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La Charge de la cavalerie rouge (Скачет красная конница)  par Kasimir Malevitch 
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A mon parti



 Tu m'as donné la fraternité envers celui que je ne connais pas.
Tu as ajouté à mon corps la force de tous ceux qui vivent.
Tu m'as redonné la patrie comme par une autre naissance
Tu m'as donné la liberté que ne possède pas le solitaire.
Tu m'as appris à allumer, co
 mme un feu, la bonté.
Tu m'as donné la rectitude qu'il faut à l'arbre.
Tu m'as appris à voir l'unité et la variété de l'homme.
Tu m'as montré comment la douleur de l'individu  meurt avec la victoire de tous.
Tu m'as appris à dormir dans les durs lits de mes frères.
Tu m'as fait bâtir sur la réalité comme on construit sur une roche.
Tu m'as fait l'adversaire du méchant, tu m'as fait mur contre le frénétique.
Tu m'as fait voir la clarté du monde et la possibilité de la joie.
Tu m'as rendu indestructible car grâce à toi je ne finis plus avec moi.


Canto General 
Pablo Néruda

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 22:50

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KARL MARX

par Vladimir Illitch Oulianov

1914


Karl Marx naquit le 5 mai 1818 à Trèves (Prusse rhénane). Son père, un avocat israélite, se convertit en 1824 au protestantisme. Aisée et cultivée, sa famille n'était pas révolutionnaire. Après avoir terminé le Lycée de Trèves, Marx entra à l'Université de Bonn, puis à celle de Berlin; il y étudia le droit, mais surtout l'histoire et la philosophie. En 1841, il achevait ses études en soutenant une thèse de doctorat sur la philosophie d'Epicure. A cette époque, ses conceptions faisaient encore de Marx un idéaliste hégélien. A Berlin, il fit partie du cercle des «hégéliens de gauche» (comprenant, entre autres, Bruno Bauer), qui cherchaient à tirer de la philosophie de Hegel des conclusions athées et révolutionnaires.


A sa sortie de l'université, Marx se fixa à Bonn, où il comptait devenir professeur. Mais la politique réactionnaire d'un gouvernement qui avait retiré sa chaire à Ludwig Feuerbach en 1832 lui avait de nouveau refusé l'accès à l'université en 1836 et, en 1841, avait interdit au jeune professeur Bruno Bauer de donner des conférences à Bonn, obligea Marx à renoncer à une carrière universitaire. A cette époque, le développement des idées de l'hégélianisme de gauche faisait de très rapides progrès en Allemagne. Ludwig Feuerbach commence, surtout à partir de 1836, à critiquer la théologie et à s'orienter vers le matérialisme qui, en 1841, l'emporte chez lui entièrement (Essence du christianisme); en 1843 paraissent ses Principes de la philosophie de l'avenir. «Il faut avoir éprouvé soi-même l'action libératrice» de ces livres, écrivait plus tard Engels à propos de ces ouvrages de Feuerbach. « ... nous [c'est-à-dire les hégéliens de gauche, Marx y compris] fûmes tous d'emblée des <feuerbachiens> ».
A cette époque, les bourgeois radicaux de Rhénanie, qui avaient certains points de contact avec les hégéliens de gauche, fondèrent à Cologne un journal d'opposition, la Gazette rhénane (qui parut à partir du 1er janvier 1842). Marx et Bruno Bauer y furent engagés comme principaux collaborateurs et, en octobre 1842, Marx en devint le rédacteur en chef; il quitta alors Bonn pour Cologne. Sous la direction de Marx, la tendance démocratique révolutionnaire du journal s'affirma de plus en plus, et le gouvernement, après avoir soumis le journal à une double et même triple censure, décida ensuite, le 1er avril 1843, de le suspendre complètement. A cette date, Marx se vit obligé de quitter son poste de rédacteur, mais son départ ne sauva pas le journal, qui fut interdit en mars 1843. Au nombre des articles les plus importants que Marx publia dans la Gazette rhénane, en plus de ceux qui sont indiqués plus loin (voir Bibliographie), Engels cite un article sur la situation des vignerons de la vallée de la Moselle. Son activité de journaliste avait montré à Marx que ses connaissances en économie politique étaient insuffisantes, aussi se mit-il à étudier cette discipline avec ardeur.


En 1843, Marx épousa à Kreuznach Jenny von Westphalen, une amie d'enfance, à laquelle il s'était fiancé alors qu'il poursuivait encore ses études. Sa femme était issue d'une famille aristocratique réactionnaire de Prusse. Le frère aîné de Jenny von Westphalen fut ministre de l'Intérieur en Prusse à l'une des époques les plus réactionnaires: 1850-1858. A l'automne 1843, Marx se rendit à Paris pour éditer à l'étranger une revue radicale avec Arnold Ruge (1802-1880; hégélien de gauche, emprisonné de 1825 à 1830 et émigré après 1848; bismarckien après 1866-1870). Seul parut le premier fascicule de cette revue intitulée les Annales franco-allemandes dont la publication s'arrêta par suite des difficultés de diffusion clandestine en Allemagne et de divergences avec Ruge. Dans ses articles publiés par cette revue, Marx nous apparaît déjà comme un révolutionnaire qui proclame «la critique implacable de tout ce qui existe» et en particulier la «critique des armes», et fait appel aux masses et au prolétariat.

En septembre 1844, Friedrich Engels vint à Paris pour quelques jours, et devint dès lors l'ami le plus intime de Marx. Tous deux prirent part à la vie intense qui était à l'époque celle des groupes révolutionnaires de Paris (particulièrement importante était alors la doctrine de Proudhon, à qui Marx régla catégoriquement son compte dans Misère de la philosophie, parue en 1847) et, combattant avec âpreté les diverses doctrines du socialisme petit-bourgeois, ils élaborèrent la théorie et la tactique du socialisme prolétarien révolutionnaire, ou communisme (marxisme). Voir plus loin (Bibliographie) les oeuvres de Marx à cette époque, 1844-1848. En 1845, sur la requête du gouvernement prussien, Marx fut expulsé de Paris comme révolutionnaire dangereux. Il s'installa à Bruxelles. Au printemps 1847, Marx et Engels s'affilièrent à une société secrète, la «Ligue des communistes», et jouèrent un rôle de premier plan au IIe Congrès de cette Ligue (Londres, novembre 1847).
A la demande du Congrès, ils rédigèrent le célèbre Manifeste du Parti communiste, publié en février 1848. Cet ouvrage expose avec une clarté et une vigueur remarquables la nouvelle conception du monde, le matérialisme conséquent étendu à la vie sociale, la dialectique, science la plus vaste et la plus profonde de l'évolution, la théorie de la lutte des classes et du rôle révolutionnaire dévolu dans l'histoire mondiale au prolétariat, créateur d'une société nouvelle, la société communiste.

