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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 12:14
logo-liste-1Alain Bocquet, Jean-Jacques Candelier, Marc Dolez, députés du Nord, Jacky Hénin, député européen, Michelle Demessine et Jean-Claude Danglot, Sénateurs, Alain Bruneel, président du groupe communiste au Conseil régional, Dominique Watrin, président du groupe communiste au conseil général du Pas de Calais, Charles Beauchamp, président du groupe communistes au conseil général du Nord et leur avocat, Maître Péru, ont déposé plainte contre l'Etat concernant sa dette envers la région Nord Pas de Calais et ses deux départements. Par cette démarche, les élus communistes entendent engager une action en indemnisation en direction de l'Etat, en compensation des sommes non versées. Ils vont également saisir la HALDE d'une plainte en discrimination frappant la population de la Région. Selon les élus communistes, depuis 2004 et la nouvelle étape de décentralisation, l'Etat n'a pas tenu sa promesse de compenser «  à l'euro près » les transferts de charge aux conseils Généraux et au Conseil Régional. Depuis, dans des domaines tel que l'APA, le RMI puis le RSA, la formation, les routes...cette dette s'est alourdit et représente maintenant une somme avoisinant les 1 180 millions d'euros !

http://www.lobservateurdudouaisis.fr/actualite/Les-elus-communistes-du-Nord-portent-plainte-contre-l-Etat-1792-flash.html
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 19:09

Anecr.jpgVictimes d’accidents du travail

Par Annie David, le groupe CRC-SPG

Suite à l’adoption en loi de finances de la fiscalisation des indemnités journalières versées aux accidentés du travail, les sénatrices et sénateurs du groupe CRC-SPG ont déposé une proposition de loi visant non seulement à abroger cette fiscalisation mais aussi à instaurer la réparation intégrale des différents préjudices subis par ces victimes du travail.

L’adoption de cette disposition par la majorité parlementaire, soutenue par le gouvernement, avait suscité et continue de susciter l’indignation des accidentés du travail et de la très grande majorité de l’opinion publique, surtout qu’elle avait été précédée d’une campagne de communication gouvernementale particulièrement choquante et inexacte.

En effet, ces victimes, touchées dans leur chair, avaient été présentées comme des « privilégiées bénéficiant d’une niche fiscale », alors que, contrairement à la majorité des victimes d’un dommage corporel, elles n’obtiennent qu’une réparation partielle, en percevant des indemnités journalières représentant seulement 60 %, puis 80 % après 30 jours, de leur salaire de référence.

Conscient du régime d’indemnisation défavorable de ces victimes d’accidents du travail, le groupe CRC-SPG propose au contraire de mettre en place un régime de réparation intégrale de l’ensemble de leurs préjudices.

Madame Annie David, sénatrice CRC-SPG de l’Isère et vice-présidente de la Commission des Affaires Sociales du Sénat a été nommée à sa demande, rapporteur de cette proposition de loi.

Cette proposition de loi du groupe CRC-SPG, sera examinée en séance publique au Sénat le jeudi 11 février 2010 à 9 h.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 18:49
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La salle était trop petite pour accueillir le premier meeting du Front de gauche, mercredi 3 février dernier. Un grand succès populaire et une réussite politique, tant les prises de paroles furent riches.

Plus de 350 personnes dont 50 qui ont du rester dehors. Jean-François Téaldi, grand reporteur et responsable syndical dans l’audiovisuel public et présent sur la liste départementale du Front de Gauche (FG), faisait office de Maitre de Cérémonie. Le premier qu’il invita à parler fut Cédric Grimaud. Postier en grève jusqu’à la semaine passée, il représentait cette voix citoyenne, syndicale qui rejoint le Front de gauche. « Il y a encore peu de temps, je ne pensais pas m’impliquer en politique, ne voyant de représentation appropriée à mes idées et mes combats » Oui, mais voilà, « J’ai rencontré le Front de Gauche ! » Il est aujourd’hui en 13ème position sur la liste. « Nous vivons une très grande violence politique et sociale et le FG doit proposer une véritable force politique alternative à gauche. » Puis Jacques Lerichomme prit la parole pour la Gauche Unitaire « Ca fait du bien d’être uni ! » lança-t-il. « La politique de Sarkozy, il faut la stopper. Nous l’avons déjà à l’Elysée, nous ne la voulons pas à la région. »

« Le Front est porteur d’un grand espoir pour l’avenir. La colère et la révolte qui gronde doit se faire entendre par le vote » pour Jean Nicolas du Parti de Gauche (PG). Les intervenants ont notamment insisté sur ces voix à prendre du côté de l’abstention et de la résignation. Le FG « ne renonce jamais » tonne Cécile Dumas pour le Parti Communiste Français (PCF). « Nous sommes là pour livrer une bataille éthique, une bataille dans le cœur des gens et non pour attiser leurs peurs. Notre région va remettre à l’ordre du jour les valeurs républicaines Liberté, Egalité, Fraternité ! »

Battre la droite.

Henri Rossi, présent sur la liste Front de gauche, issu de la société civile, militant à la Ligue des Droits de l’Homme fut lui aussi invité à prendre la parole, suivi à la tribune par une jeune grassoise, militante associative. Ce meeting fut le lieu d’expression de ce qui compose le Front de Gauche, issu de tous les horizons sociaux, culturelles mais avec tous la même volonté de porter des valeurs humanistes, sociales, véritablement ancrées à gauche. Et avec aussi l’envie battre la droite ! « On est déterminé ! Il ne faut pas que ces gens gagnent la région. » avertit Pierre Bernasconi. C’est ensuite au tour de Suzanne Hugon deuxième sur la liste. « Mon crédo, c’est le service public. » Elle s’engage ainsi à le défendre coûte que coûte contre cette volonté affichée par le gouvernement de le privatiser. « C’est totalement absurde et je rappelle le principe de désobéissance civique. » Gérard Piel, tête de liste prend enfin la parole et clôture ce premier rendez-vous du FG dans le département. Développant les grandes lignes du programme, il appuie notamment sur le fait qu’ils sont les seuls à faire des propositions pour la région pour l’instant. Le transport et l’écologie seront des points très importants avec la proposition forte de mettre en place la gratuité de transports publics. L’Opération d’Intérêt National de la plaine du Var va aussi être un combat à mener. « Il faut exiger une débat public ! » La tête de liste veut combattre l’hégémonisme UMP dans le 06 et éliminer Le Pen dès le premier tour. « Ensemble nous réussirons. » La salle est derrière lui… mais aussi le couloir où ceux qui n’avaient pu entrer écoutent les discours. « Le Front de Gauche est notre bien commun à faire partager avec des millions d’électeurs ! »

JC.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 18:48

au-banquet-du-parti-communiste-le-front-260565.jpgAu cours du banquet du Parti communiste qui a réuni près de quatre cents personnes dans la grande salle de la base des Prés du Hem, samedi soir, candidats et représentants du Front de gauche étaient réunis autour de la tête de liste aux élections régionales, Alain Bocquet.

