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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 06:49

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Ils sont 72% à s'opposer à une intervention militaire. 55% de l'électorat de l'UMP y sont aussi hostiles. Aux États-Unis le soutien au conflit s'érode.

Les choses sont désormais entendues sauf à l'Élysée et à Matignon. 72 % des Français sont opposés à l'intervention militaire en Afghanistan. Soit 2 % de plus qu'en juillet de l'année dernière. Fait marquant et hautement significatif : une majorité des sympathisants de l'UMP (55 %) affichent désormais leur hostilité à cette guerre. Nicolas Sarkozy estimera-t-il enfin qu'il y a urgence à prendre en compte l'opinion ultra-majoritaire des Français si aussi dans les rangs de son électorat le soutien à la politique élyséenne en Afghanistan est en voie d'érosion. Quelles sont les raisons de poursuivre une guerre aussi impopulaire, la grande majorité des sondés estimant la situation sur place très difficile et qu'il existe un véritable risque d'enlisement (88 %). Au fur et à mesure que le conflit s'installe dans la durée sans donner de résultat probant à cette aventure militaire : ni perspective de rétablissement de la paix, ni soutien réel à la population afghane qui paie le prix fort du conflit prise en otage entre les insurgées talibans et les forces occidentales. Quant à l'illusion entretenue par Washington de faire progresser le pays vers la démocratie, les Français n'y croient qu'à 35 %. Et ils ne sont que 44 % à croire que la présence occidentale est nécessaire pour lutter contre le terrorisme international.

Si les Français, comme le fait remarquer Jérome Fourquet de l'IFP, n'ont véritablement jamais été des foudres de guerre dans le conflit afghan, ils n'étaient que 55 % à être favorables à l'intervention d'octobre 2001 en Afghanistan. Un soutien qui s'est érodé très vite. Plus encore chez les femmes et chez les jeunes de moins de 35 ans où l'on semble encore plus lucides sur les réalités de la situation sur le terrain. 64 % des femmes rejettent l'idée que la guerre s'impose contre le terrorisme international. Même avis chez les jeunes à 59 % . L'enquête de l'IFOP mesure également l'état d'esprit outre-Atlantique et là encore les surprises sont au rendez-vous. La moitié des Américains sont favorables à l'intervention, mais autre interprétation du sondage : la moitié lui est désormais hostile. Un pourcentage plus élevé d'avis défavorables chez les démocrates (54 %). Comme en France, le camp présidentiel aux États-Unis n'est plus soutenu par une majorité dans ses propres rangs. Même si une partie importante de l'opinion américaine estime encore que la présence des boys en Afghanistan sert la démocratie (54 %). Mais il est de plus en difficile aux autorités occidentales de cacher l'échec patent. Les opinions publiques occidentales ont assimilé avec raison poursuite de la guerre et bourbier. Le syndrome Vietnam joue à plein. Le sondage sanctionne une absence de résultats concrets et tangibles. On est bien loin des grandes déclarations faites par les dirigeants de l'Otan au sommet de Lisbonne en novembre dernier.

La participation de la France à cette guerre américaine est sans issue, sans légitimité politique et sans espoir pour l'avenir du peuple afghan. Et la majorité des Français ne s'y trompent pas. L'Élysée et Matignon vont-ils enfin avoir le courage de les affronter en ouvrant un véritable débat public sur cette question ? N'est-il pas temps que les députés, forts de ce nouveau sondage, puissent enfin intervenir sur le choix d'une politique qui amène notre pays dans un conflit meurtrier pour le compte des États-Unis ? Plutôt que de participer à cet enlisement collectif, Paris pourrait agir plus efficacement en réclamant la convocation d'une conférence internationale, sous égide des Nations unies, propre à définir les véritables voies à suivre pour assurer la reconstruction de l'Afghanistan.

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Á lire aussi : Entretien avec Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop

Dominique Bari

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 21:55

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Poursuivant son œuvre de décivilisation, le pouvoir en place prend pour cible permanente toutes les fonctions publiques. Dans sa guerre ouverte contre les fondements de notre modèle républicain, le Président de la République, son Gouvernement, sa majorité parlementaire usent de toutes les armes possibles : coupes budgétaires, privatisations et externalisations de missions essentielles aux habitants de notre pays, stigmatisations et mises en cause permanentes du travail des fonctionnaires, intimidations et menaces récurrentes à l’approche des échéances électorales, suppressions massives d’effectifs, remises en cause des statuts…

 

Et les exemples sont devenus quotidiens. Hier, c’étaient les magistrats qui étaient accusés arbitrairement de ne pas remplir leur mission. Aujourd’hui, ce sont les enseignants qui sont sommés par leur hiérarchie de renoncer à leur liberté d’opinion, quelques semaines avant les élections cantonales, en contradiction avec l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui vaut pour les fonctionnaires comme pour tout citoyen : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » L’article 6 de la loi du 13 juillet 1983 sur les droits et obligations des fonctionnaires vient d’ailleurs rappeler cette liberté fondamentale : « La liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires. »

 

Derrière ce climat d’intimidation, c’est la remise en cause de toute la fonction publique qui se profile. Une proposition de loi, déposée en janvier par le député UMP Jean-François Mancel, propose tout simplement de restreindre le champ d’application du statut de la fonction publique aux seuls emplois de souveraineté nationale et de puissance.

 

La résignation et l’attente avant un hypothétique changement d’orientation politique en 2012 ne peuvent servir de réponse quand ce sont les fondations démocratiques de notre société qui sont en jeu. Sans attendre, j’appelle solennellement à la constitution d’un très large front de résistance dans tout le pays, associant les personnels de toutes les fonctions publiques, les usagers et citoyens. Exigeons le respect des droits fondamentaux relatifs au service public comme à la fonction publique ! Construisons collectivement d’autres perspectives pour l’élargissement des services publics en impliquant plus activement les citoyens ! Remettons au centre de la conception du service public son objectif initial : répondre aux besoins humains !

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 21:54

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Voici un nouvel exemple de la poursuite effrénée de la course à la rentabilité financière des grands groupes transnationaux.

 

 

Suite à la fusion de Merck (MSD-Chibret en France) et Schering-Plough, le nouveau Merck, 2ème groupe pharmaceutique mondial a annoncé la suppression de 800 emplois en CDI en France, la vente de l’usine d’Eragny sur Epte (Oise) ainsi que la fermeture totale du site Schering-Plough de Riom (Puy-de-Dôme).

 

Le bénéfice net du groupe s’élève à 12,9 milliards de dollars en 2009 contre 7,8 milliards en 2008.

 

Ce plan de licenciement et de restructuration injustifiable va concerner plus de 1 500 salariés dans notre pays en y intégrant les CDD, les intérims et l’ensemble des sous-traitants. Il s’agit là d’une nouvelle atteinte majeure à l’emploi industriel, pour des motivations purement financières, et afin d’offrir une part toujours plus grande des richesses produites aux actionnaires.


Dans le contexte économique et social que nous connaissons, c’est une nouvelle provocation pour l’ensemble des personnels de ce groupe qui n’ont eu de cesse de s’adapter aux contraintes imposées ces dernières années par la direction des deux groupes en France.

 

Par ailleurs, cette décision intervient alors que les pratiques de rémunération de Merck sont tout simplement inqualifiables, avec des « top managers » rémunérés en millions d’euros tandis que les salariés sont licenciés pour motif économique. Ce groupe a également bénéficié de différentes subventions publiques dans le cadre de son implantation et de ses activités de Recherche / Développement.

 

Pour le site de Riom, qui compte une centaine de salariés spécialisés dans la chimie de synthèse et analytique, la toxicologie et les services supports, le plan prévoit l’arrêt de tous les secteurs, sans reclassement au sein du site MSD-Chibret de Riom.

 

En relais à la demande des salariés et des responsables des comités d'établissement des sites de Riom, dans le Puy-de-Dôme, je leur ai apporté mon soutien lors de la manifestation parisienne du 8 février dernier.

 

 

 

 

 

Il est important que soient portées collectivement d’autres perspectives pour les salariés du groupe, souvent jeunes et avec un haut niveau de qualification.

 

Plus globalement, il faut proposer d'autres perspectives pour l'industrie pharmaceutique dans notre pays à travers la construction de réponses politiques ambitieuses, notamment en matière de recherche, en associant étroitement les salariés aux grandes décisions de leur groupe.