Lorsque éclata la Révolution de Février 1848, Marx fut expulsé de Belgique. Il revint à Paris qu'il quitta après la Révolution de Mars, pour retourner en Allemagne et se fixer à Cologne. C'est là que parut, du 1er juin 1848 au 19 mai 1849, la Nouvelle Gazette rhénane dont Marx fut rédacteur en chef. La théorie nouvelle se trouva brillamment confirmée par le cours des événements révolutionnaires de 1848-1849, et ensuite par tous les mouvements prolétariens et démocratiques dans tous les pays du monde. La contre-révolution victorieuse traduisit Marx en justice (il fut acquitté le 9 février 1849), puis l'expulsa d'Allemagne (le 16 mai 1849). Il se rendit d'abord à Paris, d'où il fut également expulsé après la manifestation du 13 juin 1849, puis à Londres, où il vécut jusqu'à la fin de ses jours.

Les conditions de cette vie d'émigré étaient extrêmement pénibles, comme le révèle clairement la correspondance entre Marx et Engels (éditée en 1913). Marx et sa famille étaient écrasés par la misère; sans l'appui financier constant et dévoué d'Engels, non seulement Marx n'aurait pu achever Le Capital, mais il aurait même fatalement succombé à la misère. En outre, les doctrines et les courants prédominants du socialisme petit-bourgeois, du socialisme non prolétarien en général, obligeaient Marx à mener en permanence une lutte implacable, à parer parfois les attaques personnelles les plus furieuses et les plus odieuses (Herr Vogt). Se tenant à l'écart des cercles d'émigrés, Marx élabora dans une série de travaux historiques (voir Bibliographie) sa théorie matérialiste, en s'appliquant surtout à l'étude de l'économie politique. Il révolutionna cette science (voir plus loin la doctrine de Marx) dans ses ouvrages Contribution à la critique de l'économie politique (1859) et Le Capital (livre I, 1867).

La recrudescence des mouvements démocratiques, à la fin des années 50 et dans les années 60, amena Marx à reprendre une activité pratique. En 1864 (le 28 septembre) fut fondée à Londres la célèbre Ire Internationale, l'«Association internationale des Travailleurs». Marx en était l'âme; il est également l'auteur de sa première «Adresse» et d'un grand nombre de résolutions, de déclarations et de manifestes. En unissant le mouvement ouvrier des divers pays, en cherchant à orienter dans la voie d'une activité commune les différentes formes du socialisme non prolétarien, prémarxiste (Mazzini, Proudhon, Bakounine, le trade-unionisme libéral anglais, les oscillations vers la droite des lassalliens en Allemagne, etc.), en combattant les théories de toutes ces sectes et écoles, Marx forgea une tactique unique pour la lutte prolétarienne de la classe ouvrière dans les divers pays.
Après la chute de la Commune de Paris (1871), dont il donna une appréciation révolutionnaire si profonde, si juste, si brillante et si efficace (La Guerre civile en France, 1871), et à la suite de la scission de l'Internationale provoquée par les bakouninistes, il fut impossible à cette dernière de subsister en Europe. Après le Congrès de l'Internationale à La Haye (1872), Marx fit accepter le transfert du Conseil général de l'Internationale à New York. La Ire Internationale avait accompli sa mission historique et cédait la place à une époque de croissance infiniment plus considérable du mouvement ouvrier dans tous les pays, caractérisée par son développement en extension, par la formation de partis socialistes ouvriers de masse dans le cadre des divers Etats nationaux.

Son activité intense dans l'Internationale et ses travaux théoriques qui exigeaient des efforts plus intenses encore ébranlèrent définitivement la santé de Marx. Il continua à renouveler l'économie politique et à rédiger Le Capital, en rassemblant une foule de documents nouveaux et en étudiant plusieurs langues (le russe par exemple), mais la maladie l'empêcha de terminer Le Capital.
Le 2 décembre 1881, sa femme mourut. Le 14 mars 1883, Marx s'endormit paisiblement, dans son fauteuil, du dernier sommeil. Il fut enterré avec sa femme au cimetière de Highgate, à Londres. Plusieurs enfants de Marx moururent tout jeunes, à Londres, alors que la famille souffrait d'une grande misère. Ses trois filles épousèrent des socialistes d'Angleterre et de France; ce sont: Eléonore Eveling, Laura Lafargue et Jenny Longuet, dont le fils est membre du Parti socialiste français.
LENINE 1914
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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 22:45

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Albert CLAVIER est décédé. Notre tristesse est immense.

 

Ses obsèques ont au lieu ce 14 mars 2011.

Dominique Negri, secrétaire de la section du PCF de Saint-Martin d’Hères, dont il était adhérent, membre du Conseil national du PCF, a apporté notre salut fraternel et notre peine partagée, celles des communistes sincères et fidèles à leurs idéaux, qui mènent le combat révolutionnaire dans le Parti communiste français, à sa fille et à toute sa famille, notre témoignage de reconnaissance à toute son action politique communiste.

Les qualités humaines d’Albert étaient immenses. Tous ceux qui l’ont approché pourraient en témoigner.

  Sa conviction de communiste ne s’est jamais démentie à travers le siècle entre la campagne iséroise, l’Indochine, dans les rangs du Vietnam libre, puis de retour en Europe, en Hongrie et en France.

  Sa trajectoire l’a amené, dans les circonstances de la guerre d’Indochine, à rejoindre, par un choix raisonné, le Vietminh et à jouer un rôle dans la guerre de libération nationale, tout en restant fidèle à son propre pays.

Cette histoire en a fait un acteur et un témoin privilégié des premières années de la construction du socialisme au Vietnam, un intermédiaire entre les communistes français et vietnamiens.

Dans les aléas de la guerre, Albert avait même appris la langue vietnamienne.

  Il n’a jamais délaissé ses convictions, habité d’un sentiment de classe permanent.

De retour en France, après bien des péripéties encore, il a défendu, dans les rangs du PCF, auquel il avait adhéré là-bas, adhésion reconnue par le Comité central, une position fondamentalement communiste, l’amenant à condamner, sans équivoque, les entreprises de dilution et de liquidation récentes de notre parti.

  Au 33ème congrès du PCF, en 2006, il avait accepté de joindre son nom à la liste alternative pour le Conseil national, au grand dam des relais départementaux et nationaux de la stratégie de la liquidation du Parti. 

  Mais ce que nous retenons de lui avant tout aujourd’hui c’est sa sagesse et son intelligence qui, jamais, ne l’ont retenu dans son engagement et son courage.

 

Fraternité éternelle !



La seconde patrie d’un républicain sincère qui combattit pour libérer le Vietnam

De l’Indochine coloniale au Vietnam libre. Je ne regrette rien,

d’Albert Clavier, Éditions Les Indes Savantes, 2008, 208 pages, 23 euros.

