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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 18:23

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Sournois, diffus, sans doute mal mesuré pour l’heure, un danger existe depuis le naufrage du chef de l’État et de l’UMP aux régionales. Celui de croire que Nicolas Sarkozy, sous le rude coup électoral porté par les Français, aurait décidé d’assouplir sa politique et son style à la faveur d’un remaniement ou d’une polémique surjouée concernant sa vie privée. Ne nous y trompons pas. Si l’octroi à François Baroin du portefeuille du budget symbolise pour beaucoup cette tentative de paix armée avec la partie de la droite la plus rétive au sarkozysme débridé (la forme mais pas le fond), les propos du nouveau ministre, jeudi soir sur France 2, énoncés avec la douceur d’une dialectique roublarde, ne laissent aucune place au doute. Du bouclier fiscal aux idées de suppression de l’impôt sur la fortune, le « cap fixé par le président ne variera pas ». De même, les quelques caresses verbales adressées aux chômeurs en fin de droits par Sarkozy, accompagnées d’une annonce minimale, ne visent qu’à calmer les centaines de milliers de personnes démunies. Seulement voilà, l’émotion et l’esbroufe ne suffisent plus. Il n’y a donc pas de hasard si le climat de défiance à l’égard du président atteint un tel degré d’incandescence, digne d’un nuage de cendres s’épandant sur l’UMP. Prudence néanmoins. Bien que le constat d’une véritable crise du politique, doublée d’une vraie désagrégation du sens de l’État, soit partagé par de nombreux intellectuels, les aléas contemporains de la politique nous enseignent qu’au royaume du présentisme global et du quinquennat, le temps politique s’écoule désormais en accéléré. Que restera-t-il de l’« orléanisme » au pouvoir d’ici deux ans ? Où en sera l’affaiblissement en cours de l’idéal républicain, soumis à la plus vaste entreprise de démagogie et de populisme, de mensonges et de serviabilité aux forces de l’argent, à la division entre les citoyens ? Où en sera Sarkozy lui-même dans sa tentative de contre-révolution idéologique, assortie d’un affaissement des repères symboliques qui encadraient jadis notre chemin en citoyenneté ? Et puis surtout : qui peut dire ce que l’épouvantable atomisation sociale nous réserve vraiment dans six mois, dans un an ?

Car l’ordre du jour de la « vraie vie » des citoyens n’a rien à voir avec l’agenda régressif de l’Élysée. Attentes et impatiences, misères et colères que nourrissent la crise économique, le désastre social et les injustices du capitalisme mondialisé, forment un volcan à l’activité souterraine brûlante. Les réalités de la vie quotidienne, qui déchirent chaque jour un peu plus le pacte républicain, peuvent exploser du jour au lendemain. Pour le meilleur ou pour le pire. Vers quoi versera le désespoir ambiant ? Au cŒµr de cette épouvantable casse sociale, de cette décomposition du vivre ensemble, de cet obscurantiste débat sur « l’identité nationale » de ces projets dangereux pour nos retraites, ceux qui souffrent ont progressivement vu la nature profonde du régime sarkozyste. Derrière le bling-bling des débuts se cachait mal cette forme de néonationalisme décomplexée, éclatante depuis.

N’oublions jamais que, hier, un ministre de l’Intérieur de la République comparaissait pour « injure raciale ». Brice Hortefeux était absent au tribunal, mais personne n’a oublié sa phrase : « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Symbole des trois années endurées. Symbole de cette droite maurrassienne et ultralibérale prête à tout.

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 10:25

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Le PCF s’élève contre la condamnation de Leyla Zana

Le Parti communiste français s’élève contre la nouvelle condamnation à trois ans de prison de Leyla Zana qui, depuis des années, lutte opiniatrement pour que soient reconnus en Turquie les droits démocratiques et la liberté d’expression du peuple kurde.

La décision de la Cour pénale de Diyarbakir confirme les mesures arbitraires prises par les autorités judiciaires et politiques de Turquie et qui ont abouti, ces derniers mois, à l’interdiction de partis légaux et des jugements arbitraires entraînant une recrudescence de la répression à l’encontre du peuple kurde.

Le PCF manifeste à nouveau sa solidarité avec le peuple kurde et sa détermination pour que soit rapportée cette mesure particulièrement intolérable à l’égard de Leyla Zana.

Parti communiste français

Paris, le 15 avril 2010.

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:46

 

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Les habitants des quartiers populaires ont-ils renoncé au vote ? Lors des dernières élections régionales, l’abstention y a atteint des sommets. Dans certaines villes, comme à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), elle a grimpé à 64,1 %. Un mois après, l’Humanité est retournée sur place pour donner la parole à ces citoyens.

Ce jeudi après-midi, la maison de quartier Floréal, située au pied des tours, au nord de Saint-Denis et en bordure du parc de La Courneuve, semble bien calme. Ici, le taux d’abstention a atteint 71,46 % au premier tour des élections régionales, 67,49 % au second. À l’entrée, deux jeunes fument une cigarette. Un peu réticents à parler du vote, Alexis et Jean-Marc finissent par se lâcher sur la situation des jeunes de la cité Floréal. Le premier, âgé de vingt ans, n’a pas voté. « Moi je suis franco-portugais. J’ai la nationalité française, mais c’est surtout que je travaillais dimanche au restaurant… » Jean-Marc, lui, s’est rendu aux urnes mais uniquement au premier tour, car dit-il, « il y avait plus de choix qu’au second. De toute façon, ils font leurs petites alliances et tout est joué d’avance ».

Dans le hall de la maison de quartier, pendant les cours de soutien scolaire dispensés par des étudiants, nous croisons le chemin de Laurence, mère de famille et présidente d’une association de danse. Laurence vit à Floréal depuis 1967. Elle y a donc passé son enfance. « Je ne suis pas allée voter parce que je travaillais. Et puis, de toute façon, ça ne change rien à nos vies. Il faut aussi prendre en compte le fait qu’il y a beaucoup d’étrangers qui ne peuvent pas voter. Pour les autres, ils sont comme moi. Ils ne voient pas l’intérêt de voter. » Pour cette habitante pourtant très investie dans la vie associative, ce désintérêt va de pair avec une dégradation constante des immeubles depuis environ six ans. « Avant dans le quartier, les gens s’engageaient dans le bénévolat. Les retraités faisaient de l’aide aux devoirs. Les enfants allaient dans les bibliothèques. Il y avait un vrai souci de la collectivité. Maintenant, c’est chacun pour soi. Même dans les quartiers, les gens sont devenus individualistes. »

Cet essoufflement associatif, Brahim Saai, responsable du collectif Fusion à Villiers-le-Bel, l’a également remarqué. « En 2007, les associations avaient mené un travail de terrain énorme pour mobiliser les gens, leur expliquer l’importance et les conséquences du vote. Mais aujourd’hui elles sont à court d’arguments. Les associatifs eux-mêmes ont capitulé. C’est évident, on est moins mobilisés qu’à la présidentielle. »

Situé au sud-est de Saint-Denis, proche du quartier des 4 000 à La Courneuve, le quartier du Franc- Moisin fut à la fin des années 1960 un des bidonvilles les plus importants de France. En quelques années, il passe du statut de cité de transit à celui de grand ensemble. Aujourd’hui, Franc-Moisin/ Bel-Air compte 8 000 personnes, avec près de 3 000 logements sociaux. L’abstention ici tourne autour de 63 %. Au premier étage d’un immeuble de la rue Danielle-Casanova, au-dessus d’une boucherie halal, l’Espace services publics accueille des permanences d’écrivain public, d’assistantes sociales, de la Sécurité sociale ou encore de la CAF… Un groupe de femmes, venues fêter la fin d’une formation pour le code de la route, se lance volontiers dans un échange sur l’intérêt du vote. Sur six habitantes du Franc-Moisin, trois ne sont pas allées voter.

Karima explique simplement : « Ça ne m’intéresse pas. Je ne vois pas tellement à quoi ça sert les régionales. Dans ma famille, personne n’a voté… C’est pour élire qui déjà ? » Pour Diana, trente-huit ans, c’est un peu différent : « Je n’ai jamais voté et je ne voterai jamais. Chez les témoins de Jéhovah, nous sommes pour un autre royaume, où seul Dieu peut établir les règles. » Sihem, la quarantaine, s’emporte : « C’est à cause de gens comme vous qu’on a un taux d’abstention atterrant. Moi, j’ai voté aux deux tours. Depuis que Sarko est au pouvoir, les choses empirent. »

Kadia, jeune maman, a tenu à voter. Pour elle, c’est une question d’habitude  : « Mon père nous a toujours forcés à voter depuis qu’on a dix-huit ans. Quand il est arrivé en France en 1963, il travaillait comme ouvrier chez Opel. Il a obtenu sa nationalité française et il considère que le vote est un droit à exercer. Pour moi, voter, c’est faire partie de la société. Ça représente ce qu’on est. » Mouna, la cinquantaine, fait la moue : « Non, non, moi je n’ai rien à dire… Je suis plutôt de gauche, mais je n’aime pas la politique, ça ne me concerne pas. » Fatiha vit à Saint-Denis depuis 1992. Son mari, lui, est arrivé en France en 1975. Maman de cinq enfants, elle s’est rendue aux urnes avec son mari mais impossible de convaincre leur fils de dix-neuf ans : « On a insisté pour qu’il vienne mais il dit que la politique, c’est des paroles en l’air, du bla-bla, que la droite et la gauche, c’est pareil. Il refuse de voter. » Du vote aux conditions de vie, il n’y a qu’un pas. Et la discussion de se déporter peu à peu sur la vie au Franc- Moisin. Aucune de ces habitantes n’a choisi d’y vivre. Elles décrivent toutes une ambiance difficile. Et affirment que la seule manière d’y rester sans avoir de problèmes, c’est de faire comme les trois singes de la sagesse. Diana mime les gestes : « Ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire. » « Depuis que le quartier a été créé, ils ont entassé les Noirs et les Arabes dans un secteur, tranche Sihem. Les loyers ne sont pas chers et on comprend vite pourquoi. Les choses ne peuvent pas aller mieux. » Au Franc-Moisin, poursuit Diana, « il faut faire gaffe avec qui tu parles. Mon seul but, c’est de protéger mes enfants. Pour le reste, je trace ma route. Vous voyez, à quoi ça sert de voter ? Y’a rien qui change ! »

Un peu plus au sud de la commune dionysienne, à la maison de quartier de la Plaine, Cindy, trente ans, a le même sentiment : « J’ai voté au second tour comme un acte citoyen et parce que des gens se sont battus pour ce droit. Mais franchement, pour moi tous les partis politiques se valent. Les paroles, c’est bien, mais dans les actes, ça ne change pas. »

Qu’en pensent les politiques ? Ils ne semblent guère surpris par ce rejet en bloc. Didier Paillard, maire de Saint- Denis, analyse l’abstention comme « le ras-le-bol » d’une forme élective. « Les gens doutent des capacités des politiques à changer les choses, même au niveau local. Notre ville bouge énormément mais nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de chômage et de conditions de vie des jeunes, qui vivent moins bien que leurs parents. Par ailleurs, aux régionales, nous n’avons pas eu de candidat issu de Saint-Denis et cela empêche de s’identifier. » De son côté, Pierre Laurent, conseiller régional d’Île-de-France et coordinateur national du PCF, y voit les dégâts de la crise économique et du présidentialisme. « Les gens sont dans une angoisse terrible du lendemain. Du coup, l’absence de résultats des politiques menées pour les aider est ressentie d’autant plus brutalement. La pipolisation de la vie politique n’aide pas à élever le niveau des campagnes. »

Le faible score de participation s’explique, pour Brahim Saai, par la stigmatisation permanente des quartiers. « Les gens ne sont pas dupes. Ils rejettent ces faux problèmes qui vont de la burqa jusqu’à l’affaire Ali Soumaré. Les habitants des quartiers ne voient aucun changement concret pour eux. Du coup, le sentiment qui prédomine c’est le “tous pourris”. » Zouina Meddour, ancienne directrice de la maison des Tilleuls, chargée de mission à la parentalité et à la lutte contre les discriminations à la mairie du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), partage le constat sur l’abstention et avance plusieurs facteurs : « D’abord, les régionales, ça ne parle pas aux gens. Ensuite, la campagne n’a pas porté sur les enjeux de fond. Je trouve très grave qu’on ressorte à quelques mois des élections la burqa et l’insécurité, avec toujours les mêmes boucs émissaires. On brouille le message en direction des citoyens. Moi-même, j’ai voté blanc au second tour. Et pourtant ma sensibilité est clairement à gauche. » Pour cette fille d’immigrés algériens, le ras-le-bol dans les milieux populaires est palpable. La dégradation des conditions de vie est bel et bien indissociable d’une image du politique tout aussi dégradée Pour Abdelhak Kachouri, récemment élu vice-président du conseil régional d’Île-de-France (PS), c’est la preuve qu’il est nécessaire « de changer notre façon de faire de la politique, en partant des problèmes concrets des gens. Il faut privilégier la proximité et la rencontre avec les habitants, pour redonner ses lettres de noblesse à l’activité politique ». Mais ajoute Pierre Laurent, « il ne s’agit pas non plus de venir serrer des mains dans les quartiers pour repartir aussitôt. Il s’agit surtout de permettre aux habitants des quartiers de s’engager et de construire leur propre chemin ».

