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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 19:44

LIGUORI_DELGA.jpgNous reproduisons ci-dessous la préface d’Emmanuel Dang Tran au livre de Guido Liguori, « Qui à tué le Parti communiste italien » (éditions Delga – 2011). Liguori analyse les conditions historiques, les idées, les actes, qui ont servi à la direction du PCI pour saborder le plus grand parti communiste d’Europe occidentale. Dang Tran montre les mêmes discours, les mêmes motivations alimentent le processus, toujours poursuivi, jamais complètement réalisé, aujourd’hui encore, de « mutation-transformation » du PCF par sa direction depuis le début des années 90.

 

 

 

 

 

EN PDF (cliquez sur le lien)

 

 

 

« Le nom et la chose ». Ce titre de chapitre de Guido Liguori cerne le dilemme qui a concerné et concerne tous les appareils dirigeants des partis communistes qui ont fait ou font le choix du réformisme.

 

Les mots « communiste », « partis communistes » sont des signifiants politiques et historiques extrêmement forts. Ils sont indissociablement liés à la théorie marxiste et léniniste, aux expériences issues de la Révolution d’Octobre qui a fécondé les mouvements ouvriers nationaux. Après la chute du Mur de Berlin et la victoire de la contre-révolution à l’Est, ces références fondamentales deviennent définitivement disqualifiantes pour les dirigeants communistes qui ne voient plus d’autres perspectives que de s’intégrer encore davantage dans la démocratie bourgeoise.

Mais leur problème est que ces « noms », « communisme », « partis communistes », sont aussi des identifiants politiques extrêmement forts des « choses » que cette théorie et cette histoire ont permis de développer. A la fin des années 80, le Parti communiste italien ou le Parti communiste français (le PCF encore de façon atténuée aujourd’hui) sont des réalités très fortes. Leur notoriété est générale. Ils constituent un repère dans la vie politique nationale, dans l’inconscient collectif du pays. Leurs organisations sont encore nombreuses et structurées. Ils disposent d’un acquis électoral, institutionnel, patrimonial considérable.

Comment garder l’héritage de la « chose » pour la transformer, la liquider, en la coupant du sens du « nom » : voilà la préoccupation des « communistes » réformistes. Comment donner tout son sens au « nom » pour défendre l’existence de la « chose », la renforcer : telle est la préoccupation des communistes qui considèrent que les partis communistes marxistes et léninistes conservent toute leur raison d’être et qui entendent assumer l’histoire du mouvement communiste international sans jeter le bébé avec l’eau du bain.

La bataille pour ce que représentent le nom et la chose « PCF » est encore tout à fait d’actualité en 2011. Pour les communistes français, l’histoire de la liquidation du PCI présente un grand intérêt.

 

« Comment s’appeler Parti communiste quand on n’est plus un Parti communiste » ? Guido Liguori retrace le déroulement du coup de force qui a amené en 1989 et 1990 à l’abandon du nom « Parti communiste italien » et la transformation en « Parti démocrate de gauche » (PDS). Ce dernier est maintenant devenu Parti démocrate tout court après son regroupement avec des pans de feu la démocratie chrétienne. Liguori en reprend les étapes dans le détail, les ultimes congrès, les dernières réunions du comité central, les discussions entre intellectuels sur l’identité du Parti, sur l’identité communiste.

 

Le lecteur communiste français est évidemment frappé par les similitudes avec les stratégies des directions du PCF et les débats en France, sinon en 1989, du moins à partir de 1994 et la « Mutation » lancée par Robert Hue. Les termes du débat italien d’alors sont étonnement restés les mêmes qu’aujourd’hui dans un PCF dont les dirigeants cherchent, avec la même obstination, les voies de la « transformation », de l’intégration dans une autre « gauche ».

Ils restent aussi terriblement d’actualité en Italie même, parmi les organisations, issues du PCI, qui n’ont pas renoncé au nom « communiste » mais qui n’ont toujours pas tranché la question de l’identité communiste, au point de ne cesser de s’émietter et de quasiment disparaître de la scène politique nationale.

 

La majorité de la direction du PCI est parvenue à trancher la chose vite, à clore l’histoire glorieuse d’un parti de 69 ans en 18 mois. Le résultat de cette expérience donne une idée du point de chute, vertigineux, des développements sur l’évolution de « l’identité communiste » soutenus par les partisans du changement de nom. L’organisation de masse s’est désagrégée. C’était le prix à payer. Le PDS n’a récupéré que moins du quart des adhérents et la moitié de ses électeurs. Mais le PDS, puis ce qu’il est devenu, héritier du grand PCI, est bien devenu un parti de gouvernement dans l’Italie capitaliste.  

Massimo D’Alema, que l’on revoit « centriste » au sein de la haute direction du PCI en 1990, se proclamant attaché à cette décidément flexible « identité communiste » est devenu un bon président du conseil de « centre-gauche » (1998-2000) avant de seconder le libéral Prodi (2006-2008). Ambition réussie aussi pour le communiste droitier Giorgio Napolitano : il est aujourd’hui président de la République alors qu’au Parlement ne siège plus aucun communiste. La rupture avec l’histoire communiste a été vite consommée. Le terrain était préparé.

 

Le 9 novembre 1989, la chute du Mur trouve Napolitano à Bonn avec Willy Brandt et Achille Occhetto, secrétaire général du PCI depuis 1988, à Bruxelles avec le travailliste anglais Neil Kinnock en pleine négociation pour l’entrée du PCI dans l’Internationale socialiste. Le symbole est parlant. Pour un PCI « qui n’est déjà plus un parti communiste », la défaite du camp socialiste est une aubaine. Le changement de nom avait déjà été sérieusement envisagé, mais toujours reporté. Là le coup devient possible. Occhetto hésite puis se lance dans l’achèvement de sa mission liquidatrice.

Ironie de l’histoire ? Le PCI a été, de tous les partis communistes, celui qui s’est démarqué le plus systématiquement de l’URSS et des pays de l’Est. On le retrouve dans les débats de 1989/90 : c’est même une part essentielle de son identité. Elle est mise en avant aussi bien par les dirigeants et intellectuels qui prônent ou acceptent le changement du nom que par certains de ceux qui le refusent.

Pourtant, des grands partis communistes occidentaux, le PCI sera le seul à ployer et à rompre sous le mauvais vent de l’histoire. Il se retrouvera précisément dans la situation des directions des partis « frères » de l’Est, qu’il avait si violemment critiqués et qui se sont sabordés au même moment (à l’exception notable du Parti communiste de Bohème-Moravie en République tchèque).

La contradiction n’est peut-être qu’apparente. Elle montre comment, même pour le PCI, l’existence du « camp socialiste » restait une donnée identitaire fondamentale. Mais n’y avait-il pas aussi une similitude avec les appareils des partis de l’Est qui sont passés, avec plus ou moins de succès selon les pays, d’une administration d’un socialisme sans conviction à la gestion de la restauration capitaliste ? Le niveau d’insertion de l’appareil du PCI dans les institutions de la démocratie bourgeoise italienne les en rapprochait, plus qu’aucun autre parti communiste d’un autre pays capitaliste. Liguori constate : «  les années passées dans le cadre du pouvoir local avaient formé un “parti d’administrateurs” trop enclins au compromis ». Cette évolution n’avait pas atteint le même stade dans le PCF.

 

La comparaison de la situation du PCI et de celle du PCF en 1989/90 montre, au-delà de réelles contradictions, plutôt un décalage qui annonce déjà un processus allant dans le même sens en France mais pas aussi loin. La direction du PCF, derrière Georges Marchais, rejette l’hypothèse du changement de nom après la chute du Mur. Le bureau politique condamne les éléments « reconstructeurs » ou « refondateurs » qui essaient de transposer l’exemple italien. Le 27e congrès de 1991 confirme ce choix. Il demeure décisif aujourd’hui. Malgré toutes les tentatives depuis 20 ans, la différence fondamentale persiste. En 2011, le PCF, même très affaibli sur tous les plans, continue à exister et à être le dépositaire de l’histoire du mouvement communiste en France.

Les raisons de ce choix différent en 1989 sont multiples. Elles sont en lien les unes avec les autres. Il serait essentiel d’analyser le maintien plus solide de l’organisation de classe, de la cellule, de la cellule d’entreprise dans le PCF et la dérive institutionnelle dans le « compromis » plus avancée du PCI. La composition des directions du PCI est déjà marquée par la sous-représentation criante des militants issus de la classe ouvrière, ce qui allait devenir le cas au PCF dix ans plus tard.

Les positions du PCF et du PCI avaient aussi depuis longtemps divergé. Le PCF n’a pas suivi le PCI dans la condamnation répétée de l’URSS (jusqu’à accepter la légitimité de l’OTAN !). Le PCF n’a pas suivi jusqu’au bout l’expérience « eurocommuniste » initiée par le PCI. La conversion à la défense de l’intégration européenne est aussi très précoce dans le PCI.

Les différences, loin d’être entièrement contradictoires, se posent aussi en termes de perspective politique nationale.

