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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 12:04

salud_30junio.jpgCuba au 8ème rang pour le système de soins médicaux accordés aux enfants devant l'Allemagne, la France ou les États-Unis

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'ONG « Save the Children », organisation internationale basée aux États-Unis qui lutte pour les droits des enfants, a publié cette semaine une nouvelle étude mesurant le niveau de la qualité des soins médicaux pour les enfants dans divers pays.



Selon le classement produit par l'organisation, parmi les 161 pays évalués, le Tchad et la Somalie occupent les deux dernières positions et la Suisse et la Finlande, les deux premières. Cuba est la première nation latino-américaine, en 8ème position, devant l'Allemagne (10ème), la France (12ème), le Royaume-Uni (14ème) et les États-Unis (15ème).



Parmi les pays latino-américains, l'Uruguay occupe la deuxième place, à la 31ème position mondiale, suivi par le Brésil, 35ème. Le Mexique n'atteint que la 65ème place dans le classement, et l'Argentine, la 77ème.



La liste de « Save the Children » mesure le nombre de professionnels dans le domaine de la santé disponibles dans un pays, l'état de développement du système de vaccination publique et des soins aux femmes enceintes et aux jeunes mamans. Selon les calculs de l'organisation, la Suisse, au premier rang, atteint l'indice de 0,983, alors que le Tchad, à la dernière place, ne dépasse pas les 0,130.



Les pays les plus mal cotés ne comptent pas plus de sept médecins et infirmiers pour dix mille habitants, alors que le minimum approprié conseillé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est de 23 professionnels.



« La crise des professionnels de la santé dans le monde coûte la vie à des enfants chaque jour. Les programmes de vaccination, de médicaments et de soins préventifs ne sont rien si il n'y a pas de professionnels formés pour les offrir à ceux qui en ont besoin », a déclaré Mary Beth Powers, une des coordinatrices de « Save the Children », dans un communiqué publié par l'organisation mardi dernier.



L'étude a été commandée par l'Assemblée générale des nations unies. L'objectif est de faire pression sur les leaders mondiaux pour qu'ils prennent de nouveaux engagements dans le cadre de la campagne « Chaque femme, chaque enfant » lancée par l'ONU même en 2010. L'objectif de l'action est de réduire la mort d'enfants et de mères dans le monde, qui atteignent annuellement le chiffre de 8,1 millions et 358 000 chaque année, respectivement.

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:25

ujfp-logo.gifLe Mouvement a surpris dans une société rendue muette et immobile par des années de formolisation, et c'est un véritable soulagement de réaliser qu'elle est vivante et capable de secouer sa léthargie.
Lors de la manifestation des 150 000 du 30 juillet, Gideon Levy écrivait déjà qu'il n'y avait pas eu de manifestation de cette ampleur depuis celle de... Sabra et Chatila.

La société israélienne se mobilisant massivement depuis des années plutôt pour des commémorations comme lors de l'assassinat de Rabin, que pour des revendications. Les grandes manifestations revendicatives de ces dernières années, souligne Michel Warschawski de l'AIC, sont celles des colons et des orthodoxes à Jérusalem.
L'espoir d'un changement est donc permis. On ne peut que s'en réjouir mais il semble qu'au delà des revendications sociales fortes engagées contre la politique néolibérale, les éléments nécessaires à un réel changement ne soient encore présents qu'en germes dans une société bridée depuis des années autour de la sécurité et d'une vision close d'Israël isolé dans une région hostile. Cependant là aussi il y a mouvement, mais plus lent, presque souterrain mais affleurant parfois la surface avec prudence. Tout le monde semble ici mesurer les risques d'explosion du mouvement dans sa globalité, et d'un repli consécutif d'autant plus rigide.
Car il y a des tyrans non moins persécuteurs et dangereux que Ben Ali, Moubarak, ou même El Assad, et tout aussi difficiles à combattre. Ceux-là, le peuple les a toujours détestés depuis la prison ou la rue, alors que la sécurité nationale condition de la survie pèse comme une chape de plomb obligée et assumée par tous dans un consensus de béton depuis la fondation de l'Etat. Quant au néolibéralisme, ici comme ailleurs des années de martèlement médiatique et politique ont ancré dans les esprits qu'il est l'unique système viable pour les sociétés humaines. Comment haïr et renverser ce qui est la seule option ? A cet égard il faut noter les pathétiques efforts des médias politiques israéliens pour maintenir à tout prix le débat autour du tout économique libéral comme seul ordre du jour acceptable. Le mot économie prononcé toutes les minutes dans tous les débats traduit la volonté de traiter toute la revendication dans cet unique cadre. Il s'agit, résume un des experts économistes (et ils sont à l'honneur), de revenir d'un libéralisme de monopole à un libéralisme de concurrence!
Shelly Yakhimovitch, représentante et peut-être future candidate du parti travailliste en déroute depuis les dernières élections, explique que « riches comme nous sommes, arrivant en tête pour tous les critères de l'OCDE, nous avons les moyens de revenir à la social démocratie ». Enthousiasmant programme !
Et en fait tout cela concorde : la dénonciation du néolibéralisme est catégorique et radicale ; les gens qui s'expriment sur les places et devant les campements reprennent tous la litanie des privatisations, déréglementations et baisse de pouvoir d'achat; mais ils disent aussi qu'ils ne veulent plus vivre ainsi, qu'ils veulent vivre autrement, et cela ne peut se résumer à des changements économiques. Le slogan majeur, absolu, est partout : le peuple veut la justice sociale. Partout le mot révolution est repris dans les manifestations. Les aspirations semblent être bien plus grandes que ce qui peut être exprimé.

Un peuple entier réclame un avenir !

C'est l'un des slogans lus et entendus sur l'esplanade Rothschild, rebaptisée par un panneau : ici place Tahrir, avec en sous-titre : « Netanyaou , Moubarak t'attend ! » (au tribunal ; ndlt). Ce slogan contient à lui seul beaucoup des questionnements et paradoxes qui traversent ce mouvement. Que recouvre l'expression « un peuple entier » ? Quel sens donner au terme « avenir »? Question d'autant plus chargée que ce slogan actualise en écho celui scandé il y a bientôt trente ans par les masses de feu La Paix Maintenant dissoutes par et dans l'échec de Camp David 2 : un peuple entier réclame la paix. Le même peuple dans la rue ne dit plus un mot de la paix, pourtant quelques frémissements indiquent que le thème n'est pas loin des pensées, mais si brûlant et gros de risques que l'on préfère se taire. C''est même dit-on une décision assumée par les leaders du mouvement.

Le cinéaste israélien Eyal Sivan me faisait remarquer dans la manifestation du 30 juillet le petit nombre de drapeaux israéliens, beaucoup beaucoup moins disait-il que dans n'importe quelle manifestation de Shalom Archav. Effectivement quand on connaît le rôle du drapeau ici, présent sur les toits, les balcons, les jardins, les magasins, les voitures, sur un nombre incalculable de lieux publics et privés, cela ne laisse d'étonner et de recentrer. Cette revendication se veut sociale et non nationale. Ce qui constitue en soit une brèche dans le consensus. C'est ce qu'exprime Shira Ohayon, représentante des mères célibataires à la grande tribune de Tel Aviv lors de la manifestation des 350 000 en point d'orgue de son intervention (1) par ces mots : nous n'avons aucune sécurité dans ce pays! Et ces paroles reçues 5 sur 5 par la foule qui hurle sonnent comme une menace et un rappel : le terme sécurité ici est posé durement en contrepoint de l'autre sacro-sainte devant laquelle tout doit se taire et reculer.
Sécurité sociale contre sécurité nationale? C'est précisément le piège à éviter pour la majorité des manifestants... de gauche.
Quasiment toutes les prises de paroles des acteurs du mouvement commencent par : « moi citoyen-citoyenne qui paie des impôts et ai servi dans l'armée... ». La revendication semble ne pouvoir légitimement s'exprimer qu'à partir de cette référence au consensus.
La gauche sioniste comme la droite jusqu'à l'extrême droite s'emploie elle à rappeler de façon incessante le consensus sioniste. Le représentant de la très sioniste Union des Etudiants sera le seul des leaders du mouvement à évoquer le sionisme dans son discours et monter sur la tribune lors de la manif des 350 000 en portant le drapeau d'Israël. A cet égard, le communiqué de LPM France transmet clairement le message en France :
« ...Une part grandissante de la population israélienne prend conscience du fait que les réformes ultra-libérales menées par les différents gouvernements depuis le début des années 2000 sapent l'un des piliers du sionisme : la justice sociale. »
Sans commentaire!