 

a-copie-3.pngVoilà un parcours clairement décrit… et fièrement revendiqué ! Albert Clavier a lié sa vie (au point, parfois, souvent, de la risquer) au combat du peuple vietnamien, il y a plus d’un demi-siècle. Jeune, à dix-huit ans, il s’engage, en 1945, dans l’armée, sans trop, à vrai dire y avoir réfléchi. 1945 : fin d’une guerre, celle menée victorieusement contre le nazisme ; mais aussi début d’une autre, que le colonialisme français va imposer aux peuples d’Indochine. Et, très vite, notre soldat bien peu motivé va comprendre que ce conflit-là n’est pas le sien. Contrairement à bien d’autres, il s’interroge, il cherche à comprendre le Vietnam, il ouvre le dialogue avec des gens du peuple. Au point de commettre des imprudences : la sûreté risque de le repérer. En décembre 1949, il rejoint les rangs de l’armée populaire. « Déserteur » ? L’auteur préfère mettre des guillemets : « Je ne trahis pas mon pays, ma patrie. Je l’aime et je suis fidèle à ses idéaux, liberté, égalité, fraternité, en soutenant la lutte de libération d’un peuple. » Commence alors une partie de sa vie dont le récit, pour le lecteur, pour l’historien, est la plus captivante. Car ce témoin partage tous les combats, toutes les aspirations des maquisards, mais aussi toutes leurs souffrances, leur vie rudimentaire. Albert Clavier décrit remarquablement bien le climat politique qui régnait alors dans les rangs du viêt-minh : confiance en la victoire, fraternité vraie, égalité, parfois égalitarisme, entre les hommes. Sans masquer cependant la méfiance, çà et là, de la part de cadres hostiles, voyant des traîtres partout. Le livre montre également la montée en puissance de la lutte, passant de la guérilla à l’organisation d’unités aguerries, jusqu’à l’assaut final de Dien Bien Phu. L’auteur précise d’ailleurs qu’il s’est toujours refusé à participer aux combats - et, d’ailleurs, les Vietnamiens n’avaient ni le besoin, ni la volonté de le lui demander -, ne voulant en aucun cas tirer sur ses compatriotes. Que faire alors ? Il participe à la propagande en direction des soldats du corps expéditionnaire, notamment en étant l’un des voix françaises de la radio.

Puis, après Diên Biên Phu et l’arrivée à Hanoi commencent dix années tout aussi intéressantes, mais bien moins exaltantes. C’est alors le quotidien d’un socialisme en construction que Clavier nous décrit. Avec, là encore, une sincérité qui ne cache rien. L’épisode de la maoïsation du Parti vietnamien, qui aboutit à des méfiances détestables, est par exemple décrit. Saluons au passage le portrait de Duong Bac Mai, un grand militant justement réhabilité, victime de cette maoïsation. Albert Clavier, qui ne peut supporter cette évolution, est isolé. En 1963, dépité, il quitte cette terre du Vietnam où il vient de passer ses meilleures années. Le reste n’est pas moins intéressant, mais sans conteste moins spectaculaire : une permanence au siège de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, à Budapest, un travail particulier, à Interagra, dans les affaires avec le monde socialiste d’alors. C’est pourtant, encore et toujours, au Vietnam que sont consacrées les dernières pages du livre. Malgré les cicatrices du passé, malgré les incertitudes du présent (le maoïsme égalitariste est bien loin…), Albert Clavier observe sa seconde patrie et écrit : « Je ne regrette rien. »

(*) Dernier ouvrage publié : Cambodge An 01, Les Indes savantes 2008.

Alain Ruscio, historien (*)

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 20:35

NonAuxExpulsions 2011 m

Le PCF demande un moratoire immédiat sur les expulsions locatives

 

Le mardi 15 mars marque la fin de la trêve hivernale. De nombreuses familles vont devoir vivre à nouveau sous la menace d’une expulsion imminente, menée avec le concours de la force publique et au mépris des droits fondamentaux et de la dignité humaine. La reprise des expulsions locatives risque de renvoyer des milliers de personnes à la rue à l’heure où l’on compte plus de 3,5 millions de mal-logés en France.

 

La pratique des expulsions locatives, condamnée par l’ONU comme une violation des Droits de l’Homme, doit cesser immédiatement. Les expulsions constituent le déclencheur d’un processus qui mène des familles fragilisées à l’exclusion, dégradant leur situation dans tous les domaines de l’existence (éducation, santé, emploi, …).

 

Contre le maintien de ces pratiques intolérables, des député-es communistes, citoyens et du Parti de Gauche déposent aujourd’hui une proposition de loi interdisant les expulsions de personnes en difficultés sans solution de relogement. Des maires de plus en plus nombreux signent des arrêtés proclamant leur commune « territoire anti-expulsion ». Des parlementaires réclament la constitution d’une mission parlementaire sur le « coût social » des expulsions. Seul la création d’un service public ambitieux, capable d’agir contre la pénurie de logements et la cherté des loyers permettra de répondre à la crise du logement.

Catherine Peyge, responsable nationale du logement au PCF

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 22:09
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Les termes  écologie  et  communisme  ont, depuis près d’une trentaine d’années, paru relever d’univers idéologiques différents, avec des points d’affrontement souvent cultivés délibérément, surtout du côté écologiste. Paradoxalement, à la naissance des  mouvements écologistes français, au début des années 70, il n’en était pas ainsi.

Les  premiers combats environnementaux : pollutions de l’air en zones urbaines et pollutions industrielles des eaux (rivières, fleuves,  zones marines côtières) ont été souvent communs aux premiers militants écologistes et à un certain nombre de militants communistes, de sensibilité écologiste. Citons les luttes contre les pollutions industrielles du Rhône, animées au départ par Camille Vallin, maire de Givors, membre du Comité central du PCF. Cette lutte, victorieuse, débouchera ensuite sur la création du Mouvement national de lutte pour l’environnement  (MNLE) par des militants écologistes, membres ou proches du PCF, qui mènera au fil des ans un certain nombre de luttes1. Son influence s’est réduite ensuite pour des raisons sur lesquelles nous allons revenir.A l’époque, existait la possibilité d’un dialogue fécond et indispensable  entre deux volontés de changer le monde, l’une visant à changer les rapports de l’homme avec la nature, l’autre visant à remplacer la logique du profit par celle de la satisfaction des besoins humains essentiels, incluant ces nouveaux rapports avec la nature. La complémentarité entre ces deux volontés était évidente et le demeure aujourd’hui. Mais cette opportunité n’a pas été saisie.

Une opportunité manquée

Les militants communistes ont, à quelques exceptions près, cédé à leur péché historique habituel. A savoir, considérer que le combat essentiel était celui d’arracher le pouvoir au capital, les autres combats étant secondaires et facilement gagnés une fois le  capital battu (voir erreur similaire sur le féminisme dans la  période antérieure). En fait, tous les combats progressistes sont à mener de front, car ils se confortent les uns les autres. Ensuite, la réserve communiste s’est accrue au fil des positions politiques prises ensuite par le courant écologique dominant.Celui-ci a, en effet, dans notre pays, majoritairement décidé de se constituer en formations politiques briguant des sièges aux différentes élections (certains mouvements comme les Amis de la Terre  n’ont pas suivi ce chemin). Or, pour exister électoralement, il faut se situer sur l’échiquier politique et construire des repères idéologiques, via un certain nombre de thèmes. Ni droite, ni gauche, le premier avancé, a été basé à l’origine sur le raisonnement simpliste que capitalisme et socialisme à la soviétique ayant commis tous deux de graves atteintes à l’environnement, l’écologie devait se situer au dessus des choix politiques habituels (ce thème est encore exploité aujourd’hui). Dans la réalité, les autres thèmes identitaires avancés ensuite, à savoir la décroissance économique, l’anti-productivisme, le changement d’attitude individuel (manger bio, faire du vélo), une passion quasi-métaphysique contre le nucléaire civil, etc., sont marqués par un certain  européo-centrisme et par une sensibilité social-démocrate majoritaire  (avec une minorité de centre droit). En effet, les militants écologistes, sociologiquement, relèvent principalement d’un salariat qualifié (enseignants, cadres, intellectuels divers). Du même coup, le capitalisme n’est pas remis en question. Il s’agit de le réformer, non de le dépasser. Si le mouvement écologiste a joué un rôle très positif dans un recensement exhaustif de la multiplicité des atteintes à l’environnement, sa difficulté idéologique à percevoir le rôle décisif, structurel, d’une course infernale à des profits toujours plus élevés dans l’aggravation des gaspillages de ressources, des atteintes environnementales, l’a conduit à de sérieuses erreurs d’analyse et d’orientation, qui ne peuvent être toutes détaillées ici.