Dans leur ouvrage la Démocratie de l’abstention *, [1] Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen pointent comment le niveau de compétence dans le domaine politique détermine l’intérêt que l’on y porte. L’engouement pour les votations citoyennes portées par les habitants eux-mêmes prouve que la capacité de mobilisation n’est pas figée. À l’instar du référendum en octobre dernier contre la privatisation de La Poste, auquel de nombreux habitants des quartiers populaires ont participé. À la question « Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d’accord avec ce projet ? », 98 % des votants, soit quelque 2,1 millions de personnes, avaient répondu « non ». Construire son propre chemin, le prendre en main collectivement, c’est peut-être par là que passera le salut de la chose politique.

 

IXCHEL DELAPORTE

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 10:29

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Plutôt un Front Anti-Impérialiste Mondial et le renforcement de la coopération entre Partis Communistes qu’une Vème Internationale.

 

Note politique du Parti Communiste Brésilien.

 

 

La Commission Politique Nationale du Parti Communiste Brésilien (PCB) a étudié très attentivement la proposition bien intentionnée du président Hugo Chavez, annoncée lors du récent congrès du Parti Socialiste Unifié du Vénézuela (PSUV), sur la création du Vème Internationale Socialiste, dont la date de fondation serait prévue pour avril 2010 :

1) Nous saluons l’initiative du président vénézuelien, qui vise à rassembler de larges forces afin de mieux coordonner leur lutte contre l’impérialisme, entendu comme l’ensemble des actions mises en œuvre par les Etats capitalistes pour la défense de leurs grandes entreprises et de la bourgeoisie en général.

2) Toutefois, nous ne sommes pas d’accord sur la manière dont est menée cette initiative, car nous croyons que la fondation d’une structure de cette nature nécessite une accumulation de débats au préalable, et une unité politique et idéologique ainsi qu’une unité d’action que nous ne voyons pas encore dans les partis qui sont disposés à adhérer à la proposition.

3) Les processus historiques de constitution des Internationales ont pris forme au cœur du combat du prolétariat sous l’égide de partis qui s’identifiaient à lui, ce qui ressort de la Troisième Internationale, fondée par Lénine, à laquelle ont seulement pris part les Partis Communistes et Ouvriers.

4) En outre, quand nous parlons de la Vème Internationale, nous prenons en compte la soi-disant IVème Internationale qui fut, en fait, une articulation de groupes trotskistes, avec une influence sociale et politique très faible, qui ont fini par se diviser en différents petits groupes, chacun se revendiquant comme son héritier légitime, certains jusqu’à nos jours.

5) Au vu des différences de contexte historique et des spécificités qu’ont prises les initiatives antérieures, il ne nous paraît ni correct ni nécessaire d’inscrire ce rassemblement précis dans cette numérotation historique.

6) Nous avons des réticences également, quant à la définition de cette « Vème Internationale » comme socialiste ; pas seulement à cause de la banalisation du terme, utilisé jusque par des courants du camp du capital. Il peut générer de la confusion par ceux qui n’ont pas banalisé le concept de socialisme et qui l’entendent correctement comme une transition vers le communisme.

7) Le PCB défend, dans notre pays, un front anti-impérialiste et anti-capitaliste, étant entendu qu’au Brésil le capitalisme est pleinement développé et que les contradictions entre la bourgeoisie brésilienne et l’impérialisme – dont le capitalisme brésilien fait partie – sont résiduelles.

8) Dans le cadre mondial, cependant, avec l’immense diversité des réalités nationales et régionales, tous les partis, mouvements, organisations et forces politiques qui s’opposent à l’impérialisme ne sont pas favorables à la construction d’une société socialiste et, encore moins, d’une société communiste. Il y a des pays colonisés, occupés ; il y a des pays dans lesquels le capitalisme est peu développé ; il y a des peuples et des nations qui n’ont pas conquis ni le droit d’avoir un État, un pays. De notre point de vue, dans des cas bien déterminés, il est possible que le processus révolutionnaires comprenne des fronts nationaux contre l’impérialisme.

9) Le Parti Communiste Brésilien (PCB), devant ce moment historique dans lequel nous vivons – où une grave crise économique touche pratiquement tous les pays du monde – défend la nécessité de la formation d’un Front Anti-Impérialiste Mondial, qui rassemble tous les partis, organisations et mouvements prêts à lutter, de manière coordonnée, contre l’impérialisme.

10) Le PCB continuera à valoriser toutes les initiatives qui cherchent à mettre en avant un programme de lutte, sur notre continent et dans toutes les régions du monde, de manière à ce que renforce l’unité d’action et se forge une organisation capable de répondre collectivement aux attaques de l’impérialisme.

11) Le PCB continuera également à valoriser les Rencontres Internationales des Partis Communistes, la Revue Communiste Internationale, et travaillera inlassablement pour que les communistes d’Amérique Latine et des Caraïbes cherchent une coordination pour affronter de la manière la plus organisée possible la bourgeoisie, l’impérialisme et mener la lutte idéologique contre le réformisme.

Rio de Janeiro, avril 2010

Commission Politique Nationale du PCB

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 18:05

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 14:14

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Après une semaine de conflit, la direction campe sur ses positions. Les vice-présidents PCF de onze régions dénoncent la politique de libéralisation ferroviaire du gouvernement.

Alors que débute aujourd’hui le septième jour de grève, la situation est toujours bloquée à la SNCF. La direction a fait mine, hier, de vouloir rétablir le dialogue avec la CGT cheminots et SUD rail, en proposant la réunion d’une table ronde. Mais cette annonce s’apparente plus à une manœuvre dont l’objectif est de faire porter devant l’opinion publique aux deux syndicats la responsabilité de la poursuite du conflit. En effet, outre que cette table ronde n’aurait lieu que le 21 avril, elle réunirait l’ensemble des fédérations représentatives et pas seulement celles qui sont à l’origine de la grève. La tenue de cette réunion est enfin conditionnée à la reprise immédiate du travail, sans que la direction n’apporte aucune garantie sur le fait que les revendications des cheminots aboutissent favorablement. Inacceptable, donc, pour la CGT, qui revendique « l’ouverture immédiate de négociations avec les seuls syndicats grévistes ».

Le gouvernement reste silencieux

La direction de la SNCF n’entend pas céder sur son objectif de poursuivre ses restructurations. Preuve en est que la table ronde qu’elle a proposée hier porterait, entre autres, sur la mise en œuvre de la concurrence dans le TER. Il s’agit aussi, pour elle, de favoriser l’émergence d’« un pôle syndical réformiste » cantonné au seul accompagnement social de ses choix. « Nous (…) ne voulons pas valoriser la grève. Si on le faisait, cela affaiblirait les autres syndicats (non grévistes) », a ainsi expliqué, hier à l’AFP, une source proche de la direction.

Des revendications non corporatistes

Dans son obstination à refuser d’ouvrir des négociations, la direction de la SNCF se prévaut du soutien de l’État, l’actionnaire unique de l’entreprise publique. Après avoir qualifié la grève d’« inutile », au premier jour du conflit, mercredi dernier, par la voix du secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, le gouvernement reste depuis silencieux. Intervenir pour contraindre la direction à infléchir sa gestion du conflit reviendrait à désavouer une gestion de l’entreprise qui n’est que la déclinaison de ses choix politiques.

Les revendications des agents de conduite, des contrôleurs et des agents du fret sont tout sauf corporatistes. Les vice-présidents PCF de onze régions

 [1], qui ont signé, vendredi dernier, une déclaration de soutien aux « cheminots en lutte pour le maintien et le développement du service public », ne s’y sont pas trompés. Dans ce texte, ils rappellent qu’ils constatent quotidiennement « la dégradation des conditions de transport (trains annulés, retards fréquents…) » et que les causes de celle-ci sont « le manque de moyens humains et matériels » de la SNCF. Les élus communistes soulignent que cette dernière a supprimé 20 000 emplois depuis 2002 et envisage d’en supprimer à nouveau plus de 7 000 d’ici à 2012. « Ces réductions drastiques d’emplois, les réorganisations sans fin au sein de la SNCF se font au nom de la libéralisation du secteur des transports voulue et conduite à marche forcée par le président de la République et son gouvernement », accusent-ils.

Les vice-présidents PCF demandent à Dominique Bussereau « de prendre ses responsabilités afin que le président de la SNCF sorte de son entêtement et ouvre sans tarder de véritables négociations ». Ils appellent enfin les « usagers » et les « citoyens » à se mobiliser « pour exiger du gouvernement qu’il cesse sa politique de casse du fret et de dégradation du service public ».

Pierre-Henri Lab

 

Notes :

[1] Luc Bourduge (Auvergne), Jean-Paul Pinaud (Bourgogne), Gérard Lahellec (Bretagne), Pierre Mathieu (Champagne-Ardenne), Jean-Michel Bodin (Centre), Patrick Hatzig (Lorraine), Charles Marziani (Midi-Pyrénées), Pierre Mouraret (Basse-Normandie), Noël Levillain (Haute-Normandie), Gilles Bontemps (Pays de la Loire), Daniel Beurdeley (Picardie).

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 10:29

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L’exécutif national du PCF a fait voter par le Conseil national des 27 et 28 mars 2010 la tenue d’un congrès extraordinaire les 18, 19 et 20 juin prochains. Le CN du 16 avril devra en acter les modalités. Il est d’ores et déjà annoncé que l’on fera le point sur « la mise en œuvre » de l’orientation stratégique du Front de gauche, que l’on ouvrira la réflexion sur les échéances électorales à venir, que l’on adoptera une « feuille de route » sur les transformations de notre parti, que l’on procédera au changement de secrétaire national. Tout cela fait beaucoup pour un congrès «d’étape»: en réalité, c’est l’ordre du jour d’un vrai congrès qui est prévu, alors qu’au 34emecongrès, il n’était alors question, à cette occasion, que de procéder au remplacement de la secrétaire nationale.


 Nous sommes soucieux de la vie démocratique de notre parti. Nous savons que l’organisation d’un congrès du parti pour que la discussion parte de nos organisations de base (cellules, sections), nécessite du temps, si l’on veut vraiment qu’il se déroule dans des conditions démocratiques, avec la participation réelle des communistes à la réflexion et à l’élaboration de la décision.