Lors de la manifestation du 6 août, nombre des interrogés, manifestants ou artistes et personnalités, prendront sèchement leur distance vis-à-vis de la sacro sainte sécurité nationale, prétexte disent-ils à faire tout avaler au peuple. Le très politique comédien Moshe Ivgui donne le ton. Il indique même qu'il craint comme beaucoup que l'on n'hésite pas à provoquer des incidents frontaliers ou des événements concernant la sécurité pour éteindre le feu du mouvement social. Effectivement les tirs sur la frontière libanaise d'il y a quelques jours ont donné lieu à cette interprétation : c'est Bibi qui aurait provoqué l'incident pour ramener sur le terrain où l'on ne peut que se taire : celui de la sécurité nationale.
Une promenade de fin d'après midi sur le terre plein du boulevard Rothschild, le lendemain des premières propositions de B. Netanyaou. La pancarte du jour ? « BIBI: Trop peu ! Trop tard ! »
Un groupe d'extrême droite religieux avec kippas, drapeaux israéliens brandis, surgit soudain et parcourt le boulevard en défilé martial en scandant bruyamment : « Am Israël Haï » (Le peuple d'Israël vit) et « Mi ani… Tsioni » (Qui suis-je... sioniste!). Regards ironiques ou mécontents, mais pas ou peu de frictions. Ce sont sans doute les mêmes qui sont venus quelques jours plus tôt arracher le drapeau palestinien sur « La tente 1948 », l'unique du boulevard, que je découvre au milieu des autres avec les inscriptions : « Il y a aussi des arabes qui vivent ici », « Destructions de maisons, expulsions, confiscations ».
Et plus loin un autre rappel sur une autre tente : « justice pour touuuuuus ! » Référence au discours de la victoire électorale de Barak en 1999 : « je serai le premier ministre de touuuuus ! » (le couuuuulam!) Là, c'étaient les juifs orientaux qui s'étaient sentis exclus...


Question : qui est incluse dans ce touuuus ? Pour certains ne pas oublier les juifs orientaux, pour d'autres les femmes, les religieux, les colons (2), les classes les plus pauvres de la société israélienne qui ont beaucoup de mal à rejoindre le mouvement et être entendues. Touuuuuuus sauf... ceux qui n'ont aucune possibilité de faire partie du consensus sioniste et pour cause ! Ceux qui ont des problèmes de logement depuis au moins 1948. Ceux-là sont reconnus à la marge seulement, dans les groupes communistes, ceux dits d'extrême gauche, et quelques groupes progressistes. Pourtant, de Haïfa le 30 juillet des amis m'appelaient depuis la manifestation; alors que j'exprimais ma tristesse de ne pas voir d'arabes à Tel-Aviv dans les cortèges immenses, eux manifestaient avec des Palestiniens de Haïfa avec des slogans contre l'occupation.
La frustration est grande dans le collectif arabe : Abir Kopti l'analyse avec beaucoup de justesse dans son article intitulé "Tente 1948" (http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10945).
Keefah, une amie palestinienne de Haïfa qui travaille dans un ministère à Tel Aviv, seule arabe sur 200 employés qui pour la plupart me dit-elle n'avaient jamais adressé la parole à un arabe auparavant, tente de traduire ses sentiments : nous, ça fait des années qu'on demande la justice sociale! Et on en a marre d'être seuls. Si cet Etat parvenait réellement à être celui de tous ses citoyens, traités à égalité, je n'aurais pas de problème à ce qu'il s'appelle Israël. Pourtant je reconnais que cela a bougé; j'entends les gens parler à mon travail et poser la question : à quoi leur sert un Etat juif et le sionisme s'il ne leur garantit pas une vie décente ?
Les Palestiniens d'Israël savent mieux que quiconque ce que peut coûter de violence un forcing sur cette question. Ils sont témoins d'un mouvement qui n'a pas les moyens de poser les vraies questions, d'inclure toute la population, et donc d'être révolutionnaire. Même si le slogan « Ma'apeha » (Révolution) résonne partout dans les cortèges.
Lin Chalozin, de Tel Aviv, m'a cependant reprise dans une conversation sur l'avenir du mouvement, « ce qui compte n'est pas ce qui sera, mais ce qui est, ici et maintenant, et c'est une formidable école de pensée politique et de démocratie directe ».

Il n' y a pas de peuple israélien, c'est un fait, tant qu'une partie de sa population est exclue du collectif national sur des critères ethniques, et ne bénéficie pas de tous les droits de citoyen à part entière. Il ne peut y avoir dans ces conditions qu'un peuple juif, une partie du peuple juif installée sur la terre de Palestine.
Le mouvement élude là aussi largement cette question, à l'exception de la droite et de la gauche sioniste travailliste pour qui il s'agit toujours – tout en refusant de « faire de la politique » pour ne pas rompre l'unité – d' imposer le consensus sioniste fondateur comme plancher de la revendication sociale. Et bien sûr cela n'est pas politique ; ça, c'est la norme! Pourtant le mouvement s'est placé d'emblée dans les pas de la Place Tahrir, et lorsque Yeouda Poliker doit clore la manifestation du 30 juillet par La Tivka (l'hymne national juif israélien) il chante un morceau de sa composition sur un nouveau Moyen Orient...
Michel Warschawski soulignait aussi les convergences avec la plateforme des forums sociaux mondiaux, « nous ne sommes pas des marchandises, un autre monde est possible ». Ce mouvement, parce qu'il est dans l'impossibilité de s'interroger ouvertement sur le sionisme, et l'inégalité structurelle et la guerre permanente qu'il implique, ne peut articuler aujourd'hui sa revendication sociale pour touuuuute la classe moyenne juive, et un autre monde possible auquel il aspire, où la justice sociale passe par l'égalité de tous, et l'amorce d'un véritable processus de décolonisation au sens le plus large du terme. Un peuple entier réclame un avenir!

1) voir ci-dessous le texte intégral de l'intervention de Shira Ohayon Tel-Aviv 6 août

2) A ce propos, un autre passage du communiqué de LPM France mérite notre attention :
Les places des villes à travers tout le pays se couvrent de « campements de tentes », s'inspirant de l'exemple de la place Tahrir; pour protester contre les hausses de prix, mais également pour dénoncer l'appauvrissement des classes moyennes, la destruction des services publics et la priorité donnée, pour des raisons idéologiques et électorales, aux habitants des implantations de Cisjordanie et aux ultra-orthodoxes...
Petit paradoxe cependant lorsque ces derniers rejoignent le mouvement contestataire. Et petit problème aussi si l'on considère l'extrême pauvreté qui sévit notamment dans les familles orthodoxes victimes elles aussi du néolibéralisme (cf. article du Manifesto sur l'exploitation de ces familles prolétaires à Modi'in : Le Grand soir (http://www.legrandsoir.info/Moyen-Age-hi-tech-a-Modi-in-Illit.html), et aussi « La Cisjordanie, nouveau ‘Far Est’ du capitalisme israélien » par Gadi Algazi, Le Monde diplomatique, octobre 2006.

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Annexe :
Cet appel ne lâchera pas - Le peuple veut la justice !
Shira Ohayon : discours de la manifestation de Tel Aviv samedi 6 août 2011
traduit de l'anglais par Michèle Sibony

Bonsoir à tous mes frères et soeurs de la protestation, les héros et les héroïnes de la révolution. Je m'appelle Shira Ohayon, mère célibataire née à Dimona, j'habite un appartement loué à Ashdod, et je milite dans la lutte des travailleurs et musiciens du Nouvel Orchestre Andalou contre la fermeture de ce lieu. Je suis professeur et éducatrice en Israël

Aujourd'hui je suis venue vous dire au nom de mes soeurs des quartiers pauvres des villes et des villages à travers le pays, que je suis écoeurée et fatiguée! Nous sommes fatiguées de cet Etat qui nous frappe encore et encore : parce que nous sommes des femmes, parce que nous sommes des mères célibataires, parce que nous sommes des Orientales (juives issues du monde arabe ; ndlt), parce que nous vivons dans les banlieues et les villes, parce que nous sommes des professeurs, des artistes, parce que nous parlons notre langue maternelle l'arabe, et cette fois parce que nous nous levons pour protester contre le brutal système capitaliste qui a fait de nous des pauvres, des sans emploi, des sans domicile, qui a piétiné notre dignité. Nous ne sommes ni des enfants gâtés ni des parasites ! Tout ce que nous demandons est de vivre dans la dignité et d'avoir un avenir à offrir à nos enfants.