Écologie et couches populaires

Citons simplement l’inadéquation flagrante des préconisations écologistes à la situation réelle des couches populaires dans notre pays et, au-delà, à celle de la majorité misérable de la population planétaire. Les salariés mal payés, les précaires, chômeurs n’achètent pas de la nourriture bio, tout simplement parce qu’elle est plus chère. Pour le milliard d’êtres humains qui ont faim, le problème n’est pas de manger  bio, mais de manger tout court. Les trois milliards d’êtres humains qui vivent dans la misère (coût humain : au minimum 15 millions de morts/an, un énorme scandale) ont, eux, un impérieux besoin de croissance économique matérielle (systèmes éducatifs, de santé, infrastructures de transport, énergie, eau potable, assainissement, etc.). Si, dans notre pays, la priorité n’est pas effectivement de créer plus de richesses, mais de mieux les répartir, diminuer les richesses créées n’est pas un objectif écologiste.

Les contraintes de la durabilité

En effet, les contraintes réelles de la durabilité sont : - la minimisation des prélèvements sur les ressources naturelles épuisables, - la gestion la plus économe possible des ressources naturelles renouvelables et, - la réduction drastique des atteintes à l’environnement, toutes choses qui ne sont pas incompatibles avec un niveau stable de richesses créées, voire avec leur accroissement (part grandissante des activités productives immatérielles, produits à longue durée de vie, entièrement recyclables, etc.). L’anti-productivisme, lui, se réfère à une obsession de produire qui dans notre pays n’existe plus. L’activité matérielle de produire est de plus en plus sous-traitée ou délocalisée. L’obsession est plutôt de vendre, grâce au pilonnage publicitaire, à l’obsolescence artificielle des produits, pour accélérer les cycles de profits toujours plus élevés, voire d’abandonner les activités productives pour des activités financières encore plus rentables. Le danger réel actuel est à l’inverse du productivisme. Les déclins de l’investissement et de l’emploi industriels s’ils persistaient, aboutiraient à une incapacité française à faire face aux contraintes nationales et planétaires de la durabilité. Enfin,  l’électricité de notre pays, bon marché, est déjà décarbonée à 90 %, (pour l’essentiel grâce au nucléaire). C’est un atout, unique au niveau planétaire, pour affronter la contrainte très élevée de diminuer de 80 % les émissions de CO2 d’ici 2050. L’hostilité métaphysique au nucléaire civil n’a donc guère de sens. Plus grave, elle entrave, au niveau national et international, la vraie bataille de la sûreté nucléaire (sécurité des centrales et de la gestion des déchets) qui n’est plus une question technique (maîtrisée dans notre pays, comme le confirme le dernier Rapport parlementaire sur le sujet du 19/01/11), mais une lutte contre toute pénétration de la gestion capitaliste dans ce domaine sensible qui aboutirait fatalement à mettre en cause la dite sûreté. D’où la nécessité absolue d’une maîtrise publique, mais aussi de mécanismes internationaux de contrôle très stricts de la dite sûreté nucléaire, (opérant y compris en France), vu notamment la relance mondiale du nucléaire civil. Or, le courant écologiste français est pour l’instant totalement absent de ce nécessaire combat.Enfin, relever les défis planétaires urgents (crise énergétique-réchauffement climatique, misère de la moitié de l’humanité) va nécessiter, dès les toutes prochaines décennies, d’énormes investissements (de l’ordre de dizaines de milliers de milliards de $), si nous ne voulons pas que l’humanité sombre dans la barbarie ou disparaisse. Notre responsabilité collective vis-à-vis des générations futures est énorme à cet égard. Or, une majorité de ces  investissements ne sont pas « rentables » au sens capitaliste du terme et le capitalisme financier mondialisé refuse en fait de les assumer, comme il refuse aussi les prélèvements publics sur les richesses créées pour financer les dits investissements. Les diversions du « capitalisme vert » où des niches artificielles de rentabilité élevée sont créées à coup de subventions publiques (ex. éolien et photovoltaïque) servent à dissimuler cette réalité fondamentale.  

Dépasser le capitalisme, un impératif de survie.

Il y a eu dans la dernière période prise de conscience partielle de cette situation dans une fraction très minoritaire du courant écologiste, la conduisant à rejoindre le camp progressiste. Idem dans un mouvement comme ATTAC. Mais il faut  aller beaucoup plus loin,  engager un débat de fond sérieux, sans concessions, avec l’ensemble du courant écologique de gauche, avec toutes les forces de gauche, à ce sujet, dans la perspective de gagner une majorité de Français à ce combat. Le dépassement, national et planétaire, au cours des prochaines décennies, de la logique capitaliste de l’accumulation de profits privés au bénéfice de celle du « développement humain durable » (2), doit conjuguer satisfaction des besoins essentiels de tous les êtres humains, potentialités d’épanouissement individuel et respect des contraintes de la « durabilité » énumérées plus haut. Il doit donc marier problématiques écologiques et processus d’avancées, par étapes démocratiquement décidées, définies au fur et à mesure, vers une nouvelle société humaine, qualitativement supérieure, « communiste » au sens premier de ce terme. C’est un immense défi, mais combien exaltant à relever.

 

*Paul Sindic, est auteur du livre, Urgences planétaires, préfacé par F. Wurtz, Ed. Le Temps des Cerises qui traite de manière plus détaillée de divers thèmes abordés dans cet article.(1) Sur le plan de la lutte idéologique, voir l’ouvrage écrit à cette époque par un militant communiste, Luc Foulquier, Marxisme et environnement (sous le pseudonyme de Guy Biolat).(2) Ce concept nouveau est apparu pour la première fois dans les textes du 34e Congrès du PCF, en 2008, mais il est loin encore d’être le bien commun des militants communistes et encore moins des autres militants progressistes. Le concept de « développement durable », largement récupéré par l’idéologie capitaliste, domine toujours.

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 20:38

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http://pcf-paris15.over-blog.com/article-tarifs-du-gaz-5-20-en-un-an-profits-de-gdf-suez-4-6-milliards-d-euros-68599806.html

Gaz : encore 5% d’augmentation au 1er avril, après 15% en 2010 !


GDF-SUEZ : 4,6 milliards d’euros en 2010 dont 3,9 milliards pour les actionnaires !


C’est une provocation ! Exigeons l’annulation des augmentations de 2010 et 2011 et la renationalisation intégrale de GDF !