 

Pour cela, il est indispensable de s'attaquer aux critères actuels de gestion des entreprises, et particulièrement des grands groupes, en substituant à la rentabilité financière, une logique d'efficacité sociale et environnementale.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 18:30

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http://www.aloufok.net/spip.php?article1869

 

La Diversité : y rentrer ou en sortir ?

Bertrand Vergely

 


Ancien normalien et agrégé de philosophie, Bertrand Vergely enseigne la philosophie en première supérieure à Orléans ainsi qu’à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’Institut de théologie orthodoxe de Saint-Serge.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont La souffrance. Recherche du sens perdu (Gallimard, « Folio essais ») et Le silence de Dieu. Face au malheur du monde (Presses de la Renaissance, 2006). Il intervient sur les thèmes de la souffrance et de la mort dans les facultés de médecine de Reims et de Tours. L’un de ses livres s’intitulait Voyage au bout d’une vie (Bartillard, 2004).
Il est aussi l’auteur d’une Petite philosophie du bonheur, publiée par les éditions Milan dans la collection « Pause philo » en 2002. Chez ce même éditeur, mais dans la collection les « Essentiels », Bertrand Vergely propose une série de textes sur quelques grands philosophes et leur philosophie dont, en 2007, Pascal ou l’expérience de l’infini et, en 2009, Montaigne ou la vie comme chef-d’œuvre.

***

Pour qu’il n’y ait pas de confusion dans notre relation au problème de ce matin, je vais préciser que je voudrais vous apporter un éclairage philosophique et non politique. Nous parlerons du politique, mais je voudrais vous proposer un détour philosophique pour essayer de voir comment on peut donner du sens à la diversité. Ce qui m’intéresse est de prendre du recul pour apercevoir pourquoi la notion de diversité est originale et pourquoi elle mérite d’être défendue.
Je vous parlerai de 3 sujets à partir de 3 images : les Marx Brothers, Arcimboldo et le Ku Klux Klan. Ensuite, je vous parlerai également de Jean-Jacques Rousseau. Vous verrez que ces images vont permettre de fixer ce qu’est la notion de diversité.
Dans un premier temps, je crois qu’il faut des définitions et un domaine de réalité. Ensuite, je vous montrerai que la diversité implique une démarche originale de la pensée et qu’elle a des implications morales et politiques. Enfin, j’essaierai de voir comment aujourd’hui on peut accueillir la diversité et même faire un travail mental sur la diversité qui peut, si on le fait bien, radicalement changer notre vision du monde. Je crois que la diversité participe d’une vision du monde ; nous sommes dans un processus de mondialisation, de diversification et il faut s’en saisir comme une chance pour pouvoir penser plus large et mieux.


1. Définition. Les Marx Brothers


a) Divergence. Parce qu’il faut toujours partir des mots, je rappelle que bien que la diversité fasse toujours penser au concept mathématique de pluralité, ce n’est pas cela. La diversité ne consiste pas à mettre plusieurs personnes dans une pièce ; « diversité » vient de diuersus, qui renvoie à la divergence. Pourquoi la diversité est-elle tout à fait étonnante ? Parce que c’est un processus de divergence qui va créer des convergences, parce que cela vit sur le mode de la divergence. C’est simple : si tout le monde diverge, en apparence, tout le monde s’éloigne de tout le monde, mais en vérité, tout le monde se rapproche de tout le monde parce que tout le monde diverge. On voit là apparaître un ordre singulier, celui de la diversité, c’est-à-dire une manière totalement inconnue de créer de l’ordre. Qu’est-ce que ce mode divergent ? Il se trouve à l’intérieur de la vie car la diversité est la caractéristique de la vie et de la manière dont elle se maintient en équilibre. Que fait le vivant ? Il grouille de vie, il prolifère, il diverge : c’est pourquoi il se renouvelle et maintient l’identité de la vie. On se trouve là devant quelque chose d’étonnant, symbolisé aujourd’hui par la notion de biodiversité.


b) Diversion. Il est intéressant de voir qu’à l’intérieur de la diversité dans notre domaine humain, deux phénomènes doivent nous alerter. D’abord, diverger crée la diversion. Qu’est-ce que la diversion ? Dans l’ordre de la stratégie militaire, il s’agit d’une opération extrêmement créatrice qui permet en général de remporter une bataille. Mais dans la vie quotidienne, nous faisons tous diversion : que se passe-t-il quand on est face à un fou furieux qui poursuit quelque chose en ligne droite, d’une manière – dirais-je – assez fanatique ? On est obligé de pratiquer des diversions pour l’arrêter et donc d’introduire à un moment quelque chose qui vient d’ailleurs. La diversité est une opération mentale qui vise à faire diversion, à introduire, donc, de la divergence pour éviter qu’il y ait des phénomènes d’emballement ou de fixité. La vie n’est pas une ligne droite.


c) Divertissement. La diversité renvoie au problème du divertissement. Qu’est-ce que le divertissement ? C’est ce qui relâche les tensions et est donc extrêmement récréatif. Entrer dans une pensée de la diversité, c’est entrer dans une pensée extrêmement originale dont je dirais que la caractéristique principale est la suivante : c’est la sortie d’un mode de pensée binaire. On a tendance à opposer l’ordre au désordre ou le désordre à l’ordre ; cela peut donner deux types de dictature, celle du principe et du parti uniques, de la pensée monolithique, ou celle du chaos, l’anarchie ou l’hyperindividualisme. La diversité n’est pas le désordre opposé à l’ordre : elle ne s’oppose pas, elle fait diversion, vient d’ailleurs et est structurée par l’inconnu. Il ne faut pas opposer ou confondre diversité et chaos. La diversité n’est absolument pas le chaos mais un ordre structuré sur le mode de l’inconnu.
On va le voir avec les Marx Brothers. Le propre du burlesque américain est une série de diversions. Un film des Marx Brothers ou de Charlot représente la diversité. Charlot se promène dans une rue avec un chiffon rouge, arrive une manifestation d’ouvriers qui se saisit de Charlot et le met en tête de la manifestation ; lui agite son mouchoir rouge et tout le monde le prend pour un leader politique, du coup, il est pris en chasse par la police et s’ensuit une série de diversions. Qu’a-t-on vu dans ce film ? Une chose sans queue ni tête, où tout diverge, où rien n’est cohérent. Et parce que vous avez fait une cure de diversité, vous êtes complètement apaisé au niveau de vos tensions nerveuses et vous êtes prêt pour repartir dans la vie pour travailler et exercer vos responsabilités.


2. Une pensée originale. Arcimboldo.


On s’aperçoit – deuxième point – que la diversité est un mode de pensée très créatif et qui va engendrer une éthique qui est créatrice également. Une idée permet de structurer tout cela : c’est ce que l’on trouve chez Arcimboldo. Il s’agit de ce peintre du XVIe siècle qui a fait des portraits tout à fait étonnants : il a reconstitué un visage humain en utilisant soit des légumes, soit des livres, soit des instruments scientifiques. Que voyons-nous ? On est là dans un processus de diversité qui fonctionne par 3 éléments, le premier est l’analogie, le deuxième, l’allégorie et le troisième, le baroque.


a) L’analogie. Qu’est-ce que l’analogie ? C’est le fait de prendre quelque chose et d’aller du même vers l’autre, c’est-à-dire de montrer une identité se diversifier. Le visage humain peut se diversifier et s’exprimer par des légumes, des instruments scientifiques ou des livres. Pourquoi ? Parce qu’un homme raconte la nature (les légumes), la culture (les livres), la science. On dira qu’il y a ici un principe d’analogie. C’est la même chose que le principe d’allégorie à l’envers.


b) L’allégorie. Qu’est-ce que l’allégorie ? Ce sont des choses différentes qui renvoient à la même chose. Nous avons donc derrière le processus de la pensée de la diversité, le même qui se diversifie, et d’autre part la diversité qui raconte la même chose. Apparemment, pas de point commun entre les légumes, les livres et les compas. Mais grâce au visage humain, existe la possibilité de rassembler ces éléments divers et de dire que cela raconte la même chose. Cela nous montre le baroque.


c) Le baroque. Qu’est-ce que le baroque ? C’est ce qui génère en nous la liberté, et derrière la liberté, cela ouvre sur le fantastique, l’imagination, la création, c’est-à-dire l’humanisme. Au XVIe siècle, on voit des humanistes demander de vivre la culture, qui était théologique à l’époque, de l’intérieur. Que font-ils ? Ils font l’apologie de l’imagination (Eloge de la folie d’Érasme). Que disent-ils ? La création est magnifique car elle nous emmène au-delà de nous-mêmes et nous invite donc à nous transcender. Des penseurs font l’éloge de la folie pour expliquer que la folie est une forme de transcendance intérieure qui permet à l’individualité de s’épanouir. Nous avons là des figures très fortes liées à la création, à l’imagination ; nous sommes devant la diversité.


