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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 14:17

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Nous, Palestiniens, avons suivi avec beaucoup d’intérêts les événements qui se sont déroulés ces deux derniers mois en Tunisie et en Egypte et nous avons salué la victoire de la révolution populaire pour le changement, la démocratie, et la justice sociale dans ces deux pays.

Très attentifs ces dix-huit derniers jours à l’évolution de la situation en Egypte , pays voisin, pays ayant des relations particulières avec les différentes tendances politiques du nôtre, pays qui a un rôle clé au proche Orient, nous avons remarqué l’intérêt particulier de la communauté internationale officielle- Nations-Unies, Etats-Unis, Europe et autres - à la situation en Egypte, demandant presque tous les jours le départ du président et le respect de la volonté du peuple d’entrer dans une nouvelle ère. Une ère de démocratie.

C’est donc, au nom du respect de la volonté populaire, au nom des principes humains, mais surtout au nom du respect de la démocratie, que ces puissances politiques ont réclamé le changement du système en Egypte, système qui a, selon eux, violé les droits fondamentaux du peuple égyptien, et qui a instauré dans ce pays la corruption et l’injustice.

La question se pose : pourquoi cette communauté reste-t-elle souvent silencieuse lorsqu’il s’agit des violations permanentes par Israël des droits les plus fondamentaux des Palestiniens ?

 

Israël est un état colonial, créé sur le massacre d’une partie de la population palestinienne. Il continue de bâtir des colonies, et ce de façon illégale, sur des territoires reconnus occupés par les résolutions des Nations-Unies et personne ne bouge !

Depuis sa création en 1948, Israël pratique, en toute impunité une politique de déportation, de racisme, d’assassinat envers les Palestiniens.

L’Etat d’Israël a créé le problème des refugiés Palestiniens qui vivent dans des conditions humanitaires épouvantables dans les pays voisins.

Cet Etat continue au vu et au su de cette communauté internationale, à produire toutes sorte d’armes nucléaires, chimiques et biologiques, et c’est grâce à cet armement qu’il tient en otage tous les peuples de la région.

L’Etat d’Israël est le seul Etat qui n’a jamais appliqué aucune résolution des Nations-Unies, et cela, encouragé par les grandes puissances internationales.

Ce sont souvent la droite et l’extrême droite qui dirigent cet Etat raciste et colonial, sans aucune réaction de ces Etats dits libres, qui prétendent lutter contre le racisme et l’apartheid.

L’Etat d’Israël traite les citoyens arabes qui y vivent comme des citoyens de seconde zone, ils les privent de beaucoup de leurs droits civiques et politiques, et l’Occident le considère comme la seule démocratie au Proche-Orient. Quelle démocratie ! Quelle hypocrisie !

Cet état a assassiné en octobre 2000, 13 de ses citoyens arabes solidaires de la deuxième Intifada déclenchée par les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.

Israël a construit un mur, mur de la honte et d’apartheid qui sépare les villageois palestiniens de leur terre , les élèves de leurs écoles, et malgré tout cela, aucune organisation internationale n’a osé dénoncer cette construction illégale, malgré la chute saluée par elles, des tous les murs, comme le mur de Berlin .

Israël a installé partout en Cisjordanie des centaines de check-points, qui rendent la vie des Palestiniens de plus en plus difficile.

Israël impose depuis plus de quatre ans, un blocus inhumain à un million et demi de Gazaouis, avec des conséquences mortelles pour la population civile, sous le silence complice et bienveillant de cette communauté internationale officielle.

Israël a enfermé, dans des prisons et des centres de détentions, plus de dix-mille palestiniens qui y vivent dans des conditions inhumaines. Parmi eux, des enfants et des femmes.

Pendant plus de dix-jours, en 2009, Israël a mené dans la bande de Gaza une guerre sans merci contre une population affamée en utilisant des armes interdites, en perpétrant des crimes de guerre, sans entendre le mot : « Arrêtez cette guerre » de la part des puissances internationales. Ces massacres s’ajoutent aux massacres de Sabra, Chatila, et Jenin.

Maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : massacres, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue trop longue. Le comportement de cet Etat qui pratique le terrorisme d’état contre le peuple palestinien est souvent encouragé et soutenu par cette communauté qui prétend aider la population arabe à trouver la liberté et la démocratie.

Israël ne respecte pas les conventions internationales dans les territoires palestiniens, , le droit international y est  bafoué, nombreuses sont les entraves à la démocratie,  on y assiste quotidiennement à l’injustice, aux violations des droits de l’homme, et la communauté internationale ne réagit pas.

Le temps n’est –il pas venu pour cette communauté internationale de changer sa politique de "deux poids, deux mesures "au Proche-Orient et essayer d’imposer néanmoins l’application du droit international ?

Cette communauté qui soutient les massacres, le terrorisme d’Etat d’ Israël,  doit assumer sa responsabilité et dénoncer les violations israéliennes des droits de Palestiniens.

Après ces révolutions successives dans le monde arabe, avant que les choses n’explosent en Palestine contre les mesures de l’occupation, et pour sa crédibilité, la communauté internationale doit respecter ses engagements, imposer avant tout le respect de l’application des résolutions des Nations-Unies et répondre à notre demande, une demande très simple : nous voulons la paix, oui, une paix dans la justice.

Les Palestiniens qui ont beaucoup souffert et continuent de souffrir des pratiques anti-démocratiques appliquées par Israël, espèrent un changement de la part de la  communauté internationale, ils souhaitent une révolution dans ses décisions et réclament la justice, la justice, rien que la justice.

Cette communauté internationale aveugle et silencieuse ne réalise pas que les peuples arabes s’inspirent, dans leurs révoltes, de la Palestine et de ses habitants, des deux Intifadas et de leur résistance, qui sont pour eux un modèle sur lesquels ils s’appuient pour leurs revendications.

Nous sommes pour une paix juste et réelle dans notre région, une paix dans la justice, et si cette communauté internationale veut vraiment nous aider à être rattachés aux principes de la démocratie et de la paix, elle doit appliquer la justice.

Source : Palestine Solidarité

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 21:53

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Le nouveau ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a prévenu qu’il s’engageait à « ouvrir le dossier de Salah Hamouri ». Cette annonce a été faite au cours d’une séance du conseil municipal de Bordeaux, lundi, au lendemain de sa nomination à la tête de la diplomatie. En janvier, celui qui n’était alors que ministre de la Défense avait été interpellé par les communistes pour demander qu’il intervienne pour la libération de Salah Hamouri, jeune Franco-Palestinien prisonnier politique en Israël. Le maire de Bordeaux avait alors indiqué « ne pas connaître le dossier ». Lundi, l’élu municipal communiste Vincent Morin, qui relayait une lettre du coordinateur départemental du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), Vincent Boivinet, a « bien pris note que le ministre de la Défense ne connaissait pas le dossier » et demandé « ce qu’en pensait le nouveau ministre des Affaires étrangères ». Alain Juppé a dit s’engager « à ouvrir le dossier ».

Hier, le secrétaire général des jeunes communistes, Pierric Annoot, a écrit une lettre au ministre pour lui « réclamer une action résolue (...) du gouvernement français en faveur de Salah Hamouri ». Au passage, il rappelle les « timides murmures clandestins de Jean-David Levitte » (voir l’Humanité de lundi). En juin dernier, ce conseiller spécial de Nicolas Sarkozy avait annoncé que la France prendrait le dossier à bras-le-corps. Mais il avait demandé au comité de soutien de Salah Hamouri de n’en rien faire savoir, pour ne pas froisser Israël.

Gaël De Santis

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 21:10

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Salah Hamouri est un jeune homme franco-palestinien détenu dans les prisons israéliennes depuis 2005. Il est accusé d'appartenir à l'organisation résistante FPLP (une formation palestinienne laïque et marxisante) et d'avoir voulu assassiner le rabbin ultra-orthodoxe Ovadia Yossef (fameux auteur des lignes que voici : "Puissent-ils disparaître de la Terre. Puisse Dieu envoyer un fléau aux Palestiniens, ces enfants d’Ismaël, ces vils ennemis d’Israël."). Puisqu'il n'est pas membre de cette organisation, un "délit d'intention" a été constitué par un tribunal militaire. Aucune preuve tangible n'a pu être avancée, Salah Hamouri ayant été interpellé tandis qu'il passait en voiture, avec un ami, dans la rue du rabbin. "Les enquêteurs n'ont trouvé aucune arme et aucun élément susceptible de prouver qu'ils étaient décidés à passer à l'acte." a fait savoir une avocate israélienne des droits humains.

Le gouvernement français a été sollicité à ce sujet à de nombreuses reprises. Nicolas Sarkozy a refusé de recevoir la famille du détenu.
Ce qui est d'abord à noter dans cette affaire n'est pas le chef d'inculpation en lui-même, mais le traitement politique de ce citoyen français.

Un autre bi-national (cette fois franco-israélien), Gilad Shalit, est retenu depuis 2006 par le Hamas, dans le bande de Gaza. Il a été capturé dans l'exercice de ses fonctions de soldat. Et si l'on peut toujours déplorer la captivité d'un individu, elle est à remettre dans un contexte militaire précis : celui d'un caporal participant à une politique d'occupation.
Nicolas Sarkozy a appelé à sa libération. Le caporal a été fait citoyen d'honneur de la ville de Paris en 2008 (la même demande pour Hamouri fut rejetée), de Rome, de Miami et de la Nouvelle-Orléans. Le pape Benoît XVI a reçu la famille. En 2010, Nicolas Sarkozy a fait lire un communiqué d'un ambassadeur français à Jérusalem, dénonçant son statut "d'otage". En 2011, Michèle Alliot-Marie, recevant le père de Shalit, a parlé de "crime de guerre".