 

Des hausses insupportables !


Le gouvernement a annoncé une nouvelle hausse du tarif du gaz de 5% au 1er avril 2011. Le gaz aura augmenté de 20% en 12 mois (+9,7% le 1er avril 2010, +4,7% le 1er juillet 2010). Pour les 7 millions de foyers se chauffant au gaz, la ponction va atteindre 180 euros par an. Beaucoup n’en peuvent déjà plus, alors que le pouvoir d’achat des salaires et des retraites n’en finit plus de baisser. 8 millions de personnes seraient en situation de « précarité énergétique » et renonceraient à se chauffer. En 2009, 5 millions d’abonnés ont eu du retard dans le paiement de leur facture.

Le tarif dit « social » que le ministre se dit prêt à aménager ne s’applique qu’à un très petit nombre et ces miettes sont en fait payées par les contribuables et les autres usagers. 

 

Pas difficile de savoir où va notre argent !

GDF-Suez vient de publier ses résultats pour 2010 (3 mars 2011). Les profits nets sont encore en hausse atteignant 4,6 milliards d’euros. La direction de GDF-Suez a décidé d’en accorder 3,9 milliards en dividendes à ses actionnaires. Nos factures finissent dans la poche de ceux qui ne travaillent pas et qui n’ont pas de problèmes de chauffage !

L’excédent d’exploitation de GDF-Suez atteint la somme colossale de 15,1 milliards d’euros, 7,7% de plus qu’en 2009. Pour les ventes d’énergie en France, il augmente de 300 millions à 1 milliard d’euros. C’est exactement l’équivalent des hausses de factures pour l’ensemble des 11 millions d’usagers en 2010.

 

Concurrence et privatisation n’en finissent pas de ruiner le service public.

Le bilan est sans appel. Depuis la privatisation, les tarifs ont augmenté de 50%. Les effectifs fondent. Les salaires réels des gaziers vont encore baisser en 2011. Les conditions de travail se dégradent. Des activités sont filialisées, externalisées pour précariser encore davantage l’emploi. L’investissement, la sécurité des approvisionnements, la sûreté des installations sont remis en cause.

Pendant ce temps, les actionnaires privés s’accaparent des milliards d’euros. GDF-Suez mène la guerre mondiale de la concurrence au profit de la finance, en particulier contre EDF, par exemple en prenant le contrôle du britannique International Power en 2010.

 

Rappels : le processus de marchandisation du gaz et de privatisation de GDF a été marqué par l’application en France (par les gouvernements successifs de gauche et de droite) des directives européennes de mise en concurrence de 1998 et 2003. En 2004, le gouvernement réussit, malgré les luttes, à transformer GDF et EDF en sociétés anonymes. En 2005, Sarkozy, ministre de l’économie, reniant sa promesse, ouvre le capital de GDF. A partir de 2006, le pouvoir livre au groupe privé Suez la véritable poule aux œufs d’or que représente GDF (dont les bénéfices étaient supérieurs à 2 milliards d’euros par an).

 

Ce gâchis peut et doit cesser !

L’Etat français continue de fixer les prix du gaz. Rien ne justifie les hausses de tarifs, ni les coûts d’approvisionnement en gaz naturel, ni les coûts réels des infrastructures et du stockage. GDF-Suez ne les divulgue pas mais renégocie à la baisse ses contrats de longue durée. Le cours du gaz baisse et n’est plus indexé sur celui du pétrole.

ENSEMBLE DEMANDONS QUE TOUTES LES AUGMENTATIONS DE TARIFS DEPUIS 2010 SOIENT ANNULEES !

L’Etat reste aussi actionnaire à 35% de l’ensemble GDF-Suez. Le gouvernement avait expliqué que c’était le moyen de « conserver une minorité de blocage » dans les choix de l’entreprise. Le peuple doit le contraindre à en faire usage, à cesser de faire le jeu des multinationales, aux dépens des usagers, des salariés et du développement du pays.

DEMANDONS DANS L’IMMEDIAT QUE L’ETAT BLOQUE LE VERSEMENT DE DIVIDENDES AUX ACTIONNAIRES DE GDF-SUEZ !

L’expérience des dégâts de la privatisation et de la concurrence est faite. GDF et EDF demeurent, malgré des années de sabotage, deux atouts nationaux majeurs. Le modèle des entreprises nationalisées à la Libération a fait ses preuves.

DEMANDONS LA RENATIONALISATION INTEGRALE DE GDF ET D’EDF, LA NATIONALISATION DES ACTIVITES ENERGETIQUES FRANCAISES DE SUEZ, LE RETABLISSEMENT DES MONOPOLES HISTORIQUES D’EDF ET DE GDF ! Les directives et traités européens qui servent de prétextes à ruiner nos acquis économiques et sociaux n’ont aucune légitimité pour s’appliquer en France.

 

Pour les retraites, comme on l’a vu à l’automne, pour les salaires, pour les services publics, les forces existent pour faire reculer la politique au service de l’argent. Sans patienter vainement jusqu’en 2012 !

 

 

La privatisation profite à certains !

 

François Cirelli, ex PDG de GDF devenu directeur général délégué de GDF-SUEZ a fait quadrupler son salaire depuis 2008. Celui-ci est passé de 460.000 euros à 2.064.000 euros par an ! Soir 7500 euros par jour !

 

A comparer avec l’augmentation de salaire des gaziers en 2011 qui sera 5 à 7 centimes par jour (1,1%). 

Par PCF - Section Paris 15ème

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 13:04

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Quelle est l’actualité de La lutte des femmes ?

Un féminisme imprégné de la lutte des classes

Par Laurence Cohen, responsable nationale du PCF et Élisabeth Ackermann, membre de la Commission Droits des femmes-Féminisme du PCF.

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est une journée de luttes où les femmes debout se rebellent contre les inégalités profondes dont elles restent victimes. Le constat est accablant : 70 % des pauvres dans le monde sont des femmes, les deux tiers des analphabètes adultes et des enfants non scolarisés sont des femmes ou des fillettes ! Et que dire des violences faites aux femmes ? Elles ne connaissent aucune frontière, touchent tous les milieux sociaux, économiques, politiques, culturels et religieux !

Chaque jour de nouveaux coups sont portés, ainsi nous combattons avec le réseau féministe EL-FEM du PGE une nouvelle directive européenne qui menace le droit à l’avortement, mettant en cause le libre choix des femmes d’être mères dans tous les pays d’Europe.

Dans les pays développés ou pas, même si nos luttes ont arraché des conquêtes, les femmes sont discriminées dans tous les domaines de leur vie, uniquement du fait de leur sexe, sous le poids des dominations patriarcales.

« Il n’y a pas toujours eu des prolétaires, il y a toujours eu des femmes » a écrit Simone de Beauvoir.

Les contradictions entre les sexes sont de fait beaucoup plus anciennes que les contradictions entre les classes, et elles ne leur donnent pas naissance. Elles se développent ensemble sans pour cela se confondre mais en se favorisant mutuellement. Ce schéma, qui a imprégné les siècles, a structuré profondément nos sociétés. La démocratie moderne ne dénonce pas l’exclusion, elle continue de la maintenir, voire de la fabriquer. Le capitalisme et le patriarcat se nourrissent mutuellement pour aliéner les femmes, avec le renfort des religions. En tant que communistes et féministes, notre féminisme est imprégné de la lutte des classes.