Dans un pays comme dans l’autre, dans les années 70, elle est d’abord institutionnelle. Mais la stratégie du PCI (que Liguori appelle « Berlinguer I ») est en 1976 de rechercher un « compromis historique » avec la Démocratie chrétienne. En France, dans les conditions nationales, la stratégie du PCF reste l’Union de la gauche, avec un rôle sinon prépondérant, du moins incontournable, du Parti dans son alliance avec le PS. Elle vise une « démocratie avancée », étape vers le socialisme.

Malgré son échec rapide, la logique du « compromis historique » a marqué. La stratégie « Berlinguer II » n’a pas le temps de corriger selon Liguori. Dans les années 80, l’obsession de larges franges des directions et des élus du PCI est de rechercher des accords avec le PSI pour une coalition gouvernementale. En France, l’échec du Programme commun en 1977 puis de la participation gouvernementale de 81 à 84 amène le Parti à redonner la priorité au mouvement populaire, laissant la perspective d’Union de la gauche en sourdine.

A la fin des années 80, l’écart s’est creusé. La direction du PCI en est à solliciter l’adhésion à l’Internationale socialiste. Le PCF exclut de participer au gouvernement Rocard, ouvert au centre-droit, après 1988.

L’affaiblissement électoral parallèle ne laisse pas non plus les deux partis dans la même situation en 1989. Le PCI reste largement le parti dominant à gauche, deux fois le PSI en voix. Le PCF est à 10%.

Les opportunistes du PCI peuvent rêver au pouvoir dans la démocratie bourgeoise, en allant juste un peu au-delà de la perspective de « compromis historique ».

Les plus opportunistes du PCF ne peuvent envisager n’être qu’une force d’appoint du PS, ce qui allait se passer entre 1997 et 2002 avec la participation au gouvernement Jospin. Le PCF en sortira considérablement affaibli alors qu’il s’était maintenu électoralement (malgré l’Est) à 10% en 1997. En 2002, il tombe à 3%.  Le même sort attendait le parti italien de la Refondation communiste. Le nom « communiste » ne se prête vraiment pas au compromis avec les gestionnaires loyaux du capitalisme.

Pour des raisons tenant à la fois des positions politiques antérieures, de l’état de leur structuration, de la conjoncture politique, les équilibres dans la direction du PCI et du PCF et à la base de ces partis ne sont pas les mêmes. La question du nom du parti, sinon de la rupture avec son essence, ne se pose pas de la même façon, surtout pas au même moment.

En 1990 en France elle est tout simplement inconcevable. Mais en quelques années, les éléments, l’idéologie et la perspective réformistes l’emportent dans la direction du PCF. En 1994, Georges Marchais part et Robert Hue engage le processus dit de « mutation ». Mais dans les conditions de la France, le changement forcé de la « chose » n’a toujours pas aujourd’hui réussi à avoir raison du « nom » et continue, encore aujourd’hui, de s’y heurter.

 

Le militant du PCF qui aura résisté aux multiples campagnes de « mutation », « transformation », « recomposition » de son parti jusqu’à aujourd’hui se reconnaîtra sans mal dans les méthodes et dans les termes du débat italien de 1989/1990. L’offensive de l’idéologie dominante s’effectue par les mêmes voies, avec une grande cohérence. « Théorie des droits plutôt que lutte des classes, horizon démocratique plutôt que finalité socialiste, Révolution française plutôt que Révolution russe », voilà comment un journaliste résume brutalement la pensée d’Occhetto.

Hue, tout comme Occhetto, veut marquer une rupture avec la tradition communiste. Comme lui, il recourt à une « communication » tapageuse, qui se veut moderne. Avec la même insistance, Hue et ses successeurs se lancent dans l’auto-flagellation, le dénigrement et même la criminalisation de l’histoire du mouvement communiste.

On retrouve les mêmes réflexions sur le « dépassement » de la « forme parti », au regard de nouvelles exigences « démocratiques ». Elles justifient la déstructuration du Parti de classe et de masse dans les années 90 en France comme en Italie. L’abandon du centralisme démocratique (PCF – 1994) a fait sauter un verrou, comme au PCI, aux transformations. Les directions enchaînent les coups de force, jouant à la fois du légitimisme des adhérents, de leur mainmise sur l’appareil et de la dégradation du débat démocratique dans le parti, notamment dans la préparation des congrès. La suppression des cellules au congrès de Martigues en 2000, doublée de la participation au gouvernement social-libéral, entraîne une hémorragie des effectifs et accélère la déstructuration à la base. Le recul démocratique réel est aussi à placer sur ce plan. 

On retrouve presque mot à mot les développements sur la fin de la centralité de la lutte des classes - avec le développement des technologies et des communications - mise au même niveau que les questions de société. La protection de l’environnement, le féminisme sont instrumentalisées, de façon également pesante, pour accompagner la fin du PCI comme ensuite les transformations du PCF. Dans le même temps, les cadres ouvriers disparaissent des organigrammes du PCF. Au congrès de Martigues, la priorité est ouvertement donnée à la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes. La participation à un gouvernement de gestion loyale des affaires du capitalisme est ainsi validée théoriquement ainsi que l’institutionnalisation du Parti, qui devient un « parti comme les autres ».

Parallélisme total aussi des discours sur « l’ouverture » du Parti. Occhetto s’adresse à la « gauche des clubs », à la « société civile », aux non-communistes pour constituer son nouveau parti, de la même façon qu’en France sont justifiées la constitution de la liste « Bouge l’Europe » aux élections européennes de 1999 (50% de non-communistes), puis les Collectifs antilibéraux (2006) ou maintenant le Front de gauche. En fait d’ouverture, c’est le renoncement à l’engagement politique des classes laborieuses et la porte ouverte à la « petite gauche » où prédominent petite bourgeoisie et réformisme.

 

Ces similitudes sont d’autant plus importantes à souligner en France aujourd’hui que l’on voit maintenant le point d’arrivée des héritiers de la majorité du PCI.

Les directions du PCF ont « réussi » à profondément changer la « chose », à la dénaturer mais ils ne cessent de buter sur le « nom ». Leur stratégie, constante depuis 1994, est une suite ininterrompue d’échecs dont un recul électoral sans précédent. L’inadéquation entre le « nom » et la « chose » en est une explication. Même au bout de 20 ans, on n’attend pas du PCF qu’il s’aligne sur la social-démocratie ou sur l’UE du capital. Un parti qui a tant de mal à défendre (à réécrire) son histoire se tire des balles dans le pied alors que l’anticommunisme sévit plus que jamais. La persistance du fait PCF vaut parmi ses adhérents mais aussi ses partenaires et ses adversaires. Un parti communiste qui n’est plus communiste est condamné.

 

Les directions du PCF ont essayé de changer le nom du parti à deux reprises. Avant le congrès de rupture de Martigues, l’idée de lancer le « nouveau parti communiste » a été lancée mais n’a pas pris et a été rapidement abandonnée. En 2007, après la débâcle de l’élection présidentielle (1,9%), Marie-George Buffet remet en cause l’existence même du PCF dans son rapport au conseil national lançant les hypothèses suivantes : « celle de décider la création d’un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d’autres à l’exemple de Die Linke, d’affirmer l’existence du PCF comme préalable à tout débat sur cette question, ou bien de réfléchir à partir du potentiel du Parti communiste, à ce que pourrait être une force communiste aujourd’hui… ».  Les dirigeants enchaînent pendant quelques mois les déclarations sur l’épuisement de la raison d’être du PCF. Mais une vague de fond dans ce qui restent des effectifs du parti (levée notamment par l’appel « Pas d’avenir sans PCF » dont nous étions à l’origine) a mis en échec cette opération. La direction a dû s’y résoudre en s’efforçant de réduire la réaction des communistes à un « attachement » sentimental au parti.

 

Puisqu’on n’arrive toujours pas à changer le « nom », restent deux solutions : l’effacer peu à peu et en changer le sens.

Dans la suite de « Bouge l’Europe », les initiatives de la direction du PCF d’intégrer le parti dans des « Collectifs antilibéraux », en 2006, avec cette « petite gauche » et la « société civile », maintenant dans un « Front de gauche » vont dans le sens de la dilution du Parti. Il pourrait être peu à peu supplanté par cette nouvelle organisation « chapeau », comme, au niveau européen, dans le Parti de la gauche européenne. Les prochains mois avant l’élection présidentielle de 2012, où le PCF s’aligne derrière le social-démocrate Jean-Luc Mélenchon seront décisifs pour le succès ou l’échec de cette nouvelle tentative. Les correspondances avec les débats italiens de 1989 sont à nouveau nombreuses, mais autant avec les réflexions de partisans que d’adversaires du tournant historique. Voilà qui fait sans doute comprendre pourquoi les autres organisations issues du PCI, celles qui ont conservé le nom communiste, en premier lieu le Parti de la Refondation Communiste (PRC), ont suivi depuis lors un parcours très parallèle à celui du PCF.

 

Il est frappant que la plupart des dirigeants et intellectuels qui se sont opposés au changement de nom se placent quand même dans une forme de consensus pour une révision de « l’identité communiste », pour une « refondation » du PCI. La motion d’opposition au congrès final s’intitule : « Pour une vraie rénovation du PCI et de la gauche ». Le PRC, « refondateur », est constitué d’emblée, en rupture avec la continuation du PCI, avec des éléments anciennement socialistes ou trotskystes. Au contraire, c’est le PDS qui prend garde de se placer dans la continuation du PCI en conservant, momentanément, le vieux sigle avec la faucille et le marteau sous le nouveau, un chêne… Comme au sein du PCF, les débats de 1989/90 se reproduisent en boucle sur les mêmes questions jusqu’à aujourd’hui dans le PRC ou dans le Parti des communistes italiens (PdCI - issu d’une scission du PRC). Une sorte de processus infini de scissions, divisions, auto-liquidation semble engagée.  