 

C’est impossible avec le calendrier proposé, alors même que les résultats obtenus lors des élections régionales soulignent la nécessité d’un débat approfondi sur les choix stratégiques et les contenus.

Les communistes en expriment le besoin dans les fédérations et les sections. Sans le temps nécessaire, les communistes auront l’impression que l’on tranche à leur place. On ne peut pas, pour nous, dire, de manière aussi caricaturale que dans le rapport du dernier Conseil National, que le Front de gauche s’ancre et s’enracine, que sa démarche est un succès, alors que notre parti perd la moitié de ses élus et que nous ne parvenons pas réellement à incarner le vote sanction contre la politique du pouvoir, ni le relais politique des luttes !

 

Nous sommes, entre autres, confrontés au défi d’une abstention populaire massive. La reconquête de l’électorat populaire, l’action en direction du monde du travail, doivent être vraiment au centre de nos préoccupations. L’analyse de la société, de ses mutations, de ses violences, du désespoir, du repli sur soi mais aussi des résistances, des solidarités, des potentialités d’interventions citoyennes, celle des recompositions politiques et de nos rapports aux autres formations de gauche, et au mouvement social, celle du rôle et de la place du PCF dans ce contexte est indispensable et mérite de prendre le temps nécessaire, d’autant que la tentation demeure chez certains d’utiliser le Front de gauche pour avancer dans le sens de l’effacement du PCF.

La question de la perspective politique d’ici 2012 comme celle de l’indépendance du Parti sont toujours autant posées. Tenir un congrès bâclé et organisé dans la précipitation donnerait comme signe en direction des communistes, dans cette situation complexe et difficile pour le Parti, celui que les choix stratégiques et la ligne politique ne seraient que l’affaire de quelques initiés.

 

Aussi, nous demandons le report du congrès « d’étape » de manière à permettre l’implication réelle des communistes. C’est une nécessité pour la cohésion et le renforcement du Parti. D'autre part, un congrès en décembre 2010, année du 90eme anniversaire du congrès fondateur du PCF, aurait une forte portée politique pour réaffirmer l'attachement très majoritaire des militants communistes de poursuivre le PCF dans les conditions actuelles de la lutte des classes.

L’urgence, c’est bien aujourd’hui de mettre le parti en ordre de marche pour la bataille des retraites, de mettre toutes nos forces dans le combat idéologique sur ce sujet. Avec la gravité de la crise et de ses conséquences pour notre peuple, notre parti doit être à l’offensive dans tous les domaines notamment celui de la réforme des collectivités territoriales.

 

Notre peuple a besoin d’un parti communiste rassemblé dans l’action, plus que jamais à l’écoute des préoccupations populaires, bref, d’un parti révolutionnaire dans la France du XXIe siècle.

 

  Sylvain Dalla Rosa, secrétaire de la fédération des Ardennes

Hervé Poly, secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais

Frédéric Bernabé, secrétaire de la fédération de Haute-Saône

Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn

Alain Bolla, secrétaire de la fédération du Var

 

 

Cellules, section, Fédération, ce texte est à votre disposition…

Rendons aux organisations du PCF leur pouvoir, celui de représenter les communistes

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 10:20

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28 notables du courant « refondateur » ont annoncé leur intention de quitter le PCF dans la semaine suivant les élections régionales. Leurs déclarations de rupture se succèdent depuis à un rythme régulier : Braouezec, Zarka, Martelli, Fraysse...

 

A vrai dire, c’est une décision logique qui se situe dans la continuité de leur positionnement. Depuis une quinzaine d’années au moins, ils estiment que le PCF n’a plus de raison d’être. Ils théorisent sur la nécessité du « dépassement de la forme parti », en fait uniquement de la forme « Parti communiste », de la « matrice bolchévique », comme l’écrit Martelli.

 

Derrière les formules, les communistes ont pu mesurer la dérive politique.

 

En prétendant promouvoir la « démocratie participative », les « refondateurs » se détournent de l’organisation politique  révolutionnaire qui a seule permis à la classe ouvrière, aux salariés d’intervenir sur le champ politique essentiel, celui de la lutte des classes. Souvent élus ils s’intègrent au contraire dans le cadre institutionnel de la démocratie bourgeoise délégataire.

 

Ils sont partisans de longue date de l’intégration et du dépassement du PCF dans un « pôle de radicalité », à la « gauche » du PS. L’expérience des « collectifs antilibéraux » en 2006, dont ils ont été ardents supporters, a bien traduit l’esprit de clubs politiciens auquel ramène leur projet. Dans la pratique, cet affichage de « radicalité » coïncide avec une collaboration rapprochée avec le PS dans les cadres institutionnels.

 

Sur les positions de fond, les refondateurs poussent loin le révisionnisme. Le philosophe estimé, Lucien Sève, a théorisé sur le dépassement de l’objectif de propriété collective des moyens de production. Depuis les années 90, il va jusqu’à promouvoir le développement de l’actionnariat salarié. Ses thèses ont servi à justifier justifié les privatisations de l’ère Jospin, cautionnées par Hue, Buffet et Gayssot (France télécom, Air France…).

 

Logique, le départ des refondateurs ne représente pas non plus un grave affaiblissement pour le PCF. Certes, ces personnalités sont connues. Leur décision est largement relayée dans les media. Elles sont aussi, pour certaines, reconnues dans le Parti pour leur apport passé, notamment en tant qu’intellectuels communistes (Sève, Martelli). Mais les refondateurs n’ont jamais représenté un courant nombreux dans le Parti et notamment parmi les militants. Bien conscients de cette réalité, ils se sont bien gardés, encore au 34ème congrès, de soumettre au vote des communistes leur plate-forme alternative.

 

Non, la vraie question qui appelle l’attention des communistes est surtout : « pourquoi ils partent maintenant ? ».

Jusqu’à présent, tout en affichant leur rejet de la « forme PCF » et des désaccords avec la direction du Parti, la plupart des personnalités de cette mouvance avait décidé de rester dans le Parti, ne suivant pas les générations précédentes de « rénovateurs » et « reconstructeurs » jusqu’au bout de leur cheminement vers le PS.

Ils ne voulaient visiblement pas se couper des communistes et de l’héritage du Parti, dont ils se réclament. Il faut dire aussi qu’ils doivent principalement au PCF leur notoriété et leurs postes d’élu.

 

Qu’est-ce qui peut avoir changé aujourd’hui, au lendemain d’élections comme les régionales qui ne sont pas vraiment capitales ?

Et puis pourquoi partir maintenant au moment même où la stratégie de la direction du Parti colle de si près à leurs positions de toujours? Depuis la « Mutation », en passant par la « gauche plurielle », du Congrès de Martigues jusqu’aux collectifs antilibéraux, la direction du PCF les avaient suivis. Aujourd’hui, le « Front de gauche » fait bien directement écho au « pôle de radicalité » et semble le rejoindre.

 

Justement !

Sans doute les refondateurs ont-ils trouvé un nouveau cadre qui leur permet d’agir et de développer leur ligne en dehors du PCF.

A côté ou dans le « Front de gauche », ils peuvent espérer conserver un lien avec les adhérents du PCF et un cadre pour garder leurs positions d’élus, indépendamment de son appareil. Ceux d’entre eux qui ont des positions dans les fédérations du PCF ont annoncé pragmatiquement qu’ils y resteraient...

 

En même temps, dans le « Front de gauche », les refondateurs et leurs amis (ex : Clémentine Autain) ont intérêt à exister en tant que tels, avec maintenant leur FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique), pour ne pas être supplantés, dans la recomposition en cours, comme dans la course à 2012 par d’autres comme le Pg.

L’éviction de certains des leurs aux régionales (notamment en Ile-de-France et au second tour en Seine-Saint-Denis et dans le Val d’Oise) aurait été un avertissement.

 

Indépendamment du PCF, ils peuvent aussi œuvrer à l’élargissement d’un « Front de gauche » tout azimut. Dans une interview au Monde, Braouezec tend de nouvelles perches à des fractions du NPA, du PS et de l’Europe-écologie de Cohn-Bendit que le maire refondateur de Sevran, Stéphane Gatignon a déjà rejoint pour les régionales.

 

Enfin en quittant de façon bien orchestrée et médiatisée, ils participent à la campagne visant à donner l’idée d’une décomposition du PCF.

 

Garder, récupérer le mot « communisme », en se débarrassant de toute sa signification historique, en particulier en termes d’organisation, en jetant le PCF, c’est l’objectif politique théorisé par Roger Martelli. Certains pensent y arriver maintenant hors du PCF. D’autres pensent important d’y rester pour continuer à le vider de son identité révolutionnaire et accompagner sa dilution dans le « Front de gauche ».

 

Au contraire pour nous et, pensons-nous pour de nombreux communistes, le mot « communisme » a trouvé son sens par son histoire et les organisations qui l’ont fait vivre dans le combat de classe et dans la perspective du socialisme.

Nous le revendiquons plus que jamais en lien avec notre bataille pour faire vivre et renforcer le PCF.

Par Vive le Parti Communiste Français

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 16:46

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Cinquante ans après les indépendances africaines, pourquoi produire un manifeste anticolonial ? L’association Agir contre le colonialisme aujourd’hui (ACCA) part du constat que « loin de s’être arrêté avec la décolonisation, le colonialisme, comme processus en évolution, s’est perpétué sous d’autres formes » comme l’explique Philippe Paraire, son vice-président. En ce sens, le « révisionnisme historique » a permi de justifier la poursuite de la domination.

Depuis les années 1980, des opérations de reconquête des anciens espaces coloniaux, via des opérations militaires, la mise sous tutelle financière (remboursement de la dette, politiques d’ajustements structurels du FMI), administrative ou politique, justifient un tel manifeste. « La loi de 2005 sur le rôle positif de la colonisation » est révélatrice de cette idéologie révisionniste. Il s’agit de réécrire l’histoire, de justifier l’ancienne colonisation afin de légitimer la nouvelle.

Après les interventions au Panama (1989), dans le Golfe(1991), en Serbie(1999), en Afghanistan (2001), en Irak(2003), la présence de 10 000 militaires français en Afrique, l’encerclement de l’Iran, l’ACCA observe un « mouvement de recolonisation militaire du monde. Nous soutenons l’idée que la France doit donner l’exemple du retour de tous les soldats basés à l’étranger. Les bases doivent être démantelées et non pas léguées aux pays qui menaceraient à leur tour leurs voisins. La vocation de l’armée réside dans la défense du territoire ni plus ni moins. » En quarante-cinq ans, la France a mené non moins de 27 opérations militaires.

Le président de l’association, Alban Liechti, appelle à la conclusion du « traité d’amitié entre les peuples algériens et français. » Guy Fischer, vice-président communiste du Sénat, rappelle le temps et l’énergie qu’il aura fallu pour obtenir enfin, un soir du 5 octobre 1999, l’adoption d’une proposition de loi remplaçant le vocable d’ « opérations » par le terme « guerre d’Algérie ». Auteur de « La question », le journaliste Henri Alleg note que la période actuelle « en rappelle d’autres où l’on préparait les esprits à la guerre. ». A propos du président Obama, qui déclare que les Etats-Unis n’attaqueront jamais un pays non détenteur de l’arme atomique, Henri Alleg note que pour le président des Etats-Unis, l’Iran est un cas particulier Ơpuisqu’en recherche du nucléaire… « Il est donc, par ce manifeste, nécessaire de faire sentir la gravité de la situation. »

 

Lina Sankari   L'Humanité


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Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui

ex-.Association des Combattants de la Cause Anticoloniale


MANIFESTE de l' ACCA.