Notre riposte ne peut être efficace que si nous parvenons à mettre en dynamique une force collective suffisamment puissante et déterminée pour obtenir émancipation et libération des femmes. Mais, dans une période de crise profonde, structurelle, les droits des femmes ne paraissent pas l’urgence à défendre et l’égalité réelle passe au second plan.

Nous sommes en 2011, et quel syndicat, quel parti politique propose une grande manifestation sur le thème de l’égalité ?

Dénoncer le patriarcat, c’est articuler le politique et l’intime. Il s’agit de combattre dans un même mouvement la domination ET la soumission, les modèles véhiculés par nos sociétés étant intériorisés par les femmes elles-mêmes ! Montrer que le patriarcat fonde, encore de nos jours, la situation des femmes dans la société est de nature à faire évoluer les mentalités pour opérer de véritables transformations.

La journée du 8 mars est un moment fort qui permet d’aborder au grand jour toutes ces questions, c’est une journée active de luttes et de mobilisations, une journée de solidarité internationale où les paroles de femmes se font écho pour dénoncer et pour construire un autre monde.

La révolte des Tunisiennes, des Égyptiennes et d’autres femmes des pays du Maghreb et du Moyen-Orient est salutaire. Leurs combats pour leurs droits, pour le respect de leur dignité, pour leur liberté et leur exigence de démocratie sont les nôtres. L’histoire nous a appris que les révolutions ne portent pas l’égalité entre les femmes et les hommes comme une force motrice et que le combat reste entier.

En Tunisie, en Égypte, elles ont été et sont encore en première ligne pour permettre à leur pays de passer d’une dictature à une démocratie.

Comme le souligne Nadia Kamel, cinéaste égyptienne, « les femmes contribuent à faire de la révolution un laboratoire de transformations sociales ».

Le 8 mars 2011, nous prolongerons nos combats avec les femmes du Maghreb, du Moyen-Orient, les citoyennes du monde. Nous participerons activement, aux côtés des féministes, en tant que parti politique, à la manifestation unitaire à Paris le 5 mars, dans le quartier des ambassades d’Algérie, d’Iran et d’Égypte.

Nous exigerons avec elles des États de droit et laïcs, le rétablissement des libertés individuelles, l’abrogation du Code de la famille et l’égalité des droits.

Femmes des deux rives, notre mobilisation doit être à la hauteur du toutes et tous ensemble pour un monde de paix où égalité rime avec mixité, solidarité avec mise en commun et laïcité avec liberté.

Ce combat est nôtre, nous le gagnerons ensemble, Femmes et Hommes.

Laurence Cohen, Élisabeth Ackermann

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 22:01

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par EDT pour vivelepcf.fr

 

Faut-il que notre parti le PCF soit à ce point dépourvu de penseurs, sinon de pensée propre, pour qu’il déroule le tapis « rouge » à l’un des parangons de l’idéologie dominante, en l’occurrence le « sociologue, philosophe, historien », Edgar Morin, présenté, vu son grand âge, comme un puits de sagesse ?

Maintenant avec le Front de gauche, il semble que certains dirigeants du PCF souhaitent s’intégrer dans le monde intellectuel de cette « gauche non communiste » qui a montré combien elle était anticommuniste.

 

Edgar Morin est ce 2 mars 2011 le 1er invité de la nouvelle « Université populaire de l’Humanité ». Deux pages d’interview lui ont été offertes hier dans le quotidien. Comme Stéphane Hessel, Edgar Morin ne doit plus savoir gérer son agenda tant il est sollicité par tous les médias, les clubs politiques, les associations culturelles…

La place de l’Huma n’est-elle pas de se situer à contre-courant ?  

 

Edgar Morin n’est pas invité en tant que spécialiste d’un domaine scientifique. Il vient présenter son dernier livre « La voie » qui suit les précédents dont « Ma gauche » (2010) et  expose son discours politique de propagandiste conséquent.

 

Allons tout de suite au plus significatif pour les camarades!

Depuis le départ, Edgar Morin met son image d’intellectuel entièrement au service de la cause de l’UE du capital. Dommage qu’aucune question ne lui ait été posée sur cet engagement fondamental dans l’interview de l’Huma.

En 1992, il est membre éminent du « Comité national pour le oui à Maastricht » présidé par Hélène Carrère d’Encausse.

En 2005, il multiplie les articles pour le Oui à la constitution européenne, se référant aux « pères fondateurs », regrettant la « distribution à profusion du texte qui ne va qu’accroître la confusion et la perplexité » (A quand une Europe visionnaire - Le Monde du 11 mai 2005).

 

Edgar Morin a en effet sa conception de la démocratie.

Il est un des développeurs du concept de « démocratie participative », dont il se félicite qu’il ait été repris notamment par Ségolène Royal (Rue 89 – 23/01/11).

Comme il le dit à l’Huma, « sans une part spontanée, il ne se passe rien ». « Mutuelles, coopératives, commerce équitable, rapports directs entre producteurs et consommateurs » seraient de nature à refouler le « capitalisme classique ».

Mais tout cela va pour lui de pair à une intervention active pour la disparition des acquis démocratiques nationaux, rapidement associés à du nationalisme, et à la promotion des instruments, constitution, traités, de la toute puissance de l’UE du capital.

Morin est bien l’un des meilleurs marchands hypocrites de l’UE à « gauche ». « Aller au-delà de l’euro » est son slogan (La Tribune – 02/05/10).

 

La « démocratie participative » pour mieux laisser la domination du capital supranational : cette idéologie a pour fondement chez Morin l’anticommunisme, résumé quand il le faut par l’antisoviétisme. Morin ne doit pas en revenir de pouvoir faire la leçon aujourd’hui à l’invitation de dirigeants du PCF !

 

Dans les 25 dernières années, l’écrasement de l’URSS est l’un des événements positifs qu’il voit, de même qu’il revendique la raison première de la création de l’UE du capital : l’opposition « nécessaire » à l’Union soviétique.

 

Les mots ont un sens. Morin le sait. L’histoire lui fait accepter ou refuser certains d’entre eux selon sa propre visée.

« Révolution » ? « J’ai abandonné ce terme parce qu’il est trop connoté à l’idée de violence… » répond-il à l’Huma. « Réforme » ? « J’emploie le mot réforme dans l’idée d’un chemin progressif qui transforme ».

« Socialisme » : « ce terme souffre de l’aplatissement et de la souillure et n’est plus tellement adéquat parce qu’il renvoie à des expériences qui, les unes et les autres, ont abouti à un relatif échec ».

« Communisme » : le converti repenti Morin, qui s’est fait exclure du PCF en 1951, répète combien le communisme aurait été une religion qui a failli à apporter l’idée du salut de l’Humanité.

L’idée que l’étiquette d’ex-communiste soit un gage de fiabilité politique est décidemment irrecevable.