Sans remonter jusqu'à Clotilde Reiss, cette journaliste française arrêtée en Iran en 2009 (accusée d'espionnage) qui fit bouger toute la classe politique, il est intéressant de suivre le traitement politique réservé à Florence Cassez, - française condamnée par la justice mexicaine, en 2009, pour enlèvement et séquestration (et arrêtée elle-aussi en 2005). Nicolas Sarkozy a reçu les parents de Cassez et vient d'annoncer qu'il dédiait l'année du Mexique à cette détenue. "Nous n'abandonnerons pas Florence Cassez." a, de son côté, expliqué la ministre Alliot-Marie, tout en affichant son refus de prendre part à ladite année du Mexique.

En janvier, cette même ministre déclarait, au sujet d'Hamouri : "Il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un État souverain."

Il y a quelques semaines, la mère de Salah Hamouri s'est adressée à elle, par une lettre ouverte : "Je ne vous supplie pas de me recevoir. J’ai ma dignité, vous avez des responsabilités éminentes. Je suis fidèle à la mienne. L’êtes-vous aux vôtres ? Malheureusement : non."

On se souvient que l'acteur François Cluzet, sur un plateau de télévision, avait déclaré : "Il est franco-palestinien et il est en prison depuis quatre ans en Israël pour délit d'opinion, simplement parce qu'il a dit qu'il était contre la colonisation. Personne n'en parle !" Le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme avait alors saisi le CSA, et Jean-François Copé, en face de lui, avait répondu qu'il ne connaissait pas ce dossier...
http://maxleroy.blogspot.com/2011/02/salah-hamouri.html
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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 23:09

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Rencontre débat Palestine Checkpoint


Présentée par la mairie du 2ème arrondissement, à 19h30, salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan (75002), Métro Sentier


La pièce sera suivi d’un débat organisé par la CCIPPP avec Florent Schaeffer (Palestinian Medical Relief Society et Palestine Monitor en Cisjordanie de 2006 à 2008) Paguy Shako (secrétaire général d’Immigration Développement Démocratie IDD - réseau "Jeunes - Jadid" / tête de réseau, a participé en octobre-novembre 2010 à la 166ème mission civile en Palestine).

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:49

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Nicolas Falez, RFI

 
La situation en Egypte préoccupe les pays arabes de la région, et notamment les Palestiniens de la bande de Gaza. Car l’Egypte, c’est leur seule ouverture vers l’extérieur, depuis le blocus imposé par Israël à ce territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, et qui partage une frontière d’une douzaine de kilomètres avec l’Egypte. Or, depuis plusieurs jours désormais, le point de passage de Rafah est fermé.

Ils sont désoeuvrés, ces hommes des services de sécurité du Hamas qui gardent le terminal de Rafah, le seul point de passage entre la bande de Gaza et l’Egypte. Un point de passage qui n’a pas vu un voyageur depuis une semaine environ.

« D’habitude, il y a environ 500 personnes qui passent chaque jour, nous dit le garde.Mais ça s’est arrêté d’un coup avec les évènements en Egypte ».

Rafah, c’était une porte entrouverte sur le monde extérieur, notamment pour des Gazaouis ayant besoin de recevoir des soins médicaux à l’étranger. Non loin du terminal, il y a les centaines de tunnels de contrebande entre Egypte et Gaza qui permettent aux Palestiniens d’importer des produits dont Israël refuse toujours l’entrée.

Des tonnes de ciment, de tiges de fer et de gravier sortent encore des galeries souterraines. Mais debout sur son tas de cailloux de contrebande, cet homme nous raconte que la situation en Egypte affecte le flux de marchandises et que les prix augmentent.

Et puis, chose encore impensable, il y a quelques jours les tunnels ont commencé à fonctionner en sens inverse : « On a parlé avec les Egyptiens de l’autre côté, ajoute le Gazaoui, ils ont vraiment des problèmes, alors on leur a fait parvenir de la farine, des pommes de terres, et de l’essence pour les voitures ».

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:27
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Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt

L’humiliation est quelque chose de subjectif ; cela dépend de nos représentations personnelles. Pour moi par exemple, ce qui me semble le plus humiliant ce n’est pas qu’ils aient pissé sur lui mais qu’ils l’aient mis tout nu. Au début, le père de Mohammad avait honte de nous dire qu’ils lui avaient pissé dessus. Il ne pouvait pas prononcer ces mots là tout haut, je crois que pour lui c’était la chose la plus humiliante qu’ils aient faite à son fils.

Quel genre de personnes, je me demandais, appréhendent un enfant de 13 ans et le torturent de la sorte ? Et puis je me suis répondu : à peu près n’importe quel soldat israélien. N’importe quel soldat de l’armée israélienne se conduit ainsi avec les Palestiniens. N’importe qui, en fait, si les règles locales le permettent.

La première fois que je l’ai vu, c’était dans le hall numéro deux de la Cour militaire de "Ofer". C’est là qu’on juge les enfants : 20, 22, 23 enfants par jour. Les enfants et les adolescents arrivent par groupes de deux, trois et parfois quatre, en tenues de prisonnier marrons, leurs pieds entravés, menottés à l’enfant suivant.

Je l’ai tout de suite remarqué parce qu’il avait les cheveux joliment bouclés, l’air très jeune et parce qu’il pleurait. Je ne veux pas dire que les autres enfants ne pleurent pas, du moins les plus jeunes. Mais, d’après ce que j’ai vu, ils pleurent rarement ouvertement ; lui, il n’essayait même pas de retenir ses larmes ni de les cacher.

Le plus souvent ils sont conduits devant la Cour militaire pour qu’elle statue sur la prolongation de la garde. C’est la procédure, même pour les enfants. Peu importe ce dont ils sont accusés et la nature des preuves qui ont conduit à leur arrestation. De fait, quel que soit le rôle de cette Cour militaire, ce n’est certainement pas de trouver la vérité ni de décider de la punition adéquate. Surtout quand on sait que les arrestations sont effectuées au milieu de la nuit, généralement sur simple dénonciation de quelqu’un qui n’est souvent qu’un enfant lui-même. Ils sont accusés le plus souvent d’avoir lancé des pierres ou des cocktails Molotov improvisés. Et cela suffit pour les arrêter sans leur donner même la faculté d’être libérés sous caution, jusqu’à la fin de la procédure. Qui dure plusieurs mois. Au moins trois. Puis un jour on les juge et on les déclare presque toujours coupables. C’est le chef d’accusation qui tient lieu de preuve.

Et d’ailleurs, même si on admet que jeter une pierre sur l’occupant est un crime et qu’un enfant qui lance des pierres est aussi coupable qu’un adulte et même qu’une pierre est aussi dangereuse qu’une balle de revolver - même une pierre qui n’a atteint personne - même si on admet que tout cela est vrai, reste qu’on ne peut jamais savoir ce qui est arrivé exactement. Et ce n’est pas un échec ni une erreur du système, car la recherche de la vérité n’est tout simplement pas le but ici. Parce que la Cour est un outil de l’Occupation qui n’a qu’un seul but : opprimer, persécuter et dominer. Rien d’autre.

Quoiqu’il en soit, ce jour-là, comme beaucoup d’autres, des groupes d’enfants furent amenés les uns derrière les autres, attachés les uns aux autres, la plupart arborant un grand sourire malgré tout. C’est que cette grotesque comparution destinée à prolonger leur garde (et dont le but principal est de donner aux forces d’occupation le temps de briser et d’écraser ces enfants pour en faire des collaborateurs) est pour ces jeunes la seule occasion de voir leur famille. Et voilà le petit Mohammed Mukheir, qui ne sourit pas à ses parents, qui ne fait pas de signes, et je ne sais pourquoi nos coeurs se sont arrêtés et se sont déchirés en le voyant. Et encore, c’était avant d’apprendre ce qu’ils lui avaient fait subir. Son regard, doux et craintif, ses boucles enfantines, ses grands yeux débordants de larmes révélaient l’état de son âme. Et tout se déroula comme d’habitude. Le garde lui enleva les chaînes et il s’assit. Il y avait quelques enfants un peu plus vieux avant lui, et la cour avait pris du retard. Ce qui permit au moins aux enfants de parler avec leur famille dans la mesure où les gardes et les soldats les y autorisaient. Tous bavardaient sauf Mohammed. Il portait une chemise à manches courtes et tremblait de froid et il ne parlait pas, il ne faisait que pleurer. Et sa mère ne pouvait pas non plus s’arrêter de pleurer. Et c’est inhabituel, car les mères pleurent surtout après la comparution. Quand leurs enfants sont emmenés. Et le père, pour ne pas devenir fou, ne cessait de composer un numéro de téléphone virtuel sur sa main en murmurant à l’enfant de ne surtout pas l’oublier. Mais les lèvres de l’enfant étaient figées. Seules ses larmes coulaient.

Et puis ce fut son tour et l’interprète lui dit de se lever et il le fit. On lut son nom. Puis on lui dit de s’asseoir et il le fit. Ses yeux ne voyaient rien et il avait l’air d’avoir bien moins de 13 ans. Peu de temps après la juge dit qu’il y aurait une autre comparution dans 15 jours et le garde ordonna à l’enfant de se lever. Il le fit. Ses yeux et ceux de ses parents étaient rivés les uns aux autres. Alors le garde lui remit les chaînes et lui fit signe de partir. Son visage mouillé de larmes était blanc de terreur.

L’enfant se tenait debout près de la sortie, le garde à côté de lui le pressait d’avancer. Il lança un dernier regard à ses parents, ne pouvait en détacher ses yeux ; sa mère se tordait les mains et son père se décida finalement à lui murmurer : fais toi couper les cheveux. Fais toi couper les cheveux répétait-il tout bas, formant les mots avec sa bouche en montrant sa propre chevelure puis la chevelure bouclée de son fils. Comme s’il pensait que des cheveux courts donneraient une meilleure impression, auraient l’air plus respectable. Mais nous nous pensions le contraire. Qu’il valait mieux que l’enfant reste exactement comme il était. Les cheveux libres et l’air enfantin. Car ses boucles témoignaient du monde qui était le sien, le vrai monde, qu’il ne fallait surtout pas oblitérer. Le monde de l’enfance. Et de cette vulnérabilité jaillissait comme un cri, la réalité de ses droits intrinsèques et inviolables.