Nous n'avons pas de sécurité dans l'Etat d'Israël, la Sécurité commence à la maison – avec un logement, avec un emploi stable, avec la santé, l'éducation, des services sociaux, aussi avec la culture. La Culture n'est pas un luxe, les artistes crèvent de faim dans l'Etat d'Israël.
Depuis des années nous sommes séparés par des barrières et des murs faits aussi bien de béton que de haine et de racisme, et nous nous prenons à la gorge et nous battons pour les miettes des miettes que nous ont laissées les Tycoons après avoir accaparé toutes les ressources du pays.

Toute ma vie j'ai nagé contre le courant. Avec mes frères et soeurs du mouvement Ahoti (Ma soeur) j'ai lutté pour les femmes d'Israël, pour une éducation de qualité pour les résidents des quartiers défavorisés des banlieues et des villes, pour des enseignants de qualité, pour les droits des mères, pour les droits des artistes créateurs, et pour une juste attribution des logements, de la terre et des ressources culturelles.

L'Etat d'Israêl ne nous donne pas de sécurité, à aucun d'entre nous. La sécurité commence à la maison : logement, emploi stable, santé, éducation et services sociaux, et aussi culture.
J'ai payé et paye encore un douloureux prix personnel. Pour la première fois de ma vie je me retrouve nageant avec le courant. Avec l'aide de Dieu, avec ce merveilleux flux de solidarité, de fraternité et de sororité, qui déferle sur tout le pays, d'Eilat à Dimona, de Baka et Nazareth à Kyriat shmone, exigeant une réelle correction des erreurs et des abus. Nous devons une grande gratitude aux initiateurs révolutionnaires Daphne Leaf , Stav Shafir, et leurs amis, qui ont fait sortir les masses de citoyens vers les tentes et les places publiques et nous ont donné, à nous, la majorité dans ce pays, la possibilité de crier notre douleur, de parler des blessures et des inquiétudes, et de lutter ensemble pour l'espoir, pour apporter un changement.

Même les résidents des banlieues pauvres du sud de Tel Aviv, Shapira et Newe Shanaan, et Kfar Shalem et Hatikva et Jaffa, sont là pour protester et crier et hurler contre les négligences et l'abandon depuis des années, comme les résidents du Nord de Tel Aviv (quartiers plus riches ndlt).
pas de paix sans égalité! disaient les Black Panthers qui ont initié la culture de protestation et l'appel à la justice sociale en Israël.

Aujourd'hui nous sommes tous ici, hommes et femmes, Juifs et Arabes, Ashkenazes et Sepharades, nouveaux immigrants et anciens israéliens, religieux et séculiers, résidents du Sud, du Centre et du Nord, esclaves migrants et réfugiés, tous ensemble, unis et déterminés à restaurer la souveraineté de ce pays pour nous, ses citoyens. Une justice sociale et distributive – nous ne ferons de compromis pour rien de moins. Nous avons atteint le point de non retour. De la Révolution on ne peut revenir en arrière, jusqu'à ce que nous changions le système et atteignions l'égalité totale. Quel que soit le genre, la religion, couleur, origine, nationalité ou orientation sexuelle. Nous sommes tous des êtres-humains, des citoyens égaux; ni des esclaves ni des sujets soumis!

Monsieur le premier ministre, nous en avons assez de la politique capitaliste extrémiste que vous avez instituée. Vous avez réduit l'imposition des barons du capital, dont l'avidité est insatiable, et vous avez réduit ou supprimé les services sociaux, l'éducation, la santé ! Nous sommes ici pour vous dire cette nuit d'une voix forte et claire : Cà suffit! Le peuple veut une autre voie! Le peuple veut la direction opposée! Le peuple veut la justice!
Votre gouvernement s'est désengagé envers le peuple. Mais ne vous y trompez pas: le peuple ne lâchera pas. Cet appel ne lâchera pas : Oui le peuple veut la justice sociale!

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:04
Tentes-Tel-Aviv-2le-peuple-_0.jpgPlace Tahrir, le slogan central était “Le peuple veut renverser le régime”. Dans une imitation consciente, le slogan central des villes de tentes est “Le peuple veut la justice sociale”.

D’ABORD, un avertissement

Des villes de tentes surgissent dans tout Israël. Un mouvement de protestation sociale gagne du terrain. A un certain moment, dans un avenir proche, il peut mettre en danger le gouvernement de droite.

A ce moment-là, il y aura une tentation – peut-être une irrésistible tentation – d’“échauffer les frontières”. Lancer une jolie petite guerre. Demander à la jeunesse d’Israël, les mêmes jeunes gens et jeunes filles qui occupent les tentes, d’aller défendre la patrie.

Rien n’est plus simple : une petite provocation, un peloton qui traverse la frontière “pour empêcher le lancement d’une roquette”, un échange de coups de feu, une salve de roquettes – et voilà, une guerre. Fin des manifestations.

En septembre, dans quelques semaines à peine, les Palestiniens ont l’intention d’avoir recours à l’ONU pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Nos hommes politiques et nos généraux chantent à l’unisson que cela provoquera une crise : Les Palestiniens des territoires occupés se soulèveront pour protester contre l’occupation, des manifestations violentes peuvent en résulter, l’armée sera obligée de tirer – et voilà, une guerre. Fin des protestations.

IL Y A TROIS semaines, j’ai été interwievé par une journaliste allemande. A la fin, elle demanda : “Vous avez décrit une situation terrible. L’extrême-droite contrôle la Knesset et est en train de promulguer des lois anti-démocratiques abominables. Les gens sont indifférents et apathiques. Il n’y a pas d’opposition pour en parler. Et pourtant vous dégagez un esprit d’optimisme. Comment ça ?

J’ai répondu que j’avais confiance dans le peuple d’Israël. Contrairement aux apparences, nous sommes un peuple sain. A un certain moment, quelque part, un nouveau mouvement surgira et changera la situation. Il peut arriver dans une semaine, dans un mois, dans un an, mais il viendra.

Ce même jour, juste quelques heures après l’interview, une jeune femme nommée Daphné Liff avec un invraisemblable chapeau d’homme perché sur sa chevelure flottante, s’est dit : “Assez !”

Elle avait été expulsée par sa propriétaire parce qu’elle ne pouvait pas payer le loyer. Elle dressa une tente dans le boulevard Rothschild, une longue voie publique bordée d’arbres dans le centre de Tel-Aviv. La nouvelle se répandit par facebook, et, en une heure, des dizaines de tentes surgirent. En une semaine, il y en avait environ 400, s’étendant en double rangée sur plus d’un kilomètre et demi.

Des villes de tentes semblables surgirent à Jérusalem, Haïfa et une douzaine de villes plus petites. Le samedi suivant, des dizaines de milliers de personnes rejoignaient des marches de protestation à Tel-Aviv et ailleurs. Samedi dernier, ils étaient plus de 150.000.

Aujourd’hui, ces manifestations sont au centre de la vie israélienne. La ville de tentes Rothschild a pris une vie propre – un mélange de Place Tahrir et de Woodstock, avec une touche d’un coin de Hyde Park pour faire bonne mesure. L’ambiance est d’une tonicité indescriptible, des masses de gens viennent la visiter et retournent chez eux pleins d’enthousiasme et d’espoir. Tout le monde peut sentir que quelque chose de très important est en train de se produire.

En voyant les tentes, je me suis rappelé les mots de Balaam, qui était envoyé par le roi de Moab pour maudire les enfants d’Israël dans le désert (Nombres 24) et en fait il s’exclama : “Comme tes tentes sont jolies, Ô Jacob, et tes tabernacles, Oh Israël !”...

TOUT CELA a commencé dans une petite ville lointaine de Tunisie, quand un vendeur ambulant sans licence fut arrêté par une policière. Il semble que dans l’altercation qui s’ensuivit, la femme frappa l’homme au visage, humiliation terrible pour un Tunisien. Il s’immola par le feu. Ce qui arriva ensuite est de l’histoire : révolution en Tunisie, changement de régime en Egypte, soulèvements dans tout le Moyen-Orient.