 

Dans ces processus, la question de l’identité communiste n’est jamais tranchée. La tentation est forte de tordre le sens du « nom », de le dévaluer, en Italie comme en France. De façon récurrente depuis les années 80, on retrouve, aussi à la fin du PCI, cette citation de Marx de L’Idéologie allemande, mise en avant et décontextualisée par Lucien Séve, qui permet de valider toutes les révisions : « nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses ». La « visée communiste » propagée dans le PCF au tournant des années 2000 fait écho à « l’horizon communiste » discuté dix ans plus tôt en Italie. Certains en sont au « post-capitalisme » quand ce n’est pas à « l’altercapitalisme » (le dirigeant du PCF Parny en octobre 2009). Elle permet d’éliminer la notion d’étapes, de ruptures, le socialisme et tout bonnement la perspective révolutionnaire. En juin 2008, Marie-George Buffet affirmait à propos du Congrès de Tours : « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. » À quoi fait écho l’actuel secrétaire national du PCF, président du PGE, Pierre Laurent. Sur France Inter, en juin 2011, il ne se formalise pas d’être taxé par un journaliste de « social-démocrate de gauche » et affirme que ce qui « distingue » le PCF, c’est : «  une détermination, quand même farouche, qui reste notre identité, ou ce pourquoi nous existons, à penser qu’il va falloir passer à autre chose que le système capitaliste. [Autre chose de quel genre ?] Il faut que la solidarité devienne le système d’organisation de la société, à la place de la concurrence… ». La « solidarité comme projet de société » : C’est court comme identité communiste !  

 

L’enseignement de l’expérience italienne de 1990 est peut-être qu’il faut aux communistes qui veulent le rester défendre à la fois et « nom » et la « chose », toute la « chose », assumer l’histoire du mouvement communiste international, se ressourcer dans les fondamentaux marxistes et léninistes, faire vivre et renforcer les organisations de nos partis suivant leur raison d’être dans la lutte des classes. Des partis communistes, en Grèce, au Portugal, en Afrique du Sud… ont fait ce choix. En Italie, des communistes développent une base dans ce sens pour « reconstruire le Parti communiste ». En France, nous sommes des dizaines de milliers à défendre le PCF. Il y a 20 ans, l’actualité dominante était la « chute du communisme ». Aujourd’hui, c’est la « crise du capitalisme ».

 

Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:35

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Le 17 décembre, la Jeunesse communiste du 15èmeorganisait une initiative exceptionnelle avec Henri Alleg, militant communiste et figure de la lutte anticoloniale en Algérie, ancien dirigeant du PC Algérien et directeur d'Alger Républicain.

 

Le secteur de la JC Paris 15 avait choisi d'axer le débat sur « la raison d'être de l'organisation communiste, hier et aujourd'hui ». Les 50èmesanniversaires à venir de l'indépendance et, avant, du massacre de Charonne (deux jeunes communistes du 15èmeparmi les 9 morts) seront d’autres occasions de l’enrichir à propos de l’Algérie.

 

Pour la quarantaine de jeunes présents du 15ème, des Hauts-de-Seine (et quelques uns de plus loin), il s'agissait d'apprendre à lire l'histoire à la lumière de nos préoccupations présentes et d'éclairer nos luttes actuelles par les enseignements d’expériences telles que celle d’Henri Alleg.

 

Dans sa présentation, notre responsable a insisté sur la nécessité de combattre certaines idées propagées par nos adversaires de classe pour dénigrer l'action héroïque des communistes dans la lutte anticoloniale. Henri Alleg est l’un des mieux placés pour remettre les choses à leur place.

 

Non, la lutte anticoloniale n'est pas une affaire d'engagements individuels malgré la richesse humaine et le courage inestimable de camarades comme Maurice Audin, Fernand Iveton ou Henri Maillot. Ces actes individuels s'inscrivent dans un engagement collectif, rendu possible par une organisation qui les a suscités, orientés, qui a démultiplié leurs forces et leur a donné une direction : l'indépendance et le socialisme.

 

Oui, les communistes algériens ont joué un grand rôle dans la lutte pour l'indépendance. N'en déplaise à certains nationalistes algériens, le PCA a joué un rôle décisif, en organisant la classe ouvrière là où elle se trouvait, en reconstruisant le Parti entre 1945-1954 avec une base ouvrière arabisée, en combattant les éléments de division entre travailleurs, le racisme en premier lieu dans une société coloniale,  en construisant une organisation de masse et d'avant-garde, l'UJDA (la JC Algérienne) qui fut un temps la plus grande organisation de jeunesse d'Algérie, devant l'organisation de jeunesse du FLN, enfin, en donnant une perspective claire à la lutte : l'indépendance comme voie vers le socialisme.

 

Comme le disaient les camarades algériens, « pas question de remplacer des Borgeaud français (richissimes colons et propriétaires terriens) par des Borgeaud Algériens ».

 

Sur cette base claire, les communistes n'ont jamais refusé les rassemblements les plus larges mais ils ont toujours refusé de se dissoudre, lorsque le FLN l'a exigé lors de la guerre.

 

Oui, les communistes français peuvent être fiers de leur action. Aucun autre parti n'a mené, de bout en bout, en France la lutte pour la paix en Algérie et l'indépendance comme le PCF l'a fait. Combien de fois l'Humanité a-t-elle été saisie parce que, comme Alger Républicain en Algérie, elle était le journal qui disait toute la vérité ? Le combat anticolonialiste du PCF fut une prise de conscience et un déclencheur de l'engagement pour nombre de jeunes. Henri a rappelé les années de prison des camarades, soutenus par le PCF, qui ont refusé de prendre les armes.

 

Dans sa recherche d’une union de la gauche en France favorable aux travailleurs, dont les conditions existaient, le PCF a brièvement soutenu en 1956 le socialiste Guy Mollet qui devait aussitôt renier ses promesses de négociations pour la paix avec les indépendantistes. Ce qui a été analysé comme une erreur n’a rien changé à l’engagement du PCF pour la paix en Algérie.

 

Et des leçons, les communistes n'en ont pas à recevoir. Surtout des socialistes. Quand on pense que le ministre de l'intérieur lors des événements de Sétif en mai 1945 était un socialiste (Texier), que Guy Mollet fut celui qui a lancé la répression euphémisée en « politique de pacification », que François Mitterrand est celui qui disait « l'Algérie, c'est la France » et ajoutait que la souveraineté de la France ne se remettait en question « des Flandres au Congo, du Sénégal au Soudan ». Les socialistes ont été au cœur de la répression coloniale.

 

Au-delà de l'histoire, c'est toute l'actualité de l'organisation communiste qui resurgit en cette année 2011, qui fut le théâtre de mouvements de contestation à potentialités révolutionnaires, dans le monde Arabe notamment, mais aussi d'une reprise en main par les forces dominantes, par les bourgeoisies compradores et l'impérialisme. La leçon de ces « révolutions confisquées » n'est-elle pas à trouver dans l'absence d'organisation révolutionnaire, communiste, capable de donner au mouvement à la fois une base ouvrière et une direction révolutionnaire, une perspective alternative ?

 

Après la présentation, dans le débat, les jeunes ont multiplié les questions. Henri Alleg y a répondu en alliant justesse politique et anecdotes stimulantes, précision et exhaustivité.

 

Le socialisme algérien ? Une vague aspiration politique à une société libérée de l'exploitation en Algérie, mais un flou théorique et politique au niveau des directions du FLN qui a mené à une politique au coup par coup sans cohérence et à terme à une contre-révolution libérale. Rien à voir avec la conception claire du socialisme qu'avaient les communistes algériens.

 

La construction de l'organisation communiste en Algérie ?Avant tout dans la rupture avec l'héritage socialiste de la SFIO, ce vieux fonds d'esprit colonial. Dans la construction de liens avec la jeunesse ouvrière et paysanne algérienne, c'était l'idée de l'UJDA : faire des communistes la force dirigeante d'un vaste mouvement anti-colonialiste.

 

Quelle organisation du Parti dans la classe ouvrière algérienne ? Les plus exploités étaient les Algériens, paysans ou ouvriers. Hélas, les européens, même progressistes, étaient privilégiés dans le système colonial. Pour le PCA, il s'agissait de se battre d'abord pour l'égalité des droits. Les communistes ne partageaient pas toutefois les conceptions d'un Franz Fanon pour qui tout travailleur européen est par nature un exploiteur et ne pouvait être anticolonialiste, et tout ouvrier algérien est par imitation un ouvrier assimilé au système. Pour les communistes, la classe ouvrière algérienne restait la classe révolutionnaire. Ce qui passait par la CGT qui organisait l'écrasante majorité des travailleurs algériens. Les communistes se sont battus pour que les Algériens puissent aussi diriger les syndicats. La force des communistes était telle que les nationalistes ont eu peur qu'ils prennent le contrôle des syndicats à la libération et ont cherché à les éliminer de l'UGTA.