 

Depuis les années 60, et notamment 1968, Morin, ami de Touraine et de Rocard, est à la pointe de toutes les perspectives alternatives à la lutte des classes et à l’organisation en parti de classe, lui pour qui Marx n’est qu’un penseur parmi d’autres. Aujourd’hui elles se nomment « commerce équitable, entreprises citoyennes, environnementales, développements associatifs, décroissance » (Le Monde 26/05/05) : l’idéologue Morin est évidemment toujours précurseur de ses idées de diversion. Bon pied, mauvais œil ! Mais pour lui, il s’agit bien de conférer à l’Europe un « rôle mondial », nécessairement impérialiste.

 

L’admirateur invétéré de Lula et d’Obama (malgré tout), s’inscrit dans un projet de refonte de la « gauche », entre un PS « stérile », le « côté fermé et sectaire » des petits partis de gauche… et en prenant compte de « l’intérêt de l’écologie politique » (Cohn-Bendit est logiquement sa tasse de thé).

 

Pourquoi inviter Morin à la première université populaire de l’Humanité ? Pour confirmer que le projet partagé du Front de gauche se fait dans le rejet de ce que représente le PCF, dans l’acceptation du langage actuel de la « gauche » de collaboration de classe ?

 

C’est malheureusement ce l’on peut penser.

L’avenir de la Pensée communiste est ailleurs.  

Par Vive le Parti Communiste Français - Publié dans : Tribunes/ textes extérieurs

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 08:49

c.pngEmilienne Mopty, femme de mineur, habite la cité du Dahomey à Montigny-en- Gohelle. Militante communiste, elle a fait ses premières armes dans les grèves de 1933-1934. Au moment de la grande grève des mineurs de mai-juin 1941, elle prend la tête des manifestations de femmes à Hénin-Liétard et à Billy-Montigny, action qui eut un certain retentissement puisque Saint-Jean (Maurice Duclos),  agent gaulliste envoie un rapport à Londres en juin indiquant que les femmes de mineurs avaient libéré des Allemands leurs maris. Sans doute a-t-il amplifié la réalité d’un événement qu’il n’a connu que par ouï-dire.

Dès l’été 1941, Emilienne Mopty devient l’agent de liaison de Charles Debarge, organisateur de l’Organisation Spéciale (FTP en avril 1942) dans le département du Pas-de-Calais. Pour lui et ses compagnons, elle transporte des armes et des explosifs, cherche des refuges. Elle est arrêtée une première fois en janvier 1942, mais elle est relâchée huit jours plus tard, faute de preuves. Trois mois plus tard, le 14 mai, les gendarmes (français) l’arrêtent à nouveau, mais elle s’évade le soir même par la lucarne des toilettes de la gendarmerie. Elle vit dès lors dans l’illégalité et rejoint le groupe Debarge.. Son mari est arrêté et déporté en Allemagne.

Emilienne partage la vie des francs-tireurs, sillonnant le Bassin Minier, en dépit des recherches incessantes de toutes les polices. Fin septembre 1942, elle reçoit mission de se rendre près de la citadelle d’Arras, dans le but d’attaquer un peloton d’exécution dans les fossés.. Mais elle est trahie et au rendez-vous se trouve la Gestapo.

Les Allemands, connaissant le rôle qu’elle joue chez les FTP veulent la faire parler, la livre à leurs tortionnaires : elle subit des traitements atroces ; son corps, bientôt, n’est plus qu’une plaie.

Traduite devant le tribunal militaire de la Feldkommandantur d’Arras, elle est condamnée à mort. Le 18 juin 1943 à 19 h 30, Emilienne Mopty est décapitée dans la cour de la prison.  Avant de poser la tête sur le billot, elle murmure « mes enfants », puis commence lentement le chant de l’Internationale, interrompu par la hache du bourreau[1].

[1]   Estager Jacques, Ami entends-tu ? La Résistance populaire dans le Nord-Pas-de-Calais. Messidor, Editions sociales, 1986. Pour la mention relative au réseau Saint-Jacques, recherches René Lesage dans les fonds du BCRA aux Archives Nationales.    



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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 08:45

b.pngBien souvent restreinte aux celtes et aux ducs, l'histoire de la Bretagne n'a cessé de s'écrire au cours des siècles livrant d'heureuses ou de tristes pages tantôt teintées de noir, de rose et même de rouge. En proie à une vague socialiste depuis l'année 1919, la Bretagne voit dès 1921, l'élection de Sébastien Velly, premier maire communiste de France après bons nombres de rebondissements électoraux. Nous nous trouvons alors dans la cité ouvrière et sardinière de Douarnenez...

   A sa mort en 1924, l'économie en crise n'incite guère les patrons à céder aux demandes d'amélioration des conditions de vie pénibles des sardinières.

   Las du refus patronal, les ouvriers et ouvrières de l'usine Carnaud déclenchent la grève 20 novembre 1924.

   En l'espace de quelques jours, l'ensemble des usines de conserverie débrayent et se joignent au mouvement soutenu par le nouveau maire communiste fraîchement élu, Daniel Le Flanchec.

   Les communistes assurant une répercution nationale au conflit, les dirigeants syndicaux, Charles Tillon, Simonin, Beaulieu, le député Henriet ou encore le rédacteur du journal L'Humanité, Daniel Renoult accourent de toutes parts en peu de temps renforçant ainsi le mouvement qui tend à s'enliser face à l'inflexibilité du patronat.

   Manifestations et réunions quotidiennes, incidents graves entre grévistes et usiniers émaillent le mois de décembre, les patrons n'hésitant pas à faire appel à Léon Raynier, un briseur de grève professionnel pour tenter de mettre un terme au mouvement.

   42 jours après le début des hostilités, le conflit prend un tournant décisif le 1er janvier 1925 à 18h00 avec un attentat par armes à feu sur la personne du maire et de son neveu.

   Nuit de saccage, nuit de colère face à cet acte odieux, le scandale qui en découlera mettra un terme définitif à la grève le 6 janvier 1925 suite à un accord conclu avec les conserveurs et donnant satisfaction en grande partie aux grévistes douarnénistes.

   Faisant suite à cette grève retentissante, un ultime fait fera néanmoins son apparition en cette année 1925 avec l'élection de Joséphine Pencalet (1886-1972) en qualité de conseillère municipale sur la liste de Daniel Le Flanchec. Les femmes n'étant pas encore pouvues de droit de vote en cette époque et encore moins celui d'être élue, le scrutin sera tout bonnement invalidée.


penn-sardines.gifA toutes celles et ceux qui souhaiteraient se replonger dans l'atmosphère de 1924 et du conflit des sardinières de Douarnenez, nous conseillons vivement la fiction sur fond de reconstitution historique de Marc Rivière, "Penn Sardines".
avec Charlotte Valandray, Jean Marie Winling, Marie Pillet. Un film de Marc Rivière produit par Claude Fléouter. Une production Téléscope audiovisuel.




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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 07:47

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http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/France/Andre-Chassaigne-%C2%AB-Le-Front-de-Gauche-doit-etre-dans-une-radicalite-utile-%C2%BB/Default-2-2420.xhtml

 

 

ENTRETIEN - Député communiste du Puy-de Dôme, conseiller régional d'Auvergne, André Chassaigne est candidat à l'investiture du Front de Gauche pour la présidentielle. Il évoque son concurrent, Jean-Luc Mélenchon, et les stratégies pour les prochaines élections.