Le gouvernement israélien vit tout ceci avec une inquiétude croissante, mais il n’ imaginait pas qu’il puisse y avoir un impact en Israël même. On pouvait difficilement s’attendre à ce que la société israélienne, avec son mépris profond des Arabes, puisse en faire autant.

Mais ils en firent autant. Les gens dans les rues parlaient avec beaucoup d’admiration de la révolte arabe. Celle-ci montrait que les gens qui agissent ensemble peuvent se confronter à des dirigeants beaucoup plus redoutables que notre empoté Benjamin Nétanyahou.

Quelques-unes des affiches les plus populaires sur les tentes disaient “Rothschild angle Tahrir” et, avec une rime en hébreu “Tahrir – pas seulement à Cahir” (Cahir étant la version hébraique de Al Caïra, nom arabe du Caire). Et aussi “ Moubarak, Assad, Nétanyahou”.

Place Tahrir, le slogan central était “Le peuple veut renverser le régime”. Dans une imitation consciente, le slogan central des villes de tentes est “Le peuple veut la justice sociale”.

QUI SONT ces gens ? Que veulent-ils exactement ?

Ils ont commencé par exiger “des logements abordables”. Les prix de location à tel-Aviv, Jérusalem et ailleurs sont extrêmement élevés, après des années de défaillance gouvernementale. Mais la protestation a rapidement intégré d’autres sujets : le prix élevé des produits alimentaires et de l’essence, le bas niveau des rémunérations. Les salaires ridiculement bas des médecins et des enseignants, la détérioration de l’éducation et des services de santé. Il y a un sentiment général que dix-huit magnats contrôlent tout, y compris les hommes politiques. (Des hommes politiques qui ont osé se montrer dans les villes de tentes en ont été chassés.) On aurait pu citer un dicton américain : “La démocratie doit être quelque chose de plus que deux loups et un mouton votant sur ce qu’il y aura au dîner.”

Une sélection de slogans donnent une idée : Nous voulons un État social ! Combat pour le logement ! De la justice, pas la charité ! Si le gouvernement est contre les gens, les gens sont contre le gouvernement ! Bibi, ce n’est pas le Congrès américain, tu ne nous achèteras pas avec des mots creux ! Si vous ne rejoignez pas notre guerre, nous ne nous battrons pas dans vos guerres ! Rendez nous notre État ! Trois partenaires avec trois salaires ne peuvent pas payer pour trois chambres ! La réponse à la privatisation est : révolution ! Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, nous sommes esclaves de Bibi en Israël ! Je n’ai pas d’autre patrie ! Bibi, retourne chez toi, nous payerons l’essence ! Renversons le capitalisme dégueulasse ! Soyons pratiques, exigeons l’impossible !

QU’EST-CE QUI manque dans cette énumération ? Bien sûr : l’occupation, les colonies, les énormes dépenses militaires.

C’est délibéré. Les organisateurs, jeunes gens et jeunes femmes anonymes – principalement des femmes – sont très déterminés à ne pas être catalogués comme “de gauche”. Ils savent que soulever la question de l’occupation fournirait à Nétanyahou une arme facile, diviserait les occupants des tentes et ferait avorter la protestation.

Nous du mouvement de paix le savons et le respectons. Nous nous sommes tous astreints à la retenue, pour que Nétanyahou ne réussisse pas à marginaliser le mouvement et à le présenter comme un complot pour renverser le gouvernement de droite.

Comme je l’ai écrit dans un article de Haaretz : Pas besoin de pousser les manifestants. Le moment venu, ils arriveront à la conclusion que l’argent pour les principales réformes qu’ils demandent ne peut venir que de l’arrêt de la colonisation et de coupes dans l’énorme budget militaire de centaines de milliards – et cela n’est possible qu’avec la paix. (Pour les aider, nous avons publié une grande annonce qui dit : “C’est très simple – Argent pour les colonies OU argent pour le logement, les services de santé et l’éducation”).

Voltaire a dit que “l’art de gouverner consiste à prendre autant d’argent que possible à une classe de citoyens pour le donner à une autre”. Ce gouvernement prend l’argent des citoyens honnêtes pour le donner aux colons.

QUI SONT-Ils, ces manifestants enthousiastes, qui viennent apparemment de nulle part ?

Ils sont de la jeune génération de la classe moyenne qui vont travailler, prennent un logement avec un salaire moyen et “ne peuvent pas finir le mois”, comme le dit une expression israélienne. Des mères qui ne peuvent pas travailler parce qu’elles n’ont pas d’endroit où confier leurs bébés. Des étudiants qui ne peuvent pas obtenir une chambre en résidence universitaire ou n’ont pas les moyens de se loger en ville. Et spécialement les jeunes gens qui veulent se marier mais n’ont pas les moyens d’acheter un appartement, même avec l’aide de leurs parents. (Une tente portait l’inscription : “Même cette tente a été achetée par nos parents”).

Si on les poussait, la plupart des protestataires se déclareraient “sociaux-démocrates”. Ils sont à l’exact opposé du Tea Party aux Etats-Unis : ils veulent un État social, ils tiennent la privatisation pour responsable de beaucoup de leurs malheurs, ils veulent que le gouvernement intervienne et agisse. Qu’ils l’admettent ou pas, la véritable essence de leurs exigences et de leurs positions est classiquement de gauche (terme créé pendant la révolution française parce que les adhérents de ces idéaux étaient assis sur le côté gauche pour le président de l’Assemblée nationale). Ils sont l’essence de ce que la gauche signifie (Bien que en Israël, les termes “gauche” et “droite” sont désormais largement identifiés avec les questions de guerre et de paix).

QU’ADVIENDRA-T-IL à partir de là ?

Personne ne peut le savoir. Quand on l’interrogea sur l’impact de la révolution française, Chou En Lai fit une réponse fameuse : “Il est trop tôt pour le dire”. Là nous sommes témoins d’un événement toujours en cours, peut-être même à peine à ses débuts.

Il a déjà produit un énorme changement. Depuis des semaines maintenant, le public et les médias ont cessé de parler des frontières, de la bombe iranienne et de la situation sécuritaire. Au lieu de cela, les conversations portent aujourd’hui uniquement sur la situation sociale, le salaire minimum, l’injustice des impôts indirects, la crise de la construction des logements.

Sous pression, la direction informelle de la protestation a établi une liste de demandes concrètes. Entre autres : construction par le gouvernement de maisons à louer, augmentation des impôts des riches et des sociétés, éducation libre à partir de l’âge de trois mois (sic), une augmentation des salaires pour les médecins, la police et les pompiers, fixation des effectifs des classes à 21 élèves au maximum, fin des monopoles contrôlés par quelques magnats, et ainsi de suite.

Alors où vont-ils ? Il y a plusieurs possibilités, à la fois bonnes et mauvaises.

Nétanyahou peut essayer d’acheter le silence de la protestation avec quelques concessions mineures – quelques milliards par ci, quelques milliards par là. Ceci mettra les manifestants devant le choix de l’enfant indien dans le film sur comment devenir millionnaire : prends l’argent et arrête, ou risque le tout en répondant encore à une autre question.

Ou bien : le mouvement peut continuer à prendre de l’ampleur et imposer des changements majeurs, tels que faire passer la charge de l’impôt indirect à l’impôt direct.

Des optimistes impénitents (comme moi-même) peuvent même rêver à l’émergence d’un nouveau parti politique authentique pour combler le vide béant à la gauche du spectre politique.

J’AI COMMENCÉ par un avertissement, et je dois finir par un autre : ce mouvement a suscité d’immenses espoirs. S’il échoue, il peut laisser derrière lui une atmosphère de découragement et de désespoir – état d’esprit qui conduirait ceux qui veulent chercher une vie meilleure à partir ailleurs.

 

 

Article écrit en hébreu et en anglais le 6 août, publié sur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais “How Goodly Are Thy Tents” pour l’AFPS : SW
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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:54
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http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10959
Des membres éminents des Comités populaires palestiniens de Cisjordanie planifient pour septembre des désobéissances et des troubles civils massifs contre les autorités de l’occupation israélienne, au moment où les Palestiniens présenteront aux Nations-Unies leur dossier pour un État.

"Nous n’arrêterons pas tant que n’aurons pas la liberté et l’indépendance.
C’est écrit sur le mur."