 

Quels rapports avec le FLN ? Complexes. Les communistes ont toujours été les plus unitaires dans la lutte mais ont toujours refusé de dissoudre le « Parti » dans le « Front ». Pour le PCA, seuls les communistes proposaient une alternative claire, le socialisme, alors que le FLN naviguait entre socialisme et nationalisme classique. Seul le Parti pouvait organiser la lutte et orienter les travailleurs, mais cela dans une lutte plus large. On peut penser à l'acte héroïque d'Henri Maillot qui organise le détournement un camion d'armes françaises que le Parti livre ensuite à l'Armée de libération nationale comme gage de bonne foi.

 

Quelle perspective aujourd'hui en Algérie ? Le mouvement progressiste est affaibli, tout comme l'idée communiste. L'espoir peut venir de la jeunesse, qui ressent toutefois un profond dégoût pour la classe politique, mais qui manque de perspectives, d'alternative dans son combat. Les communistes sont dans une situation difficile mais les luttes sont incessantes et le pouvoir a de plus en plus de mal à les canaliser.

 

En Algérie comme en France, l'alternative aux politiques de paupérisation et de casse sociale du capital, à la politique d'asservissement des peuples de l'impérialisme, sous ses différentes formes, du colonialisme brutal à l'impérialisme moderne, passe par la reconstruction de l'organisation communiste, un processus auquel la jeunesse du 15èmeentend bien contribuer à son échelle !

 

source: le blog JC Paris 15ème

mercredi 28/12/2011

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:17

a-copie-9.pngLe groupe CRC, soutenu par les sénateurs de gauche, a déposé une proposition de loi visant à abroger le mandat de conseiller territorial. Alors que le texte doit être débattu le 16 novembre en séance publique, Christian Favier, président du Conseil général et sénateur du Val-de-Marne, revient pour CIDEFIL sur ses objectifs et fixe les lignes d’une autre réforme de la décentralisation.

Le groupe CRC a déposé une proposition de loi, cosignée par l’ensemble des sénateurs de gauche, visant à abroger le nouveau mandat de conseiller territorial. Pourquoi l’adoption de ce texte pourrait représenter une première étape vers l’annulation complète de la loi du 16 décembre 2010 ?

Christian Favier : Chacun en a conscience, la création des conseillers territoriaux, qui viendrait en 2014 remplacer à la fois les conseillers généraux et les conseillers régionaux, constitue l’une des pierres angulaires de cette mauvaise réforme. Aussi obtenir son abrogation n’est pas un simple aménagement de la loi, mais bien un premier démantèlement qui en appellera d’autres.

Rappelons-nous, l’instauration de ce nouveau mandat représente un triple non sens.

Non sens, d’abord, d’un point de vue démocratique car c’est éloigner les élus locaux des citoyens et des territoires. Songez par exemple qu’un seul élu siègerait à la fois dans une dizaine de conseil d’administration de collèges et de lycées. C’est purement intenable !

Non sens également d’un point de vue institutionnel. Confondre les mandats, c’est bien dans l’esprit des initiateurs de la réforme, je pense notamment à Edouard Balladur, qui parlait d’évaporation des collectivités locales, pour aller en particulier vers la disparition du département.

Or avec le groupe CRC nous sommes très attachés au maintien de trois niveaux de collectivités, la commune, le département et la région, à l’image de ce qui existe dans la plupart des pays européens. Ces trois niveaux d’exercice des responsabilités locales permettent d’assurer les fonctions de proximité, de solidarité et de stratégie indispensable à la démocratie locale et au développement territorial.

Non sens politique enfin. Car aujourd’hui franchement, cette question est loin d’être prioritaire pour nos concitoyens. Je le vois comme Président du Conseil général du Val-de-Marne, ce dont nous parlent les habitants c’est d’emploi, de pouvoir d’achat, de logement, d’éducation, de transports, mais pas de niveau de collectivité ou de fusion des mandats. Ce qu’ils attendent de leurs élus, c’est de l’écoute, de la disponibilité, du soutien, et surtout de l’audace pour trouver des solutions à leurs difficultés.

Pensez-vous que les Etats généraux des collectivités locales qui se préparent au Sénat, pourront porter la revendication de l’abrogation de la réforme territoriale ?

Christian Favier :J’en suis pour ma part tout à fait convaincu. A gauche, mais aussi au delà, nous n’avons eu de cesse de dénoncer cette réforme. C’est une réforme particulièrement dangereuse pour la démocratie locale et pour la décentralisation. Notre avis n’a pas changé. Or si une loi est mauvaise, et bien, il faut l’abroger ! C’est le meilleur sort que nous pouvons réserver à la réforme des collectivités.

Les états généraux des collectivités locales organisée à l’initiative du nouveau Président du Sénat, Jean-Pierre Bel seront donc l’occasion de rappeler nos critiques de fond de cette réforme mais aussi de poser des jalons d’une véritable nouvelle étape de la décentralisation.

C’est pourquoi nous comptons non seulement nous investir pleinement dans ces Etats généraux mais également proposer qu’ils puissent faire l’objet d’un large débat populaire, avec les élus locaux bien sûr mais aussi avec les organisations syndicales, les associations, tous les intervenants de nos territoires, et pour que nos concitoyens puissent eux aussi dire ce qu’ils attentent de leurs collectivités locales.

Quel bilan faites-vous de la décentralisation, telle qu’elle se construit depuis 1982 en France ?

Christian Favier :Indéniablement, la décentralisation constitue un mouvement de fond particulièrement positif.

En rapprochant les citoyens des assemblées chargés de prendre d’importantes décisions pour leur vie quotidienne, la décentralisation qui aura trente ans en février prochain, a permis de grande avancées dans de très nombreux sujets.

Pour prendre un exemple que je connais bien, celui des collèges, le fait que le Département en assure la gestion a permis d’améliorer de façon considérable les conditions matérielle d’accueil, de travail et d’enseignement. Là où l’Etat n’investissait plus, les collectivités locales ont beaucoup travaillé, et cela se voit. D’ailleurs, aujourd’hui, les trois quart de l’investissement public sont assurés au niveau local. C’est bien le signe d’un mouvement de fond. A cela nos concitoyens sont aujourd’hui très attachés.

Il reste un bémol et deux risques graves qu’il nous faut déjouer. Le bémol ce sont les moyens. Jamais les collectivités locales n’ont disposés des moyens leur permettant d’assumer leurs missions dans de bonnes conditions. C’est pourquoi nous proposons une refonte complète du financement des collectivités locales qui soit juste, ambitieuse et pérenne. Le premier risque, c’est de ne considérer les collectivités locales que comme des relais du pouvoir central.

C’était déjà l’esprit de la loi d’août 2004 de Jean-Pierre Raffarin et c’est ce vers quoi penche encore plus la réforme des collectivités, c’est un risque démocratique et politique très grave. Le deuxième risque serait un désengagement renforcé de l’Etat, au profit de baronnies locales, ce qui renforcerait la mise en concurrence des territoires et les inégalités.

Quelle sont, pour vous, les réformes prioritaires à entreprendre pour faire évoluer la décentralisation française ?

Christian Favier :Nous proposons six principes qui pour les élus communistes, constituent le socle sur lequel nous pouvons renforcer les droits et libertés des collectivités locales :

Maintenir les trois niveaux de collectivités, je l’ai évoqué il y a quelques instants. Refondre leur financement en prenant en compte la réalité sociale des populations pour permettre à chaque collectivité d’exercer ses misions et de mener à bien ses projets et d’assumer, via la possibilité de lever l’impôt, la responsabilité de ses décisions vis à vis des citoyens.

Maintenir l’intervention de l’Etat pour garantir l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire national.

Garantir pour toutes les collectivités locales la clause de compétence générale. C’est ce qui permet aux communes, aux départements et aux régions de se saisir de toute question d’intérêt local et donc de répondre aux attentes de leurs populations et aux besoins de leurs territoires.

Réaffirmer le principe constitutionnel de libre administration des collectivités. C’est un principe démocratique essentiel.

Enfin favoriser toutes les formes de coopérations entre les collectivités. En privilégiant la liberté d’association des collectivités et en rejetant toute tutelle, y compris d’une collectivité sur une autre, ou tout autoritarisme de l’Etat.

L’entretien sur ELUNET





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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 19:24

manu-96ppp.gifLe capitalisme utilise sa propre crise à son profit faute d’organisation révolutionnaire suffisamment forte. Voilà qui se vérifie à nouveau, en Tunisie, en Europe, en France.

La super-austérité sera-t-elle au menu avant ou après les élections de 2012 ? Les deux !

Une deuxième série de mesures antisociales est annoncée pour dans quelques semaines après le plan Fillon de la fin de l’été. Le système prépare le terrain à une nouvelle « cure » au lendemain des élections au nom de la récession prévisible et de la dette publique que cette même politique des gouvernements successifs a creusée. Baisse des salaires, « restructurations » ravageuses, privatisations, le patronat a le pied posé sur l’accélérateur.