Et soudain la juge dit : Pourquoi est-il si peu vêtu ? Les mots résonnèrent dans l’air, leur écho s’évanouissant à mesure que le garde s’éloignait avec lui et disparaissait, et elle n’insista pas. Et les parents assommés se levèrent. La tête basse. Et ils s’en allèrent, courbés, et nous nous sommes dépêchées de les rattraper.

Nous et nos privilèges inviolables, nous continuerons de hanter les couloirs de cette Cour aussi longtemps qu’on nous le permettra.

« Il a menti à sa mère » nous dit Tareq, le père de Mohammed. « Il lui a dit : "Je suis dans le village". Il était avec les autres enfants et je ne sais pas comment c’est arrivé au juste mais des gens m’ont dit qu’ils l’avaient vu dans la jeep des soldats et qu’ils le passaient à tabac... Je savais où ils l’avaient emmené. Il y a une base de l’armée près de la colonie de Beit Horon. C’est à l’entrée de Lower Beit Ur, entre Upper et Lower Beit Ur. Alors j’y suis allé tout de suite et j’ai demandé après lui. Je voulais leur dire que ce n’était qu’un gosse. S’il a lancé des pierres, je l’enfermerai à la maison. Je voulais savoir ce qui lui arrivait. Mais le soldat m’a dit qu’il n’était pas ici. Que je devais essayer de voir s’il était à ’Ofer’. Il m’a dit ça mais je savais qu’il était ici. je leur ai dit je sais qu’il est ici. Ils m’ont dit ’si vous n’êtes pas parti dans les cinq minutes, le soldat va vous tirer dessus’. Ils parlaient du soldat du minaret. Celui qui surveille les alentours. Son fusil était braqué sur moi. Alors je suis parti. »

« A ce moment-là, nous n’avions aucune idée de ce qu’ils étaient en train de lui faire. Nous ne savions rien. C’est seulement plus tard que nous l’avons su. »

« Nous l’avons cherché une semaine entière, jusqu’à ce que nous ayons trouvé où il était » continua le père. « Partout on nous disait qu’il n’était pas là. Maintenant je sais qu’après trois jours à la base il a été emmené à ’Ofer’. Et qu’il y est resté un mois. Après quoi ils l’ont enfermé à ’Rimonim’. C’est une prison pour les femmes et les enfants. Et pendant tout ce mois il nous a été impossible de lui parler. Jusqu’à la comparution devant la Cour. C’est la première fois qu’on le voyait. Il était incapable de parler, il ne faisait que pleurer. Je ne sais pas ce qu’ils ont dit, ils ont parlé d’une autre date, peut-être dans deux semaines. Je ne me rappelle plus. C’est alors que nous avons reçu un coup de fil. De quelque part à Ramallah. Des militants des droits de l’homme. Pour les mineurs. Ils m’ont dit ’Votre fils est en mauvais état. Il a des problèmes aux pieds. Ils lui ont brûlé les doigts avec des cigarettes, avec des armes à feu. Sa mère et moi on a pleuré une semaine entière. On était incapables de manger. »

« Regardez sur Internet, on y parle ce qui lui est arrivé » ajouta-t-il. Il avait du mal à dessérrer les lèvres pour parler. C’était sans doute trop dur pour lui de nous raconter tout ça. Nous avons cherché sur Internet et nous avons trouvé l’article en question :

« Des soldats israéliens ont torturé deux enfants et les ont forcé à boire l’eau des latrines. »

Bab al Arab- 1.11.2010. Le ministre des Affaires des Détenus de l’Autorité Palestinienne, Issa Qaraqa’, a révélé que les soldats d’occupation avaient uriné sur deux prisonniers palestiniens mineurs et les avaient forcés à boire l’eau des toilettes et les avaient photographiés nus après les avoir arrêté et brutalisés.

Selon des sources palestiniennes, Qaraqa’ a confirmé que les mineurs détenus, Mohammed Tareq Abd allatif Mkheimer محمد طارق عبد اللطيف مخيمر, âgé de 13 ans et Mohammed Nasser Ali Raduan âgé de 13 ans lui aussi et élève de 6ième, avaient donné leur témoignage à l’avocate Hiba Massalha du ministère des prisonniers qui leur avait rendu visite dans l’aile des enfants de la prison ’Rimonim’. Ils ont dit que les forces d’occupation les avaient arrêtés en juillet dernier, leur avaient donné des coups violents sur les pieds avec leurs fusils, puis leur avaient entravé les pieds, leur avaient mis des bandeaux sur les yeux et les avaient conduit dans une colonie où ils les avaient forcés à boire de l’eau dans la cuvette des W.C. et les avaient photographiés tout nus, puis ils avaient mis l’air conditionné sur froid dans les toilettes et les avaient laissés 48 heures enfermés dedans sans vêtements.

Les enfants ont ajouté que chaque fois qu’ils essayaient de dormir, les soldats les réveillaient. La chose la plus répugnante que les soldats leur ai fait subir c’est d’uriner sur leur têtes et leurs visages. Selon l’avocate Massalha, ce qui est arrivé à ces mineurs est immonde, et dépasse l’entendement.

De quoi est-il accusé ? avons-nous demandé.

« Seulement de jeter des pierres d’après ce que nous savons » dit Tareq. « Mais maintenant ils ont ajouté un cocktail Molotov aux accusations. Ce n’est qu’un enfant. Il n’a même pas encore de carte d’identité. S’il en avait une ce serait différent mais il est trop jeune.... Cela fait déjà trois mois qu’il est enfermé. C’est assez. Il a été suffisamment puni. Maintenant je veux l’emmener à la maison. Et m’occuper de ses pieds. Des blessures qu’ils lui ont faites avec leurs fusils et leurs cigarettes. Je ne sais pas ce qu’il a aux pieds. A la Cour je lui ai dit de se comporter comme un homme. Mais il ne pouvait pas s’arrêter de pleurer. Il ne dit pas un mot. Il n’appelle pas. Et sa mère n’arrête pas de prendre des cachets. »

« Il y a un ami en prison qui nous appelle et qui nous dit qu’il est malade. Mais notre fils ne nous appelle pas bien que le juge lui ait donné la permission de nous appeler une fois. Mon amis m’a dit qu’ils avaient déchiré le document que le juge avait donné à mon fils pour qu’il puisse nous appeler et qu’ils l’empêchent de nous appeler. Et qu’il a des bleus autour des yeux et que son nez saigne. »

« Et nous n’avons pas le droit de le voir. Ils nous ont dit qu’on ne pourrait le voir que dans deux mois. Et nous ne savons rien. C’est dur de ne rien savoir. C’est une enfant, rien qu’un enfant. »

« Tout ce que nous pouvons faire c’est attendre, rien qu’attendre. »

Mais pourquoi l’avocat n’a-t-il pas parlé au juge de la torture ? avons-nous demandé. Pourquoi n’a-t-il pas mentionné les sévices que l’enfant subissait ?

« Parce qu’alors ils le traiteraient encore plus mal » nous a expliqué le père. « Ils lui donneraient deux mois de prison de plus parce que nous nous sommes plaints. J’en suis sûr. C’est pour la même raison qu’on ne le laisse pas porter une veste en prison. Vous avez vu qu’il n’avait pas de veste. Et il n’a pas le droit de téléphoner. C’est peut-être parce que les militants des droits de l’homme sont allés le voir en prison. C’est pour cela qu’on le traite comme ça... Alors parler au juge nous causerait encore plus de problèmes. »

Et nous nous sommes dit qu’il avait probablement raison, même si c’est horrible à dire.

Nous avons assisté à trois comparutions au cours desquelles la détention de Mohammad a été prolongée, trois parmi beaucoup d’autres depuis que son procès a commencé.

Entretemps, il s’est fait couper les cheveux comme son père le lui avait conseillé et aussi sans doute parce que c’est obligatoire en prison.

La troisième fois que nous sommes venues, après qu’un plea bargain** ait été conclu entre la défense de Mohammad et le procureur aux termes duquel le petit Mohammad Mukheir serait condamné à une peine de 8 mois de prison en plus d’une amende de 2000 shekels (environ 400 euros NdT) (ou deux mois de prison supplémentaires) et une peine de prison conditionnelle.

Après présentation du plea bargain à la Cour on a entendu les discours d’usage : le juge dit qu’il acceptait le plea bargain en raison du jeune âge du prévenu, de son casier judiciaire vierge, du fait qu’en avouant il avait fait gagner du temps à la Cour et parce que ni la pierre ni le cocktail Molotov qu’on l’accusait d’avoir lancés n’avaient touché quelqu’un. Et donc que finalement personne n’avait été blessé. En raison de quoi elle acceptait le plea bargain et condamnait le petit Mohammad à huit mois de prison et à 2000 shekels d’amende ou s’il ne pouvait pas payer l’amende à deux mois de prison supplémentaires.

En fait presque tous les cas qui arrivent devant la Cour militaire se terminent par un plea bargain. Cela signifie que l’accusé avoue tout ou une partie de ce dont on l’accuse. Et généralement il avoue, qu’il soit ou non coupable, parce qu’il comprend vite qu’il n’a quasiment aucune chance d’être acquitté. Et cela fait déjà des mois qu’il est en prison. Et un plea bargain généralement le condamne à peu près à la peine de prison qu’il a déjà accompli, ou un peu plus. Tandis que se battre pour prouver son innocence durera beaucoup plus longtemps et entraînera probablement une condamnation plus sévère. Alors la plupart préfèrent avouer.

Quand Mohammad a entendu la sentence, il s’est assis et a pris son visage dans ses mains.

« Je ne veux pas rester ici » a-t-il crié. Son père gêné a regardé ailleurs, pâle. Puis il a trouvé la force de regarder son fils et il lui a dit avec une sourire tendu et en forçant la voix : « Mais demain, je viendrai te voir ». Il essayait de lui remonter le moral. Et c’était en effet une chance que la visite qu’ils avaient sollicitée ait été autorisée et soit programmée pour le jour suivant. La souffrance de l’enfant s’atténua un petit peu, sa bouche cessa de trembler et son regard s’éclaircit. Peut-être parce que son esprit d’enfant pouvait espérer jusqu’à demain. Demain on lui apporterait une veste et une couverture. C’est ce que ses yeux disaient. Et il sourit.
Oui, il a souri.
Quoique....

