Villetaneuse,
mardi 6 décembre

Printemps Arabe/ Automne occidental, avec Youssef Boussoumah et moi, à 17 heures.

A propos de Twitter

J’utilise désormais régulièrement Twitter. Je trouve cet outil utile pour trois raisons :

- pouvoir faire partager la lecture d’articles ou de textes qui méritent d’être diffusés (pour l’essentiel je me limite au français et à l’anglais) ;

- mettre en lumière des informations peu répercutées dans la presse et qui peuvent intéresser parfois le « grand public », parfois seulement les spécialistes ;

- informer sur les débats auxquels je participe et qui concernent les thèmes abordés sur Nouvelles d’Orient.

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 12:16

3282277-4702914.jpgLettre ouverte à B.H.L

GIDEON LEVY, JOURNALISTE ISRAELIEN DU JOURNAL ‘’HA’ARETZ ECRIT A BHL

Gideon Lévy, journaliste israélien du journal « HA’ARETZ » a écrit une lettre ouverte à Bernard Henri Lévy afin de lui rappeler que le blocus de Gaza n’est pas de la désinformation mais une réalité amère infligée aux palestiniens.



Et pour cause ; Gaza n’a droit qu’à 97 produits AU LIEU DE 4000 AVANT LE SIEGE pour 1,5 million de gens. 8o % des habitants de gaza vivent de l’aide humanitaire ; 90 % des usines de gaza sont fermées ou tournent au ralenti. ce sont là quelques vérités que tient à souligner gidéon Levy à son collègue Bernard-Henri Lévy qui s’est toujours ériger comme la voie de la conscience comme le qualifie ironiquement le journaliste de « ha’aretz POUR L’ACCULER AFIN DE NE PLUS POUVOIR NIER QU’Israël est une puissance occupante et de faire dans la politique de l’autruche. Voici dans ce qui suit le texte intégral de la lettre :
Cher Bernard-Henri Lévy
Nous ne nous connaissons malheureusement pas. Nous nous sommes brièvement croisés dans les décombres fumants de Gori pendant la guerre de Géorgie. Vous y avez fait un passage éclair et, comme d’habitude, vous avez attiré l’attention, là comme dans d’autres zones de conflit où vous vous êtes rendu. J’admire profondément les intellectuels de votre stature, qui se font fort de visiter les champs de bataille et de faire entendre leur voix. Votre tentative de protéger Israël, dont témoignait votre article publié le 8 juin dans Ha’Aretz (“Il est temps de cesser de diaboliser Israël”), a fait plaisir à beaucoup d’Israéliens, qui avaient grand besoin que quelqu’un dise un peu de bien de leur pays, chose rare par les temps qui courent.
Je ne gâcherai pas leur plaisir. Mais, au nom de votre appel à mettre un terme à la désinformation, je souhaiterais attirer votre attention sur des informations qui ont peut-être échappé à votre mémoire. On pourrait se risquer à penser que, dans votre jeune temps, vous auriez été l’un des membres de la flottille. A cette époque, un blocus de plus de quatre ans imposé à 1,5 million d’individus aurait éveillé en vous un impératif moral vous poussant à vous joindre à la contestation. Mais, aujourd’hui, pour vous comme pour la plupart des Israéliens, il n’y a pas de blocus de Gaza. En parler relève pour vous de la “désinformation”. Au fait, puisque vous étiez sur place, pourquoi n’en avez-vous pas profité pour faire un saut à Gaza, à l’instar de votre ami Mario Vargas Llosa, pour voir de vos propres yeux s’il y avait ou non un blocus ? Les médecins de l’hôpital Shifa [à Gaza], par exemple, vous auraient parlé de leurs patients qui décèdent à cause du “non-blocus”. Certes, personne ne meurt de faim. Pourtant, l’association Gisha pour la liberté de mouvement a publié cette semaine un rapport expliquant qu’Israël autorise l’importation de 97 produits à Gaza, contre 4 000 avant le siège.
Vous n’appelez pas cela un blocus ?