Pourtant l’autre constat majeur dans la période, c’est la persistance d’une opposition massive à cette politique. Le rapport de force manifesté l’an dernier pour défendre les retraites ne s’est pas évaporé. La journée d’action du 11 octobre n’a pas été l’échec annoncé. La mobilisation des cheminots, à plusieurs reprises, notamment le mouvement spontané des contrôleurs, montre un point de convergence possible des luttes pour le service public, alors que les premiers trains de voyageurs privés doivent circuler en décembre. Le monde le l’éducation a massivement fait grève le 27 septembre. Dans les raffineries, la métallurgie, l’agro-alimentaire, d’importantes luttes se développent qui posent les questions fondamentales de la politique industrielle.

Mais l’enfermement de la perspective politique sur l’échéance électorale, y compris dans les stratégies syndicales, pèse lourdement et anesthésie le mouvement social, décisif pour tout changement.

Communistes, dans le contexte pré-électoral, dans la campagne pour battre la droite et repousser l’extrême-droite, notre priorité est d’élever le niveau de riposte en partant de ces luttes actuelles, bien réelles, dans la perspective de l’aggravation brutale de l’offensive capitaliste comme celle qui frappe tour à tour les autres pays d’Europe.

Le plus contre-productif pour cela est de s’enfermer de même dans la perspective électorale et de rentrer dans la logique de l’alternance.

Que changerait une alternance avec l’équipe de François Hollande ? Se fera-t-elle dans l’intérêt des travailleurs ou des capitalistes ? Nous devons le dire clairement.

Dans tous les pays d’Europe, quand un gouvernement, usé, n’arrive plus à faire passer sa politique au service du capital, il passe la main à l’équipe de réserve, dans un sens ou dans un autre. En France, cette équipe, c’est le PS et ses satellites, nous en avons une solide expérience depuis 30 ans.

L’entourage de Hollande commence déjà à remettre en cause les minces promesses, faussement présentées comme sociales, de son programme.

La « gauche » se prépare aussi à poursuivre les contre-réformes structurelles, à faire la part du travail que la droite a plus de mal à faire passer. Souvenons-nous que la RGPP appliquée par Sarkozy contre la fonction publique découle de la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) adoptée en commun par la droite et la « gauche » en 2000.

Constatons que depuis 2007, le pouvoir sarkozyste a accéléré le processus de marchandisation des services publics et la destruction des statuts des personnels mais a très peu privatisé. SNCF, Poste… : qui va passer à l’étape suivante ? Nous avons l’expérience de 1997/2002. Le choix récent des socialistes à la Région Ile-de-France de mettre en concurrence la RATP sur plusieurs lignes de tramway est indicatif.

La droite a considérablement dégradé les prestations de la Sécurité sociale en continuant la sape de son financement par la cotisation sociale. Le programme du PS, Aubry comme Hollande, prépare, avec un rôle nouveau de la CSG et sa fusion avec l’impôt sur le revenu, une remise en cause complète, gravissime, de ses fondements mêmes.  

Enfin, droite et « gauche » tirent la même conclusion de la crise : ils veulent « plus d’Europe », plus de « gouvernance européenne », c'est-à-dire de mise sous tutelle des démocraties nationales pour imposer le carcan de l’UE du capital.

Il est remarquable que le grand nombre qui veut se débarrasser à tout prix de la droite au pouvoir ne se fait pas non plus d’illusions sur le PS et l’alternance. Nous l’entendons tous les jours dans nos actions. Alors surtout, ce n’est pas au PCF d’en semer !

Le titre de l’Humanité-dimanche du 20 octobre est dramatiquement révélateur. « Hollande/Mélenchon, la véritable primaire commence ». On dénonce le danger du « vote utile » et on démontre l’inutilité du vote Mélenchon ! Celui qui va gagner, pas de doute, c’est Hollande ! Voilà qui confirme combien Mélenchon n’est qu’un rabatteur socialiste et le Front de gauche une force d’appoint de l’alternance.

Dans le détail, sur le même mode, le rapport du CN met en avant les « propositions de loi qu’une majorité de gauche devrait défendre ». C’est prendre les choses complètement à l’envers, placer les institutions avant les luttes, la victoire électorale de la « gauche » comme seul salut.

Pour sortir de cette impasse stratégique, il faudrait que le PCF affirme haut et fort qu’il exclut toute participation gouvernementale si Hollande est élu.   

De la même façon dans les contenus, Mélenchon et le Front de gauche font le complément du PS. Mélenchon peut promettre un peu n’importe quoi « s’il est élu », « s’il arrive en tête de la gauche ». Mais précisément ses quelques propositions s’apparentent à des surenchères sur le programme du PS qui du coup passe pour insuffisant mais allant quand même dans le bon sens. C’est tout le contraire que le PCF devrait produire dans la campagne : battre en brèche le consensus UMP/PS (et FN), porter les propositions de rupture fondamentales.

Il est heureux d’entendre enfin de nouveau le mot « nationalisation » mais soyons précis. Par exemple sur les banques.Un « pôle public financier », avec les institutions qui restent que la gauche plurielle n’a pas privatisées, c’est une belle illusion réformiste. Quand le PS et la droite voient que la recapitalisation des banques va devenir une nécessité pour « sauver l’euro » de la crise, ils préparent l’opinion à un nouveau renflouement, une sorte de nationalisation des pertes. La présence de quelques représentants de l’Etat en contrepartie dans le Conseil d’administration pour « impulser une autre politique du crédit » ne sera qu’un emballage pour faire passer la pilule. La nationalisation que nous voulons, c’est la nationalisation intégrale de chaque banque, sans indemnité aux actionnaires déjà gavés de dividendes (et la réintégration de la Banque Postale dans La Poste).

Le consensus le plus fondamental que le PCF devrait faire exploser, dans la suite de ses positions historiques, c’est le consensus européen. Que le Maastrichien Mélenchon défende l’UE et l’euro au nom d’une « autre Europe », c’est logique. Mais comment Pierre Laurent peut-il s’inquiéter que « l’UE risque de voler en éclats si elle n’est pas refondée » ? Là encore, il faut arrêter de semer des illusions, de chercher par tous les moyens comme le PGE à relégitimer l’UE dont le but est d’écraser les résistances nationales aux politiques du capital. Une bataille pour la rupture avec l’UE du capital et la fin de l’euro, instrument de la politique européenne d’austérité à perpétuité, peut déboucher sur une victoire politique majeure, quand « sauver l’euro » est l’obsession des dirigeants européens et le moyen de saigner les peuples. Le minimum, c’est d’ouvrir le débat dans le Parti, au CN. UE, Monnaie unique : est-ce que tout ce que le PCF a défendu jusqu’aux années 90 est à jeter aux orties ?  

Le malaise est grand dans le Parti. Cela se reflète également au Conseil national. Mélenchon et les prétentions du Parti de gauche passent très mal chez les camarades. Le Front de gauche profite unilatéralement aux « partenaires ». Ils auraient tort de se priver de ce que leur apporte la poursuite de la stratégie d’effacement du Parti.

Des organisations parallèles du Front de gauche se constituent, avec plus ou moins de difficultés, à tous les niveaux, tendant à supplanter celles du Parti. Elles se créent autour notamment de certains qui l’ont quitté, il y a plus ou moins longtemps, sur une base « droitière », contestant la raison d’être de la forme parti communiste, de personnalités d’obédience socialiste… Englober le PCF, en le vidant de sa substance, dans une organisation vaguement à gauche : le but du Front de gauche se confirme.

On ne peut laisser banaliser, aussi au Conseil national, des déclarations politiques aussi lourdes de signification que celles qu’a prononcées Pierre Laurent à la Fête de l’Humanité.

«  Et permettez-moi un mot à l’attention de mes amis socialistes et d’Europe-écologie/les Verts. Ma franchise sera excusée.

Il y a vingt ans, vous nous disiez : soyez démocratiques et nous sommes devenus démocratiques.

Il y a dix ans, vous nous disiez : soyez écologistes et nous sommes devenus écologistes.

Alors aujourd’hui, à vous amis socialistes et écologistes, nous vous disons : soyez de gauche ».

Les socialistes auraient eu raison ! Le modèle politique démocratique, c’est le PS. Ah non alors !

La raison d’être des partis communistes, de leurs fondements théoriques, de leur forme d’organisation spécifique, éprouvés par l’Histoire et une longue réflexion inachevée sur le socialisme et la démocratie, est plus grande que jamais pour les travailleurs dans la lutte des classes.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 19:17

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« Cet homme ne va jamais se rendre. Si tu avais l’occasion de le voir face à face, tu verrais dans son regard qu’il ne vacillera pas. C’est un ermite, il a tout abandonné pour lutter aujourd’hui dans la jungle, avec 15 000 soldats à ses trousses. Ils ne l’auront pas » m’a confié mon interlocutrice colombienne sur le balcon d’un immeuble, une nuit d’août 2011 à Bogota.