 

Le Front de gauche rassemble des militants du Parti communiste, du Parti de gauche, de la Gauche unitaire, des Alternatifs, de la Gauche alternative, de la Coordination communiste, pour « une gauche combative, sociale, écologiste et citoyenne » pour la région Nord - Pas-de-Calais. Une douzaine de personnes avaient pris place sur l'avant-scène. Autour d'Alain Bocquet, tête de liste, des représentants des sections armentiéroise, houplinoise, des responsables de corporation..., « une grande famille ». Ils s'étaient donné trente minutes pour expliquer les raisons d'une action commune « pour que la région retrouve une place honorable au rang national » et pour convaincre d'aller voter le 14 mars. Un film de six minutes a été projeté : « Battons nous pour inscrire dans les 10 ans qui viennent le Nord - Pas-de-Calais dans le top 5 des régions en France », arguant du « savoir-faire reconnu d'un peuple travailleur. » Des témoignages de techniciens, vendeurs, cadres... qui ont vécu ou qui vivent des heures difficiles à la Cristallerie d'Arques, à Bosal Distribution, à la SNCF... Des témoignages de maires, députés, prêtre ouvrier... qui abordent la baisse du pouvoir d'achat, les primes qui diminuent ou disparaissent, l'économie qui flanche, la taxe professionnelle qui va disparaître...

« Nous sommes à la 22e place sur 22 en matière d'emploi, santé, revenus, formation... Ça ne peut plus durer, a ensuite clamé Alain Bocquet. Il faut impulser une logique d'une gauche combative, rassemblée, d'une union des forces vives et ne pas laisser faire ». Il a exhorté les militants «  à contrer cette politique uniquement menée au service des plus grands de ce monde. » « Être cinquième au classement des régions est-il exagéré ? a-t-il demandé, avant de répondre : Non, il nous faut mettre la barre haute car nous avons le droit d'être à la place qui devrait être la nôtre », invoquant les 4 millions d'habitants, la 4e place en terme de population, « la plus jeune », avec des atouts géographiques, d'infrastructures, d'universités... Après avoir pris part à l'interprétation de l'Internationale, les militants ont profité de la soirée animée par « GG ». •

Réunion publique le 25 février à 18 h 30 à l'« espace citoyen », 1, rue J.-Jaurès à Houplines, avec la présence de deux personnalités
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 18:46

arton4520-e584b.jpgPierre Laurent, tête de liste Front de Gauche en Île-de-France, Éric Coquerel, tête de liste Front de Gauche à Paris et Christian Favier, Président du Conseil général du Val de Marne et tête de liste Front de Gauche dans le Val de Marne étaient présents cet après-midi au rassemblement visant à soutenir les professeurs, élèves et parents dans leurs revendications.

Les enseignants, élèves et parents de l’Académie de Créteil poursuivent avec détermination l’action engagée, après l’agression au couteau le 2 février d’un élève du Lycée Chérioux à Vitry-sur-Seine. J’apporte mon soutien à la mobilisation pour l’éducation dans l’Académie de Créteil qui se poursuivra demain par des manifestations pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des élèves et des professeurs.

Le drame survenu au Lycée Chérioux de Vitry-sur-Seine n’est en rien un accident isolé. Il s’inscrit dans un contexte éducatif extrêmement dégradé en raison du refus systématique de la droite d’engager les moyens nécessaires à la bonne marche des établissements scolaires, notamment en augmentant le nombre de postes de surveillants.

Le Ministre de l’Education, Luc Chatel qui porte une responsabilité accablante dans cette situation, préfère manier le mépris et la provocation en incitant les professeurs à « retourner dans leurs classes ». Ce n’est pas en engageant ce type de rapports de forces qu’il rassurera les élèves et les professeurs sur les réformes du lycée. Nous exigeons la création des postes supplémentaires réclamés.

Pour les élections régionales de mars prochain, je porte avec le Front de Gauche des engagements forts en faveur des lycées d’enseignement général et professionnel, comme la mise en place de financements spécifiques en faveur des lycées publics accueillant les populations les plus défavorisées, la mise en place d’un observatoire régional de lutte contre l’échec scolaire et la poursuite de la gratuité des manuels.

Pierre laurent, Coordinateur national du PCF et tête de liste Front de Gauche en Île-de-France

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 18:30

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En 1991, lors de son premier voyage en France, Nelson Mandela accordait une interview exclusive à « l’Humanité ». Des extraits sont publiés dans l’Humanité Dimanche du 12 février 2010. Voici l’intégral de l’entretien.



L’homme tranquille contre l’apartheid

Hôte de la France, et plus précisément de son ministère des affaires étrangères, le vice-président du Congrès national africain (ANC) a reçu hier les journalistes de « l’Humanité » dans une de ses possessions « diplomatiques » du gouvernement français en région parisienne, le château de la Celle-Saint-Cloud. Aucune solennité cependant. Ni mythe ni symbole, c’est l’hôte, l’homme tranquille à la taille imposante, préservée, dont la main large et forte rappelle une jeunesse tumultueuse sur les rings de boxe pour amateurs condamnés à devoir prouver toujours plus qui pose la première question : « Où voulez-vous que je m’assoie ? » Une question en appelant toujours une autre, et chacun d’entre nous ayant participé d’une manière ou d’une autre au combat pour la libération de Nelson Mandela ainsi qu’aux campagnes de solidarité avec le peuple sud-africain, nous ne pouvons que demander, plutôt émus :

 

José Fort et Claude Kroës. Pouvons nous vous appeler camarade ?