 

« Nous envisageons de descendre en masse dans les rues » déclare à IPS Musa Abu Maria, l’un des principaux dirigeants du Comité populaire de Beit Ummar, une ville à 11 km au nord d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

« Nous allons bloquer complètement les grandes routes qui desservent les colonies illégales d’Israël. Nous marcherons sur les colonies. Mais cela se fera dans la non-violence, les manifestants seront pacifiques.

« Nous avons travaillé à des stratégies créatives pour attirer plus fortement l’attention de la communauté internationale et des médias mondiaux sur l’occupation. Nous nous coordonnerons avec nos sympathisants internationaux en Europe et en Amérique pour que s’amplifie la reconnaissance internationale de la situation difficile des Palestiniens, alors que le vent tourne en notre faveur » poursuit Abu Maria.

Le gouvernement, les agences de renseignements et les forces de sécurité d’Israël se sont préparés pour une éruption des manifestations palestiniennes en septembre et ils s’attendent à ce que l’Assemblée générale des Nations-Unies appuie à une majorité écrasante la candidature palestinienne à l’indépendance.

Les forces de sécurité du pays ont effectué des exercices militaires en préparation d’affrontements massifs. Dans le même temps, la direction politique s’est lancée dans un tour d’Europe pour tenter d’obtenir des « pays européens de qualité » - les propres termes du gouvernement israélien - leur soutien et leur vote contre un État palestinien.

Le gouvernement israélien espère que les membres économiquement et politiquement les plus importants des Nations-Unies se rangeront du côté d’Israël, sachant qu’environ 140 États membres des Nations-Unies, « des pays en voie de développement et du Tiers Monde » entre autres, devraient voter en faveur de la Palestine.

Le gouvernement israélien est si inquiet que lundi il a menacé d’abroger les Accords d’Oslo de 1993 en réaction au projet de l’Autorité palestinienne de septembre. Selon des sources gouvernementales, ce n’est là qu’une des alternatives que le gouvernement israélien envisage pour contrer les pressions politiques.

Les Palestiniens ont le vent en poupe avec leur stratégie.

La semaine dernière, dans une initiative politiquement révolutionnaire, indépendante de l’officielle Autorité palestinienne et de la direction Hamas, plus d’un millier de militants et dirigeants politiques de premier plan, de l’ensemble des forces politiques, ont convergé vers Beit Ummar pour une conférence de trois jours destinée à planifier la stratégie palestinienne pour mettre fin à l’occupation israélienne.

Cette conférence de trois jours s’est tenue en trois villages différents, là où se déroulent les plus fortes manifestations hebdomadaires du vendredi contre l’expropriation de la terre palestinienne au profit des colonies israéliennes illégales.

Des représentants du Hamas, du Fatah, du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et du FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine), parmi d’autres, ont convenu qu’ils appelleraient les leurs à lancer des campagnes de désobéissance civile massives dans toute la Cisjordanie en septembre.

« Nous avons dit aux différents dirigeants que s’ils voulaient faire passer leur propre parti politique avant la libération, ils n’étaient pas les bienvenus dans l’initiative. Mais que s’ils étaient déterminés à œuvrer pour la libération et l’unification de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, politiquement et géographiquement, alors ils avaient notre soutien », a déclaré Abu Maria.

Selon Younis Arrar, dirigeant du Fatah, membre de la direction du Comité populaire de Cisjordanie et permanent de l’Autorité palestinienne, l’appui de l’ensemble des dirigeants palestiniens a été acquis.

« Ils feront descendre leurs militants et sympathisants dans les rues par milliers, sur une grande échelle. Nous ne parlons pas des villages palestiniens qui organisent actuellement des manifestations ponctuelles, mais de dizaines de grandes cités, villes et villages palestiniens à travers les territoires qui répondront à l’appel » indique Arrar à IPS.

Et il ajoute :

« Les Israéliens ont plus peur des troubles civils massifs non violents que de toute autre chose. Ils espèrent que nous passerons à la violence, car alors ils pourront user de leur force militaire supérieure pour nous écraser, comme ils l’ont toujours fait. Mais nous nous en tiendrons à une résistance non armée.

« Je crois que les Israéliens vont faire en sorte qu’il y ait au moins quelques victimes, par des tirs tendus de grenades lacrymogènes à haute vélocité ou à balles réelles, comme ils l’ont fait régulièrement dans le passé ».

Certaines des manifestations programmées en Cisjordanie incluent des rassemblements et autres manifestations à vélo, sur des thèmes politiques. Dans le village cisjordanien de Nabi Saleh, les villageois ont monté des tentes, style révolution égyptienne, pour mettre en évidence le vol de leur terre au profit de la colonie israélienne limitrophe de Halamish.

En plus de l’organisation de ces marches et manifestations de masse, le Comité populaire travaille avec différentes organisations populaires en Europe, notamment avec les militants des campagnes de BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions), pour organiser parallèlement des manifestations et marches tout en appelant au boycott économique des biens et produits israéliens.

Abu Maria pense que si la direction palestinienne n’est pas dynamique pour conduire le peuple dans le proche avenir, alors c’est le peuple lui-même qui organisera sa propre révolution. C’est ce qui s’est passé durant la Première Intifada où l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a dû suivre l’exemple de la rue palestinienne quand s’est déclenché le soulèvement en 1987.

Abu Maria : « Je me suis engagé politiquement dès l’âge de 15 ans où j’ai été emprisonné pour la première fois par les Israéliens. J’ai les yeux et les oreilles grands ouverts, j’ai de nombreux contacts et je sais ce que pensent les gens ici. Nous n’arrêterons pas tant que n’aurons pas la liberté et l’indépendance. C’est écrit sur le mur ».

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 15:40

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http://www.monde-diplomatique.fr/2011/02/LEMOINE/20123

 

 

En décembre 2010, le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Guyana puis l’Equateur ont reconnu l’Etat palestinien « à l’intérieur des frontières de 1967 » — rejoignant ainsi le Costa Rica, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, qui l’avaient fait dès sa proclamation, en 1988. Une nouvelle preuve de l’émancipation d’une région où Israël a souvent facilité la mise en œuvre de la politique américaine ?

Par Maurice Lemoine

« Par l’intermédiaire de cette lettre, le Brésil reconnaît l’Etat palestinien, dans ses frontières de 1967 » : ainsi commence le courrier adressé par M. Luiz Inácio Lula da Silva, le 3 décembre 2010, au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Pour spectaculaire qu’elle paraisse, l’annonce ne constitue nullement un précédent. Lorsque, se référant à la résolution 181 (novembre 1947) de l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) proclama, en novembre 1988, la création de cette entité, celle-ci fut immédiatement reconnue, en Amérique latine, par Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et le Costa Rica. Mais on en resta là.

Il faut attendre 2009 — il s’agit ici d’un raccourci — pour que le Proche-Orient refasse spectaculairement surface dans la région. Le 6 janvier, accusant Israël « d’avoir mis en œuvre une utilisation planifiée du terrorisme d’Etat contre le peuple palestinien » lors de l’opération « Plomb durci » à Gaza, le président vénézuélien Hugo Chávez rompt ses relations diplomatiques avec Tel-Aviv, immédiatement imité par la Bolivie, d’où M. Evo Morales fustige le « Conseil d’insécurité » de l’ONU. Le Venezuela échangera des ambassadeurs avec la Palestine dès le mois d’avril suivant.

A Caracas et à La Paz, comme à La Havane ou Managua, nul n’oublie la traditionnelle politique de Tel-Aviv, parfait supplétif de l’Oncle Sam quand celui-ci veut se faire discret. Ainsi lorsque, en 1977, le président américain James Carter interrompt les ventes d’armes au Guatemala, en raison des violations massives des droits humains, Israël prend le relais. Durant l’insurrection sandiniste (1979), ses fournitures à la garde nationale du Nicaragua ne s’interrompront que quinze jours avant la fuite du dictateur Anastasio Somoza.

Officier à la retraite de l’armée israélienne ayant formé et entraîné en Colombie, en 1988, des « narcoparamilitaires », le mercenaire Yair Klein a récemment déclaré que ses agissements étaient à l’époque « approuvés par les gouvernements israélien et colombien (1) ».