Ce matin du 5 novembre je ne peux m’empêcher de penser à cette militante communiste lorsque j’apprends la mort au combat, survenu la veille, du commandant en chef des FARC. « Echec et mat » titre en une le célèbre hebdomadaire colombien SEMANA [1], affichant comme l’ensemble des grands médias du pays sa satisfaction à l’annonce du décès de l’ennemi n°1. « Je veux féliciter le Ministre de la Défense Juan Carlos Pinzon, l’armée, la Force Aérienne, la Marine Nationale, la police, tous les soldats et policiers de Colombie, car grâce à votre persévérance et à votre courage, ce grand coup, ce coup historique, à été possible » a annoncé Juan Manuel Santos dans une intervention suite à l’annonce du succès de l’opération. Il a également envoyé « un message à tous les membres de cette organisation (les FARC) : démobilisez-vous ! car sinon, comme nous l’avons annoncé et comme nous l’avons démontré, vous finirez dans une cellule ou dans une tombe » [2].

Né en 1948 dans la capitale, Guillermo Leon Saenz de son vrai nom, intègre la guérilla marxiste au début des années 80 Enfant d’une famille de classe moyenne, fils d’une pédagogue et d’un agronome, il étudie l’archéologie à l’Université Nationale de Bogota sans pour autant terminer son cursus. Militant au Parti Communiste Colombien, il se montre très radical dans ses idées et finit par rejoindre les rangs de la guérilla vers l’année 1984. Reconnaissable par sa barbe noire fournie et ses épaisses lunettes, celui qui était considéré comme “l’intellectuel” du groupe insurgé se démarque rapidement au sein du secrétariat comme l’un des plus fidèles bras droit des dirigeants Jacobo Arenas et Manuel Marulanda. A la mort de ce dernier en mars 2008, Cano devient celui chargé de remplacer le chef historique à la tête de la plus vieille guérilla du continent.

Traqué depuis plus de trois ans, le commandant guérillero a vu l’encerclement militaire se renforcer sérieusement ces derniers mois. Le vendredi 4 novembre, à 7 heures du matin, des avions des Forces Aériennes bombardent le campement insurgé localisé près de Suarez, dans le Cauca (Sud Ouest du pays). Suite à la décharge de bombes, une douzaine d’hélicoptères Black Hawk déposent des unités des Forces Spéciales dans la zone afin de poursuivre les opérations au sol. La résistance des combattants des FARC oblige l’armée à renouveler un bombardement afin de faciliter l’avancée des troupes sur terre. Une fois dans le campement, parmi les divers cadavres présents sur place, le corps d’Alfonso Cano est retrouvé. Méconnaissable (il ne portait plus sa barbe ni ses lunettes) il a fallu attendre l’expertise médicale pour identifier le chef rebelle, rapporte en détail le site semana.com [3].

« Les héros de la Colombie » fêtent leur victoire. Acclamées par les grands journaux, les Forces Spéciales de l’armée colombienne se sentent pousser des lauriers autour des oreilles. « A mes enfants je leur dirait que c’est cette équipe de héros qui a réalisé l’une des opérations les plus importantes du pays (...) je suis fier d’avoir fait l’Histoire » témoigne le major Raul Rodriguez, pilote de l’armée de l’air qui a participé à cette action [4]. Sur la chaîne de télévision Radio Caracol Nacional, annonçant la nouvelle, la journaliste rend à son tour hommage aux soldats : « on a parlé ces derniers mois d’une baisse de morale des forces militaires mais cela démontre une nouvelle fois l’appui et l’amour pour le travail des soldats, des policiers qui au quotidien combattent ces groupes guérilleros » [5].

L’Opération “Odyssée” (du nom d’”Odiseo” ou Ulysse selon la Mythologie grecque) met donc un terme à une « partie de chasse de trois ans » qui a « obsédée » les Forces Armées colombiennes, mobilisant 7.000 hommes pour traquer le chef insurgé [6]. Homme de lettres, “Cano” comme l’appellent ses compatriotes, laisse l’image, malgré de récents appels à la négociation, d’un homme intransigeant qui ne craignait pas la guerre contre Bogota. Hector Riveros Serrato, présent lors de négociations avec la guérilla au début des années 90, dit de lui qu’il était « un communiste convaincu, dans le sens le plus classique du terme. Il identifiait le capitalisme comme la racine de tous les maux et ne doutait pas un instant que le système politique n’était rien d’autre qu’une parodie de la démocratie qui se limitait a générer les conditions favorables aux propriétaires des moyens de production pour qu’ils s’approprient la plus-value que générait le travail. L’Orthodoxie pure. Cette croyance lui donnait le sang froid nécessaire pour percevoir l’enlèvement comme une façon de récupérer pour le peuple ce que les riches s’appropriaient injustement (...) Alfonso Cano était un délirant convaincu » [7].

Dès l’annonce de sa mort les observateurs et les spécialistes du conflit se bousculent pour pronostiquer la fin des FARC, maintes fois annoncée auparavant et ce à chaque victoire militaire de Bogota. Dans un communiqué officiel, la guérilla laisse claire que pour elle ce revers ne signifie pas la fin de son combat : « La seule réalité que symbolise la mort au combat du camarade Alfonso Cano, c’est l’immortelle résistance du peuple colombien qui préfère mourir debout plutôt que vivre à genoux en train de mendier (...) Ce n’est pas la première fois que les opprimés et exploités de Colombie pleurent à l’un de ses dirigeants. Non plus la première fois qu’ils le remplaceront avec courage et confiance absolue dans la victoire. La paix en Colombie ne naîtra pas d’une démobilisation, mais de l’abolition définitive des causes qui donnèrent naissance au soulèvement » [8]. La question est désormais de savoir qui est celui qui succédera à Cano et quelle stratégie envisagera de poursuivre le secrétariat des FARC.

En voyage en Colombie lors du mois d’août, je me suis entretenu avec des militantes du parti communiste, des femmes très âgées m’ayant offert l’occasion d’être témoin de leurs souvenirs de militantisme à travers plus d’un demi siècle d’histoire colombienne. Autour d’une table au siège du parti à Bogota, elles me racontent leurs anecdotes sur ces “camaradas del monte” (camarades des montagnes) qui ont choisi le fusil. Elles parlent d’eux comme une grand-mère parle de son petit-fils, avec beaucoup de tendresse et d’inquiétude, et toujours un peu de fierté. Aujourd’hui, alors que la majorité des médias sabrent le champagne à l’idée d’enterrer au plus vite le « terroriste » je sais qu’elles doivent être tristes. Je sais qu’elles pleurent sûrement Alfonso Cano comme on pleure un fils un peu imprudent et dont on savait à quel avenir lui prédestinaient ses choix.


Loïc Ramirez


[1] http://www.semana.com/nacion/cayo-cano/167049-3.aspx

[2] http://www.youtube.com/watch?v=UI0CJzJLsxU

[3] http://www.semana.com/nacion/cayo-cano/167049-3.aspx

[4] http://www.elpais.com.co/elpais/judicial/noticias/asi-son-heroes-dieron-baja-alfonso-cano

[5] http://www.youtube.com/watch?v=RygxwklMeHA

[6] http://www.semana.com/nacion/caceria-tres-anos/167041-3.aspx

[7] http://www.elespectador.com/impreso/temadeldia/articulo-309692-alfonso-cano-delirio-mortal

[8] http://www.farc-ep.co/?p=829

 

http://www.legrandsoir.info/l-odyssee-d-alfonso-cano.html
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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 18:51

groupemanouchian.jpgLe résistant Henry Karayan, l’un des deux derniers survivants du groupe Manouchian, est mort le 2 novembre à l’âge de 90 ans, a annoncé mardi l’Association nationale des anciens combattants et résistants Arméniens (Anacra).
Né le 3 mai 1921 à Istanbul (Turquie), Henry Karayan arrive en France en 1923. Il rencontre Missak Manouchian en 1942 et participe aux actions armées et aux sabotages menées par les Francs-Tireurs et Partisans - Main d’oeuvre immigrée (FTP-MOI) du groupe en région parisienne.
Responsable de la troisième équipe du groupe, il avait coutume de dire : "Moi, je ne tuais pas des civils, je ne tuais pas des Allemands, je tuais des nazis en uniforme".
Avec Arsène Tchakarian, 94 ans, désormais dernier survivant du groupe Manouchian, il témoignait régulièrement auprès des jeunes et avait aidé Robert Guédiguian pour son film "L’Armée du Crime" sorti en 2009.
Selon l’Anacra, Henry Karayan "a de tout temps souligné la fraternité d’armes entre tous ces immigrés qui dépassait tous les clivages religieux et identitaires" et qui ont fait "l’Europe avant l’heure".
Le Groupe Manouchian fut l’un des mouvements les plus actifs de la Résistance. A Paris, des groupes armés FTP-MOI, communistes, furent constitués dès avril 1942 et d’autres détachements formés en province. Pour toute la France, ils seront moins de 200.
En février 1943, Missak Manouchian rejoint un détachement des FTP-MOI d’une cinquantaine de Juifs roumains et hongrois et d’Arméniens qu’il commande six mois plus tard. Le groupe Manouchian réalisa une trentaine d’opérations de sabotages ou d’exécutions de collaborateurs d’août à mi-novembre 1943.
Vingt-trois membres du groupe sont arrêtés en région parisienne en novembre 1943. Torturés, ils sont livrés à la police militaire allemande et jugés par une cour martiale du tribunal allemand à Paris le 15 février 1944.
Les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.
Au moment du procès, les Allemands impriment et placardent à 15.000 exemplaires une affiche qui présente sur un fond rouge les photos, les noms et les actions de dix résistants du groupe avec le slogan : "Des libérateurs ? La Libération ! Par l’armée du crime" et Manouchian "Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés".
L’affiche devient vite un symbole de la Résistance et des mains anonymes écrivent sur l’affiche "Morts pour la France".
Onze ans après, Aragon écrit un poème sur l’Affiche rouge, mis en musique et chanté quelques années plus tard par Léo Ferré.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 18:11

Salah-Hamouri.jpg

Section du Parti Communiste Français


Cercle des Jeunes Communistes


47, rue du Colonel Fabien

94460 Valenton

 

 

Monsieur Alain JUPPE

Ministre d'Etat

37, quai d'Orsay
75351 Paris Cedex 07

 

 

Valenton, le 10/10/2011

 

Monsieur le Ministre d'Etat,

 

Vous avez reconnu précédemment, que le dossier de Salah Hamouri, jeune français condamné par un tribunal militaire israélien à une peine de prison de 7 ans pour complot, était vide relativement à sa condamnation et son attitude honorable.