Un grand supermarché israélien propose 10 000 à 15 000 articles ; à Paris, il y en a sûrement plus encore. Pourtant, Gaza n’a droit qu’à 97 produits. S’il est quelqu’un dont on aurait attendu davantage de compréhension à l’égard des besoins gastronomiques, c’est bien le bon vivant raffiné que vous êtes. Vous dites, comme si vous vous faisiez le porte-parole de Tsahal, qu’Israël laisse entrer 100 à 125 camions par jour à Gaza. Une centaine de camions pour 1,5 million de gens : ne s’agit-il pas là d’un “siège impitoyable”, comme l’écrivait [Laurent Joffrin dans] le journal Libération, contre lequel vous vous élevez ? 8O % des habitants de Gaza vivent de l’aide humanitaire ; 90 % des usines de Gaza sont fermées ou tournent au ralenti. Vraiment, Bernard-Henri Lévy, ne sommes-nous pas là face à un blocus ? Ne devrait-on pas s’attendre que, plus que tout autre, un grand intellectuel comme vous sache que les gens, y compris les Gazaouis, ont besoin d’autre chose que de pain et d’eau ? Mais oublions les statistiques car, après tout, les philosophes ne s’encombrent pas de chiffres. Vous écrivez qu’Israël a été accusé “jusqu’à la nausée” d’être responsable de ce blocus – tiens, voilà que maintenant vous parlez de blocus ? –, imposé autant par Israël que par l’Egypte. C’est exact. La participation de l’Egypte est en effet scandaleuse et inexplicable, mais on ne peut juger selon les mêmes critères l’Egypte et Israël. L’occupation de Gaza n’est pas terminée, elle a simplement été levée, pour arranger l’occupant, mais Israël n’en reste pas moins responsable. La monnaie officielle de Gaza est le shekel, les registres d’état civil sont établis par Israël, qui surveille également toutes les entrées dans la bande de Gaza. Des décennies d’occupation ont rendu Gaza dépendante d’Israël, et Israël ne saurait s’en défaire par un simple “désengagement”. Mais cessons de parler du blocus, que vous le niez ou que vous le justifiiez. Comment pouvez-vous ignorer le contexte ? Depuis quarante-trois ans, des millions d’individus – dont certains auraient pu espérer devenir Bernard-Henri Lévy, au lieu de perdre leur vie à se battre pour survivre connaissent une situation d’occupation et de désespoir. Quelles chances un jeune Palestinien a-t-il de faire quelque chose de sa vie ? Regardez les photos des Gazaouis qui se pressent au poste-frontière de Rafah et observez l’expression imprimée sur leur visage.
Le concept de liberté ne vous est certainement pas étranger. Vous ne pouvez reprocher l’occupation à personne d’autre qu’à nous, les Israéliens. Il y a beaucoup d’excuses pour cette occupation, mais aucune ne change quoi que ce soit à l’ultime réalité : Israël est une puissance occupante. C’est la racine de tous les maux et c’est ce que vous avez dissimulé. Vous n’en dites pas un mot. Israël avait peut-être le droit d’empêcher des armes de pénétrer à Gaza, mais vous n’avez pas le droit d’ignorer ce qui a fait de Gaza une région de réfugiés désespérés.
Vous avez raison, Bernard-Henri, de souligner que le monde est plus exigeant envers Israël qu’envers des dictatures. Ce n’est pas la “confusion d’une époque”, comme vous le dites, mais une époque nouvelle (et juste) dans laquelle le monde exige qu’en tant que démocratie Israël paie le prix de sa conduite. Alors, diabolisation ? Possible, mais la façon de la combattre est de faire le siège de son arsenal. Sans le blocus de Gaza, sans l’occupation, il n’y aurait aucune raison de diaboliser Israël. Est-ce trop attendre de vous, naguère la voix de la conscience, que vous compreniez cela ?
http://www.reflexiondz.net/Lettre-ouverte-a-B-H-L_a13750.html
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