Sérieux contentieux avec Israël

En Colombie, pays des massacres et des fosses communes, le ministre de la défense Juan Manuel Santos (aujourd’hui président) a reconnu, en 2008, une étroite coopération : « Le terrorisme se combat surtout et avant tout par le renseignement et, en la matière, Israël peut nous aider et apporter beaucoup (2). »

Liée à l’establishment militaire de Tel-Aviv, l’entreprise de sécurité privée CST Global — pour n’évoquer qu’elle — a passé de très gros contrats avec les gouvernements colombien, péruvien et hondurien, et entraîne leurs forces de répression (3). Bref, il existe un sérieux contentieux entre les forces progressistes du continent et Israël.

C’est toutefois dans un autre registre que les événements se précipitent depuis décembre dernier, l’Argentine, la Bolivie, l’Equateur, le Chili et le Guyana (président en exercice de l’Union des nations sud-américaines [Unasur]) ayant emboîté le pas au Brésil, ainsi, plus tard, que le Pérou, qui, du 13 au 16 février, accueillera le sommet Amérique du sud - pays arabes (ASPA). L’Uruguay et le Paraguay annoncent qu’ils feront de même en 2011.

Tous n’avancent pas du même pas : alors que Brasília, Quito, La Paz et Buenos Aires mentionnent explicitement les frontières en vigueur avant la guerre des six jours (1967) — concernant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est —, le Chili et le Pérou évitent cette claire condamnation de l’occupation. Toutefois, au-delà de cette différence qui n’a rien d’anodin, une combinaison de facteurs explique la convergence entre des Etats aux positions progressistes plus ou moins affirmées et des gouvernements considérés proches de Washington.

Revendiquant un siège de membre permanent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, le Brésil réaffirme son rôle de puissance émergente et expédie une réponse dépourvue d’ambiguïté aux Etats-Unis qui ont accueilli avec dédain sa tentative de médiation, en 2010, en compagnie de la Turquie, dans la crise iranienne.

Une réprobation grandissante

Comme le Brésil, les autres pays de la région ont de bonnes raisons d’envoyer un signe d’amitié aux pays arabes et du Proche-Orient : ils s’ouvrent commercialement à cette partie du monde, depuis le premier sommet de l’ASPA, en 2005. Indépendamment de son alignement sur Washington, le Chilien Piñera doit compter, en interne, avec une communauté palestinienne d’environ quatre cent mille personnes — la plus importante numériquement hors sa sphère d’origine (4). Enfin, il est difficile, même à un pays aussi droitier que le Pérou, de se tenir à l’écart de la dynamique régionale d’intégration.

Comme il se doit, face à cette reconnaissance massive, chacun joue sa partition. Le porte-parole de la Chambre des représentants américaine l’a estimée « contre-productive ». Côté israélien, on dénonce « ces nouvelles manœuvres » entreprises par les Palestiniens. Parfaitement synchrone, la ministre des affaires étrangères colombienne María Angela Holguín a (sans rire) précisé : « Quand il y aura la paix avec Israël, nous reconnaîtrons la Palestine (5). »

Il n’empêche, ce tournant reflète l’indépendance nouvelle de l’Amérique latine et la réprobation grandissante devant l’impasse des pourparlers directs que favorise l’apathie complice des Etats-Unis au Proche-Orient.

Maurice Lemoine.

Journaliste, auteur de Cinq Cubains à Miami, Don Quichotte, Paris, 2010.

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(1) Adriaan Alsema, « Israeli mercenary threatens to blow whistle on Colombian officials », Colombia Reports, Medellín, 21 novembre 2010.

(2) BBC Mundo, 5 juillet 2008.

(3) Au Honduras, les protagonistes du coup d’Etat de juin 2009 ont utilisé du matériel technologique israélien de pointe pour tenter de casser la résistance des partisans du président Manuel Zelaya.

(4) Il existe par ailleurs, dans tous ces pays, une communauté syro-libanaise jouissant d’un statut politique et économique important.

(5) El Tiempo, Bogotá, 1er janvier 2011.

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 18:33

arton1100-727fbJean-Claude Lefort Député honoraire du Val-de-Marne et président de l’association ’’France-Palestine Solidarité’’ était l’un des 16 passagers du « Dignité-Al Karama », bateau qui a été arraisonné dans les eaux internationales le mardi 19 juillet par l’armée israélienne qui l’a encerclé dans les eux internationales.

De retour, en France, il a répondu aux questions de Grégory Géminel, responsable des questions internationales à la Fédération du Val-de-marne du PCF.

Cette violation patente de la liberté de navigation en haute mer et ce kidnapping de militant-e-s pacifistes démontre une nouvelle fois que le gouvernement israélien ne veut pas la paix.


 

 

 

27 juillet 2011


Question : Tu étais l’un des 16 passagers du « Dignité-Al karama » qui vient d’être arraisonné dans les eaux internationales par l’armée israélienne mardi 19 juillet. Avant d’en venir à cet épisode, peux-tu resituer le sens de cette campagne française « Un bateau pour Gaza » ?


Jean-Claude Lefort : En effet, il est très important de bien comprendre l’objet de cette « Flottille internationale n°2 ».

Depuis quasiment un an, au sein d’une coalition française regroupant et unissant 80 associations, organisations et partis – du jamais vu en France, il faut le noter – nous avons décidés de nous inscrire dans la « Flottille internationale n°2 » qui, finalement, a regroupé 12 bateaux avec des passagers venant de 22 pays.

Son objectif était clair : mettre un terme et briser le blocus illégal et absolument inhumain qui frappe depuis plus de 4 ans la population de Gaza et à propos duquel on garde un épais silence ; demander l’application du droit international et apporter de l’aide humanitaire. Notre démarche était citoyenne et non-violente.

Sur cette base, euro par euro, nous avons récoltés des sommes nécessaires pour l’achat et l’envoi de deux bateaux français : le « Louise Michel » et le « Dignité-Al Karama », un petit bateau de 15 mètres battant pavillon français.

Le départ de ces « bateaux de la liberté », accompagnés par deux cargos portant l’aide humanitaire, a été bloqué immédiatement sur décision du gouvernement grec appuyé par l’Union européenne, les USA et même le secrétaire général de l’ONU – décision évidemment saluée avec force par Netanyahu !

Mais c’était sans compter avec notre petit bateau, le « Dignité » qui a réussi à tromper la vigilance des grecs et qui et parti du Pirée, vite repéré naturellement, et rejoint par des garde-côtes grecs en Crète où il avait réussi à aller. A partir de ce moment ses mouvements étaient « encadrés » : il ne pouvait pas sortir des eaux grecques.


Question : Tu étais à bord à ce moment-là ? Comment avez-vous pu rejoindre les eaux internationales ?


Jean-Claude Lefort : Non, je n’étais pas à bord à ce moment. Nous avons alors réfléchi avec des amis étrangers qui n’avaient pas pu partir sur le « que faire ? ». Et nous avons estimé devoir conduire le bateau dans l’île grecque de Castellorizo qui se situe tout à l’Est de la Grèce à 2 ou 3 kilomètres de la Turquie. C’est là que je l’ai rejoint le 14 juillet en passant par Rhodes. Nous étions 16 à bord : 3 membres de l’équipage, 3 journalistes, un grec, un canadien et un suédois. Et donc nous étions 7 Français directement engagés dans cette bataille.

Après des discussions à n’en plus finir, nous avons finalement obtenu, le samedi 16 juillet le « feu vert » pour aller en Egypte. Au terme d’un long voyage en plein centre de la Méditerranée, nous avons, dans la soirée du 18 juillet, jeté dans les eaux internationales, non loin des eaux égyptiennes et de Port Saïd. Et nous avons décidé de partir le lendemain matin à 5 heures pour aller de plein jour à hauteur de Gaza, toujours dans les eaux internationales, pour ensuite aller à Gaza.


Question : Et c’est à ce moment que vous avez été arraisonnés ?