 

 

 

INTRODUCTION

 

Au cours des siècles passés, des millions d’hommes, sur tous les continents, furent soumis à l’oppression coloniale, ou à l’esclavage pur et simple dans le cadre de la traite négrière. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la plupart des peuples colonisés ont secoué le joug colonial et reconquis leur indépendance au terme de mouvements populaires et parfois de guerres longues et atroces... Les années 80 et 90 du siècle dernier ont vu la disparition des Etats socialistes européens. Après les attaques de septembre 2001 contre les symboles de la domination des Etats-Unis, on a assisté, sous couvert de « pacification », de « lutte contre le terrorisme et pour la démocratie » à la reconquête militaire de territoires qui n’ont pas accepté le contrôle imposé au monde entier au cours de la période néocoloniale qui a suivi les indépendances. Le combat actuel des anticolonialistes doit s’adapter à cette nouvelle étape : 1) Lutte contre le révisionnisme historique, qui tente de présenter la colonisation ancienne comme un fait positif afin de mieux justifier les actuelles et futures opérations de reconquête. 2) Lutte pour la dissolution des armées coloniales, au premier chef celle de notre propre pays, que la politique du président Sarkozy transforme en force supplétive de celle des Etats-Unis, aussi bien en Afrique qu’en Afghanistan, au Proche-Orient, et bientôt dans la base d’Abu Dhabi qui reste à construire. L’exigence du retour en France de tous les soldats français qui composent cette armée coloniale est donc prioritaire pour tous les anticolonialistes. 3) Lutte pour soutenir les combats des peuples qui désirent retrouver leur souveraineté politique (Irak, Afghanistan, Palestine, Sahara occidental) ou économique (Venezuela, Bolivie, Equateur, Brésil). Ceci, quelle que soit la voie qu’ils auront choisie pour le faire. 4) Lutte pour organiser la solidarité internationaliste entre les peuples des pays dominants (qui souffrent des politiques d’austérité imposées dans le but, entre autres, de financer des opérations extérieures) et les peuples des pays dominés (qui subissent sur leur propre territoire des pressions militaires, économiques et culturelles insupportables de la part de l'impérialisme et de nouveaux exploiteurs autochtones), dans le but de combattre le racisme et de mettre un terme aux discriminations dont sont victimes les travailleurs immigrés. 5) Lutte pour instaurer de nouveaux rapports « d’assistance mutuelle » et « d’échange à égalité » avec les pays anciennement colonisés, dans le respect le plus strict de leur souveraineté nationale. Il incombe à l’ACCA, association anticolonialiste française, d’alerter l'opinion sur les véritables raisons de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

Cela ne saurait se résumer comme on le lit trop souvent à la seule personnalité du président Sarkozy. L’accélération récente, depuis les années 90, de la mondialisation capitaliste, a précipité l’intégration forcée d’un certain nombre d’économies dans ce que l’on appelle « le marché libre », dominé par les Etats-Unis. Pour les pays anciennement colonisés, les programmes d’ajustement structurel imposés par la banque Mondiale et le FMI ont fait l’essentiel de ce travail de restructuration des habitudes économiques locales. Dans le cas des pays développés, comme le nôtre, cette globalisation des objectifs économiques et des centres de décision s’est faite de la même manière par la désindustrialisation, la destruction des politiques sociales et le bouleversement général des équilibres économiques anciens. En accordant la priorité à la finance, la mondialisation a fait régresser le degré d’autonomie de tous les pays concernés par rapport à la puissance américaine. Depuis les années 80, aucun des gouvernements de notre pays n’a tenté, même de manière timide, de retarder l’invasion financière étasunienne. C’est pourquoi en 2008 43 % des entreprises du CAC 40 sont sous le contrôle direct de grands fonds dont le siège se trouve outre-atlantique. C’est de cette manière qu’il faut analyser l’alignement total de la politique étrangère française sur celle de l’impérialisme depuis l’arrivée au pouvoir du président Sarkozy. Non seulement, désormais, le sentiment de solidarité des chefs d’entreprises français est de plus en plus grand à l’égard de la domination économique américaine, mais, en plus, les pressions émanant des cercles de décision des grandes firmes étasuniennes sont de plus en plus fortes sur tous les pays dont les intérêts économiques correspondent de plus en plus aux leurs. L’ACCA, tout en préservant sa référence aux combats passés (Association des Combattants de la Cause Anticoloniale) se définit désormais résolument, dans son nom même, comme une organisation tournée vers les combats actuels et à venir : Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui. Rejoignez-nous !

 

I - LA COLONISATION : UNE HISTOIRE EN EVOLUTION


La colonisation, dans l'histoire moderne, des Grandes Découvertes jusqu’au début du XXIè siècle a connu quatre grandes phases, dont la dernière est encore en évolution : la période mercantiliste, du XVIè au début du XIXè. La phase impérialiste, de ce moment jusqu’au milieu du Xxè. L’étape néo-coloniale ensuite, des indépendances jusqu'au déclin de l’Union Soviétique au milieu des années 1980. Enfin, et parallèlement dans diverses régions, celle de la recolonisation appuyée par la force des armes, dans laquelle nous nous trouvons depuis cette période, jusqu’à aujourd’hui. Une première étape mercantiliste, celle de l’invasion, de la conquête militaire et de l’implantation européennes sur l’ensemble du continent américain, au cours de laquelle les occupants envoyaient vers les métropoles des galions chargés d’or et de denrées rares cultivées par des esclaves (épices, cacao, café, sucre). Elle a permis une phénoménale accumulation de capital qui a donné à l’Europe une considérable avance sur le reste du monde. C’est là un fait historique indiscutable. Ce fut l’occasion de la première mondialisation économique, qui a coïncidé, dès le XVIè siècle, avec les premières entreprises coloniales menées par l'Espagne et le Portugal. Puis le

reste de l'Europe leur emboîta le pas : l’Angleterre, La France, la Hollande, partirent à leur tour à la conquête de nouvelles terres. La France, avec un peu de retard, prit cependant de solides positions en Amérique du nord et dans les Antilles. L'invasion européenne a été immédiatement accompagnée par un crime de masse : l'exploitation sanguinaire de travailleurs dans les mines et dans l'agriculture a fait disparaître plusieurs dizaines de millions d'Amérindiens en deux générations. Au point qu'il fallut que les exploiteurs aillent se pourvoir en main d'oeuvre gratuite en Afrique : la traite négrière fut le second crime attribuable à la colonisation : au moins 15 millions d' Africains furent réduits en esclavage. Près de 20 millions périrent au cours des captures et durant la traversée de l' Océan. Mais dès le début du XIXè siècle commence la deuxième étape historique, marquée par un changement radical de la colonisation classique, qui prend un caractère impérialiste : l’exploitation à grande échelle, de manière systématique et rationalisée, des ressources minières agricoles et forestières du monde entier, ainsi que la conversion forcée des économies dominées à des productions destinées à l’exportation vers les métropoles impériales ( Europe, Etats Unis, Japon) vont permettre un essor industriel que la phase précédente de simple accumulation du capital n’avait pu assurer. L’ Angleterre, qui se trouve à la pointe du développement du capitalisme, prône le « libéralisme économique », qu’elle va chercher à imposer grâce à sa supériorité maritime et commerciale, tournant le dos aux anciennes formules purement mercantilistes et esclavagistes de l'exploitation coloniale. Cette fois, pays européens, Japon et Etats-Unis vont conquérir puis se partager le monde, tandis que la Russie, s'étend vers l'est, Asie Centrale et Sibérie, conquiert l'Alaska, prenant ainsi pied sur le continent américain. Marchés réservés, délimitation des zones d'influence, les empires se tolèrent mutuellement, occupés qu'ils sont à piller les territoires conquis en Afrique, en Asie, en Australie et dans le Pacifique. Cette prétendue « mise en valeur civilisatrice » s'accompagne en fait d'un surcroît de racisme à l'égard des « indigènes », considérés comme des êtres de rang inférieur. Le développement spectaculaire de l'industrie des pays impérialistes est à attribuer en très grande partie aux bénéfices accumulés grâce à l'apport des matières premières extorquées, de la main d'oeuvre réduite à la corvée, des marchandises et objets précieux tout simplement volés. La compétition entre puissances prédatrices bat son plein, mais elle n'empêche pas l'entente : la Conférence de Berlin au cours de laquelle l'Europe se partage le continent africain, permet des 1884 de réguler les flux et d'organiser les pratiques, tout en définissant les règles de partage des territoires conquis. L’Afrique, puis l’Asie sont alors découpées comme au ciseau ; on trace les frontières à la règle, sans tenir compte des réalités locales. Au début du XXè siècle, aucun pays du monde n'échappe à la tutelle de l'une ou l'autre des puissances impériales. La troisième phase de la colonisation est caractérisée par l’apparition d’un nouveau système d’exploitation et de pillage, le néo-colonialisme, mis en place après l’accession des pays anciennement colonisés à l’indépendance. Car des rebellions armées ainsi que de puissants mouvements de masse, parfois assez bien organisées pour provoquer le départ des colonisateurs, ayant déclenché, à partir du milieu du XXè siècle, des guerres de libération aboutissant à l’indépendance de quelques pays, le danger d’une généralisation des conflits coloniaux contraignit les puissances impériales à accorder l’indépendance à la plupart des pays colonisés. L’Angleterre évacua l’inde et le Pakistan en 1947, le Japon et les pays occidentaux perdirent leurs possessions en Chine entre 1945 et 1949. L’Indonésie fut libérée dans le courant des années 1950 de l’occupation hollandaise. La France accorda l’indépendance à l’Afrique noire puis au Maghreb entre 1956 et 1962. Les Etats-Unis perdirent leur contrôle sur Cuba en 1959. La Belgique évacua le Congo en 1960. Espagnols et Portugais quittèrent leurs dernières colonies dans le courant des années 1970. L’exploitation néo-coloniale est caractérisée par une fausse coopération technique provoquant une forte dépendance économique, organisée dans le but de diriger les flux financiers vers les anciennes métropoles. A cela il faut ajouter les « programmes d’ajustement structurel » de la Banque Mondiale et du FMI, qui ont réintégré de force dans le « marché libre »des économies fragilisées par la dette. On notera l’exception de Cuba, qui est parvenue, par une résistance acharnée et exemplaire, et en dépit du handicap que constitua pour elle la perte de l’aide que lui accordèrent longtemps l’Union Soviétique et divers pays socialistes à tenir tête aux Etats-Unis, malgré un embargo particulièrement sévère. Mais dans la plupart des cas des accords de coopération militaires permettent à l’ancien colonisateur d’installer sur place des corps expéditionnaires et des bases permanentes. Un très grand nombre d’opérations, extrêmement meurtrières pour les populations, vont être menées au cours de cette période néo-coloniale, afin de mettre un terme par la violence à toute velléité de résistance populaire locale à ce pillage organisé. C’est au milieu des années 1980 que commence la recolonisation militaire des pays qui osent s’opposer aux menées du front impérialiste dirigé par les Etats-Unis ; elle coïncide avec le déclin puis l’effondrement de l’Union Soviétique. Les Etats-Unis, vainqueurs de la Guerre froide, se lancent dans une série d’opérations de reconquête destinées à assurer le maintien de leur contrôle sur les voies de transport, les sources d’énergie et les matières premières. De manière réitérée, sous couvert de « défense de la démocratie » ou de « lutte contre le terrorisme », les Etats Unis vont mener plusieurs actions militaires d’envergure (seul ou avec des troupes alliées, avec ou sans le soutien de l’ONU), pour pouvoir s’implanter durablement dans les territoires envahis. Ainsi, lorsque l'Angola se libère du colonialisme portugais, le principal mouvement indépendantiste doit faire face à l'agression de l'Afrique du Sud qui avec le Zaïre et les Etats-Unis tentent de faire main basse sur le pays et ses richesses. L'intervention militaire cubaine mit un terme aux prétentions de Prétoria défait sur le terrain. Elle contribua largement, comme l'a souligné Nelson MANDELA à plusieurs reprises, à hâter la chute de l'apartheid et à l'indépendance de pays voisins. Elle fut l'oeuvre d'une armée et d'un pays qui n'ont rapporté d'Afrique que leurs morts. Les caractéristiques du processus colonial, tel qu’on le connaît depuis 1492, sont encore présentes dans le phénomène actuel de la recolonisation, même si pour des raisons géopolitiques et du fait de la résistance populaire, les formes peuvent en paraître atténuées : invasion violente, puis occupation militaire prolongée, politique de terreur, exactions contre les peuples occupés sous le prétexte de « pacification » ; mainmise économique et tutelle politique ensuite, avec organisation du transfert de richesses vers les métropoles impérialistes ; installation au pouvoir d’une bourgeoisie collaboratrice coordonnant le pillage économique et la répression politique aussi bien pour son propre compte que pour celui de l'impérialisme, ce qui va de pair avec l’agression culturelle, et l’imposition des modèles occidentaux culturels et philosophiques.