Qu’est-ce que la diversité ? C’est la capacité que l’esprit peut avoir d’aller de l’un au multiple, du multiple à l’un et de voir des rapports et des relations entre tout cela. Il faut donc un esprit très délié pour aller dans le monde de la diversité. Notez qu’au XVIe siècle, on est confronté au même problème qu’aujourd’hui mais autrement : aux XVIe et XVIIe siècles, on découvre la diversité des cultures par les circumnavigations, le microscope, qui nous montre des mondes infiniment petits, la lunette astronomique de Galilée, qui nous montre des univers infiniment grands. On vit dans un monde relatif où l’on se demande comment vivre dans un monde de relativité ; j’ai besoin de repères et ne peux simplement me contenter de vivre d’une manière chaotique. Mais comment créer un ordre avec du désordre, comment créer des repères tout en respectant la diversité du monde ? On voit qu’à un moment, c’est possible si l’on a cette faculté mentale qui consiste à se saisir de la réalité comme une chance pour pouvoir imaginer : c’est par l’imagination, l’invention et la création qu’il est possible de faire de l’ordre avec du désordre.


Je crois qu’aujourd’hui nous sommes dans un monde qui présente les mêmes caractéristiques : nous avons affaire à la relativité, à un monde extrêmement changeant et mouvant. Il y a deux possibilités : ou on est complètement perdu parce qu’on absorbe ce monde sans y créer des repères, on s’engloutit et se noie dans ce monde, ou on est rigide, on réagit contre et à ce moment-là, on va exploser ou on devient créatif dans un monde créatif et on est capable de dresser des ponts de la même manière qu’Arcimboldo dresse des ponts entre les légumes, les livres, les compas et le visage humain.


3. Morale et diversité. Le Ku Klux Klan.


a) L’invention du racisme. Il importe de comprendre comment cela peut se traduire au niveau politique et au niveau moral, vu d’un point de vue philosophique. C’est là que je voudrais parler du Ku Klux Klan. Vous pensez tous, nous pensons tous que le racisme est le refus de la différence. Malheureusement, cette idée est fausse car le racisme n’est pas le refus de la différence mais le refus du semblable. L’analyse des conditions d’apparition du racisme dans le sud des États-Unis au XIXe siècle le montre : on assiste à l’abolition de l’esclavage, qui provoque l’apparition du racisme. Pourquoi ? Parce que des ouvriers blancs sont tout à coup mis au même niveau que des ouvriers noirs qui étaient d’anciens esclaves, et ne le supportent pas. Ils forment donc cette société secrète qui a pour but de terroriser les Noirs afin qu’ils retournent en Afrique.


b) Le semblable. Que voyons-nous ? Nous voyons que ce qui fait peur aux individus est le semblable. Ce qui fait peur est que le Blanc dise : « Moi, l’égal d’un Noir, jamais ! Moi, l’égal d’un pauvre ? Jamais ! Moi, l’égal d’une femme ? Jamais ! » Tel est le problème du racisme. On baptise cela refus de la différence mais ce n’est pas cela : c’est le refus du même. La différence est ce qui fait le jeu du racisme. Que dit un raciste ? « Le Noir est tellement différent de moi qu’on ne peut pas se comprendre. Les femmes ne pensent pas à ma façon : on ne se comprendra jamais ! Moi et une personne handicapée ? Mais nous ne faisons pas partie du même monde ! » Quant aux jeunes et aux anciens, ils disent qu’ils ne peuvent pas se comprendre : « Ils sont trop vieux, nous ne pouvons nous comprendre », « Ils sont trop jeunes, nous ne pouvons nous comprendre ».


Quelle est donc la douleur de notre monde ? Chacun s’enferme dans sa différence, dans sa communauté, dans son identité et que fait-on ? On dit qu’on ne peut pas se comprendre. En ce sens, ce qui permet de lutter contre le racisme est important, c’est la catégorie du semblable. L’autre est mon semblable, ce n’est pas quelqu’un de différent de moi.


c) Rousseau. Rousseau a bien compris cette catégorie. Que nous dit Rousseau ? L’égalité fonde l’humanité. L’égalité ne consiste pas à être tous pareils par rapport à un modèle d’individus commun ; c’est le fait d’avoir tous les mêmes réactions. Les Hommes se caractérisent par deux choses : la première est la volonté de vivre et de conserver leur vie (cela veut dire que les Hommes ne sont pas suicidaires) ; deuxièmement, en général, les gens n’aiment pas être maltraités donc ils n’ont aucun plaisir à voir maltraiter les autres. C’est la fameuse bonté de Rousseau, qu’on a critiquée. Est-ce critiquable ? Est-il critiquable de dire que, quand l’Homme n’a pas été déformé, il n’est ni méchant, ni fou, ni suicidaire, ni meurtrier et ne prend aucun plaisir à la souffrance. L’opération mentale qui consiste à penser que nous sommes tous les mêmes est la même que celle qui consiste à affirmer qu’il y a un lien entre la nature, la culture, la science, l’Homme, les légumes, les compas, les livres, et d’autre part le visage humain. La pensée de l’humanisme voit du semblable partout : à ce titre, elle est extrêmement créatrice. C’est toujours très créateur de dire que les gens ne sont pas fous et que l’on peut vivre ensemble.


d) Fernand Raynaud. Deuxième point important. Vous connaissez le sketch de Fernand Raynaud dans lequel une personne explique qu’elle n’aime pas les étrangers pas plus que son village, et qu’on a décidé de chasser le seul étranger du village : le problème est que c’est le boulanger ! Ils ne mangent donc plus de pain depuis qu’ils l’ont chassé. Ce sketch est subtil car il montre qu’un être humain a différentes facettes : un étranger n’est pas seulement un étranger mais aussi un boulanger, c’est quelqu’un qui rend de nombreux services, quelqu’un de multiple. C’est important pour comprendre et dépasser les sentiments d’exclusion qu’il peut y avoir dans la société. Si on appelle l’étranger simplement l’étranger dans l’autre menaçant qui vient m’envahir, on entre dans l’hostilité. Mais si on s’aperçoit qu’un étranger est aussi une personne capable de faire du pain, de monter une entreprise, de créer des emplois, on ne le voit dès lors plus comme étranger, et en ne le chassant pas, on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, c’est-à-dire que l’on n’a pas une conduite autodestructrice. Voici le deuxième apport de Rousseau, qui cette fois n’est pas dans le Discours sur l’origine des inégalités mais dans le Contrat social : si les Hommes n’ont pas été déformés, ils ont plutôt envie de vivre et n’ont aucun plaisir à faire souffrir. A plusieurs, on est beaucoup plus fort que tout seul et l’autre n’est pas un obstacle mais augmente ma liberté. Vouloir tout faire seul dans mon coin sans les autres m’épuise. S’enrichir les uns des autres présente un autre aspect créateur.


e) Le paradoxe de la démocratie. Cela nous amène à apercevoir la question de la diversité aujourd’hui, qu’il faut poser correctement : pour ce faire, il importe de sortir d’une diversité politique pour entrer dans ce que j’appellerais une diversité éthique. Au niveau de la politique, on parle beaucoup de la diversité, et en particulier des 4 choses qui concernent votre entreprise et toute la société, l’acceptation des étrangers, des femmes, des handicapés, des jeunes par les anciens et des anciens par les jeunes. Nous sommes dans un processus démocratique qui use de contraintes pour imposer le racisme comme étant un délit, la parité entre homme et femme et le souci des handicapés comme étant un progrès, tout comme l’insertion des jeunes et des anciens dans la société. Actuellement, cela se fait sur le mode du conflit et de la contrainte légale. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu des abus autrefois, auxquels on réagit en tapant du poing sur la table. Je dirais qu’on a raison car cela fait partie du combat et de la lutte politique qui est nécessaire.