NELSON MANDELA. Oui, tout à fait. Vous savez, je suis le camarade de Georges Marchais.

J. F. et C. K. Alors, la première vraie question. Il y a seize mois, vous étiez enfin libéré après plus d’un quart de siècle de prison. Quel regard portiez-vous sur ce que vous avez découvert au moment de votre libération ? Et quel regard portez-vous aujourd’hui sur le monde ?

N. M. Ce n’est pas facile à dire. Il n’est pas très facile pour moi de dire quel était mon regard il y a un an et demi. Il y a toujours un risque de spéculation dans ce genre de déclaration. Mais ce qui m’a frappé, c’est l’amélioration des rapports entre l’Est et l’Ouest, l’amélioration des rapports entre l’Union soviétique et les États-Unis d’Amérique, les pourparlers et les traités sur le désarmement et sur la réduction des armes nucléaires. À mon avis, le premier ministre britannique, Mme Margaret Thatcher, a joué un rôle significatif dans le rapprochement entre Gorbatchev et Reagan pour favoriser les discussions sur la paix mondiale. Ce fut mon impression dominante. Et deuxièmement, il y a le problème de la lutte anti-apartheid dans le monde entier. En particulier en Grande-Bretagne, en Europe, en Asie, aux États-Unis, au Canada et en Amérique du Sud. La voix des forces de libération et de progrès vers la démocratie et vers la suppression de la tyrannie s’est très fortement fait entendre. Je suis heureux de constater que les forces de paix sont si fortes, que la tendance en faveur d’une réduction des tensions dans le monde s’exprime toujours avec la même puissance et, bien sûr, que le mouvement anti-apartheid pèse toujours du même poids dans le monde entier.

J. F. et C. K. Camarade Mandela, croyez-vous que les réformes annoncées dans votre pays conduiront à l’élimination de l’apartheid ? Et pensez-vous que le poids de l’opinion publique internationale, qui s’est fortement exprimée pour exiger votre libération, puisse encore avoir un rôle décisif, alors que vous, démocrates sud-africains, êtes entrés dans une phase de négociation ?

N. M. Les réformes annoncées par le gouvernement sud-africain sont très encourageantes. Certains progrès ont été enregistrés dans le sens du démantèlement de l’apartheid et le chemin qui mène vers une Afrique du Sud unie et démocratique est en voie de construction. Mais nous sommes encore très loin de la satisfaction des revendications que nous avons avancées, parce que le contenu principal des réformes voulues, c’est la possibilité pour le peuple sudafricain de s’exprimer par le vote.

J. F. et C. K. Vous voulez dire « one man, one vote » ?

N. M. Oui, bien sûr, et dans la situation actuelle, moi, je ne peux toujours pas voter. Ça, c’est l’élément essentiel. Mais, indépendamment de ce qu’a annoncé le gouvernement sud-africain, nous sommes encore loin d’une situation où la majorité du peuple sud-africain pourrait se déterminer lui-même sur son avenir. C’est la raison pour laquelle nous demandons le maintien des sanctions par la communauté internationale et c’est la raison pour laquelle nous regrettons la décision prise en décembre 1990 par la Communauté européenne. (…)

J. F. et C. K. A propos de cette décision de lever les sanction, vous avez rencontré mardi Jacques Delors, à Bruxelles. Quelle appréciation portez-vous sur votre conversation avec le président de la Commission européenne et avez-vous le sentiment d’avoir été entendu ?

N.M. Mr Delors est un homme qui soutient la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud et je souhaite pouvoir croire, surtout après notre rencontre d’hier, qu’il acceptera de faire connaître aux chefs d’Etats de la CEE les positions de l’ANC. Mais nous discutons d’un problème qui sera soumis aux chefs d’Etat, et il ne serait pas opportun que j’entre dans les détails sur cette question.

J. F. et C. K. Les images montrant les affrontements entre Noirs marquent beaucoup la population française. Est-ce qu’il est possible d’arrêter ces massacres ? Quel avenir pour l’Afrique du Sud ? Etes-vous prêt à gouverner avec les Blancs et dans quel cadre législatif ? Pouvez-vous nous dire quelques mots du Congrès de l’ANC, prévu à Durban, au début du mois prochain ?

N. M. D’abord au sujet de la violence : elle a été présentée comme un affrontement entre noirs. Or, ce n’est là qu’un élément de cette violence. Il y a d’autres éléments qui incitent à la violence. Il y a actuellement des escadrons de la mort, organisés par le gouvernement sud-africain, qui font beaucoup plus de mal à des victimes innocentes que la violences entre Noirs. Et puis il y a aussi la connivence du gouvernement dans cette violence. Si le gouvernement utilisait la capacité qu’il a de mettre un terme à la violence et de maintenir l’ordre, il pourrait le faire le plus aisément du monde. C’est la raison pour laquelle nous l’avons menacé de ne pas poursuivre les pourparlers sur la Constitution future, aussi longtemps qu’il n’aura pas mis un terme à cette violence. Mais nous sommes optimistes quant au fait que nous réussirons à contraindre le gouvernement à arrêter la violence. Celle-ci ne continue que parce que le gouvernement le souhaite.

J. F. et C. K. Et le devenir de l’ANC, dans ce contexte changeant et difficile ?

N. M. En ce qui concerne le congrès de l’ANC en juillet, nous sommes très optimistes. Les mass média, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Afrique du Sud, ont essayé de faire croire à l’existence de factions. C’est parfaitement mensonger. C’est la même propagande que celle qui a eu cours par le passé, avant la première conférence consultative légale de l’ANC de décembre dernier. Bien sûr, il y a des divergences qui s’expriment sur tous les sujets, divergneces qui existent aussi dans d’autres congrès, dans d’autres organisations, ailleurs. Mais les décisions que nous avons prises ont été unanimes et saines.

J. F. et C. K. Etes-vous prêt à gouverner avec les Blancs et dans quel cadre législatif ?

N. M. Notre politique est favorable à une Afrique du Sud non raciste, véritablement démocratique et, à cet égard, le mérite personnel sera pour nous le seul critère pertinent. Ce qui signifie que nous sommes prêts à travailler avec tous les groupes nationaux, avec les Noirs et avec les Blancs. Et malgré les problèmes que nous rencontrons, les choses avancent très bien.