 

Malgré l'engagement formel du Président de la République, engagement à « aller chercher partout les français emprisonnés à l'étranger », nous ne pouvons que regretter avec amertume le silence complice de la Présidence en direction des autorités d'occupation de la Palestine et le traitement indigne infligé à l'un de nos compatriotes.

 

De plus, nous venons d'apprendre, d'une part, que Salah Hamouri a été déplacé de prison, que sa mère, Denise Hamouri n'a jusqu 'à présent pu obtenir aucune information sue lieu de transfert de son fils et en conséquence ne peut lui rendre visite.

 

D'autre part et quasiment dans les mêmes temps, les autorités israéliennes entendent que les peines de prison de la « justice » militaire seront non plus réalisées selon les années administratives (soit 245 jours, comme c’est le cas actuellement) mais en années civiles. En clair cela représente 140 jours de cellules supplémentaires pour Salah Hamouri. Cette loi, appelée loi Shalit aura t' elle un effet rétroactif comme eurent, à une tragique époque, les sections spéciales durant l'occupation de notre pays ?

 

Salah Hamouri doit être libéré le 28 novembre conformément au jugement prononcé et à l'absence d'exigence de libération immédiate de la part des autorités françaises.

 

La section du Parti Communiste Français et le cercle des Jeunes Communistes de Valenton, Val de Marne, exigent de votre part une intervention ferme et déterminée quant à la libération de Salah Hamouri en cette date du 28 novembre.

 

Dans l’attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre d’Etat, en l’expression de nos salutations les plus distinguées.


Pour le PCF                                                              

Alain Girard                                                                     

secrétaire de section   

pour le Mouvement Jeunes Communistes

                                                   

Yohan Pudelko  

  secrétaire de cercle

 

 



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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 18:48

Manif_290109_-_pcf_-_23_.jpgAPPEL : Le PCF doit lancer une campagne

pour la SORTIE DE L’EURO

et la

rupture avec l’UE

au service du capitalisme.

 

Au nom des déficits et des dettes publics qu’ils ont eux-mêmes creusés, les gouvernements européens, de droite comme de « gauche », accélèrent leur politique de coupe des dépenses publiques, de casse des systèmes de protection sociale, de privatisations. Tant qu’il détient le pouvoir, le capitalisme utilise sa propre crise à son profit.

En France, le plan Fillon n’est qu’un avant-goût de ce que ce système réserve au peuple français quel que soit le résultat des élections de 2012.

De concert, l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international aident les gouvernements à saigner leur peuple. Plus que jamais, le Traité de Lisbonne, les directives européennes, l’euro apparaissent pour ce qu’ils sont : des instruments pour coordonner les politiques antisociales.

10 ans après, les peuples ont fait leur expérience. Tout ce que nous, communistes, dénoncions, dans les années 90, en combattant le Traité de Maastricht s’est vérifié. L’euro sert à aggraver la concurrence entre les travailleurs dans et hors la zone euro, exacerbant la xénophobie. L’euro facilite les délocalisations, favorise la domination des trusts les plus puissants contre les activités en développement répondant aux besoins des populations. C’est un instrument redoutable pour tirer les salaires et les acquis sociaux vers le bas, les prix des denrées élémentaires vers le haut. C’est un outil de domination, complice du dollar, conçu pour être hors de portée des peuples et les affamer au service de la finance mondiale.

Les travailleurs ne restent pas sans lutter. Un mouvement profond de contestation se développe partout. Par millions, ils manifestent dans les rues d’Athènes de Rome ou de Paris en 2010 contre la casse des retraites.

Pour l’instant, le système et ses relais réussissent à canaliser le mouvement vers l’alternance électorale entre des forces de droite ou de « gauche », qui sitôt les élections passées, appliquent plus ou moins la même politique : Grèce, Portugal, bientôt Espagne avec les élections anticipées de novembre. La France en 2012 ?

Derrière les promesses électorales démagogiques (PS grec avait promis 5% d’augmentations des salaires avant de les diminuer de 20%), un engagement de fond révèle le consensus qui relie les forces politiques de l’alternance : l’adhésion à l’UE, la défense de l’euro.

Pour l’UE, pour l’euro, c’est l’Union sacrée de la droite, du PS, du Medef. L’idéologie dominante y met toutes ses forces : « il faut sauver l’euro » et tous les sacrifices sont bons pour cela. Les syndicats réformistes, à l’image de la Confédération européenne des syndicats (la CES), fer de lance du Traité de Lisbonne, promeuvent une soi-disant « Europe sociale » pour mieux légitimer les institutions européennes et l’euro. Les organisations du capital s’efforcent de détourner la colère populaire vers une issue qui va enfoncer encore davantage les travailleurs : le renforcement de l’UE du capital, de ses institutions qui écrasent les démocraties nationales, l’établissement d’une « gouvernance européenne ». Le point d’arrivée, c’est le sinistre « Pacte pour l’euro », une politique imposée au moyen de l’euro, synonyme d’austérité à perpétuité et de mise sous tutelle des Etats démocratiques.

En France, comme ailleurs, le système assigne à sa roue de secours d’extrême-droite le soin, comme en 1992 contre Maastricht, ou en 2005 contre le TCE de dévoyer la lutte contre l’UE du capital, en les associant au nationalisme et au racisme. Le capital joue avec le feu : ne laissons pas faire !

Les peuples, quand on leur demande leur avis ne se trompent pas : NON à Maastricht ou au TCE au Danemark, en Irlande, aux Pays-Bas ou en France. Un vote de classe, celui des ouvriers, des paysans, des employés, de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capital, s’exprime à chaque fois contre l’UE. Un rapport de force existe liant luttes et rejet de l’UE du capital.

Voilà pourquoi nous pensons qu’il est primordial que notre parti le PCF reprenne son combat de toujours contre l’intégration européenne capitaliste. Le PCF est la seule force politique conséquente qui a toujours combattu l’intégration européenne depuis la CED (l’armée européenne) en 1953 jusqu’au combat contre Traité d’Amsterdam et la monnaie unique en 1998 en passant par le Traité de Rome.

La sortie de la France de l’euro, c'est-à-dire la fin de l’euro, vu la place centrale de notre pays, n’est pas synonyme d’avènement du socialisme. Bien sûr, mais ce serait une victoire politique majeure, une mise en échec historique de l’UE, l’explosion du consensus droite/PS en France. Evidemment, pour les communistes, elle ne peut que s’accompagner que d’autres mesures fondamentales telles que la remise en cause de la dette publique indue, la nationalisation du secteur financier, une autre politique fiscale et salariale. Elle va dans le sens du refus croissant de l’application du Traité de Lisbonne, des directives et règlements européens. 

En 1992 comme en 2005, avec leur Parti, les communistes ont su aller à contre-courant. Nous nous souvenons que cela n’a pas été facile mais que cela a été finalement fécond pour les luttes. En 2012, le PCF doit refuser de céder à la pression réformiste dominante : aucune illusion ne peut être laissée, avec la CES ou le Parti de la gauche européenne, sur une réorientation contre-nature de l’UE ou de la BCE! Le débat ne saurait être esquivé dans le Parti pour cause de campagne électorale ou d’adhésion au Parti de la « Gauche européenne ».

Les institutions de l’UE n’ont d’objectif que d’éliminer les acquis sociaux et démocratiques nationaux, le droit, souvent chèrement payé, des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elles tentent de tout porter au niveau supranational où ils n’ont pas de prise mais où les multinationales sont omnipotentes. Au contraire, la résistance au plan national est décisive dans l’intérêt mutuel, internationaliste, des peuples!

Aussi, responsables, militants, sympathisants du PCF, citoyens, nous demandons publiquement que le PCF, au regard de son rôle historique, lance une campagne nationale pour la sortie de l’euro. Nous nous engageons à forcer le débat sur cette question cruciale.

 

Premiers signataires: Stéphane AURIOL (PCF-RATP, Conseil national du PCF 2005-2008), Corinne BECOURT (PCF 02, CN), Frédéric BERNABE (PCF 70, CN), Emmanuel DANG TRAN (PCF 75, CN), Fabienne DEBEAUVAIS (PCF 80, CN), Claude FAINZANG (PCF 75, CN), Eric JALADE (PCF 81, CN) ; Dominique NEGRI (PCF 38, CN)

Je m’associe à cet appel. Je demande que le PCF, dans la suite de ses combats contre le Traité de Maastricht et la « constitution » européenne lance une campagne nationale pour la sortie de l’euro en vue de rompre avec l’UE du capital.