Jean-Claude Lefort : Oui, vers 10h30 du matin nous avons vu surgir cinq bateaux militaires israéliens, dont un lance-missiles. Les communications ont été coupées. Nous étions brutalement plongés dans « le noir ». Puis vers 12 heures, 7 bateaux commandos, avec 150 hommes à bord, encagoulés et armés jusqu’aux dents, sont venus à proximité du bateau pour lui intimer l’ordre d’arrêter. Nous étions dans les eaux internationales. Nous avons protesté depuis notre bateau, les mains en l’air, et l’ami suédois, juif, a sorti son saxophone et a joué une vielle musique de la culture juive. Tout cela a sidéré les israéliens qui ont reculé. On avançait donc vers Gaza, toujours dans les eaux internationales. Puis l’attaque a eut lieu. Une heure après. Les commandos sont revenus et ils ont réussi à monter à bord, neutralisant le bateau. Ils nous ont regroupés, mains levées, à l’intérieur du bateau. Ils nous ont ensuite conduits sur le lance-missiles. Puis, tandis que nous étions en fond de cale emprisonnés, ils nous on amené dans le port israélien de Ashdod. Le « Dignité » nous suivant et étant bloqué dans ce port.


Question : C’est donc clairement un acte de piraterie qui a été commis ?


Jean-Claude Lefort : Oui totalement ! C’est un acte de piraterie d’Etat caractérisé, puisque sous pavillon français notre petit bateau se trouvait dans les eaux internationales. Un acte illégal de piraterie doublé d’un kidnapping des passagers tout aussi illégal.


Question : La France a condamné ces actes ?


Jean-Claude Lefort : Absolument pas ! Rien. Incroyable tout de même. On a laissé faire les violeurs du droit international et emprisonnés ses défenseurs pacifiques sans que cela ne conduise à la moindre condamnation d’Israël par la France ! C’est une prime à l’impunité qui a été donnée, et c’est plus que révoltant. D’autant que nous avons tous été expulsés d’Israël mercredi 19 au titre que nous avions voulu y pénétré illégalement ! Franchement s’il est un endroit où nous ne voulions pas aller c’était bien en Israël. On nous a contraints à y aller. Et la seule « aide » reçue par nos autorités à été l’envoi de la Consule générale de Tel-Aviv dans notre prison qui s’est inquiétée sur le fait de savoir si nous avions été maltraités ! Point final.


Question : Comment poursuivre l’action pour Gaza et plus généralement ?


Jean-Claude Lefort : D’abord, un point essentiel : avec cette affaire nous avons gagné ! Les retombées médiatiques mondiales ont été importantes. On a parlé plus que jamais de Gaza. Même la presse israélienne dit que c’est nous qui avons gagné « la guerre des images ». Une coquille de noix, 16 personnes, et Israël qui déploie des moyens militaires disproportionnés tout simplement parce que nous les avons déjoués et surtout parce qu’ils ne veulent surtout pas que l’action citoyenne se mêle du conflit du Proche-Orient, devienne un paramètre politique de l’équation. Là est le cœur du problème. D’où leur hargne.

Naturellement que nous allons poursuivre pour briser le blocus de Gaza. Et sans attendre, car c’est une échéance vitale, il faut obtenir que la Palestine, dans ses frontières de 67 avec Jérusalem-Est comme capitale, soit admise à l’ONU. C’est l’objet de l’Assemblée générale de l’ONU qui se tiendra en septembre prochain. La France n’a pas dit qu’elle le ferait. L’Union européenne non plus. Les USA sont hostiles. Mais une première étape peut et doit être franchie : que deux tiers des Etats membres de l’ONU votent cette admission. Dont la France.

J’ai dit que ce qui fait le plus peur à tous ces Messieurs, c’est l’intervention citoyenne car elle est la seule en mesure de débloquer la situation. Il faut donc redoubler d’efforts pour que notre pays et l’Union européenne votent en faveur de cette admission de la Palestine à l’ONU. C’est là le centre du problème dans la période actuelle. A nous tous, dans le plus large rassemblement, de nous investir dans cette action. La Palestine doit être le 194ème membre de l’ONU ! C’est le plus court chemin pour aboutir à la paix. Une paix basée sur le droit et bénéfique aux deux peuples.


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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 19:55

2706-Henning-Mankell-A.jpgAprès la tentative de mai 2010 violemment stoppée par Israël (9 morts), une nouvelle "flottille de la liberté" doit appareiller de Grèce ces jours-ci pour apporter de l'aide humanitaire à Gaza. L'écrivain suédois Henning Mankell sera à bord, comme en mai dernier. Il explique le sens et l'importance que cette démarche a pour lui.

 

 

La "flottille pour Gaza" est une grande action de solidarité qui fait beaucoup réagir, et par conséquent beaucoup de choses arrivent. Des gens me transmettent des messages griffonnés sur des bouts de papier. La dernière fois que cela s'est produit, c'était dans le train entre Stockholm et Göteborg. Une femme entre deux âges m'a glissé un bout de papier entre les doigts au moment où je passais, une tasse de thé à la main. On pouvait y lire : "Il est important que cela soit fait." Ou bien des gens m'arrêtent dans la rue. Ils me parlent normalement, sans baisser la voix. Les marques de sympathie pour l'initiative prennent bien des formes, et les plateaux s'équilibrent sur la balance entre ceux qui, d'un côté, expriment en secret leur répugnance et leur désespoir face à la situation et ceux qui, de l'autre, affichent ouvertement leur sympathie pour cette action.

Mais qu'est-ce qui me pousse à monter à bord ? Pourquoi la flottille pour Gaza ? Pourquoi grimper à bord d'un cargo, pourquoi ne pas se contenter de dire sa compassion avec des mots ? Pourquoi ne pas rester à terre ?

Une des réponses pourrait prendre la forme suivante : j'essaie de mettre en pratique une sorte de credo intellectuel selon lequel "ce sont les actes qui viennent étayer les mots, et non l'inverse". Naturellement, écrire aussi est un acte, et un acte important. August Strindberg disait que les mots étaient "en [son] pouvoir". Mais il est rarissime qu'un livre, un article, un tableau ou encore un morceau de musique parvienne à lui seul à changer une réalité politique. Il est rare qu'un livre ait un impact aussi fort que le Printemps silencieux de Rachel Carson, par exemple [ce livre de 1962, qui traitait des effets négatifs des pesticides sur l'environnement, et plus particulièrement sur les oiseaux, a contribué à lancer le mouvement écologiste dans le monde occidental]. J'ai tendance à tenir le raisonnement inverse et à penser que l'on ne peut rien changer sans la culture et sans la conscience intellectuelle.

J'estime donc qu'il est également de ma responsabilité d'intellectuel de m'exprimer par d'autres moyens. Ces moyens peuvent être de différentes natures. Cela peut être, par exemple, comme aujourd'hui – ou comme l'année dernière – de participer activement à une traversée dont l'objectif est de briser le blocus illégal de la bande de Gaza.

Quelles sont les raisons qui me poussent à monter à bord ? La première est bien sûr que le blocus israélien est une violation flagrante du droit international. Les agissements d'Israël sont contraires à toutes les définitions internationales du droit. Ce faisant, Israël rejoint le camp des dictatures militaires et des régimes totalitaires.

Je n'ai pas besoin d'entrer dans le détail des incidences de ce blocus. Elles sont suffisamment et tristement connues. Mais ce qui est plus grave encore est que ce blocus ruine tous les espoirs d'une solution future pour les peuples palestinien et israélien. Le fait que les Israéliens ne s'en rendent pas compte est à mes yeux l'un des plus grands mystères de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Ne voient-ils vraiment pas ce qui est bon pour eux ? Où se situe leur intérêt ? Pourquoi creusent-ils le trou dans lequel ils tomberont tout seuls ?

Devant cette situation, la flottille pour Gaza fait la proposition suivante : brisez le blocus, refusez d'accepter cette violation du droit international pour envoyer un message clair aux peuples du monde entier et à leurs dirigeants politiques ; traduisez vos discours en actes ; faites le nécessaire pour que cesse ce répugnant blocus.

Dans le même temps, cette action envoie un autre message aux Palestiniens : vous n'êtes pas seuls ; quelqu'un vous voit et vous entend.