 

II - LA COLONISATION FRANCAISE :

EXACTIONS ET PROPAGANDE


L'Etat français prétend aujourd'hui avoir opéré la décolonisation de tous les territoires occupés jusqu'en 1962. De ce fait, beaucoup de nos concitoyens considèrent le phénomène colonial comme appartenant au passé. On assiste pourtant à une offensive de la droite (que la gauche traditionnelle n'a contré qu'avec mollesse), qui montre une volonté certaine de réhabiliter l'action colonisatrice de la France : une certaine forme de révisionnisme historique tente de remettre au goût du jour, avec la loi de février 2005, l'idée fallacieuse d'une « action positive de la colonisation ».

 

1- Les exactions de la colonisation française


Et pourtant, la violence, l'injustice et l'exploitation sont inscrites dans l'histoire mondiale de la colonisation depuis ses débuts. La France ne fait pas exception. Aussi bien en Louisiane que dans les Antilles, puis à la Réunion, la France a eu recours à la traite négrière pour exploiter les ressources agricoles de ses possessions d’outre-mer. Ce crime ignoble, qui a enrichi bien des négriers et des planteurs, a battu son plein pendant trois siècles. Ensuite, dans la période suivante, une fois l’Afrique occidentale, le Maghreb et l'Indochine conquis au XIXè siècle, la spoliation des peuples au profit de la métropole a été rendue possible par l'organisation dans l’Afrique colonisée d'une tutelle administrative et politique stricte. Celle-ci retira tout droit réel aux premiers habitants, réduits à l'état de sujets. Ce statut inférieur de « l'indigénat », particulièrement rigoureux et injuste, punissait avec la plus grande sévérité la simple désobéissance et toutes les formes de résistance. Violences corporelles, travail forcé, déplacements de population, dépossession, destruction de langues et de cultures locales au profit d'une assimilation contrainte, le bilan moral de la colonisation, d'un simple point de vue humaniste, est absolument catastrophique. Au crime initial de l’asservissement et de la conquête par la force s'est ajouté celui d’ une occupation militaire féroce et prolongée.

 

2. Les mensonges de la propagande colonialiste


Après la seconde guerre mondiale, quelques concessions furent accordées aux peuples colonisés, comme la suppression du statut de l'indigénat et du travail forcé. Mais les révoltes s'accumulant dans tout l'Empire, la répression s'abattit avec une sauvagerie meurtrière, qui fit des dizaines de milliers de victimes civiles, aussi bien dans le Constantinois en 1945 qu'à Madagascar en 1947, en Côte d' Ivoire en 1949, en Tunisie et au Maroc en 1951 et 1954, au Cameroun entre 1954 et 1960. En Indochine et en Algérie, les insurrections ne purent être matées et devinrent des guerres coloniales. Sous la conduite de Ho Chi Minh et de Giap, le peuple indochinois en armes imposa en 1954 le départ des troupes françaises. Vietnamiens, laotiens et cambodgiens eurent ensuite à chasser le corps expéditionnaire dirigé par les Etats-Unis. En Algérie, l'insurrection commencée en 1954 s'acheva en 1962 par l'indépendance, au terme

d'une longue guerre cruelle et meurtrière. Aussi bien en Indochine qu'en Algérie, le nombre exact des victimes ne peut être évalué avec précision. Tous ces massacres sont mal connus. Les historiens doivent pouvoir obtenir le libre accès aux archives politiques et militaires concernant ces crimes de masse, car ces informations capitales doivent entrer dans le bilan humain de la colonisation, que certains propagandistes tentent actuellement de présenter comme une action « positive et civilisatrice ». Cette vision idéalisée de l'occupation coloniale que la droite et l'extrême droite française tentent d'accréditer au travers de la loi de février 2005 n'est fondée que sur des mensonges. Ainsi, par exemple, la scolarisation primaire n'a jamais concerné plus de 5% des enfants noirs de l'Afrique Occidentale Française. En Algérie, après cent ans d'occupation, en 1940, seuls 114 000 enfants autochtones (pour une population totale de sept millions de personnes) bénéficiaient d'un enseignement primaire. Quant à la soi-disant action sanitaire, elle n'a jamais atteint les campagnes. L'infrastructure ferroviaire et routière, conçue seulement pour acheminer aisément vers les ports les matières premières et le produit des récoltes, n'a jamais profité aux peuples colonisés, relégués sur les sentiers, marchant sur le talus des routes stratégiques de la colonisation.

 

III – LA REMISE EN CAUSE DES INDEPENDANCES PAR LA NEO-COLONISATION (1960-1990)


Après avoir accordé, parfois à la suite de conflits longs et coûteux, leur indépendance politique aux anciennes colonies, toutes les anciennes puissances coloniales mirent en place un système d'exploitation et de pillage d'un type nouveau : le néo-colonialisme : tutelle politique, grâce à des pressions et des chantages incessants, tutelle économique avec la complicité de bourgeoisies locales, plus intéressées à s'enrichir qu'à défendre les chances de développement de leur peuple ; mais aussi tutelle militaire, assurée par le maintien sur place de corps expéditionnaires agressifs et menaçants.

 

1. FMI et Banque Mondiale, organisateurs de la dépendance


Par ailleurs, tout ayant été fait pour que les différentes nations, souvent divisées par des frontières artificielles et fantaisistes, entrent en conflit, l'ancien colonisateur se plaça en arbitre et en profita pour mener une politique de réimplantation militaire lourde de conséquences au plan local. Sous couvert d'assistance militaire, on fit la chasse aux opposants des dictateurs « amis », sous couvert de coopération technique, on rationalisa l'exploitation des marchés exclusifs du « pré carré ». Quant à l'aide financière, elle aboutit à un endettement dont les pays nouvellement indépendants ne purent jamais sortir : en tentant tout d'abord de rembourser en nature, avec des matières premières, les anciennes colonies se sont appauvries, ont désorganisé leur production locale. Le marasme général a ensuite jeté des millions de travailleurs sans emploi sur le cruel chemin de l'émigration vers l'ancienne métropole. La France, L’Angleterre, le Portugal et les Pays-Bas ont tous connu ce phénomène. Car les politiques agressives imposées par le FMI et la banque mondiale ont pris le relais de l'exploitation ancienne. Dans le courant des années 80 et 90, les programmes « d'ajustement structurel » ont contraint la plupart des pays décolonisés à privatiser les services publics, à vendre à l'encan d'immenses zones fertiles, à livrer clés en main à la finance internationale usines et exploitations minières ou forestières.

Malgré les bouleversements douloureux que cette réorientation économique a imposé aux peuples des anciennes colonies, il n'a pas été possible de rembourser les dettes accumulées au cours des trente premières années de la décolonisation, du fait du rééchelonnement permanent des paiements. La réalité est donc terriblement sombre et absolument négative en deux sens : au plan économique, les flux de matières premières exportées (monoculture de cacao, d'arachide, minerais, pétrole et gaz) ajoutés aux flux financiers du remboursement de la dette, correspondent à un pillage encore plus important que celui qui avait lieu dans le cadre de l'ancien système colonial. Au plan politique, le bilan est pire encore : l'indépendance n'existe bien souvent que sur le papier. Derrière les discours et les déclarations, il n'y a que des dictateurs et des politiciens corrompus ou timorés qui se contentent de mener dans leur pays une politique élaborée à Paris, à Londres, à Washington ou dans d’autres anciennes capitales coloniales. Ni les Algériens, Malgaches, Ivoiriens, Sénégalais, Tchadiens, ni la plupart des autres peuples qui sont parvenus à se débarrasser de l'ancien pouvoir colonial ne se sentent encore réellement indépendants. D'une certaine manière, la décolonisation a sauvé les empires. Car l'impérialisme français est toujours présent sur les anciennes terres colonisées dont il a tout fait pour réduire au maximum les indépendances. L’Angleterre continue de dominer le Commonwealth, tout comme les Etats-Unis contrôlent encore plus de la moitié du monde.

 

2. Quarante-cinq ans d’ingérence militaire française en Afrique


La France est intervenue militairement vingt-sept fois en quarante-cinq ans sur les territoires de pays d’Afrique officiellement indépendants. Cela revient à une opération militaire tout les vingt mois environ, sans compter le fait que la présence de l’armée française est par endroit prolongée ou permanente. L’essentiel de l’ingérence en Afrique depuis 1962 se résume à trois types d’interventions armées : des opérations de répression et de maintien de l’ordre destinées à rétablir ou à renforcer les régimes qui collaborent avec l’ancien colonisateur ; des opérations de sauvetage et d’évacuation de personnels militaires ou de civils menacés par des troubles sur place ; enfin, l’interposition entre des pays en guerre ou des forces engagées dans des conflits internes à ces pays. Aucune de ces opérations ne se fait pacifiquement ; un grand nombre d’Africains ont été tués au cours de ces combats, des dizaines de milliers sans doute sans qu’il soit possible d’avancer des chiffres précis. A cela il faut ajouter le travail des services secrets français, et de l’espionnage militaire qui ont renseigné les dictateurs « amis » sur l’activité de leurs opposants. Il y a dans le vocabulaire qu'utilisent les militaires français pour donner un nom de code à leurs opérations une recherche de termes « poétiques » destinés à camoufler la réalité des actions meurtrières menées contre les populations africaines. Parfois ils font appel à leur connaissance en zoologie : « Lamentin » (Mauritanie, 1977), « Barracuda » (Centre Afrique, 1979), « Tacaud », « Manta », « Epervier » (Tchad, 1978, 1983 et 1986) ; « Pélican », « Antilope » (Congo-Brazzaville, 1997), « Licorne » (Côte d’Ivoire, 2002). Parfois encore c’est à la botanique qu’ils empruntent leurs dénominations : « Azalée » (Comores, 1995), « Amaryllis » (Rwanda, 1994). Ils peuvent encore choisir des pierres précieuses : « Turquoise » (Rwanda, 1994), « Malachite » (Congo, 1998) ; parfois c’est un vent : « Noroît » (Rwanda, 1990 à 1993) ou une déesse grecque : « Artémis » (République Démocratique du Congo, 2003). Mais un certain nombre d’actions armées d’envergure n’ont pas reçu de nom de code : ainsi les opérations au Sénégal en 1962, au Gabon en 1964 et 1990, au Tchad entre 1968 et 1972 qui prirent pourtant le caractère d'une véritable guerre), au Zaïre en 1978 et 1991, au Togo en

1986, en Centre Afrique en 1997. La période néocoloniale postérieure aux indépendances politiques a donc été marquée par la mise en place de pouvoirs corrompus et dictatoriaux favorables à l’ancienne métropole. En contrepartie de cet appui militaire, les pouvoirs locaux ont accepté la vassalité politique (à l’ONU, par exemple, en appuyant systématiquement les positions françaises) mais aussi la dépendance économique à l’égard des menées des grandes entreprises de l’ancien colonisateur : ELF, TOTAL, RENAULT, et bien d’autres. Cette assistance militaire a été violente et répétée depuis 1960. A l’heure actuelle, encore vingt-trois pays d’Afrique sont liés à la France par des accords de coopération militaire. Huit d’entre eux ont même signé des accords de défense. L’histoire de ces quarante-cinq ans d’ingérence criminelle, l’évaluation des dizaines de milliers de victimes africaines (la France reconnaissant avoir perdu 613 soldats au cours de cette longue période), tout comme celle des immenses profits accumulés par le capitalisme français et les dictateurs « amis » restent à faire. Cet aspect des choses ne peut être sérieusement laissé de côté pour quiconque prétend effectuer un bilan général de l’action post-coloniale de la France, surtout s’il prétend en décrire les « aspects positifs » !