Mais attention, nous vivons beaucoup trop dans notre pays la question de la diversité sur un mode polémique : à travers des combats opposant des hommes aux femmes, les Français aux étrangers, les normaux aux pas normaux, les jeunes aux seniors, on risque de détruire la diversité si on la vit sur un mode polémique, et on risque de pratiquer la technique de l’arroseur arrosé. Si la diversité demain est un patchwork de ghettos, où il y a les femmes d’un côté, les étrangers de l’autre, les handicapés, les jeunes, les vieux, chacun avec des droits, tout le monde avec une visibilité et avec un certain nombre de représentants à l’Assemblée nationale, que se passera-t-il ? On pensera être dans la diversité mais ce sera comme le Canada Dry : cela aura le goût et l’apparence de la diversité mais ce ne sera pas la diversité parce qu’il y aura des particularismes, des communautarismes, dans lesquels tout le monde exclut tout le monde, où tout le monde est indifférent à tout le monde. Et à ce moment-là, ce sera assez dramatique car, partis pour réussir la démocratie et la diversité, nous risquons de la manquer.


4. La situation actuelle.


Je crois qu’il faut introduire là une diversité au plan philosophique. Comment introduire la diversité dans notre monde ? Il ne faudra pas des lois, de la polémique ou des conflits mais un travail personnel : il va falloir comprendre que la diversité qui est à l’extérieur est en moi ; je crois que si nous faisons ce travail de mentalité qui consiste à transformer la diversité en un problème intérieur et pas simplement extérieur, alors, nous avons une chance de vivre une démocratie, de vivre une diversité créatrice.


a) La femme. Que veut dire « travail intérieur » ? Considérons la femme : la femme n’est pas simplement un sexe, elle n’appartient pas à une population ; les femmes sont à l’intérieur de moi dans ce que j’appellerais la partie féminine de moi-même. Il y a les femmes dans l’humanité mais aussi le féminin en nous. Sous quelle forme ? Sous la forme de la sensibilité ; nous avons besoin de la raison et de la sensibilité. Pourquoi avons-nous besoin de la sensibilité ? Parce que la sensibilité est ce qui reçoit et capte les messages de l’extérieur pour les transformer à l’intérieur et les redonner ensuite sous la forme d’expressions. L’être humain est un être d’expression, d’impression et de transformation de tout un donné informationnel ; c’est la raison pour laquelle il est très important d’avoir une belle sensibilité. Il m’arrive de faire des séminaires sur la vulnérabilité en entreprise avec des managers pour leur expliquer que nous avons été formatés dans une culture masculine de la performance, de l’autorité et du pouvoir, et qu’il faut absolument se réconcilier avec cette autre part de la culture, celle de la sensibilité, vrai mot de la vulnérabilité, et qui permet au féminin d’exister. Le problème n’est pas simplement de donner des droits aux femmes : c’est très bien de leur en donner mais le problème va beaucoup plus loin. Il s’agit de rééquilibrer une culture de la raison, et en particulier, je crois que si nous travaillons à l’intérieur de nous-mêmes sur la sensibilité, alors, nous aurons une belle diversité entre l’homme et la femme. L’homme et la femme divergent l’un de l’autre et plus ils divergent mieux ils se comprennent. Que se passe-t-il quand il n’y a pas ces phénomènes de divergence créatrice ? On aboutit à ce drame des couples où l’un dévore l’autre et finit par se retrouver tout seul : l’homme dévore la femme, la femme dévore l’homme, c’est un monde qui se dévore lui-même.


b) L’étranger. Deuxième point important, l’étranger. Pourquoi avons-nous des problèmes avec les étrangers ? Parce que nous avons oublié que nous sommes des étrangers. En vacances, j’ai vu des touristes à la terrasse d’un café qui disaient entre eux : « C’est fou ce qu’il y a comme touristes ici ! » : ils avaient oublié qu’eux-mêmes étaient des touristes. On pense toujours que l’étranger est l’autre ; ce n’est pas du tout l’autre, l’étranger, c’est moi ; je suis un étranger pour l’autre mais je ne me vois pas. Pourquoi avons-nous des problèmes avec les étrangers ? Nous en avons quand nous avons des problèmes avec nous-mêmes et quand nous ne voyons pas qui nous sommes. Pour un Allemand ou un Noir, je suis un étranger mais ce n’est ni l’Allemand ni le Noir qui sont étrangers par rapport à moi. Dans les chantiers d’avenir, cela demande d’ouvrir notre mentalité. J’espère que l’Europe sera une pensée, que la démocratie sera une pensée ; j’espère que j’aurai ce niveau de finesse pour penser que l’étranger, c’est moi.


c) La personne handicapée. Terminons par l’handicapé : qui est-il ? Ce n’est pas simplement l’autre, c’est moi. Pourquoi ? Parce que personne n’est dépourvu de faiblesse ou de limite. Et à un moment, pour différentes raisons, je suis handicapé à ma manière. Nous avons sélectionné une partie de la population qui a des problèmes particulièrement urgents et il est vrai qu’elle mérite un soin spécifique ; de ce point de vue-là, je ne dirai pas que nous sommes tous handicapés, nous ne sommes pas tous paralysés ou aveugles, bien sûr. Mais il y a des choses où je suis totalement handicapé donc cela permet de réfléchir sur le normal et le pas normal, le fort et le faible. Puisque je parle de la vulnérabilité, je vous explique que nous ne sommes pas forts ou faibles mais nous sommes tous forts et faibles. Un petit bébé est faible et vulnérable mais tellement craquant qu’il est d’une certaine manière beaucoup plus fort qu’une brute ! Nous nous apercevons que nous sommes forts à certains moments de notre et vie et faibles à d’autres moments et quand j’ai compris cela, je suis dans la diversité.


d) Le jeune. Troisième et dernier point, le jeune et le vieux : c’est la même chose ! Que signifient « jeune » et « vieux » ? Nous avons tous en nous une part de maturité et de jeunesse mais aussi une part d’irresponsabilité, parfois vieillotte et grise. Quel est le sens de ces classifications entre les jeunes et les vieux si je ne me remets pas en question ?


Je dirais que, philosophiquement, la diversité devient un phénomène absolument passionnant quand on se l’approprie personnellement pour justement en faire quelque chose : on rejoint ainsi le processus créatif qui consiste à créer des passerelles, du semblable, et à diversifier. Je m’aperçois, en particulier dans les phénomènes de résilience – lorsque l’on parle de la souffrance, la résilience (comme le dit Boris Cyrulnik) est l’appropriation de la difficulté, de l’obstacle pour le transformer en une richesse personnelle.

La diversité peut donc faire peur et devenir catastrophique si elle est uniquement représentée par des communautés indifférentes les unes aux autres simplement dotées de droits, ou alors, elle peut devenir l’aventure de demain si on se l’approprie personnellement, pour justement en apprendre plus sur soi.

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 21:12

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Réforme de l’hôpital


Par Guy Fischer Sénateur PCF


Version provisoire

La loi HPST a réuni contre elle tous les professionnels de santé, des infirmiers aux mandarins des hôpitaux, ainsi que les patients, les usagers, les élus.

C’était un pas vers la privatisation du système de santé : elle progresse.

Nous ne voulons pas subordonner la protection sociale à une logique comptable. La réduction des moyens a fait reculer l’accès aux soins.

M. Xavier Bertrand, ministre. - Ce n’est pas vrai.

M. Guy Fischer. - La T2A et la convergence public-privé pèsent sur l’hôpital public. Il a fallu attendre la dernière loi de financement pour entendre que la convergence soit limitée aux bas tarifs. Vous n’avez jamais voulu intégrer la rémunération des professionnels de santé au tarif des établissements privés lucratifs, vous préférez faire croire que les actes coûtent moins cher que dans le public.

La T2A est inadaptée à certaines activités hospitalières, comme les soins palliatifs. Selon le professeur Gérard de Pouvourville, ce système conduit à la sous-prise en charge et au fractionnement des séjours. La Cour des comptes reconnaît elle-même les effets pervers du système.