J. F. et C. K. Vous avez rencontré François Mitterrand et le premier ministre Édith Cresson. Avez-vous maintenant un message à faire passer au peuple français ?

N. M. Eh bien, notre message est très simple : nous demandons au peuple français de continuer à soutenir la lutte anti-apartheid parce que notre lutte repose sur les principes démocratiques que sont l’égalité, la liberté et la fraternité humaines. Et ces valeurs ont été répandues en Europe par les philosophes français, Voltaire, Montesquieu et d’autres… Et nous espérons donc que le peuple français continuera à soutenir notre lutte.

Propos recueillis par José Fort et Claude Kroës

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 13:53
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 13:40

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Chers amis, chers camarades

Je suis particulièrement ému, aujourd’hui, en ce 8 février 2010.

Particulièrement ému de me trouver devant vous et d’avoir le privilège de ces quelques mots au nom de la direction nationale du PCF. Je sais en effet qu’ils prolongent une parole reprise par des dizaines d’hommes et de femmes avant moi. Les mots qu’il me faut prononcer aujourd’hui sont le maillon supplémentaire d’une chaîne ininterrompue depuis 1962.

D’un combat pour la mémoire. D’une lutte contre l’oubli. Parce que l’écho de ces événements tragiques résonne encore, et qu’il est la voix qui s’éloigne de ceux qui ont manifesté ce jour-là, de ceux qui sont morts et de ceux qui veulent se souvenir.

Particulièrement ému aussi, permettez moi d’en dire quelques mots, parce que cet écho a toujours résonné en moi, qu’il a traversé mon enfance, a marqué ma mémoire, et fait du combat anticolonial et des valeurs qui l’animaient un repère à jamais incontournable. Les souvenirs familiaux, ici, remontent. Celui d’un père, emprisonné à 28 ans, neuf ans déjà avant Charonne, pour avoir dénoncé une autre guerre coloniale, celle d’Indochine, et qui consacra toute sa jeunesse aux combats anticoloniaux. Celui d’un oncle, jeune ouvrier du 20ème arrondissement d’à peine 30 ans, pris au piège ce jour là à Charonne comme des centaines d’autres, piétiné, réchappé par miracle. Celui de l’attentat perpétré par erreur par l’OAS au domicile que nous avions quitté 5 rue de l’Encheval dans le 19ème arrondissement et qui en détruisit toute la cage d’escalier. Celui de la porte blindée qui dès lors fut installée là où nous habitions, rue Botzaris, et qui, enfant de cinq ans à l’époque, me faisait décidément trouver bien lourde à déplacer la porte du domicile.

En ces temps où la droite qui nous gouverne aime tant réécrire l’histoire, où elle rêve de purger de notre identité les sangs mêlés qui l’ont toujours fortifiée et faite rayonner, où elle prétend blanchir les valeurs d’une nation qu’elle ne fait en vérité que salir , la mémoire est plus que jamais notre combat. Voilà pourquoi nous refusons que l’écho de ces événements tragiques s’éteigne.

Charonne est une blessure toujours ouverte. Les neuf manifestants qui sont tombés ce jour-là sous les coups d’une répression policière brutale ont rejoint d’autres camarades et d’autres militants de la paix et de la justice. Ce sont nos frères et nos sœurs d’hier et d’aujourd’hui. Pas seulement parce qu’ils militaient à la CGT. Pas seulement parce que huit d’entre eux étaient communistes. Mais parce que leurs valeurs et leurs convictions sont plus que jamais les nôtres en 2010.

En février 1962, la guerre d’Algérie durait depuis sept ans. Un million de morts algériens, des centaines de milliers de jeunes français entraînés dans une guerre qui restera comme un traumatisme pour un grand nombre d’entre eux. Alors qu’il semble de plus en plus inévitable que l’Algérie devienne indépendante, des forces fascistes et d’extrême droite se retrouvent au sein de l’OAS. Les actions et les attentats se multiplient et culminent le 7 février. Pour toute réponse des partisans de la paix, la manifestation pacifique du 8 est lancée à l’appel de la C.G.T., la C.F.D.T., l’U.N.E.F., des sections de la F.E.N. et du S.N.I., du Parti communiste, du P.S.U., des jeunesses communistes et du Mouvement de la Paix. Elle est interdite mais la Préfecture de Police laisse faire. En fin de journée, vers 19 heures 30, alors que les manifestants se dispersent ici, sur le boulevard Voltaire, à la hauteur du métro Charonne, la police charge sans prévenir et avec une rare violence.

250 blessés, 8 morts, un neuvième qui meurt après deux mois de coma. Le lendemain, deux millions de personnes cessent le travail, L’Humanité et Libération sont censurés. L’acte est barbare, la terreur est certaine – mais elle n’est pas par hasard.

Les travaux des historiens nous l’ont confirmé depuis : les policiers n’ont pas chargé par hasard et ce n’était pas pour répondre à de soi-disant provocations. Mais l’Etat garde le secret depuis 1962 et refuse de reconnaître ce qui est bel et bien son crime. C’est pourquoi nous nous retrouvons aujourd’hui. C’est pourquoi il faut répéter, année après année, les noms de nos morts : Fanny Dewerpe, Anne-Claude Godeau, Suzanne Martorell, Daniel Ferry qui n’avait que seize ans, Jean-Pierre Bernard, Edouard Lemarchand, Hyppolite Pina, Maurice Pochard et Raymond Wintgens. Ces hommes et ces femmes ne devaient pas mourir, leurs noms ne doivent pas disparaître.

Le 8 février 2007, il y a trois ans, le Maire de Paris a renommé ce carrefour « place du 8 février 1962 ». C’est un premier pas symbolique d’une rare importance. C’est le témoignage de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens. La ville n’oublie pas. Le 8 février 1962 est désormais l’un des noms de la ville. Tout comme le massacre des Algériens le 17 octobre 1961, Pont Saint Michel. Le Préfet de Police était le même, nous le savons, c’était Maurice Papon. Avec nous qui égrainons une nouvelle fois aujourd’hui le nom de nos morts, tous les ans, pour que l’Etat reconnaisse enfin son crime, ce sont toutes celles et ceux qui refusent l’oubli qui font corps.