Huit mois de prison et une amende et une peine de prison avec sursis, voilà ce à quoi un enfant de 13 ans a été condamné, un enfant qui, selon l’aveu même des forces d’occupation n’avait fait de mal à personne.

Huit mois grâce à un plea bargain avantageux.

Telle est la Cour militaire.

Tel est le sort des Palestiniens.

Je ne sais pas ce qui m’a paru le pire dans le calvaire de Mohammad Muckeir. Si c’est la torture que lui ont fait subir les soldats ou la terrible découverte que ses parents étaient impuissants à le protéger. Et le fait qu’ils tombent brutalement de leur piédestal et se délitent. Ou est-ce la prise de conscience à un si jeune âge que pour la plupart des Israéliens il n’est pas "quelqu’un" mais "quelque chose" indépendamment de sa personnalité ou de ses qualités humaines. Pour la plupart des Israéliens, il n’existe pas, il n’est pas réel, il n’est pas un être humain. Mais le pire est peut-être encore que, une fois l’urine lavée depuis longtemps et les blessures de ses pieds guéries sous les cicatrices, une fois oubliée la nourriture insuffisante de la prison et les coups reçus et ceux à recevoir, et une fois ses boucles repoussées, quelque chose continuera de hanter le petit Mohammad Muckeir, une déchirure irréparable dans sa vie. Quelque chose que rien ne pourra effacer. Quelque chose comme l’essence de tous les sévices qu’il aura subis et plus encore. Et cette intuition que j’ai fait vibrer les cieux du futur et du passé d’une pulsion implacable et déchirante. Un pouls de tristesse. Et j’espère seulement que Mohammad et moi nous verrons l’avènement d’un autre monde. Un monde où lui et moi jouirons des mêmes droits sur terre. Un monde où il sera enfin considéré comme un être humain et où moi je serai restée un être humain. Avant que le sang ne recouvre le pays, la terre entière et le ciel.

Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt - Machsom Watch (*)

source : http://www.mahsanmilim.com/ChildsTr...

Notes :

*Machsom Watch est une association de femmes juives israéliennes courageuses qui sont contre l’occupation et qui se sont données pour mission d’aider les Palestiniens en se relayant principalement aux check-points où leur présence les protège d’abus excessifs. Elles passent leurs journées en démarches auprès des autorités d’occupation pour essayer d’alléger leur sort.

**Plea bargain : Une négociation entre l’accusé et le procureur (et parfois le juge) qui met fin à un procès. L’accusé plaide coupable d’un délit inférieur à celui dont il est accusé à l’origine en échange de la garantie d’une condamnation moins lourde.

 

Traduit de l’hébreu par Tal Haran et de l’Anglais par D. Muselet



http://www.legrandsoir.info/Ils-lui-ont-pisse-dessus-et-il-a-ete-condamne-a-huit-mois-de-prison.html
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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 18:33

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http://humanite.fr/06_02_2011-%C3%A9gypte-mahallah-berceau-de-la-contestation-n%E2%80%99est-d%C3%A9sormais-plus-seule-464529

 

Entretien avec Pierre Stambul, membre du Bureau National de l'Union Juive Française pour la Paix

En Tunisie, en Egypte, la vigilance des peuples à l'égard des pouvoirs en place se maintient. En Algérie, des citoyens s'apprêtent à engager une longue marche, en dépit des interdictions. En Jordanie, au Yémen et ailleurs dans le monde arabe, les mouvements de contestation se multiplient. La fin de l'ère des dictatures serait-elle en train de sonner dans cette partie du monde, corsetée entre autoritarisme et  mépris?
Pierre Stambul, membre du Bureau National de l'UJFP, nous livre ici son analyse de la situation en Egypte et des répercussions éventuelles dans la région.

L'avènement de la démocratie en Egypte, un espoir pour les Palestiniens ?

Le monde entier a les yeux tournés vers l'Egypte qui est en train de vivre un tournant dans son histoire, dans la foulée de la révolution tunisienne.  Quel rôle les Etats arabes, et en particulier l'Egypte, ont-ils joué dans le passé dans le conflit israélo-palestinien?

Pendant la guerre de 1948 qui est la « catastrophe » (Naqba) pour les Palestiniens et la guerre d’indépendance pour les Israéliens, il y a eu une grande solidarité des peuples arabes pour la Palestine. L’attitude des gouvernements arabes a été très différente. Chacun se battait pour ses propres intérêts et pas pour les Palestiniens. Dans son livre « la guerre de 1948 en Palestine », l’historien « dissident » israélien Ilan Pappé  montre bien comment par exemple la légion jordanienne qui était capable d’infliger de lourdes pertes aux troupes sionistes ne s’est battue que sur le futur tracé des frontières puisqu’il y avait un accord secret entre le roi de Jordanie et la direction sioniste sur le dépeçage de la Palestine. À la fin de cette guerre, Jordanie et Egypte se sont partagés les 22% de la Palestine qui n’ont pas été conquis par les Israéliens et il n’a jamais été question d’un Etat palestinien. Entre 1948 et 1967, Gaza est un territoire égyptien particulièrement délaissé et déshérité.
Par la suite, les crimes commis contre les Palestiniens par les dirigeants des pays arabes se multiplient : 30000 Palestiniens massacrés par les troupes jordaniennes qui reçoivent un appui militaire décisif israélien (septembre noir, 1970), Sabra et Chatila où les milices phalangistes libanaises massacrent la population civile avec l’appui militaire israélien (Beyrouth, 1982). Ou encore Arafat encerclé par les troupes syriennes et les vedettes israéliennes à Tripoli (Liban) en 1983. Sans oublier comment les réfugiés palestiniens sont (mal)traités au Liban depuis 60 ans.

Quels sont les enjeux d'un changement politique dans ce pays à l'échelle de la région?

Il y a avant tout un enjeu pour les peuples qui se révoltent. Depuis des années, l’univers des pays arabes est figé. En Occident, les « Arabes » et les « Musulmans » sont représentés comme le mal absolu, comme des terroristes islamistes en puissance. Du coup, ces pays sont condamnés à subir des dictatures militaires et policières corrompues voire mafieuses. Les peuples tunisien et égyptien et tous les autres qui s’inspirent de leur exemple montrent qu’il n’y a pas de fatalité. Ils bousculent toutes les certitudes stratégiques. Même en l’absence de forces politiques prêtes à exercer le pouvoir, ils expriment avec une très grande radicalité leur besoin d’éradiquer tous les aspects de leurs dictatures.
Il se trouve que, depuis l’écroulement de l’Union Soviétique, la plupart des gouvernements arabes sont devenus particulièrement dépendants de l’Occident et de l’impérialisme américain. L’Egypte est le deuxième pays, après Israël, à recevoir une aide économique américaine considérable qui, loin de soulager la misère de la population, sert avant tout à maintenir en place la dictature de Moubarak. L’Irak, au prix d’incroyables destructions et de centaines de milliers de civils assassinés, est devenu un protectorat occidental avec la complicité de nombreux dirigeants arabes. Tout cet équilibre est en train de basculer.

Comment les autorités israéliennes, l'opinion et les médias, vivent cette contestation populaire qui a clairement exprimé son hostilité vis-à-vis de l'Etat hébreu?

Le débat a lieu en Israël. Le journal Haaretz et divers politiciens s’aperçoivent tout d’un coup que les Israéliens ont toujours cherché dans le monde arabe comme « partenaires » des dictateurs. Les derniers soutiens officiels à Moubarak viennent du gouvernement israélien. Et aussi de l’Autorité Palestinienne, ce qui n’est pas très glorieux.
Vis-à-vis des Palestiniens, les dirigeants israéliens ont toujours proclamé « qu’ils n’avaient pas de partenaire pour la paix ». Moubarak était pour les Israéliens le partenaire rêvé, celui avec lequel on pouvait multiplier les réunions luxueuses à Charm-el-Cheikh. Ce partenaire domestiqué a laissé faire, sans jamais réagir, les pires ignominies contre les Palestiniens. Moubarak a toujours été le complice efficace des Israéliens dans le blocus contre Gaza. Ce blocus qui est un véritable crime de guerre s’est prolongé après le massacre de l’opération « plomb durci » (1400 morts, quasiment tous civils en 2008-2009). Le gouvernement israélien a bien conscience qu’il n’est pas prêt de retrouver un tel complice. Pour l’opinion et les médias israéliens qui rêvent toujours que les Palestiniens finiront à terme par devenir des indigènes domestiqués vivant dans leurs réserves, les révolutions en cours leur rappellent que la paix ne peut pas reposer sur des accords partiels avec des dictatures. Et bien sûr cette opinion, sérieusement travaillée par le « complexe de Massada  » (c’est-à-dire l’idée que dans cette guerre les seules victimes sont les Juifs) ne voit dans les manifestations de Tunis ou du Caire que l’expression de l’islamisme radical et de l’antisémitisme. Il y a d’ailleurs une rumeur insistante qui court en Israël ou dans plusieurs communautés juives, affirmant que des synagogues ont été attaquées en Tunisie. Toutes les nouvelles que nous avons prouvent exactement le contraire, mais cette rumeur est significative.

Les accords signés par l'Egypte avec Israël peuvent-ils être remis en question par un nouveau gouvernement?