Un rapport de l’Igas et de l’IGS a souligné que la T2A favorisait l’inflation de soins, au détriment des comptes publics.

On incite les établissements à faire du chiffre... La T2A organise la concurrence entre établissements publics et privés. Seuls les premiers accueillent tous les patients !

La proposition de loi entérine un modèle économique contesté. Nous sommes déçus. L’accès aux soins continue de se dégrader. La majorité veut supprimer les quelques mesures qui avaient résisté à l’examen de la loi HPST par le Sénat. Elle voulait surtout supprimer les sanctions et vider de sa substance le CSS. Le système actuel est à bout de souffle et ne répond pas aux besoins. Les Français s’inquiètent pour la permanence des soins, ils voient que certaines zones demeurent sous-médicalisées et que les dépassements d’honoraires explosent.

La permanence de soins ne peut être facultative -il ne s’agit pas de contraindre mais d’assurer la satisfaction des besoins de santé. Quant aux déserts médicaux, la loi ne les résorbera pas. Mme Bachelot avait d’ailleurs décidé seule de surseoir à l’application des mesures votées par le Parlement. Cette fois, on veut envoyer un signal aux médecins, électeurs potentiels.

Qu’une société civile puisse être financée par l’assurance maladie ne suffit pas. Ce mode d’exercice est plébiscité par les jeunes médecins. Mais ils refusent d’être des gestionnaires ou des entrepreneurs : voilà pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à opter pour le salariat. On refuse de mettre en cause le dogme de liberté d’installation. Les pouvoirs publics doivent avoir les moyens de garantir l’accès de tous à une médecine de proximité. On se repose sur les territoires -très inégalement riches. Nous proposerons d’encadrer les conditions d’installation des médecins, sans illusions...

Le nombre de médecins libéraux en activité aura diminué de 10 % en 2025 : il n’y aura plus que 283 généralistes pour 100 000 habitants, contre 340 en 2005 ! Nous serons presque revenus au niveau des années 80 ! Et ce alors que le vieillissement de la population entraîne une hausse de la demande.

J’en viens à la question des dépassements d’honoraires, qui explosent. Nous avions proposé des tarifs opposables, vous avez préféré laisser les professionnels libres de décider si leurs dépassements sont conformes au « tact » et à la « mesure ». Le secteur optionnel ne résout rien. C’est une incitation à imposer des dépassements légalement autorisés, pris en charge par les mutuelles : on assiste au transfert des dépenses sociales vers l’assurance privée. Il faut garantir l’accès de tous au tarif conventionné.

Cette proposition de loi refuse d’envisager l’essentiel. Les hôpitaux continuent de subir des coupes budgétaires et les patients des discriminations dans l’accès aux soins. Le Quotidien du médecin parlait de « reconquête » de l’électorat médical par la majorité...

Nous ne pourrons que voter contre cette proposition de loi.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 21:30

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A Pierre LAURENT, Secrétaire national du PCF
Aux membres du Conseil National

Aux Secrétaires Fédéraux


Chers camarades,


La convocation de notre Conférence Nationale des 4 et 5 juin prochain ouvre officiellement le débat sur la question de l’élection présidentielle et celle de l’accord politique que nous souhaitons au sein du Front de Gauche. La discussion sur notre projet et sur celui ou celle qui portera à cette occasion notre parole collective est posée. Ainsi l’adresse du Conseil National aux communistes « invite toutes les fédérations à prendre le maximum de dispositions pour permettre à chaque communiste d’être partie prenante de ce débat essentiel ».


André Chassaigne s’est adressé aux communistes dans une lettre ouverte rendue publique à l’Assemblée des animateurs de section dans laquelle il fait le bilan d’un tour de France débuté en septembre au lendemain de son offre de candidature.


Cette lettre ouverte, pourtant riche d’enseignements, n’a pas été portée à la connaissance des communistes

 

Il est de plus en plus évident que la candidature d’André Chassaigne n’est pas et ne sera pas soutenue officiellement par le Parti.


La résolution de notre dernier Congrès indiquait que « dans la perspective des élections présidentielles, des personnalités communistes étaient légitimes à s’engager comme candidat », une lecture particulière conduit à privilégier des candidatures individuelles excluant, de fait, la possibilité pour notre Parti de désigner un candidat à la candidature.


Sans soutien officiel ni appui du parti (notamment du point de vue du travail collectif, de l’accompagnement matériel et humain, de la communication autour de la démarche d’André…), c’est sur son équipe parlementaire, sur la Fédération du Puy-de-Dôme et sur des individualités que reposent le poids et la gestion de cette précampagne.

Précampagne dont André montre bien dans sa lettre ouverte toutes les difficultés. N’étant pas soutenue, cette candidature apparaît comme isolée face au poids lourd médiatique Mélenchon


Comment André peut-il lutter à armes égales sur ce terrain en n’étant pas soutenu par son propre Parti ?


Depuis le mois de septembre dernier qu’il s’est déclaré disponible, l’Humanité n’a guère donné d’échos à sa démarche, à la différence du traitement dont a bénéficié Jean-Luc Mélenchon notamment lors de l’officialisation de sa candidature.


En trois jours, trois articles sont parus dans l’Humanité dont une pleine page où Jean-Luc Mélenchon pouvait expliquer le sens de sa candidature. Dans cet article daté du 27 janvier 2011, la journaliste interroge Jean-Luc Mélenchon sur la visibilité du PCF et de la GU s’il était choisi pour représenter le Front de Gauche. Mais elle ne l’interroge pas sur une autre hypothèse, celle où il ne serait pas choisi. Il aurait été intéressant que Jean-Luc Mélenchon puisse répondre à cette question ayant déclaré au journal Libération que, s’il n’était pas choisi, « alors, les compteurs seraient remis à zéro ».


De nombreux communistes se sont inquiétés de cette situation.


Après une rencontre avec le secrétaire national, notre Fédération s’est adressée le 25 novembre dernier à l’exécutif national à travers une motion de son Conseil Départemental. Cette motion exprimait notre crainte de voir une absence de soutien à la candidature d’André se dessiner. Elle expliquait le handicap que cela constituait pour que cette candidature puisse se développer et demandait des éclaircissements sur les conditions dans lesquelles cette candidature allait se poursuivre. A ce jour, nous n’avons toujours pas de réponse à nos interrogations.


Nombreux sont les communistes qui attendent de la Direction Nationale le maximum de dispositions pour permettre à chaque communiste d’être partie prenante de ce débat essentiel, comme l’indique l’adresse du CN.


Un débat doit avoir lieu dans le Parti. Au-delà des hommes, il doit porter sur le fond, sur la démarche, sur l’avenir du Front de Gauche.


Mais comment avoir un débat serein, franc, qui n’exclut aucun élément à disposition, qui n’écarte aucune hypothèse a priori, qui n’omet aucune information si tous les éléments de ce débat ne sont pas donnés aux communistes et surtout si le débat n’est pas organisé nationalement ?


Les faits énoncés plus haut, mis bout à bout, amènent de plus en plus de communistes à penser que le choix est déjà fait, que la Direction Nationale a d’ores et déjà choisi de présenter Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche. Nombreux sont aussi les communistes à reprocher cette situation à notre direction faisant peser un danger sur notre Parti.


Mais comment ce choix pourrait-il être fait alors même que les communistes débutent cette discussion ? Le rôle d’une direction n’est pas de décider puis de demander aux adhérents s’ils partagent le choix fait. Sa responsabilité est de permettre un débat de qualité entre les communistes pour que ceux-ci soient les véritables décideurs des choix de leur Parti.


Toutes les opinions doivent être respectées, car c’est par le débat, la confrontation saine et sereine que nous avancerons ensemble. Il faut accepter ce débat, il faut accepter qu’il n’aboutisse pas obligatoirement là où on le souhaiterait. C’est accepter les règles démocratiques dont nous nous sommes dotés et que nous avons tous acceptées en adhérant à ce parti.


La Direction nationale doit donc organiser ce débat. Elle doit faire confiance à l’intelligence des communistes et mettre tout en œuvre pour que les choix que nous ferons soient des choix partagés parce que débattus.