 

IV – RECOLONISATION MILITAIRE ET REVISIONNISME HISTORIQUE (DEPUIS LES ANNEES 1980)


Depuis le début des années 1980 une nouvelle étape historique du processus colonial a commencé. On assiste au retour de l’action militaire directe, sous l’impulsion de l’impérialisme américain. Ce phénomène a été rendu possible par l’affaiblissement puis l’effondrement de l’Union Soviétique et d'autres pays socialistes. Ainsi l’attaque de Panama, l’invasion de la Somalie, le bombardement de la Serbie, les opérations militaires en territoire afghan, puis la conquête par les armes du territoire irakien et son occupation prolongée montrent que les agressions militaires se sont multipliées depuis une vingtaine d’années. Ces agissements du front mené par les Etats-Unis ne peuvent être interprétés autrement que pour ce qu’ils sont : des opérations militaires de reconquête et d’implantation destinées à préserver une maîtrise totale sur les réserves d’énergie. De ce point de vue, le seul pays encore hors de contrôle étant l’Iran, on peut observer que dix bases militaires stratégiques l’encerclent désormais presque totalement : aucune ville importante iranienne n’est située à plus de quatre cents kilomètres d’une base de missiles hostile. Il ne manque plus que se construise la base française d’Abu Dhabi, prévue en 2011, pour que le verrouillage total soit opéré, ouvrant la possibilité d’une nouvelle aventure militaire à l’issue de laquelle les puissances alliées pourraient faire main basse sur les immenses réserves des champs pétrolifères iraniens ainsi que les installations de raffinage des ports du Golfe persique.

 

1. Le credo pro-colonial du révisionnisme historique


Ce processus de recolonisation militaire a besoin d’une idéologie pour se légitimer, en construisant une manipulation de l’histoire de la colonisation passée, dans le but de justifier par avance la recolonisation actuelle et à venir. Cette idéologie, qui a pris concrètement en France la forme de la loi du 23 février 2005, on peut l’appeler « révisionnisme historique ». Justifier les entreprises des anciens colonialismes pour faire la promotion de la recolonisation par les armes ne peut se faire qu’au prix de l’énonciation de grossières contrevérités et de

clichés usés. L’ensemble de cette piètre construction théorique élaborée par des historiens et des économistes acquis, même s’ils s’en défendent, à l’idéologie coloniale, tient sur trois notions : libération, modernisation, intégration. a) Selon ces thèses, on aurait donc colonisé dans le passé (et dans l’avenir, on recolonisera) pour le bien des populations envahies : c’est pour les libérer que l’on administre le pays à leur place ! Ainsi, par exemple, les Européens ont envahi au XIXe siècle la totalité du continent africain sous le prétexte officiel d’y abolir l’esclavage et d'y faire régner la liberté! C’est donc pour mettre fin à la traite interne, à la barbarie des potentats locaux, que le continent entier a été officiellement asservi. Voilà qui est plutôt cocasse surtout si l’on considère qu’au cours des deux siècles précédents la traite négrière avait précisément été suscitée puis organisée au seul bénéfice de ces mêmes puissances européennes qui ont prétendu ensuite y mettre un terme par les armes. On remarquera au passage que c’est tout aussi officiellement pour libérer les Irakiens de la dictature de Saddam Hussein et les femmes afghanes de l’oppression talibane que ces deux pays ont été reconquis militairement… b) Deuxième justification du fait colonial : la modernisation, prétendument synonyme de progrès et de civilisation. Ce serait pour aider les peuples conquis ou reconquis à mettre en valeur leur pays qu’on les a colonisés dans le passé ou qu’on les recolonisera dans l’avenir. Ainsi ils pourront extraire les richesses de leur sol, apprendre à produire plus rationnellement, profiter du progrès technique apporté par les envahisseurs, ainsi que des connaissances que ceux-ci prétendent leur apporter. Cette fable ancienne de l’impact positif de la colonisation a été au coeur du credo du colonialisme au XIXe siècle dans le monde entier. On en connaît les suites au XXe : pillage systématique des richesses du pays, exploitation forcenée de ses populations, sous-développement, endettement, exportation de ses forces vives sous forme de main-d’oeuvre émigrée. La chanson est la même aujourd’hui en Irak, en Afghanistan : les discours des conquérants de 1880 sont interchangeables avec ceux des années 2000. c) Enfin, le bouquet final : la promesse d’intégration. Une fois acquis le bénéfice politique de la « libération », ainsi que celui de la « modernisation », l’occupant promet l’accession à une égalité totale par « l’intégration dans le marché libre ». Par exemple, la puissance britannique promettait cette égalité dans le cadre du Commonwealth, la France dans celle du « pré carré » africain. Il est significatif de voir que là encore, c’est en travestissant la réalité historique des formes antérieures de la colonisation que l’on cherche à en légitimer les manifestations actuelles. Un jour peut-être, donc, suprême récompense, la Serbie, l’Irak, l’Afghanistan intégreront le « marché libre » dominé par les Etats-Unis… Toutes les idéologies colonialistes anciennes ont théorisé à leur manière le modèle « libération, modernisation, intégration ». L’objectif idéologique du révisionnisme historique est aujourd’hui d’accompagner avec les mêmes principes le processus de recolonisation qui est en cours et que l'on appelle plus couramment « intégration dans le marché libre » ou « mondialisation ». Il incombe à l’ACCA, association anti-colonialiste, de contester la validité historique de ce révisionnisme en le combattant et en le démasquant partout où il se manifeste. Car à aucun moment, ni dans son projet, ni dans sa réalisation, aucune colonisation n’a présenté d’ « aspect positif », sauf bien entendu pour les auteurs des rapines et des crimes coloniaux, en tous points et en tous lieux condamnables.

 

2. La réintégration de la puissance militaire française dans le dispositif impérialiste


Cette offensive pro-coloniale de l’extrême droite française, nostalgique et revancharde, coïncide avec le retour au premier plan du candidat puis du président Nicolas Sarkozy. Son élection marque une étape nouvelle, celle de l’alignement complet de la politique extérieure de la France sur celle des Etats-Unis : une véritable instrumentalisation de la capacité d’intervention militaire française est en train de s’établir. L’ancienne et relative autonomie d’action dont faisaient preuve les gouvernements français depuis 1960 (date à laquelle le général De Gaulle fit sortir la France du commandement intégré de l’OTAN) laisse place à une franche et officielle réintégration dans l’appareil militaire d’agression dirigé par les Etats-Unis d’Amérique. Amorcée avec la participation française à l’attaque contre la Serbie, après celle de la première guerre du Golfe en 1991, renforcée sous Chirac avec l’intégration des forces françaises dans la réplique militaire de 2001 contre l’Afghanistan, cette collaboration semblait avoir reçu un coup d’arrêt au moment du veto français contre la seconde invasion de l’Irak en 2003. Mais le « virage Sarkozy », amorcé dès 2007, officialise la vassalisation de l’armée coloniale française. Désormais, elle ira là où les Etats-Unis lui demandent d’aller, précisément dans les zones où l’armée américaine redoute désormais de se rendre : au Liban face au Hezbollah et à la Syrie, au Tchad face au Soudan. Enfin, dernier signe de la participation française à des menées coloniales de reconquête, une très grande base militaire doit être construite face à l’Iran, assurant dès 2011 l’encerclement stratégique de ce pays. De la Turquie au nord, puis à l’Irak à l’ouest, en Arabie Saoudite au sud-ouest puis au Pakistan, à l’Afghanistan et au Turkménistan à l’est et au nord-est, la tenaille impérialiste ne demande qu’à se refermer grâce à cette base française d’Abu Dhabi prévue pour accueillir de 10 000 à 15 000 hommes. A elle seule, elle représente une force militaire projetée égale à l’ensemble du corps expéditionnaire actuellement présent en Afrique. Financièrement elle constituera un effort colossal et un poids insupportable pour l’équilibre budgétaire de notre pays, avec des dépenses prévues jusqu’à la hauteur de 15 milliards d’euros. Avec un budget militaire de 37 milliards d’euros en 2008, la France est le cinquième pays du monde après le groupe USA, Chine, Russie, Angleterre, pour ce qui est des dépenses militaires. On ignore le coût réel des vingt mille soldats français actuellement placés en alternance sur les théâtres d’opérations extérieures, pour un corps expéditionnaire permanent de 12 000 à 15 000 hommes. La base d’Abu Dhabi à elle seule aurait un coût de construction de 10 milliards d’euros auxquels il faudrait ajouter une autre dizaine de milliards pour entretenir sur place plus de 10 000 soldats. Ceci dans un moment ou la droite au pouvoir impose des sacrifices et des efforts considérables au pays en organisant le recul des services publics et de l’investissement public en général.

 

3. La riposte nécessaire des anticolonialistes : dissolution de l’armée coloniale


Avec la réintégration des forces militaires françaises dans le dispositif américain de reconquête, les missions de l’armée française se sont profondément modifiées depuis 2007 : on est passé du simple maintien de l’ordre dans la zone d’influence exclusive de la France en Afrique (le fameux « pré carré ») à l’action militaire comme force supplétive à l’intérieur d’un front impérialiste global. La riposte s’impose : aucune guerre coloniale ne peut se mener sans troupes coloniales. Nous demandons donc la dissolution de cette armée. Toutes les bases militaires françaises installées à l’étranger doivent être évacuées et démantelées. Le matériel doit être démonté et rapatrié, les installations doivent être rendues inoffensives, les personnels doivent tous rentrer en France. Aucun pouvoir politique local ne doit hériter de ces bases. Quant à celle d’Abu Dhabi dont la construction peut provoquer une guerre en refermant le dispositif hostile encerclant l’Iran, elle ne doit pas être mise en chantier.

Afin de priver les forces qui y ont intérêt de la capacité de mener ces guerres de reconquête, il faut leur retirer la possibilité d’utiliser l’armée française, dont la mission doit être strictement limitée à la défense du territoire national sur le territoire national, et non à aller mener des opérations aventuristes qui iront à l’échec du fait de la résistance acharnée des peuples des pays envahis.

 

V - LES DIFFICULTES DE L’IMPERIALISME


La récente crise bancaire qui frappe le capitalisme financier et industriel montre sans doute la fragilité du système, et ses limites apparaissent clairement : fondé sur des relations de domination, il a aussi besoin de confiance en lui-même. L’échec de la guerre d’Irak et d’Afghanistan, la montée en puissance d’une vague progressiste en Amérique Latine, la persistance de l’héroïque résistance palestinienne à l’occupation, comme l’ont encore illustré avec force la lutte menée contre l’agression israëlienne dans le zone de Gaza, l’émergence de la Chine et le retour en force sur la scène politique internationale de la Russie, autant de signes qui laissent prévoir un fléchissement du dispositif impérialiste, qui chancelle aussi bien au plan militaire qu’au coeur même de Wall Street et des autres places financières internationales.