Ces accords auraient pu signifier autre chose : l’idée, à laquelle Arafat a cru, du principe « la paix contre les territoires ». Mais les Israéliens n’avaient pas d’intérêt colonial direct dans le Sinaï et en 1978, Begin n’a pas hésité à expulser 10000 colons pour signer cette paix. Dès le début, cette paix s’est faite CONTRE les Palestiniens. Il s’agissait d’une paix séparée retirant définitivement (du moins le croyait-on) l’Egypte du camp des pays ennemis. Et aujourd’hui ? Bien sûr, la question palestinienne n’est absolument pas centrale dans la révolte du peuple égyptien. Mais elle le redeviendra quand un nouveau pouvoir s’établira. Et la popularité de la cause palestinienne interdira à ce nouveau pouvoir de maintenir ce type de complicité. Les premières conséquences pourraient être une rupture du blocus de Gaza avec l’ouverture de la frontière de Rafah. Personnellement, j’aimerais que le futur gouvernement égyptien aille plus loin et que, comme l’ont fait le Venezuela et la Bolivie, il gèle ses relations politiques et diplomatiques, tant que dureront l’occupation et la destruction de la Palestine.

Quel rôle l'armée égyptienne peut-elle jouer dans la suite des événements?

L’armée égyptienne est au pouvoir depuis 60 ans. Ses dirigeants contrôlent l’appareil d’Etat et font partie de la minorité de privilégiés qui s’est enrichie au-delà de tout. Imaginer que cette armée pourrait jouer un rôle de médiateur est une dangereuse illusion. On a d’ailleurs pu constater la complicité de cette armée lors des exactions commises par les « pro-Moubarak » qui étaient essentiellement issus de l’appareil policier et du parti au pouvoir. Mais dans cette armée, il y a des appelés ou des soldats de base qui sont plutôt solidaires des manifestants. Si la hiérarchie militaire, que ce soit en Egypte ou en Tunisie, n’est pas remise en cause, ces révolutions resteront inachevées et la minorité de nantis qui a largement profité des dictatures mafieuses conservera une partie de son pouvoir.

Les événements en Tunisie, en Algérie, en Egypte, au Yémen et en Jordanie préfigurent-ils selon vous un changement des rapports de force dans la région en faveur de l'instauration d'un Etat palestinien?

Il est difficile de faire des prévisions. Mais on est peut-être en train d’assister à un basculement. Dans les années 1960-70, il y avait dans tous les pays arabes une poussée progressiste, un foisonnement de mouvements de révolte. L’Occident et les Etats-Unis ont tout fait pour faire refluer les mouvements progressistes et révolutionnaires. La victoire israélienne de 1967 a joué un rôle capital dans ce reflux. Par la suite, les régimes arabes sont quasiment tous devenus des gendarmes garantissant la sécurité de l’Occident face au « péril islamiste », ce qui paraît un peu curieux quand on pense à ce qu’est le régime saoudien. Ces régimes sont tous devenus des dictatures avec parti unique, élections truquées, corruption généralisée, clans mafieux, répression violente, misère du plus grand nombre et richesse insolente d’une minorité.

En même temps, ces régimes ont ouvertement trahi le peuple palestinien en le poussant à des « pseudo-négociations » qui étaient surtout des demandes de capitulation. Tous ces pays auraient pu depuis longtemps exercer de véritables pressions pour faire cesser l’impunité d’Israël. Ils ne l’ont jamais fait. Le plan de paix Saoudien (2002) aurait pu être la base d’un règlement. Les dirigeants arabes n’ont rien fait pour l’imposer et ils ont laissé les Palestiniens désarmés face à la répression. Si des changements démocratiques se multiplient dans le monde arabe, cette politique de capitulation et de trahison des Palestiniens pourrait être remise en cause. Mais encore une fois, ce qui a fait descendre les peuples dans la rue, ce sont surtout la soif de liberté, la pauvreté et la corruption, pas la question palestinienne.

Comment les Palestiniens vivent-ils ces événements?

La division de la Palestine avec deux gouvernements rivaux et pas d’Etat est une victoire de l’occupant. À Gaza, les manifestations de soutien au peuple égyptien ont été autorisées. D’autant que le Hamas est lié aux Frères Musulmans. Par contre en Cisjordanie, l’Autorité Palestinienne continue de soutenir Moubarak et a fait interdire les manifestations. Très critiqué pour sa soumission face à l’occupant, Mahmoud Abbas court le risque d’être assimilé à Moubarak. Lors de mon dernier voyage en Palestine (oct-nov 2010), j’ai entendu des propos très durs du genre : « nous aurions aimé n’avoir qu’un ennemi et pas deux ». Cet appui à Moubarak va renforcer son impopularité. Fondamentalement, les Palestiniens espèrent avant tout la fin rapide du blocus de Gaza.

La question palestinienne est intimement liée à cet équilibre de l'oppression que les puissances occidentales maintiennent à travers Israël, considéré comme la seule démocratie dans cette région. Quelles sont les perspectives qui se dessinent?

L’historien israélien Shlomo Sand écrit que « Etat Juif et démocratique, c’est une contradiction ». Le caractère démocratique de l’Etat israélien ne concerne que les Juifs (et encore, plusieurs « anarchistes contre le mur » ont été arrêtés). Il n’a jamais concerné les Palestiniens : 700000 d’entre eux ont connu la prison depuis 1967 et aujourd’hui, on trouve en prison des maires, des députés, des dirigeants politiques de tous les partis, des animateurs/trices d’associations en très grand nombre.

Israël n’a jamais été le seul Etat démocratique de la région, mais c’est le seul Etat occidental devenu le gendarme de l’Occident au Proche-Orient. En face, il y avait des dictatures corrompues voire mafieuses, ce qui garantissait une situation immuable. L’avènement de la démocratie dans la région est un espoir.

Propos recueillis par Keltoum Staali

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:45

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Soulèvement pour le pain et la liberté



Communiqué du Bureau Politique du Parti Communiste d’Israël.

La protestation de masse en très grand nombre des personnes sans travail, des personnes appauvries, des personnes en quête de démocratie et de liberté contre les dirigeants despotiques pro-américains des pays arabes, qui a commencé à Tunis et qui s’est étendue à l’Egypte, la Jordanie, le Yémen, l’Algérie, tout comme à d’autres états  -est un tournant décisif dans le développement de la région tout comme dans l’arène internationale. En dépit des dures mesures prises pour réprimer la révolte, comprenant des tirs à balles réelles,les protestataires contre la misère et la tyrannie continuent leur manifestation et exigent le droit de vivre dans la dignité.

Après des décennies au cours desquelles les droits des travailleurs et des chômeurs ont été foulés aux pieds, au cours desquelles les critiques et les opposants ont été réduits au silence, les nations arabes prennent conscience de leur pouvoir pour ébranler et changer la réalité en direction du progrès. Les manifestations spontanées, auxquelles participent principalement les jeunes, ne sont pas organisées de façon centralisée. Nous sommes témoins d’un mouvement populaire représentant un regroupement de partis et de courants politiques qui formulent leurs messages au coeur de l’action.

Le bureau politique du Parti Communiste d’Israël croit que la position avancée depuis plusieurs années par les institutions du monde capitaliste dominant, selon laquelle qu le monde arabe n’est fait que pour la tyrannie et l’oppression ou le fondamentalisme islamique, a été discréditée. Le mouvement populaire de masse dans les pays arabes, qui tire sa force de la fureur des masses contre la hausse du prix des aliments et de la raréfaction des possibilités d’emploi, tout comme du manque des droits civiques de base, surgit comme une alternative concrète.

Il est difficile d’estimer au moment présent où le mouvement populaire de protestation dans les états arabes s’achèvera. Va-t-il mener dans tous les cas à l’évincement des tyrans, comme cela s’est produit à Tunis ? Ou conduira-t-il aussi à des changements substantiels dans la nature du régime et de ses politiques ? Quelles forces politiques seront capables de retirer de nouvelles énergies du soulèvement ? Mais même maintenant il est possible d’estimer que nous sommes témoins d’une nouvelle phase dans le développement social et politique du Moyen-Orient, conduisant à l’affaiblissement des régimes dictatoriaux pro-Américains, qui ont mené une politique de privatisation au service des sociétés multinationales et fourni un appui à l’agression des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.

Le Parti Communiste d’Israël, comme le font tous ceux qui dans le monde  sont en quête de démocratie et de droits de l’homme, est solidaire du combat des nations arabes pour une vie décente et pour la liberté. Le soulèvement de ces peuples est une source d’encouragement dans notre lutte pour défendre les travailleurs et la démocratie en Israël et pour combattre le racisme tout en exigeant des droits politiques et sociaux égaux pour tous.  

31 janvier 2011

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 17:38

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Par Pierre Stambul (Bureau National de l’Ujfp)


Intervention à Vannes (29 janvier 2011)


Dans une guerre qui dure en fait depuis près d’un siècle, une issue ou un compromis auraient dû intervenir depuis longtemps. Pourquoi n’est-ce pas le cas ?

 

Le sionisme et la théorie du «  transfert ».


La colonisation sioniste et la création de l’Etat d’Israël se sont accompagnées d’un négationnisme total (j’emploie intentionnellement ce mot qui est très chargé symboliquement dans l’Histoire juive) vis-à-vis des Palestiniens. Dès le départ, pour les futurs Israéliens, la Palestine n’existe pas. Dans les livres scolaires israéliens, on nie l’existence d’un peuple palestinien. On explique que les Ottomans ont installé dans la région des populations venues de diverses régions de l’empire et peu importantes numériquement. Il s’agit de justifier a posteriori un des mensonges fondateurs, l’idée (proférée par Zangwill) de la « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». On y ajoute contre toute vraisemblance quelques énormités comme l’idée que les Juifs auraient toujours vécu en «  Eretz Israël » ou qu’ils sont majoritaires à Jérusalem depuis les années 1800.