Le Secrétariat Fédéral

Cyril CINEUX, Secrétaire Départemental
Boris BOUCHET ; Roger BOURDOULEIX ; Julien BRUGEROLLES ; Germaine CUERQ ; Jacques LANOIR.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 19:41

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Le débat Mélenchon/Le pen, ne peut qu'interpeller le militant lambda car quel intérêt peut-il y avoir à se mettre à table pour le vice-président du Parti de Gauche qui prétend représenter également les communistes à l'élection présidentielle à travers le Front de Gauche ?

 

Démontrer que la Marine est la digne héritière de son parachutiste putchiste de père, qu'elle draine la haine comme le capitalisme la guerre, c'est encore une fois enfoncer une porte ouverte et c'est avant tout, offrir une nouvelle tribune médiatique au meilleur partisan que puisse connaître le patronat depuis qu'un homme a commencé à en exploiter un autre, car la collaboration de classe, la chasse à ceux qui veulent briser leurs chaînes est bien l'apanage de la droite extrême, bras armé du capital.

 

J-M Mélenchon a voulu démontrer le racisme de l'égérie de l'Affront National, mais quand donc cessera ce petit jeu stérile... tout le monde sait que Marine Le Pen ne porte pas les travailleurs migrants dans son coeur, tout le monde sait que c'est bien différent si il s'agit d'un quelconque dictateur d'Afrique ou d'ailleurs....

 

Quand cette gauche cessera t'elle de croire et de laisser croire que l'électeur du Front National ne le sait pas, qu'il n'est qu'une victime vampirisée par la blonde chevelure de la nouvelle Jeanne ou l'oeil unique d'un breton dénaturé.

 

Quand cette gauche sera t' elle à même de répondre à ces questions existentielles de ceux que l'on dit d'en bas: je dors où, je bosse où et pour combien, je me soigne comment, je pars à la pêche à quel âge?

Il ne s'agit nullement de nier la nécessité absolue de combattre le racisme, de combattre la haine et l'intolérance, il s'agit de se donner une politique de gauche qui en répondant aux aspirations majoritaires du peuple de France donnera à ce dernier les moyens de vivre, de penser, de s'enrichir de justement donner corps à l'idée de fraternité, d'égalité, de liberté qui ne peut s'épanouir que dans une avancée conséquente des droits humains à une vie décente.

 

Qui peut encore croire ou laisser croire que débattre avec l'infâme rende ce dernier plus infâme alors qu'il s'agit de fait, d'une banalisation des thèses fascisantes, dès lors que la Marine titille le pompon médiatique et qu'elle trouve partenaire c'est l'orgie de mauvais jeux de mots, d'insultes patinées à force d'avoir été sujets de répétitions forcenées pour convaincre l'écoutant.

Joueuse d'accordéon dit la fille à papa, joueuse de je ne sais quoi répond le jean-Luc, pipeau que tout cela pas un de mes collègues ne s'est intéressé à leur joute promotionnelle, à peu près tout le monde s'en est battu....les oreilles au point qu'à l'heure où je vous écris le débat du siècle ne fait déjà plus débat.

 

Quelques âmes égarées ont tenté un temps, de nous faire croire que Georges était réincarné, ce qui en soit aurait été une formidable nouvelle, sauf que pour le coup c'est à travers le JLM qu'il se serait reproduit.

 

Franchement je ne crois que Georges aurait marché dans un truc pareil ou alors il serait allé au bout et la tête d'un ou d'une Le Pen aurait fini au bout d'une pique, pas le genre à poser à côté des héritiers d'un Pétain, d'un Adolphe ou d'un Laval voir d'un Mitterrand premier jus.

Non et c'est sans doute la différence entre un tribun populaire et un tribun passé sous les ors du sénat, d'un garant de l'indépendance nationale et un partisan de Maastricht, d'un prolo devenu révolutionnaire permanent à un un intello devenu un faux prolo éructant.

 

J'en conviens tout n'est pas dans le style mais moi prolo, quand j'entendais Georges, je buvais ses mots pas par délire mystique mais parce que j'entendais la voix de ma classe, parce que le lendemain au boulot tout le monde parlerait de Georges hier à la télé, avec un profond respect et ils respecteraient son parti, le parti de la classe ouvrière celle qui disparut pour revenir mettre une claque magistrale au Traité Constitutionnel Européen,

Georges avait dit je prends tout mais dans le tout de Georges il s'agissait de sa classe, la mienne, la vôtre, ce n'était pas parole de candidat mais un engagement de classe, quand Georges pouvait s'exprimer c'était fermement et avec respect de l'autre, avec dureté et fierté, sans calcul, sans confondre le maitre et son valet.

 

Je parle de Georges Marchais car ma génération garde cette méfiance naturelle à toute idée d'alignement européen et quelle pantalonnade que ce SMIC européen de Jean-Luc Mélenchon, fracassé en son lieu de naissance le voici renaissant au plan européen avec les soutiens massifs des gouvernements d'une droite majoritaire et d'une social démocratie qui assassinent les peuples grec, espagnol, portugais et dont le candidat pressenti achève l'étranglement d' Haiti et des pays tiers en attendant de se faire les crocs sur la terre de France.

 

Franchement pour en revenir à ce débat tant inepte qu'inutile pour la gauche et valorisant par les fachos comment s'égosiller maintenant contre les médias qui donnent de la ligne à la Marine puisque désormais le vice-président du Parti de Gauche s' asseoit à la même table pendant que l'on trinque en bas.

 

Nous voulons des salaires, des pensions, des retraites, une reconquête industrielle, des emplois, des services publics et Jean-Luc Mélenchon répond Programme Commun et Jospin, parmi les pires défaites du mouvement ouvrier contemporain, il choisit le meilleur.

 

Jean-Luc Mélenchon triomphe « je l'ai envoyée au tapis, elle ne connait rien en économie » bravo Jean-Luc 38%des auditeurs ont finalement jugé qu'ils avaient des idées en commun avec la Marine, 38%, c'est effrayant mais elle est au tapis, oui le tapis rouge celui où elle rafle la mise.

 

Jean-Luc Mélenchon demeure rassurant pourtant, si c'est DSK il sera devant et cela sans programme, magnifique non ?!, enfin il sera le first Monsieur de la gauche du pays, comme Obama il can !

Seulement voilà lors des Européennes, juré craché, le Front de Gauche sera devant le PS,raté Jean-Luc mais alors aux Régionales qu'est ce qu'on va leur mettre et on sera devant le PS, raté Jean-Luc...

 

Tiens je vais laisser Georges conclure, à sa façon lorsqu'il reprit un proverbe arabe je crois.

  « si on te trompe une fois, méfies-toi !

si on te trompe une seconde fois, méfies-toi encore plus,

si on te trompe une troisième fois alors tu n'as plus qu'à t'en prendre qu'à toi-même »

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:44

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:46

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Paris, le 26 février 2011 

 

La crise capitaliste porte un coup important à l'idéologie dominante qui, il y a vingt ans de cela, proclamait la « fin du communisme » et avec lui « la fin de l'histoire ».

Un peu partout dans le monde, de grands mouvements de lutte se développent, porteurs d’une recherche de rupture avec le capitalisme.

En Tunisie, en Algérie, en Egypte, sur une base de classe, les peuples ébranlent les dictatures au service de l’impérialisme. En Amérique latine, des expériences d’édification du socialisme se poursuivent.

  La question du socialisme revient au cœur de l’affrontement idéologique malgré le matraquage sur l’échec du « socialisme réel ».

Dans les pays d’Europe, sous l’égide de l’UE, la remise en cause, sans précédent depuis 1945 (à l’ouest), des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs rencontre une large opposition, des mobilisations nombreuses.

L’existence et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, marxistes et léninistes, c'est-à-dire des partis communistes, sont plus que jamais essentiels.

  Leur affaiblissement théorique et organisationnel des dernières décennies pèse très lourd sur l’issue des luttes, sur le mouvement syndical.

Nous faisons ces constats dans notre pays, au sortir des immenses manifestations de cet automne contre la casse du système de retraite.

Dans le même temps, parmi les travailleurs, dans la jeunesse se manifeste un intérêt plus grand pour le communisme pour tout ce que continue à représenter notre Parti dans l’histoire de notre pays. Le 90ème anniversaire du PCF a suscité une attention renouvelée, un grand nombre d’initiatives à travers le pays.