 

1. L’échec militaire en Irak et en Afghanistan


Trois mille soldats américains tués en cinq ans, une dizaine de milliers de blessés et de mutilés, c’est beaucoup plus que prévu pour un résultat médiocre. La société irakienne rejette quasi unanimement la présence militaire des Alliés. On est très loin de la liesse populaire que les envahisseurs pensaient rencontrer en 2003. Chômage, corruption, enlèvements, attentats interconfessionnels, répliques aveugles de l’armée d’occupation constituent le visage sanglant d’une opération qui échoue sur l’essentiel de sa mission officielle : l’éveil démocratique et le redémarrage économique. Même les puits de pétrole et les raffineries ne peuvent être exploités convenablement et tournent au ralenti. En Irak, l’impérialisme est défait par une résistance populaire massive et organisée. En Afghanistan, la situation est comparable : le même bourbier engloutit aujourd'hui l’énergie de l’Alliance et de l’OTAN. La fatigue du corps expéditionnaire est telle que la France a été rappelée en renfort, montrant une inexpérience et une méconnaissance meurtrière, le même mépris colonialiste pour les aspirations du peuple afghan. En privé et même parfois en public, les généraux de l’OTAN affirment que la guerre contre la résistance afghane ne peut être gagnée. Le danger est peut-être ailleurs : le président Obama n’a pas caché son intention de redéployer vers l’Afghanistan une grande partie des troupes qu’il dit vouloir retirer d’Irak. Rien de bon pour la paix du monde.

 

2. L’Amérique Latine vire à gauche


Depuis quelques années la plupart des peuples d’Amérique Latine ont mis au pouvoir des gouvernements qui appliquent une politique d’émancipation à l’égard de la tutelle des Etats-Unis. Une certaine forme de coordination se fait jour, dans un esprit de solidarité internationaliste, pour tenter d’appliquer des projets de développement autonome. La lutte anticoloniale se traduit par la récupération des sources d’énergie et de matières premières,

malgré les efforts concertés des multinationales qui cherchent avec l’appui des Etats-Unis à susciter des troubles armés. Mais ni le Brésil ni le Venezuela ni la Bolivie, pas plus que Cuba, ne sont décidés à reculer. La fondation de l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques) montre que le modèle colonial et néocolonial a du plomb dans l’aile en Amérique Latine. D'autres pays semblent tentés par l’expérience. Mais, ici aussi, l'empire contre-attaque : il réactive la Ivème flotte, soutient le coup d'état au Honduras, s'offre sept nouvelles bases militaires en Colombie, s'implique à fond dans la déstabilisation de la région tout en présentant un visage plus avenant.

 

3. La détermination sans faille des palestiniens à construire un Etat indépendant


2008 est l’année qui voit les palestiniens commémorer le soixantième anniversaire de la « Nakba » (la « catastrophe »). En 1948, en effet, 800 000 habitants arabes de la Palestine ont étés chassés par la politique d’épuration ethnique appliquée par les sionistes conquérants : villages rasés ou affublés d’un nom hébreu, populations déplacées qui ont fui dans les états arabes voisins. Après la conquête de territoires supplémentaires en 1967 autour de Jérusalem, en Cisjordanie, dans le Golan et à Gaza, des colons israéliens se sont installés durablement dans de petits îlots de prospérité arrachés à la terre palestinienne. La situation actuelle, malgré le retrait d’Israël de quelques grandes villes, demeure inchangée quant au fond. L’injustice coloniale persiste, l’occupation l’amplifie par endroits car de conférence en plan de paix, le territoire accordé à l’Autorité palestinienne a été lentement grignoté par des enclaves appelées « colonies », reliées entre elles par des routes dites « stratégiques » infranchissables aux Palestiniens. La construction du mur « antiterroriste » sépare la Palestine dépendant d’Israël de la Palestine arabe au mépris du droit, des traités et de la géographie elle-même, tandis que par ailleurs persistent les « check points », et que se multiplient les implantations sauvages de colons israéliens extrémistes... Gaza quant à elle, étouffe, encerclée, comme une gigantesque prison à ciel ouvert. Et pourtant le peuple palestinien survit en dépit des bombardements, des destructions, des deuils, et la résistance armée demeure active. La population, malgré les dangers auxquels elle est quotidiennement exposée et toutes les difficultés liées à une occupation prolongée, continue de croire en l’avenir. Cet entêtement est le gage d’une réussite future et certainement un échec cuisant pour l’impérialisme des Etats-Unis et le colonialisme israélien. Ni vaincus ni convaincus, les Palestiniens continuent de camper sur leur imprescriptible volonté d’indépendance nationale. Quant au véritable intérêt du peuple israélien, il n’est pas dans la poursuite d’une politique de terreur et de spoliation à l’égard des Palestiniens mais dans l'instauration d'une paix véritable , seule condition de possibilité à la fois de l'existence d'Israël et du développement d'une Palestine indépendante.

 

4. L’émergence de puissances nouvelles


Le krach de 2008 marquant la fin de la suprématie financière absolue des Etats-Unis, un certain nombre de puissances émergentes, riches en devises du fait de leur commerce extérieur fortement excédentaire, semblent se placer en successeurs désignés de l’ancienne superpuissance. Il ne fait aucun doute que la Chine, l’Inde, les pays du Golfe, le Brésil et la Russie cherchent à tirer profit de l’affaiblissement actuel de l’influence des Etats-Unis d’Amérique. Par principe les anticolonialistes ne peuvent que se féliciter de ce coup d’arrêt décisif,

conséquence de plusieurs décennies d’économie ultralibérale prédatrice, dominée par la spéculation et la politique du plus fort. Mais, par principe également, les anticolonialistes doivent demeurer vigilants à l’égard de ces puissances émergentes qui pourraient se laisser tenter par l’idée de profiter à leur tour de la faiblesse des pays moins avancés pour les coloniser à leur manière. L’attitude du Maroc à l’égard du Sahara occidental en montre un exemple. L’occupation militaire marocaine,depuis 1975, de ce territoire évacué par les Espagnols a un caractère nettement colonialiste. Elle doit prendre fin et laisser la place à une solution par la voie d’un référendum d’autodétermination. Car le Maroc intensifie sa politique de répression : emprisonnements, disparations, torture, sont le lot quotidien d'une population qui résiste et continue d'exiger l'application stricte des accords internationaux concernant cette zone.

 

5. Plus que jamais, rester vigilants face au mortel danger nucléaire !


Sur ce monde inquiétant, déjà ravagé, dans la première moitié du 20ème siècle par deux épouvantables guerres mondiales, causant la mort de dizaines de millions de victimes, pèse un nouveau et encore plus effrayant danger : celui d'une extermination atomique massive. Un péril si monstrueux pour toute l'humanité que l'esprit refuse de l'imaginer et qui est pourtant bien réel. Pas un instant, il ne faut l'oublier. Pas un instant il ne faut abandonner ce combat vital pour l'interdiction de toutes les armes nucléaires !  

 

CONCLUSION

ETABLIR DE NOUVEAUX RAPPORTS INTERNATIONAUX :

UNE TACHE PRIORITAIRE


Les capacités d’adaptation du colonialisme sont très grandes. Historiquement, à chaque fois que les colonisateurs ont observé un essoufflement dans la progression de leurs profits, ils ont trouvé une solution de rechange. Lorsque l’exploitation coloniale des débuts a atteint ses limites, le libéralisme s’est imposé à toute la planète. Ensuite, lorsque le fait d’accorder l’indépendance parut une solution moins coûteuse à cause de la résistance des peuples, le néocolonialisme s’installa. Enfin quand celui-ci arriva en bout de course, les dettes du monde pauvre ne pouvant plus être remboursées, on en revint à la reconquête militaire des pays les plus récalcitrants par des actions armées de grande envergure. L’ACCA a pour objectif la fin du processus colonial. Et c’est pourquoi elle combat pour la dissolution des armées coloniales qui constituerait un immense pas en avant. Quel que soit son masque du moment, la colonisation a toujours le même visage : occupation militaire, exploitation des ressources locales, administration dans le sens de la dépendance économique, politique et culturelle, usage cynique des populations pauvres par l’organisation de l’émigration au seul profit des pays riches, « sommets » à répétition (G7, G8…). L’ACCA, organisation hostile à tous les aspects de la colonisation, quel que soit le nom qu'elle prenne et les nouveaux noms dont elle s'affuble, lui dénie tout caractère positif. Elle poursuivra sa lutte pour que s’établissent entre les peuples de nouveaux rapports, des relations fondées sur le principe de l’égalité entre Etats. Le droit à réparation des injustices commises, l’annulation de la dette, l’évacuation immédiate de toutes les armées étrangères sont des préalables à une vraie coopération future, à des échanges mutuels authentiques, seuls gages de paix et de progrès pour les peuples du monde.

 

Décembre 2009.

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 14:48

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Le Sénat a voté en février 2010 le projet de loi relatif à la réforme des collectivités territoriales. Loin de ne concerner que les élus locaux, cette réforme initiée par Nicolas Sarkozy aura, si elle aboutit, de nombreux effets sur la vie des Français : moins de services publics de proximité, moins de démocratie, des élus moins nombreux et moins proches. Avec elle, les collectivités territoriales deviendraient de simples échelons administratifs, privées de financement et de la capacité d’agir pour satisfaire les besoins des populations. Couplée avec la suppression de la taxe professionnelle, elle offrirait aussi aux grands groupes privés un énorme marché qui pour l’essentiel leur échappait jusqu’à présent. Elle signerait de fait la fin de la décentralisation au profit d’un dirigisme autoritaire de l’Etat. Les sénateurs du groupe CRC-SPG ont annoncé leur intention de se mobiliser contre un texte « qui porte fondamentalement atteinte à la démocratie en brisant la décentralisation au profit d’une recentralisation des pouvoirs » et qui « porte en lui la mort des communes et départements, institutions structurantes de la République ». Ils ont déposé 216 des 650 amendements qui seront discutés au cours de ce débat.

 

Affaires économiques

Grand Paris

Par Eliane Assassi / 6 avril 2010

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, deux semaines après les élections régionales, nous abordons ici la question fondamentale de l’avenir de la métropole parisienne.

Dois-je le rappeler, les Franciliens ont donné leur avis sur le Grand Paris en votant majoritairement à gauche aux élections régionales. Or, à l’évidence, le Gouvernement a fait le choix de passer outre ce vote, mais aussi d’ignorer les voix qui se sont élevées ensuite, notamment celle de la présidente de mon groupe, pour demander au Premier ministre le retrait de ce texte.

Ainsi, envers et contre tout, le projet de loi remet directement en cause ce vote, ainsi que la majorité de gauche au conseil régional et, en particulier, le schéma directeur de la région Île-de-France, ou SDRIF, qu’elle a conçu avec la création d’un mode de gouvernance totalement inédit.

Puisque c’est de cela que nous devons débattre en urgence, je m’attacherai à démontrer les enjeux portés par ce texte : enjeux de pouvoir, bien évidemment, mais également enjeux politiques, par la définition d’un modèle de développement urbain pour le XXIe siècle.

Tout d’abord, soyons clairs, les questions liées aux relations entre la ville capitale et sa banlieue datent de la création même de Paris. Elles ont toujours fait l’objet d’une attention soutenue du pouvoir central, à l’époque d’Haussmann comme à celle de Delouvrier.

Plus récemment, la création de « Paris-Métropole » illustre la continuité d’une réflexion des élus locaux sur ce thème.

Depuis le début, le Président de la République a souhaité placer ce projet dans le cadre d’une réflexion globale sur le renforcement de la position de Paris comme ville-monde de l’après-Kyoto. Les scénarii pour le Grand Paris proposés par les dix équipes pluridisciplinaires ont, certes, suscité l’enthousiasme chez les élus de tous bords,…

M. Jean-Pierre Caffet. C’est vrai !

Mme Éliane Assassi. … mais également dans la population.