Bien sûr, les dirigeants sionistes avaient bien conscience à leur arrivée que les Palestiniens représenteraient un obstacle à leur projet. Les futurs dirigeants Ben Gourion et Ben Zvi pensaient (ils l’ont écrit en 1918) que ces «  fellahs » qui vivaient en Palestine étaient probablement descendants des Hébreux (ils n’avaient pas tort) et que donc, ils accepteraient le projet sioniste (là bien sûr, ils se trompaient). À l’époque, même dans la gauche européenne, le colonialisme est considéré comme un phénomène positif, le monde européen apportant la civilisation à des peuples moins développés. Mais dès l’arrivée des premiers colons sionistes, ce qui est mis en place, c’est une dépossession progressive des Palestiniens de leur propre pays. Le KKL (Fonds National Juif) s’approprie par tous les moyens des terres pour les Juifs. L’Agence Juive crée les embryons d’un futur Etat Juif dans lequel les Non-juifs n’ont aucun droit. Le syndicat Histadrout défend dans ses statuts le « travail juif ». Quand les Palestiniens réalisent ce qui est à l’œuvre, c’est la première grande révolte (Hébron 1929). Dès cette époque, le courant « révisionniste » du sionisme dont le dirigeant est Vladimir Jabotinsky élabore la théorie du transfert. Puisque les Palestiniens sont décidés à résister, il faut élever entre les Juifs et eux une muraille infranchissable. Le concept de ce qui deviendra 70 ans plus tard le Mur (de l’apartheid) est né. Il propose de déporter les « Arabes » au-delà du Jourdain.

Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Dire «  gauche sioniste », c’est un oxymore. La droite sioniste a toujours dit et fait. La prétendue gauche sioniste a utilisé la novlangue. Elle a fait et elle continue de faire ce que la droite dit. Dans l’idée de transférer les Palestiniens, les dirigeants sionistes ont reçu une aide précieuse de la part du colonisateur britannique quand celui-ci a réprimé la révolte palestinienne de 1936 (plus de 12000 morts et toute «  l’élite » palestinienne exilée). En 1948, le transfert (l’expulsion des Palestiniens) était programmé avec le plan Dalet. La préméditation de cette entreprise, constamment proclamée par les Palestiniens a été confirmée par les historiens israéliens (entre autres Ilan Pappé) au moment de l’ouverture des archives. Une petite minorité de Palestiniens a échappé à la Naqba (la catastrophe) et a pu rester. 50 ans plus tard, l’historien sioniste Benny Lévy qui a pourtant reconnu les crimes de guerre de la guerre de 48 estime qu’il aurait fallu tous les expulser. Pour gagner les élections de 2001, Ariel Sharon a fait campagne sur le mot d’ordre «  achever la guerre de 48 » et donc expulser tous les Palestiniens, y compris ceux qui ont la nationalité israélienne. En 1967, la conquête et la colonisation étaient programmées. En 1993, signer les accords d’Oslo sans une remise en cause prévue des centaines de milliers de colons établis à Jérusalem et en Cisjordanie n’avait aucun sens.

Aujourd’hui en Israël et c’est tragique, une majorité de l’opinion pense que, tout comme les Amérindiens des Etats-Unis ou les Aborigènes d’Australie, les Palestiniens deviendront à terme totalement marginalisés et incapables de réclamer leurs droits. Les seules nuances portent sur la façon d’en finir (déportation, encerclement dans des bantoustans, Etat palestinien croupion, institutionnalisation de l’Apartheid …). Pour cette opinion, la « légitimité » d’un Etat juif allant de la Méditerranée au Jourdain est indiscutable et les Palestiniens sont des intrus et des terroristes. Les mots d’ordre mille fois répétés (« Arafat est un nouvel Hitler », « les Palestiniens veulent continuer l’œuvre des Nazis ») deviennent des évidences à force d’être martelés.

Une manipulation de l’Histoire et de la Mémoire juives

Il faut lire les sites sionistes pour mesurer l’étendue de la névrose collective actuelle. Des résistants juifs comme Stéphane Hessel ou Edgar Morin sont accusés d’antisémitisme. D’authentiques néonazis regroupés dans une délégation de 35 parlementaires européens d’extrême droite visitent Israël et sont reçus à la Knesset sans aucune protestation. Jean-Marie Le Pen arrive en troisième position aux élections présidentielles dans le vote des Français vivant en Israël. Des crimes évidents et avérés sont niés : le jeune Mohamed tué dans les bras de son père devant la colonie de Netzarim à Gaza, les Turcs du Mavi Marmara accusés d’avoir agressé les soldats israéliens, la mort — après avoir reçu une grenade— d’une Palestinienne de Bil’in présentée comme une manipulation ... Comment en est-on arrivé là ? Sans le sionisme, c’est incompréhensible.

Le sionisme est une réponse, fausse, à l’antisémitisme. Il repose dès le départ sur une «  théorie de la séparation », l’idée que l’antisémitisme est inéluctable, que Juifs et Non-juifs ne peuvent pas vivre ensemble. Les sionistes n’ont joué qu’un rôle négligeable dans la lutte contre l’antisémitisme et dans la lutte contre les pogromistes. Au contraire dès le début, ils ont utilisé l’antisémitisme pour inciter les Juifs à partir.

Pour un tel projet, il a fallu récrire l’histoire. D’abord à qui s’adresser ? Il existait de nombreuses communautés juives ayant une communauté de destin liée à la religion. Ces communautés avaient des langues différentes (ladino, judéo-arabe, yiddish …), des coutumes et des rites différents. Les sionistes ont présenté la diaspora comme une parenthèse inintéressante faite de souffrances à laquelle le « retour » mettrait fin. Alors que la majorité des fondateurs du sionisme n’étaient pas croyants, ils ont utilisé la Bible comme un livre de conquête justifiant un projet colonial.

Les plus grands archéologues israéliens (Finkelstein et Silberman) ont écrit dans « La Bible dévoilée » que le discours biblique est légendaire. La thèse de ce livre fait, sauf sur des détails, très largement consensus parmi les historiens et les archéologues. La conquête sanglante de Canaan par Josué n’a pas existé. Et pourtant, quand on traverse la Cisjordanie, on rencontre plein de colonies aux jolis noms bibliques (Efrat, Shilo, Eli, Kiryat Arba …) dont les habitants sont persuadés qu’ils reviennent sur la terre de leurs ancêtres et reproduisent l’acte de Josué. À l’époque du prétendu royaume unifié de David et Salomon, Jérusalem était un petit village de l’Age de Fer. Et pourtant dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est, on exproprie des Palestiniens pour faire visiter la «  maison de David », le « Parc de David » …La migration des Hébreux depuis la Mésopotamie n’a pas eu lieu. Mais à Hébron, pour que les Israéliens aient seuls la possession du prétendu tombeau d’Abraham (le caveau des Patriarches), un colon extrémiste a tué 29 Palestiniens. Dans son livre «  Comment le peuple juif fut inventé », Shlomo Sand met à bas les mythes fondateurs du sionisme : il n’y a eu ni exil, ni retour. La religion juive, qui a été longtemps prosélyte, s’est dispersée mais pas le peuple. Autrement dit les Juifs d’aujourd’hui sont majoritairement descendants de convertis et les Palestiniens sont majoritairement descendants … des Hébreux. Les sionistes qui entreprennent de réfuter ces deux livres utilisent des arguments invraisemblables, comme l’idée que la «  Terre Sainte » aurait eu trois millions d’habitants au moment de la destruction du Temple.

Aujourd’hui en Israël, le « mal absolu », c’est l’Arabe, c’est l’Islam. Le pays partage avec les dirigeants américains la même conception du monde. On trouve en Israël de plus en plus de textes décrivant la vie qu’ont menée les Juifs du monde arabe comme un enfer. Là encore, l’histoire est manipulée. Le statut de « dhimmi » accordé à toutes les religions du livre dans les pays musulmans n’a certes rien à voir avec la citoyenneté, mais c’était une forme de protection et cela n’a rien à voir avec le traitement des minorités dans le monde chrétien. Avant le sionisme, il n’y a eu en pays musulman rien de comparable aux pogroms qui se sont multipliés en Europe. Il existe plusieurs périodes dans ce qu’on appelle l’antisémitisme. Pendant 15 siècles en Europe, il y a eu l’antijudaïsme chrétien. Judaïsme et Christianisme ont été longtemps en concurrence. Quand le christianisme a triomphé, il a imposé toute une série d’interdits dont la possession de la terre, il a enfermé les Juifs dans des quartiers confinés, il a propagé des stéréotypes racistes et a été à l’origine de nombreux pogroms ou expulsions collectives. C’est paradoxalement la sortie du ghetto et l’émancipation des Juifs en Europe qui a provoqué le passage de l’antijudaïsme chrétien à l’antisémitisme racial, le juif personnifiant l’obstacle à tous les nationalismes européens qui rêvaient d’Etats ethniquement purs.

Là aussi, les sionistes réécrivent l’histoire. Ils essaient de faire croire que pendant ces longs siècles d’oppression, les Juifs rêvaient d’un «  retour à Jérusalem ». C’est bien sûr faux. Quand l’empire ottoman a offert asile aux Juifs chassés d’Espagne, ceux-ci sont allés à Salonique ou Smyrne et pas en Palestine. Les sionistes passent sous silence le fait que toutes les personnalités juives ou d’origine juive devenues célèbres, de Spinoza à Freud en passant par Marx ou Einstein n’ont rien à voir avec le sionisme. Ils oublient le rôle fondamental des femmes et des hommes d’origine juive dans les mouvements progressistes. Un parti comme le Bund, parti révolutionnaire juif dans l’empire tsariste était profondément antisioniste. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, le projet sioniste était très minoritaire chez les Juifs et moins de 5% des Juifs du monde entier avaient immigré.

Les sionistes ont inventé l’idée que les communautés juives du monde entier, des Polonais aux Falachas, des Marocains aux Baltes formaient un même peuple. Ils se sont acharnés à effacer les langues, les cultures et les traditions pour imposer une identité unique, une langue unique, un « homme nouveau » avec les clichés colonialistes du pionnier se battant et défrichant son pays. Ils ont utilisé la religion et une idée de race pour définir qui était juif et avait donc tous les droits dans le futur Etat juif et qui ne l’était pas. Ils ont cultivé le « complexe de Massada » selon lequel les Juifs ont été, sont et seront toujours des victimes. Au nom de ce complexe, la souffrance et l’identité de «  l’autre » n’existent plus. D’ailleurs, le deuxième pays après la Turquie à nier le génocide arménien est Israël, comme si le seul génocide existant était celui des Juifs.