  L’histoire et l’avenir des partis communistes sont devenus en eux-mêmes un enjeu majeur de la lutte des classes. La pression est très forte, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour renier la raison d’être de nos partis, mener à bout les processus de transformation en partis réformistes, de « gauche ». Le Parti de la gauche européenne est l’instrument international de cette entreprise coordonnée en Europe, avec la Confédération européenne des syndicats.

 

Au sein du PCF, nous faisons partie de ceux qui combattent ce processus liquidateur depuis plusieurs congrès.

Nous observons avec grand intérêt ce qui se développe dans les autres partis communistes le travail de coordination dont la 12èmerencontre des partis communistes et ouvriers à Johannesburg en décembre 2010 a traduit les nouveaux progrès. Nous tâchons de faire connaître ces expériences dans nos publications, entre autres avec le site internet http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.

 

Mais nous éprouvons la nécessité d’intensifier les échanges avec nos camarades d’autres partis.

C’est dans cet objectif que nous organisons une rencontre communiste internationale fin février 2011 à Paris.

 

Des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), de l’Ambassade de Cuba, des camarades d’Italie (Refondation communiste – Ernesto), d’Espagne (PCE – La Republica), d’Autriche (KPÖ – Styrie), de Tunisie ont confirmé leur participation.

 

Nous vous invitons à participer aux deux débats prévus le samedi 26 février au Patronage laïque du 15ème, 72 avenue Félix Faure (métro Boucicaut)

 

De 9h00 à 12h00 :« Internationalisme ou intégration européenne ? – les PC face à la logique réformiste et liquidatrice du PGE ».

 

De 14h30 à 17h30 :« Luttes nationales et actualité du socialisme »

 

Une table de livres sera tenue à l’entrée. Le n°4 du journal Cahiers communistes rendra compte de cette rencontre.

  La solidarité entre partis communistes de différents pays, la confrontation d’expériences de lutte et de résistance ne peuvent que nous aider communistes français.

  Fraternellement,

  Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, membres du Conseil national du PCF

 

  A votre disposition pour toute information complémentaire :

  Contact : anthony.crezegut@wanadoo.fr ; pcf15@wanadoo.fr  

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:22

salem.jpgEntretien avec Jean Salem : Vers quels lendemains ?

Nicolas Dutent

 


Jean Salem est un philosophe français, né le 16 Novembre 1952, professeur de philosophie à l’ Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et directeur du Centre d’histoire des systèmes de pensée moderne depuis 1998. Il est le fils du journaliste Henri Alleg.


« Un communiste, selon moi, ça ressemble un peu à Diogène qui, lorsqu’on lui demandait : « Pourquoi entres-tu toujours au théâtre par la porte de derrière ? » répondait : « parce que tout le monde entre de l’autre côté ». JS


http://www.marxau21.fr/


Jean Salem, en tant que philosophe et observateur critique de votre époque, vous paraît-il encore possible d’infléchir le cours de la mondialisation ?


Chacun s’accorde à poser le même diagnostic : à parler d’une époque de crise. Et même d’une crise de civilisation. La situation générale ne paraît guère enthousiasmante, en effet. Un des scénarios les plus plausibles pour le futur proche réside dans une attaque que l’Empire (j’entends par là l’administration américaine) pourrait entreprendre contre l’Iran et, pourquoi pas, contre la Chine. À la différence de ce qui s’est passé à l’époque de la crise de 1929, les peuples n’ont même pas un espoir vers lequel orienter leurs regards. Car cette époque était celle du premier essor de l’Union soviétique et d’un mouvement communiste mondial.

Et quand la catastrophe a eu lieu, c’est à Stalingrad, ville un peu trop oubliée à mon goût, que le sort des armes a tourné. Dans le bon sens. — Au lieu qu’on n’évoque même plus aujourd’hui, dans les manuels d’économie destinés aux jeunes lycéens français, la possibilité d’une économie planifiée, le fait pourtant difficile à nier qu’une autre économie que l’économie capitaliste a effectivement existé, avec ses échecs et ses réussites, pendant près de 70 ans.

C’est d’ailleurs toute l’histoire du mouvement ouvrier, et non pas seulement celle du « socialisme réel », qu’on a provisoirement fait passer à la trappe. Cet état de choses pourrait inciter à un pessimisme absolu si des résistances toujours plus massives ne venaient à éclore dans le monde entier. Ce qui manque cruellement à ces résistances, ce sont, notamment dans la vieille Europe, des organisations soudées, résolues, communistes, qui ne penseraient pas que, du passé, nous ne pourrions qu’avoir honte !

À ce propos, j’affirme qu’inévitablement, en vertu de la loi dite des vases communicants, une révision de toutes les âneries qui ont été proférées sur le socialisme réel, s’imposera. Je constate d’ailleurs avec joie que les jeunes gens – à qui le présent système n’offre rien que la précarité, le chômage et la guerre généralisée – ne passent pas leur temps (à l’inverse de ce que font encore bon nombre de sexagénaires) à se tirer littéralement dans les pieds : autrement dit, ils ne se répandent pas, au détour de chaque phrase et avant chaque ascension de leur petit doigt, sur les crimes avérés de Staline et sur l’horreur supposée de l’ensemble du passé soviétique.

De fait la « gauche », pour une large part, a viré à droite. Dans les pays occidentaux, le système des médias a contribué à formater durablement les cerveaux, à anéantir toute faculté d’analyse un tant soit peu autonome, un tant soit peu rebelle chez ce qui reste du citoyen. J’avais tenté de montrer cela dans mon essai intitulé Rideau de fer sur le Boul’Mich, que les éditions Delga ont réédité récemment.

En France, dans un de ces très nombreux pays où l’abstention progresse chaque jour dans les têtes comme dans les urnes, journalistes aux ordres et demi-savants débattent à l’infini au sujet des côtes de popularité totalement « pipeautées » de tel ou tel mannequin prétendument « socialiste ». Et l’on aura pu amuser la planète entière, pendant près de deux années (2007-2008), à propos de la vaste question consistant à savoir si ce serait un homme de race noire (Obama) ou bien plutôt une femme de race blanche (Hillary Clinton) qui, prendrait le relais du sinistre Bush pour signer les ordres de bombardements aériens visant des Afghans, des Pakistanais et, maintenant, les habitants du Yémen. Après cela, certains, jusque dans nos rangs, parlent gentiment de « démocratie », comme si ce mot pouvait désigner exactement les mêmes choses pour ceux qui rejettent le capitalisme et pour ses meilleurs promoteurs. Alors, voyez-vous, je suis à la fois désespéré et déterminé. Désespéré du manque cruel de perspective pour nos luttes, et déterminé parce que conforté par mille succès plus ou moins locaux.

Ainsi, accueillir des centaines de personnes à la Sorbonne dans le cadre d’un séminaire consacré à Marx, cela prouve au moins que nous sommes sortis des années de plomb. À une échelle autrement plus vaste, on peut constater que 3 des 12 millions d’habitants que compte un pays comme le Portugal se sont mobilisés le 24 novembre dernier afin de participer à une grève de protestation contre une politique qui entend faire payer aux populations les spéculations auxquelles se sont livrés banquiers, traders et autres gens comme il faut. On peut se réjouir, enfin, du regain des luttes – ici, en France, mais aussi en Grèce, en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne même, etc. Voilà qui est encourageant.


Nous avons vu, précisément avec la crise financière qui a touché durement et sans doute durablement notre pays, un regain d’intérêt pour Marx afin de penser les problèmes posés dans la modernité. Quel sens donnez-vous à ce sursaut ?


À la Foire du livre, à Francfort, l’an passé, on a beaucoup parlé du grand succès en librairie d’un certain… Karl Marx. En France, vous aurez noté que les éditions Gallimard ont réédité le Capital, dans la traduction de M. Rubel. Très grand succès de librairie, également !

Dans ce monde dont la « culture » est tout entière dominée par la vulgarité stupide que distillent les grandes chaînes de télévision ou par des passe-temps souvent peu « sociaux », je crois qu’il est évident qu’une conception générale du monde, décrivant le capitalisme tel qu’il était au 19e siècle, un capitalisme dont les effets rappellent de plus en plus furieusement ce vers quoi notre société est revenue, – je crois qu’une telle conception est inévitablement intéressante, attirante, stimulante.