Renvoyer à PCF Paris 15, 130 rue Castagnary, 75015 Paris. pcf15@wanadoo.fr

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 11:04

no_pasaran_1244838078.jpgNous reproduisons l'intervention d'Anthony Crézégut dans un débat entre communistes sur la lutte contre l'extrême-droite (août 2011)

 http://vivelepcf.over-blog.fr/article-lutte-contre-l-extreme-droite-et-le-fascisme-a-crezegut-83799198.html

 

J'aimerais intervenir sur la question du fascisme et de l'anti-fascisme.

 

Qu'est-ce que le fascisme ? Tu as rappelé justement la définition de Dimitrov, devenue classique : « la dictature ouverte des franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie ». Je serais très prudent sur l'usage du terme fascisme qui demande une analyse minutieuse des mouvements en question, et doit éviter de galvauder le terme. Il ne faut pas appeler au loup continuellement, sous peine de baisser la garde lorsqu'il apparaît réellement. Le fascisme me semble être avant tout un mode de dévoiement d'aspirations populaires justes vers une solution réactionnaire favorable aux intérêts des classes dominantes dans une situation de crise économique et de vide politique. Actuellement, je dirais que nous nous rapprochons clairement de cette situation. Tu as évoqué le cas de Jobbik en Hongrie, avec ses milices para-militaires dans les rues, typique de ces pays d'Europe de l'Est. Il faut analyser aussi le supposé « virage à gauche » du FN, semblable à la façon dont les mouvements proto-fascistes, en Italie et en Allemagne, ont récupéré certains mots d'ordre de gauche pour mieux les dévoyer. Le fond des positions de ces formations, nous les connaissons : ultra-libérales (cf le programme du FN des années 1980-90), pro-européennes (les formations régionalistes ne jurent que par Bruxelles et l'Europe des régions) et de casse de l'unité ouvrière. Leur retour à la « question sociale » ne parvient pas à masquer la persistance de ces options, comme on peut le voir pour le FN en France ou la Ligue du nord en Italie. Si je prend ce dernier cas, la Ligue se fait de plus en plus passer pour une formation qui défend les ouvriers du Nord (au point qu'il a pu être le premier parti voté chez les ouvriers du Nord du syndicat des métallos de la FIOM!), les « petits » mais il reste un parti défendant un capitalisme pur et dur (lutte contre l’État social, fédéralisme fiscal, capitalisme des PME...), défendant l'Europe des régions contre l'unité nationale et enfin proposant une vision inter-classiste de la société, que ce soit sous la forme du « bloc des producteurs » (ouvriers/patrons) ou du « bloc national » (toutes les classes autochtones contre les étrangers y compris du Sud de l'Italie). J'insiste sur cette analyse de classe des mouvements d'extrême-droite, la nécessité d'analyser ces mouvements selon une grille de classe, et de noter le fait qu'eux dressent bien une analyse de classe de la société.

 

            Quel anti-fascisme ? Il faut bien réfléchir sur la ligne à adopter car il y a deux types d'anti-fascisme, qui posent la question du rôle que joue l'extrême-droite dans le système. On parle beaucoup du recours ultime à l'extrême-droite, celui qui consiste à livrer carrément le pouvoir aux fascistes, souvent devant la menace imminente d'une prise de pouvoir des communistes ou d'un large front populaire. Je pense qu'actuellement, nous avons affaire à un autre type de recours à l'extrême-droite : un épouvantail destiné à décrédibiliser des positions justes pour mieux légitimer les forces et l'idéologie dominantes, à mener les classes populaires dans une impasse politique.

C'est en partant de cette analyse que nous devons mettre sur pied une conception d'un large rassemblement anti-fasciste claire sur le fond, divergent de l'anti-fascisme tiède qu'on va essayer de nous servir pour mieux refaire passer l'Union de la gauche derrière le PS libéral et européiste. Nous devons être clairs sur la question de l'immigration, proposer l'unité des travailleurs face à toute manœuvre de division y compris issue de nos rangs ; sur la question de l'Europe, ne pas laisser le terrain de la lutte contre l'UE au FN, comme les tenants de l'idéologie dominante le voudraient, en proposant une analyse claire sur le rôle que joue l'UE au service du capital et contre les peuples et les travailleurs d'Europe.

En somme, c'est sur la question de classe que l'on battra le FN en opposant l'union des travailleurs à la vision interclassiste et de collaboration de classe de l'extrême-droite. C'est sur cette position de principe que l'on peut proposer une politique de rassemblement large, semblable à celle que furent les Fronts populaires, loin de toute politique d'union institutionnelle étriquée. Il faut rappeler que les Fronts populaires ont reposé sur une analyse de classe, sur la reconstitution de l'unité ouvrière (PCF/SFIO) et le ralliement de la petite bourgeoisie (radicaux) pour faire barrage au fascisme. Ils ne furent pas non plus quelque chose de fixe, d'intangible, de définitif mais ont bien reposé sur l'analyse concrète de la situation concrète. Ils ont été mis en place dans la situation particulière de l'après 1933, selon les conditions historiques données, et ont été abandonnés lorsqu'ils ne répondaient manifestement plus à l'évolution de la situation à la veille de la Seconde guerre mondiale. L'anti-fascisme ou le front populaire n'est pas une politique intemporelle, elle est une politique ancrée dans un moment historique bien précis.

 

            Enfin, pour conclure, sur les communistes et le fascisme. Tu as noté quelque chose de très juste : là où existent des Partis communistes forts, comme au Portugal, en Grèce ou en République tchèque, l'extrême-droite est faible. Après, il faut encore faire la distinction entre extrême-droite et le fascisme. Le fascisme pur et dur apparaît dans tout son rôle historique lorsque les forces communistes et le mouvement populaire représentent une menace pour le système, ce n'est peut-être pas le cas aujourd'hui. Petite parenthèse, je me méfie des analyses un peu optimistes sur la progression en pourcentage du FN qui masquerait une non-progression en voix. Des calculs assez dangereux qui masquent la progression réelle des idées de l'extrême-droite dans l'opinion, et leur contamination sur d'autres forces politiques, à droite et ailleurs. Tu parlais aussi du fait qu'une partie de la progression du FN se faisait sur le dos de la droite classique, pas de quoi s'en réjouir non plus. Cela prouve également la porosité de la frontière entre droite et extrême-droite, ce qui n'est pas nouveau et cette radicalisation de la droite classique n'est pas sans rapport avec l'analyse que l'on doit mener du fascisme (cf le parallèle avec la droite allemande classique et son soutien progressif au nazisme).

Je conclus juste sur un rapprochement peut-être un peu provocateur, celui de la montée de l'extrême-droite avec celle du mouvement des indignés. Deux phénomènes bien distincts mais la même preuve d'un manque, le manque d'une organisation de classe et de masse porteuse d'une alternative au système. Un manque qui ouvre la porte à des mouvements, tantôt fascisants tantôt a-politiques, qui ne font que canaliser la colère populaire vers une voie de garage, et redonner au système une certaine légitimité politique.

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 17:50

fete- de- lhumaniteDébats sous l’égide de la revue « Cahiers communistes », des sites internet « Vive le PCF » et « Solidarité internationale PCF »

 

Samedi 17 septembre :

 

11h30 : sous le stand de la section du PCF Paris 15ème, avenue Dolorès Ibarruri :

« La nécessité d’une campagne nationale du PCF pour la fin de l’euro ». Présentation de l’initiative.

 

16h30sous le stand de la Fédération du PCF de la Haute-Saône, avenue Lise London :

« Avenir du PCF : la nécessité de faire vivre et de renforcer le PCF, ce qu’il représente, sans, malgré ou contre l’opération « Front de gauche » avec Mélenchon. » 

Avec Frédéric Bernabé, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de la Fédération du PCF 70, Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF, candidature présentée collectivement à la consultation interne pour les élections de 2012 (printemps 2011), Dominique Negri, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de section de Saint-Martin-d’Hères (Isère).

 

Dimanche 18 septembre :

 

10h45 – sous le stand du Collectif PCF RATP et de la section du PCF Paris 15ème, avenue Dolorès Ibarruri :

« Convergences pour le service public – pas de pause électorale pour les luttes » : pour la défense et les reconquêtes des nationalisations, des monopoles publics, des statuts, le refus de l’application des traités et directives de l’UE, le rapport de force existe. » Débat présenté par Stéphane Chouly, machiniste à la RATP, responsable syndical et communiste.

 

14h00sous le stand de la section du PCF de Saint-Quentin, avenue Paul Vaillant-Couturier :

« Grèce, Portugal, Irlande, France : quelle riposte des partis communistes aux plans « d’austérité » de l’UE, de la BCE, du FMI et des gouvernements nationaux ? » : au-delà de « l’indignation » canalisée par l’idéologie dominante européenne, l’analyse et l’action conséquentes des partis communistes. Débat présenté par Anthony Crézégut, avec Eric Jalade, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de la Fédération du PCF du Tarn, des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti communiste portugais (PCP), du Parti communiste irlandais (sous réserves).

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