D’où vient l’impunité d’Israël ?

Face à l’opinion publique mondiale, la légitimité d’Israël vient de deux idées. Le sionisme serait un mouvement de libération national et l’idée d’un Etat Juif en Palestine serait indiscutable après le génocide nazi.

Examinons cela. Le sionisme a curieusement puisé dans un terreau idéologique commun à tous les nationalismes européens de la fin du XIXème siècle. À l’époque de la chute des empires multinationaux, l’équation un peuple = un Etat s’est imposée avec le rêve fou d’Etats ethniquement purs. Cette idée meurtrière a été la cause de nombreuses guerres et elle a contribué à la montée du nazisme. Le sionisme a été un nationalisme très particulier puisqu’il a dû inventer le peuple et choisir artificiellement un territoire. Cette affinité idéologique avec les pires nationalismes explique l’admiration que Jabotinsky avait pour Mussolini.

La déclaration Balfour (1917) éclaire les rapports des sionistes avec les dirigeants européens. Les antisémites qui deviennent idéologiquement hégémoniques à cette époque considèrent les Juifs comme des étrangers «  asiatiques » inassimilables. Balfour était, comme la plupart des politiciens de l’époque, un antisémite. Faire de la Palestine un foyer juif avait un double but. D’un côté se débarrasser des Juifs européens et de l’autre coloniser le Proche-Orient. Bref les Juifs qui étaient des parias en Europe devenaient des Européens s’ils partaient en Palestine.

Les sionistes ont-ils joué un rôle dans la résistance juive au nazisme ? Un faible rôle, cette résistance a été essentiellement communiste et bundiste. Pire, certains sionistes ont été aveugles ou complices. Ainsi Ben Gourion en 1933 a brisé le boycott de l’Allemagne nazi décrété par les Juifs américains. Et le futur Premier Ministre Itzhak Shamir, un des dirigeants du groupe Stern, a fait assassiner des soldats britanniques jusqu’en 1943 alors que le génocide avait déjà provoqué des millions de morts en Europe.

Après la guerre, il y a un consensus mondial pour la création de l’Etat d’Israël. Pour les Soviétiques, c’est l’espoir d’affaiblir l’empire britannique. Les armes tchèques livrées à la Haganah joueront un rôle important dans la guerre de 48. Pour l’Europe, il y a l’idée de la «  fin du problème juif », puisqu’ils auront désormais un pays.

Après 1945, il y a dans des camps en Europe des centaines de milliers de survivants du génocide. Le Yiddishland a disparu, ils demandent des visas pour différents pays. Contraints ou forcés, ils finissent par partir en Palestine. L’Europe s’est débarrassée de son crime sur le dos du peuple palestinien qui n’avait pas la moindre responsabilité dans le génocide. La propagande sioniste affirme l’inverse en pointant du doigt le seul dirigeant palestinien pronazi, le mufti Amine El Husseini. Dans son livre « Les Arabes et la Shoah », Gilbert Achkar montre que le mufti était totalement isolé.

Il n’y a donc pas sentiment de culpabilité des Européens sur l’antisémitisme mais soulagement. Réparer la persécution aurait été dire « vous avez été des parias, vous connaîtrez désormais égalité et fin des discriminations ». On leur a dit : « maintenant vous avez un pays, vous partez quand vous voulez ». Bref les Européens qui soutiennent inconditionnellement Israël ne sont pas franchement philosémites.

Le jeune Etat israélien a très mal accueilli les rescapés du génocide accusés par les religieux de s’être mal conduits et par les sionistes d’avoir été déportés et exterminés passivement au lieu de se battre pour «  leur » pays. Ces rescapés sont toujours maltraités puisque la moitié des survivants vivant en Israël sont sous le seuil de pauvreté, faute de retraites décentes. Dès la fin des années 50, l’Etat d’Israël voit le profit à tirer d’une récupération complète de la question du génocide. C’est l’époque de la création du musée Yad Vashem (sur le territoire du village martyr Deir Yassine) et du procès Eichmann. Israël se présente comme un havre de paix pour les Juifs du monde entier. Il est vrai que beaucoup de Juifs ne savaient pas où aller ou que la résurgence d’un puissant antisémitisme en Europe de l’Est détachait les Juifs de ces pays du communisme et les poussait à vouloir émigrer. Mais en même temps, le sionisme a mis en danger les Juifs du monde arabe où ils vivaient depuis très longtemps et a provoqué leur exode. Aujourd’hui, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que durera la destruction de la Palestine. L’assimilation systématique de toute critique d’Israël à l’antisémitisme est grotesque. Israël n’a aucun droit de propriété sur l’antisémitisme ou le génocide. Au contraire, les ressemblances idéologiques entre ce qui a mené au fascisme et ce que font les dirigeants israéliens (la négation de « l’autre ») mériteraient d’être davantage examinées. À l’antisémitisme traditionnel s’ajoute aujourd’hui un « antiisraélisme » que les sionistes veulent assimiler à l’antisémitisme.

Israël est devenu, ce qui n’était pas inéluctable, une tête de pont occidentale au Proche-Orient. C’est aujourd’hui la raison principale du fait que, quelques soient les crimes commis, il n’y a jamais de sanctions. L’Etat d’Israël surarmé, dépensant l’essentiel de son budget dans l’armement et les technologies de pointe, c’est l’Etat rêvé par les dirigeants occidentaux. Penser qu’ils souhaitent un Etat d’Israël vivant en paix et sur un pied d’égalité avec les Palestiniens est une illusion. Dans leurs rapports avec les Etats-Unis, les dirigeants israéliens savent que tout leur est permis vis-à-vis des Palestiniens et que jamais les Etats-Unis ne les en empêcheront. Obama vient d’en faire la preuve.

La destruction de la Palestine

Il n’y a pas de génocide en Palestine. Pendant le massacre de Gaza (l’opération « plomb durci »), il y a eu 1400 morts et de nombreux crimes de guerre. Cela représente 0,1% de la population de Gaza. Il est plus exact de parler de «  sociocide », de destruction du lien social, de l’économie, de l’unité territoriale. L’occupation a fait éclater la Palestine en 5 entités distinctes.

* Il y a avant tout les réfugiés. Les Palestiniens sont un peuple de réfugiés. La première violation flagrante et impunie de l’Etat d’Israël a été de ne pas appliquer la résolution 194 de l’ONU (décembre 1948) qui reconnaît le droit au retour des réfugiés. Non seulement ce retour des 800000 expulsés a été immédiatement interdit, mais la quasi-totalité de la terre palestinienne a été confisquée par l’Etat ou le KKL. Des centaines de villages palestiniens ont été rayés de la carte et dynamités. Parmi les associations anticolonialistes israéliennes, il y en a une, Zochrot, qui recherche tous les anciens villages palestiniens et les fait visiter aux descendants des expulsés. Il y a aujourd’hui plus de 4 millions de Palestiniens qui dépendent de l’UNRWA, sans compter ceux qui ont émigré hors du Proche-Orient. Pour les Israéliens, ce sont des «  Arabes » et les pays arabes n’ont qu’à les intégrer. C’est du négationnisme. Nier le droit au retour des réfugiés, c’est nier le crime fondateur, le nettoyage ethnique de 1948-49.

* Il y a les « Palestiniens de 48 » qui ont théoriquement la nationalité israélienne. Dans un Etat qui se dit Juif, ils sont des étrangers dans leur propre pays. Ils subissent de très nombreuses discriminations à la possession de la terre, au logement, à l’éducation et au travail. De très nombreux métiers leur sont interdits. Les taux de chômage ou de pauvreté chez eux sont très supérieurs à ceux des Israéliens juifs. Il existe de nombreux villages palestiniens non reconnus sans eau, sans électricité, sans route, sans école. La situation des Bédouins du Néguev est particulièrement scandaleuse. Plus de 100000 d’entre eux vivent dans des bidonvilles en plein désert. Dès qu’ils construisent un village, celui-ci est détruit à l’image du village d’Al-Araqib déjà détruit 9 fois. Les Palestiniens de 48 votent pour 3 partis : le parti communiste (Hadash), le Balad et le Ta’al. La répression contre eux est féroce. Le fondateur du Balad, Azmi Bishara, s’est exilé pour éviter la prison. Autre députée du Balad présente sur le Mavi Marmara, Haneen Zoabi a été agressée en pleine Knesset. Et Ameer Makhoul, le principal animateur d’Ittidjah, l’ONG qui défend les droits civiques des Palestiniens de 48, est en prison pour de nombreuses années, accusé «  d’espionnage ».

* Il y a Gaza, devenu un laboratoire à ciel ouvert. Une région surpeuplée (4000 habitants au kilomètre carré) dans laquelle 8000 colons ont longtemps occupé 40% de l’espace. Les Palestiniens ont eu des élections législatives parfaitement démocratiques et ils ont été cruellement punis d’avoir «  mal » voté. Le blocus qui prive les Gazaouis de nourriture, d’électricité, d’eau, de ciment, de matériel scolaire en quantité suffisante et qui leur interdit de sortir ou de pêcher est un crime de guerre. Briser ce blocus est urgent et la prochaine flottille qui partira en mai a une grande importance. La division des Palestiniens qui n’ont pas d’Etat mais qui ont deux gouvernements rivaux est une grande victoire de l’occupant. Pour les Israéliens, l’essentiel est de «  ne pas avoir de partenaires pour la paix ». Quand les Palestiniens étaient majoritairement laïques, les Israéliens ont pourchassé et assassiné leurs militants en favorisant la montée des religieux. Quand le Hamas est devenu puissant, ses dirigeants (le Cheikh Yassine, Ahmed Rantissi) ont été assassinés sans jugement. En Israël, la population de Gaza a été « déshumanisée » dans l’opinion, assimilée à une bande de terroristes, ce qui explique l’absence quasi totale de réaction d’indignation lors de «  Plomb durci ». L’évacuation de Gaza par Sharon a été un trait de génie. Les Palestiniens sont en train de devenir majoritaires entre Méditerranée et Jourdain. Sans Gaza, les Juifs israéliens seront encore majoritaires pendant longtemps.