En tenant ce discours, on peut dire que je prends place sur la passerelle. Mais je ne suis pas encore à bord. Je suis également très sensible à l'axiome selon lequel "personne ne sera véritablement libre tant que tous les hommes ne seront pas libres". Bien sûr, on peut penser que c'est une chimère d'idéaliste. Mais, pour moi, c'est une vérité complètement élémentaire. Naturellement, je n'imagine pas voir ce jour de mon vivant. Ce que je peux voir, en revanche, c'est une amélioration de la situation par rapport à ce qu'elle est aujourd'hui ! Se révolter face à l'oppression est un droit immuable et intemporel.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2011/06/27/je-veux-contribuer-a-briser-le-blocus-illegal-de-gaza

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 10:17

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J’ai un petit frère. Salah est son nom
Pas eu le temps de le connaître, il est en prison

Il pensait fraternité
Le voilà enfermé
Coupable. Ils ont dit !
En taule Israélienne, il croupi

J’ai un petit frère. Salah est son nom
Pas eu le temps de le connaître, il est en prison

Français et palestinien il est
Moi j’ai honte aujourd’hui d’être « Français »
Quand ton frère est innocent
Peux tu accepter qu’il devienne le jouet des puissants

J’ai un petit frère. Salah est son nom
Pas eu le temps de le connaître, il est en prison

Quand des enfants jettent des cailloux
Parce que Israël est un état voyou
C’est pas beau un peuple humilié
Quelle tristesse de voir le droit des peuples souillé

J’ai un petit frère. Salah est son nom
Pas eu le temps de le connaître, il est en prison

De générations en générations
Ils ont gardé la tête haute. Pas de résignation
De massacres en plomb durci
Ça ne fait pas des générations de gentils

J’ai un petit frère. Salah est son nom
Pas eu le temps de le connaître, il est en prison

Des pierres contre des fusils
Des enfants désarmés contre des fusils
Souffrance en guise d’héritage
Un flingue en face, tenu par un soldat te fait grandir avant l’âge

J’ai un petit frère. Salah est son nom
Pas eu le temps de le connaître, il est en prison

Je vois sa photo, je vois sa mère en vidéo
Rien à la télé, silence radio
Salah perd sa jeunesse en prison par déraison,
La déraison d’état, de tous les états, à toujours raison

J’ai un petit frère. Salah est son nom
Six ans de cachot, la déraison d’état tourne à fond. Il est en prison

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 19:06


 

Paris, le 3 juin 2011


L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) prend acte positivement de l’entretien accordé le 3 juin par Alain Juppé aux parents de Salah Hamouri, jeune Franco-Palestinien détenu arbitrairement depuis mars 2005 par les autorités israéliennes et condamné à sept ans de prison suite à un procès inique. L’AFPS rappelle que le tribunal militaire israélien qui a a jugé Salah Hamouri n’a jamais apporté la moindre preuve du principal chef d’accusation, à savoir une intention supposée d’assassiner une personnalité religieuse israélienne.

« Salah Hamouri est détenu depuis plus de six ans sans que le tribunal militaire qui l’a jugé n’ait jamais pu produire une quelconque preuve démontrant sa culpabilité. Il devrait être libre » a déclaré Jean-Claude Lefort, président de l’AFPS et coordinateur du Comité de soutien à Salah Hamouri. « Salah n’est pas un criminel, mais la victime de l’occupation et d’un simulacre de justice » a-t-il ajouté.

Ce jeune Franco-Palestinien est accusé d’avoir eu l’intention de participer à un complot visant à assassiner le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti Shas et d’appartenir à un mouvement de jeunesse proche du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP) – organisation qualifiée de terroriste par Israël bien que membre de l’OLP. Compte tenu de l’absence totale de preuve, le tribunal militaire israélien par lequel il a été jugé a établi un "délit d’intention", délit qui n’a aucune base légale. Cette intention même n’a jamais été prouvée, ce qui confirme son innocence.

Dans une lettre en date du 31 mars 2011, Alain Juppé a reconnu que les aveux de Salah Hamouri – marchandés contre une peine moins importante que celle initialement requise – n’avaient été corroborés par aucun élément de preuve, et déclaré que le choix de Salah Hamouri de ne pas solliciter de demande de grâce était une « attitude respectable. »

Après cette rencontre, il reste une question majeure qui n’est toujours pas réglée, et ceci alors que Salah Hamouri est en prison depuis plus de six ans, à savoir sa libération. Il n’y a pas d’alternative : Salah doit être libéré sans condition, afin de pouvoir retourner vivre chez lui, à Jérusalem.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:30

A.pngAprès la guerre de 1948, des centaines de milliers de Palestiniens avaient pris le chemin de l’exil. Emile Habibi avait choisi de rester dans sa ville natale qu’il aimait tant : «La faute la plus impardonnable que les Palestiniens avaient commise dans toute leur histoire c’était d’avoir quitté leur pays lors de la guerre de 1948.
99% d’entre eux croyaient que les régimes arabes allaient les aider à revenir. Tous les partis politiques avaient nourri cette illusion, sauf les communistes. Quant à moi, j’ai compris dès le début que partir était un vrai suicide !».
Elu en 1952 comme représentant du parti communiste israélien (Rakah) à la «Knesset», Emile Habibi y restera jusqu’à 1972.

Au cours de ces 20 années, il avait déployé des efforts considérables pour alléger les souffrances infligées à son peuple, dénonçant la politique de l’Etat hébreu colonialiste et raciste. En 1967, une nouvelle tragédie s’abattit sur les Palestiniens. Israël avait occupé le reste des territoires tout en infligeant une cuisante défaite à toutes les armées arabes. Essayant de conserver le moral devant ce nouveau désastre, Emile Habibi se réfugia dans la littérature: «Jusque-là, j’ai toujours sacrifié le littéraire au politique croyant que ce choix allait permettre à mon peuple de retrouver sa patrie perdue. Mais après la défaite de 1967, j’ai senti que tous mes rêves et mes espoirs furent brûlés d’un seul coup. Alors je me suis enfermé chez moi, essayant de trouver dans la solitude un remède pour mes angoisses. Peu à peu, je me suis aperçu que la littérature pourrait me sauver. C’était à la suite de cette prise de conscience que j’ai commencé à écrire Al-Moutachaël».
A son apparition, Les aventures extraordinaires de Saïd le peptimiste a été salué par la critique arabe comme un chef-d’œuvre de la littérature arabe. Le protagoniste de cette superbe chronique est un Palestinien qui avait vécu la plupart des tragédies que son peuple avait affrontées depuis la création de l’Etat hébreu en 1948. Pour la première fois, un auteur palestinien osa transgresser la dichotomie (L’israélien méchant, le bon palestinien) chère jusque-là aux écrivains.
Emile Habibi avait préféré présenter le drame palestinien sous un autre aspect : celui de l’humour noir et de la fantaisie qui prend l’allure des Mille et Une Nuits. Saïd (qui veut dire l’homme heureux en arabe) Abi Annahs (qui veut dire le malheureux), est un Palestinien hypocrite, lâche, menteur de la pire catégorie, aimant sa patrie mais n’hésite pas à la trahir pour sauver sa peau ou les quelques biens qui lui restent. Comme Le brave soldat chvéik de l’écrivain tchèque Hasek, Saïd Abi Annahs est un personnage burlesque. Partout, que ce soit face aux soldats israéliens, sous les bombes des canons, voyant la mort faucher ses proches, ses amis ou son âne, sa seule fortune, il triomphe toujours grâce à sa naïveté et à son optimisme invincible. Il ne fait pas la mauvaise tête car son secret est l’excès de zèle: «L’une des choses essentielles que j’ai apprises de mes activités politiques au sein des larges masses était que le simple citoyen n’est pas un héros et ne veut pas l’être. Son ultime désir c’est de manger, d’avoir du travail, une famille et une maison. Voilà tout ce qu’il veut. Mais quand les intellectuels écrivent sur lui, ils lui collent un héroïsme qui lui est étranger. C’est pour cette raison que dans mon roman, j’ai choisi un homme simple qui trahit, qui ment et qui se laisse déshonorer tout en gardant son calme et son optimisme. De Jahiz et de certains écrivains arabes classiques qui ont excellé dans l’art de la satire et de la fable, j’étais influencé dans ce roman par le Tchèque Hasek et par l’Espagnol Cervantès».

Pour Emile Habibi, l’humour noir, qui caractérise la majorité de ses écrits, est le seul moyen d’alléger les souffrances que le peuple palestinien endure depuis la tragédie de la guerre de 1948. C’est aussi un stimulant pour l’aider à récupérer par le rire ses forces anéanties par l’ennemi car en temps de détresse, le rire est nécessaire…
Emile Habibi est parti pour toujours, emportant avec lui un seul regret : celui d’avoir laissé l’écrivain passer après le militant. Sentant la mort très proche, et désirant rester attaché à sa ville natale, il avait demandé qu’on écrive sur son tombeau: «Emile Habibi demeure à Haïfa !»

Hassouna MOSBAHI

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