La guerre d’Algérie et la décolonisation ne sont pas que des moments de l’histoire militaire française. Ce sont des morceaux de mémoire vive, toujours palpitants aujourd’hui. Ce sont aussi des blocs obscurs, des tranches de nuit, que l’Etat ne veut pas accepter. Pourtant le poison est toujours là, parmi les nostalgiques de l’OAS qui ne se cachent pas, et désormais dans les programmes scolaires qui doivent « reconnaître le rôle positif de la présence française outre-mer ». Il est toujours là dans les discriminations quotidiennes, les violences, la division et le racisme. Il ne s’agit pas que de leçons à tirer de la barbarie de notre histoire, c’est un combat qu’il faut continuer de mener, c’est une réalité, la nôtre, qu’il faut entendre.

Charonne est au croisement de notre passé et de notre avenir, une pierre d’angle entre l’histoire et la mémoire. Voilà pourquoi sa vérité est toujours bafouée et refoulée.

Le combat de celles et ceux qui manifestaient à Charonne, des neuf qui ont y ont laissé leur vie, continue. Il est même d'une brûlante actualité. Nous le constatons chaque jour: l’esprit colonial n’est pas mort avec la fin de la guerre d’Algérie. C’est un poison que secrète toujours le système de domination. Quarante huit ans après Charonne, c’est une insulte d’entendre le ministre de l’Intérieur de la France manier impunément la blague raciste à l’égard des Arabes. C’est une indignité de voir la principale chaîne de télévision publique offrir deux heures d’antenne à ce tragique duo Eric Besson-Marine Le Pen pour relayer le pseudo débat gouvernemental sur l’identité nationale. C’est un scandale d’obliger des Français à quémander leur renouvellement de leurs papiers parce que leurs parents ne sont pas nés ici, ou pire encore sont précisément nés dans d’anciens territoires coloniaux, l’Algérie comme bien d’autres. C’est une blessure de voir notre République maintenir tant de travailleurs immigrés sans droits ni papiers à la merci de la plus sauvage des exploitations. Oui, décidément, le combat continue.

Chers amis, chers camarades,

Paris vit avec ses blessures , par ses blessures. Le métro Charonne, le nom de cette place et ceux qui y périrent sont notre mémoire. Je suis ici aujourd’hui, comme vous tous, par devoir. Non seulement par fidélité au passé mais parce qu’il faut se battre pour l’avenir. Non seulement pour les morts, pour nos morts, mais pour les vivants, pour leur dignité et celle de la France.  

Je vous remercie.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 22:23

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Georges Frêche ne devrait pas se réjouir trop tôt, a estimé aujourd'hui à Mulhouse Marie-Georges Buffet après l'échec des négociations aujourd'hui entre le PS et Europe Ecologie pour une union au premier tour des régionales en Languedoc-Roussillon.

"Monsieur Frêche se promène beaucoup dans les médias parisiens où il donne des claques à tout le monde. Qu'il ne se réjouisse pas trop tôt", a déclaré à la presse la secrétaire nationale du PCF qui participait en Alsace à un meeting du Front de la gauche.

"Nous allons mener campagne en Languedoc-Roussillon et on se rassemblera avec le reste de la gauche, Frêche ferait mieux de se préoccuper de cela", a-t-elle ajouté.

Le PS et Europe Ecologie en Languedoc-Roussillon ne sont pas parvenus à trouver un accord
pour une union dès le premier tour aux régionales face à Georges Frêche, les négociations ayant achoppé mercredi sur la question de la tête de liste. Invité à commenter cette absence d'accord Georges Frêche a prédit que chacune des deux listes allait "passer en dessous de la barre des 10% ".

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:47

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Pourquoi cet article et maintenant ?

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Le 23 mars 79 je venais de rentrer de l'armée, ma boite avait du débrayer pour que je retrouve mon poste à l'usine, la direction proposait le licenciement de mon remplaçant en échange de ma réintégration, nous sommes restés tous les deux.
Quelques jours après nous avons commencé la bataille de la sidérurgie, nous étions conscients que toute notre région était menacée et nous nous sommes retrouvés, si nombreux et déterminés, dans les rues de Paris, ce 23 mars.
Notre redoudable ennemi, le capital s'appuyait sur le plan du commissaire européen socialiste Davignon, déjà se formait le consensus CFDT/CNPF, patronat/syndicat réformiste.
Le 23 mars nous sommes partis en bus, il n'y en avait plus un de libre dans la région, les Denain ouvraient la marche et les chtis débarquaient à saint Denis.
Les banderoles et les drapeaux étaient déployés, un long cortège, comme un serpent de mer qui se renforçait au passage des salariés de la Région Parisienne qui débrayaient et nourrisaient la bête.
Tout le monde en était, mères, femmes , poussettes, déterminés et la haine au coeur.
Le chiffon rouge éclatait de partout, accroche à ton coeur était repris à toutes voix, le courage en marche.
J'ai vécu ce jour là quelque que je n'avais jamais vu, des grèves j'avais fait, des manifs encore plus mais là tout une population...c'était incroyable, incroyable.

Sur un boulevard les sidérugistes lorrains passaient, sur l'autre en parrallèle, les chtis avançaient et les deux cortèges qui n'en faisaient qu'un se  saluaient à chaque rue traversière.

Une escouade de CRS, bloquée dans une de ces rues s'était mise en position de combat et René, notre curé Cgt était aller leur dire: "devant c'est Longwy, derrière c'est Denain" "vous tenez à rester là ?!" et tous les casques à boulons étaient rentrés sagement dans leurs fourgons, la revanche serait pour plus tard.

Plus tard cela prendra la forme de pelleteuses avec des casqués derrière tirant les lacrymos sur tout ce qui se trouvait là, des charges violentes, un service d'ordre CGT qui tient debout, le métro est réouvert pour évacuer les manifestants et j'assisterai à une scène ubuesque d'une file d'élus communistes faisant la queue pour prendre leurs tickets pendant que l'on aidait les autres à sauter les tourniquets.
Je venais de faire mon service à Paris avec un camarade de la JC, Denis, alors on est remonté du métro, les manifs parisiennes on connaissait,pour reprendre notre place au service d'ordre, reculer le plus lentement possible pour évacuer encore et encore, lorsque nous nous sommes engouffrés dans le métro les lacrymos roulaient dans les escaliers, intenable !
Et puis il y eut cette sortie mémorable, la foule jaillissait des trous noirs et les banderoles se redéployaient, les drapeaux reprenaient leurs couleurs et comme cette journée n'était pas banale bien qu'elle soit commune, nous avions devant nos yeux ébahis une caserne de CRS vidée de sa substance et pour cause.
Les plus déterminés voulaient attaquer la caserne, je vous jure, et puis cela en est resté à l'idée, replis vers les cars, les yeux rouges, la colère toujours au coeur.

Je ne me souviens pas d'un combat de classe d'une telle intensité où alors si la défense de Radio Quinquin.
C'était un peuple, le peuple de gauche, celui qui se lève quand il se sent la force d'y aller, il l'a encore montré pour les retraites, contre la Constitution Giscard, cet homme qui appliquait le plan Davignon.

Si je vous remue les souvenirs ce soir, c'est parce que mes camarades lorrains sont divisés, ils eurent certains d'entre eux pour composer sur la casse de la sidérurgie, leurs descendants aujourd'hui composent et dès le premier tour des Régionales avec le Parti de Davignon, le Parti Socialiste.
D'autres ont créé le Front Lorrain de Gauche avec d'autres socialistes, un peu moins socialistes sans doute, et ceux là quoique l'on m'en dise me séduisent.
J'ignore les raisons de ce camarade qui prétend que voter socialiste au premier tour c'est cela le vote communiste, j'ignore ce qui le motive, je ne comprends pas, ce que je sais tiens en quelques mots. Celui ou celle qui a connu et combattu le plan Davignon, celui ou celle qui sait méditer cette phrase de Georges Marchais: "si on te trompe une fois méfie toi, si on te trompe une seconde fois méfie toi encore plus, si on te trompe une troisième fois c'est que tu l'a bien voulu", ceux là ils étaient vrais, sincères.
Je ne peut penser  qu'au nom de je ne sais quel idée l'on puisse rejeter tout idéal, que l'on ait à ce point l'aveuglement pour compagnon de route, que l'on oublie les nôtres jetés comme des chiens au chômage.

Je ne suis pas lorrain , je suis un chti à Paris mais je reverrai toujours les Longwy et les Denain, ensemble, tous ensemble alors bonne route camarades du Front Lorrain de Gauche.

AG94


Edition mars 2007 Livre DVD Le dos au mur




Présentation et bon de commande

LE LIVRE

Signé par Tangui Perron, historien du cinéma militant et du mouvement ouvrier, l’ouvrage dresse un panorama du cinéma militant dans les années 70, et évoque l’itinéraire de Jean-Pierre Thorn qui entra à cette époque à la fois en cinéma et en politique. Il mêle dans un aller-retour incessant histoire sociale et analyse cinéphilique.
Tangui Perron rappelle l’environnement industriel et ouvrier de Saint-Ouen, la place de l’usine Alsthom dans la ville, et décrit les principales étapes de la grève de 1979. Surtout il évoque comment Jean-Pierre Thorn a su construire avec Le Dos au mur, un film tout à la fois personnel et collectif. Richement illustré – en particuliers de photographies signées Chris Marker –, l’ouvrage réunit les contributions de plusieurs historiens et sociologues parmi lesquels Nicolas Hatzfeld et Michel Pigenet.

LE FILM

Cinéaste et militant, Jean-Pierre Thorn renonce au cinéma après 68 pour entrer à l’usine Alsthom de Saint-Ouen, comme ouvrier spécialisé. En 79, redevenu cinéaste, il revient dans l’usine qu’il a quittée un an plutôt pour filmer la grève et l’occupation. «Le Dos au mur, écrit Jean-Pierre Thorn lors de sa sortie en salles en mai 81, c’est avant tout cela : l’aboutissement d’une double expérience à la fois ouvrière et cinématographique.»
Plus qu’un manifeste, Le Dos au mur est surtout une œuvre cinématographique subtilement conçue, un grand film documentaire sur une lutte ouvrièrequi apparaît aujourd’hui comme un formidable document sur la fin des années 70 et ce qu’elles portèrent comme utopies, conquêtes et désillusions.


« Un film qui compte dans l’histoire du cinéma militant et, plus largement, documentaire »
Le Monde, 1981
« Dépasser l’événement brut pour tendre vers l’épique disait Jean-Pierre Thorn. Mission accomplie. »
Le Nouvel observateur, 1981

LA COLLECTION

La collection histoire d’un film, mémoire d’une lutte revisite notre histoire sociale contemporaine et son expression cinématographique. Chaque titre de la collection réuni un documentaire de création tourné à la faveur d’un mouvement social et un livre qui inscrit la lutte, mais aussi le film, dans le contexte politique, historique et cinéphilique de l’époque. Dans le même esprit, des bonus et une importante iconographie viennent enrichir les deux faces de l’ouvrage.
La Collection histoire d’un film, mémoire d’une lutte est éditée par les Éditions Scope et Périphérie, centre de création documentaire
Si, en décembre 1978, l’annonce de la suppression de plus de 20 000 emplois de sidérurgistes, dont 6500 rien qu’à Longwy, est perçue par les travailleurs et les populations concernées comme un véritable coup de tonnerre, celui-ci n’éclate pas dans un ciel serein. Entre août 1978 et août 1979, le chômage augment de 11% pour atteindre le chiffre inégalé de 1,735 millions de chômeurs dans toute la France [1]. Des pans entiers de l’industrie (souvent bastion du syndicalisme) sont victimes de plans de restructurations : machine-outil et métallurgie, textile-habillement, bâtiment, Livre et imprimerie… Entre 1971 et 1975, 21 hauts-fourneaux ont déjà été supprimés ; de 1966 à 1977, la sidérurgie et ses activités annexes a déjà perdu 46 000 emplois. En 1977, la production est inférieure à celle de 1969. Alors que la France produisait en 1953 plus d’acier qu’elle n’en utilisait, elle accuse en 1977 un important déficit… Ces spectaculaires suppressions d’emploi s’inscrivent également dans le plan Davignon qui, pensé à Bruxelles pour l’Europe de la CEE, prévoit la restructuration de la sidérurgie à l’échelle du continent – au détriment de la Franc et au relatif bénéfice de l’Allemagne occidentale (RFA).

    Les principaux bassins touchés sont ceux de la Lorraine, du Nord-Pas-de-Calais et de la Loire. D’autres sites sidérurgiques, souvent moins importants, sont également touchés ou menacés de disparition : ceux des Ardennes, de la Normandie, du Centre, de Savoie et du Midi. Les mineurs de fer ont déjà vu leur effectif chuter de 24 000 unités en 1961 à 5875 en 1978 et une nouvelle saignée de 1500 postes est prévue pour l’année 1979. C’est dire l’émotion qui s’empare des populations, en Lorraine en particulier, cette région étant le plus grand bassin dont l’essentiel de l’activité économique repose sur la sidérurgie et les mines de fer. Des vies entières, consacrées essentiellement à un travail harassant et dangereux (mais qualifié et créateur), sont rayées de la carte, comme si elle n’avait plus de valeur. Ces sacrifices ont pourtant assuré la fortune des « maîtres des Forges », des de Wendel en particulier (avec l’appui et les commandes de l’Etat), au point que ces patrons souvent autoritaires et paternalistes se sont taillés la part du lion au sein des organismes patronaux (CNPF puis Medef), via la fameuse, opaque et puissante UIMM (Union des industries minières et métallurgiques). Ces activités industrielles et ces vies de travail, enfin, ont façonné la physionomie de régions entières, parfois depuis le début du XVIIIème siècle. La population ouvrière qui compte beaucoup de travailleurs immigrés (souvent italiens) va alors exprimer sa détermination et sa colère. La CGT et le PCF, où œuvrent un nombre assez important de militants formés par l’Action ouvrière chrétienne, sont de loin les premières organisations ouvrières.

    80 000 personnes défilent de manière unitaire et pacifique le 14 janvier à Metz. Sans résultats.  Fin janvier, la police libère un directeur que ses ouvriers avaient retenu ; le commissariat de Longwy subit sa première attaque. Durant tout le mois de février, un climat de grèves et d’agitation va régner dans la région tandis qu’une grève nationale de la sidérurgie est bien suivie le 16 février (au niveau régional la grève est générale). Des militants et structures de la CFDT entrent en dissidence avec leur confédération qui ne souhaite pas l’extension d’un conflit dont le retentissement dépasse les frontières hexagonales, alors que les militants d’extrême gauche espèrent une radicalisation ouvrière. Il est vrai que le syndicat dirigé par Edmond Maire est déjà en pleine phase de recentrage – recentrage qui sera validé par le congrès de Brest, en mai 1979.

La CGT lance alors l’idée d’une « marche » sur Paris, le 23 mars 1979. Elle reçoit l’appui du PCF, du PS et du PSU, des enseignants de la FEN et de la JOC. « La marche pour la vie », comme la nomme Henri Krasucki, alors secrétaire confédéral, est méthodiquement et rigoureusement préparée par la confédération qui finance pour l’occasion une radio « pirate», Radio Lorraine Cœur d’acier, radio qui connaîtra un grand succès (et une fin douloureuse). Une équipe de grévistes de la SFP est aussi chargée de filmer l’événement. La confédération dirigée par Georges Séguy souhaite également – ce sera un point de désaccord avec la CFDT – que cette mobilisation soit non seulement celle de tous les sidérurgistes mais aussi celles des populations concernées et des travailleurs de la région parisienne, aussi touchés par des plans de licenciements. 15 000 affiches sont accolées en région parisienne à cet effet et 1, 2 millions de tracts distribués. 130 cars quittent la Lorraine et cinq trains spéciaux le Nord-Pas-de-Calais pour participer à la Marche. Près d’un millier de cars en tout va se diriger vers Paris et sa région. La région du nord va même manquer de bus pour acheminer tous les manifestants. Environ 80 000 personnes vont ainsi affluer d’une large moitié de la France, accueillies par au moins autant de Parisiens. L’aspect « marche » de cette manifestation – qui s’inspire des « marches de la faim » organisées par la CGTU et le parti communiste au début des années trente -  détermine l’organisation de la démonstration. Cinq villes de banlieue (alors toutes communistes) accueillent ainsi les cortèges venus du Nord, de l’Est, du Centre et du Sud de la France, avant que les manifestants quittent Saint-Ouen, Saint-Denis, Pantin, Montreuil (Seine-saint-Denis) et Ivry (Val-de-marne) pour rejoindre à pied la capitale et défiler, normalement, de République à Opéra. Dans les villes précitées, l’accueil est chaleureux et l’ambiance populaire et bon enfant. Les militants qui proposent l’Humanité ou la Vie ouvrière côtoient les vendeurs de sandwichs. Les airs du Petit Quinquin et de l’Internationale se mêlent aux chansons de Jean Ferrat, Mike Brant ou Claude François. Le Chiffon rouge de Michel Fugain, s’impose comme le véritable hymne de la marche ; tout juste créé au Havre, il entre dès lors au sein du panthéon syndical. Le matin de la marche, plus d’une centaine de syndicalistes occupent pacifiquement les tours de Notre Dame de Paris et y déploient une énorme banderole («CGT. Solidarité Longwy»). Dans la manifestation, la délégation allemande des syndicalistes d’IG Metal est chaleureusement accueillie. Du point de vue de l’organisation (supervisée par Henri Krasucki) et de l’affluence, la Marche du 23 mars 1979 est un succès incontestable.


couverture de Paris-Match 6 avril 1979

Cependant, au lendemain du 23 mars, la plupart des médias ne retiennent que les violences et affrontements qui ont éclaté au centre de Paris. Et nombre de manifestants, contraints d’écourter le défilé et de remonter tant bien que mal dans leurs bus (certains découvrent pour la première fois la capitale), garderont un sentiment amer. « 54 boutiques cassées » titre France-Soir avec une « photo choc » – et le quotidien précise en outre que 121 vitrines ont été brisées et que les forces de l’ordre compte 116 blessés. Paris-Match choisit aussi en couverture une photo choc (deux voitures en proie aux flammes devant la gare de l’Est) et titre : « Casseurs. Nos photographes au cœur de la bataille de Paris». Le Parisien libéré qui barre sa une d’un énorme « Assez ! » franchit encore un palier et dresse ainsi le bilan de la Marche : « Blessés par centaines, pillages, vitrines brisées, barricades, voiture incendiés». «Après la manifestation pacifique des métallurgistes, ajoute le quotidien de droite, les autonomes déclenchent l’émeute au cœur de Paris». Ce traitement alarmiste et sécuritaire ne dû guère déplaire au RPR qui réunissait alors ses assises et entendait reprendre le pouvoir aux giscardiens. Lors des législatives de 1978, le parti de Jacques Chirac s’était déjà emparé du thème, avec un certain succès, de la «sécurité». (Le 23 mars 1979 se situe également avant le second tour des élections cantonales – favorables à la gauche- et chaque parti politique à en tête les prochaines présidentielles…).

Mais qui sont ces « autonomes » et autres « casseurs » ? Plusieurs petits groupes réunissant lors de la manifestation environ 300 personnes, ce qui est peu. Celles-ci sont toutefois très déterminées et bien organisées (des armes tels des cocktails Molotov, des triques et des barres de fer ont été préalablement déposées dans des baraques de chantier, les consignes de la gare de l’Est ou des camionnettes de location). Idéologiquement, l’ensemble n’est pas homogène ; il regroupe des militants anarchistes entendant s’en prendre directement aux symboles du Capital et de l’Etat (et du commerce) – certains vivent dans des squats du nord-est parisien - ; d’autres viennent de groupuscules maoïstes, alors en phase de déclin et de radicalisation. Tous ont observé avec soin l’exaspération ouvrière à Longwy et entendent bien l’importer et la décupler à Paris. Il est vrai que le climat est propice à des actes de violences, tant les sidérurgistes paraissent exaspérés, angoissés et, pour certains, résolus à en découdre. Si l’on ne peut douter de la sincérité de beaucoup de ces autonomes (nous ne parlons pas de la pertinence de leurs actions…), il est toutefois indéniable que ce type de groupes est aussi le lieu idéal pour toutes sortes de manipulations et de provocations. Et la police ne s’en priva pas.

Le puissant et parfois redouté service d’ordre de la CGT (pas encore centralisé à l’époque mais bénéficiant pour l’occasion de 3900 militants de la banlieue et de Paris) s’empara même d’un curieux casseur, Gérard Le Xuan, qui portait sur lui son arme de service, son brassard et sa carte de police ! On observa aussi de surprenants manèges où certains autonomes semblaient sortir des rangs de la police – ils les côtoyaient en tout cas sans encombre – et purent agir assez longtemps place de l’Opéra devant des forces de l’ordre en nombre mais impassibles. Le S.O de la CGT s’interposa même entre les casseurs et les CRS (ou entre les manifestants et les CRS) et sauva aussi quelques CRS du lynchage ou, en tout cas, d’un sérieux tabassage. Les forces de l’ordre (regroupant en tout près de 7000 personnes) ne restèrent pas toutefois tout le temps inactives. Cependant, quand la police procède à des interpellations, celles-ci sont brutales et très souvent arbitraires, comme si elle voulait prouver a posteriori son efficacité et sa fermeté (au prix de quelques bavures). Ainsi, c’est un cas parmi d’autres, Miguel Moser, lycéen totalement étranger aux incidents (et même à la manifestation), après une procédure expresse et bâclée, est envoyé en prison pour trois mois [2]. C’est donc en centre de pénitentiaire, parmi des prisonniers souvent condamnés à de lourdes peine, qu’il passe le baccalauréat…

Les révélations de la CGT sur les origines des troubles ne durent guère combler d’aise le pouvoir ou certaines officines - à l’instar du ministre de l’Intérieur, Christian Bonnet, qui eut du mal à cacher à la télévision sa gêne puis sa colère contre la confédération. Début mai, le véhicule d’un des principaux responsables du service d’ordre de la CGT, Maurice Lourdez (syndicaliste du Livre), est plastiquée devant son domicile par « Honneur de la Police », un groupe clandestin d’extrême droite qui a, entre autres, à son triste tableau de chasse, l’assassinat de Pierre Goldman. Giscard d’Estaing, le président de la République, donne à cette époque «des instructions pour refuser désormais les manifestations dans les centres des villes dès lors que celles-ci ne présenteront pas des garanties absolues de sécurité». Le giscardisme s’achève ainsi dans les eaux glauques de la barbouzerie et des coups fourrés, avec des menaces sérieuses sur les libertés publiques.

Quelles sont les suites de la mobilisation ? Après cinq mois de luttes intenses et plusieurs concessions obtenues (pré retraites, compensations salariales, école de formation…), la population lorraine marque le pas et se résout à un certain attentisme. Il est vrai que François Mitterrand, alors candidat socialiste à la présidence, avait promis qu’une fois élu, il reviendrait sur ses fermetures. Par ailleurs, on le saura plus tard, après le 40e congrès de la confédération tenu à Grenoble du 26 novembre au 1er décembre 1978, la direction de la CGT est en proie à une grave crise interne (elle subit alors, entre autres, le contrecoup de la rupture entre le PCF et le PS) [3]. 1981 arrive donc ; le climat de violence utilisé et parfois suscité par la droite et une partie de la presse baisse grandement. De nombreux syndicalistes bénéficient de l’amnistie présidentielle. La CGT obtient de plus du Ministère de l’Intérieur une enquête administrative sur les origines des débordements du 23 mars 1979, mais celle-ci se borne surtout à pointer les nombreuses carences, rivalités et erreurs stratégiques au sein de la police et de la gendarmerie. La politique de casse industrielle, surtout à partir de 1983-1984, continua à semer un champ de ruines et de chômage. Et ceci n’est pas une autre histoire.

    Tangui Perron
    
[1] M. Pigenet, «Les relations CGT-CFDT en 1979 : l’unité ou comment s’en débarrasser», in  Histoire d’un film, mémoire d’une lutte n°1 (livre-dvd sous la direction de Tangui Perron autour du film Le  dos au mur de Jean-Pierre Thorn, Périphérie et Scope édition, 2007).
[2] Témoignage de Miguel Moser aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, lors de la table ronde « Histoire d’un film, mémoire d’une lutte : la manifestation du 23 mars 1979 à Paris», 19 janvier 2006.
[3] M. Pigenet, op. cit..
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