* Jérusalem est devenu un point central de la guerre. Quand les Israéliens ont conquis Jérusalem-Est en 1967, il y avait la vieille ville et quelques quartiers autour. Jérusalem-Est s’étend aujourd’hui de Ramallah à Bethléem sur 4% de la Cisjordanie. Dans cette ville, il y a 300000 Juifs Israéliens à l’Ouest, 270000 Palestiniens à l’Est et 250000 colons. La judaïsation de Jérusalem-Est se fait à marche forcée. Les colonies périphériques comme Pisgat Zeev sont progressivement intégrées à l’espace urbain grâce notamment au tramway construit par Alstom et Véolia. Tout est prétexte pour construire de nouvelles colonies. Ainsi la forêt qui existait entre Jérusalem et Bethléem a brûlé le premier jour des négociations Barak-Arafat. C’est aujourd’hui la colonie de Har Homa qui arrive aux fenêtres de la mairie de Bethléem. La judaïsation frappe à présent les quartiers palestiniens. Déjà un quart de la vieille ville a été confisqué et ses habitants expropriés. Ce sont aujourd’hui les quartiers de Sheikh Jarrah et Silwan qui sont attaqués. On est clairement à Jérusalem dans une guerre de conquête où tout est permis.

*Enfin la Cisjordanie. Les Palestiniens y sont beaucoup plus nombreux que les colons, mais ces derniers les encerclent et les asphyxient. On assiste à une colonisation spatiale. Les Israéliens installent partout des stations- service, des zones industrielles, des décharges et la terre palestinienne est inexorablement réduite. Les colonies existantes disposent d’énormes espaces pour s’agrandir. Certaines sont devenues de véritables villes. Les Chrétiens sionistes américains, qui sont accessoirement des antisémites, ont largement financé la colonisation. La frontière internationalement reconnue n’existe plus et il faut une carte française pour s’apercevoir que l’autoroute Tel-Aviv/Jérusalem traverse les territoires occupés ou que l’usine de cosmétiques Ahava est en Cisjordanie. Toutes les grandes villes palestiniennes sont encerclées par les colonies et le mur. Celui-ci prive la Cisjordanie d’une large partie de son territoire. La vallée du Jourdain est quasiment totalement annexée. La Cisjordanie est morcelée avec trois statuts différents (zones A, B et C) et des centaines de check-points. L’annexion n’est plus rampante, elle est omniprésente. Quand on traverse la Cisjordanie par les routes de contournement, on ne voit plus la Palestine. Pour aller de Ramallah à Bethléem, les Palestiniens doivent faire un large détour et utiliser des routes chaotiques. L’économie réelle est réduite à peu de choses faute de possibilité d’investir et de commercer. Les Palestiniens en sont réduits à devoir acheter leur eau aux Israéliens. Bref, comme l’a écrit Zyad Clot, « il n’y aura pas d’Etat palestinien » car l’occupant a détruit la possibilité d’en faire un.

Quelle paix ?

Les Palestiniens ont fait une concession majeure en 1988 à Alger en acceptant de limiter le futur Etat palestinien à 22% de la Palestine historique. C’est sur cette base qu’ont été signés les accords d’Oslo et cela a été un gigantesque fiasco et un marché de dupes. Les Palestiniens ont reconnu Israël et Israël n’a fait que reconnaître l’OLP. Il n’a jamais été question pour les dirigeants sionistes d’accepter de rendre les territoires occupés et, soit d’évacuer les colons, soit de les pousser à accepter la nationalité palestinienne. Il n’a jamais été question de reconnaître le droit au retour des réfugiés. Entre la signature des accords d’Oslo et son assassinat, en un an et demi, Rabin a installé 60000 nouveaux colons. Pourquoi ?

À aucun moment, les négociations ne sont parties du droit international ou de l’égalité des droits entre deux peuples numériquement de même importance. La négociation a porté sur la « sécurité de l’occupant » et les accords ont attribué à l’Autorité Palestinienne un rôle de collabo avec l’occupant qui est aujourd’hui très critiqué par les Palestiniens. Même à Gaza, le Hamas subit le même phénomène. Gouverner sans souveraineté ne mène nulle part.

Une vraie négociation devrait partir de la reconnaissance du crime fondateur (le nettoyage ethnique de 1948) et des moyens de «  réparer ». Commencer par là, c’est dire que le projet sioniste est illégitime. Les Blancs sud-africains ont pu dire que l’Apartheid était un crime pour faire la paix, les sionistes ne peuvent pas reconnaître la Naqba. Avec le sionisme, les Palestiniens seront toujours des intrus, les plus modérés cherchant à atténuer leur malheur.

La paix passe donc par un dépassement du sionisme ou une rupture avec le sionisme. L’existence d’un Etat Juif est illégitime. Rappelons que le seul « Etat Français » a été le régime de Vichy. Le droit international ne reconnaît que des sociétés où toutes les personnes, quelles que soient leurs origines ou leur religion, ont les mêmes droits. L’Etat Juif tel qu’il existe ne laissera jamais de place aux Palestiniens et ne peut pas accepter l’égalité des droits. La paix supposerait la fin de l’occupation, de la colonisation, le partage du territoire et des richesses, l’égalité des droits. Avec le sionisme, c’est impossible.

Le peuple israélien existe même s’il y a beaucoup à dire sur la façon dont il s’est formé. Shlomo Sand dit à ce propos qu’un enfant né d’un viol a droit aussi à l’existence. Même lui qui est partisan de deux Etats dit qu’un Etat Juif ne peut pas être démocratique. Si la paix passe par deux Etats, il n’y a aucune raison que ce soit sur la base 78%-22%.

La politique sioniste est aujourd’hui à la fois criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens. En détruisant la possibilité de deux Etats, les Israéliens vont se retrouver avec une lutte citoyenne pour les droits civiques dans ce qui ressemble de plus en plus à un Etat unique. Ils sont prêts à écraser les Palestiniens jusqu’au bout.

Nous n’avons pas le choix. Pour arrêter cette fuite en avant criminelle, vue l’absence durable de sanctions de la part des Etats, les citoyens doivent répondre à l’appel de 172 associations palestiniennes qui date de 2005 : BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Boycott total : commercial, économique, politique, scientifique, culturel, sportif … de l’Etat d’Israël tant que durera l’occupation. Il faut atteindre l’image d’Israël. Face à Michèle Alliot-Marie qui prétend que boycotter est un acte antisémite, il faut opposer ce que dit un anticolonialiste israélien, l’universitaire Neve Gordon : «  je suis pour le boycott, c’est la seule façon de sauver mon pays ».

Pierre Stambul

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 21:32

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Le Front populaire salue l'Intifada du peuple égyptien pour la dignité, la liberté et la justice sociale.

Le Front populaire pour la Libération de la Palestine rend hommage au peuple d'Egypte et à son Intifada pour la dignité, la liberté et la justice sociale.

Il salue les masses de la nation arabe au moment où elles bougent, dans la patrie arabe, pour la liberté, les droits, la démocratie, la justice sociale et l'unité.

Nous nous tenons complètement et fermement aux côtés de la nation égyptienne dans son choix pour la démocratie et le progrès.

Le FPLP salue ces jours glorieux où l'histoire se fait et qui sont l'oeuvre du peuple arabe.

Il se tient complètement et fermement aux côtés du mouvement démocratique du peuple et des forces progressistes qui cherchent à obtenir leurs droits nationaux, la démocratie et la justice sociale.

Nous sommes aux côtés de nos soeurs et nos frères arabes pour construire des mouvements modernes et des institutions qui reflètent la véritable volonté et les intérêts du peuple arabe, qui servent les objectifs et les ambitions du peuple et non ceux de l'impérialisme, du sionisme et de leurs fidèles alliés.

Nous rendons hommage au peuple égyptien qui s'est rebellé au nom de la dignité, de la liberté et de la justice sociale; et aux masses arabes qui aspirent à la liberté de leur patrie et au droit à l'humanité.

En plus, le FPLP affirme que les événements d'Egypte et de Tunisie, et la mobilisation de vastes secteurs du peuple dans un mouvement populaire de libération, doivent être un avertissement à tous les autres régimes

arabes: si notre peuple ne reçoit pas la dignité, la liberté et la souveraineté nationale qui lui reviennent, il les arrachera et laissera en arrière les régimes qui ne savent pas voir que les jours de la dictature et de la collaboration avec le sionisme sont dépassés.

Le Front populaire affirme en outre que la lutte du peuple palestinien et son mouvement de libération nationale s'inscrivent intégralement dans le combat des peuples de la nation arabe.

Chaque pas en avant de ce grand mouvement d'émancipation du peuple arabe se répercute sur la cause palestinienne et renforce notre lutte de libération.

L'émancipation touche non seulement les gens qui sont libérés mais le changement lui-même.

Le temps est venu de renforcer notre lutte de libération nationale démocratique et de nous rassembler pour nous tenir, ensemble, auprès du peuple égyptien et de sa grande Intifada, dans sa détermination à obtenir ses droits et la liberté de l'Egypte, non seulement libérée de la dictature mais aussi de l'impérialisme US et le sionisme qui tentent désespérément d'arrêter la marche triomphale du peuple égyptien et de détourner ses nobles objectifs.

Le FPLP est fermement convaincu que la lutte du peuple égyptien est non seulement juste, elle est forte et elle entraînera la défaite de ce régime. Elle enverra un signal de défaite à tous les régimes arabes qui vivent sur le dos de notre peuple tout en obéissant aux diktats des Etats-Unis et des sionistes. Israël et les Etats-Unis montrent clairement leur faiblesse et leur peur devant le mouvement populaire du peuple égyptien dont le soulèvement est toujours le symbole de celui de la nation arabe, pour se libérer de la soumission, du colonialisme et de la peur.

Le peuple égyptien est engagé dans une superbe marche historique pour l'Egypte, pour la nation arabe et pour la Palestine. Vive l'Intifada égyptienne!

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