La révolution ne naîtra certes pas de la seule étude des livres ni d’un forum de discussion. Mais l’attrait vers la théorie pourrait précéder de très peu le besoin d’une organisation sérieuse, structurée, ou chacun ne dirait pas n’importe quoi devant la première caméra venue, mais où tous se donneraient pour consigne de donner corps, de donner suite, de donner vie aux décisions et aux mots d’ordre sur lesquels on s’est préalablement accordé.

Bref, l’ABC, ce serait que la « gauche » véritable se dote très vite d’une discipline au moins comparable à celle qui peut régner dans le plus mou des partis de droite ! — Nombreux sont ceux qui considèrent aujourd’hui qu’il n’exsite pas encore de relai à la hauteur de leur colère, de leur détermination, de leur volonté d’en découdre ÷ pacifiquement, s’ils le peuvent, par la force, s’ils le doivent, ainsi que disaient les chartistes anglais, au 19e siècle. Un tel relais ne paraît exister vraiment ni dans les directions syndicales ni, hélas, dans l’actuelle nébuleuse que l’on appelle (avec une constance toujours moins crédible) la « gauche » française.


Si donc on se demandait : où va le marxisme ? Vous seriez tenté de dire que son devenir philosophique est assuré ?


Je dirais même que quand je lisais le Manifeste du Parti communiste, à 15 ans, je me posais quelques questions que, de nos jours, on ne se pose plus ! Tant ce petit livre est actuel ! On ose aujourd’hui, comme vous le savez, parler des « trente glorieuses » – comme d’une évidence. Alors que ces trente années d’indéniable expansion économique ne furent évidemment pas « glorieuses » (économiquement) pour tout le monde ! Ni pour la planète considérée globalement, ni pour les plus pauvres au sein même des métropoles du capitalisme.

Mais il demeure que l’idée d’une concurrence entre ouvriers, par exemple, dans un pays de quasi-plein emploi, pourvu de syndicats puissants, comme l’était la France des années 1970, m’avait parue assez obscure. Aujourd’hui, en période de chômage et de récession, chacun sait bien de quoi parlaient les auteurs du Manifeste en usant de cette expression : elle signifie qu’en temps de crise, si tu n’es pas content, dix autres peuvent prendre ta place ! Autre exemple : l’idée qu’une paupérisation absolue de la classe ouvrière fût possible sur une longue période faisait rire les moins malveillants à l’époque du tout-automobile et du tout-robots ménagers. Mais aujourd’hui, les lendemains paraissent devoir être bien plus durs aux enfants que ne l’avaient été les « trente glorieuses » pour leurs ascendants.

Et l’idée censément catastrophiste du jeune Marx et du jeune Engels selon laquelle notre société tend vers la constitution de deux pôles, avec une poignée de millionnaires à un pôle et, au pôle opposé, d’innombrables légions de pauvres, ne peut plus faire hausser les épaules à personne.


Vous validez ainsi la phrase de J. Derrida “ ce sera toujours une faute de ne pas lire et relire et discuter Marx. [...] Il n’y aura pas d’avenir sans cela. Pas sans Marx, pas d’avenir sans Marx. “ ?


Tout à fait. J’avais, comme d’autres, écrit à Derrida afin qu’il sache que j’avais été touché par le fait qu’il avait publié un livre intitulé Spectres de Marx. Je lui avais adressé ma propre édition des Manuscrits de 1844, en signant : « Un ami des spectres ». Il faut dire qu’à cette date-là (1993) une « extrême-gauche » parfaitement hurluberlue hurlait avec les loups et se réjouissait sans la moindre nuance de la destruction d’une Union soviétique couramment présentée comme une deuxième Allemagne nazie. Ce n’était donc pas franchement la mode que de prétendre évoquer l’ombre de ce grand mort. Bien peu, dans l’Université française, dans un contexte qu’Eric Hobsbawm a caractérisé coimme celui de l’ « anti-marxisme hargneux », auraient alors osé se déclarer amis d’un tel spectre.


Le PCF fête  ses 90 années d’existence. Que retenez-vous de l’action et du rôle du Parti Communiste Français dans l’histoire de notre pays au 20ème siècle ?


Je retiens deux choses. Premièrement, on n’a plus l’air d’un Martien complet, voire on attire une certaine sympathie si l’on fait savoir que c’est de ce bord-là que l’on vient, qu’on n’a toujours pas « mangé son chapeau », et qu’on n’a pas vendu son engagement de jeunesse contre un plat de lentilles social-démocrates (voyez Bernard-Henri Lévy et autres petits marquis) ou contre un ralliement à l’idéologie « néo-con » (voyez Kouchner et ses émules).

 

Deuxièmement : une histoire glorieuse. Que l’on refasse ou non l’histoire, qu’on la maquille ou qu’on la truque, que l’on s’attache à relever telle erreur possible ou qu’on épilogue sur telle décision contestable, il reste que le seul Parti qui, en tant que parti, s’est opposé avec la constance d’un métronome à l’injustice, aux affairistes, aux gangsters de la finance et aux vendeurs d’armes, au nazisme, au racisme, aux guerres coloniales et à la compromission avec le système, ce fut, tout au moins jusque dans les années 1975, le Parti Communiste Français.


En quoi justement, pour vous et certains de vos confrères, philosopher peut être compris comme un acte de résistance ?


On peut philosopher au service des puissants ou des bien-pensants. On peut aussi pratiquer la chose dans les limbes, et prétendre ne se mouvoir que dans un univers irréel et désincarné. Bref, il existe une certaine philosophie spiritualiste qui peut ne déranger personne. Mais si vous voulez que je sois « fédérateur » et confraternel à toute force, je reconnaîtrai pourtant ceci de bonne grâce : c’est sans doute, de nos jours, une manière, même timide, de résister que d’avoir le souci de la culture et de s’opposer à la barbarie qui vient, de penser que la culture vaut par elle-même, d’être certain que l’on parlera encore d’Aristote et de Démocrite dans des millénaires alors que les noms de Sarkozy et de Berlusconi ne diront plus rien à personne.

Car le seul fait de mettre les mains sur les hanches et de dire ce que me disait le recteur de l’Université de… Moscou, en 2005 – « on ne peut tout de même pas construire un pays avec seulement des étudiants en droit et des étudiants en business ! » –, cela suffit pour signaler que l’on entend s’opposer au désastre culturel qui menace.

Les hommes, au demeurant, ne sauraient supporter indéfiniment que tout : la vie, la santé, l’humour, les arts, la beauté, l’amour même et la connaissance... que tout cela passe après les sacro-saintes « lois » du marché, des coups de bourse, de la pub et du marketing !



Entretien réalisé par Nicolas Dutent


Source : http://www.mediapart.fr/en/club/blog/nicolas-dutent/080111/entretien-avec-jean-salem-vers-quels-lendemains-0


Livre : Rideau de fer sur le boul’Mich formatage et désinformation dans le monde libre

Il ne se passe guère d’année qui ne nous crédite de son lot de « révolutions orange » (Ukraine, Biélorussie, Tibet, Xinjiang, Bolivie, etc.). À ce rythme très soutenu, le système et ses porte-voix ne font que broder sur un canevas conçu trente ans plus tôt : l’opération qui, à l’Est, fit passer un demi-milliard d’individus d’une relative sécurité sociale à la jungle de la concurrence libre et non faussée. Les ex-Soviétiques y auront perdu dix ans d’espérance de vie et la diminution de moitié de leur production industrielle. Mais ils peuvent néanmoins jouir du droit formel d’aller vivre à Beverley Hills...

Du mur de Berlin au mur de l’argent, Jean Salem retrace ici la saga grotesque et dramatique qui précéda ces événements, avec son ballet de belles âmes narcissiques et de dissidents sponsorisés. Quand les défenseurs de Solidarnosc jetaient un voile pudique sur les contras de Reagan... Quand Soljenitsyne vantait les mérites du franquisme et du Chili de Pinochet... Quand Mitterrand, ancien ministre de la guerre d’Algérie, inventait la « gauche morale »...

Vingt ans après la victoire du « monde libre », il est temps de passer au crible les mécanismes de ce qui fut et demeure une véritable propagande de guerre.

 

Ed. Delga, Paris, septembre 2009

 

Jean Salem évoque son livre : Extrait de l’émission "cosmopolitaines" sur France Inter, 10 janvier 2010

http://www.dailymotion.com/video/xbtbgg_jean-salem-0001_news

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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