TC : Comment définissez-vous la singularité de votre candidature à gauche ?


André Chassaigne  : J'ai une approche locale, rurale. Mais il ne s'agit pas uniquement des campagnes françaises, ce sont aussi les campagnes du monde qui sont en jeu. Le fait de vouloir chez nous une agriculture paysanne, c'est pour avoir des aliments de qualité, développer une consommation de proximité, et créer de l'emploi tout en répondant aux besoins de la population.

Par ce biais, on bloque le développement de l'agro-business, qui s'appuie sur des productions venant des pays du Sud en y favorisant la monoculture, dirigée vers l'exportation, ce qui a des conséquences terribles. La sauvegarde de la biodiversité est en jeu. Ce sont des attaques contre les espaces naturels, comme la forêt amazonienne. Ce sont aussi des menaces contre des communautés villageoises. Et, en même temps, la disparition d'une agriculture vivrière.

Il y a une complémentarité entre les intérêts des paysans d'Europe et ceux des paysans des pays du Sud. Il faut donc très nettement s'inscrire dans une politique de rupture du système : si on ne s'y inscrit pas, on développe une forme d'illusion écologique qui n'est faite que pour exonérer les véritables responsables de ce qu'ils provoquent sur la planète.

C'est ce que j'essaie de développer dans l'ouvrage que j'ai écrit (1). J'y ai traduit mes contributions, mes réflexions, pour être un passeur entre les questions écologiques et les questions sociales.


TC : Quelles sont les mesures emblématiques qui devraient être défendues par le Front de gauche ?


Le Front de Gauche doit être dans la rupture avec le capitalisme. Nous défendons un meilleur partage des richesses, qui s'impose pour que cesse le scandale du si grand écart entre ceux qui vivent dans l’opulence et ceux qui vivent dans les pires difficultés.

Les députés du Parti communiste et ceux du Parti de gauche ont déposé plusieurs propositions de lois, pour la taxation des transactions financières, mais aussi la limitation des écarts de revenus de 1 à 20 (déposée en 2010) avec des mesures fiscales extrêmement fortes contre les privilégiés de ce pays. Par voie de conséquence, nous voulons donner plus à ceux qui ont le moins : augmenter les salaires et les minima sociaux.

La deuxième mesure consiste à avoir une prise sur le développement par les finances. On doit créer un pôle financier public, autour de plusieurs banques liées à l'Etat. Des banques coopératives par exemple. Cela nous permettrait d'avoir un levier pour développer l'économie par des crédits sélectifs (sur un critère environnemental ou social).

Si on n'a pas ce levier, on laissera les financiers et les banques faire ce qu'ils veulent, c'est à dire servir l'intérêt de quelques-uns aux dépens du plus grand nombre.


Le Front de gauche rassemble le Parti communiste et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Êtes vous pour une ouverture à d'autres partis ? 


Oui. Un rassemblement peut se faire sur des orientations qui peuvent être partagées. Si le Front de Gauche est une citadelle isolée, on ne réussira pas l'enjeu du rassemblement du plus grand nombre, nécessaire pour créer une dynamique et un rapport de force. Mais je ne suis pas un partisan des accords de sommets. Le rassemblement se créé aussi sur les territoires.

J'ai constaté dans mes sorties récentes dans plusieurs départements que des candidats du Front de Gauche, dans la perspective des cantonales, ont des démarches communes avec des militants du NPA, d'Europe écologie et avec des candidats qui ne sont dans aucune organisation : des militants syndicaux, associatifs, ou de simples citoyens.

Je ne suis pas sur l'idée d'une autre gauche protestataire qui considère que l'adversaire est aussi bien la droite de Nicolas Sarkozy que les socialistes, qui seraient vendus au capitalisme et qui porteraient tous les maux du monde. La stratégie du Front de Gauche ne doit pas consister à creuser une tranchée et arroser tout ce qui présente. Elle doit au contraire consister à faire avancer des propositions.

Il suffit de regarder la situation autour de nous : des personnes en grande difficulté, des parents qui ont l'angoisse du lendemain pour leurs enfants, des petites entreprises qui veulent se développer mais ne trouvent pas les financements, des territoires qui souffrent des suppressions des services publics. Il y a urgence ! Nous devons suivre une forme de radicalité utile, qui doit porter la colère des populations et améliorer concrètement leur vie.


TC : Dans le cas d'une victoire de la gauche à la présidentielle, vous êtes donc favorable à une participation au gouvernement avec les socialistes et les écologistes ?


Je ne prononce pas de rejet a priori, mais je ne suis en aucun cas pour une participation mécanique. Est-ce-que participer peut permettre de faire avancer les orientations politiques que l'on porte ? J'espère que le PS fera le choix, pour que ce soit toute la gauche qui l'emporte, d'un candidat très nettement attaché à la transformation sociale et pas à l'accompagnement du libéralisme. La victoire de la gauche dépendra surtout du contenu qui sera mis en avant.


TC : La stratégie du Front de gauche ne signifie-t-elle pas un effacement progressif du PCF ?


Je ne suis pas favorable à l'effacement du Parti communiste. Là où les partis révolutionnaires, comme les partis communistes, ont pu se délayer dans des organisations pouvant laisser penser que ça allait faciliter l'élargissement, cela a parfois abouti à une disparition de la gauche, comme en Italie.

Le rassemblement peut se faire avec plusieurs organisations, qui ont leur façon d’être, leur histoire, leur culture, leur approche. Il se fait dans le respect des structures et des individus qui rejoignent ce rassemblement dans des actions communes. Il faut être attentif à ce que ce ne soit pas le parti le plus important qui impose ses vues, ayant autour de lui des nébuleuses ou des compagnons de route.


TC : N'est-ce pas une contrainte que les médias vous soient fermés, alors même que M. Mélenchon y est régulièrement invité ?


C'est une contrainte, et une révélation pour moi d'une nouvelle conception de la politique, avec la place importante des médias. Je laboure le terrain, je fais avancer mes idées, sans avoir le relais que d'autres peuvent avoir.

Tous les autres candidats à la candidature, comme les socialistes qui se présentent aux primaires, ont les plateaux de télé ouverts, les émissions de radio de grande écoute... Je n'arrive pas à émerger de cette façon. Ce sont des choix faits par le système : c'est tout le problème de la démocratie politique dans ce pays.

Du côté du Parti de Gauche, il y a un candidat qui mène très bien sa campagne, qui est dans les médias parce qu'il fait monter l'audimat et fait vendre du papier, et qui porte un discours avec des valeurs fortes dans lesquelles les populations se reconnaissent. Mon discours est différent, plus nuancé : je travaille les idées sur le terrain, sans en rester aux grands slogans. C'est important parce qu'au moment du vote, tout ce qui est artificiel sera balayé.

Il faut faire comprendre que le Front de gauche s'appuie sur des orientations politiques. Si c'est Jean-Luc Mélenchon qui est retenu, je le soutiendrai : je ne suis pas dans une aventure personnelle.


(1) Pour une Terre commune, Arcane 17, 2010.

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Published by valenton rouge - dans Parti Communiste Français
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