Pourtant, il est très vite apparu que ce projet de loi était loin de répondre aux besoins immédiats des 11 millions de Franciliens ou de poser les bases d’un développement équilibré, durable et solidaire de la région d’Île-de-France.

Monsieur le secrétaire d’État, je l’ai dit, ce texte pose des enjeux majeurs de pouvoir, et nous l’avons su dès l’instant où vous avez été désigné.

En effet, pour légitimer son opposition au schéma directeur, il fallait au Président un projet alternatif. C’est chose faite, avec le concours d’architecture, dont les équipes déplorent qu’il ne soit qu’un subterfuge pour proposer une reprise en main par l’État du développement de la région-capitale, à rebours du mouvement continu de décentralisation.

La création d’une Société du Grand Paris, calquée sur le modèle d’une société anonyme et pilotée par un directoire de trois personnes nommées par décret, nous donne quelques indications sur cette volonté de reprise en main par le pouvoir central. Le conseil de surveillance sera ainsi majoritairement composé de représentants de l’État.

En outre, et c’est tout aussi grave, cette société pourra constituer des filiales et même déléguer les compétences de ces dernières à des personnes publiques ou privées. En revanche, les décisions qu’elle prendra s’imposeront aux collectivités, notamment à la région.

Ce déni de démocratie s’inscrit pleinement dans l’objectif de la réforme des collectivités locales : dévitaliser tout espace démocratique de proximité.

Mme Bariza Khiari. Bravo !

M. Jean-Louis Carrère. Magouille !

Mme Éliane Assassi. Contester le mille-feuille territorial, son inefficacité et son obsolescence pour, au final, créer une nouvelle superstructure, confirme notre analyse : la seule chose qui intéresse la majorité dans ce débat, c’est la recentralisation des pouvoirs. (M. David Assouline acquiesce.)

Pourtant, comment nous faire croire que le dessaisissement des collectivités permettra un quelconque progrès, alors même que, depuis de si nombreuses années, l’État n’assume plus ses responsabilités en termes de services publics dans les domaines du logement, des transports et de la politique de la ville ?

C’est donc bien le retour de l’État sans les services publics que vous portez par ce texte !

Ensuite, le manque de consultations sur ce projet est flagrant. À ce titre, il faut noter les réticences, non seulement de l’Association des maires de l’Île-de-France, de « Paris-Métropole », de la majorité régionale, mais également de la FNAUT, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, des chercheurs, de l’ordre des architectes. Une telle levée de boucliers devrait vous faire réfléchir sur le contenu même du débat public qui sera organisé !

M. Jean-Louis Carrère. Ils ont le bouclier fiscal pour se protéger !

Mme Éliane Assassi. Le réduire à la question du tracé ne nous semble pas suffisant : c’est un débat sur l’opportunité même de la création d’un tel EPIC qui est nécessaire.

Penser de manière durable la gouvernance de la métropole ne peut se faire de manière autoritaire et centralisée. C’est une impasse idéologique. La seule voie envisageable est celle de l’imbrication des structures, de la conjugaison des volontés, du respect des différents acteurs, de la participation à chaque étape des Franciliens eux-mêmes, au plus près des attentes, mais aussi des réalités. Ce projet doit être mouvant et non figé.

Pourtant, rien n’est prévu dans votre texte pour que cette participation des citoyens et des collectivités se poursuive une fois le débat public entériné.

On le voit bien, si vous avez des problèmes avec le débat public, vous en avez également avec les procédures qui vont le précéder et le suivre. Nous y reviendrons lors de la présentation de nos amendements.

J’en viens au contenu même du projet de loi relatif au Grand Paris.

À la lecture de ce texte, on se rend assez vite compte que loin des effets d’annonce de l’article 1er évoquant pêle-mêle les questions de logement, de lutte contre les déséquilibres sociaux et territoriaux, de développement économique durable, solidaire et équilibré, la réalité des propositions formulées par le Gouvernement est assez faible.

Il s’agit simplement de construire un métro souterrain en rocade de cent trente kilomètres desservant des clusters jugés attractifs, comme La Défense ou Saclay, en organisant une dérogation systématique aux règles d’urbanisme de droit commun et en mettant fin, de façon autoritaire, à des projets comme Arc Express.

À défaut d’être complet, innovant et porteur d’un projet visible et cohérent, au moins le SDRIF ne se réduit-il pas à un métro automatique ! Nous regrettons, à ce titre, une absence profonde de réflexion sur la pertinence de ce tracé et la faisabilité du Grand huit, élaboré dans le secret des cabinets ministériels. Nous regrettons la même absence de réflexion sur le recours à une option souterraine. Il fallait laisser, si j’ai bien compris, la Société du Grand Paris décider de tout cela !

Les syndicats ne s’y sont pas trompés. Ce projet est non pas celui des salariés franciliens, mais celui des hommes d’affaires qui ont besoin de passer des aéroports à des clusters dédiés à la finance et à la recherche. Le texte n’appréhende donc pas les déplacements travail-domicile, qui constituent pourtant la première préoccupation des Franciliens. Pour ces derniers, cette question est liée à celles de la tarification des transports et du maillage qui fait cruellement défaut et rend leurs déplacements difficiles. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup vous entendre sur ces sujets, monsieur le secrétaire d’État.

C’est de tout cela dont les Franciliens ont besoin ! Et le Grand huit ne peut ni les ignorer ni les oublier ! Ils ont besoin que l’État, dans le cadre de ses compétences traditionnelles, empêche le marché d’imposer sa loi et réinvestisse dans les outils de puissance publique que sont la SNCF, RFF et la RATP. Or, aujourd’hui, les réseaux sont vétustes et saturés.

Vous ne pouvez pas en rendre seule responsable la région : elle ne gère le STIF que depuis 2006. Cette situation résulte d’un désengagement progressif et massif de l’État en matière de transports collectifs publics.

À ce titre, comment penser la métropole de demain, celle de l’après-Kyoto, en envisageant la question du fret ferroviaire uniquement en termes d’accès aux ports ?

En outre, le projet de Grand huit induit, de fait, une chenille d’expropriation et d’urbanisation couvrant une surface de quatre fois la taille de Paris, aménagement dont la Société du Grand Paris sera seule responsable. Cette privatisation de l’intérêt commun est insupportable ! La région d’Île-de-France ne peut pas devenir un terrain de jeu pour des bétonneurs !

En effet, pour financer ce projet de rocade, la valorisation des terrains attenants aux gares constituera une voie prioritaire portant en germe le risque important de nouvelles ségrégations sociales autour du Grand huit. Or ce risque est adossé à une réelle injustice fiscale, puisque toutes les taxes créées par ce texte permettront le financement de la Société du Grand Paris, indépendamment de toute exigence de péréquation régionale.

À ce titre, sous couvert de « coconstruction », reprenant en fin de compte une tendance de fond soulignée par le Conseil d’État, le nouvel outil des contrats de développement territorial enfermera dans un tête-à-tête les collectivités locales et l’État, ce qui peut, par ailleurs, favoriser le localisme. Il apparaît particulièrement hypocrite de laisser entendre qu’il pourrait exister de la coopération là où, en réalité, il ne s’agira que d’appliquer une seule volonté.

En effet, en l’état du texte, on voit bien que les collectivités seront, de toutes les manières, contraintes d’accepter les desiderata de la Société du Grand Paris et de l’État afin de laisser la maîtrise urbaine autour des gares.

Je souhaite donc, monsieur le secrétaire d’État, que la nature de ces contrats soit plus transparente et que vous nous indiquiez précisément votre objectif politique.

J’en viens aux sommes consacrées au financement de ces contrats dont nous savons aujourd’hui qu’elles rentreront partiellement dans le cadre des contrats de projets État-région, les CPER. Nous contestons le fait que la région et le département concernés sur le projet de contrat soient, non pas associés, mais seulement consultés sur la conclusion de ces contrats.

Sur le fond, nous nous inscrivons en faux contre cette conception de clusters qui traverse ce texte. Comme le souligne l’ordre des architectes d’Île-de-France, ce projet ouvre la voie à la balkanisation des aires métropolitaines. En effet, une telle conception laisse inévitablement de côté toute une partie du territoire. Alors qu’il manque aux citoyens un maillage fin par des services publics, cette question ne figure nulle part dans votre texte !

Quant à la spécialisation des territoires, c’est une voie sans issue. En effet, nous ne pouvons que constater, à l’échelon mondial, l’obsolescence de ce système qui ne permet pas, entre autres, de respecter les prescriptions écologiques. Ce que vous nous proposez, c’est donc, non la modernité, mais des schémas de développement d’ores et déjà obsolètes.

Il nous semble également qu’il ne faut pas laisser de côté la grande couronne : à terme, le développement de la métropole parisienne couvrant globalement la petite couronne, captant l’ensemble des financements, mettra en péril l’existence même de l’échelon régional.

Mme Nicole Bricq. C’est vrai !

M. Bernard Vera. Très bien !

Mme Éliane Assassi. M. Gilles Carrez, dans son rapport, ne juge la pertinence de ce nouveau réseau qu’à l’aune d’un financement du réseau déjà existant. De manière plus pragmatique, comment ne pas voir que la gestion du Grand huit, qui reviendra au STIF, va obérer ses capacités financières pour de nombreuses années et demander un effort supplémentaire aux collectivités locales qui le financent aujourd’hui ?

M. Jean Desessard. Très bien !

Mme Éliane Assassi. Le STIF est actuellement un outil de péréquation territoriale et sociale par des tarifications spécifiques. Qu’en sera-t-il demain, lorsque ces financements seront obérés ? Qu’en sera-t-il du financement du plan de modernisation des transports proposé par la région ? De tout cela, nous ne savons rien, ce qui nous fait craindre le pire !

Comment croire également au développement du Grand Paris si vous sacrifiez la production matérielle de richesses et des projets de développement économique au profit – c’est le cas de le dire ! – de la création de bulles financières ? En l’état, votre texte va accentuer un peu plus encore la désindustrialisation de la région-capitale. C’est un vrai problème !

Maintenir Paris au rang de ville-monde représente une belle ambition, pour peu qu’elle n’oublie pas de s’attaquer à la résorption des inégalités subies par les populations qui y vivent et y travaillent ! (Mme Nicole Bricq s’exclame.)

Cela suppose non pas de calquer son mode de développement sur un modèle londonien ou new-yorkais, mais, au contraire, de cultiver la formidable singularité de ce territoire. Paris est déjà une ville-monde, et ce n’est pas en libéralisant son développement que sa place dans le monde se trouvera confirmée, bien au contraire !

M. Jean Desessard. Très bien !

Mme Éliane Assassi. Pour conclure, nous considérons que si nous devions proposer un projet pour le Grand Paris, la responsabilité et la légitimité en reviendraient aux Franciliens et à leurs représentants.

Cependant, puisque nous ne pouvons nous dédouaner d’une réflexion sur ces questions, je vais tout de même vous dresser quelques pistes d’actions qui me semblent prioritaires. Elles sont au nombre de trois : le logement, les transports de proximité et les équipements collectifs de service public, ce qui inclut, bien évidemment, tout ce qui touche à l’environnement et à l’écologie.

Les sénateurs du groupe CRC-SPG estiment que, si l’urgence réside bien dans la mobilisation de toutes les intelligences pour créer la ville de demain, celle-ci doit être réalisée au profit du bien commun et non pour le contourner comme le fait ce texte en confisquant l’intérêt général par le biais d’un coup de force étatique sur les collectivités locales !

S’inspirer du développement du capitalisme mondialisé et en faire un modèle pour construire votre projet de Grand Paris n’est peut-être pas la meilleure des idées, alors même que la crise qu’il a engendrée n’a pas épargné les métropoles que vous vous plaisez à prendre pour